Tenkû no Escaflowne – Porteuse de nouvelle

Lune des Illusions. Chez Hitomi..

L'arme sur la tempe, Hitomi, à travers ses larmes, murmura : « Si je ne peux être avec lui, si je ne peux être à lui, je n'ai plus de raison de vivre. »

Hitomi appuya sur la gâchette.

Une détonation résonna dans tout l'appartement, faisant fuir quelques oiseaux perchés sur la rambarde du balcon où traînait quelques miettes de pain.

Le téléphone sonna. Trois sonneries. Le répondeur se mit en marche. « Bonjour, vous êtes bien chez Hitomi. Je ne suis actuellement pas disponible, laissez un message et je vous re-contacterai. »

Un bip sonore retentit et la voix de Yukaru s'éleva dans le salon.

« Bonjour Hitomi. Je sais que ces derniers jours n'ont pas été faciles pour toi… » Un temps de silence. « D'habitude c'est toi qui a des visions de l'avenir… mais pour une fois, je veux que ce soit moi, la porteuse de bonne nouvelle. Et tu sais ce que je sais… Je suis sûr que tu le reverras très bientôt… Celui qui anime ton cœur. Je t'embrasse, ton amie de toujours. »

Puis le silence revint dans le salon. Dehors, les oiseaux pépièrent de plaisir au soleil.

Lune des Illusions. Chez Yukari.

Yukari ferma le robinet de l'eau chaude et laissa l'eau froide glisser sur sa peau, puis frémissant elle éteignit la douche. Elle attrapa la serviette de bain qui traînait par terre et s'enveloppa, luttant pour faire tenir le coin de la serviette sur sa poitrine.

Yukari sortit de la salle de bain en attrapant sa brosse à cheveux. Elle sifflota un air de musique entendu à la radio le matin. Elle sautilla jusqu'au salon et ne put s'empêcher de sourire avec allégresse en apercevant pour la énième fois le petit coffret de velours contenant la précieuse bague de fiançailles offerte la veille par Amano. Elle s'approcha et s'accroupit, se tenant du bout des doigts à la table de verre. Elle tendit doucement la main et ouvrit le coffret. Elle sourit de nouveau en voyant la beauté de sa bague. Puis une forme se tint derrière le divan. Elle focalisa sur elle et le reconnut.

Elle ne l'avait aperçu que quelques instants tant d'années plus tôt, monté sur un grand dragon blanc qui avait traversé le ciel et emmené son irremplaçable amie sur les ailes de son dragon. Ces cheveux noirs et ce regard franc. Il n'avait pas changé ou alors son souvenir s'était altéré avec le temps.

Il la dévisagea et sembla la reconnaître.

Mais la vision disparut aussitôt. Yukari se redressa, échappant sa serviette qui tomba à ses pieds nus. Les yeux grands ouverts, elle se précipita sur son téléphone et composa de tête le numéro de téléphone d'Hitomi. Elle raccrocha avant la première sonnerie.

Que pouvait-elle bien lui dire ? « Salut Hitomi, j'ai eu la vision d'un homme dans mon salon… ».

Elle s'agenouilla, tenant fermement le combiné entre les mains. Elle ferma les yeux et songea à Hitomi. Elle savait le malheur et la douleur de son amie. Elle ne lui avait pas parlé, gardant pour elle seule sa souffrance.

Mais cette apparition… Elle serait bénéfique pour Hitomi, elle en avait le sentiment, la certitude. Une certitude encore plus grande que le bonheur qu'elle allait vivre au côté d'Amano.

Elle composa de nouveau le numéro de téléphone. Hitomi ne répondit pas. Yukari laissa un message.

Quand elle raccrocha, son cœur était léger. Amano ouvrit la porte d'entrée qui donnait directement sur le salon et trouva Yukari, a genoux près d'un meuble bas, nue. Elle le vit, se leva d'un bond et sauta dans ces bras. Il lâcha les paquets de courses et l'enlaça.