Disclaimer : tout le monde reconnaîtra ce qui est à moi et ce qui ne l'est pas... malheureusement.
Note de moi : je sais, ça fait trèèèès longtemps que je n'ai pas publié et je m'en excuse. Je pourrais vous sortir des excuses du genre que j'ai repris mes études donc que je n'ai plus beaucoup de temps à consacrer à l'écriture, mais même si c'est la stricte vérité je sais que ce n'est pas une bonne excuse. Alors je me tais et je vous fais mes plus plates excuses en vous promettant qu'un tel écart ne se reproduira pas. De plus, je dois ajouter que ma correctrice qui est overbookée n'a pas encore eu le temps de se jeter dans des corrections gragantuesques, je vous prie dons de bien vouloir l'excuser, et de bien vouloir m'excuser des très probables nombreuses fautes.
Résumé : Fleur et Bill se sont mariés. Lors du mariage, Harry a découvert que Ginny et lui sortaient ensemble mais qu'il a rompu afin de ne pas la mettre en danger. Sirius a fait savoir à Harry qu'il était prêt à l'aider à devenir plus autonome et plus indépendant. Il va lui apprendre à se transfomer an Animagus afin que Harry puisse sortir en sécurité.
EDIT : Voilà la nouvelle version corrigée par ma chère beta ! Depuis qu'elle a créé son nouveau club, elle semble moins débordée... ou alors, c'est parce que je suis médaillée et pas elle ;) Quoi qu'il en soit, merci ma chtite Lupi !
Chapitre 10 : L'Animagus
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- Tu dois plus te concentrer sur la métamorphose en elle-même que sur la forme que tu dois adopter. Les conseils de Sirius commençaient à ne plus signifier grand-chose dans la tête de Harry. Cela faisait presque trois heures que son parrain s'acharnait à lui enseigner les techniques spécifiques aux sorciers capables de prendre l'apparence d'animaux. Mais devenir un Animagus demandait une force de concentration que Harry pensait ne jamais parvenir à acquérir. Bien sûr, cela ne faisait que quelques semaines que Harry avait commencé à prendre des leçons avec Sirius, et cela relevait du miracle si tous deux parvenaient à s'éclipser plusieurs heures par jour sans éveiller de soupçons de la part de Lily et James. De plus, Harry ne passait pas toutes ses journées au 12 square Grimmaurd, et lorsqu'il se retrouvait à Godric's Hollow, il prenait plus de temps à redécouvrir sa famille qu'à se concentrer sur les explications de Sirius. Et même s'il avait essayé d'appliquer les conseils de son parrain, Mackenzie se serait empressée de le déranger en pleine réflexion. Mieux valait donc garder toute sa concentration pour les leçons.
Harry savait que si Sirius n'avait pas demandé à James l'autorisation de le former dans l'art des Animagi, c'était parce que son père l'aurait refusé catégoriquement. Cela n'avait jamais réellement gêné Harry de désobéir aux règlements. Comme l'avait toujours répété Rogue, il avait toujours préféré faire les choses directement que d'essayer de respecter les règles. Bien sûr, cela n'avait jamais été vraiment délibéré. Mais Harry devait bien se l'avouer, il avait bien souvent contourner le règlement de Rusard pour des bêtises. Cependant, mentir à son père était différent. Lorsque les deux hommes se retrouvaient nez à nez, Harry ressentait une boule dans sa gorge, synonyme d'un malaise dû à la culpabilité. James et Lily avaient toujours tout fait pour protéger leur fils, et pour les remercier, il désobéissait à leur volonté. D'un autre côté, il ne voulait pas décevoir Sirius en lui tournant le dos. Quelle était la bonne solution ? Harry avait décidé de suivre les leçons de son parrain, sans pour autant savoir s'il allait un jour appliquer son enseignement à des fins uniquement personnelles.°°°
Le 1er septembre, Harry ressentit une vague de tristesse l'envahir. Assis à la table du QG de l'Ordre du Phénix, il s'imaginait l'excitation qui d'habitude, emplissait les maisons de sorciers. Aujourd'hui, la seule école ouverte en Grande-Bretagne était une école réservée aux mages noirs. En France, l'Académie de Beauxbâtons avait également été fermée, à l'instar de celle d'Allemagne. Combien allaient encore devoir plier devant le nombre de Mangemorts croissant qui envahissaient les pays d'Europe ? Combien de temps avant que la magie blanche disparaisse à tout jamais ? Toutes les missions auxquelles Harry avait participé en tant que membre de l'Ordre lui avaient semblé vaines, totalement inutiles. Hermione avait bien remarqué la déception de son ami, et avait à plusieurs reprises essayé de lui remonter le moral. Elle ne cessait de lui répéter que chaque mission avait son importance, et que la chute de Voldemort arriverait par étape. Mais Harry savait bien qu'il lui faudrait expliquer à Dumbledore toute la vérité, afin qu'il parte à la recherche des Horcruxes. Cependant, à chaque tentative, ses mots avaient fini par se perdre dans sa gorge. Il ne parvenait pas à se faire à l'idée qu'il allait décevoir ce grand homme qui lui avait offert une vie si merveilleuse, tellement différente du calvaire que lui avaient infligé les Dursley.Ron se laissa tomber sur une chaise à côté de Harry, surprenant celui-ci dans ses réflexions.
- A quoi tu penses ? lui demanda Ron.
- Je me demandais ce qu'allait faire les sorciers qui auraient dû prendre le Poudlard Express aujourd'hui.
- Rester chez eux, bien au chaud, se contenta de répondre Ron.
Harry leva les yeux vers la fenêtre. Bien qu'il n'ait pas mis le nez dehors depuis plusieurs jours, il voyait bien que le temps était glacial. Les passants portaient tous des manteaux, et les percées de soleil étaient si rares que les gens s'arrêtaient de marcher pour profiter pleinement de ces quelques rayons exceptionnels. Harry imagina avec tristesse la masse de Détraqueurs qui devaient tourner autour de Londres, espérant probablement se nourrir d'une âme quelconque.
- Ce n'est pas drôle, Ron, dit Hermione qui venait de s'asseoir en face de lui. Les enfants vont se retrouver sans enseignements, et risquent de mal tourner s'ils n'apprennent pas à réguler leur magie.
- Mieux vaut en rire qu'en pleurer, répliqua Ron.
- Mieux vaut agir que de laisser la situation s'aggraver.
- C'est pourtant toi qui dis que chaque mission est importante, répondit Harry à Hermione.
- Je sais. Et justement, je crois que l'on va enfin avoir droit à quelque chose d'un peu plus… sérieux.
- De quoi tu parles ? demanda Ron.
- Tout ce que je sais, c'est que Maugrey et Remus travaillent sans relâche sur un moyen de faire révéler en toute sécurité à Drago ce qu'il sait à propos de l'école de Voldemort.
- Mais il ne pourra rien révéler puisqu'il n'y a jamais mis les pieds, dit Harry.
- Quoi ? s'exclama Ron. De quoi tu parles ?
Harry se mordit la lèvre inférieure, et il vit Hermione écarquiller les yeux et plaquer ses deux mains contre sa bouche. Harry avait tellement l'habitude de tout partager avec Ron et Hermione qu'il en avait oublié l'espace d'une seconde que Ron n'avait rien à voir avec le retourneur de temps. Comment allait-il pouvoir se sortir de cette bourde ?
- Hermione, dit Ron furieusement, dis-moi ce qu'il se passe.
- Je… bégaya Hermione, impuissante.
- Ça suffit tous les deux, j'en ai assez de vos cachotteries. Vous croyez que je ne vous vois pas discuter dans mon dos ? Harry, tu es mon meilleur ami. Hermione, tu es ma petite amie. Vous me devez la vérité !
Hermione regardait alternativement Harry et Ron, et au bout de ce qui parut un très long moment de silence, elle s'éclaircit la gorge et dit :
- Harry, je crois que Ron a raison. Nous devons lui dire.
- Tu es sûre ? murmura Harry, bien qu'il sut que Ron l'entendait parfaitement dans le silence du square Grimmaurd.
- Je pense que ça vaut mieux.
- Très bien, abdiqua Harry. Ron, si tu nous trouves différents depuis quelques temps, c'est parce que… Hermione et moi… nous…
- Ne me dites pas que vous sortez ensemble ? s'exclama Ron.
Harry ne put contenir un rire nerveux. Comment Ron avait-il pu tirer de telles conclusions ? Était-ce ce qu'il redoutait réellement, que Harry lui ait volé sa petite amie ? Cela paraissait tellement inconcevable à Harry qu'il ne pouvait s'empêcher de ricaner face à l'expression ahurie de son ami. Hermione, quant à elle, n'esquissa pas le moindre sourire. Elle regarda Ron et lui annonça :
- Nous ne sommes pas ceux que tu crois. Nous ne sommes pas les Harry et Hermione que tu connais.
Harry se calma, et observa la réaction de Ron. Ou plutôt, son manque de réaction. Le rouquin fixait le vide, la mâchoire entrouverte. Ses sourcils se froncèrent légèrement, et son regard se releva sur ses amis.
- Quoi ? Qu'est-ce que…. De quoi tu parles Hermione ?
- Il y a deux mois, je vivais à Poudlard, dans une cinquième maison que Voldemort avait créée pour y regrouper tous les élèves de Sang-Mêlé. On nous y enseignait les bienfaits de la pureté du sang, la haine des Moldus, et nous étions tous coupés du monde extérieur. Tous les élèves de Poudlard étaient éduqués pour devenir les parfaits Mangemorts, mais Harry est arrivé, et nous a emmené Drago et moi dans un présent différent.
- Je… Je n'y comprends rien… Vous avez pris l'apparence de Harry, Malefoy et Hermione ?
- Non, nous sommes bien nous-mêmes. Mais nous ne sommes pas ceux que tu as connus. Nous n'avons pas le même passé que toi.
- Ce qu'Hermione essaye de t'expliquer, ajouta Harry, c'est qu'il y a un mois, nous avons utilisé un retourneur de temps pour changer un élément du passé, et lorsque nous sommes revenus dans notre présent, les choses avaient changé.
- Mais je croyais qu'un retourneur permettait de retourner en arrière de quelques heures seulement.
- Celui-ci est différent, expliqua Hermione. Il permet de…
- Écoute, je me fiche de savoir ce qui s'est passé, s'exclama Ron. Tout ce que je sais, c'est que ça fait un mois que je passe mon temps avec une inconnue, et que ni l'un ni l'autre ne semblait prêt à m'en parler ! Mais je vais vous faciliter amplement les choses. Je vous laisse faire vos petites magouilles ensemble, et surtout, laissez-moi en dehors de vos histoires !
Ron sortit de la cuisine en trombe, et claqua la porte avec une telle violence qu'il déclencha la fureur du portrait de la mère de Sirius. Harry vit des larmes perler aux bords des yeux d'Hermione.
- Tu avais raison de lui dire, affirma Harry pour la réconforter.
- Oh oui, j'ai eu raison, la preuve, répliqua Hermione d'un air sarcastique.
- Il se calmera. Je le connais, il finira par nous pardonner.
°°°
Que Ron pardonne leur secret à Harry et à Hermione, rien ne paraissait moins sûr lorsque le lendemain, une Hermione au visage défait arriva au 12 square Grimmaurd.- Il refuse de me parler, se lamenta-t-elle. Il refuse même de me regarder.
Sa voix était coincée dans sa gorge, et ses yeux à nouveau humides. Elle prit un morceau de toast et s'assit en face de Harry à l'extrémité de la table de la cuisine. De l'autre côté, Mr Weasley lisait son journal tandis que Mrs Weasley s'affairait à rendre le salon du 12 square Grimmaurd présentable. Quelques élèves de confiance allaient pouvoir assister à des cours donnés par différents professeurs de Poudlard, comme unique alternative à la fermeture de l'école. Les parents de Harry étaient restés chez eux avec leur fille. Hermione regardait Harry d'un air étrange.
- Je sais qu'au départ, je faisais tout pour le tenir un peu éloigné de moi, soupira-t-elle, mais ça me fait mal au cœur de le voir comme ça. Il a raison de ne plus nous parler, j'en ferais autant si j'étais à sa place, mais c'est tout de même difficile à vivre. A chaque fois que je le croise au Terrier, il m'évite. C'est infernal !
- Je suis désolé Hermione. Tout ça, c'est uniquement de ma faute. Les choses ont au moins tourné bien pour Ron et toi, et je détruis tout sans même le vouloir.
Hermione s'apprêta à répondre à Harry quand la voix de Dean Thomas les fit sursauter. Lorsque Harry se retourna pour le voir, il aperçut que Dean était loin d'être le seul des anciens élèves de Poudlard à vouloir suivre des cours en lieu sûr. Il y avait également Justin Finch-Fletchley, Colin et Denis Crivey, Luna Lovegood, Neville Londubat, Seamus Finnigan, les sœurs Patil, ainsi que Lavande Brown, Hannah Abot, et Susan Bones et enfin, deux élèves de l'année de Ginny que Harry ne connaissait pas. Bien sûr, la petite sœur de Fleur était également présente, et Harry, Ron, Hermione et Ginny suivrait également les cours. Ce fut le professeur McGonagall qui commença. Comme Gabrielle Delacour était bien plus jeune que les autres, elle suivit un cours de Sortilèges avec le minuscule professeur Flitwick dans une chambre. Harry avait beau se sentir chez lui au 12 square Grimmaurd, et être à l'aise avec son titre de membre à part entière de l'Ordre du Phénix, il n'en restait pas moins qu'il regrettait amèrement Poudlard. Il était difficile de suivre un cours de Métamorphose dans un salon, alors que Kréatur ne cessait d'entrer en geignant, que les membres de l'Ordre passaient d'une pièce à l'autre en discutant, et que les élèves n'avaient pas tous le même niveau. Les autres cours de la journée ne se déroulèrent pas mieux, mais l'apothéose fut lorsque pendant le cours de Potions, Rogue et Sirius passèrent près de trois quarts d'heures à se disputer et qu'à la fin du cours, Rogue s'insurgea contre le manque d'attention de ses élèves.
A la fin de la journée, le moral de Harry remonta un peu lorsqu'il vit Ron tenir Hermione par la main en se dirigeant vers la cuisine. Il semblait qu'il leur ait pardonner de lui avoir caché leur secret, aussi énorme fut il. Le lendemain, tous trois eurent l'occasion d'en discuter plus en profondeur, et Ron les submergea de questions. Hermione s'efforça d'y répondre tant bien que mal, mais rien ne semblait satisfaire l'appétit de Ron. Enfin, après plusieurs heures de discussion, Ron admit qu'il lui était difficile d'imaginer que ses amis n'étaient pas ceux qu'il avait toujours connus. Mais il ajouta également qu'il essaierait de se faire à cette idée. Après tout, même si Harry et Hermione lui étaient différents, ils étaient au fond d'eux les mêmes personnes.
°°°
Le mois d'octobre s'annonçait glacial. Les premières neiges étaient déjà tombées à Godric's Hollow, et le père de Harry ne cessait de répéter que la présence quasi perpétuelle des Détraqueurs expliquait ses faibles performances aux mots croisés. Lily ne pouvait s'empêcher de se moquer de lui et Harry entendait la voix de Ron résonner dans sa tête « mieux vaut en rire qu'en pleurer ». La situation politique s'aggravait de jour en jour, et Harry se sentait impuissant. Par moment, il aurait préféré ne pas faire partie de l'Ordre, et se dire que s'il n'avait aucune information positive, c'était uniquement parce qu'il était encore un simple élève. Mais rien ne pouvait cacher la dégradation dont était victime le monde sorcier.Une nouvelle, pourtant, remis du baume au cœur des membres de l'Ordre du Phénix. Maugrey et Remus avait enfin réussi à faire parler Malefoy, qui, même s'il n'avait pas vécu dans l'école de Voldemort, en gardait des souvenirs puisque son corps y avait pourtant bel et bien été. Harry et Hermione avait du mal à se l'expliquer, mais les faits étaient là : Malefoy avait donné des détails d'une précision que seul un élève de Voldemort pouvait connaître. Le point le plus positif pour Harry était que Ron, Hermione et lui avaient été désignés pour accompagner Malefoy près de cette fameuse école. Leur mission n'était pas des plus complexes, il leur suffisait de se rendre sur les lieux et de relever le plus de détails possible sur les agissements des occupants du manoir qui servait d'école. Harry se sentait enfin utile, et la mission lui permettait de remettre à plus tard ses aveux à Dumbledore.
Il faisait encore nuit lorsque Harry, Ron, Hermione et Malefoy se glissèrent sous la cape d'invisibilité de Harry et sortirent sur le palier du 12 square Grimmaurd. Mrs Weasley n'avait presque pas fermé l'œil de la nuit afin de parfaire au maximum la préparation des adolescents. Harry n'avait pas beaucoup dormi non plus, secoué par l'excitation et l'appréhension. Hermione semblait également nerveuse, mais elle avait élaboré un plan minutieux qui, selon Ron, paraissait sans faille. Le plus important était de ne pas se faire attraper, car les conséquences pourraient en être gravissimes. Mais Harry voyait mal comment quatre personnes de tailles adultes pourraient pénétrer dans un établissement bondé de Mangemorts sans se faire repérer. A trois, ils avaient du mal à loger sous la cape d'invisibilité, mais en comptant Malefoy, cela relevait du domaine de l'impossible. Et quelles informations utiles pourraient-ils bien apporter s'ils ne pénétraient pas dans le manoir ? Le plan d'Hermione consistait à ce que Harry et Malefoy entrent dans l'école sous la cape d'invisibilité tandis que Ron et elle surveilleraient l'entrée de l'établissement sous un charme de Désillusion. Mais combien de temps un tel charme pouvait-il agir ? Et que feraient-ils si Voldemort avait mis en place un système de sécurité anti-intrusion ? Les doutes qui avaient maintenu Harry éveillé presque toute la nuit, s'étaient transformés en une pierre dans son estomac, mais il devait passer au-dessus de ses angoisses. Tout le monde comptait sur des nouvelles qui permettraient enfin à l'Ordre d'agir, et cela reposait sur les épaules de trois nouveaux membres, et d'un jeune adulte un peu perdu. Harry, Ron, Hermione et Malefoy transplanèrent au nord d'un petit village du nom de Royston Vasey, habité presque uniquement par des sorciers. Au sommet de la colline réputée hantée pour éviter les intrusions de Moldus, se trouvait un petit château qui depuis plusieurs mois accueillait les élèves de Sang-Pur, ceux qui étaient destinés à suivre Voldemort aveuglément, pour le meilleur et pour le pire.
Le vent matinal sifflait à leurs oreilles, et tous quatre prirent un moment afin d'observer les lieux. La colline était assez grande et abrupte pour ne pas donner envie aux curieux de s'y aventurer, ou aux élèves de s'enfuir. Le petit château se trouvait à 400 ou 500 mètres d'eux. Il ressemblait à un château que l'on trouvait en photo dans les manuels d'histoire moldus, mais dans une version presque miniature. Des drapeaux représentant la Marque des Ténèbres flottaient au sommet des quatre tours. Tout semblait calme, endormi, et tout était éteint à part les lumières du donjon central. Harry pensa qu'il s'agissait de la tour réservée aux professeurs, ce que Malefoy lui confirma. Même s'il ne se souvenait pas y avoir vécu, Malefoy avait pu leur raconter les détails qu'il avait donnés malgré lui à Maugrey et à Remus. Maintenant, Harry, Ron et Hermione savait que l'école de Voldemort ne fonctionnait pas du tout comme Poudlard. Il n'était pas question de différentes maisons, tous faisaient corps commun. Le château ne comptait pas plus de 350 élèves, dont pour la plupart, des enfants de Mangemorts. L'enseignement y était bien évidemment presque strictement de magie noire, et la haine des moldus et des sorciers de Sang-Mêlé y était largement encouragée. A leur entrée, les élèves étaient tatoués à la manière de Malefoy, et aucun élève ne pouvait sortir de l'enceinte du château sans ressentir une brûlure extrême. La Marque devait peu à peu évoluer pour se transformer en Marque des Ténèbres, prouvant la fidélité de l'élève à son seul et unique maître. La hiérarchie de l'école était très simple. L'on passait de débutant à entraîné, jusqu'à devenir expert. Plus un élève gagnait en expérience magique, plus il montait dans la hiérarchie. Mais leur niveau n'était pas uniquement jugé sur les aptitudes magiques, mais également sur l'intégration en société, sur la loyauté, sur les facultés de délation, l'absence de pitié, etc… En bref, plus un élève se montrait odieux, plus il avait de privilèges. Et mieux valait pour lui qu'il ne se montre pas réticent aux enseignements de Lord Voldemort, car la rébellion était rédhibitoire. Mais la mission de Harry, Ron, Hermione et Malefoy ne consistait pas à étudier le comportement des élèves, mais celui des professeurs. Ils devaient se débrouiller pour comprendre leur fonctionnement, savoir quelles sécurités avaient été mises en place.
Harry, Ron, Hermione et Malefoy s'avancèrent vers une des haies qui bordaient le château. Ils avaient l'intention de s'y cacher afin de mettre au point les derniers préparatifs. A l'abri du vent, Hermione prit la parole :
- Écoutez, je sais que l'on avait prévu de rester ici, Ron et moi, mais je pense que je devrais prendre la place de Harry.
- Quoi ? s'exclama Harry. Hermione, on ne peut pas se permettre de changer nos plans à la dernière minute. Et de toute façon, pourquoi tiens-tu à prendre ma place ?
- Parce que si tu te fais prendre, les conséquences seraient bien plus catastrophiques que si c'était moi.
- Hermione, je refuse que tu prennes un tel risque, s'insurgea Ron.
- Ce n'est pas à toi de me dire ce que je dois faire, rétorqua Hermione, sur la défensive. Si Harry se fait prendre, ils l'amèneront tout de suite à Voldemort.
- Premièrement, arrête de prononcer son nom ! Et deuxièmement, tu es une sorcière née de parents moldus Hermione, qu'est-ce que tu crois qu'ils vont te faire s'ils t'attrapent ? Te remettre en liberté après un haussement d'épaules ?
- Si Voldemort cherche tellement à mettre la main sur Harry, c'est pour une raison Ronald. Harry a probablement un très grand rôle à jouer, et s'il se fait attraper, tu n'imagines pas comme les choses pourraient tourner. Si je suis prise, ils me tortureront, ils me tueront peut-être, mais l'avenir de l'humanité ne se jouera pas sur ma capture.
- Je n'arrive pas à en croire mes oreilles. Il est hors de question que je te laisse prendre un tel risque.
- Comme si c'était à toi de décider !
- Ça suffit ! Harry, dis à Hermione qu'elle ne prendra pas ta place !
- Je suis sûr qu'Hermione serait très capable de s'en sortir, répondit Harry.
- Alors tu la laisserais prendre un tel risque ? s'insurgea Ron.
- Elle fait également partie de l'Ordre, ce qui prouve amplement ses aptitudes. Je ne suis pas d'accord non plus pour la laisser prendre ma place, mais je sais aussi à quel point elle peut être têtue. Et très honnêtement, je ne tiens pas à épiloguer pendant des heures à ce sujet alors qu'on nous a confié une mission.
- Très bien ! hurla Ron. Si tu préfères la laisser se jeter dans la gueule du loup, c'est moi qui accompagnerai Malefoy, et vous deux qui resterez en arrière.
- Ne sois pas ridicule… commença Harry.
- Ridicule ? Je ne suis pas ridicule, je protège ma petite amie, c'est normal, non ? Tu devrais protéger ta meilleure amie aussi, je ne te comprends pas ! Tu préfères sauver ta peau, c'est ça ?
- Je t'interdis de dire ça, s'indigna Harry. Hermione est comme ma sœur, je ne supporterais pas qu'il lui arrive quoi que ce soit. Mais c'est une adulte, elle a le droit et le devoir de faire ses choix. Tu ne peux pas lui mettre une muselière et la garder bien en sécurité toute sa vie. Les membres de l'Ordre ont tous juré de se battre jusqu'au bout, et Hermione y compris.
- Je n'ai jamais dis que je voulais l'empêcher de partir en mission, mais je ne veux pas lui faire courir de risque inutile !
- Nous courrons tous les mêmes risques ici. Et aucun risque n'est inutile. Si tu n'as pas encore compris ça, alors tu n'as rien compris !
- Ça suffit, lança Malefoy. Les élèves commencent à se réveiller, il est temps d'y aller. Si vous n'êtes pas capable de vous décider, c'est moi qui le ferai pour vous.
- Et tu crois qu'on va te laisser… commença Ron.
- Vas-y, répondit Hermione. Avec qui veux-tu y aller ?
- Weasley m'accompagnera. Je ne veux pas qu'il reste avec Granger pour monter la garde, il risque de ne pas diriger son attention là où il le faudrait. Et c'est également celui qui aura le moins de problème s'il se fait prendre. De toute façon, vous êtes tous aussi insupportables les uns que les autres.
- Très fin, Malefoy, rétorqua Harry à mi-voix.
- Pour une fois, tu as pris une décision à peu près sensée, répondit Ron à Malefoy.
- Assez de parlottes, allons-y. Granger, il est temps de vous désillusionner Potter et toi.
Hermione ne se le fit pas répéter, et lança le charme à la perfection sur Harry et elle-même. Harry fit alors glisser la cape pour la donner à Ron et Malefoy, et tous deux furent découverts l'espace d'un instant. Assez longtemps pourtant pour permettre à Lucius Malefoy d'apercevoir son fils. Surgissant de nulle part, il lança un sortilège d'entrave sur Drago, qui se figea sur place.
- Mon traître de fils, murmura-t-il. Tu n'es décidément pas digne d'un Malefoy. Incapable de faire les bons choix. Incapable même de se rappeler que la marque dont tu devrais être si fier et qui orne ton bras me sert à te localiser. Mais je dois dire que tu t'es bien caché ces dernières semaines. Pas une seule fois je n'ai réussi à te retrouver. Tu es resté caché dans une maison protégée par le sortilège de Fidélité je suppose ? Sûrement sur ordre de ce cher Dumbledore. Quel déshonneur pour ta famille.
- Lorsque tout sera à nouveau en ordre, je serai le seul membre de cette famille à être honorable, répondit Drago d'une faible voix.
- Cela m'amuserait de voir que quelques personnes vivent encore avec l'illusion qu'ils mettront fin aux jours du Seigneur des Ténèbres, si mon propre fils ne faisait pas partie de ces imbéciles. Je dois avouer que tu me fais de la peine Drago. Et j'imagine que tu te rends compte de l'état dans lequel est ta mère.
- Je suis désolé pour elle. C'est la seule personne pour qui j'ai réellement compté, j'aurais aimé ne pas la décevoir.
- Tu comptais pour moi ! Mais tu ne me laisses plus de choix à présent.
- C'est la que tu te trompes, père. Nous avons toujours le choix. Le plus difficile est de l'assumer.
- Tu appelles ça « assumer tes choix » ? Rester collé aux basques des Weasley ?
Lucius Malefoy lança un regard dédaigneux à Ron, incapable de déceler Harry et Hermione, protégés par le charme de Désillusion.
- Il y en a tellement qu'on ne sait même pas les reconnaître, ajouta Mr Malefoy. Je suppose que tu dois dormir dans leur grenier, avec les rats et les cafards ? Si au moins tu essayais de ramener la fille Weasley et de l'engrosser, je pourrais te féliciter d'avoir apporté au monde un nouveau sorcier de Sang Pur…
Ron, dont le teint était devenu écarlate, pointa sa baguette vers Lucius Malefoy et lui lança un sortilège de jambes en coton. Mais Mr Malefoy fit preuve de rapidité, et s'entoura d'un Protego, faisant rebondir le sort de Ron sur lui-même. Le rouquin s'écroula à terre, et Harry et Hermione pointèrent leur baguette d'un geste brusque vers Lucius Malefoy. Celui-ci plissa les yeux vers eux, regardant attentivement. Le sortilège de Désillusion permettait de passer inaperçu, à condition d'être à bonne distance et de ne pas faire de gestes précipités. Mais Mr Malefoy ne sembla pas se formaliser, et dit à Ron :
- Je ne compte pas faire de mal aux sorciers dont le sang est pur. Mais il faudrait voir à surveiller votre comportement Weasley, je ne suis pas très clément avec les traîtres à leur sang. Si je vous amenais au Seigneur des Ténèbres, il vous offrirait sûrement en repas à Nagini. Il déteste encore plus les traîtres à leur sang que les sang de bourbe. Mais comme je l'ai dit, je ne suis pas un monstre. Je vais transplaner, et je préviendrai immédiatement les autorités de cette école que des intrus rôdent dans les alentours. A vous de décider si vous voulez sauver votre pauvre vie futile, ou vous prendre pour un héros. Quant à toi, ajouta-t-il en se tournant vers son fils, blafard, je vais te ramener au manoir. Mais je ne donne pas cher de ta peau si tu ne fais pas d'efforts réels pour t'intégrer.
Lucius Malefoy attrapa son fils par la peau du cou, et transplana. Ron se tourna et regarda dans le vide, persuadé de fixer Harry et Hermione.
- Qu'est-ce qu'on fait ? demanda-t-il.
- Tu l'as entendu, répondit Hermione. Ils vont venir nous chercher dans très peu de temps, nous devons repartir.
- Mais nous n'aurons ramené aucune information à l'Ordre, dit Harry.
- Ce n'est pas le moment de penser à ça. L'Ordre préfère nous avoir vivants et sans information, que morts et incapable de les divulguer. Ron, fais-nous transplaner, ajouta Hermione en agrippant son bras.
Harry se joignit à eux, et tous trois se retrouvèrent immédiatement devant le 12 square Grimmaurd.
°°°
- Combien de temps avant que le jeune Malefoy révèle ce qu'il sait aux Mangemorts ? s'exclama Maugrey Fol Œil, alors que la nouvelle de son enlèvement venait d'être annoncée. Je savais qu'il ne fallait pas lui faire confiance.- Vous ne comprenez pas, répondit Hermione d'une petite voix. Drago n'a pas choisi de retourner avec son père. C'est Lucius qui l'a contraint à l'accompagner.
- Ou peut-être que c'est-ce qu'il voulait vous faire croire, répliqua Maugrey. Vous êtes tous si naïfs.
- Ça suffit, dit Dumbledore d'une voix ferme. Drago Malefoy nous a très clairement prouvé qu'il souhaitait agir de notre côté. Je refuse de revenir sur la question de sa loyauté. Nous devons agir le plus rapidement possible pour le ramener parmi nous avant que les Mangemorts ne le contraignent à révéler des informations sur les agissements de l'Ordre.
- Je croyais que vous vous étiez assuré de ne rien révéler au jeune Malefoy avant plusieurs mois, Albus, répliqua Minerva McGonagall.
- J'ai fait ce que je pouvais pour le tenir à l'écart des informations les plus cruciales, mais le jeune Malefoy vivait néanmoins au sein de l'Ordre. Il est évident que malgré mes précautions, il aura entendu des éléments compromettants.
Les occupants du 12 square Grimmaurd restèrent silencieux pendant plusieurs minutes. Les explications de Harry, Ron et Hermione sur ce qu'il venait de se passer avaient été prises très au sérieux. La capture de Malefoy pouvait avoir des conséquences terribles. Comme Lily l'avait fait remarquer, Narcissa et Lucius pourraient autant protégé leur fils à tel point qu'ils le cacheraient dans leur manoir, que de le mettre à la lumière du jour et le forcer à révéler ce qu'il était en capacité de savoir. Des parents restaient des parents, Mangemorts ou non, et en toute logique, leur but principal était de protéger leur fils. Drago avait désobéi à Voldemort, et cela pouvait lui coûter très cher. Harry ne pouvait s'enlever de la tête ce que Voldemort avait ordonné à Malefoy, simplement pour punir son père de son inaptitude à récupérer la Prophétie. Mr et Mrs Malefoy pouvaient donc décider de garder leur précieux fils bien à l'abri, sans révéler qu'ils avaient remis la main sur lui, pour le protéger des tortures et interrogations auxquelles il serait forcément confronté. Mais d'un autre côté, Malefoy détenait des informations non seulement sur les membres de l'Ordre du Phénix, mais sur Harry Potter lui-même. Le garçon le plus recherché par Lord Voldemort. Si la famille Malefoy devenait celle qui livrerait Harry Potter à leur maître, ils auraient sûrement droit à tout ce dont-ils auraient jamais pu rêver. Ils deviendraient les Mangemorts les mieux placés, les plus estimés, et la trahison de Drago serait largement effacée par ses aveux. Il était difficile de savoir ce qu'il se tramait en ce moment même dans le manoir Malefoy. Mais une chose était sûre, Harry ne pouvait pas se contenter de rester les bras croisés. A la table de la cuisine du QG de l'Ordre, le professeur McGonagall, Dumbledore, Mr et Mrs Weasley, Lily, James, Sirius, Maugrey, Tonks et Kingsley Shackelbot s'efforçaient d'assimiler les conséquences que pouvait causer la capture de Drago Malefoy, et cherchaient les meilleurs moyens de le ramener parmi eux. Ron et Hermione restaient silencieux, penauds et mal à l'aise. Harry ne savait pas plus quoi dire. Il aurait aimé trouver une solution, mais il n'en en avait pas. Comment pénétrer un manoir probablement surveillé, sans se faire repérer ? Comment trouver Malefoy alors qu'il était sûrement gardé par des Mangemorts, et que ces derniers ne le lâcheraient assurément pas des yeux ? Il semblait à Harry que Malefoy était aussi intouchable pour les membres de l'Ordre que lui-même l'était pour Voldemort. Malefoy était à présent LE garçon qui savait où se trouvait Harry Potter. Et s'il n'était pas considéré de la sorte, alors il était LE garçon à protéger à tout prix de la colère de Voldemort. Dans les deux cas, il paraissait intouchable.
Toute la journée se déroula dans la même ambiance. Les membres de l'Ordre s'en allaient et revenaient, mais aucune nouvelle n'arrivait. Aucune solution tangible. Rien qui ne permette de caresser l'espoir de retrouver la trace de Malefoy. Hermione s'en voulait, et ne cessait de répéter que si elle n'avait pas proposé un changement de plan de dernière minute, rien de tout cela ne serait arrivé. Ce à quoi Harry, Ron, Ginny et Jessie s'accordaient à lui répondre qu'elle avait tort, et que Lucius Malefoy se cachait probablement depuis longtemps avant qu'il ne repère son fils sorti de la cape d'invisibilité et ne s'en saisisse. Explication qui redonnait un peu d'espoir à Harry. Si Lucius avait attendu de voir son fils pour l'attraper, sûrement avait-il entendu leur discussion sous la cape. Dans ce cas, pourquoi n'avait-il pas demandé à voir qui était avec lui ? Était-ce possible qu'il ait cru que Ron était le seul à accompagner son fils ? Ou peut-être était-ce parce qu'il ne connaissait pas la voix de Harry ? Mais était-il possible qu'il n'ait pas repéré plus de deux voix venant jusqu'à lui ? Car si Lucius Malefoy avait entendu les quatre voix distinctement, s'il n'avait pas ordonné aux deux invisibles de se révéler, cela ne prouvait-il pas que tout ce qui lui importait était de retrouver son fils ? Dans ce cas, Drago ne serait probablement pas torturé, ce qui était une consolation. Une faible consolation, mais une consolation tout de même. Même si Harry n'avait jamais tenu le Serpentard dans son cœur, il ne pouvait s'empêcher de ressentir un pincement au cœur à l'idée de le savoir se faisant torturer.
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La nuit fut longue pour Harry, qui ne cessait de se retourner dans son lit, en pensant à Malefoy et à son incapacité à trouver une solution. Ce sentiment de culpabilité qui l'avait accompagné depuis la nuit de la mort de Dumbledore s'était encore amplifié. Dans le lit voisin du sien, Ron ne semblait pas éprouver la même chose. Ses ronflements bruyants prouvaient bien que la culpabilité ne le rongeait pas, et Harry ne pouvait s'empêcher de l'envier. Les familles Weasley et Potter avaient décidé de passer la nuit au square Grimmaurd. Tous avaient passé la soirée dans de grandes discussions, et même les enfants avaient paru bien plus sérieux qu'à l'accoutumée. Mackenzie et Sidney ne s'étaient pas chamaillées de la soirée, et lorsque Fleur et Bill étaient arrivés avec Gabrielle en fin de soirée pour prendre des nouvelles, la fillette n'avait pas insisté pour participer aux réunions, contrairement à son habitude. Et à présent, tous étaient endormis. N'y tenant plus, Harry se leva du lit dans lequel il ne cessait de changer de positions depuis trois heures. Il enfila sa robe de chambre, et descendit doucement jusque dans la cuisine. Il se prépara un chocolat chaud, et partit s'asseoir dans un fauteuil confortable. Il sentait ses paupières gonflées par la fatigue, mais même s'il ne parvenait pas à retenir ses bâillements il savait parfaitement qu'il ne trouverait pas le sommeil tant qu'il ne clarifierait pas un minimum ses pensées. Il se promit de demander une Pensine pour Noël. Avec un peu de chance, cela l'aiderait dans des situations comme celles-ci. Il plongea les yeux dans sa tasse de chocolat fumante, et ses pensées se mirent à dériver. Il se demanda pourquoi les américains mettaient des marshmallows dans leurs chocolats. Était-ce pour donner un meilleur goût ? Harry trouvait cela bon sans. Un marshmallow apporterait probablement trop de sucre au mélange, et l'amertume était bien meilleure. Mais finalement, peut-être que seuls les enfants américains mettaient des marshmallows dans leurs chocolats chauds, et les enfants aiment plus le sucre que les adultes. Mais cela dépendait. Les adultes aussi aimaient le sucre, mais pas cuisiné de la même façon. Par exemple, un adulte préférait une pâtisserie raffinée à un bonbon gélifié, alors qu'un enfant ferait le choix inverse. Harry releva la tête de sa tasse, et sa bouche s'entrouvrit comme dans un dessin animé. Il avait enfin trouvé comment aider Malefoy.Comment les marshmallows avaient pu l'amener à cela, il n'en avait aucune idée. Mais le fait était que Harry avait enfin un espoir de pouvoir aider concrètement l'Ordre du Phénix. Si seuls Sirius et lui-même étaient au courant de son apprentissage d'Animagus, et si le manoir Malefoy était suffisamment à l'écart de la civilisation, qui verrait le mal dans un cerf curieux, inoffensif et qui n'est pas apeuré par la présence humaine ? Bien sûr, cela voulait dire qu'il ferait les choses seul. Mais c'était lui qui avait créé la situation, il était donc normal qu'il se débrouille pour réparer les choses par lui-même. Il fallait simplement qu'il approfondisse son apprentissage, et qu'il se perfectionne assez rapidement pour être réellement utile. Harry retourna se coucher le cœur un peu plus léger. Il aurait aimé que Ron et Hermione fassent partie du voyage, mais il ne voyait pas comment ils pourraient se montrer utiles s'ils n'avaient pas la faculté de se transformer en Animagus.
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Pendant une semaine entière, Harry, Ron et Hermione prirent de leçons intensives auprès de Sirius. Harry avait réussi à convaincre son parrain d'initier Ron et Hermione en même temps que lui à l'art de devenir un Animagus. La présence d'Hermione les faisait indéniablement travailler plus vite et plus efficacement. Lorsque l'un des trois hommes demandait à prendre une pause, Hermione leur rappelait la taille de l'enjeu, et tous se remettaient au travail. Mr et Mrs Weasley ne tarissaient pas de questions, souhaitant à tout prix découvrir pourquoi les trois jeunes adultes passaient autant de temps auprès de Sirius. Les parents de Harry étaient bien moins inquisiteurs. Ils semblaient vouer une confiance aveugle en Sirius, ce qui avait pour don de mettre Harry mal à l'aise. Il savait que tous leur désobéissaient ostensiblement, mais que pouvait-il faire contre cela ? Comme l'avait dit Sirius, il était en âge de prendre ses décisions. Sa présence dans l'Ordre ne suffisait-elle pas à le prouver ?Les heures passées avec Sirius avaient plusieurs avantages; il aimait passer du temps avec son parrain, qui se révélait être un assez bon professeur, quoique la patience ne fut pas l'une de ses plus grandes qualités, il passait beaucoup de temps avec Ron et Hermione sans pour autant se sentir de trop, car Ron se concentrait sur son travail plus que sur les mains ou les lèvres d'Hermione, et enfin, il pouvait être à l'écart de Ginny sans s'en sentir coupable. Depuis le mariage de Fleur et Bill, tous deux n'avaient cessé de s'envoyer des regards gênés, et Harry ne savait jamais quel ton employer lorsqu'il lui adressait la parole. Même pour prononcer les phrases les plus banales, il ne savait comment s'y prendre pour rester tout à fait neutre. Si quelques semaines auparavant, il aurait donné n'importe quoi pour passer son temps dans la même pièce que Ginny, être séparé d'elle était devenu une solution de facilité à laquelle il disait oui plus souvent que de raison. Ce n'était pas que ses sentiments pour elle avaient disparu, ni même qu'ils s'étaient affaiblis, mais la savoir en colère contre lui, ou pire, savoir qu'il lui causait tant de peine lui était insupportable. Il n'aimait tout simplement plus croiser le regard de Ginny, parce que quand tel était le cas, il n'aimait pas ce qu'il pouvait y lire. Il la sentait perdue. Il sentait autant de supplication que de recul. Il comprenait les raisons qui l'avaient poussé à la rejeter, mais il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir. Quel idiot de renoncer à l'un des seuls bonheurs auxquels il avait droit. Heureusement, ses cours, associés aux leçons de Sirius, lui prenaient trop de temps pour lui laisser de quoi trop réfléchir à la complexité de sa relation avec Ginny. Et plus Harry avançait, plus il touchait au but, qui ferait de lui un Animagus. Il parvenait déjà à se faire pousser des bois sur la tête, ce qui selon Sirius, était le plus difficile. « Une fois que la transformation à commencé, vous avez fait le plus difficile. Le reste n'est qu'une formalité », ne cessait-il de répéter. Hermione parvenait à faire apparaître une queue et des moustaches de loutre, et Ron était lui aussi en bonne voie. Harry, qui trouvait un cerf magnifique mais très voyant, avait bien demandé à Sirius si le sorcier pouvait choisir son Animagus. Mais Sirius avait été on ne peut plus clair. Tout comme le Patronus, sa forme témoigne de l'esprit du sorcier qui en est le possesseur. Impossible donc de choisir la forme de l'Animagus. Pour autant, il était possible d'influencer certains changements. « Un sorcier dont l'Animagus serait un chat pourrait, en travaillant intensément, le faire évoluer en Lynx », avait dit Sirius, « mais un éléphant ne fera jamais une fourmi ». Hermione était, quant à elle, satisfaite de se transformer en loutre, et même si Ron grognait à l'idée de se changer en écureuil, il n'en admirait pas moins la beauté de sa queue lorsqu'il arrivait à la faire apparaître.
Trois semaines après l'enlèvement de Malefoy, Harry, Ron et Hermione étaient près à agir. L'Ordre avait déjà mis quelques missions sur pieds, mais aucune n'avait été fructueuse. L'on avait juste appris que le manoir des Malefoy était maintenant habité de Bellatrix Lestrange, qui avait sûrement préféré la vie avec se sœur que la vie solitaire, et d'Evan Rosier, qui servait apparemment de serviteur aux Malefoy. Le fait que la famille ait un serviteur autre qu'un elfe signifiait-il que Drago avait parlé ? Il était difficile de tirer beaucoup de conclusions de ce qui avait été vu. Ni Tonks ni Fleur, qui avaient été chargées de l'observation du manoir Malefoy, n'avaient réussi à voir si Drago habitait lui aussi le manoir. Il pouvait tout aussi bien être caché dans l'une des très nombreuses pièces, que prisonnier dans un endroit quelconque qui servait de prison à Voldemort, que mort. Tout était possible, et Harry aurait peut-être préféré que les deux jeunes femmes l'aient vu se faire torturer dans le manoir familial que pas du tout. Cela aurait au moins permis de savoir avec exactitude où le Serpentard se trouvait.
Le 31 octobre, les trois jeunes adultes savaient que le jour était venu. Harry, Ron et Hermione parvenaient tous les trois à contrôler leur Animagus, et Sirius était tellement fier d'eux que le père de Harry lui avait à plusieurs reprises demandé ce qui le mettait de si bonne humeur. Harry n'avait pas manqué de remarquer qu'il s'agissait du jour où les moldus fêtaient Halloween, car Sidney n'avait cessé de se plaindre qu'elle voulait également descendre dans la rue quémander des bonbons. Rose, sa mère, lui avait répondu maintes et maintes fois qu'elle ne pouvait pas y aller seule, et que Mackenzie ne l'accompagnerait pas, car il était trop dangereux pour la petite sœur de Harry Potter de se promener sans défense dans les rues londoniennes. Faire du porte à porte n'intéressait de toute façon pas Mackenzie, qui riait aux larmes des transformations de Tonks. Elle faisait tour à tour pousser son nez de façon grotesque, ou changer sa dentition pour qu'elle apparaisse gâtée et pourrissante, ou encore, emmêler ses cheveux pour leur faire faire le tour de sa tête. Harry, Ron et Hermione avait profité de l'ambiance de la journée pour finir de récapituler leurs plans. Ginny n'avait pas manqué de remarquer que tous les trois préparaient quelque chose. Jessie et elle avaient passé la journée à discuter en silence et à lancer des regards suspicieux vers Harry, Ron et Hermione. Plusieurs fois, Ginny avait très clairement demandé à son frère des explications, ce à quoi il lui avait à chaque fois répondu sèchement que cela ne la regardait pas. Jessie y était allée plus en douceur, discutant avec Harry de choses et d'autres pour ensuite aborder le sujet discrètement mais sûrement. Harry n'avait cependant pas flanché, et avait détourné le sujet.
Néanmoins, la nuit finit par tomber assez tôt, amenant avec elle un vent glacial. Les températures hivernales n'avaient jamais été aussi glaciales, des précédents hivers dont Harry pouvait se souvenir. Il ne sortait pas souvent de la maison de ses parents, ni du quartier général de l'Ordre, mais à chaque fois, le vent lui avait giflé le visage violemment, transformant chaque parcelle de son visage en un amas de peau insensible, presque impossible à mouvoir et rouge. La nuit d'Halloween ne différenciait en rien de l'habitude. Les quelques enfants qui avaient été assez courageux pour affronter le froid polaire étaient enveloppés de plusieurs écharpes et portaient des manteaux pour la plupart trop grands et volumineux pour leurs petits corps. Ron referma la porte sur eux, prit la main d'Hermione et le bras de Harry, et s'apprêta à transplaner, quand la porte s'ouvrit à nouveaux à la volée. Harry se retourna, son cœur battant à cent à l'heure, et si fort qu'il pouvait le sentir pulser dans sa gorge.
- Je le savais, dit Jessie en les voyant tous trois stupéfiés. Ginny ! Ginny, viens voir !
- Tais-toi Jessie, tout le monde va t'entendre, murmura Hermione, l'air pétrifié.
- Ne t'inquiète pas, répondit Jessie l'air malicieux. Tout le monde est dans le salon, occupé à fêter Halloween. C'est d'ailleurs pour ça que vous avez décidé de sortir ce soir, pour éviter que tout le monde soit au courant, n'est-ce pas ? Mais Ginny n'est pas loin. Ce n'est pas parce que nous ne faisons pas officiellement partie de l'Ordre que nous sommes stupides.
- Bien dit, ajouta Ginny qui arriva sur les dernières paroles de Jessie.
- Écoutez toutes les deux, dit Ron dont les oreilles étaient presque violettes. Je vous conseille de rentrer tout de suite, avant de vous attirer des ennuis.
- Je te signale que c'est toi qui risques d'avoir des ennuis, Ron, pas nous, répondit Ginny.
- Contrairement à toi, je suis majeur. Je peux donc choisir de faire ce que je veux, tandis que toi, tu dois obéir à maman et papa.
- Alors dis-moi pourquoi tu sors en cachette ?
- Je ne sors pas en cachette, c'est une mission secrète, c'est différent.
- C'est une mission dont les autres membres ont entendu parlé ?
- Ça ne te regarde pas, tu n'en fais pas partie.
- Ça suffit Ron, s'exclama Jessie. Est-ce que tu nous prends pour deux imbéciles ? Ce n'est pas parce que nous avons un an de moins que vous que cela signifie que nous sommes sourdes, aveugles et ignorantes. Cela fait plusieurs semaines que vous vous enfermez tous les trois avec mon père après les cours, et que vous ne ressortez pas avant des heures. Et papa avait l'air plutôt satisfait l'autre jour, et je sais que c'était pour quelque chose qui avait un rapport avec ce que vous faites tous les quatre. Je ne suis pas stupide, je suis sa fille, et je le connais mieux que vous tous réunis.
A ces mots, Harry ressentit une drôle de sensation. Mais peu lui importait cette étrange jalousie qu'il ressentait, il fallait que Ron, Hermione et lui partent maintenant.
- Personne n'a dit que vous étiez stupides, et vous avez raison, ce que nous nous apprêtons à faire n'a pas été organisé par l'Ordre, mais c'est en relation, expliqua Harry. Et même si ça ne l'était pas, cela ne vous regarderait pas plus.
- Très bien, dit Ginny d'un ton brusque, les larmes aux yeux. Va jouer au héros, puisque c'est ce que tu veux. Ne me tiens pas au courant, puisque je suis aussi peu importante à tes yeux.
Ginny ouvrit la porte à la volée, et la claqua derrière elle. Harry crut entendre un sanglot étouffé, et se sentit si coupable et si triste qu'il aurait couru derrière elle pour la prendre dans ses bras si ce qu'il avait à faire n'était pas de la plus haute importance. Il n'en fut pourtant pas moins difficile de ravaler ses sentiments, et de se concentrer sur le manoir Malefoy. Jessie lança un regard dégoûté à Harry, puis lança :
- Vous êtes vraiment nuls tous les trois. Je croyais que nous étions tous amis, appartenance à l'Ordre ou pas. Fred et George n'ont pas pris la grosse tête quand ils ont signé, vous devriez peut-être prendre un peu plus exemple sur eux.
Et à son tour, elle claqua la porte derrière elle. Harry se sentait encore plus coupable, et à en voir l'expression de ses deux amis, il savait qu'il n'était pas le seul. Il repensa au nombre de fois où Ron, Hermione, Fred, George et lui avaient utilisé les Oreilles à Rallonges des jumeaux pour écouter les propos des membres de l'Ordre. Jamais ils ne s'étaient cachés quoi que ce soit, et Harry savait qu'il aurait pris pour ses quatre amis pour des traîtres si l'un d'entre eux lui avait caché quoi que ce soit. Le jeune homme secoua la tête, et s'efforça de ne plus penser à quoi que ce soit, si ce n'était à sa mission. Ron reprit ses amis par la main, et tous trois transplanèrent enfin, le cœur lourd.
Merci d'avoir lu le dixième chapitre ! Merci encore plus de me laisser une review ! Même si je n'ai pas été très gentille, ayez pitié, c'est Noël !
Bonnes fêtes à tous, quoi qu'il en soit !
Chasca
