Barna : Oui, exactement, ils n'ont plus qu'à avancer dans la même direction... mais pour l'instant, si un avance, l'autre recule... mdr !!! D'où le titre de ma fic, en fait...

Hermione2b : À peine croyable hein ? Si elle n'est pas contente, j'en connais plusieurs (dont moi) qui prendrait bien sa place dans cet ascenseur... lalalalalaaaa ! J'espère que ce chapitre-ci saura autant te plaire ;)

Leeloo69 : Merci !!!

Chapitre 10 : Through the glass

Quelques heures seulement avaient passé, et les deux agents fédéraux se tournaient toujours le dos, tous deux murés dans un lourd silence.

Tony avait beau être ce qu'il était, il disposait quand même d'un certain instinct de survie qui lui soufflait que tout ce qu'il pourrait dire serait pour sa collègue la goutte qui ferait déborder le vase et que son espérance de vie pouvait alors être très rapidement revue radicalement à la baisse.

Quant à Kate, il était hors de question qu'elle adresse la parole à ce mufle, ce profiteur, ce macho, ce minable ridicule petit...

- On va se dégourdir les jambes, lança la voix de Gibbs en passant entre les deux bureaux.

Il s'arrêta en voyant la posture de ses deux agents.

- Qu'est-ce qui s'est passé encore ?

- Rien, répliquèrent les deux intéressés.

Ils se jetèrent mutuellement un regard noir avant de reporter toute leur attention sur leur patron. À grand-peine, l'ancien marine retint un soupir exaspéré. Il commençait à en avoir assez de les voir se crêper le chignon pour rien, mais ce n'était pas vraiment le temps d'en discuter.

- On vient de signaler la disparition du capitaine de frégate Mark Byrne. Alors on met son immaturité de côté et on se rend à son appartement... tout de suite.

Anthony et Caitlin avaient très bien compris le message (Ô combien subtil) de leur supérieur, et s'empressèrent de le suivre sans dire un mot, s'évitant toujours aussi soigneusement du regard.

En arrivant à l'appartement, Gibbs divisa l'équipe :

- Je me charge d'interroger les voisins avec McGee. Kate, Tony, vous...

- Ah non, Gibbs, je t'en prie, coupa la jeune femme. Je ne pourrais pas me charger des voisins ?

- Vous allez vous occuper de fouiller l'appartement. Tous les deux. Ensemble. Le prochain qui me fait un caprice va le regretter très vite.

Ils ne se privèrent pas de pousser un grognement alors que les deux autres agents s'éloignaient.

En entrant dans l'appartement, rien ne leur apparut étrange. Du premier coup d'œil, tout semblait en ordre. Kate enfila une paire de gants.

- Je prends la cuisine, lança Tony.

- Je prends la chambre.

Trousse en main, elle se dirigea vers le fond du couloir, pour découvrir qu'il n'y avait pas une chambre, mais deux, qui se faisaient face. Elle pénétra dans celle de gauche, à tout hasard.

Dans la chambre régnait un léger désordre : le lit n'était pas fait, des objets traînaient sur le bureau. Caitlin prit plusieurs photos, et son regard fut attiré par une valise.

Une valise ?

- J'ai une valise, dit la jeune femme d'un ton curieux en s'en approchant.

- Il revenait peut-être d'un voyage, lança Tony de la cuisine.

L'agent s'approcha du lit et remarqua quelque chose sur la table de chevet. Une plaquette de pilules contraceptives. Donc...

- Cette chambre est celle d'une femme ou d'une jeune fille, dit-elle en fronçant légèrement les sourcils.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

Il était maintenant dans l'embrasure de la porte. Elle lui montra la plaquette.

- Aucun homme ne prend la pilule, je te ferais remarquer.

Kate posa son appareil photo sur le sol et se baissa pour faire glisser la fermeture éclair de la valise afin de l'ouvrir. Elle en sortit...

- Des vêtements.

- D'adolescente, remarqua le jeune homme. Byrne a une fille ?

- Et sûrement une ex-femme. Les vêtements sont dans la valise et la chambre est plutôt impersonnelle pour une jeune fille. Ça ressemble beaucoup à de la garde partagée.

Alors que Tony retournait à sa cuisine, le téléphone portable de Kate sonna. Elle le déplia d'un geste.

- Notre capitaine de frégate a une fille, dit aussitôt la voix de Gibbs.

- Je sais, je suis dans sa chambre, répondit Kate. Comment le sais-tu ?

- Elle est chez les voisins, deux appartements plus loin. Elle dit être venue voir son amie en panique lorsqu'elle s'est rendue compte que son père n'était pas là. Ce sont les parents de cette fille qui ont sonné l'alarme. Je l'emmène pour lui poser quelques questions, McGee va continuer sa tournée des voisins et vous rejoindre ensuite. Ok ?

- D'accord.

La communication fut coupée.

La chambre ne lui apprit rien d'autre, pas plus que celle du capitaine. Elle se dirigea donc vers le salon.

En face d'une fenêtre se trouvait le bureau de Byrne. Kate fouillait parmi la paperasse, espérant trouver quelque chose, lorsqu'elle remarqua la photo posée sur une pile de dossiers.

Avec un discret sourire, la jeune femme prit le cadre pour observer la photo plus attentivement. Une fille – visiblement la sienne – rousse y était assise dans l'herbe, adressant un immense sourire au photographe. « Elle est très jolie », songea l'agent du NCIS en la regardant plus attentivement.

Quel âge avait-elle ? Sur sa photo, elle avait peut-être quinze ans. La photo était-elle récente ?

Au moment où elle se faisait cette réflexion, quelqu'un arriva brutalement par derrière et la plaqua sur le sol. Le cadre lui échappa et tomba sur le sol, où la vitre protectrice se cassa.

À plat ventre sur le sol, elle trouva moyen de se retourner pour se retrouver nez-à-nez avec...

- Tony, qu'est-ce que tu fiches encore ?

Elle tenta de le repousser, mais le jeune homme était lourd et la tenait fermement.

- Kate, écoute-moi...

- DiNozzo, si tu veux m'embrasser encore...

La jeune femme réussit enfin à le repousser sur le côté.

- T'es mal parti !

Elle lui donna un coup de coude dans le sternum.

Pas nécessaire, mais soulageant.

- Ce qui est arrivé une fois...

Caitlin, tout en parlant, amorça un geste pour se redresser.

- Ne va pas arriver deux f... DINOZZO !

À nouveau, le jeune homme l'écrasa par terre, reprenant son souffle avec difficulté.

- Ça fait un mal de chien, ton truc !

- Tu le méritais ! C'est quoi, ton problème ? Lâche-moi !

- Il y a quelqu'un dans l'appartement d'en face. Avec une arme.

La colère de Kate retomba d'un seul coup.

- Qu'est-ce que tu dis ?

- En face. Un homme armé. Je parle trop vite pour toi ?

- Très drôle.

- Non, sérieusement, tu pensais quoi ? Que j'allais te violer ?

- Que tu étais tombé sur la tête, pour faire changement. On fait quoi ? On va faire un tour ?

- Ouais, savoir qui est ce zouave qui voulait tirer sur un agent fédéral.

- Tony ?

- Oui ?

- Lâche-moi tout de suite.

- Désolé.

Il roula sur le côté.

Toute animosité et antipathie repoussée par leur professionnalisme, ils échangèrent un regard avant de ramper jusqu'à la sortie.

Puis, ils se dépêchèrent de quitter l'immeuble pour pénétrer dans celui d'à-côté.

- T'es sûr que c'est le bon appartement ? demanda Caitlin à voix basse en arrivant devant la porte.

- Oui, Kate. On enfonce la porte ?

- Pour risquer de traumatiser un civil qui n'est peut-être pas le bon homme et risquer du même coup des poursuites ? répliqua la jeune femme. On s'annonce.

Tony cogna à la porte une fois. Aucune réponse. Il recommença.

- Agents fédéraux ! Ouvrez cette porte !

Ils crurent percevoir un léger bruit, puis rien.

Après avoir échangé un bref regard, les deux agents du NCIS dégainèrent leur arme d'un même mouvement. Kate se mit en position, puis hocha discrètement la tête pour signifier à Tony qu'elle était prête.

D'un coup de pied, le jeune homme ouvrit brutalement la porte avant de pénétrer rapidement à l'intérieur de l'appartement, arme levée, immédiatement suivi de sa partenaire.

Ils braquèrent immédiatement leurs pistolets sur un homme, assis sur le canapé. Il regardait les deux intrus comme s'il était à peine surpris de les voir... ce qui ne l'empêchait pas d'avoir la flamme de la rage dans ses yeux.

- Je me plaindrai à qui de droit ! protesta-t-il, en anglais mais avec un fort accent. Vous n'avez pas le droit d'entrer comme ça dans mon appartement sans raison...

- Où est l'arme ? coupa Anthony.

- L'arme ? Je n'ai pas d'arme !

Kate fronça légèrement les sourcils. Les coussins du canapé semblaient avoir été dérangés récemment...

- Je vous ai vu braquer votre arme sur ma collègue par votre fenêtre, rétorqua Tony. Ne nous faites pas perdre notre temps...

- Levez-vous, ordonna Caitlin.

- Comme si j'allais vous obéir !

Tony s'approcha du suspect et l'attrapa très fermement par le bras, l'obligeant à se mettre debout.

- On est en Amérique, mon gars. Ma partenaire te dit de te lever, tu le fais.

L'homme leur jeta un regard plus qu'haineux alors que Kate jetait par terre les gros coussins du sofa, dévoilant...

- Une carabine de chasse, commenta-t-elle en rangeant son arme dans son étui pour prendre celle qu'elle venait de trouver.

- Intéressant, comme lieu de rangement, commenta Tony d'un ton ironique.

- Et elle est chargée, en plus. Vous chassez en plein centre-ville, monsieur ?

- Du gros gibier, renchérit Anthony avec un drôle de sourire en coin.

Caitlin lui adressa un sourire forcé alors qu'il passait les menottes à l'homme.

- Mes félicitations, commenta Tony, vous venez de gagner un joli séjour chez nous.

Empoignant son téléphone portable, Kate appela des renforts pour que quelqu'un vienne le récupérer.

- J'appelle Gibbs ? suggéra Tony.

- Tu appelles Gibbs.

Il composa le numéro de son patron.

- Gibbs, répondit la voix de l'ancien marine.

- Gibbs, on a eu un... imprévu.

- De quelle nature ?

- Quelqu'un dans un appartement de l'immeuble d'à-côté avait une carabine de chasse et visait Kate.

- Vous allez bien ?

- Pas la moindre égratignure. On l'a arrêté et des renforts sont venus le chercher interrogatoire. Comment ça se passe de ton côté ?

- Amanda Byrne est en état de choc, elle est très troublée, mais elle a pu me dire qu'elle était arrivée chez son père hier soir, comme prévu. Il n'était pas là, mais elle ne s'est pas trop posé de questions. Quand elle s'est réveillée ce matin, il n'était toujours pas là et visiblement, n'était pas rentré pendant son sommeil. Elle a commencé à paniquer, est allée voir son amie Jenna, et les parents de Jenna ont sonné l'alarme et nous ont appelés.

- On a prévenu l'ex-femme ?

- Amanda dit que sa mère est partie une semaine en vacances avec son second mari dans les Maldives. C'est pour ça qu'elle devait aller chez son père cette semaine.

- Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? On cherche dans l'appartement de notre tireur ?

- Bonne déduction.

- Mais ça va prendre des heu...

L'amateur de café raccrocha.

Les deux agents balayèrent du regard l'endroit, dans un désordre indescriptible, avant de pousser un long soupir.

Ils n'étaient pas sortis de l'auberge...

Le mot de la fin : Voualaaa ! Grosse surprise au prochain chapitre, en attendant, que pensez-vous de celui-ci ?