Chapitre 10 - Une définition
Brennan regarda du seuil alors que Booth s'asseyait sur le bord du lit de Parker. Il avait enlevé ses chaussures devant l'armoire et posé ses jambes à travers la housse de couette couverte de vaisseaux spatiaux, à côté de celles de son fils. Temperance sourit en regardant les 2 hommes obéir à un certain rituel établi ; Booth lut une histoire, borda le lit, embrassa Parker et vérifia l'absence de monstres dans l'armoire. Pas peur des squelettes, mais peur de petits hommes velus ? se dit-elle en souriant du sérieux de l'agent Booth alors qu'il terminait l'examen. Elle l'attendait dans le couloir quand il éteignit enfin les lumières et quitta la chambre.
Booth ferma la porte en silence derrière lui. « J'aime attendre ici quelques minutes pour être sûr qu'il est endormi » murmura-t-il à Temperance. «Vous savez, vous auriez pu entrer. Il aime lire avec vous. »
« Je ne voulais pas interférer » répondit-elle. « Et puis, j'aime bien étudier votre relation. Vous savez la dynamique père – fils n'est pas de celles que j'ai étudiées souvent. »
Booth secoua la tête et soupira. « Les fouines. Vous pensez que c'était intéressant de me voir lire A fish out of water 4 fois de suite ? »
« Eh bien, pas seulement intéressant » répondit-elle sérieusement. «C'était sexy. »
Booth s'approcha pour s'assurer qu'il avait bien entendu. « On a circulé dans les rues de L.A. dans une décapotable, on a dansé joue-contre-joue, j'ai esquivé des balles pour vous, et ça c'est votre définition de sexy ? »
Brennan avait l'air perplexe. « Non, pas ma définition personnelle. Mais quand vous pensez à nos désirs primitifs, nos plus bas instincts, les femmes sont génétiquement programmées depuis la naissance de l'humanité pour choisir le mâle idéal par l'observation. C'est la même chose dans presque toutes les autres espèces. Une nature protectrice et des prouesses athlétiques sont clairement des indicateurs de la capacité d'un mâle à défendre sa descendance contre les ennemis et transmettre ces qualités génétiques aux générations futures, mais ce n'est pas suffisant. Alors que dans beaucoup d'espèces, la femelle élève les jeunes seule ou avec un collectif femelle, les humains sont parmi les animaux qui ont traditionnellement élevé leur descendance en couples. »
« Uh-huh.» Booth essayait vaillamment, comme toujours, de suivre les discours anthropologiques de sa partenaire, mais son esprit restait sur les rails grâce à des mots comme « désir » et des images de Brennan en pagne. Il essaya de se focaliser sur son petit discours, mais sentit ses yeux voyager vers les lèvres qui brillaient même dans la lumière faible du couloir, la petite ride sur son front qui voulait dire qu'elle se concentrait, les étoiles argentées qu'elle portait aux oreilles.
« Je veux dire, le sexe, alors qu'il a des bénéfices plaisants très bien documentés pour les 2 parties, est essentiellement un moyen de procréation. Donc, quand une femme évalue un individu comme « sexy », elle veut en réalité simplement dire que cet individu montre des caractéristiques qu'elle trouve appropriées pour un candidat potentiel à la procréation et à l'éducation en commun de la descendance. Donc, oui, votre interaction avec Parker démontre que vous possédez beaucoup de ces caractéristiques, et donc, comme femme, je trouve cela sexy. » Elle s'arrêta pour respirer et remarqua que le visage de Booth n'était qu'à une vingtaine de centimètres du sien, et qu'il la regardait de manière singulière – presque comme s'il ne l'avait jamais vue avant. « Booth ? » demanda-t-elle. « Vous m'écoutez ? »
« Bien. Des caractéristiques. » Il essayait vraiment de se concentrer toute son attention sur la manière dont ses paupières battaient, et de ne pas imaginer de « bénéfiques plaisants pour les 2 parties ». « Donc un homme… quel genre de… caractéristiques… recherche-t-il ? »
Trop plongée dans son explication pour être consciente de la tension montante, Brennan se demanda ce qui pouvait bien se passer avec l'agent du FBI habituellement clair, puis revint à son discours, penchant doucement la tête ; quelques mèches vinrent se poser sur le côté de son visage. « Eh bien, les hommes admettent en général qu'ils recherchent un certain nombre de caractéristiques physiques chez une femme. Des seins pleins, un visage bien dessiné, et ainsi de suite. Ce qui, en termes d'évolution, est un désir logique. Les seins d'une femme représentent sa capacité faire passer la progéniture de l'homme à l'âge adulte. Des hanches larges offrent de meilleures chances au nouveau-né de survivre à l'accouchement et augmente la capacité à avoir plus d'un enfant. Si toutes les femmes ressemblaient à Clarissa Flockhart, l'avenir de notre espèce serait menacé. »
« Calista » corrigea automatiquement Booth, essayant d'écarter son attention des appareils destinés à la progéniture de Brennan.
« Bien. » Temperance se dit que c'était simplement sa longue explication qui l'avait un peu essoufflée, et pas le regard de braise de Booth ou le fait qu'il semblait maintenant à quelques centimètres seulement d'elle.
« Mais en plus des caractéristiques physiques, un homme veut aussi une femme qui a des attributs moins tangibles. Elle doit être… » L'anthropologue fut momentanément distraite par une mèche de cheveux qui se dressait sur la tempe de Booth, et le désir soudain de la remettre en place. Elle secoua la tête et continua. « Le mâle désire une femelle qui… » Elle tourna les yeux pour rencontrer le regard de Booth, et sa voix ne fut plus qu'un murmure à peine audible. « Je ne sais pas ce qu'il veut.»
Temperance réalisa soudain que le moment critique dont Angela lui avait parlé pouvait être maintenant, qu'elle était pressée contre le mur, qu'elle pouvait à peine éloigner ses yeux des lèvres de son partenaire. Booth était penché vers elle avec un bras contre le mur, et l'autre main s'était levée pour toucher sa boucle d'oreille et la faire légèrement tinter. Il fit un demi-pas de plus et leurs corps furent si proches qu'elle ne pouvait pas dire si c'était sa peau qui vibrait de désir ou celle de Booth. Booth fit courir un doigt le long de sa mâchoire, puis glissa sa main le long de sa joue pour la plonger dans ses cheveux. Approchant sa bouche de la sienne jusqu'à ce qu'elle puisse sentir le souffle chaud sur ses lèvres, il demanda : « C'est d'accord ? »
Et la réponse, quelle qu'elle soit, qu'elle allait donner fut perdue, car à ce moment Parker cria : « Papa ! Tu as oublié ma lumière ! »
En un instant, le Dr Brennan s'était enfuie. Booth entendit la porte de l'appartement se fermer derrière elle, et il eut à peine une minute pour poser sa tête contre le mur et se demander ce qui avait bien pu se passer avant que Parker ne crie, et il ouvrit la porte pour répondre à son fils.
