Chapitre 10, cours et passion
Presqu'un mois était passé depuis le réveil de Dirk. Il reprenait des forces et avait créé des liens forts avec Ceylan. En effet, à partir du moment où il put sortir sans sentir ses blessures le tirailler, Ceylan l'avait suivi, lui avait montré les meilleurs coins pour la chasse et la cueillette, il lui avait montré sa dextérité et sa puissance à chasser le gibier. Dirk adorait ce félin, il le trouvait magnifique et tellement doux, bien loin des félins sauvages d'Amérique du Sud. Il comprenait maintenant pourquoi Delphine avait tellement peur de rejoindre les survivants, lui-même craignait de plus en plus de perdre le magnifique animal. Heureusement, il avait trouvé le truc. Il avait déchiré sa chemise pour confectionner un bandana et l'avait noué autour du cou de son fauve.
Depuis trois jours, Delphine avait décidé que Dirk était suffisamment en forme pour apprendre à chasser correctement. Elle lui montra comment marcher silencieusement, comment trouver les signes du passage des proies, comment grimper rapidement dans les arbres, attendre des heures l'arrivée des animaux. Dirk apprit avec surprise que le premier animal était toujours un éclaireur et que s'il se jetait sur lui, il n'avait que peu de chance de l'attraper et qu'en plus tous les autres s'enfuiraient. Il devait donc attendre que le reste de la troupe passe puis, se jeter couteau en avant sur le dernier. Il apprit aussi à reconnaître les plantes comestibles afin d'avoir des repas assez équilibrés. Dirk sut que Delphine lui apprenait tout ce dont il aurait besoin pour nourrir les autres survivants. Mais il ne voulait pas la laisser, il ne voulait pas partir. Comment faire ?
Ne sachant pas quoi faire, il faisait des grandes balades avec Ceylan qui le regardait avec tristesse et énormément d'intelligence. Sans s'en rendre compte, les deux voyageurs se retrouvèrent dans une partie de l'île du nord qu'ils ne connaissaient pas, les parois abruptes du volcan. Ils firent le tour et se retrouvèrent complètement perdus quand la nuit tomba d'un coup. Dans la grotte, Delphine et Hope s'inquiétaient. Elles se regardèrent, puis décidèrent de rechercher les deux disparus. Hope était devant suivant l'odeur de son mâle et Delphine la suivait en sautant d'arbres en arbres rapide et souple. En moins de deux heures, elles arrivèrent au pied du volcan. Delphine n'aimait pas aller là-bas, car elle craignait sa fureur destructrice. Elle suivait Hope qui pénétra résolument dans une grotte que Delphine n'avait jamais vue auparavant.
Un peu étonné, elle regardait autour d'elle, puis décida de suivre sa meilleure amie. Elle pénétra donc dans la grotte et fut stupéfaite quand elle vit que l'intérieur était tapissé par l'étrange roche noire qu'elle avait trouvée. Alors qu'elle était noire au soleil, en pleine nuit, elle était d'une délicate couleur bleue. Elle s'approcha du mur, mais ne regardant pas où elle allait, elle trébucha et sa dague tomba en heurtant le mur. Delphine ouvrit de gros yeux quand elle vit que des arcs électriques se créaient entre le mur et le métal. Elle n'avait jamais vu ça, mais elle savait ce qu'elle allait pouvoir faire avec. Les panneaux solaires qu'elle avait, étaient petits et ne permettraient jamais de faire fonctionner le navire qu'elle avait l'intention de concevoir. Elle allait devoir faire des tests sur cette étrange roche. Mais pour le moment, elle devait retrouver Dirk et Ceylan. Elle donna un coup de pied à une pierre qui éloigna la dague du mur et rompit l'arc électrique. Maintenant sûr de ne pas être électrocutée, elle reprit sa dague puis se remit en marche. Elle avança silencieusement et entendit un drôle de bruit, comme un sifflement. Elle s'approcha de plus en plus, puis découvrit une autre grotte. Il faisait chaud et de l'eau chaude tombait d'une cascade, une source thermale. D'après les gémissements de bien-être de Dirk, il avait découvert le bonheur d'être plongé jusqu'au cou dans cette eau. Elle pouffa de rire quand elle remarqua que Ceylan et Hope étaient plongés dans l'eau chaude. Elle fit violemment sursauter Dirk en s'exclamant :
-Alors elle est bonne ?
Dirk la regarda calmement, mais avec une étrange lueur au fond de son regard vert, et lui dit :
-L'eau est très chaude et c'est très reposant. Mais tu devais connaître cette grotte, non ?
-En fait, absolument pas. Je n'aime guère m'approcher du volcan, j'ai peur qu'il explose alors que je suis tout à côté de lui.
-Oh ! Je comprends. Mais tu sais, tu pourrais venir, ça te ferai du bien, lui dit Dirk avec un sourire.
La jeune femme le regarda avec méfiance, puis après quelques secondes de délibération entre sa vertu et sa libido qui gagna largement la partie d'ailleurs, Delphine se décida et commença à retirer ses vêtements. Elle s'était mis dos à Dirk qui zyeutait méchamment sur le corps de plus en plus nu de la jeune femme. Quand elle fut dans le plus simple appareil, elle se retourna et devint d'une délicate couleur écrevisse quand elle vit qu'il ne la lâchait pas un instant des yeux. Ne sachant que faire, elle entra dans le bassin et poussa un sifflement sous la chaleur de l'eau. Soudain le film le pic de Dante lui revint en tête et elle s'arrêta, de l'eau jusqu'à la taille. Dirk fronça des sourcils et lui demanda :
-Delphine, que se passe-t-i l ?
-On dirait une scène du Pic du Dante, quand le couple d'amoureux entre dans la soupe du diable et là la lave en fusion jaillit du sol et les cuit au court-bouillon, lui répondit la jeune femme.
-Mouis, peut-être, mais le volcan n'est pas encore réveillé. Et puis…
Il se leva et montra son corps encore amaigri mais puissant et très séduisant. L'eau lui arrivait un peu en-dessous de la taille, mais cachait l'essentiel. Il s'approcha d'elle comme un fauve en chasse et aucun des deux ne virent des yeux brillants et glacés les regarder dans l'obscurité. Les deux étaient forts et l'enfant qui naîtra de cette union sera fort aussi. Il avait bien fait de ne pas tuer l'homme avant, il y avait juste à espérer que l'homme soit fertile. Il n'avait rien à crainte de sa descendante, ceux de sa lignée étaient parfaits et elle l'était aussi. Il repartit dans la nuit souriant du destin qui allait leur offrir un nouveau guerrier Otomi. Il ne fit même pas attention aux deux fauves qui étaient sortis de l'eau et le scrutaient avec haine, les deux animaux haïssaient cet homme qui avait l'air de menacer leurs humains. Quand il fut loin, les deux animaux observèrent avec curiosité la parade nuptiale des humains. C'était des animaux bizarres quand même sans poils, sur deux jambes et pourquoi se léchaient-ils le museau ? C'était vraiment intriguant pour Ceylan et Hope.
Loin de ce questionnement inter-espèce, Delphine regardait Dirk qui s'approchait doucement d'elle comme un homme tentant de s'approcher d'un animal sauvage. Elle fut tentée de reculer, mais son corps refusa d'obéir. En fait, dès que Dirk l'effleura, elle crut qu'elle s'enflammait et que la vapeur qui s'échappait de l'eau venait du fait de sa combustion spontanée. Dirk s'approcha un peu plus baissa doucement la tête et cueillit délicatement les lèvres tremblantes de la jeune femme. Comme si on appuyait sur un interrupteur, le corps de Delphine daigna enfin bouger et elle enlaça la nuque de Dirk tout en collant son corps contre celui chaud et humide de Dirk. Alors que l'un des mains de Delphine malaxait la chevelure sombre de l'homme, l'autre découvrait son dos. Le jeune homme loin de rester passif explorait le corps nu de la jeune femme, ses seins fermes, son ventre plat malgré les restes de vergetures prouvant qu'elle n'avait pas toujours eu ce corps presque parfait. Dirk se pencha légèrement plus et déséquilibra Delphine qui fit un pas en arrière et tomba dans l'eau chaude en l'entraînant dans sa chute. Les deux amoureux se relevèrent en riant et en s'éclaboussant comme des enfants. Dirk la prit à bras le corps, puis la projeta dans l'eau chaude et quand elle émergea, il la coinça contre le bord du bassin ses hanches entre ses cuisses. Dirk eut un sourire enjôleur alors que Delphine avait une respiration erratique, elle sursauta quand la main du jeune homme monta doucement, avec une lenteur torturante de sa taille à son visage en suivant les courbes de son corps, le creux de ses hanches, ses côtes, ses seins fermes, sa joue, sa nuque. Là, il cessa de sourire et doucement embrassa de nouveau la jeune femme. Un baiser d'abord tendre, puis qui devint possessif et affamé.
Delphine se rapprocha de Dirk et répondit maladroitement au baiser dévastateur du jeune homme. Dirk comprit que malgré son air bravache, la jeune femme était peu ou pas expérimentée dans l'art amoureux, ce serait donc à lui de lui apprendre ce qu'il savait. Tout en douceur, il redessina le visage de Delphine par des gestes tendres et délicats comme si elle était faite de verre. Sa main forte descendit sur son cou, puis caressa la poitrine de la jeune femme. Il la fit sursauter quand il pinça l'un de ses tétons. Delphine stupéfaite s'écarta de Dirk qui remplaça sa main par ses lèvres. Il mordilla et lécha les seins de la jeune femme au point de la faire gémir de plaisir. Elle ne sentait pas que la main de Dirk se trouvait maintenant sur sa cuisse. Dirk voulait la faire crier de plaisir, il voulait la préparer suffisamment pour que leur première fois ensemble soit parfaite. Alors il fit glisser doucement sa main, caressant le creux du genou de Delphine obtenant un léger hoquet qui devint gémissement quand il remonta jusqu'à son aine. Lentement, il caressa le pubis de la jeune femme avant de jouer avec son clitoris. Delphine poussa un gémissement de plaisir qui devint cri quand Dirk lâcha ses lèvres et remplaça sa main par sa bouche. Delphine poussa un léger cri de surprise et devint écarlate sous la gêne. Elle haleta :
-Ce… ce n'est pas… oh mon dieu ! Pas hygiénique !
Dirk fit entrer sa langue dans la moiteur exacerbée de Delphine. La jeune femme sentit comme une onde de chaleur partir de son bas ventre, puis envahir tout son être avant d'exploser dans tout son corps. Dirk se redressa et sachant qu'elle était prête à l'accueillir, il la pénétra doucement tremblant en sentant le corps de sa compagne s'ouvrir sous sa douce poussée. Il ne put s'empêcher de gémir quand il fut totalement en elle. Delphine entoura de ses jambes la taille de Dirk et poussa des petits cris en sentant le sexe de Dirk s'enfoncer en elle, puis ressortir pour l'emplir encore et encore jusqu'au bouquet final où tous les deux poussèrent un hurlement de plaisir tandis que Delphine sentit un liquide bouillant jaillir en elle. Tous les deux retombèrent doucement se sentant comme dans un cocon molletonné.
Quand ils se réveillèrent, leur respiration était encore erratique mais ils se calmaient peu à peu. Dirk la regarda dans les yeux, étonné. Il n'avait jamais ressentit une telle jouissance entre les bras d'une femme. Il eut un petit rire quand il entendit Delphine soupirer :
-Ouahhh ! Je ne pensais pas que c'était comme ça.
Dirk embrassa tendrement la jeune femme avec douceur et au bout de quelques minutes, Delphine sentit au fond d'elle que Dirk était bien frétillant. Ils firent de nouveau l'amour, une fois, deux fois jusqu'à ce qu'épuisés, ils s'endorment l'un dans les bras de l'autre, réchauffés par la source d'eau chaude. Hope et Ceylan protégèrent jalousement le repos des deux amoureux. Quand Dirk se réveilla, il eut un doux sourire en sentant le corps chaud de Delphine tout contre le sien. Il la serra un peu plus contre lui et lui embrassa tendrement la nuque. Il ne la connaissait que depuis un mois et il l'aimait. Il aurait cru que le coup de foudre n'existait pas, mais il y avait eu un précédent entre ses parents. Cela avait été le coup de foudre entre eux et il n'avait fallut qu'une nuit d'amour pour que sa sœur et lui naissent. Une seule fois. Cela arriverait-il entre eux ? Auraient-ils un ou plusieurs enfants ? Mais bon elle n'était pas vierge peut-être n'y aurait-il aucun résultat. Il en était à ces interrogations quand il sentit Delphine bouger, elle allait bientôt se réveiller.
La jeune femme se tortilla un peu puis fit face à Dirk qui avait beaucoup apprécié les mouvements de Delphine, il le lui montra en la faisant de nouveau monter au septième ciel. Delphine s'accrochait aux épaules de Dirk et enfonçait ses ongles dans la peau du jeune homme. Les deux jouirent de nouveau puis enfin, Dirk se sépara de sa compagne et avec un sourire la balança dans l'eau chaude. Delphine poussa un cri, puis se vengea en se jetant sur lui et en tentant de le faire couler. Les rires résonnaient dans la caverne. Après leurs jeux aquatiques, les deux amoureux prirent du sable puis se frottèrent avec. Ils regrettaient le gel douche, mais là, ils n'avaient absolument rien pour cela. Ils lavèrent aussi leurs vêtements. Delphine aurait vraiment voulu rester toute sa vie ici, dans les bras de Dirk, mais elle devait commencer la construction de son bateau maintenant que la cale sèche était terminée. Elle mesurait presque quarante mètres de long pour trente de large et dix de hauteur. Delphine avait travaillé comme une esclave pour réussir à la concevoir et maintenant, elle allait pouvoir commencer la construction. Enfin.
Après un lourd soupir, Delphine se dégagea délicatement des bras de Dirk et murmura :
-Nous ne pouvons rester ici trop longtemps. Il y a tellement de choses à faire et si peu de temps.
Dirk ferma les yeux une seconde, cachant la lueur de douleur qui venait de s'allumer au fond de son regard vert. Il savait qu'il allait bientôt devoir abandonner la jeune femme et ça lui faisait un mal de chien. Soupirant lourdement, il murmura :
-Tu as raison.
Tous les deux quittèrent la chaleur de la grotte et rejoignirent l'autre escortés par les deux fauves. Ils croisaient un léger chemin quand ils entendirent des coups de feu venant de l'autre île. Dirk se tourna violemment vers l'origine de ses bruits et comprit que ses amis étaient en danger. Delphine retint ses larmes, puis murmura :
-Vas-y, rejoint-les. Ils ont besoin de toi.
-Je…
-Dirk ! Ils ont besoin de toi. Si j'ai réussi à survivre six mois seule, je continuerai.
Dirk serra les poings, puis il embrassa violemment Delphine et se mit à courir vers l'autre île. Ceylan lécha doucement la main de Delphine, puis bondit à la suite de son maître. Enfin, de celui qu'il avait choisi comme maître. Delphine regarda son homme partir. Puis quand il fut loin, elle tomba à genoux et se mit à pleurer désespérément. Le voir partir lui faisait tellement mal. Mais elle devait le laisser partir. Il était là pour sauver les autres. Elle s'en sortirait seule et le retrouverait quand elle arriverait à quitter cette île. Elle eut un léger sourire quand elle sentit Hope lui lécher le visage de sa langue râpeuse. Delphine murmura à sa meilleure amie :
-Viens ma jolie. Nous avons beaucoup de choses à faire.
Elle rejoignit sa grotte et observa sa cale sèche. Le mur était composé de pierres et d'argile afin d'empêcher l'eau d'y pénétrer et entre la plage et la cale se trouvait une passerelle ainsi qu'un escalier qui descendait jusqu'au fond. Elle avait installé deux rangées de rochers qui serviraient à tenir l'ossature et avait préparé des poutres pour tenir le bateau droit quand il prendrait forme. Elle regarda tout le bazar qu'elle avait ramené de l'autre île et s'exclama :
-Bien ma jolie. Première chose à faire, concevoir l'ossature du monstre. Je me souviens d'avoir vu une immense poutre sur les lieux du crash. J'espère simplement qu'elle n'est pas trop lourde, sinon, je ne pourrais jamais la porter seule. Bon, je vais y aller. Tu viens avec moi ma jolie ?
La panthère ronronna son accord, puis toutes les deux prirent le train de canots et rejoignirent l'autre île par la mer. Hope observait avec méfiance l'élément liquide, mais elle aimait bien voir les poissons nager cependant, pour rien au monde elle ne se jetterait de nouveau sur un poisson. La dernière fois elle avait failli se noyer et maintenant elle craignait l'eau et surtout, la mer. Les canots avancèrent tranquillement, Delphine soupirait, elle détestait remonter le courant, car après elle se retrouvait avec des courbatures monstrueuses, mais elle n'avait pas le choix. Il lui fallut une heure pour arriver sur les lieux du crash. Il n'y avait personne et elle vit rapidement ce qu'elle voulait, une poutre en aluminium malgré sa taille de près de trente mètres, elle ne pesait que quatre cent kilos. Mais va porter quatre cent kilos quand tu en pèses à peine quarante cinq toute mouillée. Elle s'approcha de la poutre et se décida à l'installer dans le train de canot.
Dirk courait sur le chemin qui le ramènerait sur l'autre île quand il entendit des bruits derrière lui. Il s'arrêta et vit un fauve couleur sable bondir afin de le rejoindre. Quand l'animal fut près de lui, Dirk lui demanda :
-Ceylan que fais-tu ici ?
Le félin ronronna doucement en lui léchant la main.
-Tu veux rester avec moi ?
Ceylan ronronna de plus belle, ravi que son maître l'ait compris. Dirk s'agenouilla devant son fauve et le serra contre lui. Ceylan comprenait ce que ressentait son maître, car il ressentait la même chose en quittant Hope. Dirk sentait les larmes couler le long de ses joues alors qu'il se rendait compte qu'il ne la reverrait peut-être jamais. Il prit une grande respiration, puis dit à Ceylan :
-Allez mon grand. Reste avec moi et allons rejoindre les autres.
Dirk se releva puis se remit à courir avec Ceylan à côté de lui. En bout d'une heure de course, ils arrivèrent devant le l'isthme qui reliait les deux îles. Ceylan cracha un peu, puis suivit quand même son maître. Tous les deux coururent sur la plage et là, ils virent le camp des survivants attaqué par des chiens sauvages. Ceylan poussa un rugissement puissant et bondit sur les canidés, les faisant fuir. Il se tenait là, le poil hérissé feulant méchamment dos au camp. Dirk arriva quelques secondes plus tard et cria aux survivants qui pointaient leurs armes sur le fauve :
-NON ! Ne lui faites pas de mal !
-Dirk ? s'exclama Francis avec son terrible accent français qui prononçait toujours son nom avec le « i » français et non la prononciation américaine.
Le nom du disparu fut reprit par tous les survivants. Dirk s'approcha de Ceylan et le calma en lui caressant tendrement la douce fourrure du fauve. Ceylan ronronna doucement, puis lécha la main de Dirk avant de s'asseoir et d'attendre les ordres de son maître. Tous les survivants regardèrent le fauve et l'un d'entre eux lança :
-Ça doit-être bon le jaguar, non ?
-Tu touches à Ceylan et je te transforme en appât pour requin, siffla Dirk.
-On a faim, s'exclama une survivante.
Dirk comprit alors pourquoi Delphine les appelait des boulets. Ils étaient incapables de survivre seuls, si personne ne leur disait quoi faire, ils se laissaient mourir de faim. Dirk reprit son rôle de chef et s'exclama :
-Bon, maintenant, je vais vous apprendre à chasser. Ensuite quand un groupe ira chasser, un autre ramènera de l'eau, un autre des fruits et un troisième commencera la construction d'un radeau.
-Pourquoi ? demanda un autre survivant.
-Parce que cette île est volcanique, que le volcan n'est pas éteint et qu'il peut entrer en éruption à n'importe quel moment, expliqua Dirk.
Tous le regardèrent avec horreur, puis les premiers cris de terreur s'élevèrent avec la panique. Ceylan poussa un rugissement qui calma tout le monde en quelques secondes. Dirk pouffa légèrement puis murmura :
-Merci Ceylan. Bien ! Nous allons réussir à partir d'ici et à rejoindre la civilisation. Vous êtes d'accord ?
Tous acceptèrent et à partir de ce moment, Dirk apprit aux survivants à chasser. Il s'avéra que certains étaient plus habiles pour chasser que d'autres. Ceux-là, devinrent les chasseurs officiels du groupe. La viande attrapée était séchée afin d'avoir le plus de rations de survie possible pour le voyage du retour. Une des survivantes, une femme d'un certain âge apprit avec bonheur le tressage de panier à des enfants qui s'amusèrent à le faire. De cette façon, les survivants auraient le moyen de transporter facilement de la nourriture, de la viande séchée, des légumes et des fruits le temps de leur voyage de retour. Ils travaillèrent dur, apportèrent beaucoup de nourriture, firent des réserves d'eau et construisirent un radeau solide et vaste pour les emmener tous à bon port. En un mois, ils avaient effectué un travail de forçat, ils avaient de l'eau en abondance contenu dans des jarres en terre cuite, de la viande séchée, du poisson séché, des fruits en quantité suffisante pour un voyage d'un mois en mer. Mais voilà, maintenant, c'était la fin. Ils avaient décidé de partir le lendemain.
A suivre
