Coucou, c'est re-moi ! Voici le dixième thème, ce qui signifie que j'en ai fait... presque un tiers... je sais pas si j'arriverai à tous les écrire mdrrr. Cette fois-ci, le bonus consistait à inclure une histoire d'amitié, donc voici un texte de réflexion avec aheeeem... les débuts d'une amitié j'imagine ? XDD
Sinon, c'est la deuxième fois que j'écris Endeavor, et la première fois que je publie le résultat... J'en suis pas à 100% satisfaite, mais c'est un personnage sur lequel j'ai beaucoup de choses à dire, donc je le reprendrai sûrement dans d'autres fics plus tard.
ATTENTION : Je place cet OS aux alentours des chapitres assez récents du manga, donc même s'il n'y a rien d'explicite, risque de très légers spoilers (notamment sur la psychologie des personnages) !
Personnages/Pairings : Enji (Endeavor) + Toshinori
Thème 10 : Sur le goudron brûlant
Quoi qu'on en dise, Enji n'aimait pas l'été.
D'accord, son alter l'immunisait en grande partie contre les gosses chaleurs, c'était vrai – habitué à la fournaise de ses flammes autour de lui, en guise d'attaque comme de défense, il n'était pas du genre à plier ou à se plaindre face à une pauvre petite trentaine de degrés Celsius. La canicule ? Foutaises. Sa peau ne chauffait pas plus qu'à son habitude. Il ne transpirait même pas.
Lorsqu'il était en civil, du moins. Bien qu'il déteste l'idée même de l'admettre, en costume, c'était autre chose ; car ces trente ou quarante ridicules degrés étaient trente ou quarante degrés de plus, sitôt qu'il se servait de son alter, et additionnés à la température de ses flammes ils pouvaient vite rendre la chaleur suffocante. Peu importe à quel point son uniforme était étudié pour l'aider à réguler sa température corporelle, en été, il était obligé de diminuer l'intensité de ses flammes, de moins se servir de son alter, ou à des intervalles plus espacés, et c'était-
Un point faible.
Son unique point faible.
Celui qui l'obsédait depuis toujours, depuis le début de son apprentissage, celui pour lequel il avait-
Le temps d'une seconde, il s'arrêta et ses yeux se perdirent dans le vague. Il avait vu Shouto sourire, récemment ; et il avait fallu qu'il y assiste en personne pour qu'il réalise que jamais, jamais son fils n'avait souri en sa présence. Sa plus grande fierté. Son propre fils.
« Aaah ! À l'aide ! »
Sitôt que le cri déchira l'atmosphère pesante, Enji fut à nouveau concentré sur la situation présente. Il n'eut pas même besoin d'y réfléchir, à vrai dire, que ses jambes l'emmenaient déjà en direction de la source du problème, ses lourdes bottes claquant contre l'asphalte des rues de la ville ; cela venait d'un magasin, un supermarché, d'où un jeune homme doté d'une force surhumaine tentait de s'échapper avec le contenu de la caisse, et…
« N'essaie même pas de t'enfuir ! » lui cria le héros, ses flammes infernales couvrant d'ores et déjà l'intégralité de ses bras.
Et peu importe que le goudron brûle sous ses pieds et l'étouffe tout autour de lui.
C'était un criminel ; il fallait qu'il intervienne ; il fallait qu'il l'arrête. Car il était le plus grand de tous les héros. S'il voulait se montrer à la hauteur du titre dont il avait injustement hérité, non, s'il voulait l'emporter de façon si écrasante que la population en oublierait cet idiot d'All Might, il devait…
Se servir de son alter, à pleine puissance.
Continuer de cacher sa faiblesse, de l'affronter seul-
Ne pas laisser cette goutte de sueur, qui avait perlé au coin de sa tempe, couler le long de son visage.
Il sortir vainqueur de l'affrontement et ne tarda pas à confier le voleur à la police, évidemment. Mais il se retint d'essuyer son front, préférant le dissimuler derrière les flammes qui couvraient son visage presque en permanence. Le temps que les officiers le remercient, que les passants finissent de l'observer, que les éventuels journalistes décident qu'ils avaient assez d'informations pour leur flash info de l'après-midi, dans l'atmosphère estivale et suffocante d'un été entre les gratte-ciels.
« Oh, Endeavor ! Bonjour ! »
Cette voix.
Se sentant d'ores et déjà froncer les sourcils, Enji pivota sur ses talons, espérant s'être trompé – mais il ne se trompait ja-… que rarement.
Et en l'occurrence, c'était bien All Might qui se tenait là, quittant la supérette avec un sac de courses dans la main, toujours aussi pathétique sous cette apparence faible et maladive.
« C'était un très beau combat ! poursuivit-il, son sourire une ridicule caricature de celui que les citoyens adulaient tant autrefois. Je n'ai pas pu assister à tout, mais… Avec toi, cette ville est en sécurité ! »
Joignant un geste à sa parole, il leva puis fléchit un bras, comme pour montrer des muscles qu'il ne possédait plus. Pathétique.
« Qu'est-ce que tu veux ? lui demanda finalement Enji, les bras croisés.
– Eh bien, si tu n'es pas trop occupé… » Ce sourire l'insupportait. Cet air mal assuré, timide, l'insupportait. « Je me dis que nous pourrions enfin aller prendre ce café dont je te parle depuis si longtemps. »
Enji dut faire un effort pour empêcher ses flammes de redoubler d'intensité d'elles-mêmes, jusqu'à ce qu'All Might ajoute :
« Dans un établissement climatisé. Je… Ça m'ennuie de le reconnaître, mais je ne supporte plus la chaleur aussi bien qu'avant. »
Et le numéro 1 des super-héros faillit exploser de colère-
Mais il n'y avait pas la moindre trace de mauvaise intention dans les mots de son prédécesseur, comme toujours. Et il n'y avait pas de malice dans son regard. Pas de moquerie dans son attitude. Comme toujours.
Alors qu'il allait lui suggérer d'aller se faire voir, cependant, Enji cligna des yeux et vit passer, comme dans un rêve, l'image de Shouto, non, du sourire de Shouto ; de ce sourire qu'il avait dû apprendre là-bas, à Yuei, en compagnie de l'homme qui se tenait devant lui ; et la douleur qui lui transperça les entrailles n'était due ni à la chaleur ni à l'attaque d'un quelconque vilain, mais bien à… quelque chose qu'il n'était pas encore sûr de bien savoir identifier.
Une dernière fois, il releva les yeux sur l'ex-numéro 1 et fronça les sourcils.
Une chose était certaine, cependant : si quoi que ce soit représentait une faiblesse, quelle qu'elle soit, alors il devait l'affronter et la réduire en poussière par lui-même. Pour rester, non, devenir le meilleur – le plus grand que la Terre ait jamais porté.
« … J'espère que tu as un endroit précis en tête. »
