Merci beaucoup à celles qui m'ont laissé des commentaires =D
Et sans plus attendre voici le chapitre 10
Chapitre 9: La punition
Le pas mal assuré j'avance vers le Manoir. L'elfe faisant avancer devant lui ma valise grâce à sa magie trotte derrière moi. J'ai une boule dans l'estomac quand je franchis le seuil et que je pénètre dans le hall. Pas une trace de mes parents. L'elfe de maison qui fait office de majordome s'incline respectueusement et m'apprend que mes parents m'attendent dans le petit salon bleu. De plus en plus anxieux je m'y rends. La boule dans mon ventre s'est transformée en chape de plomb. Je déglutis difficilement alors que j'entre dans la pièce.
Mon père devant la cheminée me tourne le dos, tandis que ma mère assise dans un fauteuil me fixe avec tristesse. Je veux la saluer respectueusement d'un baise-main, mais elle écarte furtivement sa main. Si même ma mère, qui d'ordinaire m'adulle, est contre moi, l'heure est grave. Mon paternel consent enfin à me faire face. Il me jauge de toute sa hauteur et me lance sans préambule:
_Pourquoi n'as-tu pas mis fin à cette relation infame comme nous te l'avons ordonné?
_Je...commencé-je. Mais il me coupe aussitôt en poursuivant:
_Peut-être prends-tu du plaisir à couvrir de honte notre famille?
_Non, je...tenté-je de me défendre. Mais il ne m'en laisse pas l'occasion, m'interrompant à nouveau.
_Pansy Parkinson est une fille de bonne famille. Elle est digne de ton rang. Mais tu as préféré cette putain Weasley.
_Ginny, n'est pas une putain, répliqué-je sans m'en rendre compte.
Mon père me fixe narquois. Je viens de commettre une faute. Il se rapproche de moi et je dois prendre sur moi pour ne pas reculer. Il s'arrête à un mètre de moi et murmure:
_Ginny?
Je peux sentir tout son dégoût et sa fureur dans sa seule façon de prononcer son prénom.
_C'est une fille bien, père, tenté-je de me justifier maladroitement.
_Une fille bien?
La façon qu'il a de répéter mes paroles ne cesse d'accroitre mon malaise.
Un sourire sadique éclaire son visage alors qu'il dit:
_Doloris.
Mes yeux s'écarquille de surprise alors qu'une vague de douleur s'abat sur moi et me fait tomber à genoux. J'aperçois sa baguette dissimulée dans sa robe pointée sur moi. La douleur ravage mes sens. J'ai l'impression d'exploser, que des millions de pointes de verre me transpercent et me lacèrent. Je hurle. Et il continue à sourire. Ses yeux sont de glace. J'aimerais le supplier d'arrêter cette torture mais ma voix ne me répond plus, elle ne peut qu'hurler ma souffrance. Et soudain la douleur disparait.
Haletant je lève les yeux vers mon père. La peur a envahi la moindre parcelle de mon corps. Il a osé. Il a usé d'un sortilège impardonnable sur son propre fils. Hagard je me tourne vers ma mère, cherchant un soutien auprès d'elle, mais elle détourne le regard. Je vois mon père lever à nouveau sa baguette. Ma terreur doit être visible puisqu'il me demande:
_As-tu compris?
Mort de peur, je hoche frénétiquement la tête. Je ferais tout pour éviter une nouvelle expérience avec un sort impardonnable. Il semble satisfait et sort de la pièce en compagnie de ma mère, me laissant seul. Je tente vainement de calmer les tremblements qui secouent mes membres, mais rien à y faire. Les larmes me brûlent les yeux. J'essaye de les refouler, mais elles ruissellent malgré moi sur mes joues tremblantes.
Un quart d'heure plus tard, je parviens enfin à me calmer. Mes larmes se sont taries et j'ai repris le contrôle de mon corps. Je me lève lentement. Le sortilège m'a laissé quelques douleurs dans les muscles, mais rien d'irréversible. Dans une heure, il n'y paraitra plus rien. Je quitte le salon et me rends dans ma chambre. Je me laisse tomber sur le lit et me mets à réfléchir. Le jeu s'est transformé en cauchemar.
Fébrilement je me saisis d'un vieux morceau de parchemin et d'une plume qui trainent sur ma table de chevet. Il faut que j'écrive à Ginny. En quelques lignes je lui apprends la situation, tout en gardant le silence sur ce que mon père m'a fait subir. Après tout je ne sais pas entre les mains de qui cette lettre peut tomber, alors autant en dire le moins possible et puis je n'ai pas envie d'être pris en pitié ou que Potter et sa bande méprisent encore plus ma famille. Je fais également l'impasse sur notre marché, je déteste confier mes pensées et mes plans à un bout de papier. D'un sifflement j'appelle mon hibou personnel qui se pose à mes côtés et me tend docilement la patte pour que je lui attache la lettre. Une fois cela fait, j'ouvre la fenêtre et le laisse prendre son envol avant de la refermer. Je le regarde s'éloigner un instant avant de me recoucher sur mon lit. Je ne sais combien de temps je suis resté là, le regard fixé sur les moulures du plafond. La nuit était tombée depuis quelques heures quand un elfe est venu m'annoncer que le dîner était servi.
Le repas s'est déroulé dans un silence quasi religieux. Mes parents ne disaient mot et moi je n'avais aucune envie de rompre la glace. Finalement alors que les elfes nous apportaient le dessert, mon père a consenti à m'adresser la parole. Sur un ton dégagé et badin, il m'a demandé:
_Comment se passent tes cours?
Sur le moment je suis resté muet de stupeur. Il me parlait comme si rien ne s'était passé, comme si jamais il ne m'avait maltraité. Mais j'ai quand même trouvé la force de lui répondre:
_Je suis classé 1er de mon année chez les Serpentards.
_Et par rapport au classement général? Me demande-t-il alors.
_Je suis cinquième, dis-je à voix basse, craignant un autre emportement de sa part.
Son regard se fait glacial alors qu'il s'enquit sèchement de ceux qui ont obtenu de meilleurs notes que moi.
Je lui souffle qu'Hermione Granger est classée 1ère, suivie de 3 élèves de Serdaigle.
Il me fixe d'un oeil noir alors qu'il me crache au visage que je devrais avoir honte d'être supplanté par une Sang-de-Bourbe. Ma mère à ses côtés tente de le tempérer, mais en vain. Prenant mon courage à deux mains, je lance alors que je devance quand même Harry Potter. Ma mère aussitôt me félicite, mais mon père reste de marbre et son visage est toujours aussi fermé. J'ai l'impression que je n'arriverai jamais à le contenter. Ce sentiment se renforce quand il me jette au visage que Potter est un bien meilleur joueur de Quidditch que moi.
Sa réflexion me fait mal. A l'entendre je suis un piètre joueur. Pourtant je me débrouille plutôt bien, je surpasse largement les attrapeurs de Serdaigle et de Poufsouffle. Mais il est vrai que Potter est plus doué. Il a cela dans le sang. Ce que je fais d'ailleurs remarquer à mon père, en insistant sur le fait que je ne bénéficie pas d'une telle chance. C'est la parole de trop. Mon père se lève brusquement faisant tomber sa chaise, tandis que je me tasse sur la mienne.
Il est sur le point d'exploser. Ma mère pose sa main sur la sienne en signe d'apaisement, mais il la rejette d'un geste brusque. Son regard de feu me vrille. Je sens qu'il brûle d'envie de me lancer un nouveau sort, mais il ne le fait pas et m'ordonne sèchement de monter dans ma chambre. Il ne veut pas se donner en spectacle devant les domestiques. Docilement je lui obéis, heureux de pouvoir disparaitre.
Mais j'ai à peine le temps de franchir le seuil de ma chambre que mon père m'appelle en hurlant. Qu'ai-je encore fait? La peur au ventre je descends l'escalier. Il m'attend au bas des marches. Dans ses mains je peux voir une lettre chiffonnée.
_Je croyais que tu avais compris, vociféré-t-il en agitant devant moi la lettre.
Je lui jette un regard interrogateur, ne comprenant pas. Puis soudain j'aperçois mon hibou posé non loin. Il est déjà de retour? Stupide animal, ne pouvait-il pas me remettre ce pli en mains propres?
_Je peux vous expliquer, dis-je.
Mais il n'a aucune envie d'entendre mes explications et me montre du doigt son bureau. Je déglutis et tente de me dérober par une nouvelle pirouette:
_C'est un malentendu père, j'ai très bien compris...
Mais il m'interrompt sèchement:
_Apparemment pas assez.
Contraint, la mort dans l'âme j'entre dans son bureau. Il me suit sans un mot. D'un geste de baguette il allume les chandeliers, tandis qu'il vérouille la porte et lance un Assurdiato pour éviter que des oreilles indiscrètes n'entendent nos paroles, ou peut-être mes cris.
Mon père se tourne vers moi. Sa fureur n'a pas décru. Je crois même qu'elle s'est intensifiée si c'est possible. D'un geste vif, il déplie la missive et se met à la lire d'une voix nasillarde:
Draco,
Ta lettre m'a beaucoup inquiétée. Que s'est-il passé? Tu répètes que nous devons être plus prudents à l'avenir, mais si nous cachons notre prétendue relation, cela ne risque-t-il pas de nuir à tes projets ? Je trouve ton père effrayant et je n'aimerais pas avoir à faire avec lui, mais que t'as-t-il fait pour que tu changes ainsi? J'attends de tes nouvelles.
Ginny
_Tu as osé écrire à cette trainée? Hurle mon père une fois sa lecture achevée.
Je n'ai pas le temps de dire un mot, que déjà il poursuit:
_Et quelles sont ses affaires, dont elle parle? Tu traites avec les Weasley maintenant? C'est de mieux en mieux.
_Je ne peux rien vous dire, Père, répondis-je.
_Tu te moques de moi? Gronde-t-il.
Je secoue négativement la tête alors qu'il s'avance d'un air menaçant vers moi. Malgré moi je recule et je heurte le panneau de la porte. Il me saisit au menton et à quelques centimètres de mon visage, me siffle:
_Je vais t'apprendre où se trouve ta place.
_Je vous en prie, l'imploré-je.
Un rictus se dessine sur son visage alors qu'il me demande:
_Je te fais peur?
Jouant la carte de la franchise je hoche vivement la tête. A ma grande surprise ma réponse le fait rire. Il rit à gorge dépoloyée alors qu'il recule de quelques pas. Un rire de dément qui me glace le sang plus sûrement que ses menaces. Puis reprenant le contrôle de lui-même il me crache avec mépris:
_Apparemment je ne te fais pas assez peur, sinon tu m'obéirais.
_J'ai compris, je vous le jure, dis-je précipitamment effrayé qu'il se décide à me donner à nouveau une leçon.
_La promesse d'un traitre à son sang ne vaut rien, réplique-t-il impitoyablement.
_Je ne suis pas un traitre. C'est une Sang Pur, me défendé-je.
Mon père me jette un regard méprisant et répond à mon pathétique plaidoyer:
_Les Weasley ne valent pas mieux que les Sang-de-Bourbe.
J'ai la gorge sèche et je lance dans un dernier effort:
_Je suis votre fils. Je vous demande pardon. Désormais je ne vous décevrai plus.
Il me fixe un instant, son visage fermé ne laisse paraitre aucune émotion. Enfin il articule lentement:
_Peut-être devrai-je en effet te pardonner...
Il laisse sa phrase en suspend alors que dans mon coeur grandit l'espoir. Mais devant mon air soulagé, il poursuit:
_Cependant je dois m'assurer que l'envie de recommencer te passera. Une correction est plus efficace que le pardon pour se souvenir.
Dans ma tête sonne le glas de la condamnation alors qu'il pointe déjà sa baguette sur moi et me lance le sort impardonnable.
La douleur me saute à la gorge. Sous son assaut je m'effondre. A terre, je me tortille comme un ver pris au piège. Je tente de me dégager de ses griffes, mais elle refuse de lacher prise. Ma voix se casse à force de cris. La douleur. Toujours la douleur. Rien que la douleur. Puis le noir complet.
Je m'éveille doucement. Les membres ankylosés je bas des paupières. Sur mon front de cauchemar, la douce fraicheur d'un chiffon humide. Je lève les yeux et voit ma mère qui me sourit faiblement. Je lui souris en retour pour dissiper cet air inquiet qu'elle arbore. Pour lui montrer que je vais bien, je me lève, mais ne peut m'empêcher de grimacer. Il n'y est pas allé de main morte, j'ai des crampes partout. Soutenu par ma mère je gagne ma chambre à l'étage. Avant de ma laisser seul, elle me souffle:
_Ton père ne veut que ton bien, alors ne lui tiens pas trop rigueur d'avoir été sévère.
Je ne réponds rien, je n'ai aucune envie de lui affirmer que je garde pas rancune à mon paternel pour ce qu'il m'a fait subir. Sévère? Il m'a torturé, on est loin de la simple sévérité.
Je m'allonge sur mon lit en ruminant de sombres pensées. A cet instant précis, j'en veux à la terre entière: à mon cher père, à cet adorable Pansy, à Ginny et à ce fichu hibou incapable de me porter en main propre une lettre. D'ailleurs quand je vois ce stupide animal sagement endormi sur son perchoir, j'explose. Je me saisis d'un livre posé sur ma table de chevet et le lance de toutes mes forces sur cet imbécile volatile. L'oiseau pousse un hululement strident et complètement paniqué vole dans tous les sens dans la pièce en battant frénétiquement des ailes. Et moi j'éclate de rire. Un rire nerveux qui perturbe mon hibou qui se repose sur son percoir et me fixe d'un oeil accusateur. Mon hilarité cesse aussi brusquement qu'elle avait commencé. Mon rire est remplacé par des larmes qui me brûlent les yeux. Je me mords la lèvre pour les empêcher de couler. Je refuse de pleurer. Ce n'est pas digne d'un Malfoy. Toute à l'heure j'ai eu un instant de faiblesse, ça n'arrivera plus. Je me gifle avec violence pour reprendre le contrôle de moi-même. La brûlure cuisante sur ma joue m'aide à reprendre en main mes émotions. Je me relève de mon lit et m'assoit à mon bureau. J'ai besoin d'écrire pour me changer les idées. Je me saisis de mon carnet et couvre avidement les pages de mon élégante écriture. Quand je m'arrête, il ne reste plus que quelques pages vierges à mon carnet, mais je me sens mieux. Je ferme d'un coup sec le carnet et m'empare du calendrier. D'un geste vif je barre la date d'aujourd'hui. Un jour de moins, plus que 13 avant de retrouver Poudlard.
Merci de me laisser votre avis, histoire que je sache un peu ce que vous pensez de ce chapitre et de cette fanfic en général.
A bientôt
