Coucou ! Voila la suite, qui me tient à coeur pour ma Lawliette :)
Invitation
Allemagne
- Raiponce ! Il faut que tu viennes lire ça ! S'exclama le roi Frost avec joie.
Son épouse accourut en se demandant de quoi il pouvait s'agir. Il tenait une missive à la main et semblait rayonner de joie.
- Les Benson… Ils sont enfin débarrassés de cette Morgana et organisent un bal dans un mois où nous sommes invités.
Raiponce ne pouvait que sourire, ravie, elle aussi de cette nouvelle.
- Nous allons enfin pouvoir leur présenter nos enfants et renouer des liens.
Jack sourit. Il était content de pouvoir retrouver ses amis lui aussi. Ils avaient été proches d'Ariel et Eric après tout. La dernière fois qu'ils les avaient vus, c'était à l'occasion du baptême de Melody en mer.
- C'est long quatorze ans, ne put-il que murmurer. Ils auront sûrement invité Harold et Merida, Elsa et Hans, Kristoff et Anna, et Elena et Harris.
- Ca fera du bien aux enfants. Mais je plains les domestiques du château du Danemark avec autant de jeunes ensembles. Que disent-ils dans la lettre ?
- Ils disent qu'ils ont vaincu Morgana, que les sirènes peuvent se montrer, et que leurs enfants sont heureux de renouer avec leur héritage océanique.
Raiponce sourit et posa la tête sur l'épaule de son mari. Des festivités allaient leur faire du bien. Alban était un peu difficile en ce moment et les contredisait sur absolument tout. Azalée restait sage, toujours collée à ses parents sauf lors de leurs leçons. Les deux époux Frost étaient plus qu'impatients.
Ile de Beurk
Harold, le chef de l'île soupira et leva les yeux au ciel alors que sa femme criait sur leurs enfants qui s'étaient encore disputés. Aliénor et Theodore étaient redoutables quand ils s'y mettaient, mais toujours moins que Mérida. Il sentait qu'ils allaient bientôt rendre visite à Jack et Raiponce pour couper cette monotonie. Sans raison particulière, il se mit à repenser à Ariel et Eric. En quatorze ans, ils n'avaient toujours pas pu se revoir.
Après le baptême de Melody, il avait aidé aux recherches, mais comme la pieuvre était sous l'eau, il n'avait pas été d'une grande aide. Et puis, il avait son île à gouverner aussi. Une missive lui apporta une distraction bienvenue, même si les enfants et Merida s'étaient calmés, il était un peu ennuyé de rester sur l'île en ce moment.
Chers Harold et Mérida
Nous avons enfin pu nous débarrasser de cette maudite Morgana. Ce fut long, mais enfin, les sirènes peuvent se montrer à nouveau au grand jour et nos enfants peuvent pleinement profiter de leur héritage. Quatorze ans sans nous voir, c'est bien trop long pour nous. Nous avons prévu un bal dans un mois et comptons sur votre présence. Il est temps que nos enfants se rencontrent.
Affectueusement,
Ariel et Eric.
Le visage d'Harold s'illumina. En voilà une bonne nouvelle. Mérida se pencha vers lui. Il n'y a que les excursions avec Krokmou ou les moments de famille qui le faisaient sourire de cette manière. En général, les missives qu'il recevait ne faisaient que ressortir son ennui.
- Aliénor, Theodore… Vous allez devoir prendre des leçons.
- Des leçons ? Releva Aliénor avec un rire, espérant que son père plaisantait. Et pourquoi ?
- Nous sommes invités à un bal dans un mois.
- Un bal ? S'étonna Mérida.
- Au Danemark. Sourit Harold.
Il n'avait pas besoin d'en dire plus. Mérida était plus qu'heureuse d'une telle nouvelle et expliqua à ses enfants leurs liens avec les Benson et le pourquoi de cette séparation et cette invitation.
Norvège, Arendelle
- Elsa ! Elsa !
La reine de Norvège, et plus précisément d'Arendelle, redressa la tête. Il était rare de voir son mari courir de cette façon. Hans était quelqu'un d'assez mesuré en général. Mais il rayonnait littéralement, une lettre à la main. Kristoff et Anna se tournèrent également vers lui. Des enfants, seul Olwenn était présent dans les bras de sa mère, la reine. Tilio, Timael, Angel et Erynne étaient en train de profiter de la journée pour rendre visite au peuple.
- J'ai une bonne nouvelle !
- Je pense qu'on l'avait compris, dit Elsa avec un sourire. Je suppose que c'est en lien avec cette lettre ?
Hans approuva avec un grand sourire. Vraiment, ses douze frères ne le reconnaissaient pas depuis qu'il était avec Elsa.
- Elle vient d'Eric et Ariel. Ils nous invitent à un bal !
- Quoi ? S'exclama Anna. Mais c'est merveilleux ! Ca voudrait dire…
- Que leur ennuis sont finis ! Termina Kristoff.
Ecosse
Elena eut un soupir. Les triplés allaient la rendre folle. Mais quelle idée avait-elle eu que d'épouser un homme issu d'une fratrie de triplés ? Clyde, Ellie et Maureen étaient égaux à leur père et leurs oncles : ils jouaient des tours à tout va et savaient faire de grandes escapades comme leur tante Mérida savait si bien le faire plus jeune. Elle eut cependant un sourire attendri. Ils avaient beau lui en faire voir de toutes les couleurs, elle les aimait, ses enfants.
- Elena !
La femme se retourna et s'inclina devant Elinor qui en fit de même. La grande dame respectait le protocole même si elle s'était assagie avant qu'Elena ne la rencontre.
- Toujours en train de courir après les triplés ?
- Comme toujours. J'ai l'impression que je passe ma vie à faire ça.
Elinor eut un sourire attendri en arrivant à sa hauteur.
- Ca me rappelle tellement Mérida et les garçons. Ce château ne sera jamais en paix. Enfin, je pense que la reine du Danemark aura plus à se plaindre dans un mois.
- Ariel ?
- Il se trouve que le Danemark organise un bal. Et que Harris, les enfants et toi êtes invités.
- C'est tellement merveilleux ! Ca signifie…
- Que leurs ennuis sont terminés.
- Il parait que tu as failli m'embrasser ? Taquina Melody.
Jim écarquilla les yeux et fit mine de n'avoir rien entendu en détournant le regard. Il aimait le fait que les secrets de famille révélés aient permis à Melody d'être plus enjouée désormais, mais son côté taquin le mettait plus que mal à l'aise.
- Dire que tu aurais pu te vanter d'avoir ravi le premier baiser de la princesse !
- Mel…
- Je plaisante, Jim, voyons ! Je voulais te remercier pour tout ce que tu as fait pour nous durant cette mésaventure et m'excuser.
- T'excuser ? Mais de quoi ?
- D'avoir cru Morgana et de t'avoir laissé en arrière sans me poser plus de questions.
Jim posa la main sur son épaule.
- Tu sais, moi je suis surtout content que tout se soit arrangé et qu'on sache tout.
Il sursauta quand elle embrassa sa joue. Rapidement, elle se décala et fit comme si de rien n'était alors que ses joues se teintaient de rouge. Il regarda ailleurs avec un petit sourire discret.
- Au moins, tu pourras te vanter que la princesse t'ait donné son premier baiser, même si ce n'est que sur la joue.
- Mel ! Soupira-t-il encore.
- Trêve de plaisanterie, je suis là parce que je ne sais pas si tu es au courant, mais dans un mois, il y aura un bal.
Jim s'accouda au mur derrière lui et s'étonna de ne pas la voir aussi stressée que d'habitude.
- Ouais, il paraît que le Danemark s'ouvre à ses anciens amis ?
- Tu n'imagines pas tous les noms qu'on doit retenir. Pas moins de six princesses et cinq princes. Enfin, mes parents tiennent à ce que Sarah et toi assistiez au bal. Mais en tant qu'invités et amis de la couronne.
- Mais je ne sais pas danser ! Protesta Jim.
- C'est là que j'interviens. Il se trouve… Avant, ma mère et Sarah voulaient qu'on ne se fréquente pas. Apparemment, elles ont changé d'avis. Elles veulent… Comment a dit papa déjà ? Ah, oui, il a dit qu'elles veulent nous pousser dans les bras l'un de l'autre. Alors, elles ont eu la brillante idée de m'assigner comme professeur de danse.
Jim resta silencieux, le temps de comprendre ce qu'elle disait.
- Tu vas m'apprendre à danser ?!
- J'ai beau ne pas aimer les bals, je danse bien, fit-elle mine de se vexer.
Jim ricana légèrement.
- Oh oui, c'est pour ça que tu étais tellement fascinée par tes pieds la dernière fois !
Melody le frappa dans l'épaule, se mordant la joue pour ne pas rire.
Plus tard, Jim s'interrogea. Pourquoi donc Ariel et Sarah voulaient maintenant qu'ils se rapprochent ? Oh, les adultes étaient si compliqués. Il fit taire la petite voix qui lui murmurait que cinq princes allaient arriver et que cela signifiait cinq concurrents. Melody n'était pas un trophée à ses yeux. Il détestait penser de cette manière.
- Tu voudras faire quoi plus tard ? Tu ne vas pas rester domestique toute ta vie ?
Jim se tourna vers Uriel. Le prince était malin.
- Ton père m'a dit qu'il m'aiderait. J'avais pensé à capitaine ou au moins un membre de sa flotte. Ou alors un garde.
- Oh, garde royal, comme ça, le jour où Melody régnera, tu la protégeras contre vents et marées.
Jim éclata de rire face à l'air qu'arborait Uriel. Mais il se plaisait à l'imaginer.
- Et je suppose que le noble prince que tu es… Sera aux côtés de la meilleure amie de la grande reine Melody ?
Uriel lui lança un regard noir tout en rougissant. Les deux garçons restèrent un moment silencieux. Uriel imaginait ce que Jim suggérait. Il avait envie de s'occuper de Daphnée et de la protéger mais à douze ans… Il savait que sa famille aquatique s'occupait d'elle, mais la dernière fois qu'il l'avait vue, il avait vu la solitude dans ses yeux. Elle avait toujours été seule, mais maintenant, elle vivait avec des inconnus et devait se reconstruire, hors de ce que ses parents et Morgana lui avaient dit.
Jim quant à lui souriait d'un air rêveur. L'image qu'Uriel lui avait montrée était plaisante. Melody en reine sur son trône et lui en garde royal à ses côtés… Il se rendit brutalement compte de tout ce qu'il se refusait à accepter. C'était bien plus qu'un flirt ou des sentiments naissants. Il était tombé amoureux de la princesse du Danemark. De sa meilleure amie. De son amie d'enfance. Et il ne savait pas quoi faire face à ça.
- Azalée et Alban d'Allemagne, Aliénor et Theodore de Beurk, Angel, Olwenn, Erynne, Tilio et Timaël de Norvège, Clyde, Ellie et Maurren d'Ecosse. Dîtes-moi que j'ai juste !
Ariel, Sarah et Delbert rirent devant l'air désespéré de Melody.
- Ce n'est pas drôle ! Râla la jeune fille.
- Tu as tout juste, sourit Ariel. Et pour ce qui est de leurs parents ?
- Maman ! Ils se feront de toute manière annoncer en arrivant, non ?
- Tu ne les as jamais vus, tu te dois de retenir leurs noms voyons !
Melody leva les yeux au ciel.
- Maman, c'est déjà un miracle que je ne me sois pas trompée pour les princes et princesses, ne m'en demande pas trop à la fois !
Ariel eut un sourire et leva à son tour les yeux au ciel. Sa fille lui ressemblait bien trop, c'était une évidence que c'était le genre de choses qu'elle aurait pu dire à son père. Sarah frappa dans ses mains et prit congé, elle avait des choses à faire. Delbert la suivit, assurant qu'il voulait boire un thé. Les deux adultes avaient dû se rendre compte que Melody voulait parler de quelque chose d'important avec sa mère. Ariel s'en rendit d'ailleurs compte puisqu'elle s'assit à côté de sa fille en saisissant ses mains entre les siennes et en la fixant d'un air concerné.
- Melody, ma chérie, quelque chose te tracasse ?
La jeune fille planta son regard franc dans celui de sa mère.
- Ce serait mentir que de dire que ce futur bal ne me fait pas peur, étant donné la façon dont le dernier s'est déroulé.
Melody regarda ailleurs en se mordant la lèvre. Ariel chercha son regard, voulant la rassurer.
- Je peux te promettre, que plus jamais un tel bal n'arrivera dans ce château. Et de toute manière, il n'y aura que nos amis et nous.
Melody eut un soupir de soulagement. Bien sûr, c'était toujours effrayant de rencontrer autant de personnes qu'elle ne connaissait pas. Et plus encore des amis de ses parents, des rois et des reines. Que ses parents n'avaient pas vu depuis quatorze longues années. Enfin, ce n'était pas ce qui la tracassait le plus.
- Il y a autre chose, pas vrai ?
- C'est Daphnée.
Ariel eut l'air soucieux et fut plus sérieuse encore. Elle aimait beaucoup la jeune sirène blonde.
- L'autre jour je suis allée la voir et… Je me suis bien rendu compte qu'elle ne va pas bien.
- Il lui faut un temps d'adaptation, rien de plus normal.
- C'est autre chose, maman. Elle est complètement perdue. Elle n'a connu que Morgana, Clive et Abigail depuis qu'elle est née. Ils ne sont plus là. Elle a beau être heureuse d'en être débarrassée….
-…Elle ne sait plus où elle en est, c'est ça ?
Melody acquiesça, recommençant à se mordre les lèvres avec inquiétude.
- Elle… Elle est déprimée et angoissée. Elle se retrouve au milieu d'inconnus. Et même s'ils sont gentils, ça reste des inconnus pour elle. Daphnée est dure à apprivoiser et… A part Morgana et ses parents elle n'a connu que…
- Toi, Uriel et Jim, n'est-ce pas ?
La princesse acquiesça, contente que sa mère voit où elle voulait en venir.
- Et tu penses qu'elle voudrait bien venir ?
- Je lui ai déjà proposé, mais elle avait l'air ailleurs quand je le lui ai demandé. Maman, elle me repousse. Elle se sent coupable de nous avoir trompés et j'ai du mal à l'approcher. Elle connait mieux l'océan que moi, alors je la perds rapidement. Je t'en prie, maman, j'ai besoin que tu m'aides, c'est ma seule amie.
- Et Jim ? Sourit malicieusement la reine.
- Jim est un garçon, ce n'est pas pareil.
- Ou alors ce n'est pas de l'amitié.
- Maman, ne recommence pas avec ça !
Melody gonfla ses joues comme quand elle était enfant et Ariel éclata de rire. C'est ainsi qu'Eric les trouva et un sourire heureux retroussa ses lèvres.
- Discussions de filles ?
- Oui, dit Ariel avec un grand sourire, elle aussi.
- J'appellerai plutôt ça « maman taquine sa fille sur son cœur ».
- Et apparemment, ça fonctionne, vu ton air boudeur, rit Eric.
- Plus sérieusement, maman, tu peux y repenser ? J'ai bien vu qu'il y a un lien entre vous.
- Je vais faire mieux, ma chérie.
Ariel prit le visage de sa fille dans ses mains, son regard dans le sien. L'instant avait beau être sérieux, Eric ne pouvait que sourire face à une telle complicité.
- Je te promets de ramener Daphnée ici. Je te promets qu'elle ira mieux et qu'elle acceptera de se pardonner. Et acceptera votre amitié à tous les trois.
Melody serra sa mère contre elle avec espoir. Contente de pouvoir se confier et compter sur elle.
- Daphnée ? Elle est partie depuis ce matin et n'est pas revenue, dit Finn.
- Je pars à sa recherche, répondit Ariel en confiant Melody à son cousin.
Melody soupira et suivit son cousin dans une lagune où il allait souvent avec Erin et Nolan.
- Un problème avec Daphnée ? Demanda Finn avec justesse.
- Elle me repousse. Je sais qu'elle s'en veut, mais c'est dur pour Uriel et moi. Et plus encore pour Jim qui ne la voit plus du tout puisqu'elle ne vient jamais à la surface.
Finn posa la main sur l'épaule de Melody.
- Je suis sûr que ça va s'arranger.
- Et ton père, il va bien ?
- Il se remet et commence à reprendre du poids. Maman parle de faire une autre cérémonie de mariage.
Melody eut un doux sourire.
- Alors, il paraît qu'il y aura bientôt un bal chez les humains ?
- Oh, non ! Je suis censée donner une leçon de danse à Jim !
Finn ricana et regarda sa cousine nager à toute vitesse en direction du château. Il lui était déjà arrivé de se demander ce qui se passait entre Jim et sa cousine. Et puis, il se rappela que son père voulait lui apprendre à se battre correctement et à renouer les liens.
Ariel pensait avoir une petite idée de l'endroit où trouver Daphnée. Une jeune fille seule ne pouvait aller qu'à un seul endroit : un endroit calme et apaisant. Et Ariel connaissait ce type d'endroit. Elle s'y rendait souvent quand elle était jeune, que les interdictions de Triton l'énervaient et que le manque de sa mère lui pesait sur le cœur. Elle nagea tranquillement, inutile de se presser, Daphnée n'allait de toute manière pas rentrer si vite. Avec un sourire nostalgique et mélancolique à la fois, elle entra dans la grotte sous-marine. L'intérieur était illuminé de cristaux de toutes les couleurs. Daphnée observait ces cristaux d'un air absent.
- Je ne voulais pas te déranger, assura Ariel et Daphnée se tourna vers elle, sur la défensive. Je peux ?
La blonde haussa les épaules, peu habituée à ce qu'on lui demande son avis et Ariel s'assit à côté d'elle.
- J'ai trouvé cette grotte quand j'étais jeune, commença la reine du Danemark. J'aimais explorer tout et n'importe quoi. Melody tient ça de moi, j'en suis sûre et certaine. Je venais souvent ici, quand je me disputais avec mon père. Nous avions du mal à nous entendre. Comme Melody et moi, avant. Il détestait les humains. Et cet endroit m'apaisait. Je ressentais moins le manque de ma mère quand j'étais ici. Je pouvais y passer des heures !
- Mes parents ne…
- Personne ne t'en voudrait. Tu n'as connu qu'eux et c'est bien normal que tu te sentes perdue. Mais rejeter les autres ne t'aidera pas.
- Je ne mérite pas qu'on s'occupe de moi. Contra Daphnée. J'ai fait sombrer tant de navires !
Ariel eut un frisson en imaginant la vie de cette fille. Depuis qu'elle était petite, elle n'avait vécu qu'en tuant des humains.
- Comment as-tu découvert cette grotte ? Changea-t-elle de sujet.
- C'était la seule où mes parents ne m'enfermaient pas quand je leur déplaisais.
- Ils t'enfermaient dans des grottes ? S'horrifia Ariel.
- Les rares fois où je refusais de couler des navires ou que je me rebellais. Ou quand je disparaissais pendant des heures. Alors ils m'enfermaient dans une grotte, sans aucune lumière et sans nourriture.
- Quel âge avais-tu ? Demanda Ariel en se rapprochant doucement et en entourant les épaules de la jeune fille.
- La première fois, je crois que j'avais quatre ans. Je ne connaissais pas encore les chants des sirènes. Mais je ne cessais de vouloir me faire des amis et ça ne leur plaisait pas. Alors ils me punissaient de cette façon.
Brusquement, alors que jusque-là Daphnée avait gardé un masque froid et impénétrable, elle éclata en sanglots et Ariel la serra contre elle en lui caressant les cheveux pour l'apaiser.
- Je ne comprenais pas ce que j'avais fait de mal. J'essayais de faire ce qu'ils me demandaient, mais je ne supportais pas…Je ne supportais pas de faire du mal. Alors quand ils m'ont dit qu'après avoir utilisé Melody et Uriel, je serai libre…
- Tu ne pouvais qu'accepter et ils le savaient parfaitement. Ce n'est pas de ta faute.
Daphnée se serrait dans les bras d'Ariel. Elle n'avait jamais connu une étreinte aussi maternelle. Et elle ferma les yeux en se sentant tellement bien à cet instant. Ariel ne dit plus rien et se contenta de garder la jeune fille contre elle. Le silence était également bienfaiteur.
Jim soupira, les mains dans les poches. Melody était sacrément en retard pour cette fameuse leçon. Comme s'il n'était déjà pas assez stressé. Et puis des bruits de course. Il esquissa un sourire en coin et regarda vers la porte. Melody l'ouvrit rapidement et il put deviner sans mal qu'elle revenait de l'océan. Ses cheveux dégouttaient sur le sol et il s'esclaffa de bon cœur en voyant comme ils étaient emmêlés.
- Désolée du retard, j'étais….
- Dans l'océan ? Ca je pense l'avoir bien deviné.
Ils ricanèrent un peu puis Melody reprit son sérieux en se rapprochant de lui. Bien trop près à leurs goûts à tous les deux. Melody prit la main de Jim et la posa dans le creux de son dos, gardant l'autre dans sa main et posant sa main à elle sur son épaule. Jim se racla la gorge en regardant tout sauf sa partenaire alors qu'elle lui montrait les pas à faire.
- Normalement, c'est toi qui dois mener la danse. Et regarder sa partenaire est plus poli que d'éviter son regard, tu sais ?
Jim ne put pas éviter de la regarder. Bon sang, il la trouvait si belle, et elle n'était même pas en robe de bal. Melody fronça les sourcils. Le regard de Jim était si intense. Elle y voyait foule de choses. Mais elle ne comprenait pas tout. Ou alors ne voulait pas le comprendre. Ou encore était-elle trop jeune pour tout comprendre. Jim sourit et l'instant disparut alors. Au bout de plusieurs minutes, Jim saisit les pas et mena la danse. A cet instant, alors qu'il la tenait contre lui avec assurance et qu'il menait, Melody aurait tout donné pour que le temps se fige. Leurs yeux se croisèrent à nouveau et elle comprit qu'il souhaitait la même chose. Elle comprit une autre chose, que lui avait compris il y a peu : elle était elle aussi amoureuse de lui.
Comment expliquer autrement ce qu'elle ressentait ? Plus elle le regardait, plus elle voyait l'homme sûr de lui qu'il allait devenir. Lui de son côté, voyait quelle princesse pleine de confiance elle devenait. Et il se promit que ce dont Uriel lui parlait serait vrai. Il la protégerait contre vents et marées. Parce qu'il refusait qu'il lui arrive le moindre mal. Il voulait voir cette lueur de malice dans ses yeux, chaque fois qu'il y plongerait le regard. Il y vit aussi les mêmes interrogations que lui et décida de faire comme si de rien n'était. Ils étaient trop jeunes. Et il voulait être plus qu'un domestique. Il savait que la famille Benson s'en contrefichait. Mais lui, il voulait être plus que ça. Avant de faire la cour comme il savait que ça se faisait. La danse s'arrêta et il lâcha sa main, caressant brièvement sa joue. Elle rougit et détourna le regard. Il fut alors sûr qu'elle ressentait la même chose.
- Est-ce que tu pourras attendre ?
- Jim ? De quoi tu parles ?
Il chercha son regard. Et le trouva. Malgré sa question, il lut au fond de ses yeux qu'elle avait parfaitement compris.
- Et toi ? Murmura-t-elle.
Il acquiesça et embrassa sa joue, comme elle l'avait fait il y a quelques jours. Sans le dire à voix haute, ils venaient de sceller une promesse.
Aliénor souffla. Ce voyage durait depuis trop longtemps. Et ce n'était pas juste. Son père volait à dos de dragon et eux étaient obligés d'y aller par la voie des mers.
- Est-ce que c'est vrai qu'ils sont sirènes ? Comment vont-ils faire ?
Mérida eut un petit rire face aux questions de Théodore.
- Je ne connais pas les tenants et les aboutissants. Nous verrons bien. Mais je suppose que puisque le père d'Ariel a pu la changer en humaine, il a également pu trouver quelque chose pour changer ses petits-enfants en sirènes.
Aliénor soupira, la question ne l'intéressait pas beaucoup. Elle se redressa en voyant une sirène plonger, à quelques mètres du navire. Le voir en vrai, c'était tout autre chose.
- Il semblerait qu'on soit les derniers ! Je vois le bateau de Raiponce. Il y a aussi celui d'Elsa et d'Elena !
Comme toujours, les Haddock étaient en retard. Aliénor et Theodore se mirent à sautiller d'impatience. Cela faisait quelques mois qu'ils n'avaient pas vu leurs amis. Et le fait de voir au loin la reine du Danemark arborer une belle chevelure rousse, ne leur donnait que plus envie de connaître les amis de leurs parents et leurs enfants. De belles retrouvailles allaient avoir lieu.
A mercredi :)
