Voilà la suite ! Comment allez-vous petits sorciers ? ^^
Merci à vous pour vos reviews fanHPTW, Miss Homme Enceinte 2, Me et MarlyMcKinnon !
Je pense que dorénavant je ne posterai qu'une fois par mois sauf si j'ai beaucoup de temps pendant les vacances pour écrire, malgré le TPE à finir et des ds à préparer... Enfin, j'espère que ce chapitre vous plaira, si oui ou non, dites le moi ! ^^
Disclaimer : La famille Black a été inventé par J.K. Rowling (à ma plus grande joie!).
Me : Merci beaucoup ! Ne t'excuse pas voyons, ça me fait très plaisir que tu le fasses maintenant quand même ! Je suis contente que l'histoire te plaise, et les personnages aussi. Alors, chef oui chef ! Je continue ! ^^
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Chapitre 10, Les petits meurtres de Violetta Black
Trois ans plus tard,
Juin 1931,
Mais pourquoi la regardaient-elles ainsi? pensa désespérément Violetta une fois de plus cette semaine.
La Tante Elladora et sa belle-mère Ursula ne cessaient de la suivre des yeux depuis des jours. Alors même qu'elle se rendait dans la bibliothèque seulement pour écrire une lettre à son père, la vieille Ursula Black s'empressait d'y venir avec elle ! Violetta ferma les yeux un instant tout en continuant de marcher.
Juste… pourquoi?
Ce n'était pas ce qui l'inquiétait le plus. Loin de là.
Le pire dans toute cette histoire, c'était qu'elles fixaient aussi Arcturus avec plus d'insistance qu'ordinaire. Naturellement, Violetta craignait que leur délicieux secret ne fut découvert !
Il fallait qu'elle en parle à Arcturus, il s'était forcément rendu compte de quelque chose! Qu'avait bien pu déclencher cette soudaine obsession pour leurs personnes ? Étaient-elles, comme Violetta le craignait, au courant de leur idylle secrète?
Violetta avait beau y réfléchir, elle ne se souvenait d'aucun mot de trop, d'aucun geste déplacé...
Il était vital qu'elle en discute avec lui.
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Do, sol, do...
Les notes s'enchaînaient sous les doigts de Dorea. Violetta la regarda tendrement jouer du piano avec celui qu'elle appelait Oncle. Arcturus, par quelques manœuvres serpentardes, avait trouver comment lui enseigner le piano sans attirer les soupçons des autres quant à l'attention particulière qu'il lui portait.
Mi, la, mi...
Violetta aimait les écouter et les observer jouer ensemble. Dorea ne semblait pas se rendre compte du temps qu'Arcturus passait avec elle. Du haut de ses onze ans, c'était surtout l'attention de son père qu'elle tentait d'attraper. Mais le Serment Inviolable qu'elle avait contraint Cygnus à faire, l'empêcher de trop lui parler. Malgré tout, Violetta était certaine que Cygnus n'aurait pas passer plus de temps avec la petite sorcière, si ce n'est pour la tyranniser.
Do, la, do...
Oui, elle avait fait ce qu'il fallait pour sa fille, et Arcturus faisait aussi ce qu'il fallait pour elle.
Mi, sol !
Violetta se leva en frappant dans ses mains. Dorea se retourna vers sa mère, un grand sourire au lèvres. - Ton jeu est de mieux en mieux! s'exclama Violetta.
- C'est aussi ce qu'Oncle Arcturus m'a dit, répliqua Dorea, souriant plus largement.
Violetta jeta un coup d'oeil à Arcturus. Il s'était habitué à ce que Dorea l'appelle Oncle, mais à chaque fois, ses lèvres se pinçaient imperceptiblement, comme s'il se retenait de hurler haut et fort que Dorea était sa fille et que Cygnus n'avait aucun droit sur elle. Dans ces moments là, Violetta priait silencieuse la magie de le retenir.
-Je sors me promener ma chérie. Veux tu que je t'emmène quelque part?
-Non merci Maman, je préfère rester avec Lucretia. Dès sa sieste finie, je lui ai promis de lui jouer un morceau, dit la fillette en désignant le piano derrière elle. Puis Oncle Arcturus m'a promis de me donner une nouvelle partition, et de la travailler avec…
-Je suis désolé Dorea, la coupa Arcturus lui-même. Mais je dois sortir d'ici quelques minutes…
-Mais mon oncle…
-Je te donnerais la partition et tu n'auras qu'à la lire seule, puis nous la travaillerons dès mon retour.
Dorea baissa la tête, ses longs cheveux noir de jais cachant momentanément son visage. C'était une de ses fâcheuses manies lorsqu'elle était contrariée.
-Très bien Oncle Arcturus, marmonna-t-elle.
Violetta se pencha vers elle et lui releva le menton avec toute la tendresse d'une mère. Elle fixa sa fille dans les yeux, des yeux de Black. Ses joues étaient bien rondes et son nez un peu trop long selon la Tante Elladora, mais Violetta trouvait sa fille en tous points parfaite. Ses longs cheveux noirs tombaient en élégantes boucles le long de son dos, sa taille était fine, et ses mouvements gracieux. Violetta lui donnait à lire les livres de la célèbre Maleficia Nott afin de lui faire comprendre le monde dans lequel elle vivait. La broderie développait sa créativité et le piano la dextérité de ses doigts, qui d'ici quelques semaines, tiendraient une baguette.
Oui, Dorea était parfaite.
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La parc Sorcier de Londres était, comme son nom l'indique, réservé aux sorciers. On pouvait voir quelques Moldus tolérants, mais ceux-ci se fondaient généralement dans la masse, si bien que Violetta ne se rendit jamais compte de leur présence.
Sur le bans d'où elle attendait Arcturus, son pied tapait furieusement le sol sur une cadence soutenue.
Le sorcier transplana à deux pas d'elle et eut comme premier réflexe de l'embrasser passionnément. Elle répondit naturellement au baiser mais avec plus de retenue qu'ordinaire, lui mettant la puce à l'oreille.
-Je te trouve bien tendue depuis quelques jours, commença-t-il en s'asseyant sur le banc.
Violetta hésita à peine en choisissant ses mots.
-Je suis sûre que ta mère et la Tante Elladora se doutent de quelque chose.
À sa grande surprise, Arcturus ne fit que soupirer et appuyer don dos contre le dossier du banc public.
-Toi aussi tu as relevé les regards qu'elles nous lançaient. J'ai réfléchi à la manière dont nous avions pu nous trahir, et j'ai fini par trouver.
Violetta ouvrit grand ses oreilles en attente d'une explication.
-La semaine dernière, lorsque nous étions en train de dîner, la conversation a dérivée sur Marius. Il me semble avoir tenté de changer de sujet avant que Cygnus n'envoie sa fourchette dans le mur. Mon frère m'avait dit mot pour mot : " Tu le défends? "
" Avant que tu ne te lèves pour aller te coucher, j'ai du te jeter un regard trop insistant en plus. Ajouté aux nombreuses parties d'échec que nous faisons ensemble... "
Méditant ses paroles, Violetta dût se rendre compte de l'ambiguïté de la situation, car elle pâlit un peu trop.
-Il faut faire quelque chose… marmonna-t-elle.
Arcturus la regarda réfléchir un instant.
-Maîtrises-tu les sortilèges d'Amnésie ? Demanda-t-elle finalement au sorcier.
-Mais non ! Et je ne peux les pratiquer sur ma mère ou ma Tante! Pense au résultat que je pourrais obtenir à la moindre erreur! Ce pourrait être encore pire! Peut-être qu'elles révéleraient tout sans même s'en rendre compte!
Violetta grimaça en se rendant compte des trop grands risques.
-Que proposes-tu alors? S'inquiéta-t-elle.
-Non, il faut juste les empêcher de parler.
Violetta haussa un sourcil peu sûre de comprendre le chemin des pensées de son amant.
-Tu veux dire, les éliminer ? Avec un Philtre de Mort Vivante par exemple? insista-t-elle.
Arcturus ouvrit de gros yeux à sa proposition.
-Les… les tuer? murmura-t-il.
-Il n'y a pas d'autres solution, acquiesça Violetta, la mine pensive. Je peux faire ce philtre dès notre retour, il sera parfait, ne t'inquiète pas. Elles ne souffriront même pas.
-Je ne sais pas si… hésita Arcturus.
-As-tu une autre solution? Répliqua Violetta. Si notre idylle était levée au grand jour, nous perdrions tout. Cygnus nous tuerait en deux coups de baguette, et je ne sais pas ce qu'il ferait de Dorea.
La mention de sa fille décida Arcturus, et c'est avec des visages résolus qu'ils prient la route pour le 12, Square Grimmaurd.
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Le philtre était presque prêt. Il ne restait plus qu'à tester la potion pour être sûr de sa réussite.
De la petite pièce de la cave dont elle avait élu salle de potions, Violetta laissa une feuille morte tomber dans le chaudron. Celle-ci se désintègra en moins d'une seconde. Un sourire satisfait franchit les lèvres de la sorcière.
En faisant attention à ne pas entrer en contact avec le Philtre de Mort Vivante, Violetta en rempli un flacon en argent, il lui suffirait d'en laisser tomber quelques gouttes dans le thé de sa belle-mère et de la vielle Tante Elladora.
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Une de la Gazette du Sorcier - Jeudi 2 Juillet 1931 - Un Elfe empoisonne ses maîtresses!
Les propriétaires d'Elfes sont en émois.
Hier dans l'après midi, lorsque la veuve de l'ancien directeur de Poudlard Phineas Nigellus Black, Ursula Black et sa belle-sœur Elladora Black ont demandé un thé à leurs Elfes, elles ne se doutaient pas que ce serait leur dernier. Leur Elfe qui, nous venons de l'apprendre, se nommait Fratty, a versé dans la théière quelques gouttes de Philtre de Mort Vivante ! La famille est sous le choc. La pauvre fille de Mrs Ursula Black, Belvina Beurk était horrifiée, et à peine a-t-elle posé le pied dans la demeure familiale des Black, qu'elle a ordonné qu'on coupe la tête de "cet Elfe sans cervelle! "...
Les trois fils de la veuve Black étaient tout trois muets de stupeur et ses belles-filles se sont évanouies à la nouvelle.
Voilà une affaire qui ne peut que nous renforcer dans l'idée que les Elfes libres ne peuvent qu'être encore plus dangereux que ceux que nous tentons tant bien que mal de dresser…
Amanda Yaxley, reporter à la Gazette de Sorcier
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Sept ans plus tard,
Juillet 1938,
Dorea avait été major de sa promotion en Défense Contre les Forces du Mal à ses ASPICs. Rien n'aurait pu faire plus plaisir à Violetta, sa fille pourrait se défendre contre n'importe qui, elle pourrait être libre. Ce qui était drôle, ou plutôt ironique, était que flirter avec les arts noirs correspondait parfaitement à Cygnus, qui n'avait arrêté de vanter ce trait de caractère commun qu'il pensait avoir avec "sa" fille. Le trait de caractère commun qu'elle possédait avec son véritable père était l'amour de la musique. Arcturus l'avait transformée en virtuose du piano tout comme la petite Cedrella. Les deux petites avaient fait d'extraordinaires quatre mains fut un temps. Malheureusement, cette petite, qui avait fort bien grandi, s'était enfuie avec un Traître-à-son-Sang de Weasley. Pauvre gamine, si c'était pour revoir Marius qu'elle avait fait pareille folie, elle était tombée bien bas…
Enfin, Violetta préférait ne pas penser à sa filleule qu'elle avait un jour considérée comme sa fille.
Arcturus et elle n'en parlaient jamais entre eux. Il savait qu'elle voyait Marius au mois une fois tous les six mois, et ne commentait pas. Elle ne savait pas s'il avait gardé contact avec sa fille, mais elle, elle préférait ne plus la voir.
Les vacances avaient commencé depuis quelques semaines maintenant.
Ces dernières années, Cygnus n'avait presque pas été présent. Il n'arrêtait pas de répéter que l'extermination des Moldus devenait de plus en plus rapide car ceux-ci s'entre-tuaient eux-mêmes. Bien qu'il le répétasse à chacun des repas auxquels il assistait, Violetta avait beaucoup de difficultés à croire son époux. Les Moldus étaient-ils bêtes à ce point?
Bah, sûrement !
Cygnus était étrange depuis quelques jours… pas qu'elle l'observasse, mais il lui paraissait trop heureux. Il était gentil avec elle… Il lui tenait la porte, avait tenu à l'accompagner chez Lydia (à son grand dam car elle aurait voulu passer du temps avec Arcturus après et n'avait pu) et était même allé jusqu'à lui tirer sa chaise à table !
Définitivement, quelque chose clochait.
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La mauvaise nouvelle tomba dès qu'ils furent dans leur chambre. Allongée dans le lit conjugal, Violetta était sur le point de s'endormir alors que Cygnus lisait à côté d'elle.
Il y avait longtemps qu'il ne l'avait pas touchée. Le moindre contact physique l'insupportait désormais. Depuis que Marius s'était révélé être un Cracmol, près d'une dizaine d'années plus tôt, c'est à peine s'ils s'échangeaient trois mots lorsqu'ils se retrouvaient le soir, dans leur chambre.
Son époux se racla la gorge avant de fermer bruyamment son livre et de lui taper l'épaule avec. Violetta ne sursauta pas à cause du coup, trop violent pour être taquin ou affectueux, mais parce que Cygnus voulait engager la conversation avec elle. Bien qu'appréhendant la suite, Violetta se redressa sans trembler.
-J'ai une nouvelle qui pourrait bien te plaire, commença-t-il. Voilà bientôt trente-quatre ans que nous sommes mariés…
Tant que cela, s'étonna Violetta pour elle-même.
-... et donc trente-quatre ans que j'ai promis à ma mère un voyage avec toi. Bien que la magie ait repris son âme depuis près de sept ans, je suis homme de parole…
Violetta retint un ricanement.
-... et nous partons donc dans quelques jours pour une semaine en Egypte.
La sorcière fut tout à fait réveillé.
-Pardon? s'exclama-t-elle.
Cygnus leva les yeux au ciel en grognant.
-Qu'est-ce que tu n'as pas compris, Violetta?
-Euh… Je…
Violetta ne pouvait aligner deux pensées cohérentes. Son esprit avait du mal à intégrer ce qu'elle venait d'entendre. Un voyage d'une semaine avec Cygnus? Mais…
-Et Dorea ? demanda-t-elle finalement.
-Elle vient avec nous bien sûr ! S'exclama Cygnus. Je ne vais pas passer une semaine qu'avec toi ! C'est un ami Egyptien qui nous invite chez lui. Il a un fils d'une vingtaine d'année. Je leur ai vaguement parlé de Dorea, et de ses capacités formidables en duel. Ils tiennent absolument à la rencontrer !
Ces derniers mots firent froid dans le dos à la sorcière. Dorea, sa petite fille chérie, Cygnus voulait… Que voulait-il faire d'elle en fait? La marier à un Egyptien ? Mais… elle habiterait alors en Egypte et Violetta ne la verrait plus et… non! Cygnus ne pouvait pas forcer sa fille à épouser qui lui voulait!
-Tu ne pense pas à la marier au fils de ton ami Egyptien ? Demanda dangereusement la sorcière.
-Et pourquoi pas? Répliqua-t-il, glacial.
-Nous ne la verrons plus! S'écria Violetta.
-Je t'en prie Violetta, Dorea vient de quitter Poudlard et jamais elle n'a manifestait le souhait de garder pour toujours le nom des Black ! Nous ne lui connaissons aucune fréquentation masculine actuellement et il est hors de question qu'elle se lance dans quelque carrière ministérielle ! s'énerva Cygnus. Et puis, que je ne la vois plus ne me changera pas, ton stupide Serment m'en empêche !
Un éclair de lucidité frappa Violetta.
-Justement ! Le Serment Inviolable que tu m'as fait me laissait organiser son mariage ! Répliqua-t-elle, les yeux noirs.
-L'organiser, oui. Mais en aucun cas choisir son époux!
Violetta ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Elle était piégée. Elle se souvenait parfaitement des trois points que contenait le Serment Inviolable : ne pas intervenir dans l'éducation de sa fille, la laisser organiser son mariage, et ne pas lui parler plus que nécessaire. Violetta avait longtemps pensé avoir tout fait pour protéger sa fille des griffes de Cygnus, mais elle était obligée de se rendre compte qu'elle en était loin.
-Dorea n'acceptera jamais de se marier si tôt après Poudlard ! C'est encore une enfant ! contra une fois de plus Violetta.
-Une enfant ? Mais enfin, elle a dix-huit ans passés ! s'agaça un peu plus Cygnus.
-Elle n'a encore jamais participé aux mondanités !
-Bien sûr que si, elle s'est rendue à tant de mariages et d'enterrements ! Elle a assisté à chaque fête de la nouvelle année organisée ici ! Sans parler de Noël !
-Elle est trop jeune ! se désespéra Violetta.
-Tu avais son âge lorsque nous nous sommes rencontrés ! commenta Cygnus en haussant encore plus le ton.
-Et regarde où nous en sommes !
Un silence glacial suivit sa dernière phrase. Cygnus serra si fort les dents, que Violetta s'étonna qu'elles ne se brisent pas.
-Que veux-tu dire par là ? grinça-t-il en détachant bien chaque syllabe.
La sorcière compris qu'elle avait poussé trop loin. Elle se décala le plus possible de lui, jusqu'à se retrouver au bord du lit. La respiration de Cygnus s'était faite lourde, comme s'il se retenait de se jeter sur elle. Ses yeux roulaient presque dans leurs orbites tant la colère qu'il ressentait devait être importante. Ses cheveux longs devenus gris avec le temps lui tombaient de chaque côté du visage. Son teint grisâtre en temps normal, avait viré au rouge.
Sautant presque sur Violetta, il passa brutalement une de ses mains rugueuses derrière la nuque de sa femme et approcha son visage du sien.
-Ce n'est pas parce que depuis une dizaine d'années je te laisse tranquille que je t'ai pardonné…
-Pardonné ? osa murmurer Violetta.
-De m'avoir donné un Cracmol ! cracha-t-il, en la repoussant si brutalement que Violetta tomba du lit dans un cri de terreur.
Des étoiles dansèrent devant ses yeux et en portant sa main à l'arrière de sa tête, elle sentit du sang entre ses doigts. Étouffant un sanglot, elle ramena ses jambes contre elle et se blottit contre le mur auquel le lit était adossé.
L'image du jeune homme qu'était devenu Marius s'imposa à elle, ne faisant qu'accentuer ses larmes. Son fils, du haut de ses vingt-et-un ans, n'avait jamais été aussi beau.
Mais Cygnus ne le verrait jamais.
-Arrête de pleurer par Salazar ! s'écria-t-il en sautant de leur lit.
Il se saisit d'une de ses épaules pour la relever. La respiration hachée, Violetta leva le visage vers son conjoint. Ses yeux aussi gris que l'ardoise en cet instant, la fixaient avec dégoût.
-Je ne sais pas comment je fais pour te toucher en cet instant. Tu me répugnes tellement… un Cracmol, quelle honte ! Tu mérites bien les moqueries de Lysandra !
Puis, pour la première fois en dix ans, il leva sa baguette sur sa femme, et lança un premier sortilège. Puis un deuxième. Puis un troisième, et un quatrième. Et d'autres jusqu'à n'en plus finir.
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Un douce lumière passa à travers les rideaux sombres de la chambre de Cygnus et Violetta Black.
La douce lumière du matin.
Elle illumina le corps meurtri d'une femme dans la cinquantaine, et d'un homme pas beaucoup plus vieux.
Le corps de la femme, recroquevillé sur lui-même, ne prenait pas un quart du lit, le reste étant occupé par l'homme.
Il y avait jusque dans la place qu'ils prenaient, toute une déduction à établir quant au lien qui les unissait.
La femme, comme toujours, s'éveilla d'abord. Son premier réflexe fut de jeter un coup d'œil à son époux. Voyant qu'il dormait à poings fermés, elle s'autorisa à souffler de soulagement. Elle se laissa glisser hors du lit sans retenir des grimaces de douleur. Sans un bruit, sans doute à cause de l'habitude, elle ouvrit son armoire pour se saisir d'une robe et de quelques flacons. Son visage se tordit un peu plus face à l'aspect des flacons qui devaient dater d'une dizaine d'années. Elle les reposa en laissant quelques larmes dévaler ses joues. Après avoir attraper sa baguette, elle s'enferma à coup de sortilèges dans la salle de bain.
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-Violetta! s'épouvanta Hesper en la voyant arriver pour prendre le petit-déjeuner. Quelle petite mine as tu!
La belle-sœur d'Hesper se retint à grand mal d'exploser en sanglots.
-Cauchemar, se contenta-t-elle de marmonner.
Elle s'assit à sa place en même temps qu'Arcturus entrait. Ses yeux rencontrèrent trop rapidement ceux de sa maîtresse pour que celle-ci se prépare, se construise un masque au visage.
Le sorcier ouvrit de grands yeux en apercevant son visage blanchâtre et les tremblements qui parcouraient ses mains. Sans faire attention à Hesper, il se précipita trop rapidement selon les convenances, auprès de Violetta. Assis juste à côté d'elle, il attrapa une de ses mains et de l'autre caressa sa joue avec inquiétude.
-Violetta… murmura-t-il dangereusement. Ne me dis pas que…
-Tais-toi, souffla-t-elle sans le regarder dans les yeux.
Arcturus bondit de sa chaise et se saisit du premier verre qu'il vit pour le lancer contre le mur devant lui.
Violetta cria, Hesper aussi.
-Arcturus ! s'écria la première. Arrête ! Tu me fais peur ! compléta-t-elle en le voyant attraper une fourchette et la lancer dans le mur.
Ce dernier mot le ramena à la réalité.
-Je le hais ! cria-t-il à la place. Oui ! Je le hais du plus profond de mes entrailles !
Ses cris avaient alertés les autres Black, qu'on entendait courir à travers la maison.
La première à entrer fut la jeune Dorea qui fixa avec affolement les trois sorciers. Sa mère était recroquevillée sur sa chaise, ses mains au dessus de sa tête. Sa Tante Hesper fixaient son Oncle Arcturus les yeux rougis de larmes et l'Oncle Arcturus, toujours si calme et dans un autre monde semblait dans une rage démesurée. Ses mains, posées à plat sur la table tremblaient de haine contenue, ses yeux fous ne quittaient pas le mur en face de lui et ses cheveux poivre et sel d'ordinaire soignés et sans faux plis, retombaient devant ses yeux.
En voyant sa fille qu'il se devait de considérer comme sa nièce, ses yeux papillonnèrent et la démence dont il paraissait saisi sembla diminuer.
Et alors, il disparut en un CRAC sonore.
-Maman, bredouilla Dorea, qu'est-ce qu'il se passe ?
-Rien, répondit Hesper à sa place.
-Tante Hesper ! Oncle Arcturus ne s'énerve jamais ! JAMAIS ! insista Dorea.
-Dorea… commença Hesper.
-Ce n'est pas normal Tante Hesper !
-Dorea ! S'exclama sa mère. Ce ne sont pas tes affaires !
Dorea, bien que choquée du ton qu'employait sa mère avec elle, ne se résigna pas.
-Maman ! C'est mon Oncle…
-Dorea je t'ai demandé de ne pas discuter !
C'était la première fois que Violetta haussait le ton sur sa fille. Prise dans un déluge d'émotion et d'angoisse, la mère de Dorea ne s'en rendit même pas compte.
Sur cette dernière phrase, arriva Sirius, dont la robe n'était pas boutonnée et le chapeau de travers. En voyant sa femme en pleur, il se précipita sur elle et prit son visage en coupe de ses deux mains.
-Hesper ! souffla-t-il horrifié. Que se passe-t-il ? Qui a crié ?
Hesper lâcha quelques mots sans cohérence alors que Dorea enlaçait sa mère craintivement. Le prochain à arriver fut Arcturus III suivi de sa femme Melania et de ses deux enfants.
-Merlin mais que se passe-t-il ? chuchota-t-il en voyant tant de démonstrations affectives en pleine salle à manger et les débris de verre brisé.
En voyant que personne ne réagissait, il siffla l'Elfe Tifty pour nettoyer le verre et ôter la fourchette du mur. Des pas retentirent derrière lui et il aperçut son cousin Pollux et sa femme Irma descendre précipitamment les escaliers. Connaissant Irma, il sut qu'elle désapprouverait tout ce relâchement aux convenances et héla plus fort son père.
-Père ! N'est-ce pas Oncle Arcturus qui a crié ? Mais où est-il ?
Dorea lâcha sa mère au son de cette voix, et s'empressa de s'asseoir à sa place. Sirius se plaça devant sa femme, comme faisant rempart de son corps.
-Si c'est lui, mais je ne sais pourquoi ! Hesper non plus et Violetta encore moins. Assis toi et n'en parlons plus jusqu'à ce qu'il revienne.
Arcturus obéit à son père, Melania et ses enfants le suivirent sans un mot.
-Mère ! s'exclama Pollux en entrant en même temps. Pourquoi diantre a-t-on crié ? Est-ce toi cousin ? demanda-t-il à Arcturus.
-Non Pollux, répliqua le patriarche des Black. Nous ne savons pourquoi Arcturus à crié.
-Mon Oncle, tu me dis tout d'abord que c'est n'est pas lui qui a crié, puis le contraire ! s'agaça Pollux.
-Je veux dire que ce n'est pas mon fils mais mon frère qui a crié, soupira Sirius.
Pollux fronça les sourcils.
-Oncle Arcturus ne s'énerve jamais, commenta-t-il.
-C'est exactement ce que j'ai dit ! lui rétorqua sa sœur en secouant la tête.
-Tu étais là Dorea ? lui demanda son frère.
-Je suis arrivée juste avant qu'il ne transplane, répondit-elle.
A ce moment ce fut sa sœur Cassiopeia et son cousin Regulus qui entrèrent. Une seconde après, les enfants d'Irma et Pollux entraient avec Lysandra et Charis.
-C'est lui qui a crié, n'est-ce pas ? s'exclama Lysandra furibonde. C'est mon mari ? Par Morgane mais qu'a-t-il donc dans le crâne ! Ce…
-Lysandra par Merlin n'en rajoute pas une couche ! la coupa Hesper qui en profita pour se défouler. Lui qui ne s'énerve jamais a sans doute une bonne raison ! Et puis…
-Ne me coupe pas la parole Hesper ! Ce n'est pas…
-Alors toi, ne dis pas un mot de plus !
-Je ne te permets pas de me donner d'ordre ! s'écria Lysandra en sortant sa baguette.
- Ne lève pas ta baguette sur ma mère Tante Lysandra ! s'en mêla Arcturus.
-Ne pourrais-tu pas être plus poli avec une sorcière de mon âge, toi ! A croire que ta mère t'a transmis son effroyable politesse !
-ASSEZ !
Le cri de Sirius, le plus vieux des Black, celui qui dirigeait la très Noble et très Ancienne Maison des Black, fit sursauter tous les habitants du 12, Square Grimmaurd.
-Je ne veux pas un bruit de plus ! Arcturus, mon frère, n'étant pas la pour te contenir un minimum, Lysandra, je me verrai contraint de te soumettre à un sortilège de Mutisme si tu ne te tais pas dans les prochaines secondes.
-Enfin Sirius ! s'exclama Cygnus en passant le seuil de la porte. Pourquoi cries-tu donc ainsi ?
Le sorcier s'assit à sa place en même temps que Sirius lui donnait une réponse.
-Je priais Lysandra de se taire en attendant le retour d'Arcturus. C'est lui qui a crié en premier toute à l'heure.
-Mais que peut-il bien avoir ? soupira Cygnus. Crier de si bon matin n'est…
Sa phrase fut coupée par la tasse qu'Hesper venait de lâcher dans son assiette, la brisant en plusieurs morceaux.
-Que tu es maladroite Hesper, piqua Lysandra.
-Que t'a dit Sirius, Lysandra ? cracha-t-elle. Ah oui, de te taire !
-Ce n'est pas parce que tu es plus vieille que moi, Hesper, que tu es autorisée à me parler ainsi !
-Lysandra, tu nous fatigues, se permit de commenter Violetta.
-Oh toi, ne me parle pas ! Avec l'asticot que tu as eu pour fils, il ne devrait même pas être permis que tu vives avec nous… Si Cedrella est partie, c'est entièrement de ta faute !
Violetta était trop lasse pour se défendre, elle préféra donc se lever, craignant de ne pouvoir retenir ses larmes.
-Veuillez m'excuser, marmonna-t-elle en transplanant.
Elle espérait qu'Arcturus soit à leur banc, qu'il se soit calmé aussi. Elle n'avait pas besoin de sa colère, elle avait besoin de lui prêt à la prendre dans ses bras, et à l'aider à trouver une solution pour l'avenir de leur fille.
Arcturus était bien là, mais il n'était nullement calmé.
En l'entendant, il se précipita sur elle et la serra si fort dans ses bras, que Violetta se retint de lâcher un cri de douleur comme son amant appuyait sur ses hématomes.
-Je vais le tuer, murmura-t-il. Je vais le tuer, répéta-t-il.
-Tu vas d'abord te calmer Arcturus, répliqua-t-elle la gorge nouée par la violence dont il faisait preuve.
Mais Arcturus avait attendu depuis trop longtemps. Plus de vingt ans qu'ils étaient amants, et plus de vingt ans qu'il assistait impuissant au malheur de la femme de sa vie.
-Ce n'est plus possible Violetta ! Nous avons passés la cinquantaine tous les deux, Pollux est marié et a des enfants, Cassiopeia mène sa vie comme elle l'entend, Marius s'est fait au monde Moldu, Callidora est devenue une Londubat, Cedrella s'est enfuit avec un Traître-à-son-Sang, Charis ne parle plus qu'à sa mère et…
-Et Dorea ! s'exclama Violetta en pleurant.
-Nous la prenons en Amérique avec nous, répliqua-t-il calmement.
-Non ! Nous ne pouvons pas…
- Enfin Violetta ! J'ai des contacts là-bas ! Tu ne vas pas rester avec Cygnus ainsi ! Je te propose de partir avec moi et tu refuses pour lui ? Tu es masochiste par Merlin !
-Je ne veux pas fuir ! protesta la sorcière. Si je fuis, je laisse Cygnus gagner !
-N'importe quoi ! Tu ne le laisserais pas gagner, tu le laisserais dans la honte et…
-Il veut que nous partons avec Dorea dans quelques jours pour une semaine en Egypte, coupa-t-elle en sentant sa voix se briser.
-Pardon ? reprit-il en clignant des yeux.
-Un ami Egyptien à lui, tient à rencontrer Dorea. Il souhaiterait la fiancer au fils de cet ami, continua-t-elle en fermant les yeux.
-Mais et le Serment Inviolable…
-Il parlait d'organiser son mariage et…
-Je vais le tuer ! s'écria-t-il, en sortant sa baguette.
-Arcturus ! Pitié calme-toi ! Tu me fais penser à Cygnus… finit-elle en chuchotant.
Les yeux du sorcier s'agrandirent avec stupeur et il baissa sa baguette aussi vite qu'il l'avait sortie. Sa bouche s'ouvrit doucement mais aucun son n'en sortit, tellement sous le choc des paroles de Violetta. Selon lui, sa réaction n'était en rien démesurée, elle était même de loin compréhensible.
-Violetta, murmura-t-il la voix cassée.
-Je ne peux pas aimer quelqu'un de violent, Arcturus. C'est au dessus de mes forces. Calme-toi s'il te plaît, poursuivit-elle craintivement.
-Violetta, tu sais très bien que ce n'est pas contre toi que je m'énerve, chuchota-t-il en l'enlaçant en douceur. C'est contre ce qu'il te fait, ce qu'il t'oblige, ce qu'il nous oblige, à vivre ! Tous tes malheurs, je les porte aussi, toutes tes peines, je les ressens. C'est… c'est tellement fort ! J'aimerais pouvoir dire à tout le monde que Dorea est ma fille, que tu es la femme de ma vie, que je n'aime que toi et que… et que… et que je mourrais pour toi s'il le fallait, termina-t-il dans un souffle.
Violetta respira de nouveau. Elle respirait même mieux que jamais. Elle laissa des larmes couler sur son visage rond et se blottit un peu plus dans les bras d'Arcturus. Elle huma avec bonheur son odeur de menthe citronnée enivrante, elle posa ses mains sur son torse, où elle sentait son cœur battre la chamade. Il battait à une telle vitesse ! Le sien battait-il aussi vite ?
Sûrement.
Sans aucun doute.
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.oOo.
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A suivre...
