Bonjour à tous ! Je vois que vous appréciez plutôt bien la fic et certains m'ont confirmés que je n'allais pas trop vite dans les événements, j'avoue que c'est ma plus grande peur. J'essaie toujours de faire en sorte dans toutes mes fics que cela reste cohérent, qu'il y ait une explication à toutes choses et qu'on n'ait pas trop l'impression que tout va trop vite. Sur cette fic, c'est encore plus accentué, car il n'y a pas un couple, mais un trio et déjà qu'il est parfois difficile de devenir deux, alors trois...
En tout cas, merci pour vos reviews ! J'espère que ce chapitre vous plaira !
Ma Bêta n'a pas eut le temps de corriger ce chapitre, donc quand ce message ne sera plus la, c'est qu'il l'aura été !
Chapitre 9 : Réconfort
Le dos droit, la tête relevée et la baguette ancrée dans ma main. Un raid comme les aimait le Seigneur des Ténèbres, sanglant, meurtrier, les hurlements de souffrance n'étaient qu'un bonus non négligeable pour s'accorder les faveurs du Maître.
Travaillant à Poudlard et étant auprès du Seigneur des Ténèbres un espion devant tenir sa couverture auprès de Dumbledore, j'avais la chance d'échapper à tout cela. Sauf exception, et ce soir-là, s'en était malheureusement une. Je n'avais pas mis bien longtemps avant de découvrir pourquoi, Ronald Weasley était sur le champ de bataille et lançait des sorts que je n'aurais jamais cru entendre de la bouche d'un Weasley, même en temps de guerre.
Il se battait avec l'énergie du désespoir, celui d'un jeune homme ne voulant plus être torturé, un sorcier n'ayant plus rien à perdre. Il tuait, hommes, femmes et enfants, sans réellement voir ce qu'il faisait, utilisant parfois des sortilèges qu'il avait appris en les recevant lui-même des Mangemorts l'entourant. Il n'avait pas essayé de fuir, de toute façon, il savait qu'il n'y arriverait pas et la mort ne serait même pas sa délivrance. Le Seigneur des Ténèbres avait fait promettre à ses Mangemorts de ne pas le tuer sous peine de mourir dans d'atroces souffrances, Merlin sait que le Seigneur des Ténèbres n'émettait pas ce genre de promesse sans les mettre à exécution. Ronald Weasley n'aurait même pas la chance de mourir en ayant montré son meilleur côté, non, il mourrait en tant que combattant auprès du Seigneur des Ténèbres, et c'était sûrement la pire des déchéances. Malheureusement, il fallait bien plus de courage qu'il n'en avait, même pour un Gryffondor, pour aller contre la volonté du Seigneur des Ténèbres, et Weasley l'avait bien compris.
Je me battais également de mon côté, je ne pouvais faire semblant, beaucoup trop de Mangemorts m'entouraient, mais vu que je ne faisais que lancer des informulés la plupart du temps, personne ne savait vraiment quels sorts je lançais. Je me dégoutais pour ce que je faisais, mais je n'avais pas le choix, c'était pour sauver des vies, encore plus que je n'en tuais. Je sentis un regard transpercer ma peau, un regard glacial et inhumain, je n'avais pas besoin de me tourner pour savoir d'où il venait. Il ne m'avait fallu qu'une demi-seconde pour me tourner vers un petit garçon d'à peine dix ans et le sortilège de mort fut lancé par automatisme. Tout le monde allait mourir, je ne pouvais que tuer le plus rapidement possible et sans souffrance les plus innocents d'entre eux, ceux qui souffriraient le plus s'ils survivaient à la prochaine heure et étaient ramenés dans les geôles du manoir Malfoy. Le regard du Seigneur des Ténèbres se porta sur un autre que moi, et j'en fus soulagé quelques secondes avant de devoir tuer une petite fille de cinq ans vers laquelle Greyback s'était tourné. Le loup-garou aimait un peu trop les petites filles, surtout très jeune, j'avais eu la chance de n'avoir jamais assisté à ce qu'il leur faisait subir mais j'en avais entendu parler. Et j'en savais bien assez pour comprendre que la mort était bien plus préférable à une seule seconde passée avec Fenrir Greyback. C'était lui que j'aurais aimé tuer, lui et tous les autres.
HPHGSS HPHGSS
Je n'avais vu le château de Poudlard apparaître qu'une petite seconde à peine avant de me plier en deux pour vomir. Le transplanage n'y était pour rien, c'était mon rituel quand je rentrais de l'un de ces raides ignobles, le dégout de moi-même était toujours à son paroxysme, mais cette fois-ci, il y avait un élément en plus. En plus de mon habituel sentiment de culpabilité atroce qui me tordait les entrailles, un autre sentiment encore plus puissant vint me couper le souffle, un profond dégout envers l'être que j'étais à ce moment, un Mangemort. Comment pourrai-je faire partie du trio des Erotes de Jade ? Pourquoi la magie m'aurait choisie, moi, pour en faire partie ? Je ne pensais nullement mériter Hermione Granger et Harry Potter, ils étaient tellement bons, et moi, que venais-je tout juste d'accomplir ?
Il me fallut quelques longues minutes pour reprendre mon souffle, et ce fut dans un automatisme bien ancré que je retournai à mes appartements, essayant d'oublier sans y arriver, les horreurs que j'avais commises cette nuit. Il était vraiment très tard, le soleil allait bientôt se lever, heureusement que nous étions samedi et qu'aucun évènement n'allait devoir m'obliger à me lever dans les prochaines heures.
La porte de mes appartements refermés, un elfe de maison apparut devant moi. Il m'observa longuement de haut en bas avant de déposer une grosse part de gâteau au chocolat ainsi qu'une tasse de chocolat chaud et bien épais, deux des choses que je préfère le plus. Puis, l'elfe disparut sans même m'avoir dit un seul mot, ce qui prouva que tout cela n'était pas dû au hasard, les elfes de maison n'agissait jamais ainsi. Hermione et Potter devaient y être pour quelque chose, il n'y avait qu'Hermione qui était au courant de mon petit faible pour les plaisirs chocolatés.
Je savais que les deux Gryffondors ne viendraient pas ce soir, je n'en avais pas besoin, je n'étais pas blessé physiquement, juste psychologiquement. Nous devions éviter toutes suspicions des élèves, et même venir eux-mêmes me remonter le moral n'était pas une chose envisageable. Le chocolat était là pour remplacer cette présence, ou plutôt en était un substitut. Je pris le temps de m'assoir pour faire le vide dans mon esprit, chose vaine après ce que je venais d'accomplir, mais dès la première bouchée de chocolat, je me sentis mieux.
Quelques jours plus tôt, j'avais découvert quelque chose d'improbable à mes yeux, Harry Potter était un très bon cuisinier. Il avait pris le temps de faire un fondant au chocolat pour l'un de nos rendez-vous quotidiens, une merveille, je devais bien l'avouer. Hermione avec qui j'avais voulu parler une nouvelle fois, m'avait alors raconté une partie de l'enfance du célèbre Harry Potter, bien loin de tout ce que j'avais voulu imaginer. Si cela n'était pas venu de la jeune femme, je ne l'aurais pas cru, mais pour une raison qui m'échappait à moi-même, j'avais confiance en Hermione Granger.
Je n'avais pas besoin d'y réfléchir à deux fois, le fondant que je mangeais était celui d'Harry Potter, jamais un elfe de maison n'avait réussi à obtenir un fondant aussi coulant et savoureux ! Cette pensée me réconforta, Harry Potter avait pris le temps de préparer quelque chose pour moi, il s'était dit que cela me ferait certainement plaisir. Et c'était le cas. Le chocolat chaud était par contre l'œuvre des elfes, j'avais découvert cette recette lors de l'un de mes voyages en France et je l'avais rapporté avec moi pour profiter de ses biens faits, les elfes de maison de Poudlard ne faisaient ce chocolat que pour moi.
Le réconfort délicieux du chocolat mais aussi du sentiment étrange et doux d'être aimé et attendu par deux personnes s'inquiétant de mon sort me fit m'endormir sur mon fauteuil dans un sommeil bien moins agité qu'il ne l'aurait été quelques semaines auparavant.
HPHGSS HPHGSS
POV Harry
La fin d'année scolaire approchait à grands pas, à mon plus grand malheur. Tant de choses avaient changé en une petite année, tellement que j'avais l'impression qu'une dizaine d'années me séparait des évènements du ministère.
Je devais bien avouer que mon planning était tellement surchargé que je n'avais pas vraiment le temps de voir passer les jours. Depuis trois semaines, pendant qu'Hermione et Severus parlaient dans la Salle-sur-Demande, Dumbledore et moi voyagions dans ses souvenirs à la découverte d'une partie de la vie de Tom Jedusor. Le dernier de la liste, celui d'un certain Horace Slughorn, Professeur de Potion et tête de la maison Serpentard pendant les études de Tom Jedusor. Un souvenir que j'avais déjà vu cinq jours plus tôt, un souvenir qui avait été faussé, celui-ci était le bon. Et je ne savais pas si cela devait réellement me réjouir, Tom Jedusor avait brisé son âme et en avait enfermé des parties dans des objets.
À ce moment-là, ce fut la révélation, comme si tout se mettait enfin en place dans mon esprit, peut-être parce que j'avais déjà l'intime conviction que j'allais mourir, ou bien parce que je savais que quelque chose clochait depuis bien longtemps, mais cela m'apparut comme une évidence. J'étais un Horcruxe.
- Je veux que vous les protégiez. Ai-je alors demandé calmement à Dumbledore.
Mon mentor me regarda comme jamais auparavant, c'était comme s'il me regardait pour la première fois, et peut-être était-ce vrai. Ce n'était pas une question, une supplique ou une demande, c'était un ordre.
- Je les protège déjà.
Un rire désabusé me prit, bref et froid aussi coupant qu'un sortilège de découpe finement exécuté. J'étais en colère contre lui et contre Voldemort, mais aussi triste et résigné. J'allais devoir mourir, alors je voulais faire en sorte que ceux que j'aime survivent à cette guerre. À cet instant, il n'était plus mon mentor, mais celui qui m'avait manipulé de nombreuses fois, celui qui savait et jouait avec nous comme avec des pions. Je savais que j'étais cruel, il voulait juste que l'on gagne la guerre, mais l'un de ses pions les plus prisés et le plus en danger était Severus, et je ne pouvais tolérer cela.
- Ne me mentez pas, Professeur. Je sais pour le Serment.
- Cela ne te regarde pas, Harry.
- Non, bien sûr. Snape effectuant la mission de Malfoy pour s'attirer ses bonnes grâces ! Quelle que soit cette mission, cela n'aidera sûrement pas Severus à redevenir un homme bien auprès de la communauté sorcière après la guerre.
- Il n'y a pas que cela. Répondit Dumbledore après un bref soupir las. Draco Malfoy est encore jeune, il ne mérite pas que…
- Ne mérite pas ? M'écriai-je alors, aussi surpris que Dumbledore face à ma réaction virulente.
HPHGSS HPHGSS
POV Severus
L'alarme que j'avais posée sur ma porte s'était activée. Quelqu'un avait frappé. J'avais laissé Hermione dans la Salle-sur-Demande et avais couru jusqu'à mon bureau. Ce n'était pas souvent qu'on frappait à ma porte, mais cela était arrivé bien trop de fois à mon gout, au moment où j'étais en train de parler tranquillement avec Hermione.
Et il ne m'avait fallu que quelques minutes pour être d'une humeur encore plus exécrable, mon Préfet était venu m'informer qu'une nouvelle bagarre avait eu lieu dans la salle commune des Serpentards. Trois blessés que j'avais dû envoyer à l'infirmerie, et je me devais d'aller en toucher deux mots à Dumbledore. Sauf que tout ne se passa pas comme prévu. Harry était encore dans le bureau de Dumbledore, mais il semblait être dans une rage froide. Rage que je ne compris pas immédiatement.
- Parce que ce crétin mérite quelque chose ?
- Calme-toi, Harry.
Dumbledore qui essayait de calmer son golden boy, une première pour moi. Je m'étais posté derrière la porte et écoutais attentivement la discussion ou plutôt la dispute entre les deux hommes, une dispute entre deux êtres que je n'aurais jamais imaginé de toute ma vie.
- Non ! Aux dernières nouvelles, Malfoy n'a jamais rien fait de bien jusqu'ici ! Alors pourquoi ?
- Oui, mais son âme était encore pure…
Un silence glacial planait, je me demandais même si quelqu'un n'avait pas finalement apposé un sort de silence sur la porte, mais Dumbledore avait confiance en sa gargouille qui pour une fois avait eu l'air de penser que la conversation me concernait également.
- Encore pure ? Répéta Harry avec incrédulité. Et celle de Severus ? Vous en faites quoi ?
Mon cœur s'emballa alors que je me rapprochais autant que possible de la porte, comme s'il était possible pour moi de voir à travers le mur. Harry Potter me défendait, moi !
- Oh non, bien sûr. Il a déjà tué, peu importe pour son âme, n'est-ce pas ?
Jamais je n'aurais pensé entendre Potter parler d'une voix aussi froide, et pourtant, la rage dans ses mots était bien là, et ce, pas contre moi mais pour moi. Il poursuivit, devant le silence de Dumbledore, j'aurais aimé voir son visage, surpris ou fermé ?
- Jeter Severus dans la fausse aux serpents en se contrefichant bien de ce qui peut lui arriver tant que la guerre est gagnée.
- Tu ne sais pas tout, Harry.
- Effectivement. Mais vous non plus, Professeur.
La porte s'ouvrit violemment, Harry en sortit quelques secondes plus tard, une bourrasque de vent l'entourant, un grand acte de magie incontrôlé. Et il était dans une telle colère pour me défendre, je n'en revenais toujours pas. Il ne me vit pas, il prit directement l'escalier et descendit sans un regard en arrière, ne m'ayant même pas aperçu dans l'ombre de la porte.
- Il vous aime sincèrement.
Si je n'avais pas autant de contrôle, j'aurais sursauté. Dumbledore savait pour les Erotes de Jade, Hermione et Harry en étaient persuadés et à cet instant, je ne pouvais que le confirmer.
- Il y est allé un peu fort avec vous. Répondis-je, tout de même heureux de l'éclat d'Harry.
- Non, il a raison, Severus. J'ai pris de mauvaises décisions, pensant connaître les évènements à venir, mais je me suis trompé de nombreuses fois. J'espère qu'il sera un jour capable de pardonner à un vieil homme ses nombreuses erreurs envers lui et envers les personnes qu'il aime.
Je me demandais si Dumbledore disait vrai, Harry m'aimait-il réellement ? Je ne lui avais pourtant que peu parlé, mais il n'a jamais semblé m'en vouloir pour ça, me poussant même à me rapprocher d'Hermione. Et quand Hermione m'avait embrassé la veille au soir, il n'avait pas semblé choqué ou jaloux, il avait juste accepté ce fait avec une petite pointe de regret que je ne m'expliquais pas.
- Pourquoi venez-vous, Severus ?
- Le même problème que d'habitude…
- Ah ! Des blessés ?
HPHGSS HPHGSS
POV Hermione
Alors que je m'attendais à voir Severus revenir, ce fut Harry qui apparut devant moi. Et alors que jusqu'ici j'avais toujours eu à qualifier Harry de doux et de profondément gentil, je n'aurais pas pu dire la même chose du Harry que j'avais sous les yeux. Il était dans un état bien au-delà de la rage. Sa baguette était ancrée dans sa main mais rien que ses yeux auraient pu lancer des éclairs, prêts à tomber sur n'importe qui pour abattre sa colère. Mais ce n'était pas le genre d'Harry, qu'importe ce que tout le monde pouvait bien penser de lui, il n'était pas qu'un Gryffondor fonçant tête baissée, il avait fait des erreurs mais l'avait assez chèrement payé pour ne pas réitérer ses coups de sang.
- Que t'arrive-t-il ? Ça s'est mal passé avec Dumbledore ?
- Il l'a admis ! Répondit Harry d'une voix glaciale. L'âme de Severus ! Contre celle de Malfoy ? Et puis quoi encore ?
Harry n'explosait toujours pas, il restait d'un calme bien trop inquiétant, il fallait qu'il explose, mais il répondait d'un ton froid, presque sans expression. J'aurais presque pu y croire si la haine ne débordait pas par vague de magie sortant par tous les pores de sa peau.
- Cet enfoiré ! Contre Severus ? N'importe quoi !
- Calme-toi, tu parles de quoi ? Que t'a dit Dumbledore ?
Harry se passa une main dans les cheveux, essayant de rattraper son calme, nous savions tous les deux qu'il était en train de le perdre, la quantité astronomique de magie sortant comme des vagues destructrices en attestaient. Je ne comprenais absolument pas ce qu'avait bien pu dire Albus Dumbledore pour mettre Harry dans une telle colère, mais il n'avait jamais été ainsi. Il s'agitait de plus en plus, ne remarquant et n'entendant même pas Severus entrer dans la pièce, regardant faussement impassible ce qu'il avait sous les yeux.
- Son âme ! Celle de Malfoy ! Il voulait pas la salir ! Sacrifier celle de Severus ! Notre Severus ! Son âme !
Harry commençait à parler de plus en plus fort, bientôt, il allait hurler, sa magie se faisait de plus en plus coléreuse, Severus contourna Harry le plus silencieusement possible pour se rapprocher de moi alors que je me reculais de plus en plus.
- Malfoy ! Malfoy ! Cria-t-il finalement. Peut bien crever ! Détruire son âme ! Comme Voldemort ! Horcruxe ! Imbécile ! Brisé !
J'aurais bien fait un pas vers Harry si son aura de magie n'avait pas été aussi oppressante. Severus ne semblait pas aussi affecté, cependant, ses pas se firent plus lents, il me jeta un regard inquiet avant d'ouvrir la bouche.
- Harry, calme-toi. Demanda-t-il d'une voix plus douce que jamais.
Mon petit-ami sembla reprendre un peu ses esprits, son regard se tourna vers notre troisième Erote. La magie se fit légèrement moins oppressante, je le sentis parce que j'avais un peu moins de mal à respirer, mais c'était tout. Severus avait sa baguette à la main sans se montrer pour autant comme un ennemi.
- Et si tu allais dans la salle de duel pour te défouler ? Sortir toute cette magie ?
Il fallut deux longues secondes avant qu'Harry se mette à bouger pour aller vers la porte du fond, la salle de duel que nous invoquions automatiquement quand nous venions ici. Harry y entra, et dès que la porte fut fermée derrière lui, la magie qui nous oppressait partit avec lui.
- Eh bien, si ça, ce n'est pas une démonstration de magie…
- Impressionnant. Soufflai-je ébahi. Mais c'est quoi cette histoire d'âme avec Malfoy ?
- Ne devrions-nous pas le surveiller ?
- Vous fuyez. Répondis-je calmement. Il faudrait que le mur soit transpa…
Je ne pus terminer ma phrase devant le spectacle qui s'offre à nous. Le mur était devenu transparent dès l'instant où j'en avais émis le souhait, mais ce n'était pas cela le plus époustouflant. Harry était en position de combat, à plus d'une vingtaine de mètres d'un mannequin, les murs arboraient déjà plusieurs traces de sortilèges écrasés. La baguette tout près de son visage, sa seconde main tendue vers son ennemi, prêt à se mouvoir pour lancer un sortilège complexe. Il bougea, encore et toujours, avec une grâce qui lui était propre dans ce genre de situation. Lançant sort sur sort, Severus parla sans détacher des yeux le spectacle impressionnant qui nous faisait face.
- J'ai fait un serment inviolable pour aider Draco Malfoy dans une mission que lui avait donnée le Seigneur des Ténèbres. Je ne sais comment, Harry et Dumbledore sont venus à en parler, Dumbledore lui a dit que c'était pour sauver l'âme de Draco Malfoy.
- Je comprends mieux. Et cette histoire d'horcruxe ? Qu'est-ce ?
- Je dois bien avouer que je n'en ai aucune idée…
HPHGSS HPHGSS
Harry sortit une bonne heure plus tard, Severus et moi avions approché les fauteuils du mur et nous avions regardé Harry faire une incroyable démonstration de magie. Harry avait combattu jusqu'à l'épuisement, nous pouvions voir la magie l'entourant s'amenuiser petit à petit, jusqu'à ce qu'il arrête tout et que ses genoux cèdent pour le faire tomber au sol.
- Il en a fallu du temps ! Marmonna Severus avant de se lever pour le rejoindre.
Un sourire apparut sur mes lèvres, je voyais enfin Severus se rapprocher d'Harry et c'était beau à voir. Il était impressionné par la puissance d'Harry, et bien qu'il ne me l'ait pas dit, je savais qu'il était touché pour ce qu'Harry avait dit à Dumbledore. Il entra dans la pièce et aida Harry à se relever et à venir s'assoir sur le fauteuil qu'il venait de quitter. Il posa un genou à terre et une main sur le genou d'Harry, le regardant avec inquiétude.
- C'est bon, enfin calmé ?
Severus avait dit ces mots sans aucun reproche, il était réellement soucieux de l'état d'Harry et c'était bien la première fois qu'il semblait aussi proche de lui. Harry avait relevé les yeux, surpris et heureux, cela plus que toute autre chose avait fini de le calmer.
- Oui. Merci.
HPHGSS HPHGSS
POV Harry
Severus me donna une tasse de chocolat chaud, puis se releva pour s'installer dans un troisième fauteuil qui venait tout juste d'apparaître. Un regard rapide en direction d'Hermione me permit de comprendre qu'elle était tout aussi surprise que moi quant à la réaction de Severus. Il semblait inquiet pour moi, et c'était bien une grande première. Je ne pus empêcher l'espoir de gonfler dans ma poitrine, peut-être avais-je une chance de gouter au bonheur de former un trio, avant de mourir.
Mes yeux s'étaient fermés pendant quelques secondes, j'avais eu besoin de ce temps pour pouvoir me recentrer sur moi-même, faire le tri de mes émotions et de mes pensées. J'en avais dis beaucoup dans ma colère, trop. Mais il était bien trop tard et je savais que j'allais devoir donner des explications aux deux personnes assises à mes côtés.
- Qu'est-ce qu'un Horcruxe, Harry ?
La question me tira un triste sourire, la soirée avait vraiment tourné autour d'une histoire d'âme, que ce soit celle de Voldemort, de Malfoy ou de Severus.
- Des objets contenant une partie de l'âme d'un sorcier, ce qui fait que même si la mort survient, le sorcier ne pourra complètement mourir.
- Par Salazar ! Je savais que c'était un monstre… Mais là…
Un silence s'installa, leurs cerveaux fonctionnant à plein régime pour essayer d'assimiler tout ce que cela impliquait. Ce fut finalement Hermione qui osa me poser la question qui ferait basculer leur inquiétude en véritable terreur.
- Sait-on ce qu'est cet objet ?
- Il n'y en a pas qu'un, Hermione. Mais six, si Voldemort a réussi à aller jusqu'au bout de son projet. Pour un sorcier ayant un léger sentiment de supériorité, je trouve qu'il a un peu trop peur de la mort…
- Léger ? Je comprends pourquoi vous avez eu du mal en potion, Harry. Nous n'avons tout simplement pas le même système métrique…
L'atmosphère s'allégea aussitôt sur cette remarque dite par Severus avec tant de désinvolture que cela nous fit autant rire que sa réflexion en elle-même.
POV Severus
J'étais surpris de voir que pendant cet instant de rire entre nous trois, je n'avais plus senti cette distance entre nous. Ils n'étaient pas des élèves, pas même des Gryffondors, ils étaient juste là, à rire avec moi et non de moi, comme des amis. Je n'avais jamais vraiment eu d'ami, il y avait eu Lily bien sûr, ma meilleure amie, et Regulus avec qui je m'étais rapproché plus qu'aucun autre Serpentard. Mais sinon, je n'en avais pas eu, pas qui me faisait me sentir aussi bien, autant en confiance, sans peur d'être trahis, insulté ou moqué.
Après cela, Harry nous avait raconté en détail le souvenir d'Horace Slughorn, je me souvenais de cet homme, il était le Professeur de Potion et la tête de maison des Serpentards pendant mes sept années d'études. Je voulais penser qu'il avait vraiment été idiot pour répondre à Tom Jedusor, mais qui étais-je pour le juger ? Moi qui l'avais rejoins, moi qui devais tuer pour lui…
- Allons nous coucher. Dis-je après avoir vu Harry fermer les yeux de fatigue. Il se fait tard et nous n'avons plus les idées claires.
Hermione approuva et Harry bien qu'il n'avait rien dit, semblait soulagé de pouvoir retourner dans son lit. J'allais partir le premier, regrettant de ne pas avoir osé voler un baiser à Hermione Granger devant son petit-ami officiel quand celle-ci m'attrapa le bras pour me retourner et poser ses lèvres sur les miennes. Harry avait tourné la tête pour nous laisser un semblant d'intimité, mais le doux sourire sur ses lèvres montrait bien qu'il n'était aucunement contrarié de voir un tel débordement. Par contre, j'avais dû prendre quelques secondes pour retrouver mes esprits, cela faisait bien longtemps que l'on ne m'avait pas embrassé, et jamais on ne l'avait fait ainsi, avec une telle tendresse. Je partis de la Salle sur Demande rêveur et pressé de retourner dans mes cachots pour continuer mes rêves en toute quiétude.
HPHGSS HPHGSS
L'année scolaire était terminée, et c'était bien la première fois, outre pendant mes propres études, que j'étais déçue qu'elle s'achève. Plus de rendez-vous secrets dans la Salle sur Demande, plus de baisers volés avec Hermione Granger sous le regard étrangement heureux de son petit-ami. Par contre, c'était le retour des raids meurtriers. J'avais le malheur de découvrir un Drago Malfoy de plus en plus sanguinaire, voulant certainement surpasser sa tante chérie dans sa folie. J'avais également dû annoncer à l'Ordre qu'ils devaient s'attendre à faire face à Ronald Weasley dans les rangs des Mangemorts. Le jeune homme était toujours près d'un Mangemort haut gradé, souvent Lucius Malfoy ou Nott Sénior, il n'avait donc eu aucun moyen de s'enfuir et semblait même maintenant prendre du plaisir à tuer et torturer. Je ne voulais pas savoir ce qu'allait donner la première rencontre du dernier mâle Weasley face à l'Ordre et encore moins face à l'un des membres de sa famille.
Mais j'avais également une autre raison d'être inquiet, Harry Potter était retourné dans sa famille. Il avait fait comme si cela ne le touchait pas, disant que c'était de toute façon la dernière fois et qu'il n'y retournerait plus jamais par la suite, mais j'avais bien vu la tristesse dans ses yeux, ainsi qu'une certaine inquiétude. Je n'avais jamais songé au fait qu'Harry Potter vivait avec sa tante Pétunia, femme détestant la magie au plus haut point, jalouse de n'en avoir jamais été pourvue, contrairement à sa sœur. Était-il possible qu'elle ait rejeté sa colère sur le fils de sa sœur ? C'était bien le genre de « Tunie », comme l'appelait Lily quand ils étaient jeunes. Je me promis de me renseigner là-dessus, je pensais qu'avec un peu de chance je pourrais faire partie des personnes faisant sortir Harry Potter de chez les Dursley. Une autre discussion avec Albus allait s'imposer…
HPHGSS HPHGSS
J'avais envoyé une lettre anonyme à Harry, je voulais m'assurer qu'il allait bien, je n'avais pas pu m'en empêcher. Et il se trouvait qu'il était bien plus facile de lui écrire plutôt que de lui parler face à face.
« J'avoue ne pas savoir moi-même comment j'ai eu la folie d'écrire cette lettre. Et pourtant, c'est bien ce que je suis en train de faire. J'espère que vos vacances se passent bien, ou du moins, mieux que ce à quoi vous vous attendiez.
Je dois bien admettre que nos entretiens me manquent, n'allez pas croire que la cause en est un manque flagrant de relation social, j'en ai bien plus que je ne le souhaiterais. Mais vous savez comme moi qu'il y a une grande différence entre vous et tous les autres. Même votre insolence me manque, c'est pour dire. A mon avis, je dois être malade. Une maladie mentale qui me fait vous écrire alors que je ne sais réellement quoi vous demander ou vous dire.
Sur ce, bonnes vacances, je vous reverrais le jour de votre départ.
TEJ»
Je ne voulais pas attendre de réponse, pourtant, mon esprit regardait chaque matin dans la pile de courrier comme un gosse attendant ses cadeaux de Noël. Hermione m'avait d'elle-même envoyé une lettre à laquelle j'avais répondu rapidement, cela faisait bien longtemps que je ne recevais plus de courrier aussi personnel, bien que tout était plus ou moins codé. Une part de moi était heureuse de voir que la jeune femme pensait toujours à moi, l'autre essayait de ne pas trop espérer malgré le fait indéniable que nous étions les Erotes de Jade.
La réponse d'Harry arriva trois jours après l'envoi de ma lettre. Peut-être avait-il mis lui aussi du temps avant de trouver les bons mots. Je pouvais parfaitement comprendre qu'il n'était pas facile de me répondre, moi-même m'étais trouvé un peu idiot à lui écrire alors que nous nous étions pas autant rapprochés que je ne l'avais fait avec Hermione. J'avais ouvert sa lettre avec précipitation, découvrant avec surprise que sa lettre était deux fois plus longue que la mienne.
«Cher TEJ,
Ne serait-ce pas ironique que vous, parmi tous les autres, soyez touché par une maladie mentale ? De plus, vous avez toujours laissé sous-entendre que d'entre nous deux, c'était moi qui y étais atteint. Alors je confirme, cela serait très ironique de votre part !
En ce qui concerne mes vacances, elles se passent bien mieux que ce à quoi j'avais pensé ou même espéré. Rester dans ma chambre avec toutes mes affaires est le paradis pour moi, même si je n'ai le droit que d'en sortir que deux fois par jour et pour un temps limité, cela reste bien mieux que tout ce que j'ai pu vivre ici. Soyez-en sûr.
Et vous, comment se passent vos vacances ? Êtes-vous partis en vacances ou restez-vous dans votre maison avec votre famille ? À vrai dire, je ne me suis jamais demandé ce que vous pouviez bien faire et je suis maintenant pourvu de mon irrépressible curiosité typique de ma maison ! Dans tous les cas, j'espère que vous allez bien et que vos autres relations sociales ne sont pas trop dures à supporter.
Je vous avoue ne jamais avoir un jour pu penser que j'allais vous manquer, ni moi ni mon insolence légendaire. À vrai dire, je n'ai jamais imaginé pouvoir manquer à quelqu'un, c'est donc une grande première pour moi ! Et même si cela n'était pas le but premier, j'en suis touché. Pour ma part, je ne sais pas ce qui me manque le plus de vous, votre sarcasme ou vos sourires, sûrement les deux !
Je suis heureux d'apprendre que nous nous verrons avant que je parte en vacances. Je n'ai pas encore tous les détails, donc je ne peux compter les jours, mais soyez certain que je compte ceux me rapprochant du retour à la maison, la vraie.
Bonnes vacances, profitez de votre solitude avant de ne plus jamais pouvoir la savourer !
VIG »
Qui aurait cru qu'un Potter aurait pu aussi bien manier les mots ? Pas moi, mais ce n'était pas comme si les rédactions que je donnais à faire avaient pu m'informer d'un tel talent. Un sens de la répartie subtil mais également une certaine fragilité, une mise à nue pudique mais pas moins sincère de ses sentiments. C'était à mon tour d'être touché, comme si cette lettre nous avait rapprochés plus que n'importe quel rendez-vous dans la Salle sur Demande n'aurait pu le faire.
Je relus la lettre plusieurs fois avant de m'assoir à mon bureau, de prendre un parchemin ainsi que ma plume et de lui répondre…
