C'est parti pour le dernier chapitre. J'espère seulement que vous n'aurez pas d'envie de meurtre quand vous serez arrivés au bout!
Si vous n'avez pas de réaction une fois le point final atteint, je rend les armes, juré!
Chapitre 10 - Trafic
Je n'ai plus d'ennemis quand ils sont malheureux.
Victor Hugo
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Ziva avance dans le couloir, pensive. Elle vient de mentir à Abby.
Elle n'a pas cru voir Tony lors de l'arrestation de Howard. Elle a bien vu quelqu'un, mais pas lui. Non, elle l'a vu ailleurs.
Régulièrement elle l'aperçoit dans la rue. Au milieu de la foule des passants, au détour d'une rue, aux abords du parc où elle se rend souvent, il est là. Il la regarde, parfois lui sourit. Mais il est toujours au loin. Et quand elle veut s'approcher, il disparaît.
C'est depuis ce jour, au cimetière, qu'elle le voit régulièrement.
Fantôme ? Hallucination ?
Elle l'ignore et n'est pas certaine de vouloir le savoir, car le voir lui fait du bien. Beaucoup de bien.
Elle a la sensation qu'il est toujours là, qu'il veille sur elle, qu'il l'a soutient quoi qu'elle fasse. Elle aime ce sentiment de sécurité, l'idée qu'il soit son protecteur.
Elle a seulement peur qu'il disparaisse, qu'il la laisse seule. Elle se dit parfois qu'il faut qu'elle en parle, qu'il y a de quoi se faire du souci pour sa santé mentale...
Mais elle ne le fait pas. Elle tient trop à ses rares moments où elle le voit.
Et puis, il y a ce mystérieux bienfaiteur. Cet homme qu'elle et le reste de l'équipe croise sur leur route depuis la mort de Tony. Quelqu'un qui les a encore protégés il y a quelques heures. Quelqu'un qui leur a permis d'obtenir des passes-droits et des informations quand ils en manquaient. Quelqu'un qui utilise un 45. Quelqu'un qui est vivant. Quelqu'un qui est apparu à la disparition de l'agent.
Mais Tony est mort depuis six mois. Alors qui ?
Gibbs sort du MTAC énervé. Cette affaire d'espionnage industriel et de trafic de technologies avancées commence à lui taper sur le système.
La CIA refuse toute implication de leur part, alors que la Navy est impliquée. Le secrétaire d'état à la défense l'appuie, le FBI n'a pas son mot à dire et le NCIS reste sur la touche.
Pourtant ils savent que l'essentiel du trafic entre les États-Unis, l'Amérique du sud et l'Amérique latine se fait grâce à ce qui a été dérobé aux marines.
Ils ne connaissent pas l'identité du dirigeant, il est surnommé "Le Fantôme" et c'est ce pseudonyme qui orne le mur au lieu de sa photo.
Tous ses hommes utilisent des portables prépayés, impossibles à localiser. Ce sont des blancs et des latinos. Les conversations se font en espagnol et en anglais.
Les hommes en bas de l'échelle sont connus, pas les autres, mais ils n'ont jamais trouvé une seule preuve contre eux.
Ils dérobent de hautes technologies pour les revendre au plus offrant. Il s'agit essentiellement de nouvel armement, mais il peut y avoir de tout, surtout si c'est sur commande.
Ils ne soucient évidemment pas de l'utilisation que les acheteurs en font et la crainte actuelle est que cela puisse alimenter des réseaux terroristes et se retourner contre les États-Unis.
Ils en ont déjà eu plusieurs exemples. Les dégâts ont été minimes mais la chance risque de tourner.
Ils ont réussi tant bien que mal à éviter les drames et coincés des acheteurs qui menaçaient le pays, mais la situation restera le même tant qu'ils n'auront pas fait tomber le réseau du Fantôme.
Et le principal problème se trouve là, car personne, absolument personne n'a réussi à les infiltrer. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé, que se soit eux, la CIA ou le FBI.
Mais tous ont échoué. Ils ont même acquis la certitude que Le Fantôme avait, quant à lui, réussi cet exploit dans leurs agences. Il a toujours un coup d'avance sur eux et ils n'arrivent pas à se sortir de ce piège.
Il a fait son trou en quelques années et, depuis un an, ils le retrouvent sur leur route régulièrement. Le bureau de Washington n'est inquiété que depuis quelques mois, avant c'est celui de L.A. qui avait la charge du dossier. Le directeur Vance a également mis l'équipe de Gibbs dessus à cause de la mort de Tony. C'est le seul moyen qu'il a trouvé pour les sortir de leur torpeur suite à sa disparition.
Bref, ils se font narguer par un trafiquant et Gibbs n'apprécie absolument pas. Rajoutez à cela l'inconnu insaisissable qui semble les surveiller, puisqu'il intervient toujours moment opportun, le nouveau qui, malgré ses qualités, manque cruellement d'expérience, l'absence de Tony, qu'il a en tête chaque seconde et que Ziva a fait ressurgir, l'atmosphère toujours pesante depuis le début de l'année, sa fatigue suite à la dernière enquête, le manque évident de caféine dans son organisme... et vous obtenez un Gibbs sur le point d'exploser.
Aussi lorsqu'il rejoint l'open space et qu'il constate que ses agents n'ont pas encore rendu leurs rapports, il passe ses nerfs sur eux, les rabrouant alors qu'ils n'ont rien fait. Il peut voir qu'eux aussi ont été éprouvés par ces derniers jours.
Il soupire et leur donne l'ordre de rentrer chez eux. La paperasse pourra bien attendre demain.
Ziva gare sa voiture le long de l'allée. Elle en sort nerveuse. La journée a été éprouvante.
Elle monte les escaliers tout en cherchant fébrilement ses clés dans son sac. Elle vient de les trouver et s'approche de la porte quand :
- Tu devrais te mettre au déca, retentit une voix.
La jeune femme se fige.
Cette voix...
Elle se retourne lentement pour se figer de nouveau. Sur les marches se trouve un visage bien connu.
- Tony ! souffle-t-elle.
À suivre...
