Bonsoir tout le monde !
Oui, ça fait un moment que je n'ai pas posté, je sais. À vrai dire, ma fic s'est stoppée assez brusquement et pour cause, je n'avais plus Internet ! ;)
Ensuite, il y a eu les grandes vacances (d'ailleurs j'espère pour vous qu'elles se sont bien passées) et enfin la rentrée. Pour le coup, à la suite de cette dernière j'ai été pas mal occupée et je c'est donc pour ça que je ne poste que maintenant.
Voilà, c'est bon, je vous ai raconté ma vie ! ^^
Enfin bref, le chapitre est là et c'est ce qui compte mais je m'excuse vraiment de ne pas avoir pu vous avertir.
Merci beaucoup à crossfan66, Plume De Pan et Masibab pour leur review ! ;)
Sur ce... Enjoy !
CHAPITRE 9 : Papa...
Je vole tout en maintenant Jack sur le dos de Flamme. Je sens que ma dragonne va le plus vite possible mais je ne peux m'empêcher de m'inquiéter. Je jette un coup d'œil aux autres qui fixent Jack eux aussi.
- Ça va aller, lui dis-je tout en sachant qu'il ne m'entend pas. Raiponce va te soigner et tu seras rétabli en moins de deux.
Nous arrivons finalement dans la clairière aux dragons et Flamme se pose en vitesse. Je saute à terre avant de voir Anna sortir du QG et courir vers moi. Elle m'enlace et me sert de toutes ses forces. Je relève la tête et vois Raiponce se précipiter à l'extérieur. Je m'écarte d'Anna et me rapproche de ma dragonne, Raiponce sur mes talons.
- Il faut que tu m'aides, je lui demande.
Elle acquiesce et Harold vient nous aider à porter notre ami pendant qu'Astrid nous tient la porte.
Nous l'emmenons dans sa chambre et l'installons sur son lit tandis que ma cousine s'assied sur celui d'Eugène. Elle pose alors ses cheveux sur Jack et commence à chanter.
Je ne peux m'empêcher de pousser un soupir de soulagement lorsque toutes les coupures de mon ami disparaissent et que son épaule reprend une position « normale ».
Raiponce se tourne alors vers nous pour nous rassurer.
- Il faut qu'il se repose, allons dans le salon.
Nous acquiesçons et nous dirigeons vers la pièce principale.
- Alors, à qui le tour ? nous demande ma cousine.
Je m'approche la première en raison de mes nombreuses coupures qui disparaissent quelques secondes plus tard. Eugène se place alors à côté de mon amie et se fait soigner à son tour. S'ensuivent Astrid, Harold et Mérida qui rejoignent ensuite leur chambre respective à l'exception de la dernière qui fonce vers celle de Dean.
Je m'assieds sur le canapé à côté de Raiponce et celle-ci me demande ce qu'il s'est passé après que notre communication soit interrompue. Je lui raconte et la questionne sur l'état de Jack.
- Eh bien, je ne suis pas experte mais je pense que son épaule est cassée.
Je me prends la tête entre les mains.
- Mais rassure-toi, il sera rétabli dans un peu moins d'une semaine. C'est l'avantage d'avoir de la magie !
Elle me prend alors dans ses bras.
- Je ne l'ai pas fait tout à l'heure, s'excuse-t-elle. Je me suis occupée de Jack en premier mais sache que vous m'avez fait peur. Je suis contente que tu sois là.
Je lui rends son étreinte avant de l'interroger :
- Et Dean ?
- Il est dans sa chambre, il dort. Sa jambe est guérie mais il va lui falloir un peu de temps et de la rééducation.
Je hoche la tête et pars en direction de la chambre de mon ami.
J'ouvre la porte et constate que Mérida est assise sur le lit de Kristoff et qu'elle regarde Dean, les larmes aux yeux. Je vais m'asseoir à ses côtés et la prends dans mes bras. Elle s'y blottit et commence à sangloter.
- Tout est de ma faute. Je… je n'arrivais pas à bouger et il… il s'est pris la… balle…
- Eh, ne t'inquiète pas, ce n'est pas de ta faute. Ça t'est arrivé mais ça aurait pu être moi ou n'importe lequel d'entre nous.
- Mais c'est moi qui devrais être à sa place ! s'exclame-t-elle.
Je me tais un instant, sachant qu'elle ne me laissera pas en placer une avant d'ajouter :
- Raiponce m'a dit qu'il allait bien et qu'il se réveillerait bientôt alors essuie-moi ces larmes.
Elle rit et me demande comment se porte Jack. Je lui réponds avant de la laisser et de retourner dans le salon.
Tous les autres sont là. Ils me regardent et me sourient. J'aperçois Kristoff qui a l'air fatigué et pars l'enlacer avant de m'écrouler dans le canapé à ses côtés.
Je suis consciente qu'ils s'inquiètent tous mais je ne veux pas les voir comme ça alors j'entame la conversation dans l'espoir de détendre l'atmosphère. Nous parvenons finalement à rire et à décompresser un peu.
Nous mangeons tous ensemble et chacun part ensuite se coucher. Je me dirige vers ma chambre mais vois Kristoff sortir de la sienne. Je l'interroge et il m'explique que Mérida s'est endormie sur son lit.
Je souris, ça ne m'étonne pas d'elle.
Il s'apprête à partir dormir dans le salon mais je lui propose de passer la nuit dans le lit de Mérida, si ça ne dérange pas ma sœur de partager sa chambre avec lui. Celle-ci accepte et ils partent donc en direction de la chambre d'Anna.
Je me tourne alors vers Eugène :
- S'il se passe quoi que ce soit concernant Jack, tu viens nous chercher Raiponce et moi. Je fais confiance à Mérida pour crier si Dean va mal.
Il rit et acquiesce.
Je pars donc prendre une douche et enfile mon pyjama.
Je m'installe sous ma couette et tente tant bien que mal de m'endormir. C'est peine perdue.
Je me retourne dans tous les sens mais rien n'y fait.
Encore pire, je commence à avoir vraiment chaud.
Je me lève et vais me chercher un verre d'eau dans la cuisine. Je m'apprête à retourner me coucher mais me rends compte que ça ne sert à rien.
Je décide d'enfiler mes chaussons et me faufile sur la terrasse. L'air frais me fouette le visage. Je m'appuie sur la rambarde et ferme les yeux.
J'entends alors la trappe s'ouvrir et entrouvre mes paupières pour voir Raiponce se glisser à l'extérieur.
- Tu n'arrives pas à dormir non plus ? me demande-t-elle.
- Nope !
Elle rit légèrement et vient s'installer à mes côtés.
- Vas-y, je t'écoute.
Je m'étonne :
- À propos ?
- Ce que tu veux.
J'éclate de rire et après réflexion, hausse les épaules. Elle prend alors la parole :
- Je suis sûre que tu as besoin de parler et, ça tombe bien, moi aussi. Mais si tu n'a pas d'idée, je commence…
Elle prend une inspiration et se lance :
- C'est vrai, je déteste vous voir partir et rester là à ne rien faire. Ça devient toujours plus difficile de savoir que je pourrais vous aider mais que je dois rester là…
Je la regarde tristement avant qu'elle ne tourne la tête vers moi et m'affiche un grand sourire. Pas un sourire joyeux, non, le genre de sourire qui vous fend le cœur.
- À toi !
Je soupire et lance :
- J'ai eu extrêmement peur aujourd'hui.
- Moi aussi, peur de perdre ma famille…
Elle pose sa tête sur mon épaule.
Nous restons là un certain temps en regardant les étoiles et en parlant de tout et de rien avant que ma cousine ne redresse la tête.
- Tu viens ? me demande-t-elle.
J'acquiesce et descends à sa suite.
Nous nous dirigeons vers la cuisine et trouvons Eugène assis le regard dans le vide. Raiponce se précipite vers lui et j'en fais de même.
- Hé, Eugène, ça va ? s'inquiète-t-elle. Il est arrivé quelque chose à Jack ?
- Non, il va bien. Je n'arrivais juste pas à dormir.
Mon amie tourne la tête vers moi et me sourit avant que j'ajoute :
- Je pense que l'on devrait former un club.
Elle explose de rire et Eugène lui plaque la main contre la bouche.
- Hé, calme-toi, tu vas réveiller tout le monde !
Mais vous savez ce que l'on dit sur le rire et le fait qu'il soit contagieux. Et bien, en quelques secondes, nous partons dans un fou rire incontrôlable. Raiponce se roule presque par terre, Eugène à ses côtés et moi me tenant le ventre tellement je ris. Sûrement le contre-coup du stress. Au bout de longues minutes, nous parvenons finalement à nous calmer.
- Ouh ! Bon je vais manger un truc, j'ai faim. Vous voulez quelque chose ? nous demande Raiponce.
- Non merci, je réponds. Je crois que je commence à avoir sommeil. Bonne nuit !
Ils me saluent et alors que je monte les escaliers j'entends mes deux amis discuter :
- Et toi Eugène ?
- Hum, la même chose que toi.
- Oui chef !
Je souris et pars rejoindre ma chambre avant de trouver (enfin) le sommeil.
.
Je me réveille le lendemain matin et constate que Raiponce n'est pas dans son lit. Elle est sûrement déjà levée. Je vais donc me laver puis enfile un débardeur et un jean. Je m'attache les cheveux en queue de cheval et pars vers la cuisine.
Je vois alors Raiponce et Eugène qui se sont endormis la tête dans les bras sur le plan de travail. La première étant écroulée sur l'épaule de son ami.
Je pouffe légèrement face à la scène et me prépare un chocolat chaud.
Harold arrive au bout de quelques minutes et hausse les sourcils en voyant nos amis écroulés sur le plan de travail. Il se dirige ensuite vers moi et nous commençons à discuter à voix basse.
Ma cousine se réveille peu de temps après et part se doucher. Elle revient rapidement et se prépare son petit-déjeuner.
Nous nous installons ensuite tout les trois à la table du salon où Harold étale une carte.
- Bon, on peut rayer Merki des villes sous l'emprise des Black Arms. Pour l'instant, on devrait concentrer nos missions de sauvetage sur ces trois petites villes, commence-t-il. Elles sont sous l'emprise d'une seule et même base. Néanmoins, avant de songer à l'attaquer, on va devoir attendre un peu.
Raiponce et moi approuvons, totalement d'accord.
Harold range alors sa carte et décide d'aller nourrir les dragons. Je souris en le voyant s'éloigner et me tourne vers ma meilleure amie.
- Bien dormi ? je lui demande.
- Disons que l'épaule d'Eugène n'est pas des plus confortables…, grimace-t-elle.
Je ris légèrement et lui propose de monter dans la salle de contrôle. Elle accepte et nous partons en direction de celle-ci.
Je m'assieds sur un fauteuil et attends devant les écrans de surveillance. Nous restons ainsi des dizaines de minutes sans que rien ne se passe. Alors que nous commençons à bailler, Harold nous rejoint.
- Alors ? nous questionne-t-il.
- Toujours rien, soupire Raiponce.
Mais soudain une petite alarme retentit dans la pièce.
- Il semblerait que j'ai parlé trop vite.
Nous nous empressons de l'arrêter et regardons les écrans. Des Black Arms se dirigent vers une école primaire en voiture et devraient arriver d'ici une dizaine de minutes.
- Si tu pars maintenant, tu peux arriver en même temps qu'eux, me dit Harold.
- Toute seule ?! je m'exclame. Ils sont une quinzaine, non il vaut mieux être deux pour que ce soit sans danger.
Ma cousine et lui hochent la tête.
- Et tu veux que je t'accompagne ? me demande-t-il.
Je souris en coin.
- À vrai dire, j'avais une autre idée en tête.
Et sans leur laisser le temps de comprendre, je me saisis de mon oreillette et attrape Raiponce par le bras avant de la tirer hors de la pièce. Je descends les escaliers en quatrième vitesse et nous précipite à l'extérieur en ayant pris nos clés de motos et quelques armes au passage.
- Elsa attends ! Qu'est-ce que tu fais ? me demande mon amie.
Je lui envoie ses clés avant de répondre :
- C'est TOI qui m'accompagne.
Elle reste là, interdite, avant de répliquer :
- Quoi ! Mais je… Non ! Je ne peux pas !
- Si tu peux et tu viens ! C'est sans danger, tu l'as toi même approuvé !
- Mais je…
- Tout le temps que l'on perd à discuter on le perd pour arriver à temps ! Alors viens !… S'il te plaît…
Elle reste figée dans une expression de stupeur avant de se reprendre, d'enfourcher son véhicule et de me lancer un regard convaincu.
J'affiche un énorme sourire et monte à mon tour sur ma moto.
Nous partons à toute allure avant que je n'entende la voix d'Harold dans mon oreillette.
- Elsa ? Tu m'entends ? Il s'est passé quoi là ? Raiponce est avec toi ? Vous partez toutes les deux ?
Je ne peux m'en empêcher et ris face à tant de questions. Je réponds finalement :
- Oui, Raiponce est avec moi. Nous partons en direction de l'école. Désolée de t'avoir pris au dépourvu.
- Non, non c'est rien. Je t'envoie l'itinéraire à suivre sur ton OPHT. Tu l'as au moins ?
- Oui mon capitaine !
Il ne me répond pas mais j'entends un léger bruit et regarde mon poignet où un itinéraire s'affiche.
- Merci Harold !
Je tourne la tête et m'aperçois que Raiponce l'a également reçu. Nous accélérons légèrement et conduisons ainsi pendant une dizaine de minutes.
Nous nous garons quelques mètres à l'écart de l'école pour ne pas attirer l'attention et observons la scène.
Les Black Arms sont déjà là et menacent les professeurs de leurs armes - j'imagine que les enfants ont été cloîtrés à l'intérieur.
Je regarde la scène, horrifié.
Alors qu'un robot lève son arme et s'apprête à tirer sur les professeurs afin d'entrer dans l'école, une institutrice s'interpose.
- Non ! s'exclame-t-elle. Je vous en prie ne leur faîtes pas de mal !
Un des robots s'approche et se place à quelques mètres de l'enseignante.
Il ouvre alors sa bouche et commence à débiter un discours tout droit venu de notre gouvernement.
- Le savoir est considéré comme une menace pour le pouvoir. Le savoir empêche la soumission. Toutes menaces doivent être éliminées. Les écoles seront détruites et leurs élèves tués.
Ma meilleure amie et moi frissonnons à l'entente de sa voix monotone et robotique.
- Je ne le permettrais pas ! continue la femme.
- Mais vous n'avez pas votre mot à dire. Le savoir est une menace. Vous enseignez. Vous empêchez la soumission. Vous et vos élèves serez tués.
Le premier robot lève de nouveau son arme et s'apprête à appuyer sur la détente mais je sors de ma cachette et m'écrie :
- Et si vous commenciez par moi !
Tous les robots se tournent vers moi et j'ajoute.
- Niveau soumission, je ne suis pas terrible.
Ils pointent leur armes dans ma direction. J'entends alors une série de coups de feu. Mais ce ne sont pas les leurs. Ce sont ceux de Raiponce.
Elle est sortie de sa cachette et tire dans le dos de cinq Black Arms. Les robots s'effondrent à terre et je compte ceux restants. Il y en a dix.
Ces derniers ne savent pas laquelle attaquer et j'en profite pour me jeter sur l'un d'entre eux en lui plantant un poignard dans la tête. Les autres réagissent vite et se départagent en deux groupes. Un contre Raiponce et un contre moi.
J'esquive trois balles et transperce deux Black Arms avec de la glace. Alors que je cherche des yeux les deux autres j'entends un coup de feu derrière-moi. Je me jette sur le côté et sens une balle effleurer mon épaule, m'arrachant un léger grognement de douleur.
Je me tourne alors le plus vite possible et tire sur le robot qui m'a blessé.
Je tourne la tête vers ma droite et remarque que Raiponce s'est débarrassé de quatre de ses Black Arms. Voyant qu'elle n'a pas besoin d'aide avec le dernier, je me place derrière une voiture pour me couvrir et cherche le dernier robot.
Je ne le vois d'abord pas puis l'aperçois entrer dans le bâtiment scolaire où sont cachés les enfants. Je cours le plus vite possible à sa suite en espérant arriver à temps.
Alors que je traverse la cour de récréation à toute allure, je les vois, là, au bout de cette dernière, cachés sous une sorte de préau, le robot leur fonçant dessus.
Je me mets à piquer un sprint. Deux options s'offrent à moi. La première, je lui tire dessus au risque de traumatiser les enfants. La seconde, je m'approche et l'empêche de tirer sans le blesser, du moins trop grièvement.
Pour l'instant, je peux me permettre la seconde option. Néanmoins, si j'y suis obligée, je devrais tirer.
Le robot menace les enfants de son arme tandis que ceux-ci reculent de plus en plus. Sauf un. Un petit garçon qui doit avoir tout juste sept ans. Il ne bouge pas, comme figé. Le robot, lui, s'apprête à presser son doigt sur la détente.
Je crie au petit de se baisser ou de courir et m'apprête à tirer sur le Black Arms, n'ayant pas d'autre choix mais le petit garçon ouvre la bouche et dit :
- Papa ?
À ce moment là mon monde s'effondre et je le sais. Je sais que je ne pourrais pas tirer sur le Black Arms. Car le corps qui l'abrite est celui du père de ce petit garçon. Je ne peux pas tirer sur ce qu'il pense être son père devant lui !
Alors quand j'entends la balle siffler dans l'air je me jette devant lui et nous crée une carapace de glace.
Heureusement pour moi, je suis assez rapide car cette dernière parvient à stopper la balle. Je détruis alors mon bouclier et crée un épais mur de glace séparant les enfants du robot et moi.
Celui-ci m'envoie plusieurs balles que je suis obligée d'esquiver. Je gèle alors son fusil pour le rendre moins dangereux mais il fonce sur moi et m'attrape par la gorge avant que je n'ai pu faire quoi que ce soit.
Je sens ses doigts se serrer de plus en plus et l'air sortir de mes poumons. Je pourrais le tuer, là maintenant. Il suffirait d'un pic de glace dans la tête et ce serait réglé. Mais les enfants sont ici, derrière la glace et observent toute la scène.
Je jette un coup d'œil dans leur direction et remarque que le petit garçon a les larmes aux yeux. Je le regarde tristement tandis que mes pieds ne touchent plus le sol.
C'est alors que je donne un coup de pied dans le ventre du Black Arms, le faisant reculer et me lâcher.
Je retombe lourdement sur le sol et respire bruyamment. Malheureusement, le robot se relève rapidement et fonce vers moi. Je crée un mur de glace devant moi au dernier moment et il se le prend en pleine tête avant de tomber par terre.
J'espère que le choc a endommagé un peu son système robotique sinon, il risque de se relever immédiatement.
Par chance, mes espérances s'avèrent exactes et le robot reste allongé.
- Papa !
Je tourne la tête vers le petit garçon qui pleure et tambourine contre le mur de glace. Je le fais fondre car il n'est plus nécessaire et l'enfant veut courir aux côtés de son père mais je l'en empêche.
- Laissez-moi ! Je veux mon papa ! Papa !
Ses cris me déchirent le cœur mais si je le laisse approcher le robot et que celui-ci reprend « conscience », il risquerait de tuer le garçon.
Ce dernier me tape de toutes ses forces en me hurlant de le laisser passer tandis que ses camarades observent la scène, ébahis et apeurés.
- Elsa ! s'exclame soudain une voix derrière-moi.
Je me retourne en reconnaissant celle de ma meilleure amie mais c'était une erreur. Le petit garçon en profite pour se défaire de mon emprise et fonce vers le Black Arms.
Ce dernier se lève alors et attrape l'enfant par la gorge.
Les élèves crient tandis que Raiponce lâche son arme et se jette sur le robot. Celui-ci tombe à terre avec ma cousine pendant que j'amorce la chute de l'enfant avec un tas de neige.
Il ouvre de grands yeux et des larmes perlent à leurs coins.
Il bafouille :
- Mais… Papa, pourquoi ?
Raiponce parvient à assommer de nouveau le robot et se tourne vers moi. Le garçon, quand à lui, ne bouge plus.
Mon cœur se serre lorsque je chuchote à ma cousine :
- Emmène-le à l'extérieur de l'école, on ne peut pas le tuer devant les enfants.
Elle hoche tristement la tête et s'éloigne, entraînant le Black Arms avec elle.
Les élèves ne bougent pas, tétanisés. Il s'écoule ainsi quelques minutes avant qu'un coup de feu ne retentisse. Je devine que c'est Raiponce qui l'a tué.
.
Le petit garçon, en entendant le coup de feu, ne sursaute pas comme ses camarades. Non, il se contente de pleurer silencieusement avant de foncer vers moi et d'abattre ses poings sur mon ventre sans s'arrêter.
Il hurle. De toute ses forces. Seul son cri brise le silence.
- Je vous déteste ! Je veux mon papa ! Où est mon papa !? Dites-le moi !
Mais ma gorge reste nouée et refuse de laisser passer le moindre mot. Les larmes me montent aux yeux.
- Il est vivant hein ?! Répondez-moi ! Il est vivant ?!
Il continue de me frapper sans relâche et je parviens à dire dans un murmure.
- Non…
.
Ses coups s'arrêtent, il ne relève pas la tête vers moi et s'écarte de quelques pas.
- Je… suis… désolée, j'articule.
Il marmonne quelque chose d'indescriptible.
Je tends l'oreille mais ne parviens pas à comprendre ce qu'il dit.
Il le répète légèrement plus fort mais ce n'est qu'au bout de plusieurs fois que je comprends ce qu'il dit.
- Vous l'avez tué ! Vous avez tué mon père !
Je ferme les yeux. Une larme roule sur ma joue.
Je sens l'enfant qui se rapproche de moi.
- VOUS L'AVEZ TUÉ !
Il recommence à me frapper de ses petits poings mais s'écroule finalement sur le sol en sanglotant.
Je me mets à genoux près de lui mais il me repousse.
- C'est… vous… je… il est… mort !
Je ne peux m'en empêcher et le prends dans mes bras. Il tente de me repousser mais je resserre mon étreinte.
- Non !… je vous déteste… vous avez… tué mon père !
Je lui réponds dans un souffle.
- Non, je ne l'ai pas tué.
Il arrête de me repousser et de pleurer. Je continue :
- Ton père… tu ne l'avais pas vu depuis longtemps, n'est-ce pas ?
Je ne le vois pas mais je le sens étonné.
- Ça faisait… à peu près… trois ans…
J'ouvre les yeux et m'aperçois que les élèves, les professeurs et Raiponce qui est revenue nous observent en retrait. Ils ne doivent pas entendre ce que l'on dit, mais ils ne bougent pas.
Je prend une inspiration.
- Tu as entendu parler du gouvernement ? je lui demande.
Je le sens hocher la tête et il répond :
- Maman dit… que ce sont… des méchants.
Je souris légèrement.
- Ta maman a raison. Les… méchants, comme tu dis, ils veulent…
- Tuer des gens, il m'interrompt.
Je hausse les sourcils, étonnée.
- C'est Maman qui l'a dit. Elle me dit de faire attention à chaque fois qu'on en voit à la télévision.
- Elle a raison, ils veulent tuer des gens et il faut que tu fasses attention.
Je m'apprête à continuer mais il prend la parole :
- Tout à l'heure, il y a eu une alarme et ma maîtresse nous a emmené nous cacher au fond de la cour de récréation… C'était à cause des méchants ?
J'hésite un peu avant de répondre. Il est intelligent, il va faire le rapprochement tout seul.
- Oui.
Je l'entends sangloter légèrement.
- Mais alors, mon papa… il est méch…
- Non ! je l'interromps.
Il pose sa tête contre mon épaule.
- Tu sais, mon papa la dernière fois que je l'ai vu c'était il y a très longtemps. Il y avait du bruit en bas de la maison et mon papa et ma maman m'ont dit de monter à l'étage. Mon papa était très inquiet et il a demandé a Maman de monter avec moi. Au départ elle voulait pas mais finalement elle est venue. Ensuite j'ai entendu Papa crier et…
Il est coupé par un sanglot.
- Et quand on est descendus avec Maman… il était plus là.
Je le serre un peu plus fort contre moi.
- Il était mort hein ?
Je hoche la tête silencieusement et sens ses larmes tomber sur mon épaule.
- Alors pourquoi mon Papa était là tout à l'heure ?
La voilà. La question. Celle à laquelle je ne sais pas comment répondre. Je cherche mes mots à toute vitesse mais ne trouve rien. Je bafouille donc :
- Le jour où… où ton père a été enlevé les… « méchants » l'ont…
J'hésite avant de continuer mais prends mon courage à deux mains.
- Ils l'ont tué… Mais le corps de ton papa…
Je ne sais pas du tout comment lui dire ça.
- Disons que ton papa est… mort… mais que son corps lui est « vivant » en quelque sorte… Tu comprends ?
Il hoche la tête et attends que je continue.
- Maintenant ce n'est plus ton papa, c'est…
J'hésite vraiment à le lui dire, ça va le choquer. C'est sûr et ce serait normal.
- C'est quoi ? me demande-t-il. Si c'est plus mon papa, c'est quoi ?
- Je… c'est… un robot. C'est un robot.
En réalité, je n'avais jamais pensé au fait que certains enfants ne sachent pas pourquoi leur père était parti. Néanmoins il est vrai qu'il ne doit pas être facile pour une mère de dire à son enfant « Tu vois, ton père est mort et maintenant son corps abrite un robot qui travaille pour le gouvernement et qui veut tuer tout le monde ». Ce serait traumatisant et j'imagine que les mères de ces enfants veulent attendre qu'ils soient plus grands pour leur dire la vérité. Mais vu les circonstances, je ne peux pas les cacher à ce petit.
Je ne m'étais pas rendue compte que pendant que je réfléchissait le petit n'avait pas bougé. Je me détache de lui, toujours à genoux, et le regarde droit dans les yeux en le tenant par les épaules.
Il pleure.
- Maintenant écoute-moi bien, lui dis-je. Ton père est un héros. Il s'est sacrifié pour que vous viviez, toi et ta mère. Ce n'est pas lui qui vous a attaqué aujourd'hui. C'est un robot. Ton père, lui, est là, je termine en pointant son cœur de mon index.
Il ne pleure plus mais a tout de même les larmes aux yeux.
- Tu veux le rendre fier ?
Il hoche la tête.
- Alors commence par essuyer ces larmes et continue d'apprendre. Sois quelqu'un de bien comme ton père et là je te promets qu'il ne pourras pas être plus fier.
Il m'affiche un grand sourire et essuie ses joues.
- Et toi ? me demande-t-il.
Je m'étonne.
- Moi ?
- Oui, t'es une gentille ou une méchante ?
Je souris face à cette question et lui réponds :
- Je ne sais pas, qu'est-ce que tu en penses toi ?
Il me sourit de toute ses dents.
- Je pense que tu es une gentille. C'est pour ça que tu es venue aujourd'hui, pour nous protéger. Tu es une héroïne.
Il a dit ça avec tellement de conviction que j'en ai les larmes aux yeux. Je le serre dans mes bras une dernière fois et il me glisse à l'oreille :
- Merci de m'avoir sauvé. Je suis sûr que mon papa est fier de toi aussi.
Je le regarde s'éloigner mais il se retourne au bout de quelques mètres et me demande :
- Au fait, comment tu t'appelles ? Promis je le répéterais pas.
- Elsa et toi ?
- Peter. Peter Pan.
Je souris et il repart vers ses amis mais lorsqu'il passe à côté de Raiponce, il s'arrête et la serre dans ses bras en lui disant quelque chose.
Mon amie est d'abord surprise mais lui rend finalement son étreinte. Après qu'il se soit séparé d'elle, elle me rejoint et m'enlace.
- Qu'est-ce qu'il t'as dit ? je lui demande.
- Il m'a dit « Toi aussi tu es une héroïne ».
Nous sourions et regardons les élèves se détendre un peu et les professeurs se diriger vers nous.
- Merci, commence l'un, sûrement porte parole des autres. Merci pour tout.
Nous entendons leurs remerciements et commençons à partir en voyant les élèves nous faire des signes de la main.
Après avoir franchi le portail, nous nous arrêtons à côté de nos motos et Raiponce me demande si j'ai des blessures. Je lui montre l'endroit où la balle m'a effleuré et elle me soigne en quelques secondes. Elle fait la même chose pour elle et nous partons ensuite en direction du QG.
Et voilà !
J'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à laisser un commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé.
Encore désolée pour cette longue absence ! ;)
À la semaine prochaine (c'est sûr) !
Lunazzura
