Le tintement du verre brisé


Réponses aux reviews :

- Cecile78 : Merci beaucoup, ça me touche énormément.

- Mlie : J'espère que ce chapitre va te plaire et, comme d'habitude, merci beaucoup pour ta lecture et ta review.


Résumé des derniers chapitres :

Kurt se rapproche petit à petit de Burt et a coupé tout contact avec Sebastian. Sa relation avec Blaine devient de plus en plus sérieuse. Quinn et Santana ont décidé d'aider Blaine à se venger de Karofsky et à l'éloigner de Kurt.


Chapitre 10 :

Il devait être aux alentours de onze heures du soir lorsque Kurt toqua à la porte du bureau de son père, situé au fond du couloir au rez-de-chaussé. Il se tortilla nerveusement les doigts en attendant une réponse de l'homme qui, comme à son habitude, travaillait tard le soir sur la comptabilité ou les commandes du garage. La voix forte de Burt l'autorisa à pénétrer dans la pièce et Kurt tourna la poignée métallique.

Son père était installé derrière son imposant bureau recouvert de dossiers et de liasses de papier en toutes sortes et de couleurs variées, et Kurt ne put s'empêcher de penser que la pièce avait besoin d'un bon rangement et d'une classification digne de ce nom. Burt releva la tête, l'air exténué, et reposa ses lunettes près de son clavier d'ordinateur.

- Kurt, commença-t-il étonné. Que se passe-t-il ? Tu as besoin de quelque chose ?

Il sourit légèrement en s'installant dans le fauteuil face à son père et secoua la tête.

- Non, non ça va papa.

Il vit les yeux de son père s'écarquiller face à ce dernier mot. Il ne l'avait plus employé depuis un long moment, préférant éviter toute conversation avec lui et n'utilisant aucune marque de tendresse ou d'amour envers lui. Pas qu'il n'aimait pas son père, au contraire Burt était tout ce qui lui restait. Il était sa seule famille, même si désormais Finn, Carole et Lizzie s'étaient ajoutés.

- Tu es rentré tôt, continua Burt, une once d'espoir et de fierté dans le regard.

- J'ai dîné chez Blaine, expliqua Kurt.

Burt esquissa un sourire sincère et Kurt rougit. Il n'avait jamais assumé une relation comme il le faisait avec Blaine, surtout pas devant son père. Il se racla la gorge, sa soirée avec le jeune homme n'était pas la raison de sa venue.

- C'est fini, annonça-t-il comme si ces simples mots expliquaient tout et que Burt le comprenait.

- Qu'est ce qui est fini ? demanda l'homme en fronçant les sourcils.

- Tout ce dont je n'aurais pas du être impliqué. Je suis désolé, tu t'es inquiété pour moi.

Au bout d'un moment, bien trop long pour Kurt, Burt hocha la tête faisant ainsi savoir qu'il avait compris de quoi il parlait.

- Merci, Kurt.

Il ouvrit les bras en signe d'invitation et Kurt se leva incertain. Burt le blottit contre lui et il se laissa peu à peu aller dans cette étreinte, son coeur ratant quelques battements au passage.

- Quelque soit les choix que tu pourras faire, Kurt, je t'aimerai et je continuerai à veiller sur toi.

Kurt acquiesça inutilement dans le cou de son père qui resserra sa prise et essaya de ne pas pleurer. Leur étreinte lui semblait étrangement inconfortable et rassurante à la fois. Burt ne l'y avait pas habitué, les contacts physiques n'avaient jamais été leur spécialité.

- Je suis fier de toi.

Cette fois-ci, Kurt renifla pour refouler ses larmes et inspira profondément en tremblotant. Son père était fier de lui, chose qui n'était plus arrivé depuis son enfance. Et il ne pouvait pas être plus heureux. Burt rigola en chassant les premières larmes du dos de sa main, puis la replaça dans le dos de son fils qui noua ses bras autour de son cou, bien décidé à profiter du moment.


- Alors on fait quoi ? demanda Santana en le rattrapant dans le couloir après la répétition du glee club.

Blaine se retourna en soupirant, Quinn à ses côtés.

- Que veux-tu faire ? On ne peut pas aller le voir en plein milieu du lycée et lui dire "ne touche plus à Kurt ou on t'éclate".

- Si on peut, assura Santana sans le quitter du regard.

- Arrête ça, Sant'. On ne peut pas faire ça et tu le sais aussi bien que nous.

Santana soupira bruyamment en posant ses mains sur ses hanches et en soulevant un sourcil.

- Donc, on fait quoi ? répéta-t-elle.

Quinn lança un regard désespéré vers Blaine qui passa une main sur sa nuque.

- On ne sait pas, répondit-il. Et avant d'entreprendre quoi que ce soit, on en parle à Kurt. Je ne veux rien faire dans son dos.

La jeune hispanique marmonna un commentaire désobligeant que Blaine préféra ne pas relever et ils reprirent leur route vers le parking.

- Vous avez des choses prévues pour ce soir ? demanda soudainement Quinn en les observant tour à tour, alors que Blaine poussait la porte de sortie. On pourrait se rejoindre et voir ce qu'on compte faire pour que Karofsky le laisse tranquille.

- Au Breadstix ? proposa Blaine. Je demande à Kurt.

Il eu à peine le temps de sortir son téléphone portable que Santana lui retira des mains.

- T'es débile ou te le fais exprès ? On ne doit pas vous voir ensemble, mais tu comptes passer la soirée au restaurant avec lui.

- Venez chez moi, les invita Quinn en haussant les épaules. Ma mère est à un repas d'affaire, elle ne rentrera pas avant minuit. Vingt heures c'est bon ?

Santana fit la moue, mais accepta en rendant son portable à Blaine lui autorisant, cette fois-ci, à contacter Kurt.

Envoyé à 17h06 : T'es libre ce soir ? - Blaine.

La réponse fut presque immédiate et Santana se pencha par-dessus son épaule pour la lire.

Reçu à 17h06 : Ca dépend, que prévois-tu ? - Kurt.

Envoyé à 17h07 : Sois prêt vers 19h30, tu le découvriras par toi même - B.

- "Pas de problème, à tout à l'heure", lut Santana quand le message suivant arriva. Si ça ce n'est pas une relation dégoulinante de confiance, pathétique.

Elle rejoint sa voiture et Quinn soupira en passant son bras sous celui de Blaine.


Il était dans les alentours de dix-neuf heures trente - vingt-sept précisément, à en croire la montre de Kurt - et il commençait sérieusement à s'impatienter en guettant le moindre mouvement ou bruit dans sa rue. Il appuya sur le bouton central de son téléphone portable pour vérifier s'il n'avait pas manqué un message ou appel de Blaine, mais visiblement pas. En tout cas, pas depuis les trois derrières minutes.

Kurt soupira en écartant un des rideaux de la fenêtre donnant sur la rue en se mordillant la lèvre inférieure. Blaine était en retard et il mourrait d'envie de savoir ce qu'il avait prévu pour la soirée. Il laissa glisser le tissu transparent entre ses doigts en jetant un regard vers l'intersection qu'il pouvait apercevoir depuis l'intérieur de la maison, mais toujours pas de 4x4 à l'horizon.

Il s'éloigna en soupirant et vérifia sa tenue dans le grand miroir de l'entrée. Il renoua son foulard et sursauta lorsque la sonnette retentit.

En souriant, il attrapa la poignée et écarquilla les yeux en se retrouvant nez à nez avec un bouquet d'une dizaine de roses. Blaine les lui tendit, une sourire magnifique aux lèvres, et ancra ses pupilles pétillantes dans ses yeux. Kurt attrapa précieusement le bouquet et laissa glisser ses doigts sur les pétales blanches et rouges sans pouvoir retenir un immense sourire d'ourler ses fines lèvres rosées. On ne lui avait jamais offert de fleurs avant cela. Pas même une marguerite cueillie à la hâte dans l'herbe, ni même un pissenlit récolté sur le bord d'un champ. Rien, pas une seule. Et là, il ne pouvait contrôlait les battements frénétiques de son coeur, ni le léger tremblement de ses doigts caressant les douces pétales avec précaution. Blaine venait de lui offrir son premier bouquet. Dix magnifiques roses blanches et rouges.

- Merci, susurra-t-il en passant un bras autour du cou de Blaine et y nicha son visage. Elles sont magnifiques.

- De rien, sourit-il. Et désolé pour le retard, il y avait un monde fou chez le fleuriste.

Kurt effleura son cou de son nez avant d'y déposer un léger baiser et de se reculer.

Il le tira par la main jusqu'à la cuisine pour mettre le bouquet dans un vase tout en en profitant pour questionner Blaine sur ses intentions.

- Alors, où comptes-tu m'emmener ?

- Pas très loin, répondit simplement Blaine en haussant les épaules.

Kurt souleva un sourcil en posant le vase sur la table de la cuisine pour le descendre dans sa chambre en rentrant.

- Pas plus de détail ?

- Non, attrape juste ta veste et tu le découvriras rapidement.

Il obéit et le suivit jusqu'à sa voiture garé sur le trottoir d'en face. Ils s'installèrent tout deux et Blaine mit le contact en l'interrogant sur sa journée.

Kurt écoutait distraitement Blaine lui parler de la dernière réunion du glee club en fronçant les sourcils lorsqu'il reconnut la rue dans laquelle le jeune bouclé venait de tourner. Il mit son clignotant et se gara dans une allée de garage lui étant familière. Kurt descendit et hoqueta de surprise en se retournant vivement vers Blaine quand il put mieux apercevoir la grande bâtisse.

- On est chez les Fabray, s'étonna-t-il.

Blaine acquiesça en refermant la voiture et en se dirigeant vers Quinn qui venait d'ouvrir la porte d'entrée pour les accueillir. Kurt cligna des paupières encore hébété avant de les rejoindre sous le porche où la jeune fille les enlaça chaleureusement chacun leur tour.

- Ca me fait plaisir de te revoir, Kurt, sourit-elle en laissant glisser son bras autour de ses épaules.

- Fabray ! retentit la voix de Santana depuis l'intérieur de la demeure. Ramène tes fesses, je ne trouve pas l'huile d'olive.

Quinn les invita à prendre place dans le salon et s'enfuit dans la cuisine où Santana continuait à fouiller chaque placard à la recherche des différents ingrédients dont elle avait besoin.

Kurt et Blaine s'installèrent sur le sofa en daim crème devant la cheminée et les deux jeunes filles les rejoignirent peu de temps plus tard. Santana leur adressa un sourire rayonnant.

- A l'anéantissement de Karofsky, salua-t-elle d'une voix enjouée.

- Je… Qu… quoi ? se redressa vivement Kurt.

Blaine lui lança un regard noir et Quinn la félicita pour son tact d'un ton sec.

- C'est quoi cette connerie ? insista Kurt en se retournant vers Blaine pour rencontrer son regard.

- Calme-toi, Porcelaine. On veut juste vous aider à pouvoir être ensemble.

- C'est pour ça que je suis ici ? Vous aviez tout prévu, n'est-ce pas ?

Quinn s'assit près de lui et glissa un bras dans son dos, alors que Blaine attrapa sa main et la serra dans la sienne.

- On s'est ce qu'il t'a fait, commença Quinn d'une voix douce. Blaine nous a dit qu'il t'avait embrassé l'an dernier et on veut juste être utile. Il n'avait pas le droit de te faire ça, Kurt.

Kurt se dégagea vivement et sauta sur ses pieds.

- Tu n'avais pas le droit de le leur dire, siffla-t-il à l'intention de Blaine. Et je ne veux pas de votre aide. Je suis capable de me débrouiller tout seul avec Karofsky et de tout régler sans aucun d'entre vous.

- Non, tu ne peux pas, contredit fortement Santana en l'obligeant à se rasseoir entre Quinn et Blaine. On n'est pas en train de te demander la permission, compris ? Tu as trois personnes qui tiennent à toi et qui ont décidé de prendre les choses en main avec toi. Alors, arrête ta crise de nerf et accepte en vitesse le fait que l'on agira avec ou sans ton accord.

Il inspira profondément en la foudroyant du regard.

- Bien, accepta Kurt d'une voix cassante. Que comptez-vous faire ?

- Enfin une question intéressante, Hummel ! s'exclama-t-elle en posant une main sur sa hanche. Je propose de laisse Snixx régler ça. Il pourrait commençait par fai…

- Santana ! la coupa Quinn. Attendons au moins le plat pour cette conversation. Pour l'instant, viens m'aider en cuisine.

Blaine approuva vivement en apercevant le regard effrayé de Kurt. La jeune fille souffla et effleura la cuisse de Quinn quand elle la contourna pour se diriger vers l'autre pièce.

- Quoi ? demanda-t-elle à Blaine qui fronça les sourcils. Tu n'es pas le seul à être du côté de l'arc-en-ciel.

Il ne releva pas et Quinn la poussa vers la cuisine en secouant la tête.

- Désolé, murmura aussitôt Blaine en se tournant vers Kurt. Je n'aurais pas du leur parler de Karofsky sans ton accord et si tu veux que l'on reste en dehors de cette histoire, dis-le et on le fera.

Kurt acquiesça et se rapprocha de lui pour poser son menton sur son épaule.

- Je vous fais confiance.

Blaine sourit et passa un bras autour de sa taille pour l'attirer à lui.

- Et je veux que vous m'aidiez, continua Kurt.


Blaine traçait des arabesques abstraites sur la peau nue et douce de la hanche de Kurt en fixant le plafond. Il soupira et enfouit plus profondément sa tête dans l'oreiller. Il était à deux doigts d'avoir tout ce qu'il désirait. Il n'avait plus qu'à éloigner et à se débarrasser de Karofsky, puis Kurt serait officiellement sien.

Ce foutu footballeur était le seul à les empêcher d'être ensemble. Et Blaine le haïssait encore un peu plus pour se mettre au travers de son bonheur avec Kurt. Cette brute n'avait tout simplement pas le droit de dicter à Kurt ce qu'il devait faire ou pas, avec qui il pouvait être ou non. Il n'était rien pour Kurt. Juste une source de peur et de souffrance. Cela devait s'arrêter, personne n'avait le droit de faire du mal à Kurt. Il ne le permettrait pas.

Il laissa courir sa main le long de son dos et Kurt grogna dans son sommeil avant de se rapprocher encore plus de lui et de raffermir sa prise autour de sa taille. Blaine sourit en se penchant pour déposer un baiser sur son front.

- Je ferai n'importe quoi pour toi, murmura-t-il.

Il entrelaça sa main libre à celle de Kurt qui reposait sur sa poitrine et l'observa un sourire tendre aux lèvres.

- Je t'aime tellement, Kurt.


Note de l'auteur : J'espère que vous avez aimé ce dixième chapitre.

Je vais être pas mal occupée ces prochains temps avec mes révisions et autre, mais j'essaierai de ne pas trop espacer les délais entre les nouveaux chapitres. Normalement ça ne sera pas plus de deux semaines entre chaque publication, je n'ai malheureusement pas trop le temps d'écrire en ce moment. Mais je voulais tout de même vous prévenir au cas où je prendrai du retard et que je ne pourrai pas mettre la suite avant plusieurs semaines.

A bientôt et une review me motive énormément.