Coucou tout le monde ! Et bien, après cette longue pause, voilà enfin la suite. Je vais essayer de refaire des chapitres plus réguliers, promis, disons que j'avais perdu l'inspiration ces derniers temps, ça arrive. Quand syndrome de la page blanche il y a, impossibilité d'écrire s'en suivra !
Chapitre 9 : Vie de camp
Le soleil se leva enfin, annonçant la fin d'une longue nuit supplémentaire. Sherlock lança un regard à Jim, que les ronflements commençaient très sérieusement à énerver. Il était recroquevillé en position fœtale, serrant la carcasse du lapin comme doudou. Enfin… Ce qu'il en restait. La moitié des organes de leur proie de la veille s'était étalé sur la main de Jim. Sherlock tira une grimace. C'était répugnant. Il donna un coup de pied dans la jambe du criminel. Ce dernier se releva, avant de repousser très loin la carcasse, dont la tête se détacha et roula jusqu'aux pieds de Sherlock. Eurk.
Jim se releva en soupirant. Il avait mal dormi, il était crevé, et il aurait tué n'importe quel idiot qui se mettrait entre lui et un plat de spaghettis bolognaises. Il n'avait que ça à l'esprit ce matin. Il voulait manger un truc chaud. Et solide. Et sans boyaux si possible, il avait eu sa dose pour la journée. Le camp derrière eux semblait calme, un peu trop calme d'ailleurs. Sherlock était déjà debout sur un grand rocher, faisant le guet.
« Bon, chuchota Jim, pour éviter d'attirer l'attention. On rentre comment ?
- J'en sais rien. Ils ont des gardes partout, ça va être dur de passer sans se faire repérer. Il nous faut un complice.
- Un « ami » tu veux dire ? Et comment tu veux qu'on fasse ça, tu nous as vu ?!
- Chut. On va se faire repérer. »
Jim leva les yeux en l'air, avant de shooter dans la tête du lapin qui vola dans un buisson. D'où un grognement retentit. Le criminel lança un regard paniqué à Sherlock, qui tenta de lui faire signe de la fermer. Un corps émergea du buisson, dans un état de décomposition avancé. Il ne restait plus grand-chose d'humain chez lui, son crâne était déjà apparent, la moitié de son squelette également. Il n'avait plus de jambes, et en était donc à se traîner sur le sol pour se nourrir. D'eux, en l'occurrence.
Sherlock attrapa instinctivement un bâton, et se mit en position de défense. Jim… Et bien… Jim était déjà parti dans le fossé à quelques mètres d'eux. Pour se planquer. C'est ce qu'on appelle l'esprit de solidarité. Sherlock le chercha un moment du regard, tout en reculant, pour garder un espace de sécurité. Bien qu'il ne semblait pas très dangereux celui là, sa mâchoire l'était et une toute petite morsure pouvait lui coûter la vie. D'un côté, s'il se dévoilait au camp, avec le vacarme que faisait cet abruti de mordeur, il était mort aussi. Le détective déglutit, puis plongea sur la goule, en abattant violemment le bâton sur son crâne. Il y eut une giclée de sang, mais ce ne fut pas réellement efficace. Il revint à la charge une seconde fois, frappant plus fort, décrochant un morceau de crâne. Un dernier coup, et le crâne explosa, littéralement, aspergeant le pantalon d'un liquide rouge-noir bien odorant. Dégoûté, Sherlock lança le bâton au loin, puis se dirigea à grandes enjambées vers le fossé, où Jim était caché, en position fœtale.
« Il est mort. Tu peux sortir. Lâche. »
Jim cligna des yeux face à l'insulte de Sherlock. Il serra les poings, souffla fort, et se releva. Ne pas le tuer. Il en avait besoin. Bizarrement, l'idée de tuer son Némésis l'effrayait moins que de tuer un mort, qui était déjà censé être mort. Il secoua la tête et suivit Sherlock.
John commençait très sérieusement à avoir mal aux bras, comme la majorité des autres. Ils avaient passé la nuit dans la tente, ligotés les uns contres les autres. Le médecin n'avait pas beaucoup dormi. En revanche, il avait bien vu Mary prendre Sebastian comme appui pour dormir. Une pointe de jalousie était montée en lui, c'est vrai, mais il n'avait rien dit, pour ne pas réveiller les autres. De toute manière, Greg aussi avait dormi sur lui, à croire que le psychopathe faisait un bon oreiller. Ce dernier était d'ailleurs réveillé depuis plus longtemps que lui, les yeux dans le vague, impassible. Il avait essayé de se détacher toute la soirée, et il avait les poignets en sang, d'où son abandon. Le moindre mouvement lui faisait mal désormais.
Un homme armé entra soudain dans la tente, réveillant tous les prisonniers. Sebastian le dévisageait, méfiant.
« Je vais vous détacher, dit-il. Mais avant quelques règles. Un, vous me suivez, et vous la fermez. Deux, le premier qui tente de s'enfuir se fera exécuter. Trois, on va vous attribuer un poste. La règle est simple. Plus vous travaillez, plus vous avez à manger. C'est clair ? »
Aucun ne bougea. L'homme sembla pendre ça pour un oui. Il commença à détacher Mary, puis Greg, Sebastian et enfin John. Ce dernier marqua une pause avant de sortir.
« Où est Mycroft ?
- Qui ? demanda l'Homme.
- L'homme qui était avec nous.
- Ah ! Il avait une marque suspecte, il est à l'infirmerie. On vérifie que ce n'est pas une morsure. Si ça l'est, tant pis pour lui, oubliez le.
- C'est quoi ton nom ? Lâcha Sebastian, pour changer le sujet.
- Arthur. Mais tout le monde m'appelle Arthy. »
Il poussa le groupe vers l'extérieur, pour commencer la visite. Et il y eut cette jeune femme, qui passa devant eux, transportant du bois. Greg fut le premier à réagir, l'attrapant au passage. Elle cria, effrayée, puis son regard croisa celui du détective.
« Greg ? demanda t-elle choquée. »
Puis elle regarda les autres, un à un, et les larmes lui montèrent aux yeux. Elle lâcha sa cargaison et se jeta au cou de l'inspecteur de Scotland Yard. La moitié des personnes du groupe étaient trop choquées pour réagir. C'est sûr que c'était assez… inattendu. Greg la serra un long moment dans ses bras, puis Molly vit le regard pesant d'Arthur sur elle.
« T'as pas du travail ?! gronda l'homme, mauvais.
- Si… Si monsieur. Mais…
- Pas de mais, tu ramasses ton bois et tu retourne au travail ! »
Molly baissa la tête, puis ramassa le bois et reprit sa tâche, avec un regard triste pour Greg et le groupe. L'inspecteur serra compulsivement les poings. Il se tourna vers Arthur.
« Est-ce que vous savez seulement combien de temps j'ai passé à chercher cette jeune femme ? J'ai été à St Barts, il n'y avait plus rien, j'ai crû qu'elle s'était faite manger par un mordeur. Et vous… Vous me la reprenez.
- Greg, tenta John. On la reverra, calme-toi.
- Je suis parfaitement calme ! »
Il n'était qu'à quelques centimètres du visage d'Arthur, très menaçant. Son « gardien » ne pouvait pas savoir à quel point l'inspecteur aurait aimé lui démolir sa petite tête blonde à coup de poings et de pieds. Sebastian lui attrapa le bras et le força à reculer, pour maintenir une distance respectable entre les deux hommes. Ca valait mieux. Les deux étaient particulièrement irrités.
La visite du camp commença calmement. Arthur leur présenta les différentes tentes et leur utilité, l'infirmerie, les barricades. Puis il leur attribua chacun une tâche. Sebastian et John se retrouvèrent aux remparts, Greg à la mini-ferme, composé de deux cochons et de quelques lapins, et Mary fut jetée dans la cuisine. Même s'ils ne l'avoueraient probablement jamais, tous apprécièrent l'idée de travailler presque de façon normale au milieu de cette apocalypse dévastatrice.
Lorna était assise dans un coin de la tente, recroquevillée sur elle-même, en train de pleurer. Elle voulait retrouver les autres, elle détestait être seule. Molly revint enfin, avec du bois. Elle semblait soucieuse. La jeune docteure vient s'accroupir près d'elle, puis lui sourit, pour tenter de la rassurer.
« Eh, ils sont avec toi le groupe qui vient d'arriver ? Avec Greg, John, …
- Oui, ils m'ont aidé et je les ai suivis. Greg dit que ça me donne des meilleures chances de survie.
- Tu as réussis à rester en vie jusque là, donc tu dois être intelligente. On va les aider à sortir du camp. Et on va partir avec eux. »
