Je suis rapide, n'est-ce pas ? Vous voyez, quand je ne me bride pas par des dates inutiles, je peux écrire beaucoup. Bon j'avoue, c'est surtout parce ce soir, j'avais beaucoup d'inspiration !
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira ! Il regorge de chouettes choses, vous verrez :D
Yao rentra chez lui en traînant les pieds. Tout s'était terminé si vite à ses yeux que c'était à peine croyable ! A un moment, il tentait de ramener la conversation vers des eaux plus normales, peu après, c'était leurs adieux définitifs. Il se demandait s'il ne nageait pas en plein rêve. Si leur rencontre n'était pas prévue pour après, tout compte fait. Ou n'était pas prévue du tout.
Il n'avait pas voulu le voir s'éloigner, le voir disparaître de son champ de vision pour toujours, alors il avait pris les devants. Il avait lui-même rapidement tourné le dos et s'était éloigné, se pressant vers chez lui, vers ses draps qui l'attendaient, prêts à l'accueillir, lui et ses regrets par rapport à la soirée passée.
Il poussa, las, la porte d'entrée et tomba sur son salon où il avait – encore – oublié d'éteindre la lumière avant de partir. Il s'affala dans le canapé après s'être rapidement fait un thé, touillant dans la tasse avec sa cuillère. Que devait-il penser de lui, d'eux ? Tout cela avait été bien étrange. Il n'avait pas l'habitude d'inviter des hommes au cinéma, néanmoins, il se doutait qu'une rencontre normale ne se serait pas déroulée de la sorte. Était-ce sa faute ? Ou bien celle du Japonais ? Il ne le saurait jamais. Et de toute manière, plus jamais il n'aurait le loisir de l'enquiquiner et de le perdre dans les méandres de l'embarras. L'inverse était vrai aussi.
Certes, il était bien conscient qu'il ne partait pas immédiatement du pays, cependant il n'allait plus envoyer de messages, plus tenter de le contacter par un moyen ou par un autre. Il avait décidé de le quitter ce soir, comme ça, prétextant une excursion, grand bien lui fasse. Il n'avait pas émis l'hypothèse d'une possible autre rencontre avant son départ, très bien. Il n'insisterait pas, il n'était pas un forceur.
Du moins, pas aujourd'hui.
Quel revirement de situation pour lui qui, quelques heures seulement plus tôt, attendait tel un idiot une réponse après la représentation. Alors que l'autre avait purement et simplement écrit qu'il allait se coucher. Il se sentait étrange quelques fois. Un vrai paradoxe.
Il jeta un coup d'œil vers la porte close de sa chambre. S'il avait eu un peu plus de chance, peut-être qu'il serait en train de déshabiller ce charmant Japonais à l'heure qu'il était. Mais bon, la chance, il n'en avait pas beaucoup eue en amour au cours de sa vie. Oh, il n'était pas difficile pour lui de trouver quelqu'un qui accepte de partager quelques heures en sa compagnie, mais ça n'allait pas plus loin. Jamais.
Il décida de réitérer l'expérience parce qu'il ne se sentait pas d'humeur à simplement s'endormir, comme si rien ne s'était passé. S'il n'avait pas été aussi maladroit, les choses auraient pu être autres. Si l'autre n'avait pas été si timide, si fermé, aussi. Et il avait un mauvais pressentiment.
Le temps de reprendre sa veste, d'enfiler à nouveau ses chaussures, et il avait quitté son habitation aussi vite qu'il y était apparu. Direction un bar quelconque, pas trop loin, et acceptant sans juger les gens comme lui. Fort heureusement, il y en avait un à quelques pas de chez lui.
Il termina sa nuit chez un parfait inconnu, qui sentait bon le parfum bon marché et l'alcool.
Avec tout ça, il se leva trop tard et lorsque enfin il pointa le bout de son nez, les aînés furent là pour lui rappeler à quel point il était oisif et ne tenait pas ses engagements. Il avait du ménage à faire et il était plus que grand temps de le faire. Il eut beau se justifier, disant que finalement, il n'avait pas passé un si bon moment qu'il l'espérait avec le travailleur japonais, ils furent sans scrupule ; il nettoierait toute sa journée, qu'il le veuille ou non.
Et alors que ses collègues étaient attelés à des occupations cent fois plus intéressantes, il ne put quitter son poste d'homme de ménage à la limite de l'esclavage. Pourquoi s'était-il levé au juste ? Une ou deux heures de sommeil en plus n'auraient pas été du luxe et sa lourde tâche aurait été reportée à plus tard. Il aurait dû de toute manière l'exécuter mais aujourd'hui, il n'avait franchement pas la tête à ça.
Toutefois, demander la clémence à ces vieux lions était comme demander la lune. Soit impossible.
Il rentra chez lui en râlant. Pourquoi, lorsqu'il n'était pas d'humeur, c'était également le cas des autres personnes autour de lui ? Pas un « au revoir », pas de « merci pour ton travail, tu as bien bossé », rien ! D'ailleurs, avec tout cela, il fut le dernier à quitter les lieux, suivi de près par l'homme âgé chargé de le surveiller pour être sûr qu'il ne fasse pas n'importe quoi.
L'exaspération était à son plus haut niveau. Il aurait pu égorger un dragon si l'un d'eux avait eu la malchance de croiser sa route.
Mais, alors qu'il ouvrait le clapet de son ordinateur pour vérifier les réseaux sociaux sur son compte anonyme – mine de rien, il était une vraie commère – et pour lire les éventuels mails qu'on aurait pu lui envoyer sur ses deux adresses – l'une exclusivement réservée à ses interactions illégales et connues de sa seule personne – quelle ne fut pas sa surprise d'y trouver un message qui n'aurait pas du y être. Provenant d'un certain Kiku Honda.
Il s'étrangla avec sa salive. Comment avait-il trouvé comment le contacter par la voie du net ? Et comment était-il tombé sur cette adresse mail tenue secrète ? Il y avait quelque chose de louche là-dessous, mais il était néanmoins curieux de voir ce qu'il lui était passé par la tête pour penser à lui à nouveau et pour songer à lui donner de ses nouvelles, ou lui faire part d'une information importante. Il pria pour qu'il n'ait pas découvert la vérité à propos de ses activités méritant tout simplement la peine capitale.
Visiblement non.
Cher Yao,
Il ne m'a pas fallu longtemps pour trouver un moyen de vous envoyer ce mot. Comprenez ; je suis un ancien geek et j'ai bien des compétences dans le domaine de l'informatique et du piratage. Soyez-en sûr, je n'ai pas cherché plus loin. J'ai juste intensivement cherché à comment je pourrais vous contacter plus facilement que par SMS.
Et ça, déjà, le Chinois en doutait. Il n'était pas très doué avec un appareil complexe dans les mains, mais avait quelques craintes vis-à-vis de ce qu'avait fait l'enquêteur pour dénicher cette information. L'adresse qu'il utilisait pour passer commande de substances illicites, quoi ! Encore heureux qu'il ne l'avait pas appelée « . . » arobase crétin point com. Il poursuivit cependant sa lecture.
A vrai dire, notre soirée d'hier me taraude depuis que nous nous sommes quittés. Pour être totalement honnête avec vous, je ne me sens pas correct par rapport à mes agissements. Je trouve que j'ai été rapide à mettre fin à nos échanges, que j'ai dit que je devais me dépêcher de rentrer même si c'est vous qui êtes parti en premier. Ce fut très surprenant d'ailleurs, surtout après l'étreinte que vous m'aviez offerte. Néanmoins, je n'ai été que peu étonné ; vous aviez déjà agi comme ça lors de notre thé.
Pourquoi diable était-il formel ? Le Chinois ne comprenait pas. Et où voulait-il en venir ?
Et je vous ai vu entrer dans ce bar, puis en sortir, quelques instants plus tard, accompagné ; j'étais dans le salon de thé juste en face. Je ne suis pas revenu tout de suite chez moi, à vrai dire, et c'est pour cela que je me sens encore plus coupable. J'ai mis fin à notre discussion plus tôt qu'il n'était nécessaire. Vous espériez plus, n'est-ce pas ?
Enfin, ce qui est fait est fait. Je vous ai juste envoyé ce message, peut-être pour m'excuser si vous aussi vous avez trouvé que j'ai mal agi. J'ai toujours eu du mal à rester serein face à quelqu'un d'autre et ça ne m'a apporté que des problèmes. Ce n'est absolument pas contre vous, c'est général.
Mon patron vient de m'envoyer un message. Il a avancé ma date de départ d'un jour. Je pars donc demain matin. Alors j'aimerais vous remercier une dernière fois pour ces trois agréables soirées, et pour avoir payé à deux reprises. Nous ne nous reverrons sans doute jamais – et j'avoue ressentir une pointe de déception à cette idée – et je vous promets de ne pas vous oublier.
Passez une bonne soirée.
Yao prit un long moment pour relire l'entièreté de la missive une seconde fois. Et il ne sut pas quoi en penser. Il était terriblement touché par les mots de l'insulaire, qui sans doute, avait dû faire preuve d'un grand courage pour écrire tout cela et pour mettre sa fierté de côté dans le but de s'excuser et il était heureux que leur histoire ne se soit pas terminée aussi brutalement qu'il ne l'avait pensé quelques temps plus tôt.
Mais d'un autre côté, il y avait cette histoire de découvertes. D'un côté, il avait trouvé son adresse tendancieuse, de l'autre il l'avait vu se jeter au bras du premier homme qui passait. Peut-être même l'avait-il vu l'embrasser devant le bar. Il se sentait si embarrassé ! Pourtant, le jugement ne transparaissait pas dans ses mots. Il ne semblait pas choqué par ce qu'il avait vu, rien du tout de tout cela.
Malheureusement, désormais, il craignait un peu plus ce Japonais qui au début, lui était apparu simple et inoffensif. Sa dangerosité avait augmenté d'un cran et il regretta même leurs diverses rencontres. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentit menacé et eut peur, vraiment peur que ses défenses, que la carapace qu'il avait construite autour de lui et de son identité s'effrite et révèle ce qu'il faisait de mal aux yeux de tous.
Quelques jours plus tôt, cet homme avait pu le voir dans ses plus beaux habits, magnifique et fort. Il pourrait très vite découvrir qu'il n'était qu'une traînée adepte d'opium et parfois d'autres horreurs du même style. Il n'était pas accro, attention, du moins pas encore, mais il était coupable, et sale.
Il se mordit la lèvre, éteignant immédiatement l'ordinateur. Il ne pourrait pas répondre ce soir. Jamais à vrai dire.
Alors qu'il avait passé une poignée de jours, éventuellement d'heures à songer à lui positivement, le rêve se brisait. Il était toujours pareil mais représentait une menace. Peut-être fausse, peut-être réelle, mais dans son cas, la prudence était de mise.
Il alla se coucher, les pensées obstruées par la négativité et l'idée de ce que Internet pourrait révéler le concernant. Et à nouveau, il espéra que ce mail n'ait été qu'un horrible cauchemar duquel il pourrait bientôt se réveiller.
J'ai l'impression de me répéter par contre %D
Bon, pour le prochain chapitre, on aura un Kiku de retour au pays avec, comme vous pouvez vous l'imaginer, ses réflexions par rapport à ce qu'il a découvert. Jusqu'où est-il allé dans ses recherches, pendant son dernier temps-libre en Chine ? Faudra un peu attendre pour le découvrir ! (sauf si vous lisez cette fic dans quelques semaines/mois, alors vous aurez de la chance)
N'oubliez pas la review, j'ai faim moi !
