Bonjour à toutes et a tous ! Et Joyeux Noël !
J'ai été très absente un bon bout de temps et je m'en excuse. Mes études me prennent plus de temps que jamais ! J'ai encore l'impression que nous sommes en septembre ! Je n'ai absolument pas vu le temps passer, c'est fou ! Le rythme a un peu décru ces 2 dernières semaines. C'est pour cela que je suis en mesure de vous présenter le 10e chapitre de cette histoire ! Whouah ! J'en reviens pas que j'en suis à publier le chapitre 10 ! Alors merci ! Un grand MERCI à tous ! C'est uniquement grâce à vous, a vos review que je continue d'écrire et de publier cette fanfic. Sans vous, je pense que j'aurais arrêter depuis longtemps ! Vous me donnez toujours plus de motivation ! Alors merci et milles fois merci !
Vous l'aurez compris, ce sera le dernier chapitre de l'année. Je ne peux vous dire quand le prochain chapitre sortira. Probablement vers l'été. Je sais, ça fait dans longtemps mais je ne pourrais pas faire mieux je pense, avec tout ce qui va me tomber dessus dans les prochains mois. J'en suis autant désolée que vous, croyez moi mais j'espère que vous n'hésiterez pas a m'envoyer des messages, sur ma page facebook ou ici, j'y répondrais avec grand plaisir et aussi vite que je le peux, promis ;)
Alors à très vite !
PS: Merci a HPCH79 pour ta review. Elle m'a fait très plaisir ! J'espère que la suite te plaira autant que le reste.
POV Maxon
- Nous avons été très surpris d'apprendre l'organisation de ce Bulletin Exceptionnel, nous pensions en effet que vous ne feriez qu'un communiqué, comme à votre habitude. Glissa Loisel.
- Certaines circonstances nous obligent à agir autrement cette fois-ci.
- Et quel est le but exact de cette intervention, Votre Majesté ?
- La reine et moi-même avons senti une rupture entre le peuple et nous. Nous ne nous comprenions plus. Je veux rectifier cela avant que le dialogue ne soit complètement coupé.
- Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir organisé une émission dans laquelle une caméra vous aurait suivi dans votre quotidien ? Cela vous aurez rapproché du peuple sans qu'il y ait la nécessité de vous impliquer trop personnellement. Indiqua Pierce.
- C'est justement cela que je voulais éviter, Conseiller Pierce. Rétorquais-je, acerbe.
- Ne serait-ce pas pour ménager la reine ? Nous avons bien remarqué qu'elle était très…bouleversée par cet évènement.
- Ce que vous proposiez, Monsieur, aurait pris des jours et des jours de tournage et encore plus de montage. Avec un Bulletin Exceptionnel, cette affaire sera réglée beaucoup plus rapidement. Haussais-je le ton.
- Nous comprenons que vous vouliez répondre à ce journaliste directement au vu des infamies proférées contre la Couronne mais cela ne fera que lui rajouter du crédit. Si je puis me permettre, n'aurait-il pas été plus sage d'attendre et de nous consulter avant toute décision hâtive ? Ou y aurait-t-il une chose importante concernant le royaume que vous allez nous annoncer ? demanda Sanot pour détourner (un peu) le sujet.
- Vous saurez de quoi il en retourne sur cette affaire bien assez tôt. Et vous savez fort bien que toutes les décisions se rapportant au royaume sont prises avec votre conseil. Je ne vois donc pas pourquoi cela vous inquiète-t-il autant.
- Cela aurait-il donc rapport avec votre personne en particulier ou celle de la Reine ? Renchérit-il.
- Les affaires de Sa Majesté la Reine et moi-même ne regardent que nous. Vous saurez de quoi il en retourne en même temps que le reste de la Nation. Réitérais-je
- Tout de même, cela est tout à fait inhabituel dans votre comportement. Les gens risquent de ne pas comprendre ce qui vous arrive. Nous les premiers. S'il y a quoique ce soit que nous puissions faire pour vous aider, nous sommes là pour cela. Ajouta Pierce, d'un ton mielleux et un sourire se voulant rassurant mais qui me donna plus froid dans le dos qu'autre chose.
- Votre Majesté. Souffla discrètement un majordome dans mon dos. Je tournais la tête, tendant l'oreille.
- La Reine vous requiert. Chuchota-t-il
- J'arrive tout de suite. Acquiesçais-je d'un signe. Le majordome s'inclina et recula de quelques pas.
- Je vous remercie de votre sollicitude, Messieurs. Je garderais vos propositions en tête en cas de besoin.
Je mettais ainsi fin à la conversation d'un ton ne souffrant aucune réplique et suivi le domestique jusque dans le petit salon qui jouxtait le studio d'enregistrement, inquiet.
J'y trouvais America tournant en rond dans un froufroutement de soie parme et un scintillement argent atténué par la douceur de l'aigue marine de ses bijoux. Elle était magnifique. Mais cette beauté était totalement éclipsée par son attitude. Elle se tordait les mains et semblait terriblement désemparée, stressée, inquiète. Mon cœur rata un battement en la voyant ainsi.
- America, qu'y a-t-il ? Mon esprit imaginait déjà le pire.
- Je ne peux pas le faire, Maxon. C'est au-dessus de mes forces.
Je compris instantanément de quoi elle parlait. Elle n'avait jamais été à l'aise devant la caméra. Je la voyais prendre sur elle à chaque fois car tel étais son rôle de souveraine, elle l'avait bien compris. Mais je savais aussi qu'elle endurait cette épreuve par amour pour moi. Il était donc normal, encore plus ce soir en particulier alors que nous étions sur le point d'annoncer au monde entier sa grossesse, qu'elle soit nerveuse. Mon instinct me dictait de la prendre dans mes bras et de la rassurer, de la protéger, de tout annuler. Malheureusement, je savais pertinemment que nous ne pouvions plus reculer, que c'était la seule bonne chose à faire.
- Tu peux tout me dire, tu sais ? Je m'approchais lentement d'elle et la pris dans mes bras.
- Je suis perdue Maxon. Je suis dans le flou le plus total.
- Que veux-tu dire par là ?
- Je sais que nos fonctions exigent de nous de rester calmes même en pleine tempête mais ce soir je… Je sens que je n'y arriverais pas.
- Nous avons vécu des moments plus difficiles et tu les a tous traversés la tête haute. Pourquoi n'y arriverais-tu pas cette fois encore ?
- Tu ne comprends pas… C'est la première fois que nous avons à faire une annonce pareille. Nous n'avons jamais eu d'antécédents comme celui-là…
- Pour ça c'est sûr ! Tentais-je un trait d'esprit.
- Je suis sérieuse, Maxon. Nous ne savons pas comment le peuple va réagir à cette nouvelle, s'il l'a prendra bien ou pas, si cela apaisera les critiques à notre égard et si…
- Ma chérie. L'interrompais-je. Comment voudrait-tu que le peuple prenne mal l'annonce de cet heureux évènement ? Il l'attend depuis tant de temps…
- Justement… Je ne sais pas ce que je dois leur dire ou non, comment le leur dire, quel sentiments leur transmettre, comment je dois paraitre. Je ne sais même plus ce que je ressens en ce moment ! Je ne sais plus si je suis heureuse ou anxieuse, si je suis impatiente et excitée ou si je suis détendue et calme ! Tout se mélange dans ma tête et mon cœur.
- Calme-toi, ma douce. Et si tu ne sais pas quels sont tes sentiments alors ne ressens rien. Laisse toute cette agitation et cette frénésie retomber.
- Mais elle ne retombera pas de sitôt, j'espère que tu en es conscient ? Cela va même être pire. Une fois qu'ils sauront… termina-t-elle dans un souffle. Je ne pouvais malheureusement pas la contredire. Le peuple allait être si heureux qu'il ne voudra rien manquer de chaque évènement. Ce sera un « marché » juteux pour les journalistes, la moindre de nos photos, de nos déclarations, vraies ou fausses d'ailleurs, se vendront a prix d'or après ce soir. Moi-même je ne pourrais empêcher cette folie par tous les mots ou les moyens à ma disposition. Mais cette femme, là dans mes bras, j'ai autrefois juré de la protéger et de la soutenir dans les épreuves que la vie lui mettrait sur son chemin. Je ne compte d'ailleurs pas faillir à cette promesse.
- Je le sais et je ferais tout mon possible pour t'en protéger du mieux que je puisse. Lui répondis-je.
- On voit ce que ça a donné la dernière fois…
Je m'écartais d'elle, blessé. Après tout ce que j'avais fait, toutes les conséquences qui en avaient découlées, tout ce que je lui avais épargné sans qu'elle en ait conscience, pour lui laisser le temps de s'habituer à ses nouvelles fonctions, cela n'étaient pas assez ? Avait-elle oublié ce que nous avions traversé alors que notre mariage venait tout juste de débuter, les heures sombres où nous étions tous les deux si méconnaissables ? Avait-elle conscience que ça n'avait pas été facile pour moi aussi, cette période ? Que j'avais souffert sinon autant qu'elle ? Non… Elle ne pouvait l'avoir oublier… Nous nous étions juré que nous ne laisserions plus cela arriver.
- Tu exagère America.
- Oh… A peine !
- Ça suffit ! Je ne veux pas me disputer à ce sujet avec toi et encore moins ce soir. Me détournais-je d'elle, agacé.
- Mais il faut bien que l'on en discute ! protesta-t-elle.
- Et à quoi bon ?! On en a déjà fait le tour des dizaines et des dizaines de fois. C'est toujours la même chose !
- Oui ! A chaque fois tu me dis que tu as fait tout ce qui était en ton pouvoir mais je n'en ai presque pas ressentis les effets !
- J'ai fait tout mon possible, je t'assure. Seulement tu étais tellement renfermée sur toi-même et ta souffrance que tu étais totalement insensible au reste du monde dont moi.
- Voilà, cela va encore être de ma faute !
- Non. Tu as réagi dans un pur reflexe de protection. Je pense que j'aurais réagi exactement de la même façon dans ta situation. Je dis simplement que tu ne pouvais avoir conscience, à l'époque, de tous les sacrifices que j'ai fais pour améliorer ton quotidien et faire en sorte que cette période se passe le mieux possible pour toi. Je voulais désespérément revoir ses yeux briller de cet éclat de malice, ce sourire s'épanouir sur ce visage quand tu me vois, cette voix fredonner dans les couloirs du palais. Je ne veux que ton bonheur, America. Te voir dans cet état, a été pour moi, d'une douleur inimaginable. Je me sentais si impuissant et cela me frustrait de ne pouvoir rien faire pour réussir à te soulager. Une seule solution s'est alors imposée à moi.
- Mais tu avais bien conscience qu'elle nous mènerait a cette situation précise ?
- J'avais conscience que ce n'était pas la solution la plus optimale mais je ne savais plus quoi faire ! C'est la seule qui m'a paru bonne sur le moment. Je ne m'excuserais pas pour cela. Je l'assume entièrement. Elle n'a pas eu que des conséquences néfastes. Elle a réussi à te faire remonter la pente. J'ai ainsi retrouvé ma tendre épouse. Je te parais peut être égoïste mais, non, je ne m'excuserais pas pour cela.
- Tu n'as jamais été égoïste, je le sais. Nous avons tous faits des erreurs dans cette période.
Un long silence s'installa entre nous.
- Je sais que tout va remonter à la surface ces prochaines semaines mais promet moi de ne pas oublier que je serais toujours là pour toi, quoiqu'il se passe, quoique tu aies besoin. Mais America, il faut que tu comprennes que je n'ai pas de pouvoirs magiques même si je le voudrais. Il y a des choses que moi-même je ne peux contrôler et qui sont indépendante de ma volonté.
- Je le sais. Excuse-moi, mon amour. Je suis un peu à cran en ce moment.
- Ce n'est rien, ma chérie. Je sais que je ne peux pas comprendre ce qui t'arrive en ce moment. Je sais simplement que ce n'est pas facile pour toi et je voudrais tant pouvoir te soulager mais à part rester à tes côtés, être là pour toi et te soutenir, je ne fais pas grand-chose d'utile. Et quand je tente quelque chose de plus, j'ai l'impression que je fais tout de travers.
- Non pas du tout.
- Alors dit moi ce qui ne va pas. Je vois bien qu'il y a quelque chose de bien plus grave qui te tracasse. Je veux t'aider et t'apaiser mais pour cela il faut que tu me dises comment je peux le faire.
Elle paraissait hésiter, indécise. Au bord des larmes aussi. Je me doutais de ce qui la taraudait depuis ce matin. Et pour être tout à fait honnête, les mêmes interrogations, les mêmes peurs n'avaient pas arrêté de hanter mon esprit, insidieuses. J'avais réussi à les mettre en sourdine toute la journée grâce au travail mais voir ma femme aussi chamboulée les faisaient ressortir d'un coup. Je ne pouvais néanmoins pas craquer. Cela ne l'aiderait surement pas. Elle cherchait ses mots, l'inquiétude barrait son front et ses yeux fuyaient les miens.
- Est-ce encore à cause des risques de perdre le bébé que tu t'inquiètes comme ça ?
- Je ne peux m'empêcher d'y penser.
- Je comprends ton inquiétude mais c'est encore trop tôt pour ça. Je t'assure.
- Maxon, je n'en suis qu'à tout juste 2 mois. Tu ne sais pas ce qui pourrait arriver. Tout…
- Je te promets que tout ira bien. Je veille sur toi, ne l'oublie pas. L'interrompis-je voulant couper court à toute inquiétude infondée.
- Je le sais mais…
- Si tu perds cet enfant c'est qu'il en était ainsi. Ce ne sera pas ta faute. On aura tout le temps d'en faire d'autres. Lui souris-je, malicieusement. Mais ma tentative de diversion ne marcha pas. Elle restait focalisée.
- Le peuple ne le verra certainement pas ainsi. Je lui aurais donné de faux espoirs et il me détestera pour cela.
- Ce qui importe c'est que moi, je le vois ainsi. Ne suis-je pas ton mari ? Celui qui compte le plus à tes yeux ?
- Si mais…
- Alors ne te préoccupe plus de ce que les gens peuvent penser. Reste toi-même tout simplement. Le peuple adore sa reine. Et son roi l'aime encore plus…
- Ca, c'est toi qui le dis. Certains n'ont pas l'air de ton avis.
- Non, je t'assure. C'est en tout cas l'opinion générale. Il y aura toujours des gens pour ne pas t'aimer et alors ? Tu ne peux pas plaire à tout le monde. Rappelle-toi simplement que je t'aime et je t'aimerais toujours, mon amour. Quoiqu'il advienne.
- Je t'aime aussi. De tout mon cœur.
Je l'embrassai. J'aurais voulu rester ainsi, seuls, rien que tous les deux, pendant encore des heures. J'aurais aimé envoyer tout le monde au diable pour la garder entre mes bras, pour savourer ce bonheur et le garder encore un peu pour nous deux, pour profiter de ma femme et de son amour, pour ne pas avoir à étaler ainsi notre vie privée.
- Aller. Il va bientôt être l'heure. Lui soufflais-je, la sentant rassurée et plus forte qu'il y a quelques minutes.
- Oui. Tu as raison.
- Ca va aller, ne t'en fait pas. Je suis là, à tes cotés ne l'oublie pas.
- Tant que tu y reste.
- Jamais je ne te quitterais.
POV America
Main dans la main, nous regagnâmes le studio. Les diverses personnes présentes : conseillers, régisseurs, caméramans, gardes et autres, s'inclinèrent à notre entrée. On s'installa sur les deux trônes de l'estrade brillamment éclairée et des caméristes vinrent retoucher une dernière fois mon maquillage pendant que Gavril nous donnait les dernières indications sur le déroulement de cette émission exceptionnelle. Il n'y aura pas d'intervention des conseillers ce soir. Tout le Bulletin nous sera entièrement consacré. Nous serons seuls. Je pressais la main de Maxon à cette perspective. Il me serra la mienne en retour. Il me comprenait sans que j'aie besoin de prononcer un seul mot. Cela m'apaisa un peu.
Le metteur en scène fit le compte à rebours d'une main pendant que l'hymne national retentissait dans le studio et un petit point rouge sur la caméra nous indiqua que nous étions en direct. Heureusement, elle ne se braquait pas encore sur nous mais sur Gavril qui s'exclama :
- Bonsoir Illéa ! Merci d'être au rendez-vous pour cette soirée plus qu'inattendue ! J'ai comme l'intuition que quelque chose d'extraordinaire va se passer ce soir… Mais trêve de suspens. Je sais que vous brulez autant d'impatience que de questions alors laissons la parole à Leurs Majestés, le Roi Maxon et la Reine America !
Mon mari se leva lentement. Il avait revêtit le masque du roi. Pour souligner la gravité du discours, je me tenais à ses côtés, légèrement en retrait. La caméra se braqua alors sur nous.
- Mes chers sujets. Commença gravement Maxon. Tout au long de cette journée, vous avez surement lu dans la presse ou entendu toutes sortes de rumeurs à notre sujet, mon épouse et moi. Nous avons donc tenu à nous exprimer sur cela avant que certains ne se méprennent plus lourdement. Mais vous détrompez n'est pas le seul objectif de notre discours, ce soir. Nous allons enfin vous éclairer sur certains de nos choix qui, nous le savons bien, ont suscité et suscitent encore beaucoup d'incompréhensions.
Il fit une pause. On aurait pu entendre une mouche voler dans le studio. Tous étaient suspendus à ses lèvres et je supposais que le reste d'Illéa aussi.
- Nous avons parfaitement conscience que vous êtes soucieux de l'avenir de notre royaume au vu des antécédents de tous nos prédécesseurs. Je ne peux pas témoigner pour l'époque de mes grands-parents mais je me souviens très bien de l'inquiétude palpable et des questions qui hantaient les esprits concernant ma mère. Vous savez tous que mes grands-parents, Porter et Abby Schreave, n'ont eu pour seul et unique enfant que mon père, qui lui-même n'a eu que moi. Tous ces couples royaux sont montés sur le trône à peine plus âgés que nous. Tous ces couples royaux n'ont eu leur héritier qu'après plusieurs années de règne. Pourquoi vous ne nous donneriez pas ainsi le même droit ?
L'histoire du monde nous a montré que lorsque la situation n'est pas satisfaisante pour tous, le mécontentement général se dirige le plus souvent vers les femmes. Et l'agressivité en est encore plus exacerbée lorsque l'une d'elle est proche du pouvoir. Certains pensent encore qu'une reine n'est là que pour être belle, polie, sourire et donner un héritier a la couronne. Mais une reine, votre reine, est bien plus que cela contrairement a ce que l'on veut vous faire penser. Je vais vous le montrer.
La profonde réforme dont le pays avait besoin nous a coûté beaucoup d'efforts. Et même si ses effets s'en font ressentir à peine aujourd'hui alors que les années ont passées, notre travail sur ce dossier n'est toujours pas terminé à l'heure où je vous parle. Il reste encore tellement à faire dont vous ne vous doutez pas de l'existence. La gouvernance de notre beau pays nous demande toute notre attention et nos forces à chaque instant. Car nous voulons ce qu'il y a de meilleur pour tous. La Reine et moi, travaillons ainsi de concert pour faire de notre mieux. Aucun de nous deux n'a plus de mérite que l'autre. Je la considère comme une collaboratrice indispensable à la politique aussi bien extérieure qu'intérieure du royaume. Vous ne le soupçonnez peut être pas mais votre reine est capable de grandes choses. Elle m'étonne tous les jours par les prouesses qu'elle réalise, sa vision des choses que personne d'autre n'aurait imaginé, les arguments qu'elle avance pour défendre un projet qui lui tient à cœur et qu'elle considère essentiel pour le pays, les compromis qu'elle propose en cas de conflits. Votre reine est parfois une de mes meilleures diplomates car elle dispose d'armes et de libertés que je n'aurais jamais.
Voyez-vous, mes chers sujets, notre travail n'est tout simplement pas de la même nature et ne peux pas être comparé. Sans la reine à mes côtés, jamais je n'aurais pu mener à bien tous ces projets qui font maintenant le rayonnement d'Illéa à travers le monde. Elle n'a jamais failli dans son rôle qu'importent si certains prétendent le contraire. Elle n'a jamais abandonné face aux difficultés, n'a jamais arrêté de me soutenir de tout son cœur même quand rien n'allait. Elle a toujours tenu bon malgré les obstacles, a toujours gardé un professionnalisme à toute épreuve. Elle a toujours été là pour le pays quand il en avait besoin. Bien sûr, ses débuts ont été un peu hésitants. La Sélection ne l'avait pas formée à devenir une reine mais une princesse. Ma mère devait perfectionner sa formation après notre mariage. Malheureusement, le destin en a décider autrement et elle a été obligée de se former seule ou presque, sans l'expérience de quelqu'un qui avait traversé la même chose qu'elle. Le gouffre qui sépare une princesse d'une reine est invisible mais tellement profond. Et je crois que c'est cela qui a causé cette incompréhension qui dure depuis quelques années maintenant. Il faut bien comprendre qu'être un roi ou une reine est avant tout une fonction. Une fonction qui implique de paraitre toujours sous le meilleur jour qui soit. En acceptant de revêtir les habits de roi et reine d'Illéa, nous ne nous appartenons plus à nous-même mais au royaume. Notre vie est dédiée au bien du royaume à partir du moment où l'on prononce nos vœux. Cela est extrêmement déstabilisant et épuisant d'autant plus quand on est nouveau sur le trône. La pression et la surveillance que l'on subit de toute part en permanence nous oblige a toujours surveiller notre attitude, à ne jamais se détendre sur l'implication de nos gestes, nos expressions, nos humeurs, nos paroles même en privé. Je suis sûr que vous comprenez que cela peut rendre fou n'importe qui. Car derrière les fastes et les ors de la fonction, existe aussi deux personnes normales comme vous, avec leurs caractères, leurs goûts, leurs envies, leurs petites manies, leurs défauts et leurs hobbies. Comprenez bien que nous savons qu'une attention de tous les instants fait partie intégrante de nos fonctions mais nous sommes des êtres humains comme vous. Avant d'être vos souverains, nous sommes aussi un couple amoureux comme les autres qui apprécie l'intimité et la tranquillité. Nous acceptons cette vie publique, parfois pesante, car tel est notre devoir et notre travail mais nous aimons aussi nous détendre, avoir notre vie privée. Nous apprécions aussi revenir à la normalité et au calme dans un quotidien effréné et tout sauf normal. Et il est des choses que nous apprécions préserver, garder entre nous deux sans les voir juger a la recherche d'un message caché alors qu'il n'y en a pas. Nous ne vous cachons pas grand choses, l'honnêteté est une des qualités que nous apprécions le plus, mais nous estimons que les choix qui ne concernent que notre couple ne sont pas tous des affaires d'état susceptible de vous être communiquer. C'est cette liberté de décider de certaines choses nous concernant directement, de garder un certain contrôle sur nos vies que nous tenons à fortement à préserver. C'est dans ce but que nous sommes venus à vous ce soir. Pour vous expliquer nos sentiments sur les évènements et j'espère que vous les aurez entendus et compris. Merci à tous.
Un long silence accueilli son intervention. Elle n'avait pas duré plus de 5 minutes mais c'était pour moi comme des heures. Je suppose que chacun digérait toutes les informations qu'il avait données en un si cours laps de temps. Le présentateur du Bulletin, pris la parole. Il paraissait songeur. Son entrain s'était envolé. Comme s'il ne s'attendait pas à cela. Pour une fois qu'on l'avait surpris, lui qui avait toujours une bonne longueur d'avance quoi qu'il se passait. Mais si lui était dans cet état, comment se sentaient les millions de gens qui nous regardaient derrière leurs postes de télévision ?
- Votre Majesté, si je puis me permettre de vous poser quelques questions pour approfondir votre déclaration.
- Faites donc, je vous en prie Gavril.
- Certains de vos détracteurs ont lancé la possibilité que la reine puisse être destituée si elle ne convenait pas à la charge et qu'une nouvelle Sélection serait organisée, est-ce vrai ?
- Et bien, ce serait une éventualité tout à fait invraisemblable et inédite. D'ailleurs cela ne s'est jamais produit par le passé alors pourquoi maintenant ? Je n'ai absolument rien à reprocher à mon épouse comme vous l'aurez compris, si ce n'est un amour pour la pâtisserie qui me fait prendre un peu trop de kilos. Honnêtement Gavril, je ne sais pas comment elle fait pour toujours être aussi magnifique et parfaite.
Les rires fusèrent dans l'assistance. Cela détendit l'atmosphère que je sentais quelque peu tendue.
- C'est ce que se demande le pays entier, Votre Majesté. Bien qu'elle n'ait pas besoin de beaucoup d'embellissements pour être sublime.
- Je vous l'accorde. Mon épouse est belle au naturel.
- Je pense qu'Illéa se joint à moi pour vous approuver, Votre Majesté. Mais je suis quand même curieux de savoir ses petites astuces.
- Je vais vous dire un secret, Gavril. Intervins-je pour la première fois. J'applique un conseil qu'on m'a donné au tout début de ma Sélection : Je reste moi-même. Je n'aime pas les artifices et autres ornements qui me font paraitre comme une personne que je ne suis pas. Je ne laisse personne décider à ma place de mon image ou de mes paroles. C'est utopiste de vouloir plaire à tout le monde alors plutôt que de devenir une étrangère à mon propre peuple a force de porter le masque d'une autre, je préfère être la moins imparfaite possible. Je préfère recevoir des critiques sur ce qu'on connait de moi, je peux ainsi avoir une chance de les changer, que recevoir des éloges sur un rôle que je jouerais.
- Sa Majesté as déclaré il y a quelques minutes que c'était tout d'abord une fonction, un travail en quelques sorte…
- Cela ne vous empêche pas d'être vous-même en occupant cette fonction, Gavril. Mon rôle dans ce pays n'est pas un prétexte pour cacher qui je suis vraiment aux yeux du peuple. J'effectue ma tâche comme je pense, comme je conçois qu'elle doit être effectuée. Avec intégrité et dignité.
- Vous avez raison Votre Majesté, et c'est un exemple que nous devrions tous suivre.
- Merci, Gavril.
- Depuis que je vous connais, je ne vous ai jamais vu être capricieuse ou déraisonnable. Peut-être quelques coups de têtes passagers mais rien de bien grave. Je ne sais pas d'où on tient que vous avez un fort caractère, Votre Majesté ?
- Oh... Demandez à mon époux, ce qu'il en pense. Je suis sure que sa réponse sera toute différente.
- Très bien. Il se tourna vers Maxon. Votre Majesté, je vous pose la question à votre tour. La reine aurait-elle un fort caractère ?
- En quelques sortes...
- Vous voulez bien nous en dire plus ? Relança le journaliste du tac au tac.
- Je dirais qu'elle est déterminée. Elle sait ce qu'elle veut. Croyez-moi, quand elle a une idée en tête, ou une conviction, elle n'en démord pas. Rien ne pourra la faire changer d'avis. Sa détermination qui vire parfois à l'obstination est à toute épreuve. Un vrai bulldozer. Cela m'impressionne toujours beaucoup. Mais je crois que c'est de famille. Surtout Gavril, ne vous retrouvez jamais seul en compagnie de tous les Singer dans la même pièce ou vous risquez, en plus de ne pas repartir avec votre ouïe intacte, d'avoir quelques hallucinations.
- Peut-on savoir ce que vous entendez par là, Votre Majesté ?
- Et bien… Disons que c'est une joyeuse cacophonie quand ils s'y mettent. Un océan de chevelures rousses et d'yeux bleu qui ne tient pas en place.
- Sont-ils tous semblables à ce point-là ?
- Savez-vous Gavril que je confonds encore parfois ma femme avec sa jeune sœur ? Elles se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Avec quelques années d'écart bien entendu.
Des rires timides s'entendirent dans le studio.
- Peut-être est-ce parce que tu voudrais me voir toujours aussi jeune et spontanée que May ?
- A mes yeux, tu l'est toujours ma chérie.
- Donc à vous entendre, on penserait que votre famille, Votre Majesté, est tout à fait extraordinaire. Repris le présentateur, mine de rien.
- Extraordinaire dans quel sens, Gavril ? Car ce que mon époux ne dit pas, c'est que nous nous disputons souvent.
- Comme toute fratrie. Me répondit-il.
- Mais l'important, après tout, est que tout finisse toujours bien, qu'importe le sujet. Vous pouvez entendre des rires francs pas même cinq minutes plus tard, tout est oublié. C'est cela qui est extraordinaire. Ils restent toujours unis, quoi qu'il arrive. Intervint Maxon. Je le regarde, surprise. Alors que j'ouvrais la bouche pour répliquer, je me rendis compte qu'il avait raison. Nous ne laissions jamais un différend nous tenir éloigné les uns des autres très longtemps. Les épreuves avaient forgées de solides liens entre nous.
- Oh ! Et méfiez-vous de sa mère aussi. Reprit-il. Elle peut être redoutable vous-savez ? Si les sœurs ont la même beauté, le caractère de feu vient de leur mère.
- Est-ce vrai, Votre Majesté ? Gavril se tourna vers moi
- Je n'en reviens pas qu'on en soit venu à parler de ma mère. M'exclamais-je, riant à moitié.
- Mais vous évitez la question, Votre Majesté.
- Pas du tout. Récriais-je, hilare.
- Quelle est donc votre réponse ?
- Je ne suis pas impartiale en cette matière alors si vous voulez une réponse franche et honnête, ce n'est pas chez moi qu'il faut venir la trouver. Il y a une personne qui a l'air d'en savoir long sur le sujet ici.
- Mais c'est votre avis que nous aimerions avoir…
Je coulais un regard vers Maxon. Intérieurement, je le maudissais d'avoir lancé le sujet. Il s'amusait à me voir essayer de me dépêtrer de cette situation.
- Vous me connaissez suffisamment Gavril… Je ne suis pas du genre à m'étendre en compliments ou remarques sur ma personne. Les autres font cela mieux que moi. Je vous laisse donc juger par vous-même de la question.
- Qu'elle diplomate ! Dit-il, impressionné.
- Je vous l'avais dit ! Sourit mon époux, une lueur de fierté dans le regard. Votre reine n'est pas seulement belle et polie. Elle est humble et adroite en plus de cela. Je ne pourrais avoir meilleure reine à mes côtés.
- Mon époux surestime mes capacités.
- Pas du tout. Tu es trop modeste, ma chérie. Mais est-il utile de répéter ce que j'ai dit précédemment ?
- Non. Je crois que cela ira, Maxon. Le taquinais-je. Pouvons-nous continuer Gavril ?
- J'allais justement vous le proposer, Votre Majesté. Pas que je n'apprécie pas l'énumération de toutes vos qualités plus qu'évidentes mais ce n'est pas l'objet de notre rassemblement de ce soir.
- Encore un excellent exemple de la perfection de votre reine, elle ne cherche pas à attirer les regards et les remarques sur elle.
- Ce n'est pas mon rôle, voilà tout.
- Et il faut dire que vous n'aimez pas beaucoup cela, je me trompe ?
- Pas du tout, Gavril. Vous savez, toute mon enfance j'ai été invisible et passer de l'ombre à la lumière d'une façon si brutale a été un réel défi pour moi. Ce n'était pas facile de gérer le fait d'être devenue le centre de l'attention en l'espace de si peu de temps, je n'étais pas prête. Dans un certain sens, je ne m'y suis toujours pas habituée avec le temps.
- Pourquoi cela ?
- Et bien, je ressens toujours cela comme une intrusion dans ma vie privée, dans ma sphère personnelle. On m'a inculqué étant petite que la vie privée était ce qu'il y avait de plus sacrée pour une personne. Etant d'une nature très indépendante, j'ai toujours décidé pour et par moi-même. Etre ainsi toujours suivi d'un photographe ou que vous alliez, quoi que vous fassiez vous empêche d'être totalement libre. Vous avez l'impression de ne plus être vu comme une personne mais comme un objet. A partir de ce moment-là, vous n'avez plus rien. Bien que, tous pensent que vous avez tout ce que l'on peut désirer dans la vie, vous vous sentez dépossédé. Votre vie ne vous appartient plus, elle appartient aux autres, vous n'en avez plus aucun contrôle car elle est soumise à toutes les critiques et jugements de toute parts. Devoir être constamment sur ses gardes, scruter chaque recoins obscur quand vous entrez dans une pièce, répondre toujours au même types de questions auxquels vous n'avez pas forcément envie de répondre met les nerfs à rude épreuve. Vous ne pouvez pas vous détendre et c'est épuisant à la longue.
Je me tus, à court de mots. Je ne savais pas comment exprimer et expliquer tout mon vécu de la façon la plus juste possible. Tout comme Maxon qui avait tenté de le faire plus tôt. J'espérais avoir réussi à transmettre à mes sujets au moins un peu de mon ressentis, qu'ils aient imaginés, sinon s'être mis à notre place, l'enfer par lequel nous étions passés. Je savais au fond de moi que personne ne pouvais nous comprendre vraiment car aucun autre n'était passé par là. Il existe des choses dont on ne peut prendre conscience que lorsqu'on l'a vécu personnellement. Et cette situation en faisait partie.
- Et maintenant ? Comment le vivez-vous ?
- Mieux. Grâce à Maxon qui m'a soutenue, aidée, appris. Il a tout fait pour que la passation du pouvoir se fasse au mieux… Bien que je pense qu'il a dû prendre beaucoup de travail en plus pour compenser.
- Ce n'était rien, cela. Il le fallait. Et puis, je pense qu'il va bientôt falloir que je m'y remette.
Je voyais où il voulait en venir par là et je m'exclamais :
- Ne t'en avise surtout pas, je te préviens. Je suis encore capable d'assumer ma charge.
- Il va bien falloir pourtant. Tôt ou tard.
- Le plus tard possible sera le mieux. Pour l'instant, je suis parfaitement compétente.
- Nous verrons cela en fonction des circonstances. Il est possible que tu changes d'avis plus vite que tu ne le crois.
- Attendez, attendez ! Je ne comprends pas, Vos Majestés. Où voulez-vous en venir ? Intervins Gavril, perdu.
- Nous avons une grande nouvelle à vous annoncer ce soir. Maxon se redressa, il irradiait de bonheur et de fierté. Le moment que je redoutais tant était arrivé. J'avais espéré vainement qu'il ait abandonné cette idée mais ce Bulletin n'avait-il pas été organisé pour cela ? A quoi rimerait-il si nous annulions tout au dernier moment ? Mais il était trop tard. Par cette simple phrase, mon mari avait lancé la machine. Nous ne pouvions plus revenir en arrière. Cette idée, et toute ses implications, me donna des sueurs froides. Je plongeais mon regard dans celui de mon mari, anxieuse et en quête de soutient. Ses yeux brillaient de milles étoiles. Peut être le reflet de mon diadème ? Ils exprimaient en tout cas un bonheur et un amour infini. Je ne l'avais jamais vu aussi heureux. Aux antipodes de ce que je ressentais. Je n'avais qu'une envie, pour ma part. Fuir. Il tentait de réprimer le sourire qui menaçait de s'épanouir sur son visage, attendant le bon moment pour l'afficher aux yeux du monde entier. Il pressa ma main pour me rassurer. Par cet échange silencieux, qui n'avait pas duré plus de quelques secondes, je compris que tant qu'il était à mes côtés, rien ne pourrait aller mal ce soir.
- Et quelle est-elle, cette grande nouvelle ?
- Pour cela, je vais laisser la parole à ma tendre femme.
Il tourna la tête vers moi. C'était le moment. J'avançais donc d'un pas pour me retrouver à ses côtés. Ma main dans la sienne, je pris la parole, la boule au ventre et la voix chevrotante. Mon cœur battais à tout rompre dans ma poitrine.
- Bonsoir, Peuple d'Illéa. Mon époux, le Roi et moi-même, avons l'immense joie et le grand bonheur de vous faire part de l'agrandissement prochain de notre famille.
Un silence accueilli ma déclaration. C'est Gavril qui réagit le plus vite.
- Attendez, Vos Majestés. Cela veut donc dire que… ?
- En effet Gavril ! Nous attendons notre premier enfant. Un héritier à la couronne d'Illéa verra bientôt le jour. Ria Maxon, tout simplement heureux.
Les cris de joie et de surprise fusèrent dans le studio, bientôt suivi par des applaudissements à tout rompre. Toutes les personnes présentes s'étaient levées et nous applaudissaient, un sourire aux lèvres. Marlee et ma sœur avaient même les larmes aux yeux, bien qu'elles le savaient toutes les deux depuis le matin même. Carter essayait de rester le plus digne possible, son entrainement de soldat laissait ses habitudes et elles avaient apparemment la vie dure. Mais je voyais bien qu'il avait les larmes aux yeux lui aussi.
- Quelle surprise ! Je n'en reviens pas ! Je n'ai pas même entendu parler d'une rumeur à ce sujet. Vous avez brillamment réussi à garder le secret. Toutes mes félicitations ! A vous deux.
J'inclinais la tête en signe de remerciement, encore trop secouée.
- Mais dites-nous en plus ! Nous voulons tout savoir ! Depuis quand le savez-vous ? Quand l'arrivée est-elle prévue ? Ce sera une fille ou un garçon ? Avez-vous déjà des prénoms en tête ? Qui aura l'honneur d'être son parrain et sa marraine ? Nous demanda le présentateur, sans même reprendre son souffle.
- Doucement, Gavril. Lui répondis-je en riant.
- Nous ne le savons que depuis à peine 2 jours. Continua Maxon.
- Pas plus que nous ne savons si c'est un garçon ou une fille. Renchéris-je
- Quant à sa naissance, ce sera à son bon vouloir, je suppose. Ajouta mon mari
- On ne contrôle pas ces choses-là, Gavril. Lui confiais-je.
- Vous devez, dans ce cas, au moins avoir une date approximative de sa naissance ?
- Pas le moins du monde ! M'exclamais-je.
- Comme nous vous l'avons dit, il y a deux jours nous ne savions même pas qu'un heureux événement allais s'imposer à nous de la sorte. Tout est allé très vite. Approfondi Maxon.
- Nous pouvons simplement vous dire que j'en suis à 8 semaines.
- Vos Majestés, seriez-vous en train de nous dire que vous ne voulez pas nous dire ce que nous voulons entendre ?
Maxon croisa mon regard une fraction de seconde et je pus y lire tout son bonheur, sa joie, son amour mais aussi son amusement. Il se délectait de la situation. Pour une fois que nous avions le contrôle du jeu de bout en bout…
- Vous ne vous attendiez quand même pas à ce qu'on vous révèle tout immédiatement ? Ne serait-ce pas plus amusant de connaitre les informations au fur et à mesure ?
- Mais nous sommes si impatients de tout savoir
- Et n'est-ce pas moi qui suis sensé poser les questions ?
- Vous êtes intelligent, Gavril. Si vous y tenez tant que cela, il vous suffit de calculer.
- Je vois que vous ne voulez vraiment pas nous le dire, je me trompe ?
- Absolument pas. Nous exclamons nous en cœur.
- Très bien dans ce cas… Nous sommes en mai. Vous êtes à deux mois de grossesse, Votre Majesté. Ce bébé devrait donc naitre dans le courant du mois de novembre ! Est-ce bien cela ?
- Si vous le dites, Gavril.
- Ainsi donc nous ne connaitrons pas le fin mot de l'histoire.
- Pour l'instant, Gavril. Pour l'instant.
- Je ne doute pas que l'avenir nous réserve pleins de surprises.
- Je n'en doute pas une seconde, Vos Majestés. En attendant, je vous souhaite tout le bonheur du monde et une excellente santé. Et je suis sûr que le peuple dans son ensemble se joint à moi.
- Merci, Gavril. Merci a tous.
- Oh ! J'oubliais ! Avant de vous quitter, j'aurais une dernière question.
- Bien sûr.
- Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?
- Nous ne nous sentions pas prêts à fonder une famille avant maintenant. Trop d'évènements étaient arrivés en si peu de temps. Nous avions besoin d'une pause. Besoin de nous retrouver. Commença Maxon, un léger voile sur les yeux alors que les souvenirs faisaient surface.
- Je comprends bien mais ensuite ? Les années ont passées alors pourquoi maintenant seulement ?
- Pour tout vous dire, cet enfant a été une véritable surprise ! Nous ne nous y attendions pas.
- Mais quelle agréable surprise, n'est-ce pas ?
- En effet. Mais pour répondre à votre question, nous voulons élever nos enfants dans un climat de calme, d'amour et d'attention. Nous ne voulons pas qu'ils ne connaissent leurs parents que par les histoires que leur raconteront leurs nourrices ou par les images qu'ils voient de nous et que l'on deviennent des étrangers pour eux. Nous voulons être présents à chaque étape de leurs vies.
- Ce qui est compréhensible. Confirma Gavril
- Et cela n'était pas possible avant aujourd'hui. Termina simplement mon époux.
- La dernière question, Vos Majstés, promis après je vous laisse aller vous reposer de cette journée qui n'a pas dû être la plus calme.
- Allez-y, Gavril.
- Comme vous l'avez justement dit au début de cette émission, la plupart de vos prédécesseurs n'ont eu qu'un enfant. Est-ce dans vos projets de suivre leur exemple ?
- Seul le temps nous le dira… Mais entre nous, nous espérons bien que ce ne sera pas la dernière fois…
- Et j'espère être encore là pour le voir. En tout cas, merci Vos Majestés d'avoir bien voulu répondre à ces quelques questions. Et encore toutes mes félicitations pour ce premier heureux événement. Qui sera, je le souhaite de tout cœur, suivi de bien d'autres !
- C'est nous qui vous remercions, Gavril.
La camera se fixa sur le présentateur phare du Bulletin tandis que nous regagnions nos trônes. Nous étions désormais hors champs et je pus enfin souffler pendant que le Bulletin s'achevait.
- Tu étais magnifique ma chérie. Me glissa mon époux à l'oreille.
- Vraiment ?
- Vraiment. Tu as été époustouflante. Je ne pensais pas que tu y arriverais aussi bien et que tu sois aussi à l'aise devant des millions de gens dans ce genre de situation, compte tenu de ton état.
- J'ai reçu beaucoup d'aide aussi.
Il prit ma main dans les sienne et l'embrassa.
