Hello ! :)
Ça fait un bail depuis le dernier post mais j'ai enfin une trame. Merci beaucoup à Shini Jez sans qui ce chapitre aurait mis beaucoup plus de temps à arriver !
Sur ce, bonne lecture.
Cela faisait à peine une journée que le conflit des Anneaux avait débuté. J'en avais déjà marre.
- Jeeeeeez, tu ne trouves pas que Donna est bizarre ? bâilla Fran.
- Chut ! J'essaie de trouver un moyen de la distraire.
- Je peux vous entendre, vous savez…
Lussuria s'était fait battre la veille, Levi affronterait Lambo ce soir. Résultat : j'étais VRAIMENT sur les nerfs. Assise à la table de la cuisine, le visage appuyé dans la paume, je tapais avec mes ongles dans un rythme cadencé jusqu'à ce que ma meilleure amie n'en ait marre.
- STOP ! hurla-t-elle en me sautant dessus pour me saisir la main.
Je soupirais avant de lui jeter un regard noir. J'étais à cran, elle aussi. Mina avait disparu (comme d'habitude) et le reste de la Varia vaquait à leurs occupations quotidiennes pendant que j'évitais Xanxus autant que possible. Oui, je suis une trouillarde : et alors ? Qui ne le serait pas face au boss d'une unité spéciale d'assassinat ? Je soupirais derechef avant de mettre la tête dans mes bras après l'avoir posé sur la table. Je m'ennuyais également à mourir sans savoir quoi faire.
- Euh, Donna-san ? souffla quelqu'un sur le pas de la porte.
Je relevais la tête avec un désintérêt évident, fusillant du regard celui qui venait nous déranger. En plus d'être trouillarde et maladroite, je suis flemmarde, je sais. C'est ce qu'on appelle cumuler les défauts... Un serviteur assigné aux Vongola de la filiale japonaise se tenait à l'extérieur de la pièce, tremblant sans quitter des yeux le jeune illusionniste. Apparemment, tous les membres de la Varia (présente et future) lui foutaient une peur bleue.
- Il n'y a plus de viande, gémit-il l'homme en uniforme en se recroquevillant.
- Et ? releva Jez.
- Et nous ne savons pas quelle viande apprécie Xanxus-sama !
- Et ?
- Aidez-nous, je vous en prie !
Ma meilleure amie resta un instant silencieuse à le fixer puis bâilla à s'en décrocher la mâchoire et s'affala de nouveau sur la table sans un regard d'apitoiement pour le pauvre homme.
- On va pas faire le boulot à ta place non plus, grogna-t-elle. Z'avez qu'à vous démerder, j'vais pas faire des heures supplémentaires.
Je comprenais qu'elle puisse en avoir marre. Après tout ce que la Varia nous avait fait baver en Europe, il était plus que légitime qu'elle ne veuille plus jamais remettre les pieds dans une cuisine pour se mettre aux fourneaux. Néanmoins, je ne pouvais pas non plus laisser des Vongola se faire massacrer pour des raisons stupides sans rien dire. Autant dire que j'étais soit encore plus stupide, soit masochiste. Je me levais donc en soupirant derechef et filait sans rien dire pour aller chercher le seul sac à main dont je disposais et une petite fortune en billets japonais (franchement, QUI se baladait avec du cash équivalent à 100 euros pour chaque coupure ?). Direction : la boucherie la plus proche !
- Je vous en suis éternellement reconnaissant, s'écria le serviteur lorsque je m'en allais après avoir prévenu Mammon.
- Attendez que j'ai ramené de la viande pour dire ça, grommelais-je une fois que je fus hors de portée de son ouïe.
Munie d'une carte de la ville, je me mis à la recherche de la boucherie dite du « Joyeux Cochon ». Passons sur le nom imbécile du magasin. Le pire était sans doute que je n'arrivais pas à aller dans la bonne rue et au bout d'une demi-heure à tourner comme une cruche dans les mêmes rues sans savoir où aller, je finis par me rendre compte que j'étais perdue. Et merde. Je n'allais quand même pas appeler une voiture pour qu'on vienne me chercher, si ? Nooon, Mammon me le ferait regretter en triplant ma dette (oui, apparemment j'avais une dette assez colossale pour faire ressembler Mina à du linge passé à la javel). Re-merde. Sans compter que l'heure avançait et qu'il me fallait absolument de la viande de qualité puisque Xanxus et compagnie s'étaient TOUT enfilé la veille. Merde, merde, merde !
En désespoir de cause, je finis par interpeller un passant.
- Excusez-moi, je suis perdue, articulais-je en priant pour que le ciel soit (pour une fois) de mon côté. Est-ce que vous savez où se trouve la boucherie du Joyeux Cochon ?
Ô miracle, un sourire lumineux éclaira le visage dodu du bibendum qui me faisait face et il entreprit de m'expliquer avec force détails l'itinéraire à prendre. Je tentais de tout retenir mentalement et m'inclinais docilement après qu'il ait fini son discours.
- Merci beaucoup ! déclarais-je vivement avant de partir en trottinant dans la direction qu'il m'avait indiqué.
- Je vous en prie, gaijin-san, répondit-il pendant que je m'éloignais.
Je levais la main sans me retourner, aussi contente que pressée, sans prendre en compte la petite voix qui me hurlait que j'avais déjà vu cet homme quelque part et que ce n'était pas bon signe. En tout cas, je parvins rapidement à la boucherie et achetais tout aussi en vitesse le meilleur bœuf que le vendeur pouvait me proposer avant de tenter de retrouver mon chemin dans l'autre sens. Rapé. Booon, et maintenant, je faisais quoi ? Je m'asseyais dans un coin pour pleurer ? L'idée m'effleura un instant néanmoins je me repris presque aussitôt lorsque, en attendant au passage piéton, quelqu'un vint attendre le signal qui nous permettait de passer. Je tournais la tête vers la personne à côté de moi par réflexe et manquais d'en lâcher mon sac.
Cheveux noirs de jais, yeux bridés couleur métal et uniforme du collège de Namimori. Hibari Kyôya.
Bizarrement, ma première pensée fut que rentrer au QG, c'était bien mais que rentrer en vie, c'était mieux. La seconde fut de m'éloigner de lui le plus possible quitte à me perdre mais sans paraître suspecte (parce que n'importe quelle personne qui semble louche est aussitôt fautive dans l'esprit du préfet). Je me contentais donc d'attendre sans trop bouger, la bouche sèche, que le petit bonhomme vert s'affiche. Je traversais donc en prenant bien soin de rester à un mètre de distance et prenait à droite tandis qu'il partait à gauche.
Pendant tout ce temps, il ne m'avait pas accordé un regard.
Je tournais plusieurs fois dans des rues adjacentes, me moquant bien de me perdre tant mon cœur battait vite et fort, pour finalement partir m'affaler contre un muret.
- Pfiiiou, je l'ai échappé belle, gémis-je en essuyant mon front moite. Il n'y a plus qu'à espérer que je puisse rentrer rapidement sans trop de casse...
Je jetais un coup d'œil à mon portable, grimaçais devant l'heure tournant avant de le refermer d'un coup sec. Je sautais ensuite sur mes pieds avant de tourner à gauche (il faut toujours tourner à gauche, c'est bien connu)... et de rentrer dans quelque chose. Ou, plutôt, quelqu'un. Ledit quelqu'un m'arriva directement dans les jambes, m'arrachant un petit cri de douleur face à l'impact assez violent, et je m'apprêtais à faire une remarque cinglante lorsque je remarquais qui était en face de moi. Un gamin, d'environ 5 ans, habillé avec un costume de bovin. Oh la vache (c'est le cas de le dire!), achevez-moi. Lambo.
- OUIIIIN, qu'est-ce que t'as fait à Lambo-san, méchante ! beugla-t-il, affalé par terre, reniflant péniblement en se frottant ses cheveux crépus.
- Oh, désolée, petit ! bafouillais—je avec un brin de panique.
Mais zut ! Pourquoi moi, à la fin ? Je lui tendais la main pour l'aider à se relever, il m'ignora royalement. Sale gosse. Malgré ses airs mignons, Jez m'avait transmis quelque chose au fur et à mesure des années : les gamins, c'est bien, mais les gamins bruyants, c'est juste chiant. Je tolérais encore les enfants qui passaient leur temps à hurler, ceux qui pleuraient pour un rien ou qui ne comprenaient pas grand chose. Cependant, s'il y avait une chose que je ne supportais pas, c'était bien les gens capricieux. Oui, oui, même Xanxus. Quand il rentrait dans son mode « je suis le fils du Nono Vongola, vous me devez toute obéissance, bande de déchets », j'avais une pet-... bon, okay, énorme tendance à m'enfuir à toutes jambes.
Je remarquais tout de même que l'œil poché de Lambo ne venait certainement pas d'une quelconque entrée en contact violente avec mon genou, vu la taille de son hématome déjà bien violet.
- Dis-moi, chuchotais-je en m'agenouillant à sa hauteur, qui est-ce qui t'as fait ça ?
Il grommela un instant, la morve au nez, puis détourna ses grands yeux verts remplis de larmes.
- C'est cet idiot de mec aux tonfas, grogna le Gardien de la Foudre. Je voulais juste voir la réserve de bonbons de Dame-Tsuna, parce que je suis sûr qu'il en a une à l'école et qu'il ne veut pas partager avec moi, mais l'idiot m'a frappé et il m'a balancé par la fenêtre.
… Lui, ça se voyait qu'il n'avait que cinq ans et ne savait pas construire de phrases correctement. Mais enfin, à part ça, ça ne m'étonnait pas tellement d'Hibari Kyôya qu'il ait viré un gamin traînant dans son école de façon plutôt brutale. Quoique, si Lambo était encore en vie, ça voulait sans doute dire que le préfet avait été clément : ou, du moins, à sa façon. Toujours est-il que je ne savais pas quoi faire, que le temps passait mais que si je partais maintenant, je me sentirais très mal par la suite (surtout en pensant à ce qui allait se passer dans la soirée, avec son combat contre Levi). Une nouvelle fois, je soupirais puis tentais de faire un sourire rassurant à l'enfant effrayé.
- Tu veux qu'on aille acheter quelque chose ? proposais-je de mon ton le plus sympathique.
Aussitôt, il fut de nouveau en pleine forme et commença à me tirer par le pantalon, tout frétillant sur ses jambes, après s'être relevé d'un bond.
- T'es gentille, mademoiselle ! rigola le gamin. Viens, y'a un super magasin par là, ils vendent des bonbons. Tu m'en achèteras plein, hein ?
Ma compassion me perdra.
Lambo me traîna sur un bon kilomètre (comme quoi, dès qu'il s'agissait de sucreries, il ne se méfiait plus et gagnait une excellente mémoire) dans les ruelles piétonnes jusqu'à arriver à un grand kiosque. Il partit en ricanant dans les rayons, sans doute pour faire son choix, et je le suivais en souriant gentiment. J'avais beau dire tout ce que je voulais, j'adorais les enfants. Enfin, à part les capricieux et (je ne m'en rendais compte que maintenant) les maladroits. Aussi.
En effet, à peine était-il rentré dans le magasin que Lambo, à moitié aveugle à cause de son œil, venait de foncer dans un étalage de livres. De très gros livres.
Je lâchais mon sac de course et me précipitais pour l'enlever du passage ou, au moins, le protéger tant bien que mal parce qu'avec ma vitesse de déplacement, ce n'était pas sûr que je réussisse. Effectivement, je ne pus qu'arriver pour le prendre dans mes bras, je sus aussitôt que je n'aurais pas le temps de m'écarter.
Puis, ironie de la situation, on tira d'un coup sec sur ma longue tresse (Jez ne savait que faire des tresses, je lui avais donc demandé le matin-même de m'en faire une pour ne pas être gênée pendant la journée), me ramenant en arrière pour me faire tomber dans une étreinte certes plus frêle que celle de Xanxus mais qui me parut aussi bien plus chaleureuse. Le tas de bouquins s'écrasa donc sur le sol dans un fracas de fin du monde sauf que moi et Lambo étions sains et saufs. J'avais juste très mal aux cheveux mais c'est un détail.
Je me tournais alors vers mon sauveur, qui me remit sur mes jambes.
- Merci, m'écriais-je avant de m'arrêter net (encore une fois) quand je vis de qui il s'agissait.
O. M. G. Est-ce que j'allais vraiment voir tous les personnages du manga en une seule journée ? Non, parce que là, ça devenait grave : on se trompait carrément d'arc dans la narration ! Même si ça ne me déplaisait pas franchement, pour ne pas dire pas du tout... L'individu en question détourna les yeux avec pudeur, le rouge aux joues, murmurant que ce n'était rien.
- Je suis désolé pour vos cheveux en fait, ajouta-t-il en les fixant.
- Ce n'est pas grave, répliquais-je sur le même ton, aussi euphorique que rêveuse. Merci encore de nous avoir aidé.
- Hé, mademoiselle, marmonna Lambo, on peut aller chercher des bonbons ?
- Oui, oui...
Je m'inclinais une nouvelle fois devant mon débiteur qui était encore plus gêné que moi et m'apprêtais à partir lorsqu'on l'interpella.
- Hé, Enma, par ici ! Je passe à la caisse !
Le boss des Simon fit volte face, son visage reprenant une teinte plus normale que celle accordée à ses yeux et cheveux rouge sang, puis me salua une nouvelle fois d'une toute petite voix avant de rejoindre un de ses Gardiens (il me sembla que c'était Julie).
- Tu as trouvé ce que tu cherchais ? demanda-t-il de façon blasée.
- Ouiiii, babilla l'homme au chapeau. Le dernier numéro de People by Japan avec toutes les derniers infos sur Johnny Depp ! On ne le trouve qu'à Namimori, dingue, non ?
- Tu sais, c'est assez étrange de rechercher comme ça tous les articles à propos de quelqu'un...
- Tu ne peux pas comprendre, Enma, rétorqua son Gardien en rehaussant ses lunettes sur son nez. Tu n'as jamais eu d'idole.
Le lycéen se renfrogna pour afficher son habituelle moue triste qui, lorsque je la voyais dans le manga, me serrait toujours le cœur et me donnait envie de l'enlacer très fort, lui murmurer des paroles rassurantes et promettre de ne plus jamais le laisser seul. On est fangirl ou on ne l'est pas. Échangeant un dernier regard avec l'adolescent non sans avoir crié intérieurement de façon hystérique face à ses yeux magnifiques (vous avez déjà vu une rose des vents dans des yeux, vous ?), je reprenais la main de Lambo après l'avoir posé par terre et reprit ma recherche de bonbons.
Le soir-même, j'allais rentrer en catastrophe, ne pas raconter ma journée de dingues à Jez car elle serait cachée avec Fran à cause d'une énième blague faite à Belphégor (qui décidément ne supportait pas qu'on lui rende la pareille puisqu'il était d'habitude celui réalisant toujours les tours de mauvais goûts), donner de la viande aux cuisiniers et partir m'endormir aussitôt, épuisée.
Dans la chambre adjacente, Xanxus resta à la fenêtre face à l'orage, une photo à moitié déchirée dans son poing crispé. Sur le cliché s'étalait le visage désormais bien connu de Sawada Tsunayoshi.
Bouhou, l'ambiance s'installe xD j'ai une vraie trame dans la tête, pleine de conneries, de romance et, parfois, de sang. Attention, ça va faire mal !
Merci pour toutes vos reviews et ce serait gentil d'en poster une pour m'encourager ^^ (moi, quémander ? nooon)
Review, donc ? :3
A la prochaine !
