Hello !
Un gros merci à tous ceux (et celles) qui m'ont laissé une review, anonyme ou pas, pour m'encourager :)
Comme d'habitude, rien ne m'appartient, l'univers et les personnages de Star Wars appartiennent à George Lucas, cette histoire est de Stormqueen dont j'ai commencé la traduction (et espère la finir jour ^^).
Bonne lecture, en espérant que ce nouveau chapitre vous plaise, et que la Force soit avec vous !
Chapitre neuf.
« C'est ça votre appartement ? »
Obi-Wan jeta un coup d'oeil vers Anakin, qui s'était figé sur place au moment où ils avaient pénétré à l'intérieur. Sa main, qui tenait toujours serrée celle d'Obi-Wan, avait ainsi stoppé le Jedi, et Obi-Wan esquissa un sourire.
« Cet endroit est génial ! C'est un million de fois mieux que sur Tatooine ! » s'écria Anakin, et Obi-Wan leva les yeux vers la pièce, son regard s'attardant sur cet environnement familier et son cœur se resserrant douloureusement. « Vous avez un beau mobilier et même un balcon pour regarder le coucher de soleil ! »
C'était exact, mais Obi-Wan préféra se taire au sujet du mobilier. Il était conforme à la norme des Jedi, ce qui était très agréable, mais il était loin d'être le meilleur. Obi-Wan avait abîmé deux de leurs canapés lorsqu'il était plus jeune, appréciant particulièrement de bondir sur le rembourrage..., et il avait été obligé plusieurs fois de faire la cuisine en guise de punition, néanmoins il pouvait juré que ce n'était pas de sa faute. Les canapés n'étaient tout simplement pas assez solides, après tout les concepteurs auraient dû se douter que des gens allaient sauter dessus, non ?
C'est ce qui c'était d'ailleurs reproduit avec son tout jeune padawan.
« Super ! » continua de crier le garçon en balayant les environs.
L'appartement était globalement petit, avec un espace commun, une petite cuisine, un coin toilette, et deux chambres. Le coin toilette et les chambres se trouvaient dans un couloir étroit à la droite d'Obi-Wan, qui se tenait près du placard de la porte d'entrée.
Sur le pas de la porte était posé un petit tapis, permettant aux occupants et aux visiteurs de retirer leurs bottes. Le reste de l'appartement, à part la cuisine et le coin toilette, était tapissé d'une moquette fine et brun foncé, quant aux murs il étaient recouverts d'une peinture blanche toute simple mais qui se tachait facilement. Obi-Wan se souvenait avoir passé plusieurs après-midi, que ce soit avec Qui-Gon, ou plus tard avec Anakin, à laver les salissures, dont il ignorait régulièrement la provenance. Ils abîmaient fréquemment la peinture, car le nettoyant était trop puissant.
L'espace commun constituait une grande partie de leurs quartiers, c'était une grande salle carrée divisée en plusieurs sections. Un coin salon avait été installé non loin de l'entrée, avec un grand canapé appuyé contre un mur et flanqué de deux tables basses. Deux fauteuils rembourrés avaient été placés pour délimiter la salle à manger. Celle-ci contenait une grande table sculptée dans un bois sombre et élégant, et entourée de quatre chaises construites à partir du même matériau.
Au centre de la table trônait un objet qui aurait surpris toute personne n'étant guère familière aux deux Jedi : il s'agissait d'un grand bol en argile rouge pâle, rempli à ras bord de pierres polies et provenant vraisemblablement de rivières. Obi-Wan l'avait offert, comme plaisanterie, à Qui-Gon un an après que le Maître Jedi lui ait donné sa pierre de rivière, lorsque leurs rires s'étaient éteints, les Jedi lui avaient attribué sa place d'honneur.
Il avait été retiré le jour où Obi-Wan était revenu de Naboo, puis, ensuite, dans un état second, il s'était occupé de la chambre de son maître défunt. Il avait recueilli n'importe quel souvenir, objet, ou vêtement, et avait rangé le tout dans des boites, lesquelles avaient été entassées dans le coin le plus sombre de l'armoire, en essayant désespérément de tout oublier.
Tous ces souvenirs avaient été extrêmement douloureux, mais Obi-Wan avait su rester debout.
« Oh wow ! Vous avez une super cuisine ! Pensez-vous que l'on pourra faire cuire quelque chose pour le repas de ce soir ? Ma mère m'a montré comment faire ! »
A la gauche d'Obi-Wan avait été aménagée une petite cuisine, qui ouvrait sur la salle à manger. Un comptoir conçu pour les repas décontractés séparait l'accès à l'entrée. La cuisine était également garnie d'une multitude d'armoires et de tiroirs. De hautes armoires étaient suspendues le long du mur, parallèles à l'entrée. Elles se trouvaient non loin de l'unité de réfrigération, qui marquait l'extrémité de la cuisine.
Il y avait un grand et vaste lavabo, près duquel une pile de vaisselle propre attendait patiemment dans une grille de séchage, une petite cuisinière qui contenait un ventilateur, un plafonnier, et un four qui surprit Obi-Wan. Il ne l'avait pas reconnu, jusqu'à ce qu'il réalise qu'Anakin ne l'avait pas encore fait exploser. L'assortiment des couteaux de cuisine de Qui-Gon était toujours accroché entre l'évier et la cuisinière, avec l'étagère à épices que Tahl lui avait donné le jour de son anniversaire, et Obi-Wan ferma brièvement les yeux, submergé par tous ces souvenirs.
Il ne comptait plus le nombre de cours de cuisine qu'il avait reçu, utilisant pratiquement chaque couteau, et chaque épice qui se trouvaient là. Ces derniers avaient également été mis de côté, peu importe qu'ils soient utiles. Même si les compétences d'Obi-Wan en cuisine s'étaient améliorées sous la tutelle de Qui-Gon, il n'avait pas été en mesure de cuisiner grand chose après son retour de Naboo.
« Obi-Wan, ces chaises sont extra ! Je n'en avais encore jamais vu qui tournent comme ça ! » s'enthousiasma Anakin, coupant les pensées d'Obi-Wan comme il testait joyeusement les tabourets près du bar, tournant et retournant sur lui même.
« Anakin, arrête, avant d'en casser un. »
« Aw ! Mais c'est amusant. Vous devriez essayer de temps en temps, Maître ! »
Obi-Wan riva son regard vers autre chose, afin de surmonter ce nouveau flot de souvenirs et cet élan horrible plein de nostalgie qui l'envahissait. Son Anakin avait fait cela aussi, le plus souvent quand il était impatient de prendre son petit déjeuner qu'Obi-Wan était en train de préparer, et le Jedi n'avait cessé de le réprimander d'arrêter.
Ses yeux clairs tombèrent sur les grandes fenêtres doubles, dont la porte coulissante en transparacier donnait sur le balcon. Il se trouvait juste en face de la porte d'entrée, baignant la salle à manger de sa lumière et le jeune Jedi fut forcé de détourner le regard, sentant sa gorge se nouer douloureusement. Combien de fois était-il resté là, avec Qui-Gon ou Anakin, à observer le soleil se lever ou se coucher, ou à contempler la pluie battre les vitres ? Cet endroit avait été son refuge préféré quand il méditait laissant ainsi les rayons du soleil s'infiltrer sous sa peau et réchauffer son âme, ou alors quand il lisait un bloc de données qu'il avait récupéré sur le rayonnage adjacent aux fenêtres.
C'était une erreur de revenir ici, même s'il n'avait guère eu le choix. Cet appartement contenait trop de souvenirs, trop de fantômes qui continuaient à le hanter, et il ignorait s'il pouvait supporter de revoir cela, en sachant ce que Ana...Vador avait commis par la suite.
De tous les endroits du Temple qu'il avait voulu détruire, l'homme avait d'abord choisi celui-ci. Il avait vidé les chambres, détruit les meubles avec une telle force qu'ils en étaient devenus méconnaissables, brisés de tout souvenir qu'ils représentaient. La pierre de rivière offerte par Qui-Gon à Obi-Wan, qui avait été conservée dans le bureau d'Obi-Wan, avait été broyée, réduite à l'état de poussière.
Que cela ait été fait par haine envers son ancien maître ou tout simplement pour se débarrasser de tout lien avec les Jedi, Obi-Wan n'avait eu aucun moyen de le savoir.
« Padawan ? »
Il leva les yeux, réalisant qu'il était resté planté sur le pas de la porte durant de longues minutes, et il tenta de plaquer un sourire serein sur son visage pour rassurer Qui-Gon.
« Tu es blanc comme un linge, Obi-Wan » observa le Maître Jedi avec inquiétude. « Et tes boucliers sont si hauts que je ne n'arrive même pas à te sentir. Quel est le problème ? »
Était-ce vrai ?
Obi-Wan cligna des yeux quand il se rendit compte que Qui-Gon avait raison, et il abaissa ses boucliers. « Je suis désolé, Maître. J'étais dans mes pensées, et je ne me suis pas aperçu que je... »
Le carillon retentit dans l'entrée, le coupant net, et il cligna à nouveau des yeux avant d'aller ouvrir la porte.
« Padawan Obi-Wan » salua chaleureusement Mace Windu, et Obi-Wan se figea, ses yeux s'élargissant. Des images de l'enregistrement de sécurité resurgir dans son esprit, montrant Mace, projeté à travers la fenêtre du bureau du chancelier, des éclairs du Sith suivant son corps contorsionné dans le vide.
« Maître Windu » fit Obi-Wan, sa voix se muant tout juste en un murmure, et il toussota avant de s'incliner à la hâte. « Entrez, je vous en prie. »
« Tout va bien, padawan » prononça l'homme et Obi-Wan put sentir son regard scrutateur. Obi-Wan se doutait que sa réaction étrange avait dû attiser sa curiosité. « Je suis simplement venu voir si votre Maître était disponible pour un petit duel avant votre rencontre avec le Conseil. »
« Mais si tu es ici, Mace, alors pourquoi le Conseil n'est-il pas réuni ? » s'enquit Qui-Gon, en marchant à côté d'Obi-Wan, qui se coula derrière lui. « D'après ce que j'ai compris du message, il y avait une raison pour laquelle nous n'avons pu se voir avant cinq heures. »
« Nous attendons plusieurs Maîtres de retour de mission » expliqua Mace, et Obi-Wan put sentir son regard le suivre tandis qu'il essayait de reculer et de localiser Anakin, qui avait mystérieusement disparu. « Veux-tu venir faire un duel ? Ton apprenti peut, évidemment, se joindre à nous. »
« Je crains qu'il n'ait un autre engagement »répondit Qui-Gon, jetant un coup d'œil derrière lui. « Mais je pense accepter ton offre avec plaisir. »
Obi-Wan sentit la frustration émaner de Qui-Gon. Obi-Wan avait échappé à nouveau à un questionnement approfondi.
« Excellent ! » conclut Mace, avec un large sourire, et les deux maîtres se dirigèrent vers la porte. Qui-Gon lança à son apprenti un regard qui signifiait clairement qu'il n'en avait pas terminé, puis la porte se referma derrière eux et le jeune homme sentit quelqu'un lui tirer la manche.
« Oui, Ani ? » questionna-t-il, regardant le garçon. « Veux-tu t'en aller ? »
« Oui, mais je voulais d'abord vous demander si c'était vous qui aviez construit toutes ces maquettes de vaisseaux » dit-il, les yeux écarquillés, et Obi-Wan fronça les sourcils momentanément avant de se souvenir. « Elles sont vraiment, vraiment super.. »
« C'est bien moi » confirma-t-il en souriant lorsque les yeux d'Anakin s'écarquillèrent davantage. « J'en ai fait beaucoup quand j'avais ton âge, et Qui-Gon m'a même aidé pour quelques-unes d'entre elles. »
« Super » souffla le garçon, et Obi-Wan se mit à rire.
« Je vais aller chercher quelques crédits, et ensuite, nous pourrons partir en visite, d'accord ? » proposa-t-il, ébouriffant les cheveux de l'enfant, et s'armant de courage avant de faire un pas sur la moquette. Il se força à se concentrer sur l'endroit où il gardait les crédits et d'ignorer les autres souvenirs qui pourraient surgir à nouveau.
Il inspira profondément, avant d'ouvrir la porte de sa chambre, celle qu'il avait gardée après être devenu le maître d'Anakin en dépit de sa taille plus petite. Il n'avait pu se résoudre à se déplacer dans l'ancienne chambre de Qui-Gon,
C'était la même chambre dont il se souvenait, avec des maquettes accrochées au plafond et la commode qui semblait avoir craqué et projeté tous les vêtements aux quatre coins de la pièce. Qui-Gon avait renoncé à lui faire nettoyer sa chambre tous les jours, il devait la ranger au moins une fois par semaine, en promettant que son désordre n'empiéterait pas sur une autre pièce. Le reste de l'appartement était maintenu dans une propreté quasiment étrange, c'était devenu une tradition dans laquelle Obi-Wan s'était habituée, y compris après la mort de Qui-Gon. Et puis, il pouvait gérer sans problème le chaos qui régnait dans la pièce.
En revanche, pour la saleté, c'était une autre paire de manches.
« Je n'aurais jamais pensé que vous étiez une personne aussi désordonnée, Obi-Wan » s'étonna Anakin tandis qu'il se tenait sur le seuil, regardant le Jedi slalomer entre les piles de vêtements et de serviettes sales, en jetant quelques-une sur le canapé lit pour se frayer un chemin.
« Même les personnes les plus sages ont des faces cachées » répondit-il distraitement, repoussant quelques datapad entassés sur son bureau. Il réalisa que plusieurs d'entre eux appartenaient aux archives du temple et il grimaça il avait au moins une semaine de retard dans ces prêts. D'habitude, il avait toujours eu la prévoyance de les rendre avant son départ pour une mission.
« Anakin, peux-tu me les tenir quelques instants ? Je dois les ramener aux archives avant que nous ne sortions » fit-il, remettant les datapad au garçon. Qu'avait-il fait avec ces datapad ? Les avait-il consultés pour une mission ? Malheureusement, il ne s'en souvenait plus, et il n'avait pas le temps de parcourir tout le contenu des datapad pour comprendre.
« Ha-ah ! »
Il venait de dénicher sa petite réserve de crédits non utilisée, économisée au fil des années vu qu'il avait peu utilisé l'allocation mensuelle du Temple que bénéficiait les Jedi. Même si les Jedi n'étaient pas autorisés à avoir de possessions, ils n'étaient pas assez stupides au point d'oublier que les crédits était un élément essentiel au sein de la galaxie. Obi-Wan avait souvent eu la vague impression que chaque fois qu'un chevalier ou un maître recevait un présent de la part d'un peuple ou d'une personne importante, l'objet était subrepticement vendu pour générer des crédits qui rentraient dans ces allocations mensuelles.
« A présent, Ani, préfères-tu manger en premier, ou souhaiterais-tu visiter ? » questionna-t-il, dissimulant quelques crédits dans une poche de sa ceinture utilitaire, ensuite il récupéra la pile de datapad des mains du garçon.
« On pourrait peut-être manger plus tard ? Après tout, on vient tout juste de quitter le vaisseau » suggéra Anakin comme ils sortaient ensemble de l'appartement. « Je préférerais voir Coruscant autant que possible »
« Très bien » approuva Obi-Wan, et il cligna des yeux en sentant l'enfant lui serrer étroitement la main. Il baissa les yeux et vit Anakin tourner la tête de tous les côtés, tandis qu'ils progressaient vers les ascenseurs.
« J'ai une autre proposition pour toi : préfères-tu d'abord aller voir l'exposition de la technologie au musée de Coruscant ou quelques édifices historiques ? »
Anakin marqua une pause, le visage pensif, alors qu'ils attendaient qu'un ascenseur arrive. « Je ne sais pas, choisissez vous. J'aimerais tout voir, mais..."
« Nous n'avons seulement que quelques heures » compléta le Jedi. Une petite musique retentit et la porte s'ouvrit devant eux.
« A l'étage principal, s'il vous plaît » lança-t-il et l'ascenseur commença sa montée silencieusement. Anakin, légèrement nerveux, serra sa main de plus bel, et Obi-Wan lui adressa un sourire rassurant. Il fallut à l'enfant un bon moment avant d'arriver à s'habituer à l'ascenseur, mais il demeurait toujours crispé
« N'y a-t-il pas un endroit que tu voudrais absolument voir ? » s'enquit Obi-Wan, essayant de détourner l'attention d'Anakin. Cela sembla fonctionnait, puisque sa poigne se relâcha légèrement.
« Le Sénat ? » lança l'enfant avec espoir. « Le Sénat et le Temple Jedi sont les seuls bâtiments dont on m'ait parlé, et maintenant que j'ai vu le Temple, j'aimerais visiter le Sénat. Padmé m'en a beaucoup parlé et je serais curieux de le voir en vrai."
« Va pour le Sénat, dans ce cas » conclu-t-il, et une petite musique résonna à nouveau alors que l'ascenseur s'arrêtait.
« Étage principal » annonça une voix féminine et agréable. Anakin s'empressa de tirer Obi-Wan hors de l'ascenseur.
« Les Archives sont à gauche, Ani » le prévint le Jedi avec un petit sourire amusé, lorsqu'il devint clair que le garçon voulait s'éloigner le plus loin possible de l'ascenseur. Anakin ralentit timidement, laissant Obi-Wan prendre les devants. Ils se tinrent peu après devant une grande porte qui donnait sur le couloir principal, lequel était entouré de toutes parts d'une multitude de consoles d'ordinateurs, formant de longues lignes aux reflets bleutés.
« Wow, c'est très impressionnant » chuchota Anakin, admiratif, se laissant entraîné par Obi-Wan, qui se dirigeait vers le bureau principal.
Une femme âgée était assise devant une des consoles d'ordinateur, ses cheveux blancs étaient tirés vers le haut, en un chignon étroitement serré, et ses yeux noirs brillaient avec bienveillance. Elle terminait quelques lignes de commande au clavier avant de se tourner vers un petit groupe d'initiés, qui attendaient dans une relative patience. Certains sautillaient sur un pied, d'autres soupiraient.
« J'ai bien peur que le document des archives n'ait été emprunté par un maître du Conseil, les enfants » s'excusa-t-elle d'une voix claire et teintée d'autorité. « Mais vous avez d'autres ressources à votre disposition, si vous n'arrivez pas à les trouver, alors revenez me voir. »
Son regard tomba ensuite sur Obi-Wan, et un sourire naquit sur ses lèvres. « Padawan Obi-Wan, comme il est bon de vous revoir » le salua-t-elle. Le jeune homme ignora les murmures de surprise que laissèrent échapper les Initiés en le remarquant. « Avez-vous besoin d'aide ? »
« Non, je désire seulement retourner ceci » répondit-il en lui remettant la pile de datapad. « Je crains d'avoir un peu de retard. »
Elle les prit, tout en lui souriant gentiment. « Nous avons été informé du retard de votre mission, donc il n'y aura pas de pénalité, padawan. Merci de les avoir rendu aussi rapidement. »
Il salua poliment en réponse et se tourna, tirant doucement sur la main d'Anakin, et tout deux se dirigèrent vers la sortie.
« Merci d'être venu avec moi, Ani » dit-il, une fois qu'ils furent hors des oreilles de l'archiviste.
« Pas de problème » répondit le garçon, un peu distrait par toutes les choses fabuleuses qu'il voyait. « Si ça peut me permettre d'en voir plus sur le Temple Jedi, c'est vraiment un bâtiment génial ! »
« Je suis content que ça te plaise » fit le Jedi en souriant.
« Obi-Wan ! »
Il stoppa net en entendant une voix féminine résonner derrière eux, et fit volte-face pour voir une silhouette familière, une Mon Calamari, courir vers eux en agitant la main, son visage éclairé d'un large sourire. Une vague de soulagement le traversa, et il se sentit infiniment heureux de voir une Bant différente de celle qu'il avait laissée derrière lui. Entre les rigueurs de la guerre des Clones et la perte de plusieurs de ses amis, ses traits s'étaient durcis et sa peau s'était considérablement assombrie, lui donnant l'apparence d'une Mon Calamari de deux fois son âge
Elle n'avait pas survécu à l'attaque du Temple, et il avait à peine reconnu son cadavre. De ce qu'il avait pu voir sur les caméras de sécurité, elle défendait un groupe d'initiés, jusqu'à ce que Ana- Vador ne lui ôte la vie...
Clignant des yeux pour empêcher les larmes de s'échapper, et repoussant avec force tous ces souvenirs horribles, Obi-Wan lâcha la main d'Anakin afin qu'il puisse étreindre Bant dans ses bras.
« Obi-Wan, je suis heureuse de te voir ! Quand es-tu rentré ? J'ai entendu dire que vous aviez été attaqué puis retardé ! » lâcha Bant comme il la libérait, sa main revint inconsciemment vers Anakin qui les regardait avec de grands yeux.
« Il y a très peu de temps » répondit le Jedi. « Je n'ai pas eu le temps d'envoyer de message. »
« Je ne l'aurais pas reçu de toute façon » lança-t-elle, son regard effleurant Anakin avec curiosité. « J'ai passé ma matinée avec les guérisseurs , nous avons eu une grande vague des blessés qui sont arrivés, une des pires que nous n'ayons jamais eue. Vas-tu me présenter ton ami, Obi-Wan ? Où veux-tu que nous continuions à nous dévisager l'un et l'autre ? » le taquina-t-elle, adressant à Anakin un sourire complice, qui sourit à son tour.
« Oh ! Pardonne-moi. Bant, voici Anakin Skywalker. Anakin, c'est l'une de mes meilleurs amis, Bant Eerin. Elle travaille au Temple des guérisseurs, et m'a rafistolé plus d'une fois après une mission difficile » raconta-t-il pendant que l'enfant et la Mon Calamari se serraient la main.
« Je parie que tu veux savoir ce que je suis, hein ? » fit Bant à Anakin avec un grand sourire. « Je suis une Mon Calamari. Je suis née sur une planète qui ne contient pratiquement que de l'eau.
« C'est vrai ? » s'étonna Anakin, ses yeux s'écarquillant pour la énième fois.
« Anakin vient d'une planète qui a très peu d'eau » raconta Obi-Wan, et elle cligna des yeux devant le garçon, légèrement choquée.
Anakin hocha la tête en voyant son expression. « Tout à fait » affirma-t-il. « Il y a surtout du sable et des rochers, et il fait très très chaud. »
« Je ne peux même pas imaginer un endroit pareil ! » s'écria Bant avec bonhomie, plaçant une nageoire sur sa bouche. « Tu dois être terriblement fort pour survivre sur une planète comme ça, je sais que je mourrais si je ne pouvais pas me baigner tous les jours dans une piscine ! »
Anakin rayonna sous le compliment et Obi-Wan tiqua quand elle parla de natation. « Dis-moi, Bant » commença-t-il, voyant son regard se tourner vers lui. « Que fais-tu aux alentours de cinq heures ? »
Elle le regarda avec curiosité « Je ne serais plus de service. Pourquoi ? »
« Eh bien, je suis en charge d'Anakin, mais j'ai une réunion avec le Conseil vers cinq heures » commença-t-il, sentant à la fois Bant et Anakin le regarder. « Et tu sais comment se déroule ces réunions. Cela peut durer des heures et je ne veux pas laisser Anakin assis à ne rien faire. Ce ne serait pas juste. »
Bant sourit, comprenant où il voulait en venir. « Je m'occuperai de lui pendant ce temps »lança la Mon Calamari, baissant les yeux vers Anakin. « Si cela te convient ? » proposa-t-elle, abordant le garçon, qui acquiesça de nouveau. « Je sais déjà exactement ce que nous ferons, Anakin. Puisque tu viens d'un désert, je parie que tu n'as jamais appris à nager, pas vrai ? »
« Pas vraiment » avoua-t-il dans un souffle, et Obi-Wan sourit. Bant avait excatement suggéré ce qu'il avait espéré. « Eh bien, dans ce cas, je te montrerais, la natation est une compétence qui pourrait bien te sauver la vie un jour. Tu ne pourrais pas aller sur ma planète si tu ne savais pas comment faire » dit-elle, et Anakin hocha la tête, la regardant avec intérêt.
« Bien, c'est réglé » déclara Obi-Wan. « Bant, nous nous retrouverons devant mon appartement vers dix-sept heures, et ensuite tu pourras l'emmener faire quelques exercices de natation. »
Elle lui sourit. « Heureuse de te rendre service, Obi-Wan. A présent, si tu veux bien m'excuser, ma pause est presque terminée, et je vais te faire une faveur en disant aux autres que tu es rentré, puisque j'ai l'impression que vous allez faire un peu de tourisme. C'était agréable de te rencontrer, Anakin, et Obi-Wan, salue Dex de ma part, d'accord ? »
Obi-Wan se mit à rire et la salua tandis qu'elle se précipitait vers les ascenseurs. « Merci, Bant ! Je transmettrai ! »
« Qui est Dex, Obi-Wan ? » demanda Anakin avec curiosité.
Obi-Wan lui sourit simplement. « Tu verras. Veux-tu qu'on essaye de trouver un taxi aérien ? »
OoOoOoOoOoOo
Qui-Gon soupira pendant qu'il suivait Mace dans le couloir vers l'ascenseur. Il aurait voulu méditer sur le problème qu'il avait avec Obi-Wan, mais il n'avait jamais refusé une séance d'entraînement avec Mace auparavant, et il ne voulait pas se disputer avec son ami sur quelque chose d'aussi petit. Ses nerfs avaient été mis à rude épreuve ces derniers jours, et avec le choc qu'il avait reçu sur le chemin du Temple, il doutait de sa capacité à ne pas craquer face à Mace.
« J'ai compris ce que tu voulais dire dans le message que tu as envoyé à Yoda » fit tout à coup Mace, faisant tourner la tête de Qui-Gon.
« Quoi ? »
Mace lui adressa un sourire entendu comme ils arrivaient à l'ascenseur, la porte s'ouvrit instantanément devant eux. « Tu ne pensais quand même pas que nous aurions le temps pour une séance de combat ? Yoda m'a envoyé te chercher et examiner ton padawan du mieux que je pouvais, compte tenu de la situation. »
« Quoi ? » lâcha-t-il à nouveau, sa voix devenant rauque, et il vit Mace rouler des yeux alors qu'ils entraient à l'intérieur de l'ascenseur.
« Pour l'amour de la Force, comment dois-je te le préciser ? »s'agaça Mace, la porte se refermant derrière eux. « Étage principal. »
Une petite musique retentit, et l'ascenseur commença à se déplacer.
« Yoda m'a montré le message que tu lui as envoyé au sujet d'Obi-Wan. Tu sais, celui où tu mentionnes son évanouissement à cause d'une vision ? Eh bien, étant donné que nous avons un peu de temps libre devant nous, Yoda m'a envoyé te chercher pour que nous en discutions en privé. »
« Et tu n'as pas pu me le dire plus tôt ? » rétorqua Qui-Gon d'un ton sec, s'attirant un regard surpris de la part de Mace.
« Tu as dit « officieusement » dans ton message, Qui-Gon » lui rappela Mace sur un ton grave. « Et quand Yoda m'a demandé d'examiner ton padawan sans lui faire savoir ce que je faisais, j'ai pensé qu'il serait plus sage qu'il ne sache pas que tu as requis une réunion privée sur son cas. »
Qui-Gon soupira, fermant les yeux. « Pardonne-moi, Mace, mais tout ceci me tient sur les nerfs, j'avais prévu de méditer là dessus, mais finalement, en parler avec Maître Yoda m'y aidera tout autant. »
Il ouvrit les yeux lorsque l'ascenseur ralentit et la porte s'ouvrit pour révéler le hall principal du temple.
« Alors, as-tu remarqué quelque chose ? » s'enquit-il comme ils avançaient le long d'un couloir pour embarquer vers un autre ascenseur. « Je serais curieux de voir si tu as noté une particularité. »
« J'ai l'impression que tu connais déjà la réponse » répliqua Mace et Qui-Gon hocha les épaules pendant que l'ascenseur s'élançait vers le haut. « Eh bien, si tu laisses entendre que je n'ai rien trouvé, alors tu as raison. Tu as appris à ton apprenti à ériger des boucliers particulièrement puissants, les plus puissants que j'ai jamais rencontré. Aucun examen normal, en essayant de passer inaperçu, n'aurait pu y trouver de failles. »
Qui-Gon esquissa un sourire alors qu'ils progressaient vers une des tours du Temple. « Et tu ne sais pas le plus drôle ? Ce ne sont pas ses boucliers les plus puissants. Ceux là, ils les élèvent en moins d'une seconde... »
« Quoi ? »
Il pouvait sentir le regard incrédule de Mace se poser sur lui, mais il refusa de rencontrer son regard.
« Qui-Gon, c'est ridicule. Je sais que beaucoup de maîtres ne peuvent élever leurs boucliers comme ça, et quelques uns d'entre eux appartiennent même au Conseil. Cela devrait être impossible pour un padawan, y compris s'il est sur le point de devenir chevalier. »
« Exactement, Mace cela devrait être impossible » souligna Qui-Gon, regardant enfin son ami.
« Et c'est là d'où vient mon problème, celui-là même avec qui j'ai été aux prises ces derniers jours » poursuivit-il, son estomac se tordant un peu alors que l'ascenseur ralentissait. « Vois-tu mon dilemme ? »
« Tu veux dire que tu ne lui as pas appris à se protéger comme ça ? » s'étonna Mace, sa voix se muant en un murmure, et un trait perplexe barra son front. « Mais alors...où aurait-il pu l'apprendre ? »
« Ah, Mace, Qui-Gon » les salua une nouvelle voix légèrement rauque dès que la porte s'ouvrit. « Commençais à m'inquiéter, je m'étais. »
« Maître Yoda » salua Qui-Gon à son tour, arrachant son regard de Mace, afin qu'il puisse s'incliner. Et les deux hommes sortirent de l'ascenseur. « Je vous suis reconnaissant d'avoir pu me rencontrer si rapidement après l'envoi de mon message. »
« Son urgence j'ai détecté » fit Yoda en lui souriant. « A présent, venez, venez, parler, nous devons, mais loin d'ici. Dans ma chambre de méditation, nous irons. »
Quelques instants plus tard, les trois Maître Jedi s'assirent sur les coussins qui jonchaient la pièce. Qui-Gon observa les alentours avec curiosité. Il n'avait jamais vraiment été dans la chambre de méditation privée de Yoda, comme il allait souvent dans les quartiers de Yoda, qui se trouvaient à quelques étages des siens. La lueur du soleil emplissait la pièce d'une chaleur douce et agréable, atténuant quelque peu le malaise qui enveloppait son cœur.
Il y eut brusquement un flash de douleur au sein de son lien, si intense que Qui-Gon se retrouva à haleter, son corps secoué de tremblements involontaires. Sa vision se transforma devant lui et, soudain, il se retrouva dans une salle qu'il reconnaissait comme l'aile médicale du Temple...
Puis il y eut une vague intense de bonheur mêlé à des rires, et Qui-Gon dressa ses boucliers, bloquant le reste des émotions qui commençaient à se propager le long de son lien.
« Qui-Gon ? »
Il leva les yeux vers Mace, qui avait posé sa main sur son épaule, et le fixait avec inquiétude, puis il regarda Maître Yoda dont les grands yeux ambrés, perçants comme ceux d'une panthère des sables, le dévisageaient avec intensité.
« De voir quelque chose, tu viens, n'est-ce pas ? » demanda-t-il croisant ses doigts bordés de griffes, et ses oreilles se redressèrent légèrement, ainsi que ses sourcils gris et broussailleux. « De ton padawan, il s'agissait. Grâce à votre lien, c'était ? »
Qui-Gon déglutit mais hocha la tête. « C'est arrivé à de nombreuses reprises lorsque les boucliers d'Obi-Wan s'abaissent. Une fois, je me suis retrouvé dans une jungle, conduisant des troupes vers une bataille, et la seconde fois, j'étais dans mon appartement, qui avait été complètement mis en pièces. Tout à l'heure, je me trouvais avec un guérisseur et j'ai senti que quelqu'un était mort... »
« Ces visions n'ont pas de sens » lança Mace, fronçant les sourcils.
« De simples flashs, ces visions deviendront » observa Yoda, le visage pensif. « Commencer par le commencement, tu dois, Qui-Gon. Un grand changement dans ton padawan, je ressens. »
« Et vous avez raison, Maître Yoda » fit Qui-Gon, poussant un soupir comme il se rasseyait, et il commença à tirer doucement sa barbe. « Dans le taxi aérien, alors qu'on arrivait ici... »
« Le début, j'ai dit » interrompit Yoda, haussant un sourcil. « Le début de ton histoire, ce n'est pas. »
Qui-Gon soupira de nouveau. « Très bien. Tout a commencé il y a environ une semaine, lorsque nous avons quitté définitivement Tatooine. Nous venions à peine de décoller quand Obi-Wan s'est effondré et notre lien est devenu brusquement silencieux, parce que de puissants boucliers se sont dressés autour de lui. J'ai réussi à m'infiltrer à travers eux qu'une seule fois, au cours de laquelle j'ai senti une grande douleur... »
Il ferma les yeux un bref instant. « Je me sentais comme si je brûlais de l'intérieur. »
« Cela venait d'Obi-Wan ? » demanda Mace, et il hocha la tête.
« Je pense que oui. Partout où était sa conscience, je ressentais une grande souffrance » raconta Qui-Gon, voyant le visage de Yoda devenir de plus en plus attentif.
« Continue. Curieuse, cette histoire devient. »
« Obi-Wan s'est évanoui, mais ses boucliers sont restés en place. Je ne pouvais rien faire, à part attendre qu'il se réveille, ce qui s'est produit au bout de quelques heures. Quand il s'est enfin réveillé, il a réagi bizarrement. Il ignorait où il se trouvait, et il insistait sur le fait que je ne pouvais pas être Qui-Gon, parce que Qui-Gon était mort » t-il, voyant les sourcils de Mace se hausser davantage puis jeter un coup d'œil à Yoda, qui était en train de regarder Qui-Gon attentivement. « Il a fini par se reprendre, mais dès qu'il voyait quelqu'un, il sursautait, comme s'il était sous le choc. Je pense que c'est dû à l'intensité de ses visions. »
« C'est une possibilité » déclara Yoda. « Un déséquilibre avec la réalité, ces visions ont causé. »
« C'est ce que j'ai exactement pensé » répondit Qui-Gon avant de poursuivre. « J'ai décidé de lui accorder un peu de temps pour se remettre, mais le lendemain matin, quand je me suis réveillé, j'ai remarqué un grand changement en lui. »
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Mace, inclinant la tête, les sourcils froncés.
Qui-Gon sourit légèrement. « Au début, je n'arrivais pas à le trouver, parce qu'il avait déplacé son lit pendant la nuit, et qu'il avait érigé la combinaison de boucliers la plus puissante que le Temple puisse enseigner. »
Mace en eut le souffle coupé et Yoda cligna des yeux sous la surprise. « Une barrière de Force, tu veux dire ? » questionna le vieux maître, sa voix baissant de volume, et Qui-Gon hocha la tête.
« Mais elle était différente, pas comme si c'était moi qui le lui avait apprise, je veux dire. La combinaison de boucliers ne se détériorait pas et une suggestion de Force y avait été ajoutée, qui m'a presque convaincu qu'il n'y avait rien en face de moi. S'il n'avait pas bougé légèrement, je ne pense pas que j'aurais pu savoir où il était» déclara Qui-Gon.
Le regard de Yoda s'assombrit.
« Impossible, cela devrait être. » commenta-t-il.
« Mais il était là, à me regarder en face » répliqua Qui-Gon. « Et j'ai tenté de pousser ses boucliers, mais je me suis retrouvé sur le sol avec mon propre sabre-laser sur la gorge. »
« Ton propre padawan t'a attaqué ? » souffla Mace. « Comment...Comment cela se peut-il ? Pourquoi n'as-tu pas été en mesure de réagir ? »
« Aucun avertissement, il n'a reçu » répondit Yoda qui fixait toujours Qui-Gon.
« Oui, je n'ai reçu aucun avertissement de la Force, aucun signe que quelque chose allait arriver jusqu'à ce qu'il ne soit trop tard, et quand j'ai atteint notre lien pour lui prouver que je n'étais pas une menace, j'ai été frappé par cette vision dans la jungle » enchaîna-t-il, voyant Mace s'asseoir sous l'étonnement. « Il est revenu à lui, j'ai exigé qu'il partage ce qu'il avait vu la veille, mais il a refusé, demandant plus de temps. »
« Et tu lui en as donné ? » intervint Mace, scandalisé. « Qui-Gon, à quoi pensais-tu ? »
« A son padawan » répondit Yoda à sa place. « A la confiance qu'il a instauré et qui a guidé sa décision. »
« Oui, et à présent je commence à le regretter » lança Qui-Gon d'un ton amer, mais Yoda secoua gravement la tête.
« Regretter, tu ne devrais pas » contesta Yoda et Qui-Gon haussa ses sourcils. « Si forcé les boucliers d'Obi-Wan, tu avais, créé des choses bien pires, tu aurais. »
Qui-Gon poussa un soupir et Yoda fit un petit geste de la main. « Continuer, tu dois. »
« Eh bien, le reste de notre voyage s'est passé sans encombres, ni nouvel incident » enchaina Qui-Gon. « C'est seulement quand nous avons atterri, qu'un nouveau problème est arrivé. En voyant le chancelier et le sénateur Palpatine, une colère comme je n'en avais encore jamais ressentie l'a traversée. Un moment, j'ai crains qu'il ne les attaque, mais cette colère s'est dissipée dans la Force aussi vite qu'elle est apparue. »
« Un tel contrôle auparavant, il a déjà montré ? » s'enquit Yoda, et Qui-Gon hocha la tête.
« Une partie de moi était heureuse de voir qu'il a su gérer ses émotions, mais une grande partie de moi était alarmée par ce qu'il cache. » dit-il. « Quand je l'ai interrogé à ce sujet, il a esquivé la question, en me disant de sonder sa présence dans la Force »
« Qu'as-tu trouvé ? » le pressa Mace en se penchant doucement en avant.
« Vous souvenez-vous de la présence d'Obi-Wan avant que nous partions ? » questionna Qui-Gon, gagnant un regard confus de la part de Mace et un regard attentif de Yoda.
« Un grand potentiel, il avait » répondit celui-ci. « Toujours en croissance, il était, et qu'il pourrait devenir l'un des plus grands chevaliers du Temple, je sentais. »
« Et bien je pense qu'il a réussi à faire exactement cela »poursuivit Qui-Gon, surprenant les deux Maîtres à la fois. »Et voici pourquoi : je n'ai pas pu dénicher la vision d'Obi-Wan, tout simplement parce que je n'ai pas été en mesure de percer ses boucliers, et j'ignore si j'en serais capable un jour. C'est à peine si j'ai réussi une fois, et j'ai été éjecté au moment où il a réalisé que j'étais là. »
« Tu plaisantes !» s'exclama Mace, et Qui-Gon secoua tristement la tête.
« D'une certaine manière, ses compétences ont surpassé les miennes, Mace » continua-t-il en se tournant vers Yoda. « Quand il m'a demandé de sonder sa présence dans la Force, je me suis dis qu'il désirait juste éviter mes questions, mais ce que j'ai ressenti devrait être impossible. Sa présence était celle d'un maître hautement qualifié, qui égalerait probablement tout le Conseil. »
« Et tu penses que cette vision en est responsable ? » questionna Mace. « Est-ce que quelque chose comme ça s'est déjà produit auparavant ? »
« Du jamais vu, c'est » prononça lentement Yoda, le regard toujours pensif. « Mais comprendre pleinement les voies de la Force, personne ne l'a fait. Possible, je pense que c'est, malgré tout. »
« Alors, que dois-je faire, Maître Yoda ? » demanda Qui-Gon essayant de maîtriser l'impuissance qui gagnait sa voix. « Normalement, c'est moi qui devrais lui apprendre. Mais au vu de ses capacités, ce devrait plutôt être lui qui devrait m'enseigner. »
« Toujours apprendre, nous devons. Quelque chose de plus, lui apporter tu pourrais » suggéra Yoda. « De sa vision, il n'a rien dit ? »
« Il m'en a dit un peu plus, mais je ne pense pas que c'était son intention » dit Qui-Gon. « Il essaie d'en garder le plus possible. »
« Qu'as-tu découvert ? » interrogea Mace, mais Yoda le fit taire d'un geste de la main.
« Le bon moment, ce n'est pas » rétorqua-t-il. « Au cours de cette vision, quelque chose de très puissant s'est produit. Je le sens. Plus qu'une simple vision cela semble, et attendre le bon moment, nous devons, pour demander au jeune Kenobi de la partager. »
« Mais comment vais-je savoir quand ce sera le bon moment ? » s'irrita Qui-Gon. « Même s'il a réussi à devenir plus fort que moi, il est toujours mon padawan, et je ne comprends pas qu'il souhaite garder ses secrets loin de moi. »
« Patience » conseilla Yoda, se fissurant d'un sourire. « Le moment venu, tu sauras. »
Qui-Gon se rassit, résistant à l'envie de rouler des yeux. Une réponse typique de Yoda, qui ne manquait jamais de le frustrer davantage.
« Alors qu'allons-nous faire ? » s'enquit Mace. « Devons-nous en faire part au Conseil ? »
Une alarme résonna dans l'esprit de Qui-Gon, qui fut apparemment partagée par Yoda, qui lança à Mace un regard appuyé. « Briser les boucliers du jeune Kenobi, ils voudraient. Causer plus de tort, cela serait, que de bien. »
« Ce serait détruire son esprit » ajouta Qui-Gon, secouant la tête, et Mace prit un air un peu dépité.
« Oui » approuva Yoda en hochant la tête, et une expression grave traversa son visage. «Vouloir cela, nous ne devons pas. Parler de cela avec les autres, nous ne pouvons pas. Des forces obscures, je ressens, mais à l'intérieur de ton padawan la lumière demeure. Les secrets que le jeune Kenobi garde, peuvent tous nous sauver. Le protéger de nouvelles découvertes, nous devons. »
Et voilà pour ce chapitre ^^
Dans le prochain épisode:
_ Promenade sur Coruscant.
_ Anakin sera toujours Anakin, au grand malheur d'Obi-Wan...
A bientôt !
