Le monde à l'envers
Tellement de mystère jamais égalé. Tout n'était que noir de la naissance à la mort. Un parcours douloureux où durant sa vie, il avait vu des gens mourir pour une cause perdue. L'horreur que le monde lui a transmis à travers les humains. Durant toute son existence, la douleur était présente, un sentiment qui n'égalait rien d'autre. Il ne savait que ça, le bien, le mal étaient des concepts tellement primaires que voir ce que la congrégation avait fait de lui. La mort était partout, ramassant tout sur son passage, laissant des familles endeuillées où le seul moyen d'apaiser cette tristesse, ce gouffre qui ne cessait de grandir en eux était d'appeler l'âme de la personne chérie créant ainsi les akumas. Ce monde perdait son sens alors que ses yeux se fermaient doucement. La lune était pleine alors que des regards affolés essayaient d'attirer son attention. La sensation de lourdeur, l'envie de juste reposer prenait le pas. Oui, il était prêt à partir mais comme une blague, l'univers en avait décidé autrement. Son corps était au sol recouvert de sang, une main caressait sa joue alors que des lèvres touchaient les siennes. Il se voyait, c'était une sensation bizarre, il quittait son corps, son innocence n'était plus pour le protéger.
Son âme était tirée vers les cieux, il ne sentait que froideur et le noir avant de toucher quelque chose de plus doux, de plus chaleureux. Ses yeux s'ouvrirent doucement pour se retrouver allongé dans un lit. Ses blessures étaient trop graves pour qu'il survive, il était certain que ce crétin de Moyashi était pour quelque chose. En regardant plus près ce n'était pas un lit d'hôpital, les murs n'étaient pas blancs car Kanda avait trop passé ces nuits là-bas pour ne pas le reconnaître. Le lit n'était ni petit ni inconfortable non c'était doux. C'était quelque chose qui pouvait se trouver que dans une maison même sa chambre dans le Q.G était dure, désagréable. Ce n'était pas normal, son cerveau réfléchissait au ralenti. Un corps bougea à côté de lui, son regard se posa sur un corps qu'il connaissait entre mille.
– C'est une blague'' murmura-t-il sans y croire. Il y avait à côté de lui nulle autre qu'Allen Walker. C'était définitivement le Moyashi. Le monde ne tournait vraiment pas rond.
– Mmm, Kanda !
Le brun frissonna dans le regard de l'autre homme. Sa poitrine se serra, sa respiration était un peu saccadée. C'était un regard qui le mettait mal à l'aise, c'était trop, trop rempli de. Il n'arrivait pas à penser à ce mot. Et en regardant de plus près, ce n'était rien comparer à la congrégation. C'était une chambre complète avec une aura calme rien de noir ni froid. La seule chose qu'il trouva à faire fut de tomber en arrière, enfouissant sa tête dans l'oreiller se disant que ce n'était qu'un mauvais cauchemar qu'il allait bientôt se réveiller. C'était un choc et ce n'était pas agréable, loin de là mais la vérité qu'importe l'échappatoire, il n'y avait pas d'issus. Il pouvait suffoquer qu'il voulait, l'autre ne le laisserait pas. Dans l'antre de son désespoir, une voix raisonnait dans sa tête, c'était irritant mais bien une voix d'enfant. Un corps se leva le laissant seul, c'était une minute de répit. C'était trop confus. Sa tête lui faisait mal, son dos lui tirait, ses pieds étaient lourds.
– Freya arrête'' cria Allen essayant de la retenir.
– Mais papa, je veux voir maman'' dit la petite au bord des larmes. Allen soupira :
– Tu sais très bien que tu ne peux plus sauter sur ta maman'' dit-il en souriant à la petite qui commençait à bouder,- mais tu peux aller lui dire bonjour.
Kanda était en enfer. C'était pas possible où il avait atterri. La petite qui lui ressemblait trop à son goût monta sur le lit pour venir embrasser sa joue droite toute souriante. Ses petites mains entourèrent son cou. Lui ne savait pas quoi faire, il était en état de choc. Il grimaça de douleur en essayant d'enlever cette morveuse qui n'était définitivement pas sa fille et pourquoi elle l'appelait « Maman ».
– Ça va Kanda ?'' la voix inquiète du Moyashi résonna dans sa tête,- Freya descend, ta maman est en repos. Tu te souviens ce qu'il a dit le médecin.
Elle fit mine de réfléchir et Kanda remarqua à quel point cette mimique était celui du blandin qui se tenait devant lui inquiet. Ce n'était pas bon, il y avait quelque chose qui clochait chez lui, une envie de meurtre envers, envers. Il posa les yeux sur Freya c'était son nom, l'envie de la pousser était plus grande comme l'envie de l'aimer, et de l'aider et de l'emmener. C'était perturbant.
– Bonjour à toi aussi'' dit la petite fille de cinq ans. Kanda ne pouvait plus se mentir, elle avait les yeux du Moyashi et ses cheveux longs étaient bruns. Elle était le parfait mélange d'eux et ça lui donna envie de vomir qu'il se retient.
– Hey'' dit Allen en s'approchant de lui, il s'assit en face pour venir l'embrasser, il esquiva de peu. C'était trop pour lui qu'il se leva d'un coup sous la surprise de son mari en regardant leurs bagues, c'étaient une blague. Vraiment, il ne pouvait pas mourir en paix. Pourquoi cela lui arrivait. Il n'avait pas déjà assez payé. Ne connaissant rien, son corps l'emmena dans les toilettes. C'était l'impression qu'il donnait. C'était ancien et nouveau en même temps. Ses cheveux étaient retenus par des mains, il n'avait même pas remarqué que l'autre l'avait suivi. Ils étaient agenouillés alors que lui vomissait encore et encore. Sa tête lui faisait mal.
– Papa'' dit la petite fille.
– Chéri, tu peux être une gentille fille à son papa et aller déjeuner avec ta tante.
– Non, maman ne va pas bien, je veux rester aussi'' dit-elle.
– Vraiment ta fille est une tête de mule comme toi, mon ange'' murmura Allen dans ses oreilles doucement pour que leur fille n'entende pas.
Kanda allait dire quelque chose mais la remontée le fit vomir encore une fois.
– Je te hais.
– Tu me le dis tous les jours'' dit le blandin souriant,- quand est-ce que tu vas me pardonner, ce n'était pas de ma faute si tu es encore enceinte,'' Kanda fit pause, il était bloqué, c'était un cauchemar. Ce n'était plus drôle,- chérie, descend va rejoindre les autres, tu sais comment est ton grand-père quand il ne te voit pas'' dit-il plus autoritaire, la petite fille bouda mais fit ce que son père demandait en murmurant des choses pas très gentilles pour une enfant de cinq ans. Allen allait avoir une bonne conversation avec elle.
– Mes dents me font mal'' murmura Kanda en s'asseyant par terre, une autre bombe qui l'avait mis chaos,- qu'est-ce que tu m'as fait ?'' ils se regardèrent dans le silence de la pièce.
– Tu délires encore comme la dernière fois'' dit Allen en plaçant une de ses mèches brunes derrière l'oreille de son amant.
– Je suis encore enceint'' murmura Kanda pour se convaincre. Il était dans un corps qui n'était pas le sien. Comment un homme pouvait être enceinte. Quel était ce monde qui ne cessait de lui mettre des bâtons dans les roues ?
– Et je suis fier de t'avoir mis en cloque'' murmura fièrement Allen. C'était une première, cette envie qui grandissait en lui alors que ces mots quittaient ce maudit Moyashi, ses mains tremblaient d'envie de l'étrangler. C'était comme s'il disait que c'était un devoir comme si avec cette grossesse, le blandin le retenait. Kanda avait l'impression d'être un objet entre ses mains. Il revomit, essayant de reprendre sa respiration.
Une parodie qui avait mauvais goût. C'était tellement grotesque que le brun n'arrivait plus à se situer dans sa tête. C'était un bordel sans nom. Il était chamboulé et il en était sûr c'était à cause de ces foutus hormones. La panique, la vraie n'avait pas pris part dans son être, c'était comme s'il nageait encore dans une mer sans fin. Et l'autre qui s'excusait encore et encore lui tapait sur les nerfs. Les mots n'avaient aucun sens, mais il capta quelques trucs comme leur fille était un accident et apparemment celui-ci aussi. Comment cette version de lui pouvait se laisser faire comme ça ? Ce n'était pas une vie ça, sérieux mettre en cloque et de ne rien faire juste attendre que l'enfant naisse et qu'il s'occupe de cet être.
– Ça va'' une voix inquiète une main caressant son dos,- viens, je vais te mettre au lit.
Une colère sourde qui ne voulait pas sortir alors que l'autre l'aidait à marcher. Ce corps connaissait ce Moyashi. C'était tellement désagréable de dépendre de quelqu'un d'autre. La bague pesait trop sur sa main gauche, c'était une sensation d'enfermement. Le blandin tira les couvertures et il s'allongea doucement sur le lit au moins cet abruti l'aidait. Kanda pensait encore être dans un lit d'hôpital inconscient avec de la fièvre. C'était ridicule, car il était mort pas vrai alors pourquoi il se trouvait ici. Kanda n'avait pas pu empêcher le maudit de l'embrasser sur les lèvres tellement qu'il était fatigué. Dormir, il pouvait le faire si ce n'était plus pour voir ce visage qui était en adoration devant lui.
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– Comment il va ?'' demander une voix féminine alors qu'il descendait les escaliers.
– De mauvaise humeur'' il murmura en passant une main dans ses cheveux.
– Toujours en colère contre toi'' elle rigola.
– Road, tu ne m'aides pas'' dit Allen en regardant dans le couloir pour voir s'il pouvait voir une tête brune.
– Si tu cherches ma nièce, elle est avec le Comte, tu sais combien il est gaga d'elle. Sérieux, je passe en dernier maintenant'' elle commença à bouder. Allen roula des yeux.
– C'est à quelle heure la réunion ?'' demanda Allen, Road le suivait.
– J'en sais rien et puis de toute façon je n'aurais pas le temps, tu as oublié que moi et Freya on sort pour aller faire du shopping'' elle était toute contente.
– Fais très attention'' dit Allen en traversant le couloir avec sa sœur.
– Tu me prends pour qui, je sais prendre soin d'elle, Allen'' elle fit la moue.
– Tu sais qu'on est pas la famille la plus aimée'' en rentrant dans le salon pour trouver sa fille par terre en train de jouer avec des voitures et le Comte assit sur le canapé en train de boire un bon verre de vin rouge.
– On a gagné'' dit-elle en voyant la petite venir vers elle en courant qu'elle le prit dans les bras en lui faisant plein de petit bisous sur les joues.
– Il y a encore des exorcistes'' dit Allen en saluant le Comte.
– Tyki réglera ça avec les autres'' en déposant la petite.
– Tu veux jouer avec moi tata'' la petite était hyper contente de voir sa tante.
– Désolée ma puce, j'ai des choses à faire, mais tu peux demander à tes oncles.
– Ils sont tous occupés et c'est pas juste même mon grand-père'' les deux adultes regardèrent le Comte dubitatif, celui-ci leur sourit.
– Oui je vois ça'' la petite sourit mais tristement,- on peut mais plus tard, d'accord ma puce'' Freya hocha la tête.
– Papa, comment va maman ?'' demanda la petite en prenant la main de son père.
– Il va bien juste un peu fatigué à cause de la grossesse.
– Tu veux un frère ou une sœur !'' dit Road en s'asseyant sur le canapé à côté du Comte.
– Je sais pas, je veux juste que maman va bien'' elle murmura alors que son père la prenait dans les bras.
– Chérie, c'est juste les nausées matinales, il l'était quand tu étais dans son ventre'' dit Allen.
– C'est vrai'' dit-elle dubitatif,- le bébé fait mal à maman.
– Tu vas voir dans quelques semaines, ta maman ira mieux'' Allen embrassa le nez de sa fille qui sourit un peu,- mais et toi, tu ne m'as pas dit que t'étais grande pour mes câlins.
– C'est pas vrai'' elle fit la moue et sa voix était enfantine qu'Allen craqua.
– C'est pas vrai'' imita Road et Freya rigola dans les bras de son père.
– T'as vu ça papa'' elle essaya de reprendre son souffle.
– Oui ma puce, ta tante adore jouer'' Road lui tira la langue, Allen fit de même sans que sa fille ne les remarque pour ne pas lui donner le mauvais exemple.
– Qui veut manger ?'' dit le Comte en se levant du canapé.
– Moi'' cria la petite,- je vais chercher tonton Tyki'' en se tortillant pour sortir des bras d'Allen qui grimaça un peu.
– Ma puce plus doucement'' en la posant par terre.
– Désolée, p'pa'' elle dit en allant dans le sens inverse.
– Cette famille'' murmura Allen dans sa barbe inexistante,- tant qu'on y est, quand est-ce que Mana arrive ?'' demanda Allen.
– Il est très occupé en ce moment donc il a retardé son voyage'' dit Road.
– Donc les réunions tu ne te souviens pas mais pour mon père'' dit Allen.
– C'est le meilleur oncle que j'ai, il me manque'' en faisant des gestes de temps en temps ses mains se touchaient,- j'en peux plus de rester dans ce château. Je veux m'amuser un peu.
– Road'' dit le Comte
– Pourquoi qu'il y a que Tyki qui peut aller chasser, moi aussi je veux'' elle recommença à bouder. Le Comte ne pouvait lui dire non. Allen soupira connaissant cette scène par cœur.
– Freya va être déçue si tu ne restes pas'' dit Allen en souriant de toutes ses dents.
– Toucher en plein cœur Allen'' murmura Road.
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Rien n'était égalé à ce qu'il ressentait envers le brun. C'était une chose tellement concrète qui n'y avait pas de doute. Sa première rencontre avec Kanda était dans un rêve alors qu'il avait six ans. Le rêve qui avait chamboulé sa vie. L'obsession de vouloir le réaliser, de vouloir trouver cette personne était devenue son quotidien. Le doute n'existait pas dans son esprit, cette personne qui n'avait pas de nom juste un visage qui peuplait ses nuits, lui demandait de le chercher. Quand, comment, Allen ne le savait pas, mais il suffisait juste de chercher et sa famille l'avait aidé. De la crise à l'accomplissement, son monde tout autour avait changé. Le clan Noé l'avait adopté à l'âge de trois ans. Avec l'âge, le blandin avait compris les enjeux qui jouaient entre sa famille et les exorcistes. C'était un groupe d'humain qui avait renié l'existence de Dieu grâce à leurs haines de l'innocence.
Ce groupe était dirigé par Le Comte Millénaire. Ils agissaient sous ses ordres pour traquer les Maréchaux ou les Exorcistes susceptibles de posséder le cœur des innocences et d'autre tâches de ce genre. Et ironiquement, la personne qu'il cherchait était un exorciste. C'était tellement drôle dans l'ensemble qu'il avait du mal à consolider les deux. L'homme qu'il aimait dans ses rêves était un exorciste sous l'ordre de l'église. Il y avait quelque chose de si tendancieux de si malsain. De vouloir faire pécher cet homme qui peuplait ses rêves, de le voir tomber, de vouloir le salir et de montrer à quel point les humains étaient corrompus. Un jeu délicieux qui avait ouvert des paris dans sa propre famille disant que le blandin n'allait jamais réussir à faire tomber Kanda dans ses bras. C'était mal le connaître et qu'est-ce que c'était amusant de jouer avec l'exorciste pendant des années avant de l'avoir proprement. Et les surprises que son amant lui avait réservé était d'une pure merveille. Il était tombé sur la perle rare.
Allen a toujours été intrusif dans la vie de son brun et pour comprendre son passé, il n'avait trouvé mieux que de sonder la vie passée de son compagnon. C'était une telle surprise pour lui de découvrir la haine que le japonais ressentait envers l'innocence et les exorcistes. De savoir qu'il était né artificiellement dans le cadre du programme des exorcistes de seconde génération. Qu'il avait été torturé par cet ordre qui prônait la parole de Dieu. Le grotesque, une parodie sans nom voulant toujours plus. Il était fier de lui d'avoir remodelé les pensées de son aimé. Rien ni personne ne les séparera. Kanda était tout à lui. Il n'y avait ni de mal ni de bien dans l'individu qui était Kanda Yu. Allen avait tout fait pour enlever ce qui empêchait son amant d'avancer. Kanda n'existait que pour lui et rien d'autre. Son but était atteint, Kanda était déchu et faisait complètement partie de lui. Et l'envie de construire une famille avec lui était imminent et les humains étaient des cobayes parfaits pour ses petites expériences. Il y avait eu beaucoup de ratage avant de pouvoir dire à son amant qu'il allait porter son enfant.
C'était le bonheur que le clan Noé attendait. Un heureux événement alors que la guerre avait commencé. La première grossesse était un bonheur alors que le clan gagnait petit à petit du terrain sur les exorcistes. Il était devenu père quatre semaines après le massacre d'une ville qui était couronné de succès. C'était son opération et ce jour-là, il était rentré dans un magasin vide, aucune âme qui vive juste du sang dégoulinant des murs et du sol. Ses gants tâchés de sang alors qu'il prenait un biberon dans un rayon que son enfant avait commencé à exister dans son cœur et dans sa tête, disant que c'était le premier jour qu'il avait acheté son biberon. C'était tellement petit mais c'était la réalisation que Kanda allait donner vie à être qui allait être rien qu'à eux alors qu'il rentrait chez lui prêt de sa famille et de son aimé. C'était des instants de bonheur et de pur horreur en même temps. Entre les crises de larmes de son amant dues à ses hormones, ses envies meurtrières, ses péchés mignons, ses regards décevants. Tout était passé et Allen l'avait enduré comme le Noé qu'il est.
C'était une grande responsabilité de mettre au monde un enfant qui naîtra dans la guerre qu'il menait depuis quelques années. Mais Allen le voulait, il n'avait pas attendu que Kanda prenne sa décision. C'était fait point barre. Il voulait un enfant de son compagnon, de cet être qui embellissait ses journées alors que le monde tombait petit à petit. Leur premier enfant une fille Yunaka qu'il n'avait connu que six mois avant sa mort de la main de son brun. Allen ne l'avait pas remarqué la maltraitance que leur bébé subissait de sa mère. Kanda était obnubilé par elle, voulant toujours la protégée. Yuna était toujours malade, toujours besoin que le médecin de la famille vienne l'examiner. C'était toujours quelque chose, un rhume, la fièvre, des traces de coups où le jour du bien être de sa fille, Kanda avait décidé de lui donner un biberon rempli de poison. C'était normal pour lui, le japonais ne faisait rien de mal. Il prenait juste soin de sa fille en s'occupant d'elle. C'était cette envie de prendre soin de leur fille qui l'avait tué et son amant n'a jamais eu de remords demandant un autre enfant à s'occuper.
Allen n'entendra jamais plus le rire de leur première fille, de son premier pas, de son premier mot. Rien, Kanda l'avait écrasé. Tout était parti en fumé. Le blandin ne pouvait rien ressentir qu'à part de l'amour pour son aimé et il avait donné ce que son brun demandait, et Freya était née. Au début, il avait retardé des choses pour voir le comportement de son amant évoluer. Leur médecin le suivait pour ne pas commettre la même erreur. Dans un premier temps, il avait refusé de donner un enfant à Kanda pas parce que le japonais allait le tuer mais parce que l'enfant n'attendra jamais l'âge adulte. En vouloir à son aimé, c'était comme en vouloir à lui-même. Kanda était tout pour lui. Il se souvenait du jour qu'il avait décidé de concevoir un autre enfant. C'était la troisième bataille qu'il livrait contre des exorcistes tous exterminés et il était arrivé tard dans le manoir et ce qu'il avait vu, l'avait réveillé. La pièce était en désordre, les placards étaient au sol, les vêtements renversés, les armoires cramoisies dues au feu, des vêtements tâchés de sang, le lit complètement enflammé et la cause de tout ça n'était autre la personne en plein milieu de la pièce, son amant en sang se faisant du mal en enfonçant des couteaux dans ses cuisses, ses cheveux étaient ensanglantés.
Il y avait du sang séché sur les murs, sur le sol, sur son pyjama. Le regard que Kanda lui envoya lui fit mal au cœur. Un regard vide, il regardait sans regarder. C'était une sensation qu'Allen n'avait pas du apprécié. Il voulait que le japonais ne regarde que lui et qu'il ne s'efface pas dans sa douleur le laissant seul. La capacité que le corps de son compagnon a de régénérer était une bénédiction. Si c'était quelqu'un d'autre, la personne serait déjà morte. Il s'avança doucement dans la pièce, leur chambre qui était devenue macabre et s'agenouilla pour poser la main sur le couteau que Kanda enfonçait dans sa cuisse, le sang coulait à flou. Le brun était déjà épuisé d'avoir autant perdu du sang qu'Allen réussit à l'enlever.
– Pourquoi me refuses-tu ça ?'' la voix de Kanda était faible alors que sa tête se posait doucement sur le torse de son amant.
– De quoi ?!'' dit Allen perplexe en caressant les cheveux du japonais, se demandant où était passée la personne qui devait surveiller son compagnon.
– Je te veux'' murmura-t-il en agrippant à la chemise d'Allen qui grimaça en sentant les ongles du brun s'enfoncer dans sa peau. Kanda voulait l'amadouer pour obtenir ce qu'il voulait,- c'est de ta faute, tu m'as imposé l'enfant, cette famille. Je ne te demande qu'une chose'' le baiser ne fut que bref, le sang passa dans sa bouche. Il aimait quand Kanda se comportait ainsi, c'était sauvage tellement malsain que le brun obtenait tout de A à Z. C'était ainsi qu'au milieu de ce désordre qu'il consomma leur deuxième enfant, Freya.
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– Papa'' dit la petite, assise sur une chaise en train de dessiner des bonhommes de neige.
– Oui'' Allen leva les yeux de son livre et regarda sa fille.
– Tu ne trouves pas que maman est bizarre'' elle enfonça de plus en plus son crayon marron dans la fille signe d'énervement.
– Pourquoi tu dis ça, ma puce ?'' Allen lui sourit en demandant à sa fille de lui prêter attention quand il parlait.
– Il ne me prend plus dans ses bras comme avant, il me regarde bizarrement'' elle finit en rongeant son crayon.
– C'est normal qu'il ne peut plus prendre dans les bras comme avant, son ventre grandi de jour en jour'' ses yeux tombèrent sur le bras de sa fille, il y avait un bleu presque rougeâtre. Comment il ne s'était pas rendu compte.
– Comment tu t'es fait ça ?'' Allen prit son bras pour mieux regarder.
– Je suis tombée'' elle dit en continuant à dessiner.
– Qu'est-ce que je t'ai dit à propos des mensonges ?'' sa voix monta, perdant contrôle sur son apparence. Sa peau était devenue plus sombre, ses yeux étaient jaunis. Sa fille n'aimait pas parler avec son autre.
– Je ne mens pas'' au bord des larmes, cette fois-ci sous sa colère, elle déchira le papier.
– Et pourtant si''' elle regarda son père, les larmes aux yeux, son nez coulait, elle reniflait de temps en temps, essayant d'arrêter ses sanglots,- j'attends, jeune fille'' sa voix était plus terne sans émotion.
– J'ai promis…
– À qui ?'' il le savait et pourtant il continuait.
– Je veux pas qu'il m'aime moins, je veux…'' elle n'arrivait pas à continuer. Sa gamine de cinq ans essayait de trouver les mots pour protéger, la seule personne que lui aussi n'arrivait pas à dire non.
– Regarde-moi, ma puce. Je suis ton père, je t'aime, moi aussi, j'ai le droit'' il caressa la tignasse brune de son enfant, la laissant se calmer avant qu'elle ne parle.
– C'est maman mais ne dit pas que c'est moi'' elle l'implorait du regard.
– Bien sûr, mon ange'' en embrassant le front de sa fille,- chérie je ne t'ai pas dit d'aller voir ta mère qu'avec des adultes.
– Je sais mais maman dormait tout le temps, il me manque papa'' il sourit et la prit dans ses bras,- maman est toujours gentille avec moi, il me donne même des bonbons quand je me fais mal ou quand je vomis, j'ai toute son attention.
Kanda a toujours su prendre soin de leurs enfants. C'était quasi impossible pour Allen de faire ou dire quelque chose pour aller à l'encontre de son amant. Ce que le brun sentait était une forme d'amour intense envers Yuna puis pour Freya. C'était un trop-plein d'attentions dévoyé en actes insensés, irraisonnés, qui dépassaient parfois l'entendement. C'était tout à fait normal pour le blandin voyant son compagnon s'investir dans leur éducation et semblait difficile de mettre ça en cause. Le clan Noé prenait tout son temps et c'était difficile d'être présent pour son amant et ses enfants. C'était une guerre sans merci qui s'était profilée, ne laissant que désespoir pour les être humains. Cherchant vainement le Cœur. Temps perdu qui avait coûté la vie de sa première fille. Il n'y avait qu'un seul fautif et c'était lui. Kanda voulait juste avoir son attention, l'attention d'être vu, d'être présent et d'être aimé. Quelque chose qui avait naturellement navigué vers leurs filles.
Kanda aimait tellement Freya qu'il faisait ça pour la garder auprès de lui. C'était une façon de faire pour que leur fille reste dépendante de lui. Le brun était un parent aimant, fusionnel restant toujours présent, essayant de soigner leur fille. Est-ce que sa fille était victime de l'amour que son compagnon lui donnait ? Allen ne savait pas mais, essayait de garder une distance entre sa fille et Kanda mais c'était difficile. Freya a toujours été une enfant malade que leur médecin voyait chaque semaine pour essayer de comprendre ce qui n'allait pas et ne trouvant rien, c'était toujours une maladie inconnue. Sa fille lui en voulait toujours de l'avoir éloignée de sa mère. Freya l'aimait inconditionnellement, voulant être toujours le bébé à sa maman.
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Une personne était assise sur un fauteuil à bascule, tenant son bébé dans ses bras. C'était lui sans être lui, il n'avait jamais vécu ça et comprit que c'était un souvenir de ce corps. Ce « Kanda » avait le devoir de s'occuper de son pauvre bébé, lui souriant, murmurant des cantines disant que c'était ce « Moyashi » qui l'avait écrit pour elle. « Yuna » », il fronça les sourcils. Ce n'était pas censé être Freya. Kanda se sentait piégé, ne pouvant pas bouger pour empêcher ce qu'il ressentait, car ce corps l'avait fait. Des dents mordant le bébé à la joue qui commença à pleurer et « lui » chantant essayant de le calmer et recommençait ainsi à chaque fois. Il avait envie de vomir en « le » voyant pincer le nez de Yuna, la faisant se tortiller cherchant sa respiration. La pauvre, Kanda ne pouvait même pas tourner les yeux, c'était de la maltraitance. Comment ce « Moyashi » avait pu permettre à ce « Kanda » de donner la vie. C'était horrible, aucun cri ne sortit de sa bouche alors que le bébé tombait par terre et des yeux noirs vides regardaient ce petit être bougé et lorsque Yuna commença à pleurer à nouveau, il sourit et le prit dans ses bras, la caressant disant que tout allait bien se passer qu'il allait prendre soin d'elle.
Son cœur lui faisait mal, c'était un monstre. Cette vie qu'il a eu n'était pas une parodie mais un enfer.
– Tu as déjà commencé'' dit sa voix alors qu'ils se regardaient. Il fronça les sourcils. Sa voix ne voulait pas sortir et l'autre assit sur son fauteuil lui sourit,- Freya est ma petite princesse, tu dois prendre soin d'elle'' murmura-t-il doucement, un sourire doux sur son visage,- elle est tout ce que j'ai depuis ma perte de Yuna'' dit-il en regardant le bébé qui s'agitait dans ses bras.
– Comment, tu peux ?'' la voix lui était revenue. C'était avoir une autre personne devant lui. Son dégoût transmettait dans son visage. Comment ce Kanda pouvait faire ça.
– Ce sont mes enfants, je prends soin d'eux et ils sont contents et tu attends déjà ton troisième enfant'' Kanda sursauta sans le vouloir quand une main se posa sur son ventre,- tu verras, toi aussi, tu prendras soin d'eux et surtout de lui.
– T'es complètement malade'' la compréhension de l'incompréhension était dans le regard de l'autre.
– Non j'aime mes enfants et je prends soin d'eux, il n'y a rien de mal à ça'' dit-il en fronçant les sourcils comme si lui Kanda avait dit une bêtise.
– Tu as tué ta fille'' sa voix était rauque.
– Non, elle était fragile et elle partie si jeune'' en caressant la joue de sa fille,- Yuna était la première et Freya me rejoindra bientôt.
Une colère sourde monta en Kanda qui frappa cette abjecte personne qui portait seulement son visage.
– Jamais, elle ne partira…
– Si et j'attends ma petite Freya comme j'attends le troisième'' son regard était rempli de tendresse en regardant le ventre du brun qui grimaça,- c'est en toi. C'est mon corps que tu as, mon cerveau et tu as déjà senti l'envie de prendre soin de Freya, pas vrai'' son sourire n'était pas naturel. Rien ne l'était. Ce n'était qu'un rêve rien de plus, il ne pouvait pas devenir ce monstre qui était devant lui,- Allen te donnera plus.
– Me donnera quoi !'' comment pouvait-il écouter son ''autre''.
– Des autres enfants comme il m'a donné Freya après l'enterrement de ma petite Yuna'' il y a eu une longue pause, le regard de « Kanda » brillait de bienveillance, c'était déroutant,- il me donne tout ce que je veux et il te donnera tout ce que tu veux, nos enfants qu'on prendra soin, pas vrai.
Et pour la première fois Kanda était parti dans un fou rire qu'il n'arrivait pas à contrôler alors que des larmes chaudes coulaient sur ses joues. Il était sur le point de craquer, il n'était pas préparé pour cette aventure-là. C'était le karma qui le rattrapait.
– T'es tordu dans tous les sens du terme'' l'autre ne dit rien mais soupira :
– Je n'ai même pas eu le temps de donner un nom à notre troisième. Tu as pris ma place'' cette fois-ci Kanda senti de la rancune dans sa voix,- mais c'est pas grave, tu es moi et tu prendras soin de lui.
– Arrête de répéter ça, bon sang'' sa colère explosait, ces hormones ne le laissaient pas tranquille alors que l'autre continuait à caresser Yuna, ce petit être qui n'avait pas eu sa place dans ce monde.
– Prends soin de ma famille'' la voix devenait plus lointain, une main caressait sa tête, ses yeux s'ouvrirent doucement.
– Ça va, je suis là'' murmura-t-il en embrassant ses lèvres, il n'avait pas le courage de l'empêcher. Ce n'était qu'un rêve, pas vrai,- chut'' cette tendresse lui faisait mal. Le bonheur n'était pas pour lui, il n'avait vécu que pour la souffrance et la solitude, le blandin le torturait à chaque caresse qu'il lui faisait.
Le goût de l'amertume dans son être, ses yeux rencontrèrent celui d'Allen qui lui souriait avec tendresse. Il grimaça, son cœur battait trop vite. La main du blandin partit caresser son ventre rebondi. L'amour que le maudit lui portait le dégoûtait de lui-même. Il n'arrivait pas à s'empêcher de le contenter, ce corps l'entravait quémandant chaque caresse, chaque sourire de ce Moyashi. Ce corps était comme prisonnier ne sachant où aller sans l'autre. Kanda se doutait que l'autre qui l'embrassait en ce moment avait fait quelque chose.
– Laisse-moi'' au bout des lèvres de son « amant », sa voix était froide. Allen le regarda :
– Tu as commencé'' murmura le blandin ne tenant pas compte des mots. Sa tête lui faisait mal, ses pieds lui faisaient mal, c'était enflé comme ses jambes. Il avait l'impression d'être une baleine échouée.
– De quoi tu parles !'' en grognant repoussant son compagnon qui voulait l'embrasser à nouveau,- arrête de m'accaparer'' à bout de souffle alors qu'ils se regardaient. Le regard que le blandin lui donna lui fit froid dans le dos et c'était une première. C'était une folie cachée qui montait petit à petit. Qu'est-ce qu'il avait dit pour le mettre dans cet état.
– Tu recommences à prendre soin de Freya'' dit Allen, essayant de le retenir dans ses bras. Kanda tiqua et se remémora son rêve.
– J'ai rêvé de Yuna'' dit-il n'essayant plus de s'échapper voulant connaître la vérité que ''Yuna'' n'existait pas car cela voulait dire qu'il allait recommencer, c'était en lui et sa volonté ne suffira pas pour Freya, pas pour l'enfant qui allait naître aussi.
– Ça devait être un beau rêve, elle me manque aussi'' chuchota-t-il en embrassant mon front,- c'est pour ça que tu pleurais.
Rien n'était dit, cette rage en lui bouillonnait en regardant ce pseudo-père qui aurait du l'empêcher de faire toutes ces atrocités et cet abruti se laissait faire le mettant en cloque comme s'il était une usine qui donnait et retirait la vie. Non ce n'était pas lui, c'était l'autre. Il ne pouvait pas penser comme ça. Un étranger était avec lui dans ce lit, ce n'était pas lui, c'était ce monde qui dévorait tout sur son passage. Il grimaça :
– Ça va'' dit-il inquiet alors que Kanda caressait son ventre qui lui tirait. Il se mit en boule, la douleur le transperçait. Il n'entendait pas la voix paniquée de son aimé, il sentait juste un liquide chaud couler contre ses cuisses, c'était juste douloureux et rien d'autre.
XOXOXOXOXOXOX
– Heureusement que votre compagnon guérit vite'' dit le médecin de famille,- c'est toujours impressionnant de voir ses blessures se fermer à une telle vitesse'' c'était quelqu'un en qui, la famille Noé avait confiance depuis le début de la création du monde.
– Merci, docteur'' dit Allen en caressant la joue de Kanda, sa fille était endormit dans ses bras. Ne voulant pas se rendormir sans que sa mère ne se réveille mais la fatigue a été la gagnante,- quel a été la cause ?
– Je n'ai rien trouvé de concret mais selon ce que tu m'as dit et ce qu'il traverse, je dirais le stress et le surmenage.
– Il ne fait rien, je lui ai interdit. Cela ne lui avait pas fait plaisir lorsqu'il était enceint de Yuna, car il a du arrêté de combattre à mes côtés.
– Cela peut venir de ces émotions, de toi, de sa fille ou du monde'' murmura le médecin,- ce n'est pas un bon environnement pour les personnes qui essayent de tomber enceinte alors que la guerre fait rage.
– Tu sais très bien que l'humanité va disparaître'' dit Allen en couchant sa fille à côté de son compagnon et embrassa son front. Elle fronça un peu le nez de droite à gauche avant qu'une de ses petits mains se pose sur le cou de Kanda.
– Je te laisse'' dit-il, Allen hocha la tête. Il n'y avait rien d'autre à dire de plus. La porte se ferma, il s'allongea aussi à côté de sa fille. La peur que Kanda commette l'irréparable le surmenait.
Fin
