Bonjour, voici le chapitre Dix ! Ce chapitre clôture la partie 1 de la fiction. La semaine prochaine nous entamerons la partie 2 !

Aujourd'hui c'est sur notre petite Serdaigle que se joue l'histoire.

Merci aux personnes qui ont prit le temps de nous lire, vous avez été super nombreux ! N'hésitez pas à nous dire ce que vous pensez de notre histoire.

Écriture : Meiling

Co-écriture et corrections : Élisa

Les personnages et l'univers d'Harry Potter sont la propriété de J.K. Rowling.

Nos personnages principaux sont en co-propriété avec notre MJ.

Tous les autres personnages sont de notre invention.

Toute ressemblance avec toute autre histoire, vraie ou fausse, serait complètement fortuite, et plutôt incroyable !

Ratings : M avec quelque passage Lemon

En vous souhaitant bonne lecture !


Chapitre 10 : Jalousie

Meiling s'était installée au bout d'une des deux longues tables qui occupaient le centre de la bibliothèque, à l'opposé de la bibliothécaire, comme son amie l'avait fait quand elle cherchait des informations sur les animagi. Elle avait récupéré les notes d'astrologie de ses amis et avait ouvert et éparpillé devant elle quelques livres qu'elle avait dénichés dans les rayons sur le sujet. Leur professeur leur avait demandé de remplir un parchemin de vingt centimètre pour la fin de la semaine sur leur propre horoscope du mois de septembre. Avec le temps qu'il lui avait fallu pour récupérer de la pleine lune elle n'avait pas pu travailler du weekend, elle espérait pouvoir se débrouiller correctement pour rendre le devoir à temps.

Meiling était donc concentrée sur la lecture d'un chapitre dédié à l'importance du passage la lune sur le mois quand elle entendit qu'on l'appelait. Elle tourna la tête et reconnut Remus Lupin, l'un des garçons du groupe des Maraudeurs.

- Qu'est-ce qu'il y a, Lupin ? dit-elle froidement en plantant ses yeux dans ceux du Gryffondor.

Elle aimait faire ça pour déstabiliser ou décourager les gens qui tentaient de l'aborder. Le jeune homme déglutit devant l'air froid qu'arborait sa camarade de classe, mais il ne se découragea pas. Il était un Gryffondor et il avait lui aussi besoin du livre que tenait Meiling pour faire son travail d'astrologie.

- Je me demandais si je pouvais m'asseoir à côté de toi.

- Pourquoi ? demanda Meiling, inquisitrice.

- Je... J'ai pas trouvé le livre qu'il me fallait pour avancer sur le devoir d'astrologie, je pense qu'ils ont on tous été empruntés et comme tu en as un... Je me suis dit qu'on pourrait travailler ensemble. Non ? tenta timidement Remus.

- Non, lui rétorqua-t-elle sans ciller.

- Je ne te dérangerais pas, promis, supplia Remus avec un beau sourire.

Meiling lui jeta un coup d'œil et remarqua la nouvelle balafre qu'il avait sur le visage. Elle fronça un instant les sourcils, se demandant comment il avait bien pu se faire ça si près des yeux.

- Je pourrais t'aider dans une autre matière, si tu veux, proposa-t-il.

- J'ai besoin de l'aide de personne, rétorqua-t-elle, toujours aussi froide. Tu t'es fait ça comment ? demanda-t-elle sans crier gare en pointant du doigt la nouvelle blessure de Remus.

Celui-ci blêmit sous le doigt accusateur et eut un mouvement de recul involontaire que la jeune Serdaigle ne manqua pas de relever.

- Je... commença Remus déconcerté : il avait oublié de trouver un mensonge pour cette nouvelle énième cicatrice. J'ai reçu un sortilège perdu, inventa-t-il tout en se forçant à lancer un sourire qu'il voulait assurer.

- Tu mens et je m'en fiche, décréta Meiling en le regardant toujours fixement. Assieds-toi, ordonna-t-elle en lui faisant signe de prendre le siège à côté d'elle.

Quand il fut installé, elle déplaça les livres entre eux deux puis reprit la parole.

- Tu sais, il existe des sortilèges de camouflage si t'as pas envie qu'on la voit, dit-elle nonchalamment en reprenant sa lecture sur l'importance des phases de la lune.

- Je sais, lui répondit-il en baissant la tête sur les livres à son tour.

- Alors pourquoi tu ne les utilises pas ? Ça t'éviterait toutes ces questions, s'étonna Meiling qui n'arrivait pas à cacher l'incompréhension dans sa voix.

- C'est que c'est un truc de f… commença Remus avant que Meiling ne le coupe.

- De fille, tu allais dire ? Sache qu'il n'y a rien de honteux à vouloir paraître normal aux yeux des autres, surtout si tu peux te sentir plus à l'aise grâce à ça. Tu ne sais peut-être pas utiliser ce sort ? lui demanda-t-elle en sortant sa baguette.

- Ça ira, merci. Je préfère rester comme ça, protesta-t-il en secouant la tête de gauche à droite.

- Si tu le dis, et puis ça te donne un côté cool, j'aime bien. Mais trouve un meilleur mensonge la prochaine fois pour justifier tes cicatrices, si tu ne les caches pas.

Rémus rosit légèrement au compliment de la Serdaigle, qui l'ignora et reprit la conversation sur leur sujet de travail sans aucune transition. Elle était passé à autre chose à son grand soulagement.

- Dis, t'es de quel signe ? Qu'on mette un marque-page, ça sera plus facile pour travailler, proposa la Serdaigle

- Poisson, répondit Rémus.

- Oh ! s'étonna Meiling en tournant la tête vers Remus. Eh bien on n'aura pas à changer de page finalement, moi aussi je suis poisson.

- Quelle décan ? questionna Remus.

- Le dernier jour du premier, et toi ?

- Le dernier jour du deuxième, lui répondit Remus avec un petit sourire timide.

- Tu me feras lire quand tu auras fini ? demanda Meiling en le fixant de ses yeux, sincèrement curieuse.

- Euh... Si tu veux, répondit-il en hésitant.

Puis, chacun se mit à son travail consciencieusement, tournant de temps en temps les pages pour compléter leur horoscope afin de respecter les instructions du professeur. Cela leur prit près de deux heures pour écrire quelque chose de correct. Meiling finit la première et attendit que Rémus relève la tête pour lui tendre sa feuille, mais celui-ci hésita : ce qu'il venait d'écrire était presque trop personnel et il avait l'impression que l'horoscope faisait écho en lui, il n'osait pas se dévoiler.

- Je ne sais pas si c'est une bonne idée finalement, dit-il en regardant son parchemin.

- Oh, aller, j'en ai lu d'autres !

Puis sans attendre sa réponse, elle lui prit le parchemin des mains et le plaça à côté du sien pour les comparer.

Généralités

Meiling : À partir du 26 août, Mars céleste formera un aspect harmonieux avec mon Soleil natal. Je ressentirai en moi une nouvelle énergie qui me permettra d'ouvrir de nouvelles portes. Je montrerai une belle détermination et une grande fermeté dans tout ce que j'entreprendrai.

Remus : Entre le 2 et le 13 septembre, le Soleil céleste sera en opposition avec mon décan. Cette configuration développera une volonté excessive, ce qui pourrait provoquer des confrontations avec des personnes qui n'auront aucune envie de céder. Il faudra rester sur mes gardes, un quiproquo ou une bourde pourrait m'inquiéter.

Amours

Meiling : La planète de l'amour s'installe avec sa cour dans mon signe. Je bénéficie d'un atout supplémentaire. Je multiplierai les rencontres avec une facilité déconcertante.

Remus : Les amours seront très sollicitées par Mars et Vénus célestes. Je vivrai des moments intenses et passionnants et pourrait bien faire une rencontre marquante.

Travail

Meiling : Jupiter, le maître de ma maison solaire, rétrograde et m'incitera à la prudence.

Remus : La première quinzaine du mois est plutôt une période de remise au point, je risque même d'être débordé de travail.

Santé

Meiling : Le passage de Vénus céleste dès le 26 août m'apportera de bonnes surprises, je tomberai sur un produit qui me conviendra parfaitement.

Remus : Une activité relaxante sera nécessaire à mon équilibre nerveux. Je devrai apprendre à décompresser, à vivre sur un tempo plus lent. Focaliser mon attention sur autre chose que sur mes soucis personnels.

À éviter

Meiling : Éviter les invitations qui risquent de m'apporter plus de problèmes que de satisfactions.

Remus : Certains de mes amis voudront m'entraîner dans des expériences curieuses.

Nouvelle lune

Meiling : La Nouvelle Lune du mois m'invite à prendre du recul, c'est le moment de faire le point sur ma vie personnelle et professionnelle.

Remus : La position de la Nouvelle Lune sera excellente pour mes relations personnelles et futures rencontres.

- Ça m'a l'air pas mal tout ça, décréta Meiling après sa lecture. Je ne vois pas pourquoi tu hésitais à me le faire lire.

- C'est juste que j'ai pas l'habitude de faire ça, répondit Rémus en reprenant son parchemin pour le rouler et le mettre dans son sac.

Pour lui, écrire son horoscope revenait presque à dévoiler sa condition de loup-garou. Il ne pensait pas qu'il s'agissait uniquement de coïncidences mais bel et bien de la réalité. Chacune de ces phrases couchées sur le papier avaient un soupçon de vérité qui le mettait très mal à l'aise.

- C'est fou quand même, dit Meiling en imitant Remus et en rangeant également son parchemin et son matériel. On a écrit des choses presque semblables et pour d'autres carrément à l'opposé. Avec Lara on a toujours la même chose quand on l'écrit. Et puis le truc de la nouvelle lune, pourquoi elle serait défavorable pour moi et pour toi favorable ? Ce n'est pas juste ! déblatérait Meiling.

Remus sourit et hochait la tête en essayant de suivre les élucubrations délirante de la petite Serdaigle, puis il l'aida à porter les livres d'astrologie pour qu'elle puisse les remettre à leur place. Elle était un peu fofolle mais pas méchante finalement, pensa Remus.

Le rayon qui traitait du sujet se trouvait tout au fond de la bibliothèque. Il laissa Meiling replacer consciencieusement les ouvrages un à un à l'aide d'un sortilège de lévitation, il la suivait de près puisque c'est lui qui portait la pile de livres pour elle. Soudain, il sentit un mouvement sur sa droite, derrière les rayonnages. Il eut tout juste le temps de lâcher ce qu'il tenait pour attirer la Serdaigle à lui avant que la bibliothèque ne bascule et déverse l'intégralité de son contenu sur son dos.

Remus inspira profondément pour se calmer. Ses yeux le brûlaient, ils devaient être ceux de Lunard, alors il les ferma en serrant fort ses paupières. Des effluves de violette remontèrent jusqu'à ses narine, faisant frémir un peu plus le loup en lui, pas très loin de la surface. Il pouvait le sentir s'agiter dans tous ses muscles, impatient d'en découdre.

Lunard avait réagi instinctivement, plus vite qu'il ne l'aurait jamais fait, et protégeait Meiling de la centaine de livres sous lesquels ils étaient ensevelis, tout au fond de la bibliothèque, là où personne ou presque n'allait.

Le poids des livres commençait à se faire sentir de plus en plus lourd, il devait aussi avoir deux ou trois côtes fêlées étant donné les douleurs lancinantes qui lui lacéraient le torse. Il sentait qu'il avait dû se rouvrir quelques blessures qui dataient de la dernière pleine lune. Il ne savait pas combien de temps il pourrait encore tenir avant d'écraser la jeune femme sous lui, cédant sous le poids qui l'oppressait. Heureusement pour lui, Lunard était fort et pouvait compter sur son endurance pour tenir, au moins jusqu'à ce qu'une personne vienne les aider.

Quand Meiling reprit enfin connaissance elle ne sut si ses yeux étaient ouverts ou fermés, tout était sombre autour d'elle. Elle essaya de bouger, mais elle était plaquée au sol, le visage contre le marbre froid et elle était maintenue fermement à la taille par un bras solide qui l'empêchait de bouger.

Elle se rappela qu'elle était dans la bibliothèque avec Remus avant de perdre connaissance, un grand bruit avait retentit et elle avait vu des livres tomber tout autour d'elle. Elle bougea le bras droit, tâtant un peu l'obscurité, et toucha ce qui semblait être des livres, des centaines de livres. Elle se rendit compte qu'un souffle erratique lui réchauffait la nuque et devina que c'était Remus qui la tenait, la protégeant du poids des livres.

- Lupin ? murmura-t-elle faiblement dans une expiration.

- Oui, lui répondit le jeune homme à bout de souffle.

- Est-ce que ça va ? s'enquit-elle, tout en se doutant que ça ne pouvait pas aller très bien.

Pour toute réponse, elle sentit la tête de Remus se poser doucement sur son épaule et bouger légèrement de bas en haut. Au moins il ne s'était pas évanoui, pensa-t-elle. Elle chercha alors sa baguette pour les sortir de là, mais ne la trouva pas, elle avait dû lui échapper quand Remus l'avait attrapée. Mais celui-ci devait encore avoir la sienne, elle se rappelait qu'il ne l'avait pas dans la main avant que tout ne devienne noir.

- Tu as a toujours ta baguette ? demanda-t-elle.

Le même mouvement de frottement sur son épaule lui répondit, il lui parut cependant plus appuyé que le premier. Elle devait faire vite, Remus ne résisterait plus très longtemps. Alors elle tendit sa main en arrière, cherchant à tâtons dans le faible espace qu'elle avait pour bouger. Elle trouva le pan de la robe de Remus et tira dessus pour la dégager puisqu'elle était coincée entre eux. Elle aventura ses doigts avant d'identifier un long objet qui ne pouvait être que sa baguette et l'extreyait difficilement.

À son contact, elle sut tout de suite qu'elle ne lui obéirait pas complètement, elle était froide et dure. Elle se concentra alors intensément et prononça distinctement son sortilége. Tant pis pour les livres, elle espérait surtout qu'elle pourrait maîtriser le sortilège avec cette baguette qui lui était inconnue, elle ne voulait pas les transformer en pâté pour sombral !

- Bombarda ! cria Meiling.

Un rayon de lumière rouge aveuglante sortit de l'extrémité de la baguette, il illumina le peu d'espace restant et frappa l'amas de livres qui explosa dans un bruit assourdissant, avant de retomber en un déluge de minuscules confettis calcinés. Meiling aperçut sur le sol sa propre baguette qu'elle ramassa avant de se tourner vers Remus, allongé sur le flanc, une main protectrice toujours sur elle.

Il avait vraisemblablement sombré dans l'inconscience. De nombreuses petites coupures parcouraient son visage pâle, crispé par la douleur. Des marques de dents étaient imprimées sur ses lèvres ensanglantées, et ses cheveux étaient trempés de sueur et de sang, plaqués contre son visage. La petite Serdaigle se rapprocha de son camarade inconscient, dégagea les mèches châtain qui se collaient à ses yeux et regarda s'il avait un souffle. Il était juste évanoui, constata-t-elle rassurée.

- Lupin ? demanda-t-elle, un soupçon d'inquiétude tout de même dans la voix.

Aucune réponse ne lui vint de la part du Gryffondor, alors elle le secoua doucement une première fois. N'obtenant toujours pas de réponse, elle recommença avec plus de vigueur. Cette fois, elle eut une réaction : Remus lui avait attrapé le poignet avec force pour qu'elle arrête son geste.

- Lupin ! s'exclama-t-elle soulagée.

- Arrête, tu me fais mal, articula difficilement Remus en ouvrant à peine les yeux.

Elle eut à peine le temps de l'observer brièvement que des bruit de pas précipités se faisaient entendre, avant de s'arrêter juste devant eux.

- COMMENT AVEZ-VOUS PU OSER PROFANER MA BIBLIOTHÈQUE ? hurla Madame Pince, cramoisie de fureur.

- Mada... commença Meiling avant de se faire couper par les hurlements de la bibliothécaire.

- COMMENT AVEZ-VOUS PU DÉTRUIRE TOUS CES PRÉCIEUX OUVRAGES ? C'EST UNE HONTE ! JE VOUS BANNIS DE CETTE BIBLIOTHÈQUE ! SOYEZ-EN SÛRS ! ET J'EN FERAI PART À VOS DIRECTEURS RESPECTIFS POUR QUE VOUS ÉCOPIEZ D'UNE RETENUE CORRESPONDANT À L'AMPLEUR DE CE MASSACRE. MAINTENANT FICHEZ-MOI LE CAMP !

La petite Serdaigle aida son camarade Gryffondor à se relever, ainsi que se mouvoir en plaçant un de ses bras par-dessus ses propres épaules, avant de le conduire péniblement en-dehors de la bibliothèque. Bizarrement, il était plus léger qu'elle ne le pensait et la tâche fut plus facile que prévu. Une fois les portes franchies, Meiling jura entre ses dents et se promit de trouver la personne qui leur avait fait ça. Se faire bannir de la bibliothèque, c'était absolument impensable pour elle !

Tout en conduisant Remus à l'infirmerie à l'étage inférieur, elle rumina en élaborant des stratégies de vengeance et ne fit pas attention qu'elle portait entièrement Remus, qui était de nouveau inconscient. C'est quand elle s'adressa à lui pour lui dire qu'ils étaient arrivés et qu'il ne lui répondit pas qu'elle remarque que ses pieds ne touchaient même plus le sol ! Elle le portait mais elle ne savait pas avec quelle force...

Elle entra dans l'infirmerie en poussant violemment les doubles portes qui heurtèrent les murs. Alarmée, Madame Pomfresh accourut vers eux, les sourcils froncés.

- Qu'est ce que cela veut dire ? commença-t-elle avant de glisser un œil vers Remus, toujours inconscient. Que s'est-il passé ? Est-ce que... mais elle s'interrompit en se disant que Meiling ne devait pas connaître la situation de Remus, ce devait juste être un hasard qu'ils se retrouvent tous les deux ici encore une fois. Allez l'allonger là-bas Mademoiselle Ling. Je vous rejoins tout de suite, finit-elle par dire en désignant un lit à l'écart des autres, entouré de paravents.

La petite Serdaigle obtempéra et déposa délicatement son camarade sur le lit. En se relevant elle aperçu des taches brunâtres, comme de longues lignes sanglantes, maculer la chemise du garçon. Elle s'apprêtait à relever la cape du jeune homme pour regarder de plus près quand Madame Pomfresh fit irruption avec un chariot plein de bandages, de lotions et de potions.

- Vous pouvez y aller Mademoiselle, je m'occupe de Monsieur Lupin, lui ordonna l'infirmière sans la regarder.

- Je préférais rester, protesta-t-elle sans hésiter.

- Dans ce cas attendez de l'autre côté des paravents, vous pourrez le voir quand j'aurai fini.

Meiling s'exécuta et quitta le petit coin confiné par les paravents pour aller s'installer sur la premiére chaise qu'elle trouva. Cela pris près de quarante minutes avant que Madame Pomfresh n'apparaisse à son tour et l'autorise à voir Remus quelques minutes. Celui-ci était étendu, inconscient, sur le lit. C'est ce qu'il semblait, jusqu'à ce qu'il tourne la tête vers elle.

- Comment tu te sens ? Demanda doucement Meiling en prenant place sur la chaise près de la tête de lit.

Remus inspira un instant la bonne odeur de violette qui émanait d'elle et qui remplit le petit espace dans lequel ils se trouvaient.

- Comme quelqu'un qui vient de recevoir le contenu d'une étagère de la bibliothèque de Poudlard sur le coin de la figure, lui répondit-il sur un ton sarcastique en se redressant péniblement sur ses coussins.

La petite Serdaigle retint un rire qui fit sourire Remus. Elle n'était décidément pas aussi froide qu'elle le laissait paraître pensa-t-il.

- Effectivement, ma question n'était pas très intelligente, se reprit Meiling.

- Au contraire, ça m'a fait plaisir que tu me la poses et que tu sois restée, confia Remus.

- C'est normal, répondit Meiling sérieusement. Sans toi je serais à ta place ou pire, je te devais au moins ça. Et un merci, finit-elle en plantant ses yeux dans les iris gris de Remus afin de convoyer toute sa sincérité.

Remus retint son regard et en profita pour détailler la Serdaigle qui lui faisait face. Elle avait l'air fatigué : son teint était pâle et ses yeux, légèrement enfoncés dans leurs orbites, créaient des ombres sombres à la naissance de ses joues. Ces yeux d'ailleurs... Ces yeux en amande dont le coin extérieur remontait pour lui donner un regard de biche. Ces yeux n'étaient en fait pas si terrifiants que ça si on y regardait de plus près.

Son œil gauche était tout à fait normal : de couleur marron, il y avait de magnifiques reflets ambrés dans son iris, tout spécialement quand une lueur d'espièglerie ou un rayon de soleil venait l'illuminer. Son autre œil par contre était bleu clair, d'un bleu cristallin, presque froid, et faisait tressaillir les personnes qui la regardaient. Une asiatique avec des yeux bleus ce n'était pas banal du tout, alors avec un seul œil bleu sur les deux, c'était des plus étrange.

Remus remarqua avec amusement que plein de confettis de livres s'étaient logés dans ses longs cheveux noirs quand elle les avait fait exploser. Ce détail lui rappela leur premier jour de la rentrée, où elle s'était moquée de Sirius.

Perdu dans sa contemplation, Remus avait tendu la main vers les cheveux de Meiling qui n'avait pas bougé d'un poil, continuant à le regarder fixement, comme si elle l'examinait. Elle le sentit lui caresser les cheveux et se demandait ce qu'il convenait de faire : que lui prenait-il ? Mais quand il ramena sa main vers lui, il tenait plusieurs petits morceaux de pages calcinées.

- Ça me fera un peu de lecture, dit-il en examinant les confettis avec un léger sourir.

- Si tu en veux plus... puis joignant le geste à la parole, elle pencha la tête au-dessus du lit et secoua ses cheveux, inondant le drap de confettis. Je te souhaite une bonne lecture, Lupin, fit-elle avec un sourire.

Remus rit aux éclats, ce qui lui arracha une petite grimace de douleur. Cette fille était vraiment farfelue.

- Merci, dit-il. J'arriverai peut-être à trouver quelque chose à lire là-dedans. Et puis je voulais te dire merci pour ta réactivité, je pense que ça aurait été bien pire sans ton intervention, continua Remus en désignant ses blessures d'un mouvement de tête.

- Je me demande qui a fait ça, dit Meiling d'un air songeur.

- Je n'ai vu qu'un mouvement derrière une étagère, une fraction de seconde avant qu'elle ne nous tombe dessus, répondit Remus également pensif.

- Moi je n'ai rien vu… avoua-t-elle dépitée.

- Tu as des ennemis ?

- Non pas spécialement, répondit la Serdaigle tout en réfléchissant à voix haute. Les seuls à qui je pense sont tes amis, mais ce n'est pas leur genre.

- Tu as raison, ce n'est pas leur style du tout de faire ce genre de coup. Trop impulsif, confirma-t-il avec un sourire en pensant que ses amis aimaient préparer méticuleusement chacun des coups qu'ils orchestraient comme une mission de la plus haute importance.

- Qu'est-ce qui est trop impulsif ? demanda la voix de James alors qu'il apparaissait dans l'ouverture entre les paravents.

Quand il fit son entrée, Remus se détourna son interlocutrice qui s'était rembrunie en un instant, pour se concentrer sur son ami. Il ne l'avait pas senti arriver, bizarre. Il avait pourtant un bon odorat.

- James ! s'exclama Remus rayonnant. Qu'est-ce que tu fais ici ? Comment tu as su ?

- Je crois que je vais y aller, dit Meiling en se levant pour se diriger vers la sortie. Je te tiendrai au courant de mes investigations, ajouta-t-elle en regardant une dernièrement fois Remus qui lui répondit en hochant la tête, puis elle quitta le petit coin créé par les paravents en ignorant totalement Potter.

- Lunard, qu'est-ce que ça veut dire ? le questionna toute de suite James. Pourquoi j'ai reçu un message de l'infirmière pour me prévenir que tu étais ici, en compagnie de Ling en plus, la folle furieuse !

Remus rit légèrement devant la mine ahurie de son ami.

- C'est une histoire étrange dans laquelle Ling et moi nous sommes retrouvés ensevelis sous près de trois cent livres qu'elle a détruits pour nous sauver, avant qu'on ne se fasse bannir de la bibliothèque. Pour l'éternité.

Remus continua son récit en détail jusqu'à ce que l'infirmière vienne chasser James pour qu'il puisse se reposer un peu.

- James, l'interpella Remus avant qu'il ne parte. Il faudra que tu continues les recherches seul à la bibliothèque pour la carte, dit-il d'un air abattu. Je suis désolé.

- T'inquiète, repose-toi, je m'en charge, le rassura James avec un sourire confiant.

Sur ces dernières paroles, James laissa Remus et regagna la Grande Salle où il rejoignit Sirius et Peter, déjà attablés.


A Dimanche prochain !

L'équipe de Four !