Chapitre 10 riche en rebondissements (enfin je crois !) J'espère qu'il conviendra à vos attentes.
Disclamer : L'univers, les personnages à J.K., l'histoire est à moi.
Kiss,
Eternely Snape.
Quand tout recommence...
La soirée était déjà bien avancée lorsque Molly et Arthur arrivèrent à Poudlard, l'air inquiet. Molly, qui n'avait pas pris le temps de retirer son tablier, se précipita dans l'infirmerie, suivie de près par son mari. Severus était toujours là, le regard fixé sur le visage d'Hermione, guettant son réveil dans une attente fébrile.
« Severus ! s'exclama la matrone Weasley. Comment va-t-elle ? »
« Ses constantes se sont stabilisées mais elle ne se réveille pas. »
Molly s'avança vers le lit, les mains tendues vers le visage d'Hermione.
« Ma pauvre chérie, ma pauvre petite chérie... »
Arthur, qui était resté en retrait, s'approcha de Severus et lui tendit une enveloppe cachetée par le sceau du Ministère.
« Voilà la liste que tu as demandée, dit-il à Severus. J'ai, de mon côté, accepté le poste de Minsitre de la Magie. Je vais faire mon possible pour retrouver l'ordure qui a fait ça. »
« Mes félicitations pour ton augmentation, Arthur. »
Les deux homme ses serrèrent la main avec cordialité, puis Severus ouvrit l'enveloppe.
« Des nouvelles de votre fils ? » demanda-t-il à l'adresse des deux parents.
« Non, répondit Molly en se redressant et en séchant ses larmes. Kingsley et Dawlish sont à sa recherche. »
Severus hocha la tête et se pencha sur le parchemin qu'il tenait entre ses mains. Plusieurs noms y étaient inscrit mais un seul, au vue des récents événements, lui sauta aux yeux.
« Rodolphus Lestrange, déclara-t-il en froissant le parchemin. Époux de Bellatrix Black, frère de Rabastan Lestrange. »
Molly et Arthur se tournèrent vers lui, l'incompréhension peinte sur leur visage.
« Pardon ? » interrogea Molly en s'éloignant du lit d'Hermione.
« Bellatrix et Rabastan ont tous deux été tués par Miss Granger lors de la Bataille finale, rappela le Maître des Potions. Et Rodolphus a juré de se venger avant de s'échapper après la mort du Seigneur des Ténèbres. »
« Nous pensions tous qu'il ne reviendrait plus, avoua Arthur. Que ses paroles étaient vaines. Il n'aimait pas Bellatrix, si ? »
« Bellatrix, peut-être pas, mais son frère... »
« Mais alors, intervint Molly, pourquoi ne pas l'avoir tué lui-même. »
« Hermione n'est pas morte, » Molly, lui dit son mari.
« S'il ne l'a pas tué, expliqua Severus, c'est que ce n'est pas fini. Une sorte d'avertissement, vous voyez ? »
Un silence, long et pénible, s'installa. Molly, qui ne retenait plus ses larmes, reniflait dans les bras de son mari qui semblait perdu dans ses pensées.
« Fred et George nous ont dit que Poppy pensait qu'il se pourrait qu'elle ne se réveille pas, dit ce dernier. Qu'en penses-tu Severus ? »
Severus sembla hésiter un instant, puis déclara : « Poppy a raison : elle pourrait ne jamais se réveiller et rester inconsciente le restant de ses jours. Mais il pourrait qu'elle se réveille. Cela ne dépend pas de nous, mais d'elle. Elle a vécu beaucoup de choses, trop pour son âge, et on ne peut pas savoir ce qu'elle ressent, ce qu'elle pense en cet instant. Elle pourrait, disons, choisir de rester là-bas. »
« Mais, il n'y a pas de moyen de la ramener ? » demanda Molly avec une pointe d'espoir.
« Il n'y en a pas. Croyez-moi, s'il y en avait un, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour la ramener auprès de nous, mais rien n'est possible. Rien. »
Molly et Arthur n'eurent pas le temps de répondre que les portes de l'infirmerie s'ouvraient sur Minerva McGonagall, le regard emplit de panique.
« Percy a été retrouvé ! cria-t-elle à l'adresse des parents Weasley. Kingsley vient de m'appeler par cheminette. Ils sont à Sainte Mangouste. »
« Dans quel état est-il ? » interrogea Molly en s'élançant vers Minerva.
« Son état est stable, semble-t-il, mais il a subit beaucoup de violences. Vous devriez vous rendre auprès de lui, il se pourrait qu'il se réveille bientôt. »
Arthur serra une nouvelle fois la main de Severus et se lança à la suite de sa femme. Minerva, qui avait l'air totalement chamboulée par les événements, se laissa tomber sur la chaise la plus proche avec un profond soupir de désespoir.
« Où Monsieur Weasley a-t-il été retrouvé, Minerva ? »
« Dans l'Allée des Embrumes, près de la boutique de Barjow & Burk. Kingsley paraissait très secoué. Qu'est-ce dont ? » demanda-t-elle en montrant le parchemin froissé entre les mains de Severus.
« La liste des Mangemorts disparus après la Guerre. »
Le Directeur de Sepentard tendit le papier à la Directrice et observa sa réaction. Son expression tout d'abord neutre, changea considérablement lorsque son regard se posa sur le quatrième nom.
« Rodolphus Lestrange, » murmura Minerva.
« Je vois que nous avons pensé à la même chose, » remarqua Severus.
« Vous croyez que... »
« Je ne sais pas ce que je pense, Minerva. Mais les faits sont là. Miss Granger a été agressée et c'est elle qui a renvoyé Bellatrix et Rabastan à la poussière. Tous les Mangemorts qui se sont enfuis se cachent dans d'autres pays et ils n'étaient pas assez loyal envers Voldemort pour revenir risquer leur peau et le venger. »
« Sans doute avez-vous raison, Severus. Comment allons-nous le retrouver ? »
Rogue sembla réfléchir pendant un très log moment, puis lorsqu'il releva la tête et qu'il posa ses yeux sur Minerva, ils semblaient habités par une lueur de folie.
« Sa première erreur a été de ne pas tuer Monsieur Weasley, énonça-t-il. Quand ce dernier se réveillera, il pourra, si on ne lui a pas jeté un Oubliette, nous dire tout ce que nous voulons savoir. Sa deuxième erreur a été de l'abandonner dans l'Allée des Embrumes et nous savons tous les deux que tous les repères de Mangemorts ont été détruits lorsque cela a été possible. Donc, peut-être Lestrange se cache t-il dans l'Allée des Embrumes. »
Les mots avaient à peine franchi la barrière de ses lèvres que Severus s'avançait vers la sortie, le pas pressé.
« Où allez-vous ? l'arrêta Minerva en s'élançant à sa suite. Vous ne comptez tout de même pas vous rendre là-bas, seul, sans savoir ce qui vous y attend ! »
« Et pourquoi pas ? Qui le fera sinon moi ? »
« Je ne le permettrai pas ! » s'indigna Minerva avec force.
« Alors je me le permettrai ! Un Mangemort est en liberté, Minerva, ne croyez pas que je vais rester là sans rien faire à attendre qu'il fasse d'autres victimes. »
« Ce n'est pas ce que je vous demande. Mais faites au moins appel à un Auror. Il ne vous est pas nécessaire de mentionner Miss Granger. Demandez à Kingsley de vous accompagner. »
« Je refuse. Et si nous nous faisions attaquer ? Et si Shacklebolt se faisait tuer ? Tout serait entièrement ma faute. »
« Je refuse que vous vous y rendiez seul. Je vous accompagnerai si je le pouvais, mais mes fonctions m'interdisent de quitter l'école. »
Un terrible jeu de regards commença entre les deux Professeurs. Mais Severus avait beau lancer tous les regards noirs qu'il avait en réserve, Minerva était tellement déterminée qu'elle semblait prête à tout, même à l'attacher à son lit, pour qu'il réponde à sa demande.
« Très bien ! gronda Severus. Je vais appeler Shacklebolt. »
Minerva poussa un léger soupir de soulagement, sourit et sortit de l'infirmerie.
Severus avait transplané dans l'Allée des Embrumes avant même que Kingsley Shacklebolt n'arrive à Poudlard. Il était tellement en colère que McGonagall l'ai forcé à emmener quelqu'un avec lui qu'il avait décidé d'être le compagnon le plus désagréable possible.
« Dis donc, Severus, fit la voix profonde de Kingsley derrière lui. Je me trompe ou tu n'es pas content de me voir ? »
« En d'autre circonstance, j'aurai joué la carte de l'hypocrisie, rétorqua Severus avec mépris. Mais aujourd'hui, je ne suis pas d'humeur. »
Kingsley osa un sourire et marcha derrière Severus, baguette en main. Ils parcoururent une petite distance et se retrouvèrent face au magasin de Barjow & Burk. L'enseigne, toujours aussi lugubre, portait cependant une nouvelle marque, plus sinistre encore.
« La Marque des Ténèbres, » murmura Kinglsey en rejoignant Severus.
Ce dernier hocha de la tête, piteusement, replongeant dans des souvenirs douloureux, revoyant le visage de Lily, celui de James Potter, morts. Celui d'Hermione, livide, presque mort.
« Tenez-vous prêt, Shacklebolt, susurra Severus. Il pourrait très bien nous attendre. »
Et les deux hommes pénétrèrent dans le magasin, silencieusement, surveillant leurs arrières. Severus passa devant, prêt à bondir si un sort fusait en sa direction. Mais le magasin semblait vide. Les horreurs qui, jadis, remplissaient les vitrines, avaient été remplacées par toutes sortes d'objets étranges qui, apparemment, avaient appartenu aux Lestrange. La tête de Ballatrix, séparée de son corps, reposait sur un socle en bois et, un peu plus loin, le corps inerte de Rabastan était accroché à une porte.
« Quelle abomination, » dit Kingsley qui fut parcouru d'un frisson.
« Une chose est sûre, à présent, déclara Severus. Je ne me suis pas trompé de Mangemort. »
Il détourna les yeux de la tête et du corps des Lestrange pour s'enfoncer plus loin dans la magasin. L'arrière boutique était plongée dans l'obscurité et sentait une odeur écœurante de pourriture.
« Lumos, » murmura Severus.
Avec répugnance, il découvrit un sol jonché de corps en pleine décomposition. La plupart des morts semblaient être là depuis six mois, d'autres depuis moins longtemps. L'atrocité que cela représentait aurait fait pâlir même l'homme le plus inhumain qui soit.
« Par Merlin ! » s'exclama Kingsley en entrant à son tour dans la pièce.
Les corps avaient été balancés les uns sur les autres sans ménagements, sans une once de compassion. Au vue des blessures, des corps à moitié mutilés, ils avaient été torturés de la plus horrible des manières.
« En reconnaissez-vous ? » interrogea Kinsgley qui se trouvait le plus éloigné.
Severus s'approcha encore un peu et, à la faible lumière de baguette, il reconnu le corps déchiqueté de...
« Cornelius Fudge, annonça-t-il d'un ton placide. Ainsi que Mafalda Hopkrik, Perkins, Rufus Scrimgeour... »
« C'est bon, coupa Kingsley. Je ne veux pas mieux en savoir. »
Sa voix était basse et remplit de tristesse. La mort de Tonks l'avait chamboulé plus qu'il n'aurait pu le dire, mais apprendre que tous ces gens avaient été tués après la guerre, après l'anéantissement de Voldemort, lorsque tout, ou presque, était redevenu normal, le tuait de désespoir. Ces personnes avaient toutes disparu à peu près un mois ou deux après la Bataille mais avaient toutes laissé des lettres expliquant leur départ précipité de cette vie trop destructrice, de cette ville ravagée. Personne n'avait jamais soupçonné qu'elles avaient été enlevées, même si les indices laissés étaient plus que suspects.
« Ne vous êtes-vous jamais douté de rien ? » interrogea Severus en inspectant la pièce.
« Je suspectait quelque chose, mais rien d'aussi énorme. Rufus avait été un excellent Auror, comment aurait-il pu se faire enlever ? À partir de là, j'ai pensé qu'ils avaient tous besoin de prendre du recul. On en avait tous besoin. »
Severus acquiesça. Oui, ils en avaient tous besoin. Et maintenant, tout recommençait. Avec plus de barbarie encore, car tous ces morts étaient le fait d'une seule personne, d'un seul Mangemort. Pas de centaines, pas de milliers, pas même du Seigneur des Ténèbres. Non, d'un seul Mangemort qui n'avait jamais été qu'un sous-fifre loyal sans réelle ambition.
« Que fait-on ? » demanda Kingsley au bout d'un moment.
« Je propose que vous mourriez. »
La voix qui s'éleva de derrière Severus et l'Auror était glaciale mais un rire guttural, bestial semblait vouloir s'échapper de sa gorge. Avec lenteur, Severus se retourna et se retrouva face à Rodolphus Lestrange, le regard plus fou que jamais, les cheveux plus noirs, plus sales, le sourire mauvais.
« Tiens, tiens, tiens, fit Rodolphus de sa voix froide. Qui vois-je ? Severus Rogue en personne, le traître, est venu me rendre une petite visite. Cela va me faciliter la tâche. »
« Je ne suis pas ici pour te faciliter quoi que ce soit, répliqua Severus d'une voix polaire. C'est tout le contraire en fait. »
Lestrange ne répondit pas et observa la pièce avec délectation.
« Mon œuvre te plaît, Rogue ? Je suis persuadé que cela te rappelle de bons souvenirs. Oh ! ajouta-t-il en identifiant Kingsley. Tu m'as amené un Auror. Je les recherche activement, ceux-là. Tu remarqueras que nombres de mes victimes ont été ou étaient des Aurors. »
« Je vois surtout que ta folie t'a mené dans une profondeur abyssale dont tu ne reviendras jamais, Lestrange. »
Un rire de dément sortit de la bouche de Rodolphus. Il pencha la tête en arrière, la bouche grande ouverte dans un rire immonde, ses cheveux se balançant sur son visage marqué par la sauvagerie.
« Qu'est-ce que la folie, après tout ? Le seul fou que je vois, ici, c'est toi Rogue. Parce que tu as eu l'audace de venir ici, chez moi, sans savoir ce qui t'attendais. »
« Je suis venu dans un seul et unique but, Lestrange. Te tuer et mettre fin au massacre que tu as engendré. »
« Rien de mieux que de retrouver un vieil ami, n'est-ce pas ? »
Severus le regarda avec un dégoût évident, prêt à lui sauter dessus avec toute la haine dont il était capable.
« Que serait des retrouvailles sans un bon duel ? » questionna Seveurs en se décalant sur la droite.
« Je dirai bien que ton idée me plaît, mais la vérité, c'est que j'aurai trop peur de te tuer sans que tu en souffres. Alors... »
Mais sa phrase n'était pas finie qu'un éclair vert effleura sa tête. Il l'évita de justesse en se jetant sur le côté et répliqua rapidement par un Sectumsempra.
« J'ai toujours trouvé que tu avais un talent hors norme pour inventer des sorts, Rogue, » hurla-t-il à travers les détonations.
Kingsley, qui s'était réfugié derrière une étagère pour éviter un Doloris, se redressa et lança un Diffindo qui rata sa cible de peu.
« Stupéfix ! » cria Lestrange et Kingsley s'écroula au sol dans un bruit sourd.
« Bombarda Maxima ! »
Le sort de Severus atteint le meuble qui se trouvait près de Rodophus et explosa avec force, projetant le Mangemort contre le mur derrière lui. Mais il n'y eu aucun bruit de chute. Avec rapidité, Severus s'avança vers Kingsley.
« Enevartum, » souffla-t-il.
L'Auror ouvrit les yeux et se redressa avec habilité, prêt à reprendre le combat.
« Inutile, dit Severus. Il a transplané. »
Shacklebolt frotta sa tête douloureuse et regarda autour de lui les dégâts que le sort de Severus avaient infligé.
« Que s'est-il passé ? »
« J'ai lancé un sort d'explosion, mais il a transplané avant d'atterrir contre le mur. »
« Pourquoi un sort d'explosion ? s'étonna Kingsley. Tu connais bien des sorts de Magie Noire ? Tu aurais pu le neutraliser. »
« Je ne sais pas si tu as remarqué, lança Severus d'une voix dure, mais Lestrange était parfaitement préparé. Il nous attendait parce qu'il savait qu'on viendrait. Je le voulais vivant, pas mort ou incapable de parler. Les sorts que j'aurais pu lancer l'auraient inévitablement tué. Autre chose ? »
Kingsley secoua la tête et sortit de l'arrière boutique.
« Je vais rentrer au Ministère, annonça-t-il. Je vais demander à Arthur de mettre tous les Aurors sur le coup. Il faut qu'on le retrouve avant qu'il ne fasse plus de victimes. »
« Bien. Je rentre à Poudlard. Tiens-moi au courant. S'il te plaît. »
Est-ce que c'était la supplication dans la voix de Severus ou la formule de politesse qui poussa Kingsley a accepter, il ne le savait pas. Mais il acquiesça d'un signe de tête, lui serra la main et transplana.
Il devait être minuit lorsque Severus rentra à Poudlard. La nuit était froide et le ciel sans étoile semblait triste et nostalgique. Severus marcha en direction du château, le pas mal assuré, les pensées embrouillées. La journée avait été longue mais elle n'était pas finie. Il devait raconter à Minerva ce qui s'était passé au magasin de Barjow & Burk et retourner à l'infirmerie pour veiller sur Hermione. Il espérait, avec un brin de folie, qu'elle se soit réveillée et qu'elle l'attendait, assise dans son lit en train de lire un bon livre. Mais il doutait fortement que, même si elle s'était réveillée, elle l'attendait après toutes les horreurs qu'il lui avait dites. Il pris donc la direction du bureau de la Directrice, donna le mot de passe et monta les escaliers. Mais des voix l'arrêtèrent dans son geste de frapper à la porte.
« Je ne peux pas lui demander ça, Albus ! s'indignait McGonagall. Severus a déjà bien assez souffert comme cela et je ne veux pas ajouter à sa douleur. »
« Mais il le faut, Minerva. Il le faut. »
« Albus, il est absolument hors de question que j'envoie Severus à la mort. Si Lestrange se fait arrêter, se sera soit par les Aurors, soit par Severus, mais pas parce que je l'aurai forcé à le faire. Ce sera son choix. Ne trouvez-vous pas qu'il vous en veut déjà bien assez ? Voulez-vous vraiment que ce garçon passe le reste de sa vie à vous détester ? Souhaitez-vous qu'il passe le restant de sa vie dans le remord ? »
« Non, Minerva, ce n'est pas ce que je veux. Mais... »
« Il n'y a pas de mais, Albus ! Je n'enverrai pas Severus en Allemagne pour qu'il débusque des Mangemorts qui ne font rien d'autre que se cacher. Et, d'abord, comment savez-vous cela ? Comment savez-vous que des Mangemorts se cachent en Allemagne ? »
« Je ne vous dirai rien de mes sources puisque vous refusez de faire ce que je vous demande. »
Minerva n'eut pas le temps de faire remarquer à l'ancien Directeur que c'était un véritable enfant car Severus entra furieusement dans la bureau, sans prendre la peine de frapper.
« Alors comme ça, notre emmerdeur international a trouvé d'autres idées pour me faire tuer ? » demanda-t-il avec hargne.
« Severus ! s'exclama Minerva. Enfin vous êtes rentré. Je commençais à me faire du soucis. »
« Cela n'est pas nécessaire. Il semblerait que ce soit mon rôle de risquer ma vie et d'aller à la mort. »
« Severus... »
« Non, Minerva. Il est inutile de prendre sa défense. Cet homme – et il pointa un doigt accusateur en direction du tableau de Dumbledore – a passé la plupart de son temps à me faire courir des risques inconsidérés, il n'y a pas de raison pour que cela change, qu'il soit mort ou non. La preuve, même peint dans un tableau, il continue de vouloir m'envoyer dans des pays étrangers pour accomplir des missions totalement inutiles. Voyez, Dumbledore, où a conduit votre irrésistible envie de tout contrôler : Miss Granger se trouve entre la vie et la mort et un Mangemort particulièrement dangereux veut sa peau et celle de tous ceux ayant participés à la chute du Seigneur des Ténèbres et de ses sbires. »
« Vous ne pouvez pas l'accuser de... » tenta de contrer Minerva.
« Je l'accuserai de tous les maux si cela était possible, Minerva. Et croyez-moi quand je vous dis qu'il est la cause de tout ce qui arrive. »
Un silence pesant s'installa dans la pièce tandis que Severus tournait en rond, comme un lion en cage, lançant de temps à autre des regards assassins en direction du tableau d'Albus qui était resté relativement silencieux.
« Qu'avez-vous à me dire, Severus ? » interrogea Minerva après un long moment.
À l'entente de cette voix, Severus cessa de faire les cents pas, poussa un soupir et se laissa tomber sur le fauteuil, face au bureau de la Directrice. Cette dernière pris place sur son fauteuil, croisa les mains et tendit l'oreille.
« Rodolphus Lestrange nous a tendu un piège, commença Severus. Il se cachait chez Bajow & Burk, il a d'ailleurs apposé la Marque des Ténèbres sur l'enseigne. Vous vous souvenez que les corps de Bellatrix et de Rabastan n'ont jamais été retrouvés ? Ils étaient là-bas, il les garde en souvenir. Et puis, il y a autre chose... »
Severus se tut un instant, observant avec intention le visage impassible de McGonagall.
« Plusieurs corps se trouvaient dans l'arrière boutique dont ceux de Fudge, Scrimgeour et Hopkrik. Il devait y en avoir une quinzaine et ont été, pour la plus part, mutilés de manière totalement abjecte. C'est là que Lestrange nous a attaqué. Shacklebolt s'est fait touché par un Stupéfix et lorsque j'ai voulu neutraliser Lestrange, il a transplané. Nous sommes donc rentrés. »
Minerva, qui était restée tout d'abord très droite, était à présent adossée contre le dossier de son fauteuil, l'air abattu. Ses yeux brillaient de larmes mais son visage était marqué par la colère et la soif de vengeance.
« Vous n'avez pas été blessé ? » interrogea-t-elle simplement.
« Non. J'ai ranimé Shacklebolt et nous nous sommes quittés. »
« C'est déjà un bon point. »
« Il faut tout de même que vous sachiez, Minerva, que Lestrange n'a pas l'intention d'abandonner la partie. Il est particulièrement entraîné et et semble déterminé à tuer quiconque se mettra en travers de sa route. »
« Vous a-t-il dit quoi que ce soit ? Sur ses projets ? »
« Il n'en a pas eu le temps. Mais plus que tout, je pense qu'il veut venger la mort de sa femme et de son frère. »
« Pourquoi pensez-vous cela ? »
« Qui garderait la tête de sa femme et le corps de son frère dans son repère sans avoir en tête l'idée de châtier la personne qui les a réduit à néant ? »
Minerva resta muette face à l'horreur qui se présentait à elle.
« Il veut également me tuer, mais ça n'est pas un véritable scoop. »
« Oui, en effet. »
Mais la vieille femme était incapable de dire quoi que ce soit d'autre. Sa volonté de protéger ses élèves allait au-delà de tout et il lui était impossible de penser à autre chose. L'image d'un Poudlard en flamme, détruit, complètement anéantit lui revint en mémoire et elle ne voulait surtout pas revivre ça. Elle ne voulait pas que de jeunes innocents soient sacrifiés, encore, dans une Bataille qui n'en valait plus la peine. Comment était-il possible d'avoir autant de rage, autant de folie en soit pour essayer de prendre la suite de Voldemort et de vouloir réduire en miette un monde aussi durement acquis ? Bien sûr, elle n'avait jamais pensé que tout irait bien dans le meilleur des mondes. Chacun savait que la paix ne s'obtenait pas si facilement, mais de là à retomber dans un massacre, dans une série de meurtres ignobles, jamais elle ne l'aurait imaginé. La vie était cruelle, pensa-t-elle, et l'Homme destructeur envers ses semblables.
« Nous reparlerons de cela demain, Severus, dit-elle d'une voix fébrile. Nous devons trouver une solution mais en attendant, vous devez vous reposer. »
Le Maître des Potions acquiesça, se leva, tourna les talons et sortit du bureau sans autre forme de politesse. Il redescendit les escaliers et parcourut la distance qui le séparait de l'infirmerie d'un pas vif. Elle était déserte et la seule personne, en dehors de lui, qui s'y trouvait était Hermione, toujours aussi pâle, toujours aussi inconsciente. Il s'approcha doucement du lit, bien qu'il sût que faire du bruit ne la réveillerait pas, et s'assit au bord de son lit, avec élégance. Il passa un long moment à observer les traits fins de son visage et remarqua combien elle avait l'air paisible. Cependant, il n'en fut pas rassuré. Car si elle était paisible, c'était qu'elle était bien là, endormie, en paix. Et cela signifiait qu'elle n'aurait peut-être pas l'envie de revenir. Ici, dans ce monde, avec eux. Avec lui.
« Miss Granger ? appela-t-il doucement comme si elle pouvait l'entendre. Vous devez revenir. Des gens ont besoin de vous ici. Vous devez revenir. »
Sans s'en rendre compte, il avait prit sa petite main frêle dans la sienne et traçait de petit cercle sur le dos de sa main. Si cela l'apaisait elle, il n'en savait rien, mais ça avait le don de le calmer. Et il avait besoin de calme pour réfléchir. Réfléchir à la façon de retrouver Rodolphus Lestrange, de le mettre hors d'état de nuire. Réfléchir à la façon de ramener Hermione si elle ne revenait pas d'elle-même. Réfléchir aux possibilités qui s'offraient à lui si elle décidait de se réveiller. Et à celles qui s'offraient à lui s'il elle ne se réveillait pas. Devait-il partir en Allemagne comme le proposait Albus ? C'était, certes, un bon moyen de mettre sa vie en danger, mais aussi de se sentir utile. Il débusquerait les Mangemorts restant, les tuerait et s'assurerait que le monde reste en paix. N'était-ce pas ça, la solution ? Partir loin de tout ça, de cette souffrance, de cette douleur qui lui comprimait le cœur, lui serrait les poumons et l'empêchait de respirer ? N'était-ce pas sa destinée, au final ? Et abandonner Hermione ? lui murmura une voix. Tu n'y penses pas. Imagine qu'elle se réveille et que tu ne sois pas là.
« Et si elle ne se réveillait pas ? » dit-il à haute voix.
Qu'adviendrait-il de lui, si cela arrivait ? Pourrait-il vivre avec le remord, avec, en pensée, les dernières paroles qu'il lui avaient adressées ? Pourrait-il jamais se pardonner de l'avoir humilier, de lui avoir dit qu'elle n'était rien pour lui ? Lui serait-il possible de finir ses jours en pensant que, lorsqu'elle avait été attaquée, elle avait pensé à lui en tant que monstre sans cœur et sans pitié ? Non. Définitivement non. Cette idée lui était inconcevable, inimaginable. Il se demandait même s'il lui serait possible de survivre à la perte d'un second amour. Un amour...Cela semblait tellement absurde. Lily avait toujours été la seule et maintenant, voilà qu'il voyait Hermione comme une personne qu'il aimait alors que lui-même ne savait pas ce qu'il ressentait. Enfin, il le savait. Un peu. Oui, parce qu'il ressentait forcément quelque chose pour elle, c'était évident. Indéniable. Ses gestes le prouvait. Son action également. Sinon, pourquoi aurait-il autant insisté auprès de Minerva pour agir ? Par Merlin, il se sentait si stupide. Et à présent, en plus de gérer ses émotions, il devait faire face à une nouvelle vague de meurtres. Il n'avait pas signé pour ça, en survivant. Non. Quand il s'était réveillé, il avait pensé que toute cette histoire était finie à jamais, qu'il serait en paix, enfin et pour la première fois de sa vie. Mais le destin en avait décidé autrement. Severus Rogue n'avait pas droit à la tranquillité.
L'aube était proche lorsque Severus s'éveilla dans une position tout à fait inconfortable. Il ne sut tout d'abord pas ce qui l'avait réveillé, puis il comprit, lorsqu'il vit Poppy Pomfresh sortir de son bureau. Il se redressa rapidement, prit place sur une chaise et fit mine de réfléchir.
« Severus ! fit-elle d'une voix aiguë en le trouvant là. Vous m'avez fait une de ces peurs. Que faites-vous ici ? »
« Je venais voir si Miss Granger, répondit Severus d'une voix rendue rauque par le sommeil. Son état semble ne s'être ni dégradé, ni amélioré. »
« En effet, remarqua Poppy en observant sa patiente. Pauvre petite... »
Severus considéra Poppy un long moment puis déclara : « Je pense que si elle ne se réveille pas d'ici trois ou quatre jours, l'utilisation de la Légilimencie serait appropriée. »
Pomfresh stoppa net ses mouvements et regarda Severus avec étonnement.
« Severus allons, vous n'êtes pas sérieux ? »
« Et pourquoi pas ? Si c'est la seule chose qui peut la ramener... »
« Severus, vous l'avez dit vous-même : si elle décide de ne pas se réveiller, c'est son choix. Iriez-vous contre sa décision ? »
« Et si elle ne se réveille pas parce qu'elle ne le peut pas ? Parce que quelque chose l'empêche de sortir de ce coma ? »
« Qu'est-ce qui vous inquiète, Severus ? »
Ce dernier leva les yeux vers Poppy et remarqua qu'elle le regardait étrangement, comme si elle essayait de le percer à jour.
« J'ai peur qu'elle ne veuille pas se réveiller pour de mauvaises raisons, avoua-t-il. J'ai peur, également, que ce ne soit pas elle mais son corps qui refuse de se réveiller. J'ai peur de... »
« ...de ne pas pouvoir la sauver, acheva Poppy avec douceur. Je comprends. Elle vous a sauvé la vie, vous lui devez bien ça. »
« Ça n'a rien à voir, Poppy. Simplement, j'aimerai pouvoir faire quelque chose, trouver une solution. »
« Pénétrer dans son esprit n'est certainement pas la bonne chose à faire, Severus. Vous le savez. »
« Sans doute. »
Le Directeur de Serpentard se plongea dans ses pensées, troubles et floues. Que pensait-il réellement du fait de pénétrer l'esprit d'Hermione sans son accord et pendant qu'elle était inconsciente ? Il se pouvait qu'il tombe sur un mur, c'était vrai et dans ce cas, il ne risquait rien. Mais il se pouvait également qu'il voit des choses qu'elle ne voudrait pas qu'il voit. Et là, c'était plus grave. Cependant, si cela lui permettait de la sauver, pouvait-il prendre le risque ? Mais Poppy avait sans doute raison : si Hermione décidait de ne pas revenir, c'était son choix et il se devait de la respecter.
« Je sais que vous vous sentirez coupable si vous n'essayez pas, déclara Poppy en s'approchant de lui et en posant une main réconfortante sur son épaule. Mais réfléchissez bien à ceci : qu'arrivera-t-il si elle se réveille sans le vouloir ? Que lui arrivera-t-il à elle ? Et à vous ? Prenez la bonne décision, Severus, je sais que vous en êtes capable. Et maintenant sortez, je dois m'occuper de ma patiente. »
Elle le secoua fortement pour qu'il se lève et l'emmena hors de l'infirmerie sans ménagement.
« Cessez donc de faire votre mégère, Poppy, Miss Granger est inconsciente, il n'y a pas grand chose que vous puissiez faire. »
Pomfresh lui lança un regard sévère et referma les portes derrière elle. Severus s'en retourna et regagna ses appartements. Il avait besoin d'une bonne douche froide pour se remettre les idées en place ainsi que pour appréhender cette journée qui s'annonçait difficile.
Voilà pour ce chapitre. Avouez, vous n'aviez pas du tout pensé à Rodolphus Lestrange ? Bon, j'ai été un peu machiavélique avec la tête de Bellatrix posée sur un socle, mais elle le mérite, non ?
À très bientôt !
Eternely Snape.
