_(-)_(-)_(-)_
Chapitre 10
D'abominables souvenirs de jeunesse
_(-)_(-)_(-)_

WARNING – Sujet dur

Les deux prochains chapitres comportent des visions dures dues à la jeunesse de Pietro.
Ce ne sont que des allusions, il n'y a pas de détails, mais ceci peut-être difficile pour certaine personnes, alors je préfère prévenir !
Bonne lecture !

« PIETRO ! » cria Wanda toujours en contrebas, ayant vu son frère frapper l'archer en plein dans le visage.

Sous le choc, Clint s'était reculé, et son dos avait percuté la barre en fer derrière lui. Il plaqua une main contre sa joue, l'arc roulant sur le sol. Pietro était face à lui, le poing toujours serré, le souffle rapide. Son air perdu semblait être partagé par un sentiment de colère et de détresse.

Wanda qui arriva à leur hauteur repoussa Pietro avant qu'il ne décide de frapper à nouveau l'archer. « Pourquoi tu as fait ça ?! Il ne nous a rien fait ! »

« C'est bon, Wanda… » fit Clint en massant sa mâchoire d'une main. « Souviens-toi que c'est moi qui ai stoppé ton petit manège. »

Wanda fronça les sourcils en se tournant vers son frère et Pietro plaça une main à l'arrière du crâne de sa sœur, ses doigts touchant son front à la recherche de la moindre blessure. Wanda retira la main de Pietro, et le fixa droit dans les yeux.

« Ne t'en fais pas, Pietro. Je n'ai pas senti grand-chose. »

« Tu mens. Je me souviens t'avoir tiré hors de ce vieux rafiot. Tu souffrais, Wanda. Je l'ai ressenti. Rappelles-toi ! »

Clint était au courant de la puissance de ses flèches électriques. Et en effet, ça n'a pas dû être indolore pour la jeune femme.

« Il n'a fait qu'aider ses amis. Tu aurais fait la même chose pour moi, » répliqua sa sœur.

Pietro fit glisser ses mains le long des bras de sa sœur, tentant de percevoir la moindre trace de mensonge. Cependant, Wanda soutenait son regard et Pietro fini par la lâcher.

« Je voulais revenir te tuer, » reprit Pietro en jetant un bref regard vers Clint toujours contre la barre en fer.

« Alors pourquoi tu ne le fais pas ? » demanda Clint en haussant un sourcil.

« Parce que-… Parce que j'ai quelques souvenirs plus récents qui m'empêchent de le faire, » avoua l'homme aux cheveux blancs.

Ils se fixèrent droit dans les yeux. Clint voyait dans son regard une certaine colère, mais aussi, une profonde tristesse. L'archer coupa alors cet échange en se penchant pour récupérer son arc. Wanda passa une main contre l'épaule de son frère pour la frotter doucement.

« Ça va aller, Pietro. Je sais que tout ça peut être perturbant. Mais nous sommes sur la bonne voie. Est-ce que tu te souviens de notre passé ? »

Pietro quitta Clint des yeux et fixa le sol.

« Je me souviens de notre enfance. Dans une maison en Sokovie. »

« Tu ne te souviens pas de… Du fort de Strucker ? »

Pietro secoua négativement la tête. « Jamais entendu parler. »

Wanda lança un bref regard entendu vers Clint. Il manquait une partie très sombre de la vie de Pietro. C'était effrayant.

« Nous ferions mieux de rentrer, » renchérit la jeune femme. « C'est beaucoup en une journée. Nous avons fait des progrès. »

Ainsi, sans un mot, la petite équipe se dirigea vers la sortie du bateau.

_(-)_(-)_(-)_

Ayant pris une forte altitude, Clint s'autorisa une petite pause et enclencha le pilote automatique. Il fit pivoter son siège en poussant un long soupir, et vint s'asseoir sur l'un des sièges, non loin de Wanda qui écrivait quelque chose dans un petit calepin qui lui permettait de se souvenir des visions de son frère.

Wanda avait d'ailleurs remarqué que Pietro ne se souvenait toujours pas du visage d'Ultron. Et dans un sens, ce n'était pas plus mal.

« J'ai pris cher aujourd'hui, » maugréa Clint en attrapant le sac de glace qu'avait sorti Wanda de la trousse de pharmacie durant le vol.

Pietro qui était assis à même le sol dans un coin du jet, jusque-là, dans ses pensées, tourna légèrement la tête vers sa sœur et Clint.

« Tu veux que je vérifie l'état de tes côtes ? » lui demanda Wanda en refermant son calepin.

« Pas la peine, merci. Si elles étaient cassées, je le saurais, crois-moi, » répondit l'archer en appuyant son coude contre la table, tout en maintenant le paquet de glace contre sa joue.

Clint aurait surement de gros bleu au torse et contre sa joue, mais ça n'allait pas le tuer. Il avait vécu bien pire.

« Excuse-moi, » s'éleva soudain la voix de Pietro.

Clint leva les yeux vers Pietro. Celui-ci c'était levé et était maintenant face à la table centrale, ses paumes contre la desserte.

« Ce sont tes souvenirs-… » répliqua Wanda avant de se faire couper par son frère.

« J'aurais dû me contenir. J'aurais pu. J'ai presque toujours réussi quand je vois des visions de mon passé. Mais là, c'était… Comme un sentiment qui me frappait de plein fouet. »

« Instinct protecteur, » compléta Clint en hochant lentement la tête. « Plus sérieusement, gamin, je ne t'en veux pas… J'aurais fait la même chose si tu avais fait du mal aux miens. »

Pietro lâcha alors un sourire timide, et Wanda reprit alors, stylo en main :

« Cet instinct protecteur… Tu l'as depuis le début, non ? »

« Il est devenu plus puissant qu'il ne l'était avant… Car je me suis souvenu d'une image. »

Pietro s'assit alors à côté de sa sœur, la fixant droit dans les yeux.

« Nous étions jeunes. Dans notre maison en Sokovie. J'avais fait quelque chose de méchant à ton égard, et tu t'es mise à pleurer… »

Wanda hocha lentement la tête, et passa sa main contre celle de Pietro placée contre le rebord de la table pour l'encourager à parler.

« Nous avions quatre ans, » compléta-t-elle. « Nos parents m'avaient acheté un poney rouge en peluche pour moi, et un crayon en forme de pistolet laser pour toi. Ils avaient peu de moyens. Pour nous, ces cadeaux étaient une dizaine de Noël condensés. »

Clint écoutait lui aussi attentivement. La Sokovie était un pays en crise, ou la guerre n'avait pas arrêté de faire rage.

« Cependant, un soir, tu voulais dessiner une voiture, mais notre mère t'a annoncé qu'il n'y avait plus de feuille vierge, » continua Wanda comme si elle contait une histoire. « Mais toi, tu voulais absolument dessiner la voiture rouge que tu avais vu passer un plus tôt dans l'après-midi. Alors tu as trouvé ma seule et unique peluche qui était encore intacte. Le poney rouge. »

« Et j'ai dessiné dessus… » compléta Pietro qui ne lâchait pas les yeux de sa sœur.

Clint laissa échapper un léger rire ainsi qu'un « sale gosse » que Pietro ne releva pas. Wanda hocha alors la tête.

« Et puis, tu as pleuré, » reprit Pietro qui en passant une main derrière le crâne de Wanda pour caresser doucement ses cheveux du bout du pouce. « Quand j'ai vu ton regard larmoyant, Wanda… J'ai juré de ne plus jamais revoir cette vision de toute ma vie. »

« C'est exactement les mots que tu disais lorsque tu me racontais la raison de ta protection envers moi, » sourit Wanda en hochant la tête.

« Jamais je ne te ferais pleurer, Wanda, » ironisa Clint en leva sans main libre en signe de reddition.

Wanda se tourna alors vers l'archer. « Je n'en doute pas. »

Puis, il y eut une petite alarme pour indiquer que le jet se rapprochait du Q.G. des Vengeur. Clint reposa la glace et se dirigea vers son siège pour prendre les commandes de l'engin. Pietro n'avait pas quitté l'archer des yeux, et Wanda le fit redescendre sur terre en lui donnant un léger coup de coude.

« Il va finir par fondre, » fit-elle avec un petit sourire sournois.

Pietro ne lui répondit pas, et observa étrangement sa sœur.

_(-)_(-)_(-)_

Lorsqu'ils arrivèrent le soir même au Q.G., Tony et Steve n'étaient pas ici. Ils étaient partis avec Vision pour une mission de reconnaissance au fin fond de la forêt amazonienne. La salle à manger privée des Avengers était presque vide, et le repas du soir se fit rapide. Thor était à nouveau à Asgard, et Sam passait son temps à s'entrainer.

De toute manière, ni Clint, ni Pietro, ni Wanda n'avaient envie de discuter. Ils étaient fatigués. Exténués. Pour Pietro, c'était une fatigue psychologique.

Ainsi, Clin prit une bonne douche et mis toutes ses affaires à laver. Il attrapa ensuite sa brosse à dents, mais remarqua avec lassitude que son tube de dentifrice était vide. Il se souvint avoir déjà extirpé tout le dentifrice, ayant eu la paresse d'aller en chercher dans la réserve qui se trouvait à l'autre bout du bâtiment.

« Bordel, » lâcha Clint en laissant tomber le tube dans son lavabo.

Il n'allait surement pas se coucher sans se laver les dents, la sauce à l'ail était bien trop forte à son goût et restait encrée dans sa bouche.

Avec un long soupir, il enfila un t-shirt manches courtes d'un bleu foncé qui moulait à la perfection ses bras musclés, ainsi qu'un jogging gris pour ensuite nouer rapidement ses chaussures de ville qui trainaient dans un coin.

Ainsi, il sortit de la chambre les cheveux encore mouillés, brosse à dents rose –oui, Natasha avait préféré prendre la verte- à la main, habillé d'une façon bien étrange. Il toqua alors à la porte de Natasha qui se trouvait en face de la sienne. Cependant, personne ne répondit. Il était sûr de l'avoir vu discuter avec Fury en rentrant.

Jurant à nouveau, Clint se retourna. Et le visage de Pietro lui vint en esprit. Ça lui permettrait de voir comment va le mutant. Ou tout du moins, c'est l'excuse que se donna Clint lorsqu'il se mit à marcher lentement dans les couloirs. Certes, il passa devant la chambre de Maria Hill, et même de Sam. Mais c'était Pietro qu'il voulait voir.

Clint était trop fatigué pour réellement réfléchir à ce qui allait se passer. Mais il s'en fichait. Il arriva enfin devant la porte 42, et il toqua tout en se raclant la gorge.

La porte s'ouvrit alors rapidement, mais pas entièrement.

« Oh, c'est toi, » fit simplement Pietro en ouvrant alors entièrement la porte de sa chambre. « Tu as besoin de quelque chose ? »

« Euh… Dentifrice, » répondit alors l'archer en levant brièvement sa brosse à dents rose.

« Va te brosser les dents dans ma salle de bain, j'en aurais besoin ce soir. »

Pietro invita alors Clint à entrer, et l'archer remarqua que le plus jeune était en caleçon. Il portait bien sûr un t-shirt manches trois-quarts d'un bleu très clair, mais il était en caleçon. Clint se dirigea alors rapidement vers la salle de bain.

« Tu ne dormais pas, rassure-moi, » fit Clint en attrapant vivement le dentifrice de Pietro.

« Non, je faisais quelques pompes, » répondit-il de la chambre.

Puis, Clint se brossa les dents, tandis que Pietro reprit ses pompes. Avant même que Clint n'eut fini son activité, Pietro se stoppa, le souffle court. Il avait assez donné. Ainsi, il se leva, et se tourna vers le miroir de la chambre qui lui permettait de se voir en entier.

Ses mèches de cheveux étaient collées contre son front en sueur, et ses yeux étaient creusés. Il fixa son cuir chevelu et prit l'une des mèches entre ses doigts. La couleur blanche devenait plus intense, et s'attaquerait bientôt aux racines.

Cependant, il fut coupé dans ses pensées par le crachat plus que distingué de l'agent Barton dans le lavabo. Mais Pietro ne lâcha pas son reflet des yeux. Il entendait quelque chose.

« Merci, tu m'as sauvé la vie, » fit Clint derrière. « Je te souhaite bo-… »

« Tu n'entends pas une voix ? » le coupa Pietro en lançant un regard vers le plafond, cherchant la source de ce bruit.

C'était comme des chuchotements. Des chuchotements qui devinrent plus fort, plus aigus.

« Je n'entends rien, Pietro. C'est peut-être l'écoulement de l'eau dans les conduits que tu perçois. »

Mais Pietro resta à l'affût, les sourcils froncés, balayant la pièce du regard. Puis, il fixa à nouveau son reflet dans la glace, et la voix se fit plus distincte.

« Tu-… faire ça- !... Horrible ! »

La voix était saccadée, et stridente. Pietro recula d'un pas, les yeux écarquillés. A travers le miroir, Clint vit le visage horrifié du plus jeune.

« Wanda… ! » s'écria Pietro en reconnaissant maintenant la voix.

« Pietro, Wanda est dans sa chambre ! »

Ses jambes étaient lourdes, il ne voyait plus correctement son reflet dans la glace et ses oreilles étaient comme bouchées. Il avait l'impression de couler. Mais la voix était bien présente.

« Tu n'as pas besoin de faire ça, Pietro ! C'est horrible ! »

Cette fois-ci, la voix déchira ses tympans et Pietro plaqua ses deux mains contre ses oreilles, poussant un hurlement de douleur. Son crâne allait exploser.

Puis soudain, tout se tut autour de lui. Il ouvrit les yeux, le cœur battant. Et il croisa à nouveau son propre reflet. Il portait presque les mêmes vêtements, un caleçon et un t–shirt, mais son visage était comme changé. Sa barbe était moins apparente, ses yeux moins clairs et ses cheveux étaient bruns foncés.

« Tu n'as pas besoin de faire ça, Pietro ! C'est horrible ! » répéta la voix de Wanda qui semblait désespérée.

Pietro resta figé sa stupeur. Il voyait à travers le miroir que la pièce avait changé. Clint avait disparu. Il était dans une pièce sombre, en bois, qui sentait fort l'alcool et la transpiration. Une vision ?

« Pietro, par pitié ! On trouvera une autre solution ! »

Pietro recula d'un pas, le cœur battant. Il shoota accidentellement dans une bouteille de vin qui alla rouler jusqu'à une pile de canette de bière entamée.

« Regarde-moi ! Promets-moi que tu n'y retourneras plus ! Promets-le-moi ! »

Sa sœur souffrait. Son cœur souffrait, et Pietro le sentait. Ses membres tremblaient violemment d'une peur étrange. Il recula encore, et le vieux parquet grinça sous ses pieds nus.

« Pietro ? »

Pietro sursauta vivement. Cette voix était grasse et rauque. Il se retourna vivement vers la source de la voix et tomba face à un homme de forte carrure, à demi-nu, verre de vin à la main. Les draps du lit cachaient son bassin, et il se mit à sourire vilement.

« Nous n'avons pas toute la journée. Approche, » continua l'homme avec un fort accent allemand tout en tapotant une place près de lui.

Ce sourire. Pietro le connaissait. Il reconnaissait ces sourires vils et malsains. Le cœur de Pietro se mit à battre plus fort, et il fut pris de panique. Il hurla, et le miroir derrière lui se brisa.

Une multitude d'images lui vinrent à l'esprit. Des images horribles. Immondes. Tristes.

« PIETRO ! »

C'était du noir. Pietro voulait atteindre cette voix. C'était la voix de Clint. Il fallait qu'il l'atteigne. Il leva les bras, et s'accrocha à cette voix. Comme si sa vie en dépendait.

Puis, tout se calma. Les visions. Le bruit. Les cris. Il sentait une bonne odeur contre lui. Et deux bras puissants entourant son corps. Pietro ouvrit les yeux doucement, et remarqua qu'il voyait flou dû à des larmes qui coulaient le long de ses joues. Son visage était enfoui dans le cou de cette personne.

« Pietro… Ça va aller… Prends ton temps… » murmura la voix de Clint.

Il sentit la main calleuse de Clint se placer contre l'arrière de son crâne, et le souffle de Pietro se calma. Il se détendit doucement, et ses bras se détachèrent du cou de l'archer. Clint fit de même, tout aussi lentement pour ne pas le brusquer.

Soudain, l'esprit de Pietro se réveilla, ayant analysé toutes ses visions. Son cœur se retourna et il se leva brutalement, poussant Clint pour courir dans la salle de bain.

Pietro vomi le contenu de son estomac dans le lavabo. Mais avant que Clint n'ait pu suivre le plus jeune, Wanda pénétra dans la pièce telle une furie.

« Sors, » fit Wanda précipitamment à l'adresse de Clint.

« Qu-… Quoi ? »

« SORS ! » cria-t-elle en courant alors dans la salle de bain.

Wanda accourut vers son frère qui s'était laissé tomber par terre, sur les genoux, ses deux mains plaquées contre son visage. La jeune femme ne perdit pas une seconde et enserra son frère dans les bras.

Clint ne fut pas sûr, mais il crut comprendre que Pietro pleurait. Après un ultime regard vers la salle de bain, Clint quitta la pièce, le cœur lourd. Wanda avait raison, Pietro avait surement vécu des choses que seules sa sœur était apte à entendre et comprendre. Son passé lui appartenait. Alors sans un mot, Clint retourna dans sa chambre, avec sa petite brosse à dents rose.

_(-)_(-)_(-)_

Lorsque Wanda retourna en direction sa chambre vers quatre heures du matin, elle fut surprise de voir que Clint l'attendait. Ou plutôt, il semblait s'être endormi à l'attendre. Il était contre le mur en face de la porte de Wanda, assis, sa tête enfuie dans ses bras.

La jeune femme se pencha à sa hauteur et le secoua doucement.

« Hey, l'archer, ce n'est pas un endroit pour dormir, » chuchota-t-elle.

Clint grogna quelque chose et leva la tête, clignant plusieurs fois des yeux.

« Tu attends ici depuis tout ce temps ? » demanda Wanda toujours accroupi à côté de lui.

Clint sembla se remémorer petit à petit les actions qui l'avaient conduit jusqu'ici, et il passa une main dans ses cheveux, poussant un soupir.

« Comment il va ? » finit-il par demander sans regarder la Maximoff.

« Il s'est rappelé d'une partie de notre enfance en tant qu'orphelin. Rien à propos de Strucker, non, mais de notre errance en Sokovie… »

« Bordel… Qu'est-ce qui s'est passé ? Il est devenu fou, » se souvint Clint en jetant un regard fatigué vers Wanda. « Il s'est mis à hurler, il s'est effondré, s'est calmé, et a de nouveau hurlé. »

Wanda resta silencieuse, se mordant la lèvre inférieure.

« Te sens pas obliger de me dire quoi que ce soit, mais assure-moi qu'il va bien. Que ça ne l'a pas détruit de revoir tout ça, » insista Clint qui paraissait anxieux.

« Je pense que nous étions à deux doigts de le perdre. Je pense que ta présence a été bénéfique. Malgré la torture que nous avons subie par Strucker pour être ce que nous sommes, je pense qu'il a passé le plus difficile… »

« Attends… Pire que ce que vous a fait subir ce salaud ? Wanda, tu me fais imaginer le pire… »

« Je ne peux rien te dire. Ça concerne mon frère. Son choix. Son sacrifice. Comme la fois où il a voulu donner sa vie pour la tienne. Je respecte ses choix. Mais il en subit toujours les conséquences. Si tu découvres le passé de mon frère, ça ne viendra pas de ma bouche. Ni de celle d'un autre. Ça viendra de Pietro lui-même. »

Clint suivit du regard la jeune femme qui se leva.

« Laisse le dormir. Il en a besoin. Je dois repenser à notre futur chemin. Bonne nuit. »

« Toi aussi couches-toi, Wanda. Tu en as tout autant besoin. »

Avec un petit sourire triste à l'adresse de l'archer, Wanda ouvrit la porte de sa chambre, et s'y enferma. Elle se laissa tomber sur son lit, le cœur lourd. Ça faisait mal de ressasser des souvenirs que Pietro et elles s'étaient promis de ne jamais plus en parler.

_(-)_(-)_(-)_

Le matin même, presque tout le monde était au courant de la crise de Pietro durant la nuit. Tony à même avoué que le vieil homme qu'il est avait failli avoir une crise cardiaque.

Et ce début de mâtiné, Clint, Wanda, Tony, Steve et Natasha s'étaient rassemblés dans la salle de réunions, autour des feuilles de notes de Wanda.

« Donc si j'ai bien compris, il faut à tout prix éviter qu'il ne soit face à sa mort… » fit Tony, une main contre son menton.

« L'esprit est quelque chose de très instable, » expliqua Natasha. « Souvenez-vous de Barnes… »

Steve hocha gravement la tête.

« Nous avons donc deux choix. Sois Séoul, là où vous avez découvert qu'Ultron était le bad guy de l'histoire-… » commença le milliardaire.

« Soit ta tour, Tony, là où nous nous sommes tous alliés, » compléta Clint.

« Il serait plus logique de commencer par Séoul, » glissa Natasha en tapotant quelque chose sur la tablette tactile face à elle.

Elle ordonna à la tablette de projeter contre le mur les photos du laboratoire de la Corée du Nord.

« Je vais de ce pas vous trouver des passes pour le labo, » fit Tony en sortant son téléphone portable.

Soudain, Clint remarqua un éclair bleuté traverser l'herbe qui s'étendait derrière la vitre.

« Courir lui permet d'oublier, » lui glissa Wanda qui avait aperçu elle aussi le petit filet bleu.


Alors verdict ? Que pensez-vous du passé de Pietro ? Un peu plus de détails et de rapprochement entre Clint et Pietro dans le prochain chapitre.

J'ai posté ce chapitre en avance car ce week-end, ça sera difficile pour moi de publier !

Gros bisous !

Prochain chapitre : Les réels sentiments de Pietro