Oups j'avais oublié de finir de publier cette fic… Désolé pour ceux qui la lisent… Je vais essayer de faire plus attention.
Bonne lecture.
Appartement d'Henry Fitzroy.
L'appartement baignait dans le silence et dans pénombre, Vicki aimait ce silence. Elle sentait que le soleil commençait à poindre au dessus de l'horizon. Elle aimait particulièrement cette sensation, même si elle savait que ce n'était pas vraiment le cas de son compagnon. Elle regarda dans la direction de la chambre, il dormait comme un bébé quand elle avait quitté la pièce. Elle esquissa un sourire au souvenir de la nuit qu'ils avaient passé. Doucement elle se réajusta dans le fauteuil, et redressa son portable pour reprendre ses recherches sur le net. Elle avait besoin de savoir si ce que lui avait dit le démon était vrai ou s'il avait mentit dans le seul but de la tuer elle et son enfant. Machinalement elle porta sa main gauche à son ventre faisant tomber son PC sur le sol par la même occasion. Elle jura. Elle était furieuse après elle. Son ordinateur brisé sur le sol. Elle se leva avec précaution, grimaçant de douleur lorsque ses pieds nus se posaient sur des morceaux plutôt pointus. Elle se dirigea vers la cuisine et revint avec un balai et une pelle pour nettoyer les dégâts. Elle sursauta, Henry était là debout devant elle. Elle ne l'avait pas entendu arriver.
Vicki : Désolé je ne voulais pas te réveiller.
Henry : Tu va avoir besoin d'un nouvel ordinateur.
Vicki : En effet. Petite maladresse.
Henry : Je vois ça.
Il s'approcha et lui retira le balai et la pelle des mains, les posant au pied du mur.
Henry : Tu va bien ?
Vicki : Pourquoi ça n'irait pas ???
Henry : Ton PC est brisé…
Vicki : Je l'ai fait tomber accidentellement.
Henry : Tu as changé…
Vicki : En bien j'espère.
Henry : Tu es toujours la même tête de mule mais plus prudente.
Vicki : Tu dis ça à quelqu'un qui a suivis un démon.
Henry : En parlant de ça, Vicki, il faut qu'on quitte la ville. Astaroth ne nous laissera pas en paix.
Elle releva brusquement la tête, elle n'avait pas envie de quitter Toronto. Il lui avait déjà proposé de partir, elle avait refusé mais cette fois les choses étaient différentes, il y avait ce petit bout qui grandissait en elle. Pourtant l'idée de partir la révoltait. Elle recula d'un pas puis d'un autre avant de se mettre à arpenter la pièce allant du bureau d'Henry à la cuisine.
Vicki : Tu n'as qu'à partir seul.
Henry : Vicki…
Vicki : Non Henry, je t'ai dit non la première fois.
Henry : Vicki, tu es perpétuellement en danger ici.
Vicki : Tu m'énerves…
Henry : Arrêtes d'agir comme une gamine bon sang !
Vicki : Une gamine ??? Tu vas voir ce qu'elle va faire la gamine.
Elle était furieuse, littéralement furieuse, elle prit la direction de la chambre, attrapa son sac et jeta pèle mêle plusieurs de ses affaires à l'intérieur.
Henry : Où est ce que tu vas ???
Vicki : C'est pas toi qui parlais de partir juste avant.
Henry : Vicki, je suis désolé okay…
Elle attrapa son sac, lui lança un regard furibond avant de quitter l'appartement. Il mourrait d'envie de lui courir après mais voilà, il faisait jour dehors, il ne pouvait pas. Quelques secondes plus tard, la porte se rouvrit, la jeune femme entra et attrapa sa paire de chaussures avant de nouveau se diriger vers la porte.
Henry : Dis moi au moins où tu vas.
Nouveau regard, nouveau départ. La porte claqua, laissant Henry là, observant cette porte par laquelle sa compagne avait fui sans répondre à ses questions, il était inquiet, les réactions de Vicki étaient pas mal irraisonnées depuis quelques mois, jusqu'ici, il avait trouvé ça mignon mais maintenant ça les mettait en danger le bébé et elle, il trouvait ça beaucoup moins mignon. Résigné et en colère, il retourna dans sa chambre pour essayer de dormir. Dès le coucher du soleil, il essayera de retrouver sa piste.
Black Creek Pioneer Village. Non loin de Toronto.
Le taxi stationna devant une maison individuelle plutôt grande, sur deux niveaux, elle possédait un petit jardin et une allée devant, et probablement un jardin de taille plus conséquente à l'arrière. Le chauffeur descendit en même temps que Vicki et sortit son sac du coffre avant de la guider vers la porte d'entrée. Elle le paya et il s'éclipsa dans un « bonne journée madame ». Vicki hésita pourtant elle se décida à sonner quand elle entendit le taxi redémarrer. Elle inspira profondément, anxieuse. Son sac sur le sol, sa canne blanche dans sa main valide, elle attendit quelques instants, la neige tombait elle pouvait la sentir frôler son visage. Soudain la porte s'ouvrit, son propriétaire resta quelques secondes interloqué.
Femme : Victoria !
Vicki : Bonjour maman.
Maman : Je suis surprise de te voir.
Vicki : Je peux entrer ? Il ne fait pas très chaud.
La mère de Vicki se poussa du chemin, elle fut étonnée de ne pas voir sa fille réagir. Vicki attendait mal à l'aise. Elle était venue ici ne sachant pas où aller. Elle n'avait pas beaucoup de choix. Chez Mike s'était hors de questions, elle était encore trop en colère après lui. Elle ne voulait pas non plus envahir l'espace de Coreen. Même si les deux femmes étaient amies, elles n'étaient intimes à ce point. Quand au docteur Segara, elle était l'amie d'Henry, et Vicki avait l'impression d'avoir déjà assez abusé d'elle par le passé. Vicki n'avait plus d'appartement, elle n'avait donc pas eu d'autre choix que de venir ici, son bureau étant trop inconfortable de part sa grossesse.
Maman : Vicki ?
Vicki : Je suis aveugle maman.
Maman : Alors ça a fini par arriver.
Vicki : Oui.
La vieille femme attrapa le sac de sa fille et se dégagea de l'entrée.
Maman : Tu te souviens de la disposition des lieux ?
Vicki : Oui.
Joignant les gestes à la parole, Vicki allongea sa canne blanche sur le sol pour s'assurer qu'il n'y avait aucun obstacle entre elle et sa destination et passa le seuil de la porte direction le salon. Sa mère, Abbygail Payton, posa le sac de sa fille sur le canapé.
Abby : Je vais te débarrasser de ton manteau.
La jeune détective privé plia sa canne avant de se retirer son manteau de son seul bras.
Abby : Mon Dieu Victoria !
Vicki : (cynique) Surprise.
Abby : Tu es…
Vicki : Enceinte, oui.
Abby : Et aveugle.
Vicki : Ca ça devait arriver.
Abby : (en colère) Je ne te permets pas de me parler sur ce ton. Tu débarques chez moi après 5mois sans nouvelles, tu voudrais que je le prenne comment ???
Vicki : Je suis désolé.
Abby : Et comment tu comptes t'en sortir dans ton état ??? Parce que je suppose que tu n'as plus de travail.
Vicki : Par pour le moment en effet.
Abby : Ton bras ???
Vicki : Ca va bientôt guérir, ne t'inquiète pas.
Abby : J'ai le droit de m'inquiéter, non.
Vicki : Maman, je t'en pris arrête.
Abby : Quelqu'un ta fait du mal ??? Ton compagnon ??
Vicki : Henry ? Non jamais. J'ai été agressé hier.
Abbygail ferma les yeux quelques instants avant de se reprendre, elle voyait bien que sa fille était au bord des larmes.
Abby : Je t'offre un thé en attendant l'heure du déjeuné ?
Vicki : Avec plaisir.
Vicki lui sourit doucement, avant de se laisser guider vers la cuisine. Installée sur sa chaise, elle entendait les bruits que faisait son environnement. L'eau qui bouillait sur le feu, le cliquetis des tasses qui s'entrechoquaient. La bouilloire siffla et Abby versa l'eau dans les tasses.
Abby : Tiens, attention c'est chaud.
Vicki : Merci.
Vicki laissa sa main glisser sur la table pour trouver le sucre, elle sursauta quand sa mère lui prit la main.
Abby : Tu n'es pas mariée.
Vicki : Non maman.
Abby : Mais ton enfant doit bien avoir un père.
Vicki : Oui maman.
Un silence s'imposant, mais Vicki savait que sa mère n'en avait pas fini avec les questions. Mais elle savait qu'elle résistait aussi à l'envie de lui faire passer un interrogatoire en règle. Le silence se prolongea une bonne minute avant que sa mère ne reprenne la parole.
Abby : Et tu es toujours avec ???
Vicki : Je me suis disputé avec lui cette nuit.
Abby : Je suis désolé.
Vicki ravala un sanglot. Les souvenirs de sa dispute avec Henry lui revenaient sans cesse en mémoire et elle s'en voulait d'être partie comme ça, elle avait été trop impulsive et elle le savait. Henry lui avait proposé seulement de partir pour les mettre tous les trois à l'abri d'Astaroth. Pourtant sa fierté l'empêchait de rentrer maintenant même si elle mourrait d'envie de se glisser dans les bras de son beau vampire. Sa mère resserra son emprise autour de la main de sa fille pour essayer de lui montrer qu'elle était là pour elle.
Abby : Tu peux rester là autant de temps que tu veux. Si tu veux en parler.
Abbygail fit machinalement tourner le poignet de sa fille et découvre une des marques d'Astaroth.
Abby : Mon Dieu Victoria qu'est ce que c'est que ça ?!?
Vicki retira vivement sa main et la glissa sous la table.
Vicki : Je ne veux pas parler de ça non plus.
Abby : Victoria, si tu as des soucis, tu sais que tu peux m'en parler.
Vicki : (fermement) Je vais bien maman, je suis venue ici uniquement parce que je me suis disputé avec mon petit ami.
Cela faisait bizarre à la jeune femme de parler d'Henry dans ses termes mais à bien y réfléchir c'est ce qu'il était son petit ami, et le père de son bébé.
Abby : Okay, je vois on oublie les sujets sensibles.
Vicki : Vaut mieux.
Abby : Tu en es à combien ? 7mois ?
Vicki : Six.
Abby : Fille ou garçon ?
Vicki : Je crois que Henry aimerait ou alors pense que c'est une petite fille.
Abby : Et toi, qu'est ce que tu aimerais ?
Vicki : Peu m'importe, je veux juste vivre tranquille avec ma famille.
Abby : Essayes tu de me dire que tu as des problèmes ???
Vicki : Même si j'en avais tu ne pourrais rien y faire, maman.
Abby : Vicki…
Mais la jeune détective privé ne voulait pas s'étendre sur le sujet, la fatigue lui en avait fait trop dire. Astaroth, les démons, les vampires, sa mère n'était pas faite pour vivre dans ce monde peuplé d'horreur. Ce même monde où elle avait trouvé l'amour.
Abby : Pourquoi t'es tu disputé avec ton petit ami ? Henry c'est ça ?
Vicki but une gorgée de son thé pour se laisser le temps de répondre, sa mère acceptait de l'héberger, elle avait le droit à quelques réponses.
Vicki : Henry voulait que nous quittions la ville, probablement le pays. Et je m'y suis fortement opposé.
Abby : Et qu'est ce qui fait dans la vie, ton Henry ?
La jeune femme savait que sa réponse n'allait pas emballer sa mère.
Vicki : Henry est reconnu dans sa profession et il gagne très bien sa vie.
Abby : Ca ne me dit pas ce qu'il fait dans la vie.
Vicki : Il est écrivain et dessinateur.
Abby : Ecrivain ! Vicki…
Vicki : Non maman. Ne juge pas une nouvelle fois mes choix.
Abby : Je ne juge pas…
Vicki : (la coupant) Si maman, tu juges continuellement, c'est pour ça que je ne t'ai pas parlé d'Henry et du bébé plus tôt. Pas plus que de ma cécité.
Abby : Désolé si le faite de m'investir dans la vie de ma fille aînée te pose un problème.
Vicki : Oui et bien espérons que tu ne sois pas aussi pénible avec Jude.
Abby : En parlant de Jude, elle a demandé de tes nouvelles, elle sera de passage à Toronto la semaine prochaine et elle voudrait te voir.
Vicki : Je lui téléphonerais.
Vicki ne voulait pas glisser mais ce sujet, elle était trop fatiguée pour écouter sa mère se plaindre des choix de Jude. D'autant que Jude n'avait vraiment pas à se plaindre de sa vie, elle était passionnée et en avait fait son métier. Hautement reconnue par ses paires, elle gagnait correctement sa vie et avait tout le loisir de voyager.
Vicki : J'aimerais me reposer un peu avant le déjeuné si ça ne t'ennuie pas, je suis fatiguée.
Abby : Ta chambre est prête, tu as de la chance, j'ai changé les draps hier.
Vicki : Merci.
Vicki se leva et attrapa sa canne blanche appuyé non loin de là et se dirigea vers le bout du couloir.
Abby : Tu veux de l'aide ???
Vicki : Non ça ira je me souviens du chemin.
Le bout du couloir, la porte de la cave. Machinalement Vicki actionna l'interrupteur avant d'ouvrir la porte. Elle inspira profondément et commença à descendre les marches un peu raides. Doucement ses yeux s'habituèrent à l'absence de lumière solaire, sa vue augmenta progressivement. Arrivé en bas, elle regarda autour d'elle. La pièce était correctement décoré, une vraie chambre d'adolescente, Vicki s'y plaisait autrefois même si elle avait manqué de la lumière de l'astre solaire. Elle avait aimé être dans cette pièce, où elle pouvait être tranquille. Vicki ne s'était jamais vraiment entendu avec son beau père. Et elle avait pris l'habitude de se réfugier là. Une fois en bas, elle effleura les meubles, tout était exactement à la même place que lorsqu'elle était partie pour l'université, pour ne plus jamais revenir. Vicki s'allongea sur le lit sans prendre la peine de se glisser sous les couvertures et ferma les yeux.
T.B.C.
