Retrouver mon frère, retrouver ma vie.
Chapitre 10.
Point de vue d'Isabella :
Depuis que nous étions arrivés dans notre maison, j'avais laissé Harry profiter de son temps libre. Après deux semaines, je décidai de lui parler de sa future formation. J'en avais d'ailleurs parlé à Alastor et il était d'accord avec moi.
« Harry ? » Demandais-je après avoir ouvert la porte de sa chambre et en m'avançant dans la pièce.
« Oui ? » Demanda-t-il à son tour en levant les yeux de son bouquin de métamorphose.
« Je voudrais te parler de quelque chose… » Dis-je en m'asseyant sur le bord de son lit, tout en étendant mes jambes en croisant mes chevilles et en mettant mes mains derrière moi. « Bien entendu, si mon idée ne te plait pas, dis-le moi. » Continuais-je.
« Très bien… Dis-moi… » M'invita-t-il en se retournant sur sa chaise afin de se retrouver à cheval, tout en posant ses bras sur le haut du dossier avec sa tête posée sur ses bras.
« Je te propose de te former à te battre. Tu seras formé par moi, mais aussi par Alastor et sans doute aussi par Sirius lorsqu'il viendra. Je veux que tu sois préparé et que tu puisses te défendre au cas où je ne suis pas présente avec toi. Je ne serais pas toujours là étant donné que je vais faire partie de l'Ordre que Dumbledore est en train de reconstruire. » Commençais-je.
« Je trouve que c'est une excellente idée. Qu'est-ce que c'est l'Ordre ? » Demanda-t-il en fronçant les sourcils.
« L'Ordre du Phénix est une organisation qui a été créée par Dumbledore lors de la première guerre. Comme tu t'en doute, c'est pour lutter contre Voldemort et ses mangemorts. Il reste que très peu de membres d'origine. L'Ordre n'a pas été encore reconstitué, mais nous y arrivons. » L'informais-je.
« Bien. Dans quelle branche je vais être formé ? » Demanda-t-il après avoir hoché la tête.
« À peu près dans toutes les branches que tu vois déjà lorsque tu es à Poudlard, mais dans une manière un peu plus poussée. Dans la plupart, je vais t'aider comme je peux. Je vais également t'aider à fermer ton esprit comme je l'ai appris afin que Voldemort ne puisse pas entrer dedans. Je ne veux pas que ça soit une faiblesse pour toi. Aussi, il faudra que tu suives un entrainement physique afin d'avoir une meilleure endurance, de meilleurs réflexes ainsi qu'agilité et un meilleur contrôle sur ta respiration. Ça t'aidera en cas de duel. Tu peux le faire en faisant du jogging, mais aussi en pratiquant le Quidditch ainsi que l'entrainant qui va avec. Si tu veux, je peux t'accompagner. » Répondis-je.
« Ça me parait juste. » Confirma-t-il.
« Maintenant… Il y a une autre chose dont je voudrais te parler… » Commençais-je.
« Qu'est-ce que c'est ? » Demanda-t-il curieusement.
« Je voudrais te parler de ce qui s'est passé lors de la troisième tâche du tournoi… Lorsque j'ai dû affronter Voldemort après qu'il a retrouvé un corps semblable à un humain, il s'est passé quelque chose de tout à fait choquant. Je ne sais pas comment ou pourquoi, mais ça s'est produit. À un moment donné, une lumière blanche aveuglante est apparue de nulle part. L'instant suivant, trois fantômes se sont présentés. Il y avait le fantôme de l'homme que tu as vu dans ton rêve. Les deux autres étaient ceux de nos parents. » Lui annonçais-je.
« Mais - … Ils sont morts. » Murmura-t-il abasourdi et incrédule.
« Je sais. Au début, j'ai cru à une hallucination jusqu'à ce que papa me parle. Il m'a dit de briser le lien et de partir avec le Portoloin. C'est ce que j'ai fait. Papa, maman et le vieil homme ont distraits Voldemort et les Mangemorts afin que je puisse m'échapper de là. À présent, je sais pourquoi ton nom a été mis dans la coupe. C'est toi qu'il voulait pour le rituel, mais étant donné que je partage le même sang que toi et que le sacrifice de maman m'a aussi protégé, mon sang a été utilisé. » Déclarais-je.
« C'est fou. » Conclut-il dans un état second.
« Alors… » Dis-je d'une voix trainante afin de changer de sujet parce que je ne voulais plus en parler étant donné que ça me causait bien trop de tristesse et de douleur émotionnelle, tout comme ça faisait la même chose à mon frère. Je pouvais le voir dans ses yeux et dans ses traits du visage. « Qu'est-ce que tu penses vraiment d'Hermione ? » Demandais-je curieusement, voulant savoir.
« Elle est ma meilleure amie. Où veux-tu en venir avec ça ? » Demanda suspicieux.
« Eh bien… Il se trouve que j'ai remarqué que vous semblez plus proches qu'avant. » Dis-je évasivement, ne voulant pas vendre la mèche.
« Eh bien… Je ne sais pas trop, mais elle a été l'une des seules personnes qui m'a cru et m'a soutenu lorsque mon nom a été sorti de cette coupe. Tout le monde pensait que j'avais triché en ayant trouvé un moyen de passer la limite d'âge. » Dit-il avec des yeux plissés dans la suspicion, se demandant où j'allais avec ça.
« C'est tout. Tu la vois seulement comme ta meilleure amie ? » Insistais-je en essayant de déchiffrer ses émotions lorsqu'il parlait d'elle.
« Oui, c'est tout. Ne me dis pas que tu penses que je la vois autrement ? Si c'est le cas, tu as vraiment des idées folles. » Fit-il en souriant par moquerie comme si c'était une idée complètement farfelue, refusant de croire que c'était ce que je pensais vraiment.
« Mes idées ne sont pas folles ! » Rétorquais-je en faisant la moue, tout en réprimant un sourire, mais en étant aussi triste pour Hermione en réalisant que ses sentiments pour mon frère n'allaient certainement pas être retournés comme espérer.
« Ah, non ? Et la fois où tu nous a donné l'idée que l'on pénètre dans la salle commune des Serpentard afin que nous obtenions des renseignements de Malfoy pour la Chambre des Secrets ? Ou la fois où tu nous as fait aller voler des ingrédients de potion dans la réserve personnelle de Rogue ? » Répliqua-t-il avec un sourcil relevé.
« Bon, tu as peut-être raison à ce sujet, mais j'en ai eu d'encore plus folles lorsque je faisais mes coups avec Fred et George. » Lui fis-je remarquer en souriant malicieusement et avec connaissance. « Alors… Tu ne vois pas Hermione plus qu'une amie ? » Demandais-je pour être sûr.
« Non. Je pense qu'en temps normal, je l'aurais peut-être fait, mais - … » Dit-il hésitant en ne terminant pas sa phrase. « Mais - … Je ne sais pas comment tu vas le prendre. » Dit-il toujours avec hésitation ainsi qu'un regard inquiet.
« Dis-moi… Tu sais bien que rien ne me fera te juger ou te tourner le dos. Tu es mon frère, peu importe quoi ou la situation. » Insistais-je avec une voix douce et des yeux affectueux, devinant ce qu'il allait me révéler. Ça allait sans doute expliquer certaines choses en y réfléchissant mieux.
« Eh bien… Je crois que je n'aime pas les filles. » Dit-il nerveusement en gigotant de façon mal à l'aise sur la chaise dans la nervosité de ma réaction.
« Tu le crois ou tu en sûr ? » Demandais-je sans jugement.
« Je suis sûr. » Répondit-il avec confiance.
« As-tu déjà été avec un gars ou du moins en as-tu déjà embrassé un ? » Poussais-je.
« Non, mais je ne suis pas attiré par les filles. » Répondit-il simplement.
« Peut-être devrais-tu faire un test ? » Fis-je avec un sourire narquois.
« Du genre ? » Demanda-t-il intrigué et méfiant sur ce que j'avais en tête.
« Simple. Tu embrasses une fille et tu embrasses un gars. Tu compares les deux et tu obtiendras un résultat final. » Lui expliquais-je.
« Euh, je t'aime et tout, mais je ne t'embrasserais pas. » Fit-il aussitôt avec une grimace dégoutée.
« Merlin, non ! Tu es mon frère ! C'est brut ! » Dis-je en faisant semblant de frissonner, tout en faisant une grimace de révulsion et de répugnance parce que c'était vraiment brut rien que de l'imaginer.
« Merci, Merlin ! » Soupira-t-il dramatiquement en levant les yeux. « Qui ? » Demanda-t-il.
« Pour la fille, je n'en sais rien pour le moment, mais je vais sans doute trouver prochainement. Concernant le gars… J'ai une petite idée… » Dis-je avec des yeux remplis de méfaits, connaissant une personne qui avait des vues sur mon frère depuis un certain temps maintenant.
« Qui ? » Demanda-t-il méfiant et soupçonneux.
« Il se peut que je connais quelqu'un qui aime également les gars. Seulement, personne ne le sait à part deux personnes extérieures de moi-même. Si tu veux vraiment savoir… Il s'agit de Fred. » Dis-je en souriant avec satisfaction en voyant ses yeux s'écarquiller. « Bref… Tu en fais ce que tu veux. Cependant, je voudrais que tu fasses quelque chose. Parle-en à Hermione, car elle a le béguin pour toi. Il vaut mieux qu'elle soit un peu triste et déçu maintenant que de l'apprendre plus tard lorsqu'elle a de vrais sentiments pour toi. » Déclarais-je.
« Mais que faire si elle ne veut plus être mon ami ou si elle est dégoutée de moi ? » Paniqua-t-il.
« Ça n'arrivera pas. Pourquoi penses-tu pareil ? » Demandais-je incrédule qu'il demande une chose pareille.
« Eh bien… Elle a grandi dans le monde moldu et la plupart sont contre l'homosexualité. » Répondit-il comme si c'était une évidence et la chose la plus simple dans le monde.
« Hermione est différente et tu le sais. En plus, elle est très ouverte d'esprit. Elle n'est pas du genre à juger sur ces choses-là. Elle sera compréhensible lorsque tu lui expliques. Elle est très ouverte dans ce genre de choses. De toute façon, dans le monde des sorciers, c'est différent et ce n'est pas une chose hors du commun. Tu veux un secret ? Remus Lupin est bi. Il aime les deux de ce que je sais de papa dans ses écrits, mais il préfère les hommes. » Dis-je en haussant les épaules. « En tant que sorcier, tu pourras peut-être réaliser ton rêve lorsque la guerre sera fini, parce que, oui, il va en y avoir une. Un homme sorcier peut tomber enceinte. Soit par une potion spéciale de fertilité, soit si l'un des deux hommes est un sorcier assez puissant. Toi, tu es puissant, tu pourras donc le faire dans l'avenir. » Terminais-je en riant légèrement à l'expression choqué de mon frère à cette révélation.
« Wow ! » Murmura-t-il.
« Comme je le disais, la magie peut faire des miracles et, ça, c'est l'un d'eux. » Souris-je avec des yeux brillants de bonheur lorsque je vis le sourire heureux et rempli d'espoir de mon frère.
Ça faisait plaisir de voir mon frère avec cette expression heureuse. Depuis toujours, je savais qu'il avait toujours eu envie d'avoir une famille à lui et, maintenant, grâce à ces précieuses informations que je venais de lui donner, je lui avais donné un espoir et un nouveau but dans sa vie. Je savais que cette chose précieuse ne lui ferait jamais abandonner. Il se battra jusqu'au bout pour qu'elle s'accomplisse.
« Je vais le faire pour Hermione, mais j'ai peur de la réaction de Ron, surtout avec tout ce qui s'est passé cette année. Ça a été vraiment dur entre nous. Honnêtement, je ne pensais pas que notre amitié allait survivre. » Réfléchit-il avec un peu d'appréhension dans sa voix après un moment de silence.
« Le mieux que tu puisse faire, c'est d'être honnête avec lui. S'il ne t'accepte pas, c'est son problème. Tu ne dois pas cesser d'être qui tu es parce que ça ne lui plait pas. » Dis-je d'une voix sereine et remplie de compassion. « Tu dois le faire. Tu dois vivre pour toi, pas pour les autres et pas pour ce qu'ils veulent eux. N'ai pas peur de t'assumer. Pour moi, tu es toujours le même, tu es toujours mon frère. Tu es un peu différent des autres… Et alors ? Tu fais des choix différents des autres… Qu'est-ce que ça peut leur faire ? C'est ta vie, pas la leur. Vis pour toi et personne d'autre. Ne prends pas les jugements des autres en compte. » Dis-je avec conviction.
« Merci pour m'accepter et ne pas me tourner le dos. » Fit-il avec un sourire en coin.
« Et je le ferais encore et encore jusqu'à ce que ça entre dans ta tête épaisse. Je serais toujours là pour toi, quoi qu'il arrive. Tu es mon frère et je ne t'abandonnerais jamais. » Dis-je avec foi.
« En parlant de tout cela… » Commença-t-il avec un sourire narquois, me faisant plisser les yeux. « Que se passe-t-il entre toi et Sirius ? » Demanda-t-il.
« Je ne vois pas ce que tu veux dire. » Fis-je rapidement, pour ensuite mordiller mon pouce.
« Bien sûr. Et c'est pour ça que tu te mords le pouce ? Une mimique que tu fais seulement lorsque tu es nerveuse ou que tu essaies de changer de sujet. » Rétorqua-t-il en roulant des yeux.
« Pourquoi je n'arrive jamais à te mentir ou à détourner le sujet ? » Fis-je remarquer.
« Parce que je suis ton frère. » Rétorqua-t-il en souriant béatement.
« D'accord, d'accord… » Dis-je en levant les mains en reddition. « Je ne sais pas vraiment ce qui se passe. On s'entend très bien et ça s'arrête là. De mon côté, je commence à ressentir des choses que je ne devrais probablement pas. C'est pour cette raison que j'ai arrêté mon accord d'amis avec des avantages avec Cédric. » Fis-je avec un sourire narquois en sachant la réaction qu'il allait avoir
« Beurk ! Je n'ai pas besoin de savoir ça ! Tu m'as mis des images dans la tête que je n'ai pas vraiment envie de voir ! » Grimaça-t-il d'une façon repoussée.
« Enfin… Plus sérieusement… Après ce qui s'est passé avec Cédric, je me suis senti coupable et, c'est là que j'ai compris que je commençais à avoir des sentiments pour Sirius. » Dis-je avec une expression pensive peinte sur mon visage.
« Que comptes-tu faire à ce sujet ? » S'intéressa-t-il.
« J'en sais rien. De toute façon, pour le moment, nous avons d'autres choses à faire comme aller te chercher de nouveaux vêtements ainsi que des tenues de sport pour commencer ton entrainement. » Répondis-je en me levant du lit et en le fixant de manière qu'il comprenne que je ne voulais pas m'attarder sur le sujet pour le moment. « Je vais aller faire un petit quelque chose à manger, puis nous irons dans le Chemin de Traverse, mais aussi dans le monde moldu. » L'informais-je avant de marcher vers la porte et de sortir ensuite de sa chambre.
XXX
À présent, un mois était passé depuis la fin des cours à Poudlard et je m'inquiétais pour Harry. Pas au niveau de sa santé parce que dans ce domaine tout allait bien, mais je voyais qu'il était triste, déçu, mais aussi en colère.
« Que se passe-t-il, Harry ? » Demandais-je en revenant de notre jogging matinal qui était maintenant une chose quotidienne.
« Depuis la fin de Poudlard, personne ne m'a écrit à part les jumeaux et Ginny. Les autres n'ont même pas pensé à mon anniversaire. Je pensais que nous étions amis, mais… apparemment je me trompais. » Répondit-il dans un soupir dépité.
« Hey… Je suis sûr qu'il y a une bonne raison. De toute façon, aujourd'hui, tu as eu des nouvelles des jumeaux et de Ginny pour ton anniversaire. C'est mieux que rien. Je ne sais pas ce qui se passe, mais lorsque je vais voir Ron et Hermione, ils vont avoir un morceau de mon esprit. Allez… Viens… Je t'ai fait ton gâteau préféré. » Murmurais-je en lui faisant un clin d'œil à la fin.
Cela dit, nous continuâmes notre route vers notre maison et, une fois à l'intérieur, Harry et moi, nous nous séparâmes afin d'aller prendre chacun une douche. Bientôt, j'allai vers la cuisine une fois que je fus rafraîchis et je fus très vite rejointe par Harry.
Une semaine plus tard, j'étais occupé à lire un livre pour ma formation pour devenir professeur de défense contre les forces du mal lorsque Fumseck apparut au milieu du salon. Un instant plus tard, il vint poser un rouleau de parchemin sur mes genoux, puis il disparut, mais pas avant de m'avoir picoré l'oreille.
Voyant le morceau de parchemin sur mes genoux, Harry leva les yeux de son magasine de Quidditch et me regarda dans la curiosité. Je ne lui répondis pas et je pris le parchemin, pour ensuite le dérouler et le lire.
« Miss Potter,
Comme vous vous en doutez, l'Ordre a été rétabli. Par cette présente note, je vous fais part de l'endroit.
12, square Grimmaurd.
Veuillez venir dans un court préavis afin de mieux assurer la sécurité de votre frère et de venir assister à la première rencontre.
Bien à vous.
Albus Dumbledore.
Ps : Brulez cette note une fois que vous aurez mémorisé le lieu de notre future rencontre. »
« Qu'est-ce que c'est ? » Demanda Harry.
« On dirait que Dumbledore a trouvé un endroit pour reformer l'Ordre et il demande ma présence afin que la première réunion se fasse. Je suppose que nous allons emballer nos affaires et nous y rendre demain matin, à la première heure. » Répondis-je en brulant la note.
« Allons-nous rester longtemps là-bas ? » Demanda-t-il.
« Je suppose. Emballe tes affaires pour Poudlard aussi. Je ne sais pas si nous pourrons revenir ici. » Dis-je avant de me lever et de sortir de la pièce, pour ensuite aller vers l'escalier menant aux étages supérieurs et de monter jusqu'à ma chambre dans le but d'emballer mes propres affaires afin que je ne doive pas courir dans la matinée pour le faire.
XXX
Le lendemain matin, je me réveillai groggy, puis je décidai de finalement sortir de mon lit après un certain temps. Je m'emparai alors de mon peignoir en éponge, se trouvant accroché à la porte, et je l'enfilai avant de sortir de ma chambre. Rapidement, je me dirigeai vers la chambre de mon frère à l'étage inférieur afin de le réveiller.
« Harry… » Murmurais-je afin de ne pas le brusquer. « Harry… » Fis-je plus fort, tout en le secouant doucement.
Après un certain temps, il ouvrit péniblement les yeux et me regardai avec des yeux encore ensommeillés.
« Il est temps de se lever, tête endormie… Tu veux quelque chose pour le déjeuner ? » Demandais-je avec soin.
« Quelle heure il est ? » Demanda-t-il d'une voix rauque.
« 6 h 00. » Répondis-je.
« Juste un jus de fruit. Il est trop pour que je mange quelque chose. » Chuchota-t-il.
« Très bien. Prends une douche, termine d'emballer parce que je sais que tu n'as pas terminé, puis descends. » Dis-je avec un clin d'œil avant de sortir de la pièce et de remonter dans ma chambre pour me préparer.
Une bonne demi-heure plus tard, Harry buvait son jus de fruit que j'avais pressé pendant le temps que j'allais à l'étage chercher sa malle ainsi que mes propres affaires. Après les avoir réduit de taille et placer dans l'une des poches de mon jean, je redescendis et je rejoignis Harry dans la cuisine.
En entrant, je pus constater qu'il avait fini et qu'il était prêt à aller. Je lui tendis alors son manteau de sorcier, qui était un nouveau et plus chaud que j'avais acheté la dernière fois que nous nous étions rendu au Chemin de Traverse, et je mis également le mien pendant qu'Harry mettait le sien.
« Alors… Comment on y va ? » Demanda-t-il.
« Nous allons voler jusqu'à là-bas. Je ne pense pas que tu veux transplaner avec moi. » Dis-je avec un sourire narquois.
« Non, merci. Je préfère voler. » Dit-il.
« Très bien. Tu restes près de moi. C'est juste une précaution au cas où nous sommes attaqués. Alastor attend dehors. Il nous accompagne. » Lui expliquais-je.
« Bien pour moi. » Répondit-il.
Hochant la tête, nous sortîmes de la cuisine, puis nous marchâmes à travers la maison jusqu'à ce que nous arrivâmes dans le fond du hall d'entrée. Avant d'ouvrir la porte, j'allai chercher nos balais dans le placard installé à quelques mètres de la porte et je tendis à Harry son balai. Il le prit et hocha la tête. Ensuite, d'un coup de baguette sur toute la hauteur de la porte, je la déverrouillai et l'ouvrit. Harry et moi, nous descendîmes les quelques marches du perron après que j'eus fermé la porte et nous nous dirigeâmes vers le point de rendez-vous où nous devions rejoindre Alastor.
Après un bon quart d'heure à marcher à travers les bois parce que notre maison était isolée du centre de Londres et de la population, nous parvînmes Alastor.
« Pas trop tôt ! » Maugréa Alastor lorsqu'il nous vit arriver.
« Ahhhh… Toujours de si bonne humeur le matin à ce que je vois… » Dis-je d'une voix trainante.
« Pas le temps de plaisanter ! » Me reprocha-t-il sévèrement, ce qui me fit rouler des yeux. « Restez près de moi et restez sur vos gardes ! » Dit-il avant d'enfourcher son balai.
Roulant une nouvelle fois des yeux, j'enfourchai mon balai, tout comme Harry en fit de même. Un instant plus tard, nous nous propulsâmes dans les airs et nous volâmes plus haut dans le ciel. Après cela, Alastor, Harry et moi, nous nous dirigeâmes vers le siège de l'Ordre, tout en survolant les maisons et les rues de Londres encore dans la pénombre du jour se levant.
Deux heures passèrent lorsqu'enfin, nous ralentîmes notre rythme et qu'Alastor commence à faire une descente vers un petit parc. Après avoir atterrit, Harry et moi, nous suivîmes Alastor en dehors du parc pour nous retrouver dans une rue et face à une rangée de maison. Alastor tendit alors un morceau de parchemin à Harry.
« Lis et mémorise ! » Ordonna-t-il d'une voix bourrue.
Il ne laissa pas beaucoup de temps à Harry pour le faire puisque, la minute suivante, il reprit le parchemin et le brula. Harry ne put demander quoi que ce soit puisque, soudainement, une maison ayant vécue des jours meilleurs apparut entre deux maisons pour la plus grande stupéfaction d'Harry qui la regarda avec de grands yeux.
Une fois que la maison fut complètement en vue, Alastor s'avança, puis il frappa sur la porte un grand coup avec son bâton, lui servant de canne et où y était caché sa baguette. Un instant après, la porte s'ouvrit dans un grincement. Voyant qu'Harry n'était pas décidé à entrer en premier, je me glissai à l'intérieur pour être accueillis par un couloir sombre.
« Lumos. » Dis-je en brandissant ma baguette devant moi. « Je ne sais pas pour vous, mais c'est complètement glauque et à vous donner la chair de poule. C'est pire que la Cabane Hurlante. » Fis-je remarquer en m'avançant, suivit de près d'Harry qui me tenait la main libre par derrière.
« Une maison de film d'horreur. » Marmonna Harry en regardant de chaque côté dans l'inquiétude.
Lorsque nous atteignîmes la fin du couloir et que nous débouchâmes dans un hall, Harry et moi, nous ne pûmes aller bien loin puisque nous fumes bloquer par une Madame Wesley radieuse, puis nous fumes tous les deux engloutis dans une étreinte à nous étouffer. Finalement, je trouvai un moyen de glisser par-dessous son bras et Harry fut le seul dans ses bras.
« Madame Wesley… Vous allez étouffer mon frère si vous continuez comme ça. » Dis-je au bout d'un petit moment.
« Que - … Comment ? Non, ce n'est rien. » Dit-elle en secouant la tête. « Avez-vous faim ? » Demanda-t-elle.
« Un peu. Nous sommes partis tôt. » Répondis-je avant qu'Harry puisse répondre. « Dites… C'est à qui cette maison des horreurs ? » Demandais-je en regardant autour de moi.
« Cette maison appartient à la famille Black. » Répondit-elle en souriant, pour ensuite nous faire signe de la suivre.
« Black… Comme dans - … » Commença Harry, tout en suivant Madame Wesley pendant que je cherchais Alastor.
« Comme dans Sirius, oui. » Répondit-elle.
Finalement, j'haussai les épaules et je marchai en suivant Madame Wesley et Harry vers où je ne savais où.
Après avoir marché encore quelques mètres dans le hall et après avoir passé devant un tableau recouvert de rideaux épais, nous tournâmes et nous descendîmes un escalier jusqu'à atteindre la dernière marche. Lorsque ce fut fait, nous longeâmes encore un couloir, puis Madame Wesley ouvrit une porte vers la gauche et entra. Harry me regarda et j'haussai les épaules en réponse.
En fin de compte, Harry s'avança et je le suivis. Bien vite, nous entrâmes dans une pièce semblable à une cuisine qui était remplie de gens que pour certains je connaissais, tandis que d'autre non. Je n'eus même pas mis un pied dans la pièce après qu'Harry eut marché plus profondément dans la pièce, que je fus accosté et renversé sur le sol par deux idiots et une tornade, ce qui valut la plupart des rires.
« Bon sang ! Bande d'idiots ! Prévenez la prochaine fois ! » Ronchonnais-je en essayant de me glisser sous les trois Wesley.
« Isa ! » S'exclamèrent-ils ensemble.
« Oui, c'est mon nom à moins que je m'appelle autrement ! » Répondis-je avec sarcasme, tout en roulant des yeux et en les poussant de moi. « C'est que vous pesez une tonne à vous trois ! » Soupirais-je en pointant ma baguette sur Fred lorsque je le vis avec des yeux malicieux. « Si tu essaies… Tu vas le regretter, Freddy… » Chantonnais-je d'un air menaçant en souriant diaboliquement.
« Et que vas-tu faire, Potter ! » Rétorqua-t-il.
« Oh non… » Murmura George en secouant la tête et en marchant en arrière, pour ensuite aller s'installer à table.
« Tu parles vraiment trop ! » Lui reprocha Ginny en se plaçant sur mon côté, pour ensuite me serrer la main et aller également s'installer à la table.
« Tu sais… Elle a entièrement raison. Tu parles que pour dire des âneries ou te créer des problèmes… » Dis-je sournoisement. « Bloclang ! » Dis-je, tout en riant à la vue de son expression horrifiée et médusée.
Lorsqu'il se rendit compte qu'il ne pouvait plus parlé, Fred commença à faire des gestes devant sa bouche, me faisant comprendre de stopper le sortilège. En réponse, je me contentai de lui sourire et de me retourner. Mon frère rejoignis mon côté.
« Harry ! Isa ! » Appela Hermione en nous faisant signe d'aller près d'elle, mais Harry l'ignora et marcha vers le bout de table où je remarquai Sirius avec un sourire amusé. « Mais - … » Dit-elle déçue et dans l'incompréhension.
« Ça, ma chérie… C'est ce qui arrive lorsque l'on ignore son meilleur ami. Pas une lettre, rien. Et vous vous considérez tous les deux comme ses meilleurs amis ? Eh bien… Pas si amis que ça ! » Rétorquais-je en voyant qu'Harry allait les ignorer tous les deux.
Cela dit, je marchai vers Harry qui était dans une accolade avec Sirius, mais lorsque je m'approchai, ils se séparèrent et Sirius me prit dans ses bras. Je lui rendis son étreinte, puis je m'écartai de lui.
« Tu as vraiment vécu dans cette maison ? » Demandais-je en fronçant les sourcils, refusant qu'une personne saine d'esprit puisse réellement vivre dans une telle maison sordide.
« Oui. » Répondit-il.
« Charmant. » Rétorquais-je avec un air dégouté. « Très charmant. » Dis-je avec sarcasme avant de m'installer à côté de mon frère et de Fred, qui ne pouvait toujours pas parler pour mon plus grand amusement. « C'est pas tout, mais je ne connais pas tout le monde ! » Dis-je de façon significative en regardant autour de la table, tout en frappant une fois dans mes mains.
« Comme son père… » Entendis-je Remus chuchoter.
« J'ai entendu. Y a-t-il un problème avec ça ? » Demandais-je aussitôt avec un sourcil relevé et ma tête penchée sur le côté dans l'attente.
« Pas su tout. C'était juste une observation. » Répondit-il calmement.
« Heum… » Me contentais-je de répondre.
« Toujours contrarié avec moi. » Constata-t-il.
« Heum… Il ne vaut mieux pas que je réponde. » Dis-je en tournant ma tête pour voir une jeune femme aux cheveux violets m'examiner avec beaucoup d'attention. « Un problème ou veux-tu peut-être une photo ? » Demandais-je du but en blanc avec un sourire narquois.
« Isa ! » Me gronda Madame Wesley.
« Quoi ? » Dis-je innocemment, tout comme j'entendis mon idiot de frère ricaner, valant à ce que je le frappe derrière la tête pour le plus grand amusement de Ginny et de Sirius lorsqu'Harry me fit la moue.
« Désolé. Je ne voulais pas paraitre curieuse ou grossière. » S'excusa la sorcière « Je suis Tonks » Se présenta-t-elle.
« Tonks ? » Répétais-je. « Comme Andromède Tonks ? » La questionnais-je.
« Comment connais-tu ma mère ? » Demanda-t-elle intriguée.
« Andy est ma marraine, mais à cause d'un vieux - … » Commençais-je pour être interrompu par l'ouverture de la porte révélant Dumbledore, Minerva et Severus. « Il faut qu'on parle de lui pour qu'il se pointe. » Marmonnais-je dans ma barbe. « À croire qu'il sait quand on parle de lui. » Roulais-je des yeux.
« Ahhhh, Isabella… Vous êtes arrivé. » Déclara Dumbledore en s'asseyant près d'Arthur et Molly avec à sa suite Minerva et Severus, qui me fit un clin d'œil discret.
« Bien sûr ! Vous m'avez demandé de me présenter et, contrairement à certaines personnes, je respecte les souhaits des autres ! » Rétorquais-je vivement.
Ma remarque eut le don de refaire recracher son jus à Harry, mais aussi à Hermione et à Ginny, tandis que la plupart des autres, à part pour quelques exceptions, eurent de hoquets choqués.
« De toute façon, ce n'est certainement pas pour vous que je suis là, mais pour m'assurer de la sécurité de mon frère ! » Fis-je remarquer avec un sourire innocent, pour ensuite me tourner vers Ginny et lui tendre une serviette, tandis que je frappai sur le dos d'Harry afin qu'il ne s'étouffe pas.
« Tu as un sacré culot ! » Me dit-il avec un sourire amusé.
« Tu me connais. Tout en moi est honnêteté et franchise. » Rétorquais-je avec des yeux malicieux.
« Oui, et c'est ça qui te cause des ennuis. Combien de fois as-tu déjà frappé Malfoy parce que vos disputes allaient trop loin ? » Demanda-t-il en connaissance de cause.
« Mmh… Un grand nombre de fois où il s'est souvent retrouver à l'infirmerie pour un nez cassé ! » Répondis-je.
« Exactement ! Et tu dis que j'attire les ennuis. Toi, tu les causes ! » Dit-il en prouvant son point.
« Si je suis provoqué ! » Répliquais-je aussitôt en le corrigeant. « Regarde Fred par exemple ! » Fis-je remarquer pour prouver mon point.
« Je ne veux pas savoir si tu n'as pas été provoqué ! » Ria Charlie Wesley de là où il était assis à côté de Ginny et Bill.
« Peut-être que je peux te montrer ! » Ricanais-je. « Levicorpus ! » Annonçais-je en le visant de ma baguette.
Aussi rapidement que possible, Charlie fut soulevé dans les airs par les chevilles avec sa tête retombant à quelques mètres du sol. Sa position actuelle valut les rires tonitruants de Sirius, Harry, les jumeaux et Bill, tandis que les autres présents émirent quelques rires un peu plus discrets et de simples sourires amusés.
« Ça fait longtemps que je n'ai plus vu ce sort. La dernière fois, c'était James qui l'utilisait. » Nous informa Remus.
« Bon, bon… J'ai compris… » Bouda Charlie en faisant la moue. « Tu peux me laisser descendre ? » Demanda-t-il.
« Tu en es sûr ? » Demandais-je innocemment.
« Pourquoi ? » Demanda-t-il soupçonneux.
« Tu me l'auras demandé. » Fis-je simplement, pour ensuite faire un coup de baguette et utiliser silencieusement le contre sort.
Aussitôt dit, aussitôt fait, Charlie retomba sur le sol dans un tas. Lorsqu'il se releva, il m'adressa un regard noir, puis se réinstalla à côté de Bill et Ginny, mais je pouvais voir qu'il ne m'en voulait pas du tout. Il était plus amusé qu'autre chose.
« Je sens que je vais souvent utiliser ce sort… » Réfléchit Ginny à voix haute en faisant un sourire machiavélique. Ce qui fit ses frères la regarder avec méfiance et appréhension.
XXX
Depuis notre arrivée dans cet endroit bizarre et plus qu'étrange, quelques heures avaient passés et je ne vis pas le temps s'écoulé.
Finalement, nous étions en fin de soirée après que le repas du soir venait de prendre fin. Tout le monde buvait une dernière tasse de thé, de café ou mangeait un morceau de tarte.
« Bon, les enfants… Je pense qu'il est temps pour vous d'aller vous mettre au lit. » Annonça Madame Wesley en se levant pour débarrasser. « Harry, mon chéri, je t'ai préparé une chambre que tu partageras bien sûr avec Ron. » Dit-elle d'une voix douceâtre en me faisant grincer des dents involontairement.
J'aimais Madame Wesley et tout, mais il y avait des fois qu'elle atteignait des limites qu'il ne fallait pas dépasser et, là, c'en était une.
« Sirius… » Dis-je dans un murmure en me tournant vers lui. « Il n'y aurait pas un moyen qu'Harry partage une chambre avec lui-même ou peut-être moi parce que le connaissant comme je le fais, je sais qu'il est encore très en colère et ça risque de tourner à un échange de sort ? » Demandais-je son avis sur la question.
Après tout, ce n'était pas à Madame Wesley à prendre la décision, mais plutôt à Sirius étant donné que c'était sa maison.
« Bien sûr. Je vais vous mettre sur le même étage dans des chambres séparées. » Répondit-il avec un sourire en coin et un clin d'œil avant de prendre une gorgée de son café.
« Merci… » Murmurais-je en faisant un clin d'œil à Harry, qui me regarda avec soulagement. « Ça me dérange pas de partager une chambre avec Harry. Après tout, nous l'avons fait durant des années lorsque nous étions chez les Dursley. » Fis-je remarquer d'un haussement d'épaules nonchalant.
« Que veux-tu dire par là ? » Demanda Severus en se rapprochant.
« Tu veux dire que notre bon vieux Dumbledore ne te l'as jamais dit ? Il ne t'a jamais révéler où ma lettre d'acception pour Poudlard a été envoyer ? » Demandais-je avec sarcasme, mais aussi dans l'incrédulité.
« Où ta lettre a été envoyé ? » Demanda Bill en posant ses coudes sur la table et en me regardant avec beaucoup d'attention.
« Harry… à toi les honneurs. » Fis-je pour prendre une gorgée de café de ma tasse.
« 4, Privet drive… Placard sous l'escalier… » Récita-t-il automatiquement et simplement.
« Placard… Comme - … » Répéta Sirius dans un murmure choqué, ne voulant pas le croire.
« Comme un petit placard minuscule où Harry et moi devions partager un matelas. Un placard qui était rempli de toiles d'araignées et de poussières. Nous avons dormis là-dedans jusqu'à ce que je reçoive ma lettre, puis nous avons été déménagés dans le vieux bordel de Dudley. C'était plus un débarras qu'autre chose. Nous avions encore qu'un seul lit d'une personne pour dormir et la plupart de la pièce était remplie avec des cartons. Le seul espace de libre était le lit, un minuscule bureau, une petite commode et une garde-robe de rien du tout qui tenait à peine debout pour mettre nos vêtements, qui n'étaient que des lambeaux, des loques et des vieux vêtements que Dudley ne savait plus mettre parce qu'ils étaient trop petit. Notre vie là-bas n'a jamais été idyllique ou celle d'un enfant pourri gâté. » Sifflais-je entre mes dents, tout en me retenant de grogner. « En fait… Lorsque j'y pense, nous avions une vie comme à Azkaban sauf pour les détraqueurs. » Fis-je remarquer nonchalamment en haussant les épaules. « Maintenant, Severus, tu comprends mieux pourquoi j'ai pris la tutelle d'Harry. Je ne voulais pas qu'il vive encore une minute de plus dans cet endroit, dans cet enfer… parce que oui, c'était l'enfer là-bas. Plus pour moi que pour Harry parce que j'ai toujours été là pour le protéger. Lorsque j'ai dit que je le protégeais, c'est dans toutes les manières possibles. Nous n'étions pas des enfants, nous étions des esclaves. » Murmurais-je avec des larmes dans les yeux en regardant l'homme qui était mon parrain. « Vois-tu pourquoi, maintenant, j'ai une rancune contre Dumbledore ? Pourquoi je le déteste et pourquoi je suis si amère ? » Lui demandais-je en réprimant l'envie de pleurer. « La seule personne qui a fait arrêter mon calvaire, c'est Andy. » Dis-je en souriant à Tonks.
« Comment ? » Demanda-t-elle d'une petite voix épaisse en émotions avec des cheveux rouges, montrant sa colère.
« Elle ne m'a pas dit en détails, mais je suppose qu'elle s'est rendu chez les Dursley et qu'elle les a menacé comme elle seule pouvait le faire. Elle a aussi installé un sort sur Harry afin qu'elle soit prévenu s'il arrivait quelque chose durant mon absence. Ce sort permettait aussi que les Dursley ne puissent pas l'approcher de trop près. Elle voulait que je vienne vivre avec elle, étant donné qu'elle était l'un de mes tuteurs, mais je ne pouvais pas laisser mon frère là-bas tout seul. » Murmurais-je avec un sourire en coin qui n'atteignit pas mes yeux.
« Je ne veux même pas savoir la façon dont elle les a menacé. Ce n'est pas une Black pour rien. » Murmura-t-elle en secouant la tête avec des cheveux virant au rose.
Afin de contenir mon envie de pleurer, je fermai les yeux. La cuisine était très silencieuse, mais ce n'était pas un silence paisible et confortable. Il était rempli de tension, de colère ainsi que d'amertume. S'il y avait bien une chose dont j'étais soulagé, c'était que Dumbledore n'était pas présent. Je ne sais pas ce qui se serait passé si ça avait été le cas. Ne même pas mentionner Minerva. Elle était très protectrice de ses lions, mais surtout d'Harry et de moi. Une vraie mère poule.
Peu de gens connaissait sa véritable histoire et j'étais l'une des rares personnes qui le faisaient. Son seul véritable regret était le fait de n'avoir jamais eu l'occasion de devenir mère. Elle avait suivi les traces de sa mère et, donc, elle n'avait pas épousé l'homme qu'elle aimait plus que tout. Un homme qui était un moldu. À la place, elle avait épousé un sorcier par un arrangement, mais il avait trouvé la mort quelques temps plus tard à cause d'une maladie. Après cela, Minerva était devenue solitaire et n'avait jamais donné son cœur à un autre homme que son moldu.
Enfin, je ré ouvris les yeux et je croisai les yeux de Severus. C'était bien la première fois que je pouvais voir ses véritables émotions et non un masque qu'il avait mis en place. Il semblait si vulnérable. Un instant plus tard, il me surprit, ainsi que les autres, en venant me prendre dans ses bras dans le confort et dans le soutien. Quelques larmes glissèrent de mes yeux à son geste, à l'importance de celui-ci. Il me montrait qu'il se foutait du jugement des autres, mais aussi de ce qu'ils pensaient de notre interaction.
Avec un sourire, je me dégageai et me tournai vers Harry qui me prit également dans ses bras, tout en caressant mes cheveux et en respirant mon odeur. Lorsque je sentis l'humidité dans mon cou. Je resserrai mes bras autour du corps de mon frère et je fis des gestes apaisants dans ses cheveux, tout en lui murmurant des mots doux. En cet instant, il n'avait pas besoin de la sœur en moi, mais plutôt la mère. J'étais à la fois les deux pour lui. C'était l'une des raisons pour lesquelles j'étais aussi protectrice de lui et pourquoi je ne supportais pas quand Madame Wesley lui ordonnait autour comme elle le faisait avec ses enfants. Elle ne sera jamais sa mère de remplacement.
« Ce n'est pas seulement Sirius… Est-il ? » Demanda Remus en coupant court le moment intime que j'avais avec mon frère.
« Non. » Répondis-je en me dégageant de mon frère, mais en le rapprochant tout de même de mon côté, puis il posa sa tête sur mon épaule, tout en regardant Remus. « Il n'y a pas seulement cela, mais une grande partie est à voir avec Sirius quand même. Je ne supporte pas les gens qui abandonnent aussi facilement. Les gens qui ne tentent même pas de découvrir la vérité réelle. Les gens qui jugent avant d'apprendre à connaitre. Le plus gros problème pour moi est l'abandon pur et simple. Une chose que je voudrais savoir… » Continuais-je en le regardant dans les yeux, tout en ignorant le resserrement de la main de mon frère sur la mienne dans l'avertissement afin de me dire de me calmer et d'arrêter où j'en étais. Il savait comment je pouvais être. « Pendant toutes ces années, pendant toutes ce temps… Pourquoi pas une seule fois avons-nous reçu une lettre de vous, professeur Lupin ? » Crachais-je ma question avec autant d'amertume que possible. « Si j'ai su qui vous étiez lorsque je vous ai vu dans le Poudlard Express sur ma dernière année, c'était uniquement grâce aux journaux de mon père. Je me demande ce qu'il penserait de votre abandon sur ses enfants… » Murmurais-je.
Sur ce, je n'attendis pas de réponse et je me levai de table, puis je marchai vers la porte. Une fois-là, je me retournai en regardant Sirius avec excuse dans mes yeux, pour ensuite fixer mon frère.
« Je ne sais pas si tu veux rester encore un peu, Harry, mais moi, je vais aller me coucher… Où puis-je rester ? » Demandais-je en me retournant une nouvelle fois vers Sirius.
« Je vais avec toi… » Intervint Ginny avec des yeux encore brillant de larmes, tout en se levant, pour ensuite contourner la table et venir près de moi en me prenant la main. « Où puis-je la conduire ? » Demanda-t-elle d'une voix douce en regardant Sirius.
« Sur mon étage. La porte droite lorsque tu montes l'escalier. Je montrerais moi-même à Harry lorsqu'il ira se coucher. » Dit-il faisant certains avoir le souffle coupé à mon incompréhension totale, mais je ne dis rien pour autant afin de recevoir une explication. « Ne même pas essayer, Molly… C'est ma maison et je fais ce que je veux dedans. » Dit-il sans même tourner son regard vers elle.
« Merci. » Dis-je en lui faisant me faire un clin d'œil complice.
Après cela, j'hochai la tête poliment vers les personnes étant encore dans la cuisine, puis avec Ginny, nous sortîmes de la pièce et nous nous dirigeâmes vers le long du couloir menant à l'escalier.
XXX
À la fin d'un certain temps et après avoir grimpé un grand nombre de marches, Ginny s'immobilisa, puis elle bifurqua soudainement vers la droite et ouvrit une porte sans prononcer un seul mot. Je savais par expérience que ça n'allait pas tarder. Elle était sans doute trop occupée à réfléchir à ce qu'elle allait me demander pour obtenir les réponses qu'elle désirait tant et lui torturait l'esprit.
« C'est la chambre que tu vas occuper pendant le temps que tu es ici. Sirius y a travaillé personnellement avec celle d'Harry. Je l'ai aidé. C'était un bon passe-temps pour échapper à ma mère. C'est l'une des meilleures chambres avec celle de Sirius et Harry ainsi que celle de Tonks. Je te ferais visité demain le reste de la maison si tu veux, mais pour que tu saches, il y a une grande bibliothèque que tu vas adorer avec une salle de dessin dedans. Il y a aussi un salon avec quelques étagères remplis de livre, un jardin avec un terrain de Quidditch à l'arrière de la maison et caché des moldus. Aussi, dans le grenier est Buck si tu veux aller le voir. » M'informa-t-elle avec un sourire narquois lorsqu'elle vit mes yeux s'agrandirent à cette dernière révélation.
« Tu peux un peu me dire comment Sirius a fait pour faire entrer Buck dans cette maison des horreurs ? » Demandais-je avec incrédulité.
« Ça, je n'en sais rien. Tu n'auras qu'à lui demander. Allez… Viens voir la chambre. » M'invita-t-elle en me poussant à l'intérieur, pour ensuite refermer la porte derrière nous.
« Wow ! Tu as fait ça avec Sirius ? » Demandais-je avec des yeux médusés et émerveillés.
« Ouais. Il m'a demandé mon aide parce que… Un, je suis une fille… Deux, je suis ton amie et… Trois, je connais tes gouts. En plus, il avait vu que je voulais sortir des griffes de ma mère. J'aime ma mère et tout, mais, parfois, elle peut être vachement étouffante, surtout avec moi.» Fini-t-elle en souriant béatement.
Tout en écoutant les divagations de Ginny à propos de Madame Wesley d'une oreille, je m'avançai lentement dans la chambre, puis je m'arrêtai en son centre et j'observai autour de moi.
Au centre de la pièce, collé à un mur, trônait un lit King size à baldaquin avec un voilage blanc, tandis que le cadre du lit était fait en fer forgé noir où était sculpté des représentations de roses et de lys. J'étais sûr que les lys avaient été rajoutés. Sur le mur latéral droit, dans son centre, était un grand tableau avec une falaise et des vagues frappant violement dessus. À la fin du mur était une fenêtre à deux vitres, tandis qu'à l'opposé se trouvait une autre porte. Surement la salle de bain. Sur le mur gauche y était accroché plusieurs tablettes en bois noir. En dessous était un bureau et une chaise en bois noir. Contre le mur, vers le côté gauche, où se trouvait la porte, se dressait une garde-robe en bois, également noir, à quatre portes avec deux glaces sur les portes centrales. Les murs de la chambre étaient quant à eux peints d'un mélange de couleurs de vert émeraude et de bleu turquoise. C'était si beau.
« Je peux dormir avec toi ? S'il te plait… S'il te plait… S'il te plait. » Demanda Ginny en faisant la moue et des yeux de chien battu. « Je n'ai pas envie de partager une chambre avec Hermione, surtout quand elle me pousse à étudier. En plus, elle va surement râler et se plaindre du comportement plus que lointain d'Harry, ne comprenant sans doute pas la raison pour laquelle il réagit comme ça. » Gémit-elle d'exaspération.
« D'accord » Souris-je en sortant ma malle de ma poche et de lui rendre une taille normale. « La chambre d'Harry… C'est laquelle ? » Demandais-je.
« La porte du milieu. » Répondit-elle en se jetant sur le lit sans préambule comme si elle était chez elle et que la chambre lui appartenait.
« Ok. » Répondis-je simplement, pour ensuite sortir de la chambre et marcher jusqu'à ce que je sois devant la dite porte.
Je sortis alors la malle d'Harry, puis je refis la même chose que pour la mienne et lui rendit sa taille normale. Une fois fait, je la plaçai devant la porte avant de retourner dans ma chambre.
Une fois dans ma chambre, je soulevai ma malle et la posa sur la fin du lit, puis je l'ouvris et fouillai dedans. Très vite, j'en ressortis un débardeur et un minishort de couleur bleu clair. Je le tendis à Ginny qui me remercia avec un sourire avant de se diriger vers la salle de bain. Je m'emparai d'un autre pyjama composé de la même chose, mais dans une couleur vert forêt et j'attendis que Ginny ait terminé.
Je ne dus pas attendre une éternité parce que quelques minutes après son entrée dans la salle de bain, elle en ressortit habiller pour la nuit et elle se dirigea vers le lit. Je ne perdis pas de temps et je marchai dans la salle de bain.
En entrant dans la pièce, je fus agréablement surprise en voyant la décoration.
Les murs étaient recouverts de mosaïque de couleur bleu nuit et bleu plus clair, faisant un excellent contraste. Dans le coin gauche était une cabine de douche moderne en marbre blanc et deux étagères en bambous étaient postées près de la porte. Dans le coin du mur droit était une belle baignoire moderne et à coté était une armoire en bambou avec un lavabo, un grand miroir et une colonne sur le côté droit. Contre le mur sur le fond de la pièce était un porte-serviette près de la baignoire, mais c'était séparé d'une paroi distançant certainement la toilette.
Terminant ma contemplation, je me déshabillai, puis je me vêtis de mon pyjama avant de me brosser les dents de manière moldue parce que je n'aimais pas la sensation dans ma bouche lorsque je le faisais de manière sorcière. Après m'être coiffé les cheveux, je sortis de la salle de bain et j'allai immédiatement vers le lit, pour ensuite grimper en dessous de la couette à côté de Ginny sur le côté droit du lit.
« Alors… Ton béguin pour mon frère ? » Demandais-je en ricanant.
« C'est du passé depuis des lustres. Cependant, je pense qu'Hermione l'a. » Répondit-elle.
« Tu as raison, elle l'a. Par contre, ça va poser problème. » Murmurais-je en connaissance de cause.
« Pourquoi ça ? » Demanda-t-elle intéressé.
« Connais-tu le secret de ton frère ? Celui de Fred ? » Demandais-je.
« Bien sûr. Il ne peut rien me cacher. » Répondit-elle en fronçant les sourcils.
« Eh bien… Il se trouve qu'Harry balance sur le même bord que Fred apparemment. » Me contentais-je de répondre.
« Merde ! Pourquoi c'est toujours les plus canon ? » Gémit-elle réthoriquement. « Il est sûr ? » Demanda-t-elle concernée après coup.
« Oui. Le problème, c'est qu'il n'a jamais été avec personne, mais il m'a dit qu'il n'était pas attiré par les filles. Je lui ai donc proposé de faire quelque chose afin de lui démontrer si c'est ce qu'il veut ou pas. Faire un test. » Expliquais-je.
« Quel genre de test ? » Me questionna-t-elle intriguée.
« Embrasser une fille et un gars, puis comparer les deux. C'est la seule façon dont il sera sûr et certain. » Dis-je satisfaite de ma solution. « Je pense que tu vas pouvoir aider. Pour le gars, j'ai une idée en tête. Je ne pense pas qu'il serait juste de demander à Hermione pour le faire. Ça pourrait aggraver les choses. En plus, tu pourrais avoir un avant-gout de ce que tu n'as pas eu. » Murmurais-je avec complicité.
« Me dérange pas. Je vois Harry comme un ami. » Dit-elle en haussant les épaules. « Et je pourrais peut-être me vanter que j'ai pu embrasser le célèbre Harry Potter. » Plaisanta-t-elle en riant.
« Très bien. Par contre, ne lui dis pas que je suis venu avec cette idée. Ne le préviens pas. Je sais qu'il ne fera pas ce test de lui-même et c'est pour ça qu'il faut le prendre au dépourvu. Je suis sûr que tu trouveras le moment opportun pour agir. » Dis-je avec un sourire malicieux.
« C'est une affaire ! » Dit-elle en me serrant la main dans l'accord. « Changeons de sujet… Je sais que tu ne veux probablement pas en parler, mais… Que s'est-il passé chez les Dursley que tu n'as pas mentionnés ? Je te connais assez pour savoir que tu as caché certains éléments. » Demanda-t-elle avec gravité et un visage soucieux.
« C'est bien parce que j'ai une entière confiance en toi… » Soupirais-je en glissant ma main dans mes cheveux. « Je ne veux pas que ça sorte de cette pièce. » Dis-je en agitant ma baguette autour de la chambre en plaçant un sort de silence. « Comme je l'ai dit, j'ai toujours protégé Harry et cela valait aussi pour les punitions qui pleuvaient pour un rien. Souvent, j'ai pris le blâme pour Harry, même s'il n'y en avait pas. J'ai été frappé et battu. En protégeant Harry comme je le faisais, j'ai utilisé inconsciemment la même magie que ma mère a utilisée au moment de sa mort. Dudley ou Vernon ne pouvaient pas le toucher. Ils étaient bloqués par un champ magnétique un peu comme un bouclier. Personne ne le voyait à part moi et Harry. À chaque fois, une bulle l'englobait et le recouvrait. Harry a souvent soigné mes plaies quand j'en avais après avoir été passé au tabac ou après avoir servi de sac de boxe à Dudley et Vernon. Pétunia ne m'a jamais touché, mais elle n'a rien fait pour le faire arrêter. C'est pourquoi que lorsque Voldemort m'a fait subir le Doloris, j'ai à peine senti les effets. Je les ai sentis, mais pas aussi intensément que j'aurais dû. Je suis pratiquement immunisé contre la douleur à cause de tous les coups que j'ai reçus lorsque j'étais encore un enfant. » Déclarais-je avec un sourire triste.
« Merlin ! » S'exclama Ginny avec horreur avant de se jeter dans mes bras en sanglotant. « Est-ce que quelqu'un sait à part Harry ? » Demanda-t-elle d'une voix tremblante et des yeux remplis de larmes.
« Non. À part aux jumeaux, je n'en ai parlé à personne… Enfin, je l'ai mentionné à Viktor, mais c'est tout. Lorsque j'ai réalisé que Dumbledore n'allait rien faire pour aider mon traitement ainsi que celui d'Harry, je n'ai pas été plus loin. Andy ne sait même pas à ce sujet. Elle sait seulement du fait que nous étions traités comme des elfes de maison. » Répondis-je.
Ginny hocha la tête, puis, toutes les deux, nous nous couchâmes et nous décidâmes de dormir. Avec la soirée que j'avais passée et toutes ces confessions, j'étais fatigué et épuisé. Enfin, je fermai les yeux et m'abandonnai dans le monde entre rêve et réalité.
