Encore et toujours merci à ceux qui suivent et laissent des commentaires ! Et merci à Ljioze pour ses corrections :)
Encore une fois, ce travail n'est qu'une traduction de Rebuilt par Terrific Lunacy ! Je ne doute pas que vous connaissez déjà l'oeuvre de base de J.K Rowling.
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Chapitre 10
Harry su que les jours paisibles de son existence prenaient fin quand dix-sept hommes envahirent sa maison, chacun d'eux visiblement fermement résolu à tripoter tout dispositif dangereux et explosif sur ses étagères.
Il ne pouvait simplement pas décider si cesser de les en empêcher réglerait ses problèmes, ou si sa vie deviendrait pire encore. Tiraillé entre les laisser se tuer et sauver ce qui restait de sa maison, il tentait désespérément d'inculquer un peu de bon sens aux hommes de Voldemort, et se mettait entre ses inventions et leur stupidité. Quand l'un d'eux —si Harry se rappelait bien, Bellatrix l'avait appelé Avery— faillit renverser le pot de peinture, il arriva à bout de patience.
« Hey, on ne bouge plus ! hurla-t-il, nerveux et un peu surpris quand ils se figèrent réellement et se tournèrent vers lui. Le prochain qui remue se battra sans cette putain de peinture, c'est clair ?!
Irrité, il souffla sur une mèche de cheveux pour la dégager de son visage. Il entraperçut Riddle, rôdant derrière un rayonnage particulièrement haut, et lui jeta un regard d'avertissement.
— Ça inclut la noblesse.
Riddle se contenta de lui sourire mielleusement. Son attitude entière criait à l'innocence, mais cela ne fit que mettre les nerfs d'Harry encore plus à vif.
— Okay tout le monde, formez deux rangs s'il-vous-plaît —attention avec les étagères.
Il ne se faisait pas d'illusion : si leur lord n'avait pas bougé exactement comme Harry le leur avait ordonné, personne ne l'aurait écouté. Mais puisque Riddle semblait satisfait de lui laisser les rênes de la situation, ses hommes lui obéirent tous sans remettre en question son autorité.
— Bien, tous ceux du premier rang prenez un seau rempli de peinture et versez le sur la personne derrière vous. Après ça, étalez la peinture sur toutes les zones qui ne sont pas encore mouillées. »
Ceux du deuxième rang commencèrent à marmonner en signe de protestation. Harry vit Lucius Malfoy fixer un regard indigné sur la mixture malodorante, mais à part ça il endura la procédure en silence. Bellatrix, d'un autre côté, semblait vivre le moment le plus jouissif de sa vie.
Riddle s'approcha de lui avec un bol vide. Parce qu'ils avaient laissé Draco à l'auberge, il y avait à présent dix-sept hommes dans son groupe, ce qui voulait dire que quelqu'un n'avait pas de partenaire. Puisque personne n'avait le désir farouche de vider cette froide peinture sur le lord, il avait respectueusement été laissé seul.
Il tendit son seau à Harry.
« Me feras-tu l'honneur ? demanda-t-il d'un ton railleur. »
Harry prit prudemment le récipient et le remplit de peinture. Il avait tenté de se préparer à l'affronter normalement, après avoir digéré ce qu'il avait appris de leur passé. Ce n'était pas facile de le regarder dans les yeux. Harry ressentait constamment le poids du secret de Snape. Il se demanda comment ce dernier avait pu passer tant de temps avec Riddle sans lui dire ce qu'il savait.
Il se retourna vers le lord avec un seau plein, et se tint sur une chaise, parce qu'il mesurait pratiquement deux têtes de moins que lui. Riddle devait maintenant lever les yeux vers lui, ce qui d'une certaine manière fit déferler une autre vague de chaleur sur les joues d'Harry.
« Si tu ne veux pas en avoir plein les yeux, tu ferais mieux de les baisser, recrimina-t-il, et il renversa le seau. »
La peinture recouvrit immédiatement la tête, le haut des bras, le torse et certaines parties des jambes, mais les extrémités en particuliers devaient être enduites à la main. Harry avait l'intuition profonde que Riddle s'amusait énormément quand il dû recouvrir ses pieds.
« J'espère que ça sèchera vite pour que je n'ai plus à voir ton air suffisant, remarqua-t-il d'un ton sec.
— Ahh, et que faut-il pour voir cet air renfrogné disparaître de ta figure ? répliqua Riddle avec aisance.
— Tu pourrais faire semblant d'être en détresse.
— Et pourquoi ferais-je ça ?
— Par courtoisie.
Le lord sourit largement.
— Je suis déjà convaincu que tu as renforcé l'odeur juste pour nous contrarier, je ne voudrais pas te donner ce plaisir.
— Juste pour toi Riddle.
Harry s'assura que sa phrase transpire le sarcasme.
— Et pourquoi, je te prie, irais-tu jusque là seulement pour m'irriter ?
— Pourquoi ? Ton visage tordu de douleur est juste trop-... Harry s'arrêta brutalement quand il réalisa ce qu'il insinuait. »
Il s'était juré de ne jamais mentionner l'incident de l'auberge, et pourtant, là, il ne faisait rien moins que de le lui balancer en pleine face.
Les pupilles de Riddle étaient légèrement dilatées quand il approcha son visage de celui d'Harry.
« Fais attention, gamin. Tu ne sais pas avec quoi tu joues. »
Harry ouvrit la bouche pour riposter, mais le cri haut perché de Bellatrix l'interrompit.
Il pivota pour regarder les seize autres hommes présents dans sa maison. La peinture avait commencé à sécher, laissant visibles les parties du corps encore mouillées alors que les plus sèches disparaissaient petit à petit. La nouvelle source de joie de Bellatrix venait d'un homme à côté d'elle, dont le corps apparaissait toujours normalement mais dont la tête était devenue totalement invisible. Pour ceux qui étaient d'abord sceptiques vis-à-vis du plan, ce fut la première preuve majeure que la peinture fonctionnait. Le scepticisme se changea rapidement en optimisme, et Harry commença à craindre que la perspective d'être invisible ne leur donne une fausse sensation d'invincibilité.
« Okay, écoutez ! La peinture ne vous fait pas disparaître, elle ne fait que s'adapter à l'environnement, ce qui veut dire que vous êtes toujours physiquement là. Vos pieds laisseront toujours des traces au sol, et tout le monde sera encore capable de vous entendre. Aussi, si vous bougez trop vite, tout ceux ayant l'œil aiguisé seront en mesure de vous discerner. Il est essentiel que vous vous déplaciez silencieusement et doucement en toutes circonstances.
Il continua à voix basse, sa proposition n'étant destinée qu'à Riddle.
— Il vaudrait probablement mieux attendre ici jusqu'à ce que toute la peinture soit sèche. Ça paraitrait un peu suspect si quelqu'un voyait voltiger des bouts de corps humains en pleine rue. »
Il se tourna pour faire face à Riddle et essaya vainement de contenir son fou rire. Riddle était l'exact opposé du type près de Bellatrix : son corps était entièrement invisible, tandis que sa tête flottait. Il avait l'air ridicule. Harry réalisa qu'une bonne partie de la formidable aura de Riddle provenait de sa prestance.
L'homme avait l'air tout sauf content de son apparence actuelle, mais il adressa quand même un léger sourire à Harry.
« Rit tant que tu le peux gamin, j'aurai tout le loisir de m'amuser quand tu ne me verras plus. »
L'obscure promesse fit frissonner Harry, mais il ne pouvait toujours pas arrêter de glousser.
Après quelques minutes, l'allégresse fit place à l'effroi. Ce qui était pire encore que de regarder dix-sept hommes traîner dans sa boutique ? Savoir que ces hommes vagabondaient à travers sa maison sans être capable de les voir.
Harry fouilla ses poches et s'assura que son petit générateur de bouclier était en place. Il était parvenu à modifier le bouclier pour qu'il puisse marcher avec, ce qui était bien mieux que le prototype fixe qu'il avait présenté à Riddle, mais tout objet balancé dessus rebondissait toujours à des angles anormaux.
Toujours est-il que… c'était un plan simple, mais bon. Si tout se déroulait bien, la petite troupe de reconnaissance ne vaincrait pas juste un clan entier, mais elle le ferait en un temps incroyablement court.
« Bien, dans ce cas, dit-il à une pièce en apparence vide, allons donner aux gens de quoi jaser. »
Il sortit des ruines de son magasin. Pendant un court instant, il s'inquiéta que personne ne le suive, puisque les hommes ne voyaient plus leur lord, mais il entendit rapidement des pas étouffés derrière lui.
Deux d'entre eux étaient un peu trop proches à son goût.
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Fudge avait choisi un emplacement qui convenait à ses moyens. Si deux clans étaient égaux en nombre et en puissance, ils se battaient souvent sur des terrains qui leur permettaient de se cacher, comme des villages abandonnés, des forêts, ou de larges immeubles. Les obstacles fournis par ces lieux protégeaient le clan ayant la meilleure stratégie et lui assuraient la victoire. Si deux groupes de forces égales venaient à se battre sur un terrain plus ouvert, la bataille qui s'en suivrait nuirait sévèrement aux deux camps, et se terminerait peut-être même en match nul.
Cependant, Fudge n'avait pas prévu un combat d'égal à égal. Sa plus grande force avait toujours été la puissance brute, et alors que son clan surpassait largement en nombre celui de son opposant, il n'avait pas l'intention de leur accorder la moindre cachette. Il avait choisi un champ désolé juste en dehors de Londres. Fudge prévoyait de les anéantir rapidement et ne voulait pas avoir à les débusquer derrière tout obstacle disponible.
Ils étaient déjà là quand Harry et son cortège invisible arrivèrent.
Bien que Fudge trouve le challenge risible, il n'avait pris aucun risque et était venu avec toute la puissance dont il disposait. Harry était plutôt sûr que certains des hommes debout derrière Fudge n'étaient même pas officiellement les siens, mais appartenaient à de plus petits clans. Cependant, aucune règle ne disposait que seuls les membres des deux groupes pouvaient participer, c'était la principale raison qui avait poussé les lords à former des alliances.
L'un dans l'autre, le nombre de personnes sur le terrain surpassait les prévisions d'Harry. En vérité, il était convaincu de n'avoir jamais vu autant d'être humains ainsi rassemblés. Il ne pouvait s'empêcher d'être un peu nerveux à l'idée que tous ces gens allaient bientôt tenter de le tuer, lui et lui seul, puisqu'il était à leurs yeux l'unique personne à s'être montrée.
« Eh bien, Lord Voldemort ! Quel honneur que vous soyez venu, railla Fudge alors qu'Harry s'approchait. Et seul une fois de plus ! Avez-vous seulement un clan, ou n'y a-t-il que vous et l'enfant ? »
L'assemblée rit et le hua, se moquant du jeune homme venu mourir en solitaire.
Le coeur d'Harry accéléra quand l'effet de l'adrénaline se fit sentir, et ses réflexes essayèrent désespérément de l'éloigner de Fudge. Au lieu de ça, il prit plusieurs grandes inspirations et se rappela que ce n'était pas Harry qui se tenait devant cette foule, mais Riddle. En quelque sorte, savoir qu'ils ne l'insultaient pas lui mais quelqu'un d'autre érigea une barrière entre lui et l'assistance hurlant à pleins poumons. Ça lui rendit aussi plus facile la tâche de paraître atterré et pathétique, comme le prévoyait le plan.
« Monsieur le Ministre… Vous ne m'avez pas réellement… pris au sérieux ? demanda-t-il faiblement, affichant son expression la plus docile. Je veux dire, vous assassineriez pas une douzaine d'hommes juste pour vous venger d'une bonne blague, n'est-ce pas ? Surement-...
— Oh non mon cher Lord Voldemort, répondit Fudge avec mépris, on ne déguerpit plus maintenant. Je vous avais avertis, j'ai essayé d'être juste, je vous ai même proposé un marché ! Mais vous n'avez pas écouté et avez même tué quelques uns de mes hommes. Pour ça, vous et vos partisans allez payer ! »
La foule hua de plus belle.
Une idée folle germa dans l'esprit d'Harry. Toutes ces personnes croyaient encore qu'il était Lord Voldemort. Tout ce qu'il faisait présentement se répandrait à travers tout le pays. L'incroyable victoire d'une part, mais aussi son attitude devant Fudge. Et Riddle, qui plaçait tant de fierté dans son calme et ses manières gracieuses, grincerait des dents s'il se retrouvait associé à quoi que ce soit de faible, que cela fasse partie d'une supercherie ou non.
Réprimant un sourire, Harry tomba à genoux sur le sol boueux. Si la vie te donne des citrons, mieux vaut en faire de la limonade. Et Harry était déterminé à s'amuser lui aussi.
Son visage afficha un désespoir absolu et il se perdit en suppliques.
« Oh je vous en supplie, ne nous tuez pas moi et mes amis ! Ils sont innocents, épargnez-les, je vous en conjure ! Assurément un homme d'une telle grandeur peut pardonner à un jeune homme, rien de plus qu'un adolescent, qui voulait simplement baigner dans la gloire ! Je suis tel Icare, volant trop près du glorieux soleil et brûlant mes ailes. Ne me condamnez pas pour avoir joué avec des choses que je ne comprends pas. Oh éminent Lord Fudge, écoutez mes prières, je-... »
Quelqu'un fit feu. La balle le manqua de plusieurs mètres, mais Harry savait qu'il en avait trop fait et que le jeu était terminé. Oh, de toute façon Riddle avait probablement vomi depuis le temps.
Il activa rapidement son bouclier et se précipita sur ses pieds. Il allait essayer d'éviter leurs balles et leurs flèches aussi longtemps que possible. De cette manière, les hommes de Fudge se concentreraient plus longtemps sur lui, pensant qu'il avait juste un bol incroyable. Avec un peu de chance, le temps qu'ils réalisent que quelque chose n'allait vraiment pas, il serait déjà trop tard pour eux.
Alors que de plus en plus d'hommes tiraient balles, flèches et torches sur lui, Harry courait en zigzaguant à travers le champ, espérant qu'il ne percuterait pas accidentellement l'un des hommes de Voldemort. Il vit Fudge se mettre à couvert derrière ses soldats, alors même qu'Harry ne représentait clairement pas une menace. Sale lâche.
Une balle le frappa.
Harry avait tiré sur son bouclier pour le tester, mais pas une fois il n'avait été à l'intérieur au moment de l'impact. La balle produisit un écho retentissant, comme si Harry se trouvait assis directement sous une énorme cloche. Pire, le son ne s'arrêta pas une fois la balle déviée, mais continua avec la même intensité assourdissante.
Automatiquement, Harry se couvrit les oreilles et ferma les yeux très fort, ce qui le fit trébucher et tomber au sol. Puisqu'il ne bougeait plus, il faisait une cible facile, et les impacts redoublèrent, produisant chaque fois le même son perçant.
Harry, hébété, se forçait à se relever quand il vit quelques hommes venir vers lui. Apparemment ils commençaient à se rendre compte que les projectiles ne feraient pas l'affaire, et se mirent à défier Harry en combat rapproché.
Un homme armé d'une épée rattrapa Harry et lui assena un coup direct dans le dos. Bien sûr, le bouclier dévia aussi cette attaque, et son opposant, surpris, tomba face contre terre, emporté par son élan. Un autre homme tenta de décapiter Harry avec une hache géante, mais il dû plonger quand sa propre arme lui revint en pleine figure.
A présent, des cris confus se faisaient entendre, puis de plus en plus de hurlements de douleur. Les assaillants d'Harry se figèrent, déroutés, et il réussit à leur échapper. Il fit volte-face et vit l'armée, autrefois organisée, rompre sa formation. Certains en avaient encore après Harry, ne réalisant pas ce qui se passait au sein de leurs rangs, tandis que d'autres semblèrent le remarquer. Mais ne comprenant pas ce qui arrivait, ils restaient bêtement plantés là. De plus en plus d'hommes tombaient, les bras, les jambes ou la tête séparés de leur corps.
Un petit nombre commençait à paniquer maintenant, lâchant leurs armes et fuyant vers la ville. Ils furent abattus par quelqu'un depuis la foule. D'autres agitaient leur épée sans but devant eux. Harry devait leur attribuer un certain mérite, ils avaient visiblement eut la bonne intuition concernant leurs opposants, même s'ils n'y comprenaient toujours rien.
Les quelques hommes qui avaient rattrapé Harry le regardèrent, incertains. Envolés les sarcasmes et les railleries. Le désespoir et la peur avaient pris leur place.
Harry avait fait promettre à Riddle d'éviter les morts inutiles. Même s'il ne ressentait pas tellement de pitié pour ses adversaires, il voulait empêcher un massacre insensé.
« Lâchez vos armes et mettez-vous à terre, dit-il à ses poursuivants. »
Ils n'avaient clairement pas compris ce qui s'était passé, mais ils sentaient que c'était mauvais… et mortel. Après avoir échangé des regards hésitants, ils firent ce qu'Harry leur avait demandé.
Harry tourna sur lui-même, voulant rejoindre la foule pour dire à Riddle de cesser les hostilités, quand il percuta le vide.
« Ouch, putain 'chier, jura Harry quand la collision fut amplifiée par son bouclier et le projeta plusieurs mètres en arrière.
— Vous allez bien ? lui parvint une voix, au dessus de lui.
— Snape ? C'est vous ?
— Précisément. J'en conclus que nous en avons fini ici, vu la manière dont ces hommes se sont rendus ?
— Oui, faites-moi une faveur et dites-le à Riddle. Je ne voudrais pas que ça soit un bain de sang.
— Vous voulez dire plus que ça ne l'est déjà ? »
Harry se releva doucement et balaya le terrain du regard. Une bonne moitié de la horde s'étendait, inerte, au sol. Tuée par moins de vingt hommes.
« Vous pouvez dire beaucoup de choses sur nous, mais nous travaillons très efficacement, fit remarquer Snape. Harry n'était pas sûr de savoir s'il y avait plus de fierté ou d'amertume dans sa voix.
— Juste-... Allez l'avertir, claqua Harry d'une voix fatiguée. »
Il entendit des pas s'éloigner de lui en courant.
Éreinté d'avoir tant couru, il marcha vers l'armée, ou ce qu'il en restait. Il conserva son bouclier, juste au cas où, mais le combat avait pris fin. En plus, il pouvait voir qu'il ne leur restait pas beaucoup de force. Il essaya de ne pas penser à ce qui aurait pu arriver si la bataille s'était prolongée quelques minutes de plus.
Ce qui restait de l'armée de Fudge regarda avec un effroi mêlé d'admiration le clan de Voldemort enlever la peinture avec des chiffons.
« Mais… mais c'est - c'est-... bredouilla Fudge.
— ... de la triche ? finit Harry. Non, j'en ai bien peur.
Il se tourna vers le véritable et désormais visible Lord Voldemort.
— Qui avait commandé une petite victoire ? sourit-il largement.
— Oui enfin, mon estomac est devenu un peu fragile après ta performance bâclée.
Harry feignit d'être outré.
— Bâclée ? C'était la prestation de ma vie Monsieur le royal bâtard !
— Alors j'ai beaucoup à t'apprendre.
— Euh… m'apprendre quoi exactement ? »
Mais Riddle ne répondit pas. Au lieu de ça, il se tourna vers Fudge.
« Vous avez deux choix Fudge : continuer à mener votre clan selon certaines… consignes, ou mourir honorablement parmi vos hommes tombés au combat.
— Quel… quelles consignes ? Attendez… vous êtes le lor-... ma… mais, demanda Fudge, abasourdi. »
Harry observa attentivement Riddle. Normalement, si le lord ennemi n'était pas mort à la fin du défi, le gagnant l'exécutait sur place. Il était surpris que, de tous les lords, Riddle, puisse montrer de la clémence envers un homme tel que Fudge. Pourtant il n'avait pas perdu une seconde pour lui faire une proposition. Harry en déduisit qu'il avait prévu de le laisser vivre depuis le début, ce qui était encore plus bizarre. Il se demanda à quel genre de jeu Riddle se livrait.
« C'est une question très simple Fudge. Choisissez. »
Fudge se releva et fixa, ébahi, Riddle et Harry. Apparemment, lui non plus n'arrivait pas à croire qu'ils le laissaient vivre.
« Je...ahem… serais très heureux de continuer, avec, ah, avec vos consignes.
— Excellent. »
Et sur ce, Riddle tourna le dos à Fudge et au reste de ses hommes, et commença à se diriger vers la ville.
Harry éteignit son bouclier pour pouvoir marcher plus librement et se précipita à sa suite.
« Euh, tu es sûr que c'est bon ? Pas que je critique tes qualités de meneur ou quoi que ce soit, mais ce serait pas un peu risqué ?
— Fudge sera trop effrayé pour essayer de se venger pour l'instant. Tout ce que j'ai à faire dans les jours à venir, c'est de le prendre suffisamment au piège pour qu'il en vienne à me suivre de son plein gré.
Face à tout autre lord, Harry aurait sérieusement douté que ce soit si facile, mais il savait, tout simplement, que cet homme mènerait vraiment son plan à bien, pour la simple raison qu'il en avait les moyens.
— Donc quoi, tu vas fusionner avec le clan de Fudge ?
Riddle ricanna.
— Ne sois pas ridicule, si j'avais prévu de fusionner avec tous les clans que je vais vaincre, la simple taille d'un tel groupe se révélerait tôt ou tard incontrôlable.
— C'est ce que je te disais ! s'exclama Harry, repensant à leur conversation sur les futurs objectifs de Riddle. Peu importe à quel point un lord est puissant, il ne peut pas contrôler une putain de planète, même après le chaos il y a beaucoup trop de monde !
Riddle arrêta d'avancer et fit face à Harry, ses yeux brillant d'une lueur mauvaise.
— Ah mais vois-tu, je n'ai pas besoin de contrôler les gens, j'ai juste à diriger les lords-...
— ...qui mèneront ensuite leur clan, termina Harry.
Ça avait du sens, mais…
— ...Impossible. C'est- simplement impossible ! Peut-être avec un type aussi faible que Fudge, mais… Il laissa sa phrase en suspens. »
Il y avait des rumeurs à propos d'autres lords, hors des grandes villes, régnant sur leur propre monde, avec chacun des règles différentes, et plus imprenables les uns que les autres.
Et là se dressait Riddle, plus jeune qu'aucun lord dont Harry avait jamais entendu parler, se tenant à la frontière d'un champ boueux, juste à l'extérieur d'une ville sale qui luisait sous un soleil crépusculaire, affirmant qu'il allait tous les démolir.
« Regarde donc cette ville usée, songea Riddle, le monde est en ruines. Aide-moi à le reconstruire, Harry Potter, et je t'assure que plus un seul jour de ta vie ne te paraîtra insipide.
— Et si, moi, j'aime les jours insipides ? questionna faiblement Harry. »
Il pouvait pratiquement ressentir les mots de Riddle, coulant doucement autour de lui, l'emprisonnant fermement dans leur toile.
Riddle se pencha et frôla légèrement la joue d'Harry avec le dos de sa main.
« J'entends déjà les rumeurs qui se répandront dans tout le pays. Le prochain clan que nous affronterons croira savoir ce qui l'attend, mais ils n'en saura rien. Parce que cette fois nous ne serons pas invisible, tu viendras avec quelque chose d'inédit, n'est-ce pas ? Surprends-les, surprends-moi, Harry, encore et encore. Toujours tourné vers le prochain défi, chaque fois plus excitant que le précédent, n'aimerais-tu pas ? Personne ne peut te surpasser dans ce que tu fais, mais toi tu peux te dépasser. N'aimerais-tu pas voir de quoi tu es capable, quand tu peux exploiter tout ton potentiel ? »
Le coeur d'Harry battait la chamade et il avait le souffle court, il se sentait tout autant étourdi et perdu. Peu importe ce que faisait Riddle, il le faisait habilement.
Harry parvint à déglutir et rencontra de plein fouet l'intense regard de Riddle.
« En vérité, ça sonne juste comme une affreuse charge de travail, dit-il d'une voix rauque.
Il gagna un gloussement de la part de Riddle.
— Eh bien, si tu n'es pas à la hauteur du défi…
— Ne sois pas stupide, c'est quand tu veux, amène-toi bâtard ! siffla Harry, offensé.
— C'était un oui ? fit Riddle avec un sourire narquois.
Harry se calma un peu.
— Je-... je ne sais pas.
Riddle haussa les épaules, apparemment indifférent quant au second refus d'Harry.
— Enfin, c'est mieux que le « non » que j'ai reçu la dernière fois, on progresse.
— Bâtard, maugréa Harry. »
Mais Riddle se contenta de lui faire un clin d'oeil, enchanté, et continua à marcher vers la ville.
Harry se retrouva seul au bord d'un champ couvert de cadavres, la boue trempant ses pieds.
« Saloperie, grogna Harry en direction du vide. »
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Mots : 4 130
26 / 03 / 2019
