Et voilààà la suite avec un jour d'avance ! Avouez, vous m'aimez :') Aimez aussi mes Betas, qui sont super efficaces et rapides comme toujours ! :D
Réponses aux reviews des guests :
wm : Merci ! Je suis très contente que tu aimes ;) Voici la suite, en espérant qu'elle te satisfasse ^^
Guest : Here it is ! I hope you'll enjoy it ;)
Merci à tous pour vos reviews (on en est à 84, c'est trop fun), pour vos fav et vos follows, qui s'agrandissent tout les jours ! Vous êtes absolument adorables ! :coeur:
Chapitre 10 : Tu vas me détruire
Une vive douleur cuisante sur sa joue lui fit ouvrir les yeux. Sa vision d'abord floue ne lui révéla que peu de choses sur son environnement. Une lumière jaune l'éblouissait, pourtant il pouvait deviner que le reste de l'endroit était sombre. A en juger par les frissons causé par le froid qui le parcouraient, il pouvait être dehors ou dans un souterrain. Il penchait plus pour la seconde option, puisque le mois de décembre n'était pas aussi froid en Californie. Il faisait toujours plus frais dans une cave.
Il papillonna des yeux pour essayer d'y voir plus clair. Lentement, il reprenait conscience de ce qui l'entourait. Il sentait une douleur à ses poignets qui engourdissait ses mains et une surface dure et froide contre son dos. Il lui semblait que c'était un grillage. Sa vision finit par s'éclaircir. Il était effectivement dans une pièce sous terre, et il était suspendu, attaché par les poignets. Il pouvait toucher le sol du bout de sa chaussure mais pas assez pour soulager le poids qui pesait sur ses poignets.
« -La Belle au Bois Dormant est enfin réveillée ?! » s'exclama une voix agaçante qui lui vrilla le crâne.
« -Si cette connasse de sorcière ne l'avait pas plongé dans le sommeil, elle n'aurait pas besoin de se réveiller » marmonna-t-il.
Pour toute réponse, il reçut un coup de poing dans la mâchoire qui lui fit tourner la tête sur le côté. Il cligna des yeux sous la douleur qui affluait et qui l'étourdissait avant de poser son regard sur sa future tortionnaire. Parce qu'il ne se faisait pas d'illusion, il savait qu'il n'était pas là pour bavarder.
« -Dis-moi Stiles, comment va Derek depuis la dernière fois ? » s'enquit Kate, hypocritement inquiète.
« -Tellement mieux depuis que tu n'es plus là pour foutre ta merde ! » répondit Stiles avec hargne.
Elle lui sourit, doucereuse, en laissant un de ses doigts parcourir le torse de sa victime. C'est à ce moment-là que Stiles se rendit compte qu'il ne portait plus son t-shirt et qu'il était relié à ce qui lui semblait être un générateur par le flanc. Il se retint de déglutir.
Kate s'éloigna un peu et lui fit face, une mine faussement désolée sur le visage.
« -Tu sais, Stiles, je ne suis pas stupide ou aveugle » commença-t-elle d'une voix emplie d'une condescendance horripilante. « Je sais que Derek n'est pas simplement ton ami. Tu nourris pour lui des sentiments ridicules qui ne seront jamais réciproques. Ça doit être dur, non ? D'aimer quelqu'un sans être aimé en retour ? De le voir tous les jours, de le toucher mais jamais de la façon dont on le voudrait ? Je te plains sincèrement Stiles... »
L'adolescent serra les mâchoires, accusant le coup comme il le pouvait. Bien sûr que c'était dur. Ça faisait mal, chaque fois un peu plus. Et il aurait préféré éviter le sujet, surtout si c'était Kate qui en parlait. Il préférait largement qu'elle le frappe. Seulement, elle en avait décidé autrement.
« -Tu ne sauras jamais à quel point il est doué au lit... Hum, je me souviens de chacun de nos ébats. De ses mains sur mon corps, de ses lèvres sur ma peau, de sa langue... »
Elle s'approcha de Stiles avec un sourire cruel et lécha son torse de bas en haut. Il essaya tant bien que mal de se soustraire à ce contact indésiré qui le dégoûtait, mais ne réussit qu'à s'attirer le rire moqueur de la chasseuse. Il aurait voulu hurler. Hurler à cette garce de se taire, de ne plus laisser passer un seul mot. Hurler sa colère et sa douleur d'entendre ce que le garçon qu'il aimait avait fait avec une autre. Mais il se contenta de garder les mâchoires aussi serrées que possible, faisant naître une douleur physique pour tenter d'oublier la douleur de son coeur.
« -Il est aussi très doué de ses doigts... »
Elle soupira, rêveuse. Stiles dut faire un immense effort pour ne rien dire, pour ne pas laisser sa tendance au bavardage le desservir comme à chaque fois. Il ne voulait pas lui donner satisfaction en se laissant aller à répondre.
« -Il est sauvage mais tendre. Est-ce que tu savais que, derrière tous ses regards si sombres et sa carapace de cuir, le petit Derek est un grand amateur de câlin ? Oh, bien sûr que non, tu ne le sais pas. Après qu'on ait couché ensemble, il me prenait dans ses bras, à chaque fois. Il me caressait, me... »
« -Tu comptes me torturer ou tu vas juste me parler jusqu'à ce que j'en crève ? » la coupa-t-il, ne pouvant plus supporter les révélations de Kate.
C'était trop douloureux. La jalousie lui dévorait les entrailles. La colère et l'humiliation d'être jaloux d'elle lui brûlaient les veines. Il ne pouvait pas plus en supporter. Si elle continuait, il ne pourrait plus rester aussi stoïque, ses émotions violentes seraient libres de s'exprimer et alors Kate aurait gagné. Il ne voulait pas qu'elle ait la satisfaction de le voir détruit. Il préférait être torturé à mort plutôt que d'avouer à cette garce tout ce qu'il ressentait. Jalousie. Colère. Détresse. Désespoir.
« -Si tu insistes ... » soupira-t-elle théâtralement. « Est-ce que tu sais combien d'ampères sont nécessaires avant qu'un coeur humain ne lâche ? »
Il ne lui répondit pas même s'il connaissait la réponse. Il n'avait pas envie qu'elle teste la limite. Elle prit donc son silence pour une négation.
« -Moi non plus, à vrai dire ! On va essayer progressivement. Surtout, dis-le-moi, si ça fait mal » sourit-elle avant d'enclencher le générateur. « Il paraît qu'il en faut très peu pour tuer un homme. Il faut dire que les humains sont bien plus faibles que les loups-garous ! »
Lorsque le courant parcourut son corps, Stiles serra les dents pour retenir le cri qui se formait dans sa gorge. Sa respiration se bloqua sous le choc, comme si ne plus inspirer pouvait réduire la douleur qui parcourait ses membres. Tous ses muscles étaient contractés et son corps était agité de soubresauts incontrôlables.
Quand Kate ouvrit le circuit, stoppant l'arrivée de l'électricité, la douleur ne quitta pas Stiles. Il sentait chaque muscle de son corps, comme s'il avait des courbatures, et des petits fourmillements qui grouillaient sous sa peau. Ses membres tressautaient, son coeur battait trop vite, et sa respiration ne s'était débloquée pour ne laisser passer que de minces filets d'air.
Kate se délectait de la souffrance peinte sur le visage de sa victime. Il avait les traits tirés, les mâchoires contractées, les yeux emplis de larmes qui pourtant ne coulaient pas encore.
« -Tu sais, Stiles, j'ai eu le temps de réfléchir, depuis hier. Et j'ai trouvé plein de choses intéressantes à tester sur toi. On va passer un long moment ensemble, toi et moi. »
Elle ne se départait pas de son sourire cruel. Ses yeux luisaient d'une lueur de folie pure. Comment pouvait-elle à ce point aimer faire souffrir ? Stiles ne pouvait concevoir une personne qui prenait plaisir à faire mal. C'était insensé pour lui.
« -Tu n'as même pas idée de ce qu'une jolie fille comme moi peut obtenir, avec un peu de baratin, et deux-trois petites gâteries » continua-t-elle en s'approchant de lui, une seringue à la main. « Tu veux savoir ce qu'il y a dans cette seringue ? Tu vas adorer ! C'est de la LSD. Je vais t'offrir un bad trip dont tu te souviendras pendant longtemps ! »
Stiles ouvrit de grands yeux, la terreur se déversant dans son corps. Il s'agita frénétiquement pour se libérer de ses chaînes, même si c'était peine perdue. Il voyait avec horreur la chasseuse s'approcher lentement de lui, la seringue emplie de drogue bien mise en évidence. Elle lui saisit la mâchoire et le força à tourner la tête pour dévoiler sa jugulaire. L'aiguille se planta dans la veine et elle poussa le piston pour permettre à la drogue de s'écouler dans le corps.
L'effet fut presque immédiat. Stiles se mit à pouffer de rire avant de partir dans un fou-rire incontrôlable. Il entendait les couleurs lui chanter des berceuses, toutes différentes, toutes en même temps, et pourtant il pouvait les distinguer clairement. Il voyait les sons se mouvoir devant lui, s'inscrire sous ses yeux aux pupilles dilatées à l'extrême. Il se sentait incroyablement bien, détendu.
Soudain, un grand bruit apparut devant lui et il entendit les couleurs chanter une nouvelle chanson dont il ne comprenait plus les paroles. Il vit le bruit se multiplier en plusieurs autres sons, devenir une multitude de nuisances qui lui vrillaient le crâne. Et alors, il vit Derek dans son champ de vision. Il semblait parler, s'agiter, et Stiles pouvait voir son inquiétude colorée et bruyante l'assaillir, couvrant les paroles du garçon. Il se sentit libre et Derek lui sembla plus proche. Il l'entoura de ses bras et posa sa tête sur son épaule, fermant les yeux.
Une vive douleur sur le torse lui fit rouvrir les yeux. Il était toujours enchaîné, suspendu douloureusement au-dessus du sol, et devant lui se tenait non pas Derek mais Kate, qui lui semblait déformée par un rire moqueur. Sa vision était confuse, ses oreilles bourdonnaient, son environnement ne l'atteignait presque plus, et pourtant il avait une conscience aiguë de son corps. Il ressentait la douleur comme si elle était multipliée par mille. Elle était brûlante et semblait ne jamais vouloir finir.
Il sentit un liquide chaud couler le long de son ventre et il se demanda longtemps ce que cela pouvait être. Sa tête ne fonctionnait plus correctement, son esprit ne se focalisait pas sur les choses importantes. Il était concentré sur la douleur vive qui assaillait son corps de toute part. Il confondait réalité et hallucination. Tout semblait pareil, l'hallucination était aussi détaillée que la réalité, il ne pouvait en faire la différence que quand la douleur des blessures que lui infligeait Kate le ramenait dans le réel.
Il perdit la notion du temps. Lorsqu'une minute passait, il lui semblait qu'une heure c'était écoulée. Et parfois, lorsque Kate s'acharnait à entailler son corps avec un couteau, il lui semblait que le temps s'accélérait. Tout devenait trop confus, et pourtant trop clair. Il ne savait pas où il était, depuis combien de temps il y était, si ce qu'il voyait et sentait était réel. Mais il ressentait la douleur comme si à chaque coup, on lui en donnait cent en même temps. Il ne semblait plus se souvenir du temps où il n'avait pas mal. C'était comme s'il n'avait toujours connu que la douleur.
Un bruit fracassant lui fit relever la tête avec lenteur, la fatigue la rendant lourde. Il vit Kate qui faisait face à son frère, Christopher. Les paroles étaient confuses, les mots mâchés, mais la situation semblait montrer que l'aîné des Argent n'était pas content. Il put voir derrière lui le Shérif, son père, qui tenait la petite chasseuse en joue tout en jetant fréquemment des regards à son fils. Il entendit un hoquet d'horreur étouffé et il aperçut sa mère derrière le Shérif. La courageuse Claudia qui ferait n'importe quoi pour son fils, même accompagner son mari pour affronter une psychopathe. Sa mère se précipita vers lui, sachant que Christopher et John pouvait gérer Kate.
Quand elle arriva vers lui, son parfum de cookie chaud sortant du four assaillit ses narines et il inspira à plein poumons. Les mains chaudes et moites de sa mère se posèrent près de ses poignets, l'un après l'autre, pour les délivrer de leurs chaînes en métal. Il s'affaissa de tout son poids dans les bras réconfortant de sa mère, laissant ses larmes couler enfin. Ses bras étaient douloureux et le tiraillaient alors que le sang affluait de nouveau correctement dans ses membres. Il savait ses poignets meurtris, probablement violets. Il avait mal aux épaules. Mais au moins, il était dans les bras de sa mère. Il entendait son coeur battre frénétiquement alors qu'elle le berçait doucement en lui chuchotant des petits mots de réconforts que seule une mère connait.
Elle souleva les paupières à moitié clauses de Stiles et cria quelque chose au Shérif qu'il n'entendit pas, les oreilles bourdonnantes. Une envie de vomir lui retourna l'estomac et il eut un haut-le-coeur. Il se sentait faible. Il n'avait qu'une seule envie, fermer les yeux et dormir. Il sentit plusieurs petites tapes sur ses joues et il papillonna des yeux pour rencontrer ceux chocolats de sa mère, noyés dans l'inquiétude et la peur. Il voulut la rassurer, mais sa bouche était trop pâteuse, sa langue trop lourde.
Il dut perdre conscience à un moment parce qu'il se réveilla subitement dans un autre endroit, une énergie nouvelle parcourant son corps.
« -J'avais dit cinq milligramme d'adrénaline, pas sept ! » s'exclama une voix masculine qu'il ne connaissait absolument pas.
Il ouvrit les yeux et put voir plusieurs personnes penchées sur lui, habillées toutes de vert et de blanc, portant des masques et des bonnets.
« -Il reprend conscience » informa une nouvelle voix, féminine cette fois. « Stiles ? Stiles, est-ce que tu m'entends ? Hoche simplement la tête si c'est le cas. »
Au prix d'un effort surhumain, sa tête bougea de bas en haut, signifiant qu'il entendait.
« -On a évité l'overdose, mais il doit rester en observation pendant une à deux semaines. C'était la première fois qu'il en prenait ? »
Stiles ne comprenait plus rien. Où était-il ? Son regard parcourut la pièce et il découvrit une chambre d'hôpital. Son père et sa mère étaient au pied de son lit et discutaient avec un médecin.
« -Bien sûr que oui ! » s'offusqua son père.
« -Il est sous Adderall » ajouta sa mère. « Il est déjà sous l'effet d'une drogue, pourquoi en aurait-il pris une autre ? Stiles est intelligent, il sait les effets que ça pourrait avoir. »
Il vit le médecin hocher la tête en inscrivant quelque chose sur un bloc-note.
« -Le retour au réel risque d'être dur. « La descente » comme on l'appelle, va provoquer de la dépression, c'est pourquoi nous allons le garder. Tant que la drogue n'a pas entièrement quitter son organisme, nous ne pouvons pas lui administrer d'antidépresseur ni quoi que ce soit d'autre, au risque d'entraîner des réactions non désirées. Il va falloir patienter... »
Tout se brouilla autour de lui et ce fut le noir.
« -Stiles... » fit une voix aux intonations languissante et doucereuse. « Ne pars pas si loin, reste avec moi ! »
Une nouvelle douleur lui fit ouvrir les yeux. Un frisson parcourut l'ensemble de son corps. Il était de retour dans la cave. Non. Ce n'était pas possible. Ça ne pouvait pas être vrai, c'était forcément un rêve. Il était inconscient à l'hôpital, mais pas de retour dans cette cave sordide avec pour seule compagnie cette garce dérangée. Impossible.
« -Oh mon pauvre petit ange ! Regardez-moi cette petite bouille horrifiée et perdue ! Qu'il est adorable ce petit Stiles ! » continua Kate, d'une voix plaintive. « Pauvre chou, tu as cru que quelqu'un était venu te chercher ? Mais enfin, mon chéri, personne ne se soucie de toi ! Pourquoi crois-tu que tu es encore là, avec moi ? C'est parce que personne ne te cherche, tout le monde se fiche de savoir ce que devient le petit Stilinski. Personne ne viendra te chercher, parce que personne ne t'aime. Pauvre garçon. Tu pensais que tes parents t'aimaient ? Mais tu n'es qu'une gêne pour eux, c'est de ta faute s'ils ont divorcé. Tu pensais que Derek t'aimait ? Mais c'est ta faute s'il va mal. Tu pensais que Talia t'appréciait ? Mais c'est par respect pour ta mère qu'elle est gentille. Tu es un paria, Stiles. Personne n'a jamais voulu de toi, et personne ne voudra jamais de toi ! Ta mort ne fera que tous les soulager. Rends-leur service, Stiles, abandonne la bataille... »
Stiles avait du mal à respirer. Elle avait raison. Depuis combien de temps était-il là ? Quatre heures ? Cinq ? Un jour ? Deux ? Il ne savait pas, mais la vérité était là : personne n'était venu. Elle avait raison. Personne ne viendrait. Il était la cause du divorce de ses parents. Il était la cause du mal de Derek. Il était un boulet que tout le monde se traînait.
Les effets de la drogue se dissipaient lentement et son cerveau baignait dans une mélancolie écrasante. Il ne parvenait pas à reprendre sa respiration, il sentait la crise d'angoisse arriver. Son coeur s'affolait dans sa poitrine, martelant ses côtes rendues douloureuses par les coups. Il haleta, cherche son souffle sous le rire moqueur de sa tortionnaire. Ses larmes coulaient de leur propre chef sur ses joues devenues livides, creusant des sillons à travers le sang séché sur ses pommettes.
« -Eh, eh, eh, Stiles » chuchota Kate en posant une main sur sa joue. « Ce n'est pas si grave, tu sais. On doit tous mourir un jour, et ton jour à toi est arrivé. Tu sais comment on peut arrêter une crise de panique ? En retenant son souffle. »
Elle attrapa une matraque électrique qui était posée sur une petite table couverte d'instruments en tout genre et l'alluma. Elle la posa sur le bras de sa victime qui se cambra sous l'assaut d'électricité. Stiles retint son souffle sous la douleur fulgurante qui traversait chacun de ses membres.
Cela n'en finirait donc jamais ? Jamais il n'en finirait d'avoir mal ? Était-ce ainsi qu'il allait finir sa vie ? A dix-sept ans, torturé par une psychopathe obsédée par les loups-garous et par le fait qu'elle n'ait pas été l'unique amour de Derek ? C'était tellement absurde...
Lorsque la douleur cessa, Stiles inspira profondément et une odeur de fumée lui parvint. Une odeur de cigarette.
« -Je ne fume pas, c'est mauvais pour la santé, et ça fait mauvais genre. Mais j'ai lu quelque part que la torture par brûlure de cigarette était plutôt efficace pour faire avouer. Bien sûr, je n'ai rien à te faire avouer, mais ça peut être sympa, tu ne trouves pas ? »
Aussitôt, elle appliqua le bout enflammé sur le torse de Stiles qui hurla sous la brûlure. Elle continua son manège, suivant la ligne du sternum, de l'estomac, jusqu'au nombril. Une odeur de chair brûlée flottait jusqu'aux narines de Stiles lui donnant envie de vomir.
« -Arrête » souffla Stiles, la voix éraillée d'avoir trop hurlé, ou peut-être ne pas avoir parlé pendant trop longtemps. « Je t'en supplie... Arrête. Tues-moi... »
Il était arrivé à un stade où l'humiliation n'était plus un de ses problèmes. Sa fierté et son ego étaient anéantis depuis longtemps. Il voulait juste que tout s'arrête. Qu'il cesse d'avoir mal. Qu'il cesse de ressentir toute émotion. De la peur. De la souffrance. De la détresse. Et de l'espoir. Ce traître et douloureux espoir qui lui faisait miroiter son sauvetage, qui lui faisait miroiter un futur meilleur lorsqu'on l'aurait retrouvé. Il en avait assez d'espérer être sauvé en vain. Il en avait assez que son esprit s'échine à lui faire voir les gens qu'il aimait le retrouver et s'occuper de lui alors que la réalité était tout autre. Cruel espoir.
« -Déjà ? Oh non, Stiles. Je ne me suis pas assez amusée. Je ne me suis pas assez vengée. Tu as tout gâché, Stiles. Des mois de préparation... Mon père me faisait confiance. Cette mission était censée me rendre chasseuse pour de vrai, j'allais pouvoir fabriquer mes propres balles en argent. J'allais avoir de la valeur pour mon père, j'allais être puissante et respectée chez les chasseurs. Et tu as tout gâché... »
« -Le respect ne s'acquière pas en tuant des gens innocents. Tu ne seras jamais respectée pour un massacre. Quelle gloire peux-tu tiré d'un incendie criminel ? Où est la gloire du combat ? Comment peut-on te respecter pour un acte aussi lâche qu'un incendie ? » intervint-il, d'une voix lasse et fatiguée.
Il ne cherchait pas à la provoquer, il aurait fallu être fou pour le faire. Il cherchait simplement à comprendre, et surtout à la faire parler. Parce que tant qu'elle parlait, elle ne le torturait plus.
« -Parce que j'aurais eu toute une meute, d'un seul coup. Là est la gloire. Kate Argent, chasseuse de loups-garous, la plus efficace du métier. »
« -Je ne comprends pas. Tu comptes tuer des humains, comment d'autres chasseurs peuvent cautionner ça ? Des êtres humains... »
Kate eut un ricanement méprisant.
« -Ceux qui s'allient aux loups ne méritent pas mieux que le même traitement. Ils méritent d'être punis pour ça. »
Stiles secoua faiblement la tête. Il ne pouvait raisonner une folle. Ses convictions et ses idées étaient bien trop ancrées dans son crâne pour cela. Gérard ne devait pas y être pour rien. Finalement, Kate avait été endoctrinée depuis qu'elle était enfant. Cependant, ça n'expliquait qu'elle soit complètement folle alors que Christopher était sain d'esprit. A moins que...
« -Tu as perdu ta mère, c'est ça ? »
Kate tiqua. Sa paupière tressauta et son expression changeant fugitivement pour exprimer de la peine. Mais ce fut si fugace que Stiles ne fut pas sûr de l'avoir vraiment vu. Mais il était presque sûr de ce qu'il avançait. Christopher avait dû vivre son enfance et son adolescence avec sa mère alors que Kate n'avait été que sous l'influence de son taré de père, raison pour laquelle elle avait toutes ses idées fixes ancrées profondément dans sa façon d'être. Stiles se surprit à la plaindre, pendant un instant. Que serait-il devenu, lui, s'il avait perdu sa mère ? Et si son père avait été aussi fou que Gérard l'était ? Peut-être aurait-il été aussi cinglé qu'elle ?
« -Tu ne sais rien » cracha soudain la chasseuse en lui donnant un coup de poing, suivit d'un autre. « Ne parle plus jamais d'elle ! »
Stiles se jura de ne plus faire cette erreur. Il n'avait pas pu empêcher les mots de sortir et ça lui coûtait encore beaucoup, comme à chaque fois qu'il parlait sans réfléchir. Il eut dû mal à reprendre son souffle, sa tête pendait mollement, et sa position lui rendait la respiration difficile. Du sang coulait de sa bouche meurtrie par les coups à répétition.
« -D'accord...d'accord, je suis désolé » chuchota-t-il, les yeux fermés, épuisé.
Il allait finir par abandonner. S'endormir pour ne jamais se réveiller. Il en avait marre d'avoir mal. Il n'en pouvait plus. Il en avait assez. Si personne ne comptait le sauver, alors à quoi bon se battre ?
Il se sentait nauséeux, et encore embrouillé, une brume épaisse entourant son cerveau. Il n'était pas tout à fait purgé de la drogue qui continuait de parcourir son corps. Il se sentait las, engourdi, fatigué... Peut-être qu'avec un peu de volonté, il pouvait sombrer dans l'inconscience et se reposer pour toujours ? Il devait pouvoir y arriver non ? Ça ne devait pas demander beaucoup d'effort...
Deux grondements sourds... non, trois grondements, résonnèrent dans la petite pièce souterraine. Stiles n'y prêta pas attention. Il avait déjà halluciné deux fois son sauvetage, celui-là ne ferait pas exception. Il ne put cependant étouffer l'horrible espoir qui fit battre son coeur. Il releva doucement la tête et vit sans surprise que Derek se tenait devant la porte, les yeux bleu électrique, les crocs proéminents, les griffes recourbées comme des serres. Derrière lui se tenait Talia, irradiant de son aura d'Alpha, et à ses côtés se tenait Peter.
La panique commença à gagner l'adolescent humain. Son hallucination était pire que la réalité. Il voulait fuir cette illusion. Il savait que ça allait mal finir, il ne voulait pas voir ça. Ses hallucinations avaient été jusque-là positives et lui redonnait un peu d'espoir avant de le lui reprendre. Mais cette fois, il n'avait même pas l'espoir pour lui redonner la force de se battre encore un peu.
Son coeur s'affola, sa respiration se saccada, ses membres tremblèrent, ses larmes coulèrent. Non, il ne voulait pas voir ça. Il savait. Il savait et il ne voulait pas voir. Il se souvenait des messages, il savait de qui ils venaient mais il avait su aussi à qui ils s'adressaient. A qui appartenait le téléphone. Il devait les prévenir, il devait leur dire. Même si c'était une illusion, même s'ils n'étaient pas réels, il devait le dire. Mais sa crise de panique l'empêcha de prononcer les mots avec cohérence. Il ne sortait de sa bouche qu'un charabia murmuré incompréhensible, même pour lui-même.
Talia et Peter encerclèrent Kate tandis que Derek se précipitait vers Stiles.
« -Stiles ? Tu m'entends ? Qu'est-ce que tu lui as fait ? » s'exclama-t-il en dardant un regard noir de haine sur son ex-copine.
Il reporta ses yeux où se lisait clairement son anxiété sur Stiles.
« -Tout va bien, Stiles, d'accord ? Respire avec moi. Je suis là, tout va bien » continua Derek avec une voix rassurante, sans prendre garde à ce que Kate crachait avec hargne.
Lentement, Stiles retrouva une respiration normale lorsque ses yeux se fixèrent dans les orbes bleues de Derek. Sans le quitter des yeux, le jeune loup le détacha et le réceptionna pour l'empêcher de tomber lourdement au sol. Il le garda un instant dans ses bras, comme pour s'assurer qu'il était bien vivant, avant de le redresser et de l'aider à marcher.
« -Derek... Peter... » souffla Stiles, prenant appui de tout son poids sur le jeune loup. « Peter ... »
Il n'eut pas la force de continuer, sa lucidité commençait à chavirer, ses pensées s'embrouillaient.
« -Pet... » essaya-t-il encore une fois, mais le nom mourut dans sa bouche.
Ses yeux papillonnèrent, alourdies par la fatigue.
« -Stiles, eh ! Non, non, ne t'endors pas maintenant ! » s'affola Derek en tapotant sa joue. « Maman ! »
Talia ne détourna pas son regard rougeoyant de Kate, mais toute son attention était portée sur le rythme cardiaque et respiratoire de l'adolescent.
« -Il n'est pas en danger » déclara-t-elle. « Ramène-le chez lui, nous nous occupons de la chasseuse. »
« -Et vous allez faire quoi ? Me tuer ? » les défia Kate, la tête haute.
« -Non » répliqua catégoriquement Talia avec calme. « Christopher est en chemin pour te ramener chez toi. »
Derek n'attendit pas plus, il prit Stiles dans ses bras et se mit à courir pour sortir du repère des chasseurs. Il parcourut les bois en un temps record et atteignit la maison des Stilinski. Il frappa tant bien que mal et entra, n'ayant pas la patience d'attendre qu'on lui ouvre. Il croisa Claudia dans le hall qui revenait de la cuisine, surprise par son irruption soudaine. Elle était en pyjama et avait un air encore ensommeillé, qui disparut bien vite quand elle vit l'état de son fils.
« -John ! » appela-t-elle, paniquée en s'approchant de Derek. « Que s'est-il passé ? »
« -Kate l'a enlevé et torturé » répondit-il sombrement.
Claudia eut une moue horrifiée alors que John apparaissait en haut des escaliers.
« -Monte-le dans sa chambre » ordonna le Shérif alors que Derek se mettait déjà en mouvement.
Il porta Stiles jusqu'en haut sans le moindre effort, et entra dans la chambre de l'adolescent, précédé par John. Il le déposa délicatement sur le lit, et resta là à le fixer, inquiet.
« -Raconte-moi ce qu'il s'est passé » ordonna le Shérif.
Derek serra les poings et la mâchoire, sa culpabilité refaisant surface avec force. C'était de sa faute si Kate s'en était prise à Stiles. Son meilleur ami était dans un sale état. Son visage était tuméfié, son torse était barré de coupures et de brûlures et des bleus parsemaient l'ensemble de son corps. Derek tenta de contrôler tant bien que mal la colère de son loup tout en relatant ce qu'il savait au père de Stiles.
Claudia s'était assise sur le lit, près de son fils et tentait de retenir les sanglots qui l'agitaient. Elle avait appelé le docteur Deaton, elle savait que l'homme saurait s'occuper correctement de son fils, et qu'il ne poserait pas de questions. Le médecin ne tarda pas à venir et ausculta rapidement Stiles avec minutie.
« -Son état présente les symptômes d'une prise de drogue. A en juger par son état, il n'en a pas pris assez pour faire une overdose » diagnostiqua Deaton. « Les multiples lacérations ont aidé à évacuer la drogue plus vite mais il en reste dans son organisme. Pas assez cependant pour laisser des dégâts dangereux sur le long terme. Il va lui falloir beaucoup de repos pour se remettre de toutes ses blessures, aussi physiques que mentales... »
« -Mais il s'en remettra, n'est-ce pas ? » s'enquit Claudia d'une voix blanche, les mains jointes avec forces.
John la serra dans ses bras, la mine aussi inquiète et pâle que son ex-femme.
« -Physiquement, oui. Moralement, je n'en sais rien, tout dépendra de lui. »
Claudia étouffa un sanglot dans l'épaule du Shérif. Celui-ci bouillait à présent de colère.
« -Je vais retrouver cette adolescente et la faire enfermer ! » déclara-t-il en se séparant de Claudia.
Sans plus attendre, John sortit de la chambre pour se changer et enfiler son uniforme de Shérif. Il lança un appel à ses subordonnés et réveilla son adjoint Parrish. Il allait attraper Kate, l'arrêter et l'envoyer en prison pour les vingt-cinq prochaines années de sa vie.
Claudia sortit également accompagnée par Deaton pour faire bouillir de l'eau et récupérer des compresses et du désinfectant afin de nettoyer les plaies de Stiles.
Derek quant à lui resta au chevet de son meilleur ami. Il le fixait, ses sentiments le tourmentant inlassablement. La culpabilité était sans conteste la plus forte ; elle le rongeait de l'intérieur. Il savait que tout était de sa faute. Et voir Stiles dans cet état, inconscient, le corps couvert de blessures plus affreuses les unes que les autres, témoignant du calvaire que l'adolescent humain avait enduré, lui brisait le coeur et lui donnait la nausée. Il posa doucement sa main sur celle de Stiles. Il ne supportait pas de le voir blesser à ce point ; son coeur se serrait à chaque fois qu'il imaginait ce qu'il avait subi, et à chaque fois, il haïssait Kate un peu plus.
Il se sentait tiraillé. D'un côté, il voulait rester près de Stiles, le protéger, veiller sur lui. Mais de l'autre, il se demandait s'il ne devait pas s'éloigner de lui pour le protéger de son monde où régnait la violence et la mort. Pour le protéger de lui.
Malgré l'envie presque viscérale de rester auprès de Stiles, il avait pris sa décision. Il devait éloigner l'humain de son monde trop dangereux. Il ne pouvait supporter que Stiles puisse être en danger chaque minute qui passait en restant près de lui. Si, pour le protéger, Derek devait couper les ponts avec lui, alors il le ferait.
Lentement, il retira sa main et se releva, prêt à quitter la chambre de Stiles pour la dernière fois. Il sentait son loup ruer, se déchaîner dans la cage qui le retenait prisonnier. S'il avait pu, il aurait hurler sa rage et son désespoir. Mais Derek ne lui en laissa pas l'occasion, le muselant du mieux qu'il le pouvait. Il posa la main sur la poignée et hésita pendant une fraction de seconde. Il ferma les yeux et inspira en abaissant la poignée.
« -De...rek » souffla Stiles qui commençait à émerger lentement, reprenant doucement conscience de ce qui l'entourait.
En entendant la voix de l'adolescent, Derek ne put se résoudre à quitter la chambre et fit demi-tour pour se rasseoir près de Stiles.
« -Je suis là » répondit-il simplement d'une voix rassurante.
Stiles papillonna des yeux, une expression de douleur peinte sur le visage, et tenta de fixer son regard trouble sur le loup-garou. Et les images affluèrent, se succédant rapidement, ne laissant aucun répit au jeune garçon. Le téléphone, les messages, sa panique, la forêt, Kate, la longue - si longue - torture, le sauvetage par Derek, Talia et Peter...
Aussitôt, il se mit à haleter sous la panique qui affluait de nouveau. Sa respiration était courte et ne laissait passer que deux syllabes, celles qui composaient le prénom de Derek, ne parvenant pas à aller plus loin pour faire une phrase et dire enfin ce qui était à l'origine de son angoisse.
Derek, ne sachant pas quoi faire pour calmer la crise de panique, redressa Stiles aussi délicatement que possible pour l'aider à respirer du mieux qu'il pouvait.
« -Stiles, tout va bien, tu es chez toi, tu es sain et sauf... » tenta-t-il de le rassurer en le tenant par les épaules.
Stiles secoua la tête, suffoquant.
« -Re...tenir...son...souffle...arrive...pas... » s'essouffla-t-il.
Derek cligna des yeux. Il ne comprenait pas. Que voulait dire l'adolescent ? Le loup se mit à réfléchir à toutes vitesse essayant de décrypter les propos aussi vite qu'il le pouvait. Il sentait le corps de Stiles trembler sous ses doigts, sa peau se recouvrait de sueur et les battements de sont coeur étaient frénétiques.
« -Retenir son souffle permet de calmer une crise d'angoisse ?! » demanda-t-il en essayant de capter le regard chocolat de Stiles.
Son regard reflétait la plus grande terreur. Il hocha la tête aussi clairement qu'il le put. Aussitôt, Derek chercha activement de quelle manière Stiles pourrait retenir son souffle sachant qu'il ne pouvait l'obliger à arrêter de respirer. Il le fixa complètement perdu, commençant lui aussi à paniquer.
Mais le loup à l'intérieur de lui brisa ses chaînes et l'instinct lupin prit le dessus. Il prit le visage de Stiles entre ses mains pour essayer de l'immobiliser au mieux. Il pouvait l'obliger à retenir son souffle ; la surprise pouvait couper le souffle pendant un instant.
Il s'approcha de Stiles et déposa ses lèvres sur les siennes. Le contact ne fut pas long, juste assez pour que Stiles réalise ce qu'il lui arrivait. Il retint sa respiration inconsciemment, n'osant pas croire que Derek puisse être en train de l'embrasser. C'était peut-être une autre de ses hallucinations ? Si c'était le cas, il voulait qu'elle se prolonge à l'infini.
Lorsque Derek se recula, il fut troublé par son geste et par les sentiments étranges qui en avaient découlé. Mais Stiles ne lui laissa pas le temps de faire une introspection, sa crise d'angoisse n'était pas loin et tant qu'il n'avait pas extériorisé sa peur, elle reviendrait.
« -Ta mère est en danger » lâcha-t-il, les mots presque collés les uns aux autres tant il parla vite.
« - Quoi ? » s'exclama Derek, tout sentiment non-identifié oublié momentanément.
"devant lui se tenait non pas Derek mais Kate, qui lui semblait déformée par un rire moqueur." Je pense que cette phrase a pu en interpeller plus d'un -dont toi HawaiianWoolfie - et donc j'aimerais m'expliquer (ce qu'un bon auteur n'a jamais besoin de faire xD) : Stiles est drogué à ce moment-là, sa vision est trouble et elle ondule si on peut dire, donc Kate est littéralement déformée, corps entier, par son rire moqueur ; elle est entièrement déformée par des ondulations xD Voilà voilà !
J'attends toujours avec impatience de voir ce que vous en pensez ! J'espère que ce chapitre vous a plu, parce que j'ai adoré l'écrire !
Dites-moi, vous avez deviné ce qui fait autant paniquer Stiles ? Vous devriez avoir une idée, là, non ? Le détenteur du téléphone qui a reçu tant de messages compromettant n'est autre que... ? :D
Ah ah, c'est facile ^^ Bref, on se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau chapitre - plus que deux ! Oh mon dieu - et il se pourrait que je ralentisse encore le temps entre chaque poste, parce que mes cours commencent à prendre trop de place, les vilains pas beaux !
Je vous fais plein plein de bisous les loulous ! :coeur: :D
