Yo'... Après ces deux semaines de silence, où j'ai plus joué au réparateur d'ordinateurs qu'autres choses ( on va pas se plaindre, ça fait sourire le porte-monnaie ;p ), me revoilà ! A celles ( et ceux ? xD ) qui n'ont pas encore lus tous les renseignements sur l'équipe Marvel à la Comic-Con, grouillez-vous ! Et regardez l'apparition de Loki pour la promo de Thor 2, c'est sur Youtube.
Il y a bien une chose que Tony ne peut s'empêcher de se demander alors qu'il farfouille dans sa garde-robe, et c'est tout simplement de savoir pourquoi est-ce qu'il n'a jamais pris la peine de jeter les vieilles affaires qu'il ne porte jamais de toute manière.
Sous un tas de T-shirts blancs, il aperçoit une chemise Hawaïenne criarde qu'il ne se souvient même pas d'avoir acheté et qu'il n'a très certainement jamais porté. Et puis il y a cette vielle veste avec une longue déchirure le long du bras qu'il aime tellement qu'il n'a pas le courage de s'en débarrasser. Et ce hoodie qui est bien trop grand, mais qui a toujours un look super cool. Un baggy usé à force d'être trop porté. Des T-shirts noirs ornés de logos de divers groupes qu'il n'écoute plus.
Peut-être qu'un jour il videra son armoire, mais pas aujourd'hui.
Finalement, il choisit une paire de survêtements et un T-shirt bien trop grand pour lui, ainsi que quelques sous-vêtements.
Cela devrait faire l'affaire.
Satisfait avec sa trouvaille, il ferme l'armoire et se dirige vers le salon, les vêtements enroulés sur un bras.
« Jarvis, » appelle-t-il, « que Loki ramène son son cul ici. »
Il n'a aucune idée de l'endroit où rôde actuellement Loki, et ce n'est pas comme s'il s'en souciait assez pour le surveiller de près. Ça ne fait rien. Jarvis garde un œil sur lui constamment, afin de s'assurer qu'il ne cause pas le moindre problème. Etonnamment, jusqu'ici il n'y a eu aucun rapport sur le dieu faisant quelque chose de répréhensible.
« Comme vous voulez, monsieur, » répondit respectueusement son Intelligence Artificielle. Jarvis, toujours fiable et digne de confiance, contrairement à certains autres habitants de la Tour.
Quelques minutes s'écoulent, et puis il y a le léger bruit de pas sur du tapis alors que Loki entre dans la pièce. Il s'arrête à quelque pas de Tony, son attitude montrant clairement qu'il n'est pas heureux d'avoir été convoqué.
Comme si le mec n'avait rien d'autre à faire que de s'asseoir à se gratter le nombril et à bouder à cause de sa tentative ratée pour dominer le monde.
Il agite la main vers le petit tas de fringues qu'il avait dispatché sur l'accoudoir d'une de ces massives et inesthétiques chaises en bois dont il ne se rappelle plus la raison de pourquoi il les a acheté en premier lieu.
« J'ai rassemblé quelques vêtements pour toi, Bambi. Parce que franchement, tu commences à sentir. »
L'éclat dans le regard du dieu est un mélange d'incrédulité et de colère, mais il se reprend rapidement et le transforme en une expression plus neutre, même si Tony est sûr qu'il peut encore voir une crispation quelque part près du sourcil gauche de Loki. Il est prêt à parier 100 dollars et une bouteille de son meilleur scotch que personne n'a jamais dit à ce dernier qu'il sentait. Non pas que ce soit particulièrement perceptible pour l'instant, juste une légère senteur de cuir fatigué et de sueur lorsqu'il se trouve en présence immédiate de Loki, mais quelque jours supplémentaires dans ces mêmes vêtements et la fine effluve se transformera en puanteur. Il faut bien faire quelque chose avant que tout cela n'arrive.
Il fait semblant de ne pas remarquer l'indignation silencieuse. « Je suppose que l'on pourrait éventuellement jeter tes fringues dans la machine à laver, mais avec tout ce cuir je pense que le résultat ne va pas être stellaire. J'ai donc pensé qu'il serait mieux pour toi qu'on te trouve quelque chose d'autre à porter, quelque chose d'un peu plus, eh bien, Midgardien. »
Loki jette un coup d'œil suspicieux aux affaires déposées sur la chaise. Tony est certain qu'il ne porte pas la perspective d'enfiler des vêtements humains dans son coeur.
« Fais pas cette tête-là. » Tony attrape les fringues, les retournant dans ses mains comme s'il en inspectait la qualité. « Je les ai seulement portées quelques fois, donc elles pratiquement comme neuves. Elles ont même été lavées depuis la dernière fois, mais je suppose que si tu fourre ton nez dedans et que tu inspires à fond tu seras toujours en mesure de sentir l'eau de Cologne que je portais à l'époque. Scarlet Blue, ça s'appelait, mais je ne pense qu'ils la vendent encore. »
Il regarde l'expression de Loki s'assombrir encore plus. Manifestement l'idée de d'être forcé à porter des vêtements usagés ne passe pas bien chez lui, un ancien prince d'Asgard. Surtout s'ils appartiennent à Tony, à l'ennemi.
Oh tant pis. Au moins il a été assez sympa pour ne pas avoir choisi cette horrible chemise Hawaïenne, ou ce T-shirt avec « Dieu du Sexe » imprimé sur le torse. Même si ça fait une sacrée bonne blague.
Loki n'ayant toujours pas bougé d'un pouce pour prendre les vêtements que lui tend Tony, ce dernier fait un geste impatient du bras. « Vas-y. Prend-les et change-toi. »
Bien sûr, ça ne voulait pas dire que Loki devait se changer ici et maintenant, pas à l'endroit même où il se tient dans le salon de Tony. Quand il dit « prend-les et change-toi », ce qu'il voulait vraiment dire c'était « prends ces fringues et va dans ta chambre pour te changer ». C'est le genre de chose implicitement entendue, tellement évidente que seul un idiot aurait besoin de se le faire expliquer.
Ça, et les dieux des fourberies, apparemment.
Parce qu'en un, non, deux, coup de poignets, Loki retire l'intégralité de ses vêtements – défaisant quelques boucles, enlevant son pantalon et ôtant sa tunique, et les laissa tomber dans un petit tas sur le sol. Juste comme ça, le dieu se déshabille comme si son audience ne consistait pas en la personne d'un Tony Stark absolument ahuri, se tenant là la bouche ouverte et abasourdi tel un idiot.
Okay, donc apparemment avoir été élevé à Asgard signifie avoir une vision très différente sur ce qu'est l'intimité.
Ce n'est pas que Tony est un type particulièrement prude, et ce n'est pas non plus comme s'il n'avait jamais eu sa part de filles ou garçons nus dans ses jeunes années, mais c'est plutôt le fait que c'est de Loki dont on parle, le fait que c'est absolument inattendu, le fait que c'est dans son propre salon et qu'ils se tiennent à quelques mètres l'un de l'autre qui font que les joues de Tony rougissent peu à peu.
Et bien sûr, il ne peut pas s'empêcher de regarder le dieu dans toute sa gloire dénudée. Comme s'ils avaient une volonté propre, ses yeux descendent tout doucement le long du corps de Loki – le torse fin, les bras sculptés, le ventre plat, avant d'arriver à...
Putain mais tuez moi.
Donc non seulement Loki est un dieu, mais en plus il est clairement foutu comme tel.
Et Tony sent une légère agitation, familière dans son bas-ventre alors que ses yeux observent le corps devant lui. Loki est un peu plus mince qu'attendu, comme s'il n'avait pas été alimenté correctement pendant un certain temps (ce qui, Tony suppose, a été le cas avant son arrivée) mais son corps reste encore bien en forme avec de fins muscles saillant sous la mince, peau pâle. Comme un mannequin, grand et beau, tout droit sorti de l'un de ces magasines stupides que la plupart des femmes insipides aiment lire. Une partie rebelle, hautement inappropriée de Tony se demande alors ce que ça ferait de passer ses doigts le long de ce même torse...
… et enfin il réalise qu'il reste planté là comme un crétin, les vêtements de Loki dans les mains alors que ce dernier le regarde bizarrement, sa propre main tendue afin de recevoir ses fringues qu'on lui a ordonné de porter mais qui pour une raison ou une autre, restent coincées dans la poigne de Tony.
« Oh », c'est tout ce que Tony parvient à sortir tandis qu'il refourgue pratiquement les affaires dans les bras de Loki, qui les prend sans dire un mot. Détail pour lequel Tony est immensément reconnaissant.
Le dieu s'habille aussi vite qu'il s'est déshabillé, et Tony continue de regarder d'un air gêné, ne sachant que faire de lui-même, même si la sensation gênante de tout à l'heure a heureusement disparue. Il remarque que des marques noires et verdâtres d'anciennes ecchymoses sur le corps de Loki, et des restes de cicatrices à peines guéries. Beaucoup trop fraîches pour ne dater que de la bataille de Manhattan et la rencontre entre Loki et le Hulk – non, quelqu'un les a manifestement provoquées par la suite. Cette idée met Tony mal à l'aise. Il pense à Erik et à sa petite bande de Einherjars, et finit par se demande à quoi ressemblent vraiment les donjons d'Asgard.
Il semblerait que la violence des gardiens de prisons ne soit pas uniquement valable qu'à Midgard. Reste à savoir si c'est officiellement condamné à Asgard, ou s'il s'agit de quelque chose pratiqué « à côté » et sous le radar de ce qui sert d'autorité là-bas. Cependant, il préfère ne pas y penser du tout.
Et enfin, Loki est habillé de la tête aux pieds, se tenant devant Tony portant des survêtements gris et un T-shirt noir et légèrement déteint orné du logo du groupe AC/DC. C'est vraiment bizarre à quel point une nouvelle garde-robe peut changer l'apparence de quelqu'un. Loki semble presque normal, presque humain, plutôt qu'au dément, narcissique et mégalomaniaque dieu qui tenta une fois de prendre le contrôle de la planète.
Le trouble quelques instant plus tôt, Tony décida de le bannir au plus profond de son cerveau traître.
Être forcé d'échanger sa tenue Asgardienne contre une de Midgard ne l'a pas vraiment mis de meilleure humeur, et inutile de préciser que cette même humeur n'était déjà pas excellente.
Assis sur le rebord de la fenêtre, Loki passe un doigt sur le tissu gris, observant d'un air absent la ville animée sous ses yeux. Du moins il pense qu'elle est animée, car de là où il se trouve la vue est bien trop élevée pour vraiment voir quoi que ce soit, même si le panorama est spectaculaire.
Au départ, il avait pensé que c'était l'idée désagréable de porter les vêtements usés de Tony Stark qui l'ennuyait le plus, mais il avait très vite réalisé qu'il y avait bien plus que cela. Ses propres affaires, aussi simples qu'elles étaient, constituaient les derniers vestiges qu'il avait d'Asgard, de son ancienne vie. Les dernières choses qui le connectaient à la maison dont il avait été banni (les chaînes autour de ses poignets, qui l'empêchaient d'user de sa magie, ne comptaient pas vraiment).
Bien sûr, ce n'est qu'un détail, une nuisance au plus. Étant donné son statut actuel, ça devrait être le cadet de ses soucis. Mais cela contribue à renforcer le fait qu'il est un petit plus qu'un simple mortel, portant des vêtements d'un humain ordinaire. Non, se corrige-t-il, il est encore moins, bien moins qu'un simple mortel. Il est un esclave.
Au moins le tissu est doux et les vêtements confortables, bien qu'il ne s'agisse que d'un moindre réconfort. Ce que le mot AC/DC signifie il n'en a aucune idée, mais il se doute bien qu'il s'agit là de l'une de ces choses Midgardiennes dont il n'y a pas d'équivalent dans son monde.
Comme les Cheerios.
Il repose sa tête contre le mur blanc, sentant la fraîcheur légère de la fenêtre contre sa joue. Il y a une autre pensée qui continue d'occuper son esprit, une désagréable sensation qui ne veut pas le laisser seul, même s'il tente de ne pas y songer.
Mais même maintenant, des heures plus tard, il se souvient de la façon dont les yeux de Tony étaient rivés sur lui alors qu'il se déshabillait, sans quitter son corps une seule seconde. Pour Loki, ayant été élevé à Asgard où la nudité est une chose naturelle, se déshabiller n'était pas quelque chose qui provoquait ce genre de fixation dans des circonstances normales.
Il bouge légèrement, essayant de trouver une position plus confortable sur le bord étroit de la fenêtre, mais le coin de mur commence à appuyer de façon inconfortable dans son épaule et peu importe comme il se place, il ne parvient pas à être mieux qu'avant.
Là encore, se dit-il, Tony devait probablement regarder d'un air approbateur ses marques de coups. Ça tient debout avec tout ce qui s'est passé, pourquoi Tony ne serait-il pas ravi de constater le traitement plus que rude que les gardes vindicatifs de la prison lui ont infligés ?
Du moins il espère qu'il s'agit bien là de ce que Tony était en train de faire. Parce que l'autre alternative est trop dérangeante pour être considérée.
