Tout d'abord je dois m'excuser, je suis profondément désolée que cela m'ait pris des mois. Les cours, le rymthe de travail demandé par mes professeurs était énorme, et entre deux devoirs achevés la seule chose dont j'avais envie était de retrouver mon lit. Cependant j'écrivai des brides de chapitre, petit à petit et maintenant que les vacances sont arrivées je peux enfin poster la suite. Avant-dernier chapitre avant la fin de la seconde enquête .
Au programme, vous avez le droit à l'apparition d'un nouveau personnage qui j'espère vous plaira, quelques retournement de situations. N'hésiter pas à me donner votre avis . il est toujours constructif. Les Mai/Naru seront aussi comblés.
Enfin MERCI de m'avoir envoyé vos reviews, j'en ai ressenti un immense plaisir, et certaines ont été postée aujourd'hui même si lontemps après la dernière parution. J'été vraiment émue quand j'ouvrais ma boîte e-mail T.T
Avertissement : Je change de Rating, à cause de la profondeur sombre de la tournure de sombre cette affaire. Même les choses les plus belles peuvent devenir choquantes.
Réponse aux reviews et puis enfin, la chapitres si attendu.
Séléné : Ta review me fait plaisir ! Il n'y a rien de plus important pour moi que de respecter les caractères des personages. Alors vraiment, merci beaucoup :-D
Kitsune-chan : C'est si gentil . Dégotter un ordinateur au Sénégal . je suis vraiment contente que ça te plaise toujours autant. Merci à toi ô lectrice bien-aimée !
Rydiss : Merci pour ta critique c'est vraiment constructif pour moi. . je ne peux qu'être d'accord pour la ponctuation. C'est vraiment ma bête noire. Je vérifie à chaque fois, mais ils semblerait que ça viennent de mes bases de grammaire, bref, je vais tacher de trouver un site pour me renseigner. Promis ;-) Je suis contente que mon style d'écriture te plaise .
Il y a trois affaires de prévue pour cette fic, donc beaucoup de travail en perspective pour moi XD. Je vais faire de mon mieux !
Bisous.
GaBy27 : Je suis sadique ? XD Je prend ça pour un compliment, j'aime beaucoup le sadisme. Par contre je suis désolée, mais je n'ai pas d'adresse de fic sur cette série, ce qui est bien dommage . j'ai beaucoup cherché moi aussi, sans résultat.
Merci beaucoup pour ta review . j'espère que tu liras la suite malgrès mes temps de parutions bien trop longs.
Kiss.
icygirl2 : Que dire à part que ta review me fait vraiment plaisir . Je vais tenter de répondre à tes question le mieux possible :
- Non Mai n'est pas dans la peau de Sean lors de ses rêves mais bien dans celle de Dan Parker. Les yeux sont le trait commun de ces deux personnages. J'expliquerai plus tard pourquoi ;-)
- Le fameux professeur de Maths... il jouera un rôle très important dans la troisième enquête, rien n'est dû au hasard .
- Que Naru sache pour Mai et Gène. Je ne peux que te dire d'attendre la suite, désolée . c'est une partie de l'intrigue.
- Peut-être sera t-il au courant, trop tard certainement. Pour les triangles amoureux. La grande question n'est-ce pas ? XD L'un deux se règle ici dans ce chapitre, pour l'autre la tournure sera différente de celle que vous imaginer sadique
Ehé j'étais fier pour ma trouvaille de Gen. XD En tout cas merci beaucoup, vraiment, ça me fait plaisir que tu te poses tant de question. Peut-être les réponses seront-elles dans ce chapitre ?
Patpat : Merci beaucoup Patchan ! Tu lis ma fic depuis lontemps maintenant . j'espère que la suite te plaira.
nanami74 : Deux reviews pour le prix d'une ? . Postée aujourd'hui même, voici enfin le nouveau chapitre . qui j'espère sera à la hauteur de tes attentes.
Merci à Tous !
C'est calme tout d'abord, puis les bruits perdent de leur ampleur, le silence s'insinue vite dans son esprit. Ca fait du bien. Puis la lumière se rallume, une femme crie. "Tu vas rester à dormir toute la journée ou quoi ?" Alors on se lève, on se regarde dans la glace, on regrette que cet instant de silence n'ait duré qu'une seconde. Il fait encore nuit dehors, mais on éteint tout de même la lumière car le mal de tête se fait sentir. Les yeux s'habituent à l'obscurité. Tout va bien. On s'habille, saisit son sac, et on sort sans prendre le temps de manger ou de lancer "Bonjour." De tout façon il n'y aura pas de réponse. Et cet enchainement de gestes se répète tous les jours. Oui, c'est une journée comme les autres, mais dernièrement vous avez un nouveau sujet d'intêret. "Parait' qu't-on voisin se drogue", qu'on lui a dit. Est-ce vrai ? On observe, on remarque alors que votre voisin, à la différence de vous, est un être purement japonais. Mais ça c'est normal, vous vivez au Japon. Mais ce qui est étrange, c'est que ce garçon à lunettes reçoit tous les jours la visite d'un brun. Vous me direz : normal, tous les japonais sont bruns. Mais non, cette personne n'est pas japonaise, à de longs cheveux bruns et des yeux verts. Il aurait des lunettes, vous l'auriez pris pour Harry Potter. Vous aimez vous faire des films.
Tous les jours ça se répète. Votre voisin sort de chez lui, il porte l'uniforme de sa prestigieuse université, puis il attend le brun. Le brun arrive toujours en avance, vous le voyez de votre fenêtre, mais il attend une, deux, trois minutes. Puis il se détache du muret contre lequel il est adossé. Pendant ces trois minutes, tous les étudiants et travailleurs du coin sont déjà partis. Il peut s'avancer et embrasser à pleine bouche votre voisin. C'est comme ça que vous avez appris que votre voisin était gay et non pas cocaïnomane. Ca vous fait de belles jambes : après tout il fait ce qu'il veut, et puis vous seriez mal plaçé pour dire quoique ce soit : malgrès vos trois copines, vous aussi, vous préférez les hommes.
"Vous" s'appelle Marc. Il a dix-neuf ans, et désespérement idiot, et c'est moi. Je suis le genre de type qu'il faut absolument rencontrer. Je suis populaire, ingrat, et je peux vous arranger un coup avec n'importe qui. Je suis du genre persuasif vous me direz. Même mes ex disent du bien de moi, personne ne m'en veut jamais, ce n'est pas un bien : c'est un fardeau.
Je ne suis pas d'origine japonaise, vous vous en douterez. Quel japonais s'appelerait Marc ? De plus, Marc est blond et à les yeux gris. Les japonais me demandent si je suis allemand mais je suis français. Malgrès tout, votre professeur d'anglais persiste à écrire votre prénom M-A-R-K. Elle est du genre stupide cette bonne femme, mais vous vous taisez pour faire bonne figure.
D'ailleurs, Marc à tendance à parler de lui à la troisième personne. Il est du genre snob.
Et cette personne, c'est moi, Ore-sama(1). Et je persiste à croire que l'unique but de ma vie et de crever vieux et saoul, en observant par la fenêtre l'avenir incertain de votre voisin qui, lui, est prestigieux. Je suis pervers, oui. Et tout les jours j'arrive en retard pour la simple et bonne raison que j'observe l'amour interdit de mon voisin, fils d'un directeur d'agence immobilière. Ca fait quelques temps que ça dure, depuis décembre. Deux mois. Un très beau couple. Mais je doute que l'amant brun et non-japonais ne veuille que du bien à son partenaire. Mon voisin au début était réticent. Il lui à même fait une droite un jour que le brun s'était trop approché. Mais ça à dû évoluer sans que je le vois car le lendemain j'ai bien cru qu'ils allaient baiser sur la barrière.
Ne soyez pas choqué, je vous l'ai dit : je suis pervers, plus encore : je suis vicieux.
Bref, comme je le disais, il ne lui veut pas que du bien. J'ai bien vu moi, la rumeur se confirmer, les petits caillous blancs se glisser dans les poches. J'ai dit qu'il n'était pas cocaïnomane ? Non il est héroïnomane, et c'est ce non-japonais aux cheveux longs et aux yeux verts qui l'a entrainé dans le vice.
Mais aujourd'hui c'est différent. Depuis deux-trois jours, l'amant ne vient plus. Le prestigieux voisin, ça le crêve. Il regardait tous les jours dans la direction du muret, pour voir si finalement il viendrait. Aujourd'hui il n'est pas là. Il est mort hier, dans la soirée. Sa mère a crié, son père à hurlé, la sirène à tonné. Plus rien de lui. Vous pressentez que l'amant a suivit le même chemin.
Ces deux là s'aimaient à en mourir, vous le saviez. Tous les petits signes le démontraient. Aux début l'Amant était plus brutal et dur, puis il a dû tomber amoureux ce con, comme le voisin. Deux semaines plus tard, on aurait dit qu'il aurait tué tous les collégiens pour peu qu'ils partent plus vite. Pour qu'il puisse saisir la main de l'autre, le toucher, l'embrasser sans que personne ne les mettent en tort.
Ils sont morts et moi ça me fait mal, à en pleurer.
Je me réveille, c'est cette toile brune que je vois. Des larmes coulent sur mes joues, je ne sais pas pourquoi. A l'instant je riais aux cotés de Gen et me voilà qui pleure. Est-ce dû à son absence ? Non, ce n'est pas ça. Quelque chose de terrible est arrivé, et ça me fait mal. Cependant j'ignore ce que c'est.
Je me lève. Dehors il fait nuit. J'ai dormi si longtemps ? Il semblerait. J'observe l'immense propriété en ruine, croulant sous la neige, on ne distingue presque plus le batiment de gauche. Celui là même que Rie et moi devions étudier. Naru doit être de mauvaise humeur. L'imaginer impassible mais tapotant nerveusement la table de son index me fait sourire. Je dois le rejoindre. Pressant le pas, je me jette dans le froid de la tempête, sur le chemin qui mène à la caravane.
Il voit arriver Mai par la fenêtre et prononce son prénom à mi-voix par réflexe. Il le regrette car il n'en faut pas plus au moine et à Ayako pour se précipiter à sa rencontre. Il est pourtant maître pour rester impassible, mais Rie esquisse tout de même un sourire moqueur. Naru se maudit, maudit Rie, Mai, le monde entier tout en reprenant du thé. Pour lui et Mai, il fait froid dehors. Son propre geste l'horripile. Il repose la théïère sur la table. John et Masako le regarde, intrigués. Tant pis c'est fait. Mai entre, il lui tend sa tasse. C'est au tour du prêtre et de la médium d'échanger un sourire. Il les hait et se hait lui-même d'être si indiscret. Mais elle le remercie, une vague de niaiserie le submerge et il a soudain l'intention de se tuer. Il déteste la niaiserie et tout les beaux sentiments qui vont avec. Etre capable de voir la vie en rose, très peu pour lui, autant mourir sur le champ. Mais pour l'instant il a suffisament perdu la face, alors il demande à Mai si elle à de nouvelles informations. Au moins il sait encore parler correctement. "J'ai vu une petite fille. J'étais le petite fille," précisa Mai. "Son petit frère est arrivé et lui a tendu un onigiri. Leur mère n'était pas rentrée, alors il s'inquiétait car son père doit apparement faire très mal la cuisine.
- Peut-être la cause de l'incendie ?" plaisanta Bô-san. Mai esquissa un faible sourire. Se reprenant, le moine murmura pour lui-même les nouvelles informations récoltées. "C'est donc une famille de quatres personnes.
- Je ne pense pas." coupa Naru impatiemment. "Le registre de la mairie indique que c'était une famille de cinq personnes. Quel age te serais-tu donné Mai ?
- Le garçon avait environ huit ans, je n'étais pas beaucoup plus grande que lui.
- Je vois." Il ferma d'un coup sec le livret ouvert sur la table. "A l'époque, le troisième enfant n'était pas encore né. C'est bien, j'avais peur que le registre soit faussé." John fronça les sourcils, l'air perplexe : "Tu veux dire que l'on aurait modifié le registre ?
- Les villageois ont peur de la demeure, et ça ne remonte pas seulement à la mort des propriétaires. D'après l'aubergiste, ses grand-parents et parents ont toujours exprimé de la peine envers la famille, mais ce n'était pas le cas de tout le monde. Il aurait été fort probable que par colère, on eut rayé leurs noms des habitants de la région." expliqua Rie à mi-voix. "La peur peut engendrer des comportements étranges.
- Pourquoi avoir peur d'eux ?" questionna Ayako.
- C'est ce que nous devons découvrir. Les Tayoshi était une famille puissante dans la région. Avant sa mort, Tayoshi Asagoro tenait les rênes d'une grande entreprise familliale spécialisée dans le bois, la moitié des villageois de l'époque y travaillaient. Mais la guerre est arrivée, Asagoro a été mobilisé en Août 1937 et est mort deux ans plus tard en Chine, laissant derrière lui une femme et trois enfants dont la dernière avait deux ans. Il ne l'a apparement jamais connue. L'entreprise a rapidement fait faillite. La date de l'incendie remonte à 1943.
- Sa fille ne l'a jamais connu mais on retrouve le casque de son père dans sa chambre ? C'est étrange." dit Bô-san. "Le mieux pour elle aurait été qu'elle reste dans l'ignorance non ?
- Sans savoir que son père est mort ? Tu penses que c'est mieux ?" s'insurgea Ayako. Le moine répondit d'un ton raide : "Bien sur que non, mais lui donner ce casque est un non-sens total ! Le seul souvenir qu'elle aura reçu de son père c'est ce bout de ferraille rouillé et couvert de sang séché. Ca ne m'étonnerait pas qu'elle l'ait seulement imaginer comme un cadavre et non comme un être à part entière !" Un silence accablé perdura quelques instant dans l'ambiance étouffée de la caravane. Se fut Mai qui le rompit : "C'est quoi ce casque ?
- C'est vrai que tu n'étais pas là." marmonna Bo-san. "On a découvert quelques indices." fit-il en désignant la caisse en plastiques posée aux cotés de la table. La frêle exociste s'en approcha. A l'intérieur gisaient macabrement le casque dont avaient parlé ses compagnons, un dessin maladroitement dessiné par une main d'enfant et un cadre où réposée une photographie éliminée représentant un homme en kimono et aux visage souriant. C'était le portrait adulte du garçon qu'elle avait apperçu. "Shinji...
- Non, son père Asagoro. Son portrait était posé sur un autel. C'est Naru qui a trouvé le dessin destiné à la fille aînée, reste à trouver le reste du cahier, s'il n'a pas brûlé." Le silence revint avant que Naru ne décide de faire un résumé des informations trouvées.
La famille Tayoshi détenait une usine ou travaillaient la plupart de villageois. Le père Asagoro en était le directeur. D'après le registre du village, avant de partir à la guerre, il était marié à Tayoshi Chisato et avait déjà deux enfants, Miharu et Shinji déjà agés de douze et onze ans. Mais il est mobilisé en 1937, laissant sa femme enceinte avant de mourir en 1939. Le reste de sa famille est morte en 1943 suite à un incendie de toute évidence criminel, d'où la présence des esprits. Pour une raison inconnue, la benjamine possédait le casque de son père. Elle avait six ans le jour de l'incendie. C'est probablement sa soeur aïnée qui les avaient attaquées, Mai et Rie, dans le batiment le plus éliminé.
Il restait tant de zones d'ombres. Avec un soupir Naru laissa ses employés aller dormir. Demain serait une longue journée. "Merci pour le thé." Murmura Mai avant de sortir à son tour. Il songea que dernièrement la moindre petite chose le mettait de bonne humeur, il prit donc son air impassible le plus impénétrable. Jamais, il ne devrait paraître joyeux, jamais. Malgrès tout Rie lui lança un sourire ironique tout en prenant un siège à coté de lui. "Je ne voudrais pas gacher cet instant de bonheur pour le moins... inattendu de ta part..." Il aurait pû jurer avoir entendu Lin pouffer de rire. "Mais nous devons parler de Mai." Lin se tourna à son tour vers Naru et commença avec anxiété : "Elle a dormi beaucoup plus lontemps qu'à l'habituel. Je me demande si elle n'encourerait pas un certain danger.
- La première fois que cela lui est arrivé, elle a dormi autant de temps, soit une demi-journée." répondit Naru. "Gène avait parfois des phases de sommeil beaucoup plus longues en présence d'esprits particulièrement puissants.
- Mais cette fille n'est pas formée." rappela Rie. "Bien qu'elle ait un incroyable potentiel, autant pour l'exorcisme que pour la projection astrale. Et le risque est présent : tu avais une certaine connexion avec ton frère jumeau, cependant il n'y a personne pour retenir Mai en cas de chute.
- Tu es bien renseignée Rie." murmura Lin. "Certains esprits ne parviennent jamais à rejoindre leur corps. Un coma en quelques sorte." Avec lassitude, Naru s'appuya contre le dossier de sa chaise. Il se rapellait trop bien des cas similaires qu'il avait étudié et des propres faux-pas de son frère. "Nous ne pouvons cependant pas former Mai nous-même." murmura t-il. "Du coté de l'exorcisme, Bô-san pourrait...
- Laisse ce moine a part de tout ça, j'initierais Mai." coupa Rie. Lin eut un léger sourire : "Je pensais que tu ne la supportais pas.
- Elle du potentiel, et un moine de Kouya avec les cheveux longs ne peut certainement pas lui fournir un entrainement rigoureux.
- Bô-san est plus sérieux qu'il n'en a l'air... Qu'en penses-tu Naru ?
- Le problème n'est pas le professeur, mais Mai." Sa collègue eut un geste d'impatience et d'énervement mélés : "Le problème n'est pas Mai, mais toi." reformula t-elle. "Si tu l'avais voulu tu l'aurais déjà fait, mais tu ne veux pas qu'elle le fasse n'est-ce pas ?" Un ange passa et, toujours impassible, l'exorciste digéra tant bien que mal cette nouvelle vérité. "Tu ne veux pas qu'elle soit formée. Tu veux que l'exorcisme ne reste qu'un travail à mi-temps, qu'elle finisse par partir un jour ou l'autre.
- Arrêtes Rie." Elle soupira bruyament et s'enfonça dans un silence boudeur. Elle ne reprit la parole que plusieurs minutes plus tard : "Je ne pense pas qu'elle reste en sécurité très lontemps de cette façon Kazuya-kun." Il leva brusquement la tête, Lin accompagnant le mouvement. "Que veux-tu dire ?
- Rien d'important. Je lui parlerais à propos de la formation." Elle quitta les deux hommes sans rien ajouter.
La deuxième journée de travail était déjà bien avançée quand, après avoir passé les deux premiers bâtiments au peigne fin, ils s'attaquèrent à la partie centrale de la demeure. Les premières caméras installées tant bien que mal la veille, ils devaient encore fouiller dans les vestiges du mobilier. Dans la continuité de l'incendie du batiment Est, toute la partie gauche de l'habitat était réduite en cendre, les portes étaient dépossédées de leur papier de riz et l'escalier semblait tout aussi dangereux que celui dans lequel Mai s'était aventurée. Le rez de chaussé était constitué de cinq pièces et d'un couloir les reliant toutes entre elles. L'entrée tout d'abord détenait des tableaux noircis au style semblablent à de vieilles estampes japonaise, un téléphone mural pendouillait négligement, dont le micro tapotant contre le fer du clavier circulaire clinquait avec un bruit de clochette désagréable. La neige encore une fois s'était engoufrée tant bien que mal par les trous qui avaient percés la cloison. "C'était vraiment une famille cossue." déclara Ayako en observant les restes de décorations. "En bonne état, ces estampes rapporteraient une petite fortune.
- On remarque l'experte en assurance." murmura Bô-san avec un sourire avant de recevoir un regard acéré de la prêtresse. "Tu ressens quelque chose Masako ?
- Pas distinctement...
- Hum..." Il s'avança dans le couloir accompagné de Mai. "C'est vraiment grand, ça devait demander un sacré entretient. En tout cas on n'a toujours pas trouvé de cusines.
- Bâtiment Ouest pour les chambres, bâtiment central pour les pièces principales, bâtiment Est pour les domestiques. C'est tout à fait logique." siffla Rie. Avec exaspération, elle secoua son pied pour se débarasser du tas de neige qui recouvrait ses précieuses chaussures. "L'incendie a dû survenir des cuisines.
- Mais ce ne serait plus un incendie criminel.
- Le criminel était peut-être tout simplement intelligent." coupa t-elle. "Si je devais vous tuer dans un incendie, je choisirais le lieu le plus commun pour ce genre d'incident. Bien que la fuite de gaz est de nos jours une solution beaucoup plus adéquate." Le moine palit légèrement sous la menace à peine voilée avant de feindre un rire forcé. "Bref, mettons-nous au boulot." Le groupe commença alors un travail pénible et ennuyeux. Tout d'abord il fallait retirer la neige qui recouvraient le sol par certains endroit, puis retracer à l'aide de fil les cloisons disparues, tout en prenant soin de ne pas abîmer davantages les restes de meubles ce qui fut relativement facile : la partie gauche était brulée et ne contenait en conséquence plus aucun vestige de la vie de ses défunts habitants, cependant la droite leur demanda bien plus de travail.
Les pièces de la demeure étaient vastes, ce qui avait sans doute ralenti le feu dans sa mission, avait indiqué Naru qui jusqu'alors avait disparu elle-ne-savait-où. "Pour ne pas déblayer la neige." avait mumuré Bô-san. Leur tyranique employeur avait alors commenté un fait étrange : "Comment les quatres défunts avaient-ils pu se retrouver tout quatre brûlés dans une habitation si vaste ? S'ils avaient été dans l'aile centrale, ils auraient pu facilement s'échapper : ils se seraient d'ailleurs mis à l'abri avant que le feu n'atteigne cette partie. C'est pour cette raison que tout porte à croire qu'ils seraient morts dans l'aile Est, probablement à l'étage, le feu déclaré aux rez-de-chaussé dimunuant à néant leur chance de survie.
- Mais n'était-ce pas un bâtiment réservés aux domestiques ?" demanda Rie, sceptique. "C'est la partie de l'habitation qui était sans doute la moins fréquentée...
- La mort de Tayoshi Asagoro a considérablement freiné les revenus de la famille. Leur entreprise a frôlé la faillite, et la plupart de leurs serviteurs ont été licenciés. J'ai trouvé ceci à dans les registres de l'usine." Il montra un carnet, vieux manifestement de plusieurs dizaines d'années. "En réfléchissant simplement, on peut parfois avoir des résultats bien meilleurs quand déblayant la neige." Mai, John et Bô-san regardèrent soudainement leur pieds. "Ceci est le registre des employés des Tayoshi. L'une d'entre eux était la gouvernante des enfants Tayoshi, Kouhou Akane.
- C'est !
- La grand-mère de Kouhou Sôma, la propre mère de notre client. Elle et Tayoshi Miharu n'avaient que deux ans de différence. Sa mère étant gouvernante...
- Elles ont facilement pu se rencontrer !" s'exclama John. "En effet." approuva Naru. "Ceci dit, j'aimerai lui parler le plus rapidement possible avec notre employeur.
- Je viens avec toi." déclara Bô-san. "Je voudrai entendre ce qu'elle a à dire.
- Bien. Rie tu es celle qui l'a connait le mieux. Je voudrais que tu viennes également." Elle hésita avant de répondre ce qui surprit Mai, mais capitula finalement : "Je viens.
- Alors allons-y. Vous..." Il dirigea son regard vers les quatres personnes restantes qui se tendirent quelques peu : "Continuez de travailler." Evidemment. Mai soupira tout en s'engouffrant dans la pièce adjacente. John lui tapota l'épaule en souriant : "Courage Taniyama-san. Au moins nous n'avons plus de neige à déblayer.
- Merci John.
- Cependant Shibuya-san est vraiment impressionant. Après tout cette usine était censée être fermée depuis des années.
- Vraiment ?" s'étonna la jeune femme. "Oui, je ne sais pas où il a obtenu les clés.
- Où bien il a utilisé ses pouvoirs." proposa Mai en se rapellant comment il avait fait sauter le verrou du laboratoire scientifique. Tout en continuant de parler, elle ouvrit une commode à la peinture éraillée : "Il aurait au moins pu nous prévenir avant d'y aller seul.
- Je ne vois pas quelle utilité il aurait de toi dans ce genre de mission. Taniyama-san, tu n'es pas connue pour ta souplesse.
- Masako !" La dispute continua quelques minutes, accentuée par les commentaires acides d'Ayako, il continuèrent cependant à chercher. Plusieurs heures plus tard, les seuls objets probants qu'il avaient eu à découvrir étaient un cahier à dessin, sans doute celui auquel appartenait le gribouillage enfantin de la veille, et un paquet de lettres, solidement rattachées par une cordelette de cuir. Ils notèrent que la plus grande partie du mobilier, celle qui devait encore être en bon état, avait disparue. Il semblait invraisemblable en effet que trois pièces réunies que contiennent seulement une demi-douzaine de meubles. "C'est amusant de noter," fit Ayako d'un ton outré, "que des personnes qui disent être effrayées par le lieu surmontent leur peur pour le piller." Elle saisit les lettres disposées dans le carton des indices : "Vous pensez qu'elles viennent du père ?
- Qui sait ?" Masako soupira. "Je ne pense pas que nous retrouverons quelque chose de probant ici. Allons-y." Ils se dirigèrent vers la sortie tandis que Mai restait immobile, contemplant l'immense jardin qui s'étendait du coté nord à travers les papier de riz éliminé des portes de l'édifice. "Taniyama-san ?
- Je voudrais visiter le jardin." La voix légèrement tremblotante de la jeune fille étonna les trois autres. L'homme d'église fit un pas vers elle. "Tu as froid, rentrons." Elle n'écouta pas et s'avança, ouvrant soigneusement la porte, elle se retrouva bientôt sur le couloir extérieur. D'un regard entendu, ses collègues s'élançèrent ensemble, mais l'adolescente courrait déjà à travers l'immense jardin.
Ce fut Kazuya-kun qui entra le premier dans le confortable salon de Kouhou-san. Rie se sentait déjà de trop : elle n'était pas faîte pour la parlotte. Avec rancoeur, elle jeta un coup d'oeil furieux à son collègue et ami. Elle aurait mis sa main à couper qu'il ne l'avait pas emmené ici par caprice. Son but était à coup sur de l'empêcher d'être seule à seule avec l'employée. Lâche. Aussi loin qu'elle s'en souvienne, Kazuya-kun avait toujours été froid dans ses relations, et cela même avant le drame. Elle avait mis ça sur le fait que les multiples sourires enjoleurs de son coureur de frère l'avait profondément écoeuré du contact humain.Rie n'avait jamais apprécié Eugène de son vivant. Il était certe attachant mais adorait par-dessus tout berner, jouer avec ses collègues comme avec de vulgaires poupées. Seul son frère avait échappé à ce traitement. En effet, la seule chose qu'on ne pouvait enlever à Eugène, était l'adoration qu'il éprouvait pour son frère. C'en était presque effrayant. A coté de lui Oliver, qui était d'un naturel effacé, se révélait particulièrement humain malgrè son regard méprisant et sa mauvaise humeur inébranlable. Rie avait appris à l'apprécier, tout comme ses collègues actuels. Elle détestait seulement sa capacité à fuir ce qui l'effrayait.
Soupirant elle prit place à ses cotés, Fubuki-san leur faisait présent face et l'ancien Noll entra dans le vif du sujet. "Parlez-nous de votre mère s'il-vous-plait Kouhou-san." Leur interlocutrice ne fut pas surprise, elle esquissa seulement un sourire : "Elle était une simple employée puis s'est occupée de cette auberge. Je ne vois pas vraiment le rapport avec cette affaire Shibuya-san." Kazuya-kun lui lança un regard indifférent avant de reprendre : "Sa propre-mère, votre grand-mère, était gouvernante chez les Tayoshi et s'occupait de leurs enfants. Votre mère n'avait qu'un an de différence avec le cadet. Il est difficile de croire qu'ils ne soient pas devenus camarade de jeu.
- Eh bien..." Fubuki-san eut un rire délicat qui contrastait avec son apparence de femme forte. "Ma mère ne passait pas son temps à me raonter son enfance nous nous sommes brouillées alors que j'étais encore jeune.
- Et suite à cette brouille vous avez repris son commerce ?" Fubuki-san arrêta instantanément de sourire. "Cela me semble improbable que vous ne soyez pas proche de votre mère, pour deux raisons." Il y eut un instant de silence pendant lesquels il se fixèrent du regard. Fatigué d'être assise, Rie se leva et s'approcha de la fenêtre. La voix de leur hôte sembla soudain plus froide et plus naturelle à la fois : "Alors ? Je vous écoute.
- La première est bien évidément cette auberge elle-même, la seconde... " Il planta ses yeux dans les siens. "Votre nom de famille. Vôtre mère, bien qu'ayant eu un enfant ne s'est jamais mariée. C'est une fillle-mère si l'on reprend le jargon de l'époque. Bafouée et humiliée, elle a perdu son emploi et est revenue au village qu'elle à fui un an après l'incendie qui a ravagé les Tayoshi. Vous aviez quatre ans." Il marqua une courte pause qui parut interminable. "Je pense que vous aimez celle qui vous a élevé Kouhou-san. Elle a préféré perdre son emploi et vous élever seule malgrè la honte, et de ses propres mains a remi cette auberge dans le droit chemin. Vous même l'avait repris, et d'après les habitants du village, vous passez la voir en maison de retraite toutes les semaines. Ce n'est pas vraiment le comportement d'une enfant qui haït sa mère, mais plutôt celui d'une fille aimante, vous ne pensez pas ?" Un ange passa, puis un rire franc dépassa des lèvres de la femme d'âge mûr, avec délicatesse elle se redressa et affronta Noll d'une voix assurée : "Bravo mon garçon. Tu es plutôt doué !" Son rire se calma, elle ferma les yeux : "Ma mère était en effet une camarade des enfants Tayoshi. Cependant je crains ne pas pouvoir vous en apprendre beaucoup. Même aujourd'hui ma mère se renferme dès que le sujet est abordé. C'est un sujet tabou en quelque sorte... Je sais juste que leur mort la assez marquée pour qu'elle fuisse du village. Ma grand-mère, au contraire, est restée ici jusqu'à la fin : en tant que gouvernante je suppose qu'elle considérait les enfants Tayoshi comme les siens et qu'il le lui rendait bien : Tayoshi Chisato, leur mère, n'était réputée ni pour sa chaleur, ni pour son amour. Elle était par contre une très belle femme d'après les dires. C'est tout ce que je sais." Le silence revint encore une fois, et se fut Rie qui le coupa : "Pourrions-nous rencontrer votre mère ?"
Gen-chan l'appelait. Elle l'entendait, mais elle ne pouvait le rejoindre qu'une fois seule. De la même manière ce jardin l'attirait profondément sans qu'elle ne sache pourquoi.
Mai avait semé ses amis depuis bien longtemps à présent, elle était seule, au milieu du jardin. Une voix l'a fit sursauté, et à nouveau, un autre lieu s'installa dans un autre temps. "Ka-san est encore et toujours dans ce fichu jardin. Tant mieux, au moins elle ne nous hurle pas dessus." La voix provient de sa gauche, avec d'un mouvement lent et souple, il s'installe lui aussi sur le futon grossièrement aménagé. La pièce est poussiéreuse mais un vase regorge de fleur tandis qu'un plateau rempli d'onigiri repose sur le coté. Cette voix d'adolescent continue, joyeuse : "J'ai eu raison de remettre en état cette pièce non ? J'ai travaillé si dur pour qu'elle soit digne de toi Nee-chan. Jamais cette stupide mère ne viendra ici, elle pense que c'est indigne d'elle. Mais maintenant qu'il n'y a plus personne, nous nous retrouverons ensemble ici, Nee-chan." Elle ne répond pas, sa gorge se noue de peur et de honte. A coté d'elle il s'arrête un instant, semble l'attendre. Elle devine son expression chagrinée, la main qu'il tend, mais elle est incapable de prononcer un seul mot. Finalement il se contente de s'allonger près d'elle, elle sent son souffle dans son dos. "Je sais que tu n'aimes pas, mais ne me laisse pas...
...Miharu...
Je commence à travailler dur pour l'intrigue de la prochaine affaire. Si un élément de la fic ne vous semble pas clair, n'hésitez pas, c'est le moment où jamais !
Merci pour votre soutient !
A bientôt ! et Joyeux Noël !
Note : Ore-sama est une manière particulièrement prétentieuse de dire "je" ou "moi" en japonais.
