Chapitre écrit collaboration avec Madoka et dédicacé à FranckyDB pour lui remonter le moral... Je sais que ce n'est pas grand chose mais j'espère que ça te fera plaisir...
Chapitre 10 : Se confier
A seize heures tapante, Montgomery se trouvait devant le bureau de Beckett, bras croisés et tapant du bien.
-« Monsieur ? »
-« Il me semble que vous avez mieux à faire Officier Beckett. Je ne veux plus vous voir avant demain huit heures, le début de votre service ! Pas deux heures avant ! »
-« Mais… »
-« Pas de mais ! Déguerpissez d'ici avant que je ne vous colle une mise à pied pour désobéissance à un ordre direct ! »
-« Bien monsieur, » répondit rapidement la jeune femme en récupérant ses affaires et disparaissant dans les vestiaires non sans râler ce qui fit sourire le capitaine.
Quarante minutes plus tard, elle pénétrait chez elle pour découvrir la maison vide. Elle alla à la cuisine et prépara un rapide repas pour son père qu'elle laissa dans le micro-onde puis dans sa chambre prendre sa douche. Une fois sortie de la salle de bain, elle se planta devant son armoire. Elle hésita longuement avant de faire simple : un jean noir avec une tunique turquoise. Elle attrapa son sac, y glissa le dessin d'Alexis qu'elle avait récupéré sur le frigo de sa chambre et laissa un mot à son père avant de partir en direction de SoHo. Une quarantaine de minutes plus tard, la jeune femme se retrouvait comme quelques jours plus tôt devant la porte de l'écrivain. Après avoir soufflé un bon coup, elle frappa deux petits coups et ne put empêcher un immense sourire d'illuminer son visage en entendant ce qui se passait à l'intérieur.
-« Elle est là ! Papa ! Kate est là ! » s'exclamait joyeusement Alexis.
-« Une minute Pumpkin ! N'ouvre pas la porte sans, » commença Castle avant de s'arrêter car la porte d'entrée était grande ouverte sur une Beckett souriante. « Moi… »
-« Mais c'est Kate Papa ! » soupira la fillette avant de se jeter dans les bras de leur visiteuse. « Tu es venue ! Tu as tenu ta promesse ! »
-« Et oui ma Puce, » sourit la jeune femme en caressant les cheveux de la petite fille. « Et si tu me laisses entrer, je pourrais te faire un vrai câlin ! »
Ni une ni deux, Alexis relâcha la jeune femme et courut à l'intérieur de la maison sous les sourires des deux adultes. Castle s'approcha et, après avoir refermé la porte derrière elle, lui adressa un regard reconnaissant.
-« Je peux vous débarrasser ? »
-« Avec plaisir, » répondit Beckett en lui tendant son manteau. « Je suis désolée que mon attitude ait conduit Alexis à faire une fugue… »
-« C'est à moi de vous remercier d'être là pour elle ce soir. Ca compte beaucoup pour elle. »
-« Pour moi aussi… » répondit Beckett en luttant pour maintenir son émotion en elle en sortant le dessin de la petite fille de son sac. « Tiens, regarde Alexis ce que j'ai récupéré chez moi. »
-« Tu l'as gardé ! » s'écria Alexis en se précipitant dans les bras de son ainée, manquant de la faire tomber à la renverse. « Merci ! Merci Kate ! »
-« De rien ma Puce, » sourit la jeune femme émue par l'élan de la fillette. « Alors, qu'allons-nous manger de bon ce soir ? »
-« Je sais pas… C'est Grand-Mère qui cuisine, » grimaça la petite fille. « J'espère que tu as le ventre bien accroché… On va encore devoir commander… Pff… »
-« Oh voyons ! Ce ne doit pas être si grave que ça, non ? » dit Beckett en jetant un regard à Castle qui semblait désespéré.
-« Tu rigoles ! Je suis sûre que toi tu pourrais faire mieux ! La dernière fois, Papa il a dû acheter un nouveau four ! »
-« Vraiment ? » s'étonna la jeune femme.
-« Oui vraiment, » intervint l'écrivain. « J'ai bien essayé de la dissuader de cuisiner ce soir de peur de vous faire définitivement fuir mais rien n'y a fait… Je suis vraiment désolé… »
-« Mais je sais ! Et si Kate nous faisait un diner elle ? »
-« Ne les écoutez pas Darling ! Je ne suis pas une grande cuisinière mais ça reste mangeable ! » intervint Martha en arrivant vers eux avec son habituelle bonne humeur. « Et pour le four, ce n'était qu'un accident ! Ce n'est pas de ma faute si je n'ai pas vu que le plat que j'avais utilisé n'allait pas dans le four et qu'il a explosé en cours de cuisson… »
-« J'espère juste que ce ne sera pas mortel… » soupira Castle. « Je me souviens d'un certain gâteau… »
-« Et bien, puisque c'est comme ça, tu te débrouilles avec la cuisine ! Alexis et moi allons monter dans nos chambres ! » fit théâtralement Martha en jetant son tablier à son fils.
-« Mais Grand-Mère… »
-« Je te promets que ta Kate sera là à notre retour Alexis. Elle ne peut pas partir alors qu'elle t'a promis de diner au loft ! » sourit la plus âgée des rouquine en entrainant sa petite fille à l'étage. « Amusez-vous bien les jeunes ! »
Castle était conscient que sa mère leur offrait l'opportunité de discuter ensemble et l'en remerciait du fond de son cœur. Il se tourna vers la jeune femme avec un sourire contrit.
-« Je vais vous aider, » sourit la jeune femme en le suivant dans la cuisine.
-« Vous n'êtes pas obligée vous savez. Mais merci. »
-« Arrêtez de me remercier à tout bout de champ, » répliqua Beckett avant de murmurer. « Je ne fais rien que je n'ai pas envie de faire vous savez… »
Ils travaillèrent en silence et de concert pendant un long moment à tenter de sauver les préparatifs de Martha avant que Beckett ne roule des yeux.
-« Quoi ? »
-« Rien, » s'empressa de répondre Castle avec un sourire sans pour autant détourner son regard.
Le silence se fit entre eux pendant un long moment. La jeune femme sentait le regard de son écrivain préféré sur elle en permanence et trouvait ça effrayant même si son regard appréciateur la flattait. Cependant, elle était consciente de se qui se passait dans l'esprit du jeune homme.
-« A quel point vous avez entendu ma conversation avec votre fille tout à l'heure ? » demanda Beckett d'une petite voix.
-« Je… Je suis désolé Kate. Je n'aurai pas dû je sais mais… Je ne voulais pas briser ce que se passait entre ma fille et vous… »
-« Vous auriez pu vous effacer… » fit remarquer la jeune femme sans pour autant que son ton ne montre le moindre signe de reproche.
-« C'est vrai. J'aurai pu… » répondit-il en baissant la tête.
La mine que tira Castle fit fondre intérieurement Beckett mais elle se fustigea pour ne pas le montrer. A nouveau le silence se fit mais l'esprit de la jeune flic tournait à cent à l'heure.
-« Ce jour-là, mon monde s'est effondré, » commença doucement la jeune femme sans lever ses yeux de sa tâche. « Quand l'inspecteur Raglan nous a annoncé pour Maman, c'est comme si le sol se dérobait sous mes pieds. »
Ses dernières paroles moururent sur ses lèvres, le décès de sa mère encore tellement récent. Elle n'en avait pas véritablement parlé jusqu'à présent et certainement pas avec son père qui était ivre du matin au soir depuis qu'elle était rentrée… Beckett sentait le regard de Castle sur elle mais il restait silencieux, lui laissant le temps de se reprendre et de parler quand elle s'en sentirait capable. La jeune femme l'en remerciait intérieurement tout en tentant de reprendre un minimum de contrôle d'elle-même. Tremblante, ses sentiments à fleur de peau comme à chaque fois qu'elle parlait de sa mère, elle se forçait respirer calmement et à compartimenter ses émotions. Elle ne pouvait, ne voulait pas se laisser aller. Elle ne voulait pas se montrer faible mais, même si elle n'avait jamais été femme à se confier, cet homme à ses côtés savait déjà tout ce qu'il y avait à savoir alors autant continuer à en parler avec lui. Avec une lenteur contrôlée et afin de ne pas laisser percevoir son trouble, elle posa les ustensiles qu'elle avait en mains. L'écrivain qui n'avait toujours pas esquissé le moindre geste éteignit les plaques de cuisson et alla s'asseoir sur l'un des tabourets posant ses avant-bras sur le comptoir, les mains jointes en signe d'écoute. Il attendait simplement qu'elle se reprenne. Mal à l'aise, Beckett se tourna dos au plan de travail, s'appuyant dessus à l'aide de ses mains. Raide, mâchoires serrées et dans une position évidente de défense et de protection d'elle-même, elle poussa un long soupir.
-« Comme je l'ai dit à Alexis, elle venait nous rejoindre au restaurant mon père et moi mais elle n'est jamais arrivée, » reprit la jeune femme sans croiser son regard. « Ca devait être notre dernière soirée ensemble avant mon retour à l'université. Elle était en retard mais elle était en chemin. La police a retrouvé son corps entre la maison et le restaurant donc il ne pouvait pas en être autrement… »
Alors que son cœur saignait pour la jeune femme en face de lui, Castle restait silencieux et observait avec énormément de respect cette toute jeune personne si digne dans sa douleur et si déterminée à ne pas la montrer en restant forte coute que coute. Alors qu'il pensait qu'elle n'allait plus rien dire, Beckett reprit la parole, maitrisant une fois de plus les tremblements de sa voix.
-« Son agresseur, un individu encore aujourd'hui non identifié, l'a attaquée et poignardée à de nombreuses reprises avant de l'abandonner sur un tas d'ordures, dans une allée malodorante. C'était le neuf janvier dernier… »
Le silence se fit à nouveau. Beckett était surprise que Castle ne l'ait pas interrompu une seule fois. Cependant elle lui en était reconnaissante. De son côté, l'intuition de Caslte lui soufflait aussi qu'il y avait plus mais il était content qu'une femme telle que Beckett se confie à lui aussi décida-t-il de ne pas pousser sa chance. Pendant un très long moment, ni l'un ni l'autre ne dirent un mot.
-« Quoi ? »
-« Mais je n'ai rien dit, » se défendit le jeune homme.
-« Je vous entends penser jusqu'ici Castle ! Qu'est-ce qui tourne ainsi dans votre tête d'écrivain.
-« Vous avez parlé d'université mais… Vous êtes flics… »
-« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Beckett en déglutissant avant de poursuivre. « J'y suis retournée mais j'avais perdu le goût aux études. Je ne pensais qu'à mon père et à ma mère… Et à cet assassin qui courrait toujours… Alors après un semestre, je suis rentrée et, contre l'avis de mon père, je suis rentrée à l'académie. C'était il y a trois mois. Après mes huit semaines de formation et l'obtention de mon diplôme, j'ai commencé les patrouilles. »
Un immense respect pour la jeune femme enfla dans le cœur de l'écrivain. Ils échangèrent un regard lourd de sens et un sourire vint illuminer leur visage.
-« Papa, c'est quand qu'on mange ? J'ai faim moi, » les interrompit Alexis en dévalant les escaliers suivie par Martha.
-« Ce ne devrait plus tarder à être prêt. Et si tu mettais la table pendant que j'apporte la dernière touche à notre diner ? » dit Castle en se levant pour reprendre sa cuisson.
-« D'accord ! » sourit la fillette avant de s'arrêter auprès de Beckett. « Oh ! Kate, tiens, je t'ai fait un autre dessin… Pour à ton travail… »
-« Merci ma Puce ! » dit Beckett en récupérant l'œuvre d'art de l'enfant. « C'est superbe ! Merci. Tu veux bien aller le ranger dans mon sac avec l'autre que je ne l'oubli pas ? Comme ça, je vais pouvoir continuer à aider ton Papa avec le repas. »
Le reste de la soirée se passa merveilleusement bien. Après un diner plein de malice et d'anecdotes, ils couchèrent Alexis avant de regarder un film avec Martha. Il était près de minuit lorsque la jeune femme quitta le domicile de l'écrivain pour rentrer chez elle.
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