note de l'auteur : ah, on arrive au dénouement. l'écriture de la scène de combat fut épique ! Comme ce n'est pas ce que je préfère, je m'étais renseignée auprès d'amis. L'un me proposait un style gore, l'autre, genre ninja de manga... Bon, vous verrez ce que c'est devenu (s'exclaffe !) Bonne lecture !
Chapitre neuf : Confrontations
Mais Poudlard était suffisamment grand pour que deux personnes qui ne le souhaitaient pas ne puissent se rencontrer. Et j'eus beau faire, tendre mes filets, Drago parvint à m'éviter. Hermione me faisait la tête, vexée que je puisse leur faire des cachotteries alors qu'ils cherchaient à m'aider. Bref, je n'étais pas la personne la plus populaire ces jours-ci.
Mais la goutte d'eau qui fit déborder le vase fut quand le professeur Rogue m'annonça que mes cours de rattrapage en potions étaient suspendus. Ainsi, il avait même cru bon de mettre de son côté son directeur de maison ! Et bien, ça n'allait pas se passer comme ça ! Je résolus de passer au plan B.
Il ne me fut pas trop difficile d'embobiner un jeune Serpentard pour qu'il me conduise jusqu'à leur salle commune. Et là, de le convaincre de me montrer les dortoirs, particulièrement celui de mon frère. Puis un petit sort d'oubliette- merci Hermione - et je restai seule dans la place. Je m'installai sur le lit de Drago et en tirai les rideaux. Puis j'attendis. Je luttai péniblement contre le sommeil, mais je ne pus résister et m'endormis.
Je fis de nouveau le même cauchemar. Il avait un peu perdu son pouvoir de m'effrayer et je pouvais maintenant me concentrer sur les détails. Je guettais particulièrement la venue de l'homme à la chevalière. Et quand il surgit de l'ombre, je le reconnus...
A cet instant, la voix de Drago parlant avec Crabbe et Goyle me réveilla. Quand il ouvrit les rideaux et me découvrit, j'avais perdu toute la défense que j'avais soigneusement mise au point tant j'étais déboussolée par ma découverte.
Je ne sais comment mon frère réagit, car à cet instant, sous ses yeux effarés, je me redressai brusquement, saisis ma baguette et murmurai dans un état second :
- Il m'attend...
Drago, épouvanté, reconnut mon visage de glace de l'autre soir. Il essaya de m'arrêter pendant que je traversai le dortoir, indifférente aux exclamations indignées que poussaient les habitants du lieu. Drago tenta de m'attraper par le bras, mais je le repoussai d'une attaque magique et pendant qu'il s'écrasait violemment sur le mur, je poursuivis ma route.
C'était très étrange car j'assistais à la scène en ayant l'impression d'être dans le corps de quelqu'un d'autre. Je voyais cette jeune sorcière parler et bouger, tandis que je baignais dans un doux cocon d'indifférence.
Je savais quelle était sa destination : la tour des Gryffondor. Je l'entendis annoncer le mot de passe : « chardon bleu » et s'engouffrer dans le passage derrière le tableau de la grosse dame. Mais quand elle entra dans le dortoir des garçons de 5e année, je réalisai quel était son but : Harry Potter !
Je voulus l'en empêcher, mais comment lutte-t-on contre soi-même ? Je compris soudain que c'était ce qui s'était passé la dernière fois. Ce n'était donc pas impossible ! Mais je sentis la main brandissant la baguette se lever et je ne pus que hurler.
Curieusement, c'est bien ma voix qui sortit de sa bouche, ce qui permit à Harry de rouler sur lui-même et d'éviter le sort que je lançai :
- Doloris !
Doloris ! Mais c'était un sort interdit ! Comment pouvais-je le maîtriser ?
- Elvira, c'est toi ? Mais qu'est-ce que tu... ?
La compréhension éclaira le visage de Harry :
- Par Merlin ! Elle est encore en crise !
Ce qui suivit est encore confus dans ma mémoire. Il y eut des cris, des sorts jetés, le fracas des meubles bousculés. Harry tentait de se défendre sans me faire de mal. Ron gisait empêtré dans un rideau de lit que je lui avais fait tomber dessus. Et les autres ne sachant que faire avaient quitté le dortoir pour prévenir les professeurs. Quant à moi, je luttais contre la créature cruelle qui avait pris possession de moi. J'avais l'impression d'être dans un match de quidditch et de devoir maîtriser un cognard. La pièce était remplie d'une curieuse fumée...
Tout à coup, la pièce s'éclaircit. Je vis Harry devant moi, agrippé à une table renversée. Il avait perdu ses lunettes et ses yeux verts brûlaient de rage. Sa respiration était sifflante. Je me sentis avec horreur sourire mauvaisement et pointer ma baguette.
- Elvira ! Non !
Drago, ce traître, était là lui aussi, tout contusionné, suivi par Hermione qui brandissait sa baguette d'un air déterminé.
- Tiens... mon cher « frère » qui vient se joindre à notre petite fête... Ne te mêle pas de ça ! Et n'avance pas ! menaçais-je.
- Oh, mais je me garderai bien d'intervenir, surtout s'il s'agit de torturer le petit Potter... Je te soutiendrai moralement même ! C'est normal, je suis ton frère ! Néanmoins, je souhaiterai que tu ne l'achèves pas tout de suite. C'est vrai ! Qui pourrais-je persécuter ensuite ?
- Drago !
Hermione avait lancé un regard assassin à mon frère. Mais celui-ci poursuivit :
- Elvira... Être ton frère, c'est vraiment... Bon, c'est vrai, tu as un caractère de mégère, et tu cries tout le temps, mais... je... enfin, il y a bien pire comme soeur...
Déchirée intérieurement, je luttai une dernière fois et me sentis basculer par-dessus une barrière invisible. Cette fois-ci, je lâchai ma baguette qui tomba dans un bruit sourd.
Un hurlement de rage lui fit écho :
- Petit imbécile ! De quoi te mêles-tu ?
Lucius Malefoy sortit de l'ombre où il s'était tenu caché jusqu'alors. Sa chevalière accrocha un rayon de lune et elle brilla comme dans mon rêve.
- Elvira, tu dois m'obéir ! Tue-le ! Tue Harry Potter !
- Non !
- Alors j'achèverai moi-même le travail !
Et il s'apprêta à lancer un sort... mais pointa sa baguette sur moi !
- Doloris !
Je ne pus m'écarter à temps, bloquée comme je l'étais par le bois d'un lit renversé. Fascinée, je fixai la baguette, d'où sortit un éclair verdâtre. J'entendis Lucius crier quelque chose et j'attendis les yeux clos la douleur qui ne vint pas. A la place je me sentis heurtée par quelque chose de lourd qui me coupa le souffle et tombai à terre dans un grésillement et une forte odeur d'ozone.
Je rouvris les yeux. Drago était étendu sur moi. Son teint était devenu presque transparent et son corps secoué de spasmes. De sa bouche, grande ouverte pour tenter de retrouver sa respiration, ne sortait aucun son.
- Voici une bonne leçon, mon fils ! Vous saurez à quoi mène la faiblesse !
- Oh, vous !
J'attrapai la baguette de Drago et la pointai sur celui dont j'avais cru être l'enfant et qui maltraitait tant le sien !
- Vous êtes un monstre ! Vous...
Et la réalité se fit jour dans mon esprit.
- ... Vous avez tué mes parents !
- Pfff, ces lâches ! S'ils croyaient être à l'abri en vivant si longtemps chez les sangs-de-bourbe, ils se trompaient ! Le maître a toujours su où ils se cachaient. Il a juste fallu attendre un peu pour s'assurer que tu n'étais pas un de ces stupides cracmol... Et quelle plus belle vengeance que d'utiliser leur fille chérie pour éliminer « celui-qui-a-survécu », le fils de leurs chers amis Potter...
- Non !
- ... et il a fallu que ce soit mon propre fils qui fasse échouer un plan aussi parfait ! Je pensais l'avoir élevé mieux que ça ! C'est tellement dommage... Avec un peu plus de discipline et un peu moins de sensiblerie, vous auriez fait une Malefoy presque convenable ! Et puis mourir si jeune... Mais, il va falloir que je me débarrasse de vous, ma chère fille... Il serait regrettable de laisser des témoins à ce drame national : la mort de Harry Potter !
- Je ne crois pas, non...
Le sourire de Lucius Malefoy se figea. La voix qui venait d'intervenir appartenait à un homme qu'il méprisait cordialement mais qui était un sorcier très puissant, bien plus puissant que lui...
- Dumbledore ! Il ne manquait que vous !
- Nous vous attendions... Que voulez-vous, il faudra vous renseigner plus longuement sur les sorts anciens quand vous déciderez d'en sortir un de l'oubli. Si vous aviez vécu aussi longtemps que moi, vous sauriez que l'arbitrium est tombé en désuétude car un certain nombre de sujets y étaient réfractaires. Nous n'avons pas encore mesuré toutes les possibilités de l'esprit !
Le visage du mangemort se tordit dans un rictus féroce et il se mit à marmonner. Avant que nous ayons le temps de réaliser ce qui se passait, il disparut. Il y eut quelques exclamations étonnées avant que Dumbledore ne nous fasse signe de nous taire :
- Ne bougez pas !
Puis de sa baguette brandie, il suivit un tracé mystérieux avant de pousser un cri de triomphe et de pointer sa baguette vers moi en lançant :
- Revelo !
L'éclair argenté issu de sa baguette me frôla et grésilla dans l'air, ponctué par un hurlement de rage. Lucius était réapparu dans mon dos, si proche qu'il ne lui fallut guère de temps pour me saisir et me serrer contre lui en guise de bouclier, sa baguette plaquée contre ma tempe.
Je bloquai ma respiration de peur de le provoquer à un acte irréparable. Je dévisageais chacun des occupants de la pièce, cherchant désespérément de qui pourrait me venir de l'aide : Harry, toujours blême, semblait hors jeu ; Drago s'était relevé en gémissant, son corps encore parcouru de tremblements, Hermione aidait Ron à sortir de son piège de toile. Dumbledore nous fixait avec ce qui me semblait un détachement terrifiant.
Lucius ricana :
- Et bien, la situation est renversée, mon cher Albus !
- Père... intervint péniblement Drago.
Il reçut pour toute réponse un doloris qui le renvoya à terre. Je ne pus réprimer un hurlement.
- Silence ! cria-t-il en rebraquant sa baguette sur moi.
Il se mit à reculer lentement, me traînant pleurant de rage à sa suite. Arrivé près d'une des hautes fenêtres du dortoir, il sauta sur l'appui, me tenant toujours serrée par le cou, mes pieds effleurant désormais à peine le sol. Puis il leva sa baguette en guise de salut avec un sourire ironique et faisant volte face, il sauta dans une grande envolée de cape noire, me projetant en avant, directement dans les bras du directeur qui s'était avancé lentement vers nous. Le temps qu'il me remette sur pieds et que nous nous précipitions vers la fenêtre, Lucius avait pris une sérieuse avance et se dirigeait en courant vers la forêt interdite.
Toutefois, avant qu'il n'arrive à la lisière, une haute silhouette se dressa devant lui :
- Malefoy ? ... Malefoy !
Hagrid, alerté par les bruits de bataille était sorti de sa cabane et s'apprêtait à venir en renfort quand il avait aperçu une silhouette courant vers lui et dont la couleur de cheveux ne faisait aucun doute pour lui quant à son propriétaire... et lui rappelait de mauvais souvenirs. Sans hésiter il brandit son arbalète :
- Halte !
Malefoy n'avait pas le temps de s'occuper de Hagrid alors que ses poursuivants pouvaient le rejoindre d'une minute à l'autre. Il devait absolument rejoindre la forêt enchantée pour transplaner. Il infléchit brusquement sa trajectoire mais ne réalisa pas assez vite dans quel nouveau piège il s'était jeté tête baissée : l'arbre cogneur le cueillit en pleine course et l'envoya voler sur la pelouse quelques bonnes dizaines de mètres plus loin, sa baguette en miettes et lui, guère moins amoché. L'un des plus féroces mangemorts avait été vaincu par une plante verte !
