Bonjour à tous !

Voici le chapitre de la semaine ! D'ailleurs, le rythme de publication commence à devenir assez dur à tenir pour moi. Pour vous donner une idée, je n'ai qu'un quart de chapitre d'avance, après ce chapitre-là... Bref, il faut absolument que je m'y remette sérieusement, si je veux poursuivre la publication comme je l'ai commencée.

Je ne suis pas réellement satisfaite de ce chapitre. Il est nécessaire à l'avancée de l'intrigue, mais je le trouve un peu lourd et décousu. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé d'y remédier. J'espère que vous l'apprécierez quand même !

Un grand merci à mes fidèles reviewers, vous êtes géniaux !

Bonne lecture !

EDIT : j'ai eu un bug dans la publication de mon chapitre, voici la bonne version.


Chapitre 9 : A Devil's Chaplain, Richard Dawkins

La situation n'avait pas tardé à s'envenimer. La société sorcière s'entredéchirait. Les nés-moldus étaient regardés avec suspicion, et beaucoup de voix s'élevaient pour un renforcement de la sécurité des sorciers dits « de souche » - on ne parlait plus vraiment de Sang-Purs, seulement de sorciers issus de familles sorcières et de nés-moldus. Les Sang-Mêlés réussissaient pour le moment à éviter la disgrâce.

Dans l'ensemble, les sorciers se divisaient entre ceux qui soutenaient le Ministre de la Magie, et ceux qui soutenaient le Directeur du Bureau des Aurors.

Kingsley Shacklebolt prônait une enquête raisonnée, en partenariat avec des spécialistes de l'étude des moldus pour exploiter toutes les informations qui pouvaient être offertes par les armes retrouvées sur le Chemin de Traverse – empreintes digitales, entre autres.

Hugo Clearwater en revanche, revendiquait la méfiance envers tous ceux qui étaient proches des moldus. « J'entre en désaccord avec le Ministre sur ce point, avait-il avoué à la Gazette qui avait publié son interview exclusive. Les coupables sont de toute évidence proches des coutumes moldues. Il faut donc se méfier de tous les individus ayant des rapports avec la communauté non magique. Plus encore, je prône une surveillance des individus rendus suspects par cette proximité. S'ils n'ont rien à se reprocher, la surveillance ne les gênera pas. En revanche, cela nous permettrait d'avancer dans l'enquête, si les individus en question ont des comportements suspects. Malheureusement, le ministre refuse d'autoriser cette surveillance... »

Le ministère croulait sous les hiboux apportant des lettres de mécontentement ou de soutien à Hugo Clearwater. Les nés-moldus quant à eux, faisaient profil bas en attendant que la vérité soit faite sur l'affaire... C'était malheureusement un comportement devenu habituel pour eux : la paix n'avait été qu'une courte parenthèse.

La collaboration que Kingsley avait entamée avec les forces de l'ordre moldues s'était soldée par un échec, ce qui n'arrangeait pas ses problèmes de popularité : les empreintes digitales sur les armes étaient illisibles, car les Aurors n'avaient pas l'habitude de porter de gants pour saisit les pièces à convictions. De plus en plus de sorciers réclamaient ouvertement la démission du Ministre de la Magie...

Ces dissensions gagnaient l'école d'Aurors. La plupart des élèves soutenaient le Directeur du Bureau, et ostracisaient les élèves nés-moldus. Harry avait beau tempêter, rappeler l'action menée par Voldemort, il ne convainquait personne.

- Je ne sais pas vraiment quoi en penser, lui dit Higgins un jour qu'ils prenaient leur repas dans la cour.

Harry soupira. Cette affaire mettait ses nerfs à vifs, et il n'avait plus ni la force, ni le courage d'argumenter dans le vide.

- Les nés-moldus se remettent à peine des violences qu'ils ont subies pendant la guerre. Tu crois vraiment qu'ils tenteraient des attentats de ce type ? Je ne dis pas que les criminels soient impérativement des « sorciers de souche », comme les appellent si bien les journalistes de la Gazette. Seulement c'est une minorité, forcément. Ce n'est pas une raison de déclarer la guerre aux nés-moldus ou aux moldus. D'ailleurs je suis intimement persuadé que ce ne sont pas des moldus. J'y étais, je te promets qu'ils évitaient les sorts qu'on leur lançait, d'une manière ou d'une autre.

- Mais Clearwater n'accuse pas tous les nés-moldus, il cherche juste les coupables parmi eux.

- Il estime qu'ils sont tous coupables tant qu'ils n'ont pas prouvé leur innocence ! Qu'on peut les traquer, puisqu'ils sont tous suspects ! Tu trouves ça normal ?

- Qu'est-ce que ça peut bien leur faire, s'ils sont innocents ?

- Ah oui, c'est clair que les trois nés-moldus innocents de notre promotion ne souffrent pas du tout de la méfiance des partisans de Clearwater. La semaine dernière, ils étaient vos amis, maintenant, ce sont uniquement des suspects !

- Ouais, marmonna Higgins.

-J'ai des amis nés-moldus qui se sont battus cette année pour la liberté de la société sorcière, certains sont morts pour ça ! Comment pouvez-vous tous les accuser ? D'autant plus qu'un Sang-Pur peut parfaitement apprendre à tenir un flingue s'il le souhaite. Je ne dis pas que c'est un coup monté, je n'en sais rien. Je dis juste que vous choisissez mal vos suspects, et que vous stigmatisez des innocents.

La conversation roula sur d'autres sujets, mais Higgins avait été convaincu.

Dans les jours qui suivirent, Harry et Higgins se lièrent avec les trois apprentis Aurors d'origine moldue, et tentèrent de faire front. Les autres élèves se contentaient de les mépriser de loin et de les ignorer. Après une bonne semaine d'isolement, Mariam Zimmermann, l'une de ses nouvelles amies, s'enquit :

- Alors Potter, ça ne te fait pas trop bizarre de perdre ta popularité ?

Elle était railleuse, mais elle l'était toujours. Elle n'avait pas été à Poudlard avec eux. Elle avait fréquenté l'école de Beaux-Bâtons, mais avait décidé de faire ses études à Londres... Choix pour le moins étrange au lendemain d'une guerre. Harry avait appris à la connaître ces derniers jours. Zimmermann maniait le sarcasme mieux que sa baguette, et plus elle appréciait les gens, plus elle était dure avec eux.

Mais Harry n'était pas particulièrement doué pour les joutes verbales, et décida de répondre honnêtement.

- Tu sais, dans ma vie, j'ai toujours été célèbre, d'ailleurs je m'en serais bien passé, ça m'aurait évité d'être poursuivi par une horde de fous furieux durant toute ma scolarité à Poudlard. Pourtant, je n'ai pas souvent été très populaire. On m'a pris pour l'héritier de Serpentard quand la Chambre des Secrets a été ouverte, pour un tricheur pendant le tournoi des Trois Sorciers, pour un menteur pendant ma cinquième année...

April Diggle, qui ne ressemblait pas du tout à son oncle Dedalus, avait surpris la fin de leur conversation. Elle aussi était sarcastique, mais, malheureusement, elle était beaucoup moins sympathique...

- Mais tu as toujours été protégé par ce cher Dumbledore, intervint-elle, gouailleuse. Et comme un bon petit toutou, toi aussi tu cires les bottes des nés-moldus. Tu ne comprends pas l'idée de preuve rationnelle. Même le nez sur l'évidence, tu trouves le moyen de nier qu'ils complotent contre les sorciers pour usurper le pouvoir.

- Ils sont des sorciers, intervint Higgins en se levant brusquement.

Harry posa une main apaisante sur l'épaule de son nouvel ami.

- Je ne sais pas s'ils complotent, mais dans tous les cas, des nés-moldus comme Hermione Granger, Ted Tonks ou même Colin Crivey, on fait beaucoup plus que toi pour botter les fesses de Voldemort.

Harry ne put plus maîtriser sa colère quand il remarqua qu'April Diggle frissonnait en entendant le nom du mage noir. Il se mit à crier.

- Tu frissonnes ! Tu veux devenir Auror et tu n'es même pas capable d'entendre le nom d'un fou-furieux mort et enterré ! Et tu oses donner des leçons de rationalité...

- Qu'est-ce qui se passe ici ? fit une voix grave et bougonne.

C'était Shafiq qui avait entendu des éclats de voix.

April s'empressa de répondre, ne laissant pas le temps aux autres de réagir.

- Potter se sert de sa victoire contre Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom comme d'un argument d'autorité, et ne tolère pas la contradiction. Il n'y a rien de plus, professeur.

- Higgins, votre son de cloche ? marmonna Shafiq.

- April reprochait à Harry de ne pas considérer les nés-moldus comme les responsables de l'attaque du Chemin de Traverse. Il a répliqué en citant des noms de nés-moldus qui se sont battu dans la guerre contre... Voldemort. Et il s'est emporté en la voyant frissonner en entendant ce nom.

- J'ai du mal à accepter les leçons de morales venant de personnes qui ont peur d'un nom, ajouta Harry. Surtout quand ces leçons visent à accuser des innocents.

- Hum, je vois... Vous, Diggle, veillez à ne pas confondre suspect et coupable. C'est important quand veut devenir Auror. Et vous Potter, arrêtez de vous prendre pour le justicier du monde sorcier. Vos opinions et vos fréquentations ne regardent que vous. Laissez les gens se méfier de qui ils veulent.

- Mais c'est de la discrimination...

-Non, c'est du bon sens. Bougez maintenant, je vous veux prêts dans l'arène dans cinq minutes.

/

- Même Shafiq est dans le coup !

Harry et Ron étaient allés dîner au Terrier, Harry racontait sa journée, encore indigné.

- Eh oui, Harry, c'est comme ça. Au Ministère, c'est pareil, répondit Arthur Weasley. Et moi qui pensais qu'avec la fin de la guerre on allait enfin arrêter de me regarder de travers. Ça n'aura pas duré longtemps. J'entends les gens chuchoter, dire que je suis naïf comme Dumbledore, que mon poste devrait être supprimé pour concentrer le travail du Ministère sur des sujets plus urgents – évidemment, pourquoi protéger les moldus ?

Il éclata d'un rire jaune et aigre.

- Traitre à son sang, édition revue et corrigée, conclut Ron, amer.

Les Weasley étaient très affectés par cette affaire. Molly et Arthur ne se remettaient que très difficilement de la mort de Fred, et savoir que leur fils cadet avait été pris au milieu d'une fusillade n'arrangeait rien. Leurs traits étaient tirés, et ils sursautaient pour un rien, comme si d'affreux criminels pouvaient surgir d'un instant à l'autre.

Mais Harry était mal placé pour leur reprocher leur paranoïa, il ne valait guère mieux. Il s'était remis à faire des cauchemars de la guerre, dans lesquels se mêlaient des souvenirs de l'attaque du Chemin de Traverse.

- J'espère que cette affaire va être réglée rapidement, s'inquiéta Molly. Il y a mieux à faire que s'entredéchirer ! Il me semble que...

Elle n'eut pas le temps de poursuivre, et fut interrompue par l'arrivée de la Gazette du soir.

- Merlin, que se passe-t-il encore... soupira-t-elle.

Arthur paya la chouette qui avait apporté le journal tandis que son épouse s'emparait frénétiquement de la feuille pour la lire à haute voix.

Scandale au ministère ! Informations exclusives

Kingsley Shacklebolt est-il vraiment capable de sortir notre société de la crise qu'elle traverse ? Quand vous aurez pris connaissance des révélations que vous offre la Gazette, vous reconsidérerez sans doute cette question.

Un membre du bureau des Aurors qui souhaite garder l'anonymat nous a informé en fin de matinée que le Ministre de la Magie a prévu d'affecter une escouade d'Aurors à la protection d'un congrès moldu qui se tiendra la semaine prochaine en Australie. Alors que des sorciers sont en danger, alors qu'une enquête pour attentat n'a toujours pas été menée à bien, pouvons-nous accepter qu'une grande partie des moyens de notre gouvernement soit dépensée pour la protection de ceux qui devraient être considérés comme des suspects potentiels, qui plus est à l'autre bout du globe ?

Kingsley Shacklebolt en personne est intervenu sur la question : « Nous pensons que les enlèvements de scientifiques moldus ayant lieu ces dernières semaines sont liés à l'attaque du Chemin de Traverse. En effet, il se peut les coupables soient en quête de technologies moldues très dangereuses, afin de frapper encore plus fort. La surveillance de ce congrès n'a d'autre but que d'avancer dans l'enquête »

Quel crédit pouvons-nous accorder à ces propos ? Ne s'agit-il pas d'une excuse ? On pourrait croire que notre Ministre éprouve une certaine culpabilité à l'égard des souffrances subies par les nés-moldus et les moldus pendant la guerre, et de ce fait refuse d'accuser les vrais coupables. Ou peut-être s'agit-il d'une résurgence de son affection pour Albus Dumbledore, dont notre dévouée Rita Skeeter a dévoilé le passé trouble.

« Mr. Shacklebolt semble sourd aux arguments les plus rationnels. Il ne cesse de répéter son adhésion à des idéaux abstraits, alors que la société sorcière a désespérément besoin d'une action pragmatique et concrète », nous confie notre correspondant au Bureau des Aurors.

La Gazette vous tiendra informés de toute évolution de cette obscure affaire.

Page 4, témoignage exclusif : le Directeur du Bureau des Aurors, Hugo Clearwater, confie aux lecteurs de la Gazette son avis sur la question.

Pour approfondir : Un dossier pages 8 à 14 : « Directeurs du Bureau des Aurors et poids politique », « Les relations entre moldus et sorciers à travers l'histoire », « Ministres de la Magie et crises : quelles ont été les meilleures solutions par le passé ? », « Sorcier-trottoir à Pré-au-lard : l'attaque du Chemin de Traverse a-t-elle changé votre quotidien ? »

- Je crois que je préférais quand la Gazette était contrôlée par le ministère, soupira Harry.

- Je me demande bien pourquoi Kingsley ne se débarrasse pas de cet Hugo Clearwater et des éléments perturbateurs du Bureau des Aurors, s'emporta Ron.

Arthur soupira :

- Clearwater est trop populaire, le congédier serait considéré comme un aveu. En plus, sa position au ministère l'empêche de tenir un discours trop différent de celui du Ministre. S'il est libre, ce sera pire. Et pour couronner le tout, le Bureau des Aurors est déjà clairsemé, ce n'est pas le moment de soupçonner la moitié de ses membres. Kingsley n'a pas le choix, il doit faire avec et espérer que l'enquête avance.

- La seule solution, intervint Molly, serait de coincer les coupables des enlèvements de moldus à ce congrès, et que ces coupables soient des sorciers. Sinon, je ne donne pas cher de la peau de Kingsley.

/

Alors qu'Harry quittait l'école d'Aurors après une autre journée d'autant plus épuisante qu'il avait peu dormi, il vit le Ministre de la Magie en personne qui l'attendait à la sortie.

Harry le salua.

- Harry, je passais par là et je me suis dit que j'allais t'attendre...

Harry sourit. Il était peu probable que Kingsley eût ne serait-ce qu'une minute de temps pour « passer par là ».

- J'ai des choses à te dire, mais le Ministère me parait un peu formel...

Formel, ou rempli de traitres...

- Peut-être pourrions-nous aller chez toi pour discuter ?

Fort heureusement, Molly était venue la veille et avait fait le ménage. Harry accepta avec plaisir.

- La surveillance du Congrès a été un échec, révéla Kingsley dès qu'il fut devant sa tasse de thé.

Il avait les traits tirés, et le regard complètement désespéré.

- Aucun moldu n'a été enlevé, reprit-il. Les Aurors n'ont rien remarqué.

- Il y a des traitres au ministère, intervint Harry. Et l'existence de l'opération a fuité dans les journaux. Si des sorciers sont à l'origine de tout ça, ils sont restés calmement chez eux, et n'ont rien tenté, ça me parait normal.

Kingsley hocha la tête.

- En fait, ce n'est pas vraiment pour cela que je viens vers toi. Je suis désolé... J'ai besoin de ton soutien officiel. Je suis en disgrâce, au prochain incident, je devrai démissionner. Clearwater sera élu, répandra la terreur dans la société, et discriminera les nés-moldus. Je ne cherche pas à utiliser ta célébrité, mais j'ai besoin d'accroitre ma popularité.

Harry soupira et prit sa tête dans ses mains, manquant de renverser la tasse de thé à laquelle il avait à peine touché.

Il voulait bien agir pour aider les gens. Il voulait bien lutter contre les mages noirs, après tout, il voulait devenir Auror. Mais les manipulations politiques le répugnaient... Il savait que les intentions de Kingsley étaient louables, mais n'avait aucune envie de se lancer dans le soutien politique.

- Vous savez, j'ai plus l'habitude de l'action discrète que de la parole officielle, tenta Harry... Je comprends votre point de vue, mais j'aimerais y réfléchir. Combien de temps avant qu'il soit trop tard ?

Kingsley opina.

- Deux ou trois jours, pas plus.

Harry soupira une nouvelle fois, puis promit qu'il se dépêcherait.

Kingsley quitta la collocation et retourna à son bureau et à ses problèmes insolubles, tandis qu'Harry attendait avec impatience le retour de Ron et d'un avis extérieur. Pour patienter, il écrivit une lettre à Hermione. Il avait besoin de tous les conseils qu'il pourrait trouver. A vrai dire, cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi démuni.

Pensivement, il porta la main à son front, là où se trouvait autrefois sa cicatrice. Les criminels qui manigançaient dans l'ombre étaient-ils plus redoutable que le fou qu'il venait de vaincre ? Harry le craignait de plus en plus. Moins mégalomanes, plus organisés sans doute. Moins fous, mais peut-être bien plus dangereux.

Harry frissonna et étouffa un bâillement. Il avait sommeil, mais ne trouvait pas le repos. La petite vie tranquille à laquelle il croyait pouvoir rêver ces derniers mois n'était qu'un doux rêve. Plus que jamais, il allait devoir jouer les héros.