-Rose !

La voix de ma mère me réveilla. Elle me secouait doucement.

-Allez debout, il est l'heure. Ton frère est déjà levé.

Je grognais et me levais péniblement. La veille, nous nous étions rendus au réveillon de Noël chez mes grands parents maternels. Ma mère mettait un point majeur au fait que le réveillon se déroule toujours sans magie, comme lorsqu'elle était petite même si la magie ne dérangeait pas mes grands parents. Aujourd'hui, nous nous rendions au diner de famille chez mes grands parents paternels, au Terrier. Depuis toute petite, j'adorais ces diners en famille, car c'était l'occasion pour moi de voir certains de mes cousins que je voyais rarement notamment Louis, qui résidait la plupart du temps en France, à l'école de Beauxbâtons. Néanmoins, cette année, je n'avais pas hâte de me retrouver au milieu de mes cousins. James ne m'avait pas adressé la parole depuis le jour où il avait attaqué Scorpius. Quant à Albus, nous n'étions plus aussi proches qu'auparavant. Le Bal de Noël s'était très bien terminé pour lui, et il attendait de se réunir en famille pour annoncer le fait qu'il sorte avec Alice.

C'est pourquoi je me préparais sans entrain, étant juste prête pour l'heure de départ prévue par mes parents. Ils me pressèrent pour ne pas arriver en retard. Ma mère entreprit de nous emmener au Terrier par l'intermédiaire du transplanage d'escorte. Mon père se chargeait d'amener les cadeaux.

Ma grand-mère Molly se précipita pour nous serrer dans ses bras. Hugo se dépêcha de rentrer dans la maison pour rejoindre nos cousins. Je le suivis avec un peu moins d'entrain sous le regard réprobateur de ma mère. Une fois dans le salon, je saluais tout le monde et m'assis dans un coin. Je regrettais de ne pas avoir pris quelque chose pour m'occuper. J'examinais la décoration du sapin, souriant devant la vision du gnome stupéfixé et peint en doré au sommet du sapin. Des rires venant de la cuisine me sortirent de ma contemplation et je me retournais vers la porte pour voir entrer la famille Potter au complet. Mon oncle Harry riait avec mes parents. C'était toujours un grand plaisir de voir le trio réunit. Quand mon frère et moi étions petits, mes parents nous racontaient parfois certaines aventures qu'ils avaient eues avec Harry. En cachant certains détails qu'ils avaient choisis de nous raconter une fois parvenus à un âge où cela ne risquait plus de nous donner des cauchemars. Mon cousin James suivit Harry. Ses yeux firent un rapide tour de la pièce. Ils s'arrêtèrent quelques secondes sur moi pour me fusiller du regard. Puis mon oncle Georges entreprit de discuter avec James ce qui détourna son attention de moi. Albus vint vers moi et me salua d'un sourire.

-Alors prêt pour annoncer la grande nouvelle ?

Je rigolais. Néanmoins, il n'avait pas vraiment l'air à l'aise. Il se laissa tomber sur la chaise à côté de moi.

-Tu sais, ça me gêne un peu pour toi… Tu sais, tenir la chandelle…

Je retrouvais mon sérieux.

-Ne t'inquiètes pas Albus, je ne compte pas rester tout le temps avec vous…

Il soupira.

-Déjà ces derniers temps tu restais souvent seule…

Mon grand père apparut à ce moment là, chargé des cadeaux. Il me sauvait la mise. Je n'avais pas besoin d'une nouvelle dispute avec Albus, James savait parfaitement s'y prendre pour me faire des reproches. On se tut pour regarder la distribution des cadeaux.

A la fin, tout le monde se dirigea vers la salle à manger. Ma grand-mère entreprit de servir les plats. Au milieu du repas, alors que les conversations allaient bon train, Teddy prit sa fourchette et tapota légèrement son verre. Tout le monde se tut et se tourna vers lui. Il se leva.

-Hum… Voilà, je voulais juste vous dire à quel point j'étais heureux qu'on se retrouve à nouveau ici. Encore aujourd'hui je me rends compte de la chance inouïe que j'ai de vous avoir.

Il se tourna vers Harry.

-Tout d'abord, toi, parrain. Tu as été sans doute le premier à m'accepter comme membre de ta famille. Ensuite, vous m'avez tous accepté au fil des années. Et puis, en grandissant j'ai vu naître la plupart d'entre vous. Mais j'ai également vu naître celle qui allait illuminer ma vie.

Il se tourna vers ma cousine Victoire et ses yeux se remplirent de larmes.

-Tu es née un 2 mai. J'ai toujours détesté ce jour car c'est l'anniversaire de la mort de mes parents. Mais tu m'as aidé à supporter ce jour maudit. Et finalement, tu as fini par réussir à me supporter. J'ai vite compris que tu étais la femme de ma vie.

Pour finir il se tourna vers Bill.

-C'est pourquoi aujourd'hui je te me tourne vers toi Bill. Tu as longtemps été un ami pour moi avant de devenir le père de celle que j'aime. J'ai patiemment attendu que Victoire finisse ses études et qu'elle trouve un travail. Maintenant… Je voudrais te demander sa main.

Tout le monde se tourna vers Bill.

-Mais… Mais bien sûr Teddy ! Tu fais parti de la famille depuis ta naissance et je serais ravi que tu deviennes mon gendre !

Teddy se tourna vers Victoire qui sauta dans ses bras. Ma grand-mère Molly fondit en larmes. Tout le monde se leva pour féliciter les fiancés. Rapidement la conversation s'orienta vers la date du mariage.

-Et bien on avait pensé se marier au mois de juillet…

Teddy se tourna vers nous, « les jeunes ».

-Et bien sûr, si vous avez quelqu'un, ils sont invités…

Albus se leva.

-A ce sujet… Alice et moi…

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Ginny sautait déjà de joie et Harry s'approcha de son fils pour le prendre dans ses bras.

-Bon c'est pas bientôt fini ces nouvelles ? A qui le tour ? James ?

-Très peu pour moi, merci. Mais par contre Rose ne dirait pas non à un certain blond…

James avait lancé ça sur un ton assassin.

Mon père se tourna vers moi.

-Un blond ? Rose, de qui veut-il parler ?

Je fusillais mon cousin du regard.

-Oh, je pense que mon cousin James ne sait pas faire la différence entre amour et amitié. Il ne remarque même pas qu'une de ses amies est amoureuse de lui, alors…

James resta bouche bée.

-Qui ?

Je ne pus retenir un rire qui sonnait faux.

-Vous voyez ?

Je me levais et sortit de la maison. Dehors, la neige avait commencé à tomber. Je m'assis sur un banc et enfouis ma tête dans mes mains. Je n'aimais pas perdre mon sang froid comme ça mais je ne supportais plus les querelles idiotes. Auparavant j'anticipais toujours ce qui pouvait se passer et j'étais très rarement surprise par les événements. Mais depuis que je côtoyais Scorpius ma vie n'était plus du tout la même.

-Rose ?

Je relevais la tête vivement. Mon frère se tenait à quelques pas de moi, tenant ma veste dans ses mains. Il s'approcha de moi et me tendit la veste. Puis il s'assit à mes côté. On resta ainsi quelques minutes. Ni lui ni moi ne prit la parole. Puis il finit par rompre le silence.

-Angelina a changé de conversation. Mais James continu de faire la tête dans son coin.

Je ne répondais pas.

-Je ne sais pas de qui parlait James mais c'est vrai que depuis quelques temps tu es assez… Différente.

Je ricanais. Différente ?

-Tu sais Rose, tu es ma sœur et je me fou vraiment de ce que pensent nos cousins. C'est ton avis qui importe. Si tu penses que quelqu'un est fréquentable, c'est qu'il l'est. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'autre que toi avec un sens du jugement aussi juste que le tien. Mais quand je dis que tu es différente ce n'est pas pour te vexer, au contraire. Tu es beaucoup plus à l'écoute des gens, tu sors enfin ta tête de tes livres et tu arrêtes de suivre certains conseils stupides d'Alice.

Je souris. Il parlait sans doute des conseils vestimentaires qu'elle me prodiguait parfois et que je suivais souvent pour ne pas la vexer.

-Tu fais enfin les choses par toi-même, tu arrêtes de te demander quel est le regard des autres sur toi…

Je me retournais sur mon frère. Il était si sérieux. Je ne l'avais jamais vu ainsi. Je me rendis soudain compte que mon frère avait mûrit et qu'il avait comprit beaucoup de choses. Beaucoup plus de choses que moi, qui étais pourtant de deux ans son aînée.

Je le pris dans mes bras.

-Merci Hugo, tu es vraiment… Génial.

Il rigola et fini par m'entrainer dans la maison. En entrant dans le salon je vis ma mère lancer un coup d'œil à Hugo qui lui fit un léger signe de tête. Je retournais m'asseoir à ma place, suivit par mon frère. Je jetais un coup d'œil en coin à James qui regardait son verre d'un air absent. Je levais les yeux au ciel. Et moi qui pensait qu'il faisait semblant de ne pas voir l'amour de Sarah pour lui !

Finalement la journée se termina avec l'habituelle émission de radio avec Célestina Moldubec. Ensuite, ma mère nous ramena à la maison, de la même façon dont nous étions arrivés. Je prétextais la fatigue et montais rapidement dans ma chambre. Quand j'ouvris la porte de ma chambre, je remarquais immédiatement un hibou grand duc sur le rebord de ma fenêtre. Je me précipitais pour lui ouvrir la fenêtre. Il laissa tomber une lettre sur mon lit et repartit sans demander son reste. Je me précipitais sur la lettre et reconnus l'écriture soignée de Scorpius. Je me dépêchais de décacheter l'enveloppe.

« Juste une petite lettre pour te souhaiter un Joyeux Noël mais également pour te dire que tu me manques énormément… Je ne peux t'écrire plus longuement car ma mère m'appelle pour que je me dépêche afin de ne pas mettre mon grand père de mauvaise humeur en arrivant en retard à table… A très bientôt, S. »

Je souriais en relisant la première phrase. S'il savait à quel point il me manquait lui aussi ! Quand j'entendis quelqu'un monter les escaliers je me dépêchais de mettre la lettre dans un tiroir de mon bureau et de me mettre au lit. Je m'endormis vite d'un sommeil sans rêve.

Le lendemain matin, je me réveillais vers dix heures. Je sautais aussitôt sur mes pieds, ayant peu l'habitude de me lever après huit heures. Quand je m'assis à la table de la cuisine pour prendre mon petit déjeuner, mon père arriva dans la cuisine.

-Ah quand même, tu as fini par te lever !

Il s'assit face à moi.

-Je voulais te demander si tu voulais venir à Londres avec moi, j'ai une affaire à régler sur le Chemin de Traverse. Mais comme tu n'es pas prête…

-Laisse-moi un quart d'heure.

Il sourit et quitta la pièce. Je me dépêchais de finir mon petit déjeuner et je fonçais dans la salle de bain pour prendre une douche rapidement. Mon père rigola en me voyant arriver quinze minutes plus tard devant lui, essoufflée et rouge pivoine. Il me saisit le bras et transplana dans une ruelle proche du Chaudron Baveur.

Je le suivis dans le célèbre bar. Le barman nous salua de son sourire édenté. Je suivis mon père jusqu'à une table au fond du bar.

-Voilà Rose, je dois attendre quelqu'un ici. Tu peux aller sur le Chemin de Traverse si tu le souhaites et je te rejoindrais chez Weasley Farce et Attrape.

Je laissais donc mon père seul et sortit dans la cour. Quand j'émergeais sur le chemin, je vis que la rue était quasiment vide, sans doute à cause de la neige qui tombait en gros flocons. Je me dépêchais donc de me rendre chez Fleury et Bott. Je flânais parmi les rayons quand un livre tomba à mes pieds. Je le ramassais et le remis sur son étagère. C'est alors que j'aperçu Scorpius de l'autre côté du rayon. Il me fit un clin d'œil et me fit signe de ne pas lui parler. Je remis le livre à sa place et entrepris de faire le tour de la librairie. C'est alors que je vis Scorpius avec un homme qui devait sans conteste être son père. Scorpius lui ressemblait beaucoup. Draco Malfoy tourna la tête au moment où je le regardais et il croisa mon regard. C'est ce moment que choisit un employé du magasin pour me proposer son aide.

-Vous cherchez quelque chose en particulier Mademoiselle ? Avez-vous vu le dernier livre que nous avons reçu ? La dernière bataille, ça relate les conséquences de la dernière guerre sur le monde des sorciers et notamment sur quelques familles…

Je fis mine de m'intéresser au livre mais je savais que ce livre était sans doute aucun un énième hommage aux morts de la dernière guerre des sorciers. Toute mon enfance j'avais vu ma famille commémorer Fred, Tonks et les autres le 2 mai. J'avais vu mon oncle Georges pleurer quand sa femme Angelina avait accepté sa demande s'appeler leur fils Fred…

Je fini par sortir du magasin sans rien acheter et me dirigeais vers Weasley Farce et Attrape. Mon oncle Georges m'accueillit avec enthousiasme. Il chargea un jeune employé de me montrer ses dernières inventions. Quand mon père arriva il avait un air sombre et je me dirigeais vers lui. Il essaya de sourire mais ne parvint qu'à faire un rictus. Je le suivis au dehors du magasin.

-Il faudrait que j'avance jusqu'au bureau. J'ai appris des mauvaises nouvelles et j'aimerais en faire part à Harry…

J'acceptais sans discuter. Mon père était un auror et il était le second de mon oncle Harry qui était le chef du département des aurors. Je suivis donc mon père au travers des rues moldues de Londres et on déboucha au niveau de l'entrée des visiteurs.

-Je préfère passer par ici comme tu m'accompagnes…

Dix minutes plus tard, quand mon père entra dans le bureau des aurors, Harry se précipita vers lui.

-Ron ? Mais qu'est ce que tu fais là ? Tu n'es pas en congé ?

Mon père répondit à voix basse.

-J'ai eu rendez vous avec… mon indicateur et les nouvelles sont mauvaises.

Harry le fit aussitôt passer dans son bureau. J'attendais devant la porte et des bribes de conversations me parvenaient.

-Il cherche à s'évader.

-Il est sous bonne surveillance…

-Si c'est le cas il faudra les mettre sous protection…

-Il faut que les…

-Hum hum…

Je fis un bond. Un auror se tenait derrière moi et me regardait d'un air réprobateur. Mon père ouvrit la porte à ce moment là. Je n'avais pas entendu la fin de la conversation. L'auror retourna à son poste et mon père me ramena à la maison. Il était sombre et entreprit d'écrire une longue lettre. Je me rendis dans ma chambre, ne supportant pas quand mon père était de mauvaise humeur. J'entrepris de faire une bonne partie de mes devoirs de vacances et quand je redescendis pour diner, mon père avait retrouvé son air jovial. Néanmoins, pendant le diner un hibou se posa devant la fenêtre de la salle à manger. Je reconnus tout de suite le hibou grand duc que Scorpius avait envoyé la veille au soir pour me porter une lettre. Je me levais d'un bond et ouvrit la fenêtre. Le hibou s'engouffra dans la maison mais se dirigea vers mon père qui saisit la lettre au vol. Puis le hibou ressortit de la maison. Je regardais mon père avec frayeur pendant qu'il décachetait l'enveloppe et qu'il lisait son contenu. Il échangea un regard avec ma mère. Je connaissais bien ce regard qui signifiait « Je t'expliquerais tout à l'heure ».

Je ne comprenais pas. Pourquoi le hibou des Malfoy aurait il apporté une lettre qui ne m'étais pas destinée ? Mon frère me regarda. Je vis qu'il ne comprenait pas plus que moi ce qu'il se passait. Il parut voir mon malaise. Il m'interrogea du regard mais je hochais légèrement la tête. Mon père continua à se comporter normalement. J'en vins donc à la conclusion que je m'étais probablement trompée de hibou.

Plus tard, assise sur mon lit, j'attendais le moment où j'entendrais la porte de mes parents se refermer. La curiosité me dévorait. Je savais que mon frère n'était pas encore couché et qu'ils ne parleraient probablement pas devant lui. Le moment que j'attendais vint environ une demi-heure plus tard. Je sortais aussitôt de ma chambre sur la pointe des pieds et me postais devant la chambre de mes parents.

-Il disait que ses indicateurs lui avait dit ça aussi.

-Il refuse votre aide ?

-Il dit ne pas en avoir besoin pour le moment. Ecoute : Je n'en ai que faire de la menace qui pèse sur moi, tant que mon fils n'est pas menacé.

-Son fils ? Il sera au moins en sécurité à Poudlard…

Ma mère souffla et ils changèrent de conversation.

Je repartis me coucher. Je pensais à la journée qui venait de se passer. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Finalement, je m'endormis et rêvais de Scorpius et de son père volant sur un hibou grand duc.

Voilà un petit chapitre en dehors de Poudlard… Je voulais essayer de mettre un peu en scène certains « anciens » et montrer ce qu'ils devenaient. J'espère que ça vous a plu, malgré le fait que ça n'avance pas fort entre Rose et Scorpius… Mais j'essaye de développer les autres personnages et de faire murir un peu Rose qui est un peu terre à terre…