La Lothlorien
Aragorn les menait à travers les plaines. Même si le pas était cadencé, Hermione ne parvenait plus à trouver le moindre courage. Elle se sentait dévastée. La vie lui semblait tellement injuste. Pourquoi Gandalf? Pourquoi maintenant? Elle n'avait plus de force, toute son énergie avait couler dans ses larmes. Elle avait l'impression d'être vide. Un corps dénué d'entrailles qui courait dans les herbes hautes. Le regard fixé sur le dos de Legolas, son esprit errait.
Devant eux, un grand lac s'étendait. Aragorn les y guida, leur expliquant qu'on le nomma le lac du miroir. D'ici partait un cours d'eau, le cours d'argent, qui traversait la Lothlorien. Il suffisait de le suivre pour être en sécurité avant la nuit. La jeune sorcière renifla bruyamment, même ce lac magnifique et magique n'avait aucun intérêt à ses yeux. Elle était lasse de courir.
Le Rôdeur la regarda. Il partageait sa peine, comme tout le monde, notamment Frodon. Mais ce dernier malgré son puissant désarroi ne semblait pas anéanti autant que Hermione. Devant le regard perçant d'Aragorn, elle haussa les épaules, se redressa puis installa un air de profonde indifférence sur son visage. L'homme secoua la tête mais ne dit rien.
Ils reprirent leur course sur plusieurs kilomètres encore, s'arrêtant de temps à autre pour reprendre leur souffle. Le paysage se résumait à un cours d'eau et des plaines verdoyantes à perte de vue. La mauvaise humeur gagnait de plus en plus l'esprit de la sorcière. Intérieurement, elle ne cessait de ronchonner avec sarcasme.: « Oh, un brin d'herbe! Magnifique! Et là une flaque mais que c'est mignon! Tiens une colline, mais que peut il y avoir de l'autre côté? Oh encore de l'herbe! ». Une petite tape, derrière le crâne, la vit revenir à la réalité. Hermione tourna la tête. Legolas lui sourit en ajoutant que ce n'était pas le moment de faire preuve de mauvaise humeur. « Vos pensées sont sombres, mon amie! Reprenez espoir, nous arrivons bientôt. Essayez de sourire, la situation est tragique, mais Gandalf n'aurait pas souhaiter que votre beau visage soit terni par le chagrin ». Il resta à ses côtés tout le long. La jeune femme se demanda comment il avait fait pour parler autant sans être essoufflé. Elle se rappela le compliment qu'il lui avait fait. Elle rougit et sourit.
« Les frontières de la Lothlorien, nous sommes enfin en sécurité! » cria Aragorn. En effet, un bois immense se dressait devant eux. Ils y pénétrèrent en silence. Hermione contempla la magnificence des arbres aux feuilles or. Une écorce grise les protégeait. Un épais mucus s'étendait au sol, elle se délecta du bruissement des feuilles mortes sous ses pas.
Gimli grogna. Il jetait des regards circulaires sans cesse, visiblement sur ses gardes.
« Nous sommes sur les terres des elfes Galadhrims! » expliqua Legolas.
Une puissante ensorceleuse règne dans ces bois, restez sur vos gardes! » ajouta le nain.
Ne saurez vous donc jamais mettre vos différents de côté? Ça commence vraiment à devenir lourd! Les elfes ceci; les nains cela... C'est vraiment n'importe quoi! » s'emporta Hermione.
Vous ne pouvez pas comprendre, mon amie! Vous êtes trop jeune!
Ou trop ouverte d'esprit peut être!
Gimli se renfrogna tandis que Legolas souriait. Il semblait plus s'amuser de ces vieilles querelles. « Je crois que nous avons beaucoup à apprendre de vous! » lui chuchota t-il. Elle le regarda mais le mouvement d'un buisson en arrière plan la fit sursauter. Hermione fit quelques pas en avant mais son compagnon lui prit le bras. « C'est inutile. Ils viendront à nous, bientôt. »
« C'est quoi cette histoire d'ensorceleuse? »
Des fables sur la dame de ces lieux. Il faut savoir que c'est une femme d'une grande beauté...
Et que seuls les hommes l'ont rencontrée?
En tout cas, je n'ai jamais entendu des femmes colporter des telles rumeurs!
Hermione rit doucement. Décidément, les hommes et leur fierté l'amuseront toujours.
Aragorn se retourna. Son regard les incita au silence. Quand soudain, les arcs bandés les cernèrent, tenus par des elfes Galadhrims. L'un d'eux s'avança et Boromir obligea Gimli à baisser sa hache.
Legolas et Aragorn se rapprochèrent de l'elfe. Ils conversèrent en elfique pendant de longues minutes. La jeune femme soupira bruyamment. « N' y a t-il pas un sort pour comprendre ce qu'ils disent? » lui demanda Pippin.
Aucun que je ne connaisse.
Mais ça ne veut pas dire qu'il n' existe pas?
Non, en effet.
Alors pourquoi ne le connaissez vous pas?
Parce que je n'ai jamais considérer utile de l'apprendre!
Tout le monde parle la même langue chez vous?
Non, il existe des milliers de langues, mais je préfère les apprendre par moi même!
Pourquoi?
Vous posez beaucoup de questions! » conclut-elle avec impatience.
Je suis curieux.
J'avais remarqué!
Pippin se tut et baissa les yeux. La sorcière se sentit coupable. Elle avait peur de l'avoir blessé.
« Là d'où je viens ma langue est connue et parlée dans le monde entier. Ce n'est donc pas forcement utile d'apprendre les autres langues! Et puis je n'ai pas encore beaucoup voyager au delà des frontières de mon pays. » dit elle au hobbit. Il releva la tête et lui sourit apparemment satisfait de sa réponse.
L 'elfe Galadhrim s'avança vers eux et les pria de la suivre. Il regarda Frodon avec intensité puis se détourna.
Il les mena à travers les bois de la Lorien. Les autres elfes les faisaient office d'escorte. Malgré la longueur de leur trajet, Hermione et ses compagnons ne semblaient pas s'en formaliser. La forêt était magnifique et chaque détail attirait leurs regards. La lumière du soleil perçait au milieu de la cime des arbres leur offrant ainsi la Lothlorien sous son meilleur jour. Même Gimli ne trouvait rien à redire.
Cette balade forestière dura deux jours pendant lesquels Hermione parvenu enfin à connaître le nom de leur guide: Haldir. En fin d'après midi, ils sortirent momentanément des bois. La colline, sur laquelle ils se trouvaient, surplombait une autre forêt encore plus belle et plus touffue que celle qu'ils venaient de quitter.
« Caras Galadhon! Le cœur de monde elfique. C'est ici que résident le Seigneur Celeborn et Dame Galadriel! » les informa Haldir, la voix emplie d'admiration.
Ils rejoignirent rapidement la forêt dans laquelle se dressait une cité de lumière et d'étoiles. De grands escaliers arpentaient le tronc des arbres, sous de grandes arches aussi lumineuses qu'un clair de lune.
Quand ils parvinrent au sommet, Hermione se demanda si elle avait repris son souffle depuis qu'ils s'étaient trouvés au pied de Caras Galadhon.
« Cet endroit vous plait? » lui demanda Legolas.
Énormément! Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau, d'aussi parfait... Je ne sais même pas s'il existe un mot pour décrire cette splendeur! »
L'art elfique, peut être?
Vous par contre, je vous définirais d'orgueilleux! » lui répondit elle dans un sourire.
Legolas ne répondit pas. Il leva les yeux vers l'arche argentée devant laquelle ils se trouvaient et s'inclina avec respect. La jeune femme se retourna. Elle discerna deux grandes silhouettes se détachant de la lumière. Un homme et une femme, seigneurs de Lorien: Celeborn et Galadriel.
