Chapitre 10

Yuuri avait l'impression d'être enveloppé dans un nuage de coton. Il avait bien chaud, il se sentait bien, en sécurité, comme lorsque ... comme lorsqu'il était dans les bras de Conrad ! Cette pensée le réveilla et il se rendit compte qu'il était effectivement dans ses bras, allongé contre lui dans son lit. Il se souvenait, il s'était endormi là la veille, en rentrant, le Mazoku n'avait probablement pas réussi à le réveillé et s'était alors installé à côté de lui, rien d'autre ne s'était passé, ils étaient encore tout deux habillés. Il dégluti, cette position était des plus confortables mais le mettait également mal à l'aise. Son parfum était enivrant, enfin, ce n'était pas vraiment du parfum, juste son odeur corporelle. Ça lui donnait des frissons et ... réveilla la partie de son anatomie qui se trouvait entre ses jambes. Embarrassé, il se retourna sur le côté avant que le soldat ne s'aperçoive malencontreusement de sa condition.

Son mouvement brusque réveilla Conrad qui par réflexe attrapa son épée, ne la reposant que lorsqu'il fut certain qu'il n'y avait aucun danger qui les menaçaient. Puis il se rappela dans quelle position il était lorsqu'il s'était réveillé et rougit fortement. Yuuri n'avait rien dit, mais il avait besoin de s'excuser : « Je vous demande pardon majesté, je ne voulais pas vous réveillé hier soirs lorsque je suis rentré. Je me suis installé au bord du lit, mais il me semble que j'ai bougé durant mon sommeil.

- Ce n'est rien Conrad, dormir avec Wolfram est bien pire ! Le rassura le garçon. Il prend toute la place et toute la couverture. Tu as fait inconsciemment que ce que tu fais tous les jours, tu m'as protégé.

- Il vous manque ? Wolfram, ajouta-t-il devant l'air abasourdi de l'adolescent.

- Je ne sais pas vraiment, avoua-t-il. Mais c'est la première nuit depuis longtemps où j'ai tellement bien dormi ! » Et c'était vrai. Il était à l'aise avec Conrad, il était apaisé, et son sourire le réconfortait. Conrad lui ... faisait manquer un battement de cœur...

Qu'avait dit Wolfram lorsqu'il avait rompu ? Que l'amour entre deux hommes ne lui posait pas de problème, mais que Wolfram lui en posait un. Il avait aussi dit qu'il avait vu les regards qu'il lançait à Conrad... Mais ce n'était que de la curiosité, il ne pouvait pas ... pouvait pas être amoureux de Conrad ! Il chercha du regard les doux yeux marron de son protecteur et senti le sang monter à ses joues ainsi que son cœur battre à la chamade dans sa poitrine. S'en était trop, il prit ses jambes à son cou et s'enfuit de la pièce, ignorant les appels inquiets du soldat, tentant d'oublier la conclusion à laquelle il venait d'arriver.