Bonjour à tous ! J'espère que je vous ai manqué la semaine dernière XD

Avec Crystall comme protectrice, Jonathan est à l'abri, ne t'inquiète pas Antig0ne ! J'aimerais bien voir l'état de la première personne qui osera s'en prendre à lui !

Oui, Peter va devenir le Gardien du Secret des Potter Faenlgiec... Mais à cette époque, il est encore loin de l'être puisque la Prophétie n'a pas encore été faite ! Et vu le peu qui est dit à ce sujet dans les livres, c'est vraiment une question que je me pose personnellement.

Salut Marrie09 ! Pourquoi un garçon ? En fait, j'ai pas un instant pensé que ce serait une fille. Je voulais un petit frère qui ressemble beaucoup à Gregory (parce que je suis un peu sadique sur les bords), mais sans en être une copie conforme puisqu'il ne vivra pas la même vie qu'à eu son frère aîné. Une fille ne collait absolument pas avec la représentation que je me suis faite.

J'ai beaucoup de mal à faire évoluer Crystall sans que ça paraisse invraisemblable. C'est assez compliqué à faire, de mon point de vue... Mais je suis contente que ça marche au moins un peu ^^

Bonne lecture ! :)


Cobaye

Vendredi 10 Novembre 1978 : chez Remus

Je ne peux pas dire que je suis là de mon plein gré cette fois – ci. Remus m'a menacée pour dire vrai. Il disait que si ça n'était pas moi qui me déplaçait, se serait lui qui viendrait me trouver chez les parents de Greg. Je ne veux pas que quiconque connaisse l'emplacement de la maison de la famille de Greg. Remus est bon occluman, mais rien ne m'assure qu'il l'est suffisamment pour résister à quelqu'un comme Voldemort. Alors je me suis déplacée. Il savait bien que je réagirais comme ça.

- La pleine lune est dans 4 jours, m'a t –il dit dès que j'ai été assise dans sa chambre. Il faut que tu me dises ce que tu as trouvé.

- Tu disais que je perdais mon temps.

- Mais si tu as trouvé quelque chose, tu ne l'as pas perdu.

Il faisait les cents pas dans sa chambre, comme un loup en cage sans mauvais jeu de mot. Je savais que ça l'inquiétait, et c'était compréhensible.

- Tu devrais en parler avec James, Sirius et Peter, lui ai –je dis. Ils pourraient encore t'aider.

- Je ne peux pas me le permettre. Nous sommes à présent des combattants actifs pour l'Ordre. Je ne peux pas les monopoliser. Sinon, il ne restera plus que Lily et toi et ça ne suffira pas. 5 c'est déjà trop peu alors deux…

- Rien ne dit qu'il va y avoir du grabuge à la pleine lune. Et d'autres peuvent aussi intervenir...

- Mais rien ne dit qu'il n'y en aura pas. N'insiste pas, je suis sûr de mon choix.

- Et Poudlard ?

- J'ai déjà répondu à ça. Dumbledore a déjà pris assez de risque pour moi au cours de ces 7 dernières années.

- Remus…

- Non Crystall. On a déjà discuté des seules alternatives que je voyais, alors soit tu me dis ce que tu as trouvé, soit…

- Ça va, j'ai compris.

Je n'avais jamais vu Remus autant sur les nerfs. D'ordinaire, il ne s'inquiète pas autant de sa condition, et il ne se montre pas aussi agressif.

- Ce que j'ai trouvé ne va pas te plaire, lui ai –je annoncé en avant propos.

- Absolument rien dans ma situation ne me plaît.

J'ai soupiré et je me suis lancée, il ne restait pas d'autres solutions.

- J'ai suivi une option sur les loups – garou à Brocéliande… Et j'ai appris pourquoi tellement de sorciers se faisaient mordre malgré qu'ils aient leur baguette.

- Et ?

- Les loups – garou sous forme animale sont quasiment insensibles à tout type de sort. Il faut que ce soit physique comme un sort d'expulsion ou des cordes. Encore que je ne suis pas persuadée que des cordes retiennent longtemps quelque chose d'autre puissant.

- Ce qui veut dire ?

- Que si j'ai bien analysé les sorts qui bardent ta cave, ils seront tous inutiles si jamais tu en finis avec cette cage.

Je l'ai nettement vu tressaillir. Ça, il ne le savait pas. Peu de monde le sait. Je me suis alors rendue compte que les loups – garous eux même ne s'intéressent pas non plus de près à leur cas. Ils ne se renseignent pas sur le monstre qui dort en eux. Parce qu'ils en ont peur, parce qu'ils pensent mieux savoir que les autres, parce qu'ils sont dans le déni… je ne sais pas vraiment. Mais ils ne le font pas. Pourtant, vu qu'ils ne se rappellent rien de leurs transformations, ça ne serait sans doute pas du luxe.

Remus s'est laissé tomber au sol et s'est pris la tête entre les mains. Je savais que ça finirait comme ça. Du coup, la seule solution que j'ai trouvé pour lui redonner un peu d'espoir, c'est de lui révéler tout jusqu'au bout malgré mes réticences.

- Tu m'as dit il y a un mois que si un remède quelconque existait, il aurait déjà été trouvé, ai –je poursuivi. En fait, en consultant de vieilles archives, j'ai découvert que seulement très peu d'études ont été menées. Du côté moldu comme du côté sorcier. Bon, celles moldues n'ont pas vraiment d'intérêt : elles se basent le plus souvent sur des exorcismes, des bains d'eau bénite ou une thérapie à l'argent. Et l'argent ne fait pas grand-chose aux loups – garous.

- Et chez les sorciers ?

Il ne me regardait toujours pas. Mais il m'écoutait au moins. C'était l'essentiel.

- Hé bien, il y en a un qui avait comme hypothèse que c'était la vue de la pleine lune associée dans l'esprit humain à la transformation qui provoquait la métamorphose. Il a isolé des loups – garous pour qu'ils n'aient plus aucune idée de quand serait la pleine lune, mais tu te doutes bien que ça n'a pas marché.

- Je n'ai pas besoin d'un calendrier pour savoir quand elle approche. Je le sens. Le Monstre le sent.

- Il y a aussi quelqu'un qui a tenté des modifications sur l'humain grâce à des métamorphoses et des sorts. Ça a semblé donner un résultat concluant jusqu'à ce qu'il se fasse dévorer par ses patients. Ce sont les deux seuls essais répertoriés de thérapie chez les sorciers.

- Des échecs lamentables.

- Oui… Mais… je pense qu'ils n'ont pas essayé la chose la plus évidente.

- Quoi ?

- Les loups – garous métamorphosés sont insensibles aux sorts, alors c'est inutile de tenter quoi que se soit du même genre. Je crois que la seule solution, c'est une potion. Mais je ne sais pas si les potions ont un effet ni quel genre il faut envisager.

Il s'est redressé et m'a fixé avec toute la détermination du monde dans le regard.

- Alors essaie sur moi.

Je ne me suis vraiment pas sentie étonnée quand il a dit ça. D'abord parce que j'avais envisagé de faire pareil avant de repousser l'idée, ensuite parce qu'il est lui et qu'il ne pouvait pas réagir autrement.

- Tu es mon ami, je ne peux pas t'utiliser comme un rat de laboratoire.

- Non, quand je suis transformé je ne suis pas ton ami. Je ne suis même pas une de tes connaissances. Je ne reconnaîtrais pas ma mère. Tu dois te sortir ça de la tête. Du coup, tu peux oublier tes scrupules.

- Remus. J'ai concocté une potion est censée endormir n'importe quelle créature. Mais je ne sais absolument pas si ça ne va pas t'endormir si profondément que ça te tuerait.

- Je m'en moque. Crystall, je suis prêt à me jeter d'une falaise si ça peut m'aider à me contrôler !

J'ai fermé les yeux. Il y avait tellement de désespoir et de véhémence dans ses paroles ! Il avait désespérément besoin de se raccrocher à quelque chose pour continuer à avancer et je lui avais donné ce quelque chose. Je n'avais plus le droit de me défiler maintenant. Ça défie mes principes, mais je dois le faire. Et ça n'était pas moi la plus mal lotie dans l'histoire. Il fallait toute de même que je précise une dernière chose avant de céder :

- Tu as conscience que si on fait ça, je vais devoir rester enfermée dans cette cave avec toi, te voir te métamorphoser et voir la Bête.

Quand je l'ai à nouveau regardé, il fixait le mur derrière moi, aussi expressif qu'une porte en bois. Je ne suis pas sûre qu'il ait réalisé cette partie là de la situation avant que je n'en parle.

- D'accord, a t –il finalement lâché. D'accord. Mais à deux conditions.

- A savoir ?

- Si jamais il y a quoi que ce soit... Que tu vois que je vais m'échapper... Je veux que tu essaies de m'en empêcher de toutes les façons que tu pourras imaginer, même si tu dois me faire écrouler la maison sur la tête. Et si ça ne suffit pas, je veux que tu transplanes avec ma mère loin d'ici. Je ne veux pas que tu prennes plus de risques que nécessaire.

N'est ce pas admirable de penser aux autres avant de penser à soi ? Sans doute, mais ça m'a agacée.

- Au lieu de t'inquiéter pour moi, tu ferais bien de te faire du souci pour ta propre santé. Être cobaye, même si tu te dévoues si courageusement, Gryffondor, ne sera pas une partie de plaisir !

- Pour changer ma nature, je suis prêt à tout ! C'est mon combat, comme retrouver l'assassin de Gregory est le tien. Ça n'est pas la même finalité, mais c'est la même chose !

Je suis restée quelque peu tétanisée devant la comparaison. Puis j'ai réfléchi, avant de répondre un truc stupide comme j'en ai l'apanage. Qu'est ce que je vais faire pour retrouver l'assassin de Gregory ? Tout ce qui est nécessaire. Je ne sais pas si les deux situations sont similaires, mais s'il possède ne serait – ce que la moitié de ma détermination, je peux comprendre. Alors j'ai simplement accepté. D'ici à mardi prochain, je vais devoir dresser une liste de tout ce que je dois essayer et faire pendant qu'il sera transformé.

Ne te fie pas aux apparences, Journal. Je suis peut –être déterminée, mais je suis aussi terrifiée de me retrouver face à son alter – ego poilu, même enfermé dans une cage.

Samedi 11 Novembre 1978 : laboratoire de potion

Je suis allée voir Dumbledore pour lui parler de ce que je vais tenter de faire avec Remus. Très franchement, je suis sûre que ça n'est pas une bonne idée, mais bon… Dumby aussi a été assez sceptique, mais il n'a pas protesté. Sans doute sait –il la situation dans laquelle se trouve Remus. Il a toujours l'air de tout savoir et moi je garde toujours mes barrières d'occlumancie levée en sa présence. Je suis certaine que la raison pour laquelle il est toujours si bien informé, c'est parce qu'il use si subtilement de la légilimancie que personne ne s'en rend compte.

S'il fait ça, ça n'est pas tellement différent de ce que fait Voldemort de mon point de vue… Bref. Je l'ai juste averti, parce que si quelque chose tourne mal il faut bien que quelqu'un soit au courant et que Remus ne veut pas impliquer James, Sirius et Peter. Et comme ça, Dumby saura qu'il faut éviter de m'envoyer en mission les soirs de pleine lune si ça n'est pas absolument nécessaire.

D'ici à mardi, jour de pleine lune, il faut que je prépare un maximum de potion pour les tester. Mais je ne peux pas en choisir trop d'un coup. Ce serait vraiment idiot que deux potions agissent en concert. Je ne saurais pas ce qui est dû à quoi. Il faudra que je laisse au moins une heure entre deux potions et les nuits sont courtes… Je vais déjà commencer par préparer des échantillons moins puissants de la potion de sommeil que j'ai concocté. Je garderais la plus puissante en dernier recours.

*Chambre de Jonathan*

Je pourrais le regarder dormir toute ma vie. A chaque fois que je le vois, je ne peux m'empêcher de songer à tout le mal que la vie pourrait lui faire. Parce que la vie, c'est dur. Je veux lui éviter un maximum d'épreuve. Mais je ne me fais pas d'illusion : je ne pourrais pas toutes les écarter.

Il me donne envie de faire encore plus pour éradiquer Voldemort. Je ne veux pas qu'il grandisse dans un monde sorcier, ou même moldue, qui vit sous la crainte de ce mage noir.

Dimanche 12 Novembre 1978 : laboratoire de potion

Richard est rentré ce matin. Il ne pouvait pas revenir plus tôt. Il a éclaté en sanglot dès qu'il a vu Jonathan. Je pense qu'il valait mieux qu'ils restent entre eux. J'ai beau habiter chez eux, je ne suis pas de la famille. Alors je suis venue là où j'ai toujours du travail. La pleine lune est dans deux jours.

Maintenant que j'y pense, je trouve curieux que personne n'ai jamais essayé une potion pour stopper la transformation d'un loup – garou. Les sorciers ne sont pas cons et depuis que ce virus existe, quelqu'un avant moi a bien dû y songer. Je ne suis pas particulièrement intelligente, ni particulièrement perspicace et certainement pas la seule potionniste de talent.

Oui, je suis certaine que d'autres y ont songé et que certains se sont suffisamment penchés sur la question pour essayer. Les archives ne se trouvent juste pas là où j'ai cherché. Mais je me demande où elles se trouvent alors ?

La première réponse qui me vient en tête, c'est le Ministère. Soit au Département de Régulation des Créatures Magiques, soit au Département des Mystères, soit dans les Archives (dont l'existence est hypothétique). Ou alors, les journaux de laboratoire sont chez des antiquaires qui ne doivent pas les exposer dans leurs vitrines (à cause du thème qui n'intéresse personne).

Que les sorciers et leur hermétisme soient maudits. Il faut que je trouve ce qui a été fait sur le sujet. Ça va me faire perdre du temps, mais moins que si je pars dans toute les directions. Et je suis en train de me dire que le prof qui donnait des cours sur les loups – garous à Brocéliande pourrait peut –être m'aider à ce propos… Sauf que je ne sais pas où le trouver.

Bon, en tout cas, je ne m'y mets pas avant mercredi prochain. J'y réfléchirais après mes résultats de la nuit de mardi à mercredi.

Mardi 14 Novembre 1978 : avant de partir chez Remus

J'ai l'impression que je vais vomir. Oui, j'ai peur à ce point là. Je n'ai jamais été courageuse de toute façon. Et me retrouver nez à nez avec un loup – garou déchaîné, même enfermé, me fiche la frousse. J'ai rassemblé mes affaires. Je vais passer dire bonne nuit à tout le monde avant de m'en aller. Je n'ai pas informé Elisabeth et Richard de ce que j'allais faire. Ils ne me demandent jamais de compte de toute façon, ce qui est assez bien. Je n'aurais pas aimé leur mentir, surtout à ce sujet.

Si je suis aussi angoissée, je me demande bien dans quel état Remus doit se trouver… Surtout après sa dernière transformation où il a failli défoncer sa cage…

Allez, c'est parti !

*Dans la cave de Remus*

Je n'arrive pas à croire qu'il n'ai pas averti ses parents de ce qui allait exactement se passer en bas. Ils n'étaient pas très d'accord. Enfin, surtout son père. Sa mère avait juste l'air aussi terrifiée que la dernière fois que je l'ai vue juste avant la pleine lune. Mais ils ont dû céder devant la volonté de leur fils et il n'a pas hésité à leur dire des choses qui font mal pour se faire comprendre. Même si ça n'était que la vérité toute nue.

Actuellement, je suis assise sur les marches de l'escalier. Remus est recroquevillé dans sa cage. Il est un peu plus de 17h. A cette période de l'année, la nuit arrive plus tôt. Avec l'hiver et les nuits les plus longues de l'année, les transformations durent plus longtemps qu'en été. C'est cynique, mais c'est presque une aubaine pour moi de commencer mes recherches à cette époque …

Tout est silencieux. Je n'entends même pas ses parents s'affairer dans la maison, sans doute parce qu'un sort empêche le bruit d'entrer comme de sortir de la cave. Tant mieux.

*Toujours chez Remus*

- Crystall…

Quand Remus m'a appelée il y a quelques heures, il avait une voix déformée, éraillée et grondante, qui ne lui ressemblait pas du tour. J'ai reporté son attention sur lui.

Je me rappelle très nettement de la façon dont j'ai découvert son secret il y a un peu plus d'un an maintenant. Il m'a sauté dessus, alors qu'il commençait à se transformer. Heureusement que seules les morsures de loup – garou peuvent contaminer, sinon j'aurais aussi viré poilu dès la pleine lune suivante… Bref, tout ça pour dire qu'il avait les mêmes yeux qu'alors.

Des iris qui paraissent beaucoup trop grandes pour ses yeux humains, avec une couleur mordorée irisée d'orange. Si ça n'annonçait pas une transformation imminente, je pourrais dire que c'est une couleur vraiment magnifique.

- N'oublie pas ce que tu as promis, a t –il poursuivi quand il a vu que je l'écoutais.

Je n'ai pas eu le temps de confirmer que je n'avais pas oublié. Lâche comme je suis, il ne devrait pas douter que je m'enfuie au moindre problème. Mais la transformation a commencé. Il s'est mis à convulser et a crier. Pas étonnant, vu que la transformation est douloureuse. Je ne savais cependant pas pourquoi c'était si douloureux jusqu'à aujourd'hui, même si je m'en doutais instinctivement. Ses os se sont brisés, ses muscles se sont déchirés dans chaque partie de son corps tandis qu'il grandissait, grossissait et se couvrait de poils.

Les loups – garous ne ressemblent pas vraiment à des loups, si on excepte leurs faciès allongés et leurs gueules pourvues de dents aiguisées. Ils sont plus grands que les humains, bien plus massifs et leurs membres semblent immenses. Leurs pattes avant ressemblent à des mains humaines, mais sont bien plus redoutables avec leurs griffes.

Et ils ne sont pas du tout asexué comme on les représente dans les manuels scolaires. Logique, puisque l'une des principales choses qu'ils font quand ils se regroupent, c'est copuler. Mais c'est euh… autre chose de le voir de ses propres yeux. Et c'est carrément gênant de me dire qu'il s'agit de Remus.

Même si il n'avait plus rien de lui. Ça n'était plus qu'un monstre énorme et noir comme les enfers, tout droit sorti des cauchemars de centaines de générations d'enfants. Il lui a fallu quelques instants pour se remettre de la transformation douloureuse. Quand il a cessé de haleter, il a commencé à se redresser. Il était tellement énorme qu'il ne pouvait pas s'asseoir correctement dans la cage que je savais exprès sous dimensionnée pour limiter ses mouvements.

Il a ensuite tourné sa tête énorme vers moi et ses yeux ne m'ont plus lâchée. Je suis restée un moment figée comme un lapin repéré par un renard. On pouvait voir dans son regard et sa posture qu'il était affamé et que j'étais alléchante. Il ne restait absolument rien de Remus. C'était juste le Monstre qui vivait en lui le reste du mois.

Quand je me suis levée ses yeux ont suivi mon mouvement. Je suis descendue des escaliers avec mon coffret contenant mes potions. Il était si terriblement immobile, malgré ses muscles tendus, qu'il ressemblait à une statue. Seuls ses yeux bougeaient, suivant le moindre de mes tressautements. Je me suis approchée prudemment, pas à pas. J'avais prévu de lui lancer les potions dessus et j'étais donc obligée de m'approcher vu que je suis peu douée pour ça.

Il est arrivé un moment où il a dû me juger assez proche, parce qu'il s'est brutalement détendu. Sa cage a fait un bond en avant et il a lancé sa patte avant pour essayer de m'attraper. Je me suis jetée en arrière juste à temps. Ses griffes m'ont effleuré le bout du nez. Je n'avais pas prévu qu'il arrive à faire bouger sa cage malgré les chaînes qui la maintiennent près du mur. Un pas de plus, et j'étais morte. Je suis vraiment passée près. Trop près.

Avec ma baguette, j'ai tracée une ligne au sol pour marquer l'endroit que je ne devais pas dépasser. Quand il a compris qu'il venait de foirer sa seule chance de se mettre un peu de viande humaine sous la dent, le loup garou jusque là si calme s'est déchaîné. Ses grognements et hurlements se sont répercutés dans la cave, l'écho dans la pièce vide donnant l'impression qu'il n'y avait pas un mais dix d'entre eux qui se déchaînaient. Par réflexe, j'ai envoyé un silencio, sans aucun effet, bien entendu.

Il s'est jeté autant qu'il le pouvait sur les barreaux qui le maintenaient, tendant en vain ses pattes avant vers moi et presque avec désespoir. On aurait dit quelqu'un qui tendait la main dans un geste de supplique. Quand il a commencé à se mordre lui-même, j'ai décidé qu'il était temps pour moi de commencer mes essais de potions.

Les potions sont normalement faites pour être avalées, mais je n'ai pas pensé une seconde à cette façon de procéder. Tu me vois essayer de faire avaler quoi que se soit à un monstre pareil ? A part finir moi dans son estomac, ça n'aurait rien donné.

Il est possible qu'une potion soit trans-cutanée, c'est-à-dire qu'elle traverse la peau pour agir. Mais on peut aussi les injecter ou utiliser les voies aériennes. L'effet serait trop lent à agir en trans-cutané, faire une injection quand on ne sait pas quel genre d'aiguille utiliser est hors de question. Et il se trouve que de nombreuses potions destinées à faire dormir sont facilement adaptables pour les inhalations. De fait, j'avais juste besoin de jeter la potion près du loup – garou pour qu'elle pénètre dans son organisme. Je me suis jetée un sortilège de têtenbulle pour ne pas m'endormir moi aussi.

J'avais l'intention d'aller crescendo dans la puissance, mais j'ai vite remarqué que les moins puissantes (suffisamment fortes pour assommer durablement un humain toutefois), ne servaient à rien.

L'avant dernière a rapidement fait effet. Remus, ou plutôt le monstre en Remus, s'est calmé, il a baillé, me mettant au première loge pour observer sa dentition impressionnante et la taille de la gueule. Un coup de dent mal placé et il tuait quelqu'un. Ou lui arrachait un morceau. Il a secoué la tête pour chasser l'étourdissement. J'ai un moment espéré que ça allait l'endormir, mais il s'est rapidement remis de cette légère somnolence.

Il ne me restait alors plus que la dernière potion, bien plus puissante que celle qui l'avait légèrement assommé précédemment. Je n'avais pas eu assez de temps pour concocter une palette de concentration plus fournie. J'ai un moment hésité à en user, mais il a commencé à ronger les barreaux de la cage et ses griffes labouraient le sol en pierre comme s'il avait s'agit de beurre.

J'ai ajouté à cette potion un colorant. Il faut savoir qu'elle endormirait à mort un humain. Une mort douce, mais une mort quand même. J'ai ajouté un colorant pour suivre l'expansion du nuage de potion mortel et savoir quand je pouvais enlever mon sort de têtenbulle. Plus d'un potionniste est mort à cause d'une de ses créations et je ne veux pas mourir.

Dès que le monstre en a inspiré deux bouffées, il s'est écroulé dans sa cage. Et il n'a plus bougé. Là, je crois que j'ai ressenti un grand moment de panique. De là où je me trouvais, je ne pouvais pas voir son flanc bouger, il ne faisait plus de bruit et aucun de ses muscles ne bougeait. J'ai vraiment cru pendant un moment que je l'avais tué. Il faut aussi savoir que pour cette potion, j'ai suivi pour une petite partie de la conception, la recette du filtre de Mort – Vivant.

J'ai failli me précipiter pour voir, mais je me suis retenue. D'abord, je ne savais pas combien de temps cette potion agirait sur un monstre de cette taille et aussi magique. S'il se réveillait aussi soudainement qu'il s'était endormi (même si je ne savais pas encore qu'il était juste profondément endormi), je me ferais bouffer sans avoir le temps de penser à me casser. Et ensuite, je ne pouvais pas exclure le fait qu'il simule l'endormissement pour m'attirer, après avoir compris avec la dernière potion ce que je cherchais à faire. C'est très intelligent un loup – garou.

Alors à distance, j'ai utilisé un sort pour le déplacer. Tant qu'il s'agit d'une sort physique, ça marche apparemment assez bien sur un loup – garou. Je l'ai mis sur le dos et j'ai pu constater que son thorax se soulevait. J'étais vraiment soulagée. Je ne m'imaginais pas sortir de la cave et annoncer à tout le monde que j'avais tué Remus pour une expérience.

Ça fait une bonne heure maintenant qu'il roupille et ça n'est pas parce qu'il dort qu'il est moins impressionnant. Il prend toute la place dans la cage. J'aimerais bien lui prélever un peu de sang et de salive, mais comme je ne sais pas combien de temps ma potion va agir, je ne veux pas l'approcher.

Je me demande si la magie rouge à quelque chose à voir avec ces transformations… Je n'y connais pas grand-chose, juste ce que Zilphya a daigné m'enseigner. Quant à la salive, si je mettais au point une potion capable d'en neutraliser l'agent pathogène, ça serait déjà un grand pas en avant.

En réalité, la morsure n'est pas nécessaire à une contamination. Le facteur déterminant, c'est la salive, qui est généralement mise au contact du sang par une morsure, d'où la croyance populaire. Mais si on blessait quelqu'un avec un couteau et qu'on mettait de la salive de loup – garou en contact avec le sang, il serait tout aussi contaminé…

Je vais devoir veiller toute la nuit pour voir la durée de ma potion. Je pense qu'il se réveillera en douceur, alors je veux savoir au bout de combien de temps il commence à revenir à lui-même et à partir de quand il est parfaitement réveillé. Que ça tienne une heure est déjà impressionnant.

*Dans la cave, chez Remus*

OK, là je commence quand même à m'inquiéter. Il est 6h30 du matin, et la potion agit toujours. J'espère que je ne l'ai pas plongé dans le coma involontairement. Ou qu'il n'est pas suffisamment profondément endormi pour que je ne puisse plus le réveiller moi-même. Si je dois l'emmener à Ste – Mangouste, ça va être horrible.

La pleine lune ne devrait pas tarder à disparaître. Il va bientôt redevenir humain. Alors, je pourrais m'approcher pour l'examiner.

*Chambre de Remus*

Il continue à dormir. Mais il semble aller bien. C'est déjà ça. Si à la fin de la journée, il est toujours dans cet état là, je vais quand même devoir l'emmener à Ste – Mangouste toutefois.

Il est redevenu humain il y a une heure. La transformation inverse doit aussi être douloureuse, mais ça ne l'a pas fait broncher cette fois. Je me suis précipitée pour ouvrir sa cage. Il était nu, puisque ses habits se sont déchirés quand il est devenu un loup, mais franchement, c'était la dernière chose qui me préoccupait. J'ai toutefois noué un tissu autour de sa taille comme un pagne pour préserver sa dignité et son intimité. J'ai pris son pouls et vérifié grâce à quelques sorts qu'il n'avait pas de problèmes avant de soigner de mieux que je le pouvais les morsures qu'il s'était infligé et les bleus qui parsemaient son corps.

Je l'ai ensuite ramené jusque dans son lit sous le regard de ses parents qui paraissaient quand même inquiets et avaient les traits tirés, sans doute parce qu'ils n'ont pas plus dormi que moi cette nuit. A leur place en tout cas, je serais incapable de fermer l'œil avec un monstre pareil caché dans ma cave.

Je l'ai attaché à son lit. Il existe une chance minime pour que sa personnalité de bête n'ai pas disparue malgré la transformation. C'est l'une des éventualités les plus graves après l'essai de cette potion que j'ai inventé moi-même, je tiens à le rappeler. S'il se réveille avec la personnalité du monstre, il pourrait faire des dégâts même sous forme humaine. Et je répugnerais à l'ensorceler, je dois l'avouer. Prudence étant mère de Sûreté, je préfère encore l'attacher. Maintenant, je n'ai plus qu'à attendre.

Pour la prochaine fois, je vais devoir essayer de trouver une potion pour neutraliser celle que j'ai utilisé. Je n'avais pas prévu jusque là. J'aurais peut –être dû.

Mercredi 15 Novembre 1978 : chez Remus

Ça y est, il est réveillé. Il est quand même 14 heures. Mais je suis soulagée. Bon, je me doutais que ça n'allait pas tarder quand il a recommencé à bouger dans son sommeil aux alentours de 13 heures alors qu'avant il était aussi immobile qu'un cadavre. Il lui a quand même fallu une heure supplémentaire pour ouvrir les yeux. Des yeux gris et non plus dorés. Il a cligné des paupières à plusieurs reprises avant de se rendre compte qu'il était attaché.

Je me suis approchée de lui et je l'ai un moment observé, pour voir s'il allait m'attaquer ou pas, mais non.

- Comment t'appelles –tu ? me suis –je enquise.

- Remus John Lupin, a t –il répondu sans vraiment comprendre où je voulais en venir, ça se voyait dans son regard.

- Quel jour somme-nous ?

- Mercredi 15 Novembre 1978.

- Est – ce que tu as envie de me bouffer ?

- Je ne doute pas que tu serais délicieuse, mais je préférerais des tartines avec un verre de jus de citrouille.

- Idiot.

Je l'ai détaché et je suis sortie pour le laisser le temps qu'il se prépare. Je suis allée prévenir ses parents que tout allait bien et m'occuper de ses tartines et de son jus de citrouille.

J'attends qu'il descende pour l'interroger plus en profondeur.

*Chez les parents de Gregory et Jonathan*

Quand Remus est redescendu, il a paru étonné. Je ne sais pas si c'était parce que j'étais encore là ou parce que son petit déjeuné n'attendait que son bon vouloir. Ça n'est pas mon genre de préparer les petits-déjeuné des autres, mais vu que j'aurais pu le tuer cette nuit, j'ai estimé qu'il le méritait. Faut dire qu'il doit quand même vachement me faire confiance…

- Est-ce que tu ressens quoi que se soit de différent par rapport à hier ? ai –je demandé.

- Mis à part le fait que je suis à nouveau totalement lucide et que j'ai mal partout non.

- Pas d'étourdissement, de troubles visuels ou de grosse fatigue ?

- Non, je me sens plus reposé que je ne l'ai jamais été après une transformation.

- Quand tu étais endormi, est ce que tu as fait des rêves, des cauchemars ou autre chose dans le genre ?

- Non.

- Et la bête, est ce qu'il y a quelque chose qui a changé ? Elle se tient aussi tranquille que d'habitude après la pleine lune ?

- Non, tout est pareil. Cesse de t'inquiéter.

- J'ai cru que je t'avais tué quand tu t'es écroulé, ai – je répliqué.

- J'en déduis que les potions marchent mieux que les sorts sur les loups – garous ?

- Si la potion à la puissance de cent filtres de Mort – Vivant, oui, ça fonctionne. Mais à long terme, je crains que ça finisse par te tuer. Ça n'est pas une solution satisfaisante. Je vais chercher des archives plus anciennes que celles que j'ai déjà trouvé. C'est impossible que personne n'ai pensé à soigner la lycanthropie par des potions. A la prochaine pleine lune, il va falloir que je prélève ton sang et ta salive. Si j'arrive à neutraliser l'agent responsable de la transmission du virus, ça sera déjà un progrès significatif. En attendant, il va falloir que je refasse de ma potion de sommeil, j'en donnerais à tes parents. Et aussi que je concocte un antidote histoire que tu ne restes pas une demi-journée dans les vapes une fois humain.

J'ai continué à parler un petit moment de mes projets à ce propos avant de constater qu'il me fixait avec un petit sourire, à présent qu'il avait terminé son petit déjeuné.

- Quoi ? lui ai –je finalement demandé.

- Tu m'étonnes, c'est tout. Je pensais que tu n'aurais pas envie d'un autre tête à tête avec le Monstre.

- J'en ai besoin pour poursuivre.

- Je ne m'attendais pas non plus à ce que tu veuilles poursuivre.

J'ai réfléchi un instant à cette phrase et j'ai deviné ce qu'il ne disait pas. Il pensait qu'après avoir vu une fois sa métamorphose, je m'enfuirais en courant comme n'importe quelle idiote. Que je ne voudrais plus lui parler et que je le fuirais comme la peste, totalement terrifiée.

- Je n'ai pas peur de toi Remus. Ce que j'ai vu ne change rien au fait que tu sois mon ami et que j'ai bien l'intention de trouver une solution à ton problème de fourrure.

Je crois l'avoir vu imperceptiblement se décrisper à ces mots. Franchement, il me prend pour une imbécile ou quoi ? Après l'avoir côtoyé pendant plus d'un an, je sais très bien qu'il est inoffensif en dehors des nuits de pleine lune.

- Comment était le Monstre ? m'a t –il demandé après un moment d'hésitation.

- Sirius, James et Peter ont déjà dû te dire à quoi tu ressemblais à la pleine lune.

- Tu sais bien comment ils sont. Ils font toujours semblant d'être plus braves qu'ils ne le sont. Je ne suis pas certain qu'ils aient été complètement honnêtes avec moi. Ni mes parents d'ailleurs.

- Et tu penses que je suis plus honnête qu'eux ?

- Tu es une Poufsouffle, sans doute la maison la plus honnête de Poudlard. Mais en dehors de ta Maison, oui, je crois que tu n'es pas du genre à me mentir. Pas à moins d'avoir une raison valable.

Il n'a pas tout à fait tord… Je n'aime pas mentir quand je peux l'éviter, parce que je n'aime pas qu'on me mente. Je suis du genre à arracher le pansement d'un coup : ça fait mal sur le coup, mais la pilule passe toujours mieux que si on passe par des centaines de circonvolutions. J'imagine que Remus a bien le droit de savoir ce qu'il en est exactement.

- Tu es impressionnant. Au moins deux mètres de haut. Un sacré allié si tu étais capable de te contrôler lorsque tu es transformé. Mais en l'état des choses, tu es juste totalement terrifiant. Le genre de monstre qui hante les cauchemars de tous les gamins du monde. Et tu n'avais qu'une seule envie : me bouffer.

Il s'est renfrogné à mes paroles, même si je savais qu'il s'attendait à ces mots. En réalité il sait très bien comment il est une fois transformé. Pour être totalement honnête, j'ai tout de même ajouté :

- Mais la bête m'a aussi paru désespérée.

- Comment un monstre pourrait –il être désespéré ?

- Je ne sais pas, mais c'est ce que j'ai ressenti. Tu voulais savoir, alors autant que tu saches tout.

- Merci. J'avais besoin d'entendre ça.

- Remus, ça ne change rien à ce que tu es le reste du temps.

Je suis partie peu après. J'avais vraiment envie de rentrer chez les parents de Gregory et de voir Jonathan.

Samedi 18 Novembre 1978 : labo de potion

Je suis passée au Ministère de la Magie aujourd'hui pour déclarer Jonathan Lewis comme sorcier sous ma tutelle. Il faut savoir que les parents des sorciers Nés – Moldus sont considérés comme inaptes à juger les actions de leurs enfants, à leur donner un enseignement suffisant quant à leur vraie nature et à assumer leur erreurs. En gros, si un né – moldu mineur pose problème, le Ministère statue sur son sort sans tenir compte de ses parents, même s'ils sont capables de lui donner la meilleure défense au monde.

Les moldus sont tout simplement écartés quelles que soient les circonstances. J'en ai parlé avec Elisabeth et Richard, qui, bien sûr, n'étaient pas au courant qu'ils n'avaient aucune autorité quant au sort de leur enfant du point de vue des instances politiques et judiciaires sorcières. Je leur ai proposé de me déclarer comme tutrice.

Comme ça, si jamais Jonathan à un problème on sera obligé de passer par moi. Et accessoirement s'il commet un crime qui nécessite une peine de prison, c'est sur moi que ça retombera tant qu'il sera mineur. Ses parents n'auraient pas pu faire ça, puisqu'ils sont moldus. Bref. Je suis donc passée au Ministère aujourd'hui. Ça s'est mieux passé que ma dernière visite dans leurs locaux, même si ces idiots de bureaucrates m'énervent profondément.

Mardi 21 Novembre 1978 : Chemin de Traverse

J'ai eu la bonne surprise de voir que Dumby a tenu parole et me verse un salaire pour mon travail en tant que membre actif de l'Ordre. Je pensais que je devrais chercher la moindre petite mornille et m'en tenir à des achats rudimentaires pour mes potions. Mais au final, je suis suffisamment riche pour pouvoir acheter tout ce que je veux et en avoir encore en réserve pour une prochaine fois. Oui, Dumby est généreux à ce point là.

J'ai croisé Dante que j'ai failli ne pas reconnaître. Il avait la tête rasée et un tatouage que je n'avais jamais remarqué (peut –être un nouveau) sur le crane.

- Qu'as –tu fais à tes cheveux ? me suis –je horrifiée.

- Ma nièce m'a enduit les cheveux de chewing-gum. Le plus simple, c'était de me les raser. Je n'aurais jamais pu m'en débarrasser sinon.

On a un peu discuté. Tout se passe bien pour lui, la routine quoi. Je lui ai parlé de Jonathan, des cours que je prends à Brocéliande, mais je me suis arrêtée là. Je suis certaine qu'il sait plus de chose que je ne voudrais qu'il le sache. Comment fait –il pour toujours être aussi bien informé ? Je l'ignore. Et je crois que je n'ai pas envie de le savoir.

Vendredi 24 Novembre 1978 : chez Sirius

Aujourd'hui, je me suis rendue pour la première fois à un cours pratique de CEIMOD et je suis tombée par chance sur l'entraînement des futurs aurors. Bon, je me suis installée dans les tribunes de l'arène. Il faut savoir que si Brocéliande accepte tout le monde lors des cours théoriques, ceux de pratiques sont réservés à ceux qui ont payé les frais d'entrée. Certains entraînements sont ouverts au public, mais ça s'arrête là. Normalement.

Au bout d'une demi-heure, j'avais compris que ça ne me servirait à rien de regarder les futurs aurors se faire démolir par leurs instructeurs. Je suis déjà bien plus avancée qu'eux et Maugrey est un professeur bien plus impitoyable que ceux –ci. Je suis quand même restée. Ça me faisait perdre un peu de temps, mais j'ai estimé avoir le droit à un petit moment de divertissement.

Je me suis sans doute trop détendue, parce qu'au milieu d'une contre-attaque maladroite, inconsciente et irréfléchie, je n'ai pas pu m'empêcher de ricaner. Le genre de ricanement ouvertement moqueur que je n'aurais jamais plus pensé entendre de ma bouche. C'est le genre de rire qui collerait parfaitement chez Queenie qui se croit mieux que tout le monde. Faut croire que je recommence à devenir arrogante…

J'ai à peine eu le temps de me remettre du choc que l'instructeur général, celui qui s'était contenté jusque là de se promener, de placer quelques remarques cinglantes et de prendre des notes m'a interpellée.

- Toi ! Tu trouves ça drôle ?

J'ai regardé autours de moi pour m'assurer que j'étais bien visée, même si le doigt qu'il avait pointé dans ma direction ne laissait que peu de doute sur le sujet.

- Oui, c'est bien de toi que je parle. Tu te crois meilleure qu'eux ? Alors descends de là et vient nous donner un exemple.

- Je ne suis pas inscrite à Brocéliande, je ne suis qu'une spectatrice, lui ai –je répondu.

- J'en ai absolument rien à foutre. Descends.

Le ton était tellement péremptoire que je me suis levée pour le rejoindre dans l'arène. Tout le monde s'était arrêté pour regarder. L'instructeur général était plus impressionnant de près que de loin. Dans les 1m80, des cheveux noirs coupés ras et des yeux d'un gris métallique qui semblent capables de vous transpercer. Une petite cinquantaine d'année je dirais. J'étais sur mes gardes, mais je n'avais pas peur. Comparé aux mangemorts, cet homme n'était rien. Et moi, contrairement à ses petits protégés, j'ai déjà été sur le terrain. Je ne serais pas aussi facile à mater qu'il le pensait.

Je me suis plantée devant lui et j'ai rivé mes yeux aux siens tout en dressant mes boucliers d'occlumencie. S'il croyait que j'allais baisser le regard, il s'enfonçait le doigt dans l'œil jusqu'à l'omoplate. Je l'ai laissé me toiser en lui offrant mon expression la plus neutre.

- Et maintenant ? ai - je demandé. Je suis là.

- Maintenant, tu vas te battre en duel. Contre moi.

Un murmure a parcouru la foule. Sans doute devait –il être craint. Mais vu que je n'avais aucune idée de qui j'avais en face de moi, ça ne m'a pas plus ému que ça. J'ai haussé les épaules pour lui montrer que peu m'importait contre qui j'étais censée me battre. Ça l'a un instant décontenancé avant qu'il ne se redresse et ne lance :

- Je suis l'Instructeur Général David Wood !

- Grand bien t'en fasse. Bon, on le fait ce duel ? C'est pas que je sois pressée, mais j'ai la légère impression qu'on est en train de perturber le cours.

David Wood n'a pas du tout aimé ma remarque. Il a sèchement dégainé sa baguette et tandis qu'on mettait de la distance entre nous, il la frappait sur sa cuisse comme il l'aurait fait avec une cravache. Je l'avais peut –être provoqué, mais je n'allais pas le prendre à la légère. C'est lui qui a pris l'initiative de la première attaque. J'ai repoussé son sort d'un geste négligeant de la baguette.

A vrai dire, ça faisait longtemps que je n'avais plus fait de duel dans les règles de l'art. Avec Maugrey, il fallait s'adapter au terrain, se cacher, le dénicher, tendre des embuscades et ce genre de choses. Quant aux Mangemorts, avec eux aucune règle de duel n'est valable. J'ai trouvé mon duel avec cet Instructeur extrêmement restrictif. Mais aussi extrêmement facile. Je dois admettre en toute modestie que je l'ai complètement ridiculisé face à ces élèves qui semblaient le craindre. 10 minutes après le début, j'avais sa baguette en main.

Je me suis cassée de l'arène en lui lançant qu'il ferait bien de revoir ses bases avant de faire le malin. Je suis fière de moi, ça se voit non ? Après tout, quelqu'un qui se targue d'être l'Instructeur Général est censé avoir un certain niveau et je n'ai pas rencontré de difficultés face à lui.

Je me suis ensuite rendue chez Sirius. J'avais envie de le voir et je n'avais rien de mieux à faire. Attendre les messages de Dumby pour avoir un peu d'action est ennuyeux. Comme Sirius n'arrête pas de me répéter que chez lui, c'est chez moi, j'ai directement transplané dans l'entrée de la maison.

Il n'était pas seul, mais avec une femme que je sais maintenant être sa cousine Andromeda Tonks. Il m'a déjà parlé d'elle : elle s'est mariée avec un Né – moldu et a été jetée de la famille Black, tout comme Sirius. Mais au début, quand j'ai entendu qu'il était seul avec une femme, ça ne m'a pas plu.

J'aurais pu débouler dans la pièce et faire une scène, mais je ne suis pas une Gryffondor. Alors je me suis adossée au mur du couloir et j'ai écouté la conversation en décidant d'agir suivant ce que j'entendrais. Ça n'est pas mon genre d'espionner les gens, mais je me dis que c'est pour la bonne cause.

- Je suis tellement contente que ce soit toi et non Walburga qui ait hérité de la maison, disait Andromeda quand je suis arrivée.

- Notre Oncle Alphard détestait ma mère et elle le lui rendait bien. Et il savait que je n'avais nulle part où aller. Je dois dire que je suis content d'avoir enfin un toit. Même si cette maison est un peu grande pour moi tout seul.

A ce stade de la conversation, j'avais compris que je m'étais, une fois de plus, fait des idées. Il faut vraiment que j'arrête de croire qu'il me trompe à chaque fois que je l'entends parler à une femme… ou à une moto. Pour ma défense, je dirais que je n'arrive toujours pas à réaliser que je suis en couple depuis bientôt 6 mois avec Sirius Black et que tout fonctionne à merveille. De mon point de vue toutefois. J'allais les avertir de ma présence mais la phrase suivante m'a "obligée" à m'abstenir.

- Pourquoi ne pas demander à ta copine –Crystall, c'est ça ? –de s'installer ici avec toi ?

- C'est déjà fait, mais elle préfère rester où elle est pour le moment.

- Je n'arrive pas à croire que tu ais enfin une petite amie sérieuse, a gloussé Andromeda. Surtout la sœur de ton ex – fiancée.

- Je n'avais rien prémédité, s'est défendu Sirius.

- Je m'en doute, mais tu disais encore à notre dernière rencontre que tu refusais de t'encombrer d'une dinde.

- Crystall n'a rien à voir avec ces filles !

- Oui, je sais. Elle est formidable, elle aime piétiner ton ego et te crier dessus quand elle n'est pas d'accord. Elle a mauvais caractère et tu adores ça. Tu devrais te relire quand tu m'écris, j'ai presque pitié de toi. Cette fille va te tuer et toi, pauvre imbécile, tu vas la laisser faire le sourire aux lèvres.

Je n'ai pas pu m'empêcher de m'empourprer. J'ignorais que Sirius parlait de moi à quelqu'un de sa famille que je ne connaissais pas. Ou qu'il parlait de moi avec quelqu'un tout court. C'était assez gênant. J'allais partir quand une fillette de 5 ans a déboulé dans le couloir où j'étais adossée. Elle s'est figée quand elle m'a vue, m'a prudemment contournée avant de se jeter dans la pièce où se trouvaient les deux personnes que j'espionnais.

- Nymphadora, où étais –tu passée ? s'est immédiatement exclamée Andromeda.

- Maman ! Il y a une madame dans le couloir !

Avant que je ne revienne de ma stupéfaction de m'être fait découvrir en plein espionnage par une gamine à peine sortie du berceau et que je me prépare à transplaner, Sirius s'était levé et avait passé sa tête dans le couloir. La seule chose que j'ai pu faire, c'est me frapper le front comme si c'était possible de faire sortir la stupidité de ma tête par ce simple geste. Une fois découverte, je n'avais plus de raison de m'enfuir.

- Salut Sirius, ai – je soupiré.

Je m'attendais à ce qu'il soit contrarié. Après tout, à sa place je l'aurais été. Mais il s'est contenté de m'embrasser.

- Tu aurais dû entrer, m'a-t-il simplement dit.

- Je n'avais pas l'intention de rester quand je me suis rendue compte que tu avais des invités… Mais…

- Mais comme on parlait de toi, tu n'as pas pu résister.

- C'est à peu près ça, ai –je admis en rougissant de honte.

Oui, je me sentais vraiment honteuse. Si je n'avais pas été découverte, j'aurais sans doute aussi ressenti de la culpabilité : ça ne se fait pas d'espionner les gens comme ça. Mais c'est encore pire de se faire prendre la main dans le sac...

- Tu es vraiment trop mignonne parfois.

Je lui ai envoyé un regard noir. Je déteste qu'on dise ça. Ça me donne l'impression de redevenir une gamine. Je me suis toutefois retenue de lui envoyer une remarque cinglante.

Du coup, j'ai été présentée à Andromeda anciennement Black qui porte aujourd'hui le nom de Tonks. Elle est très sympa, mais je suis incapable de me sentir à l'aise en face d'elle… Elle ressemble beaucoup trop à Bellatrix Black, logique puisqu'il s'agit de sa sœur aînée. Ça n'est pas de sa faute, mais je n'y peux rien. Je crois qu'elle a deviné mon malaise et sa raison, mais elle n'a fait aucune remarque.

Sa fille Nymphadora est étonnante. C'est une métamorphomage et elle est déjà extrêmement douée pour son âge. Elle est plutôt courageuse aussi, puisqu'une fois qu'on lui a dit que j'étais une amie, elle m'a bombardée de question sans plus s'inquiéter. Les enfants sont tellement candides… Par contre, qu'est ce qu'elle est maladroite !


A suivre...