Salut tout le monde ! Comme d'habitude, un grand grand merci pour vos review et voici le nouveau chapitre. En espérant qu'il vous plaise :P

Bonne lecture !

Chapitre 10

Vous ne croyez pas en moi.

Ils mangeaient.

Harry refusait de lever les yeux de son assiette, de peur de recracher la nourriture qu'il venait juste d'avaler. Tout autour de lui, il pouvait entendre les autres boire en faisant trop de bruit, déglutir, lécher, grogner ... s'il fermait les yeux, il pouvait s'imaginer sans mal, qu'il mangeait avec un troupeau de sangliers sauvages. « Alors... Harry, » il grimaça en voyant la bouche pleine de nourriture de celui qui venait de lui parler, sachant déjà que c'était celle de Ron. « Un Voyant, hein ? Je suppose que toi et Trelawney vous devriez bien vous entendre. »

Les yeux se contractant nerveusement. Harry sentit une colère croissante lui serrer la poitrine. Comment osait-il le comparer à Trelawney ? Retenant une remarque vicieuse, Harry posa calmement sa fourchette et ramassa la serviette de table qui reposait sagement sur ses cuisses. S'assurant qu'il avait bien avalé toute sa nourriture avant d'ouvrir la bouche, il leva les yeux vers la vision atroce du rouquin en train de mâchouiller... de tous les rouquins en fait. « Un peu de tenue, Ronald, » le prévint Mme. Weasley. « Je suis sûre que Harry est complètement horrifié par tes manières. Les vôtres aussi. » elle jeta un regard noir à toutes les personnes assises à tables, et plus particulièrement à ses fils.

« Tout le monde n'a pas eu la chance d'apprendre le savoir-vivre des Sangs-Purs en se prenant des coups de bâtons à la moindre bêtise. » murmura l'un des deux jumeaux avec méchanceté et Harry refusa de répondre à la provocation.

« A vrai dire, Ron, le professeur Trelawney n'est pas une Voyante. » Il jeta un coup d'œil à Sirius, assis à la place du chef de table. Neville et lui semblaient extrêmement proches. Sirius lui murmurait quelque chose et les deux avaient un sourire s'étirant d'une oreille à l'autre. Harry réprima un sourire moqueur. Une telle marque d'affection ne passerait certainement pas inaperçue aux yeux des ennemis de Londubat. Ils s'attaquerait à Sirius Black en un éclair s'ils savaient avec quelle facilité ils pourraient attirer Neville entre leurs griffes.

Neville n'avait presque pas changé au cours de l'été. Il était toujours de taille moyenne, de poids moyen quoiqu'un peu rondouillard, et ses cheveux étaient toujours coupés court. Il n'y avait rien d'intéressant à regarder chez Londubat, sauf peut-être sa cicatrice en forme d'éclair qui se dessinait clairement sur son front. Ses yeux bleus étaient tellement... révélateurs. Neville jeta un coup d'œil à Harrison et lui sourit. Sirius suivit son regard et sembla chercher quelque chose dans les yeux de Harry.

De plus en plus mal à l'aise face au regard insistant et écrasant de l'homme, Harry détourna les yeux et porta son attention sur Ginny qui était en face de lui. La jeune fille s'en rendit compte et baissa les yeux vers son assiette, les joues légèrement rouges. Elle avait définitivement grandi pendant les vacances. Il semblait que des courbes féminines étaient finalement apparues et ses cheveux d'un rouge flamboyant descendaient maintenant jusqu'au milieu de son dos. Elle était jolie, Harry ne pouvait le nier. Il y avait un petit quelque chose à propos d'elle qui faisait oublier sa simplicité. Ses yeux marrons rencontrèrent les yeux d'un vert brillant de Harry et il lui fit un petit sourire. Ils avaient tous deux discuté de nombreuses fois, mais Harry n'était simplement pas aussi 'proche' d'elle que du trio.

« Comment peux-tu dire qu'elle n'est pas une Voyante ? » l'interrompit Ron avant que Harry n'ait pu saluer Ginny. Elle leva les yeux au ciel et Harry sourit sarcastiquement en retour. Même si elle était agréable à regarder, Harry ne voudrait -non- ne pourrait jamais se voir avec elle.

« Elle est davantage une Prophétesse qu'autre chose, » commença Harry tout en lacérant ses haricots verts. Ron n'avait pas du tout changé.Il avait simplement eu une poussée de croissance soudaine et semblait avoir avalé un poteau. Si Harry pouvait en dire quoique ce soit, il aurait dit que Ron était plutôt disgracieux. « Elle fait seulement des prophéties mais elle ne s'en souvient jamais. Les Voyants, d'un autre côté, ont des visions du futur comme du passé et nous nous en rappelons. Ces visions ne nous viennent pas sous forme de prophéties, comme elles le font pour les prophètes, mais sous forme de rêve. »

A ses côtés, Hermione hochait la tête de manière enthousiaste. Ses cheveux semblaient moins frisés et plus ondulés, et c'était la seule différence notable que remarquait Harry en l'observant. Elle ouvrit la bouche et commença à faire la leçon à Ron. Le rouquin pâlit et envoya un regard désespéré à Harry. Le jeune Malefoy sourit simplement en réponse et mangea le reste de ses légumes verts.

« Alors... Harry, » commença l'un des jumeaux et Harry refusa de leur jeter le moindre regard. Les jumeaux ne l'avaient jamais aimé lorsqu'ils étaient encore à l'école et Harry savait que ces deux-là allaient être difficiles à amadouer. « Ou Harrison, »

Ginny et Ron grognèrent tous les deux, sachant ce qui allait suivre. « Oui, Fred ? » Harry ne pouvait s'en empêcher. Il savait faire la différence entre les deux, il avait simplement décider de ne pas remarquer leurs différences physiques. Fred sentait comme un fruit exotique alors que Hermione avait une odeur de marguerite et George de terre fraîche. Neville, Ron, de même qu'Arthur Weasley n'avait pas vraiment d'odeur liée à leur magie. Ginny avait une odeur d'épices et Sirius sentait le givre.

Leurs pouvoirs n'étaient pas vraiment puissants, à l'exception de Sirius. A chaque fois que Harry prenait une inspiration près de l'homme, ses narines semblaient geler.

Les jumeaux se jetèrent un regard, ahuris que Harry soit capable de faire la différence entre eux et ce, sans même les regarder. Ils passèrent outre rapidement. « Pourquoi as-tu été déshérité ? Est-ce que ton papa n'a pas pu supporter ton amitié avec le garçon-qui-a-survécu ? » La pièce devint silencieuse et Harry savait que cela devait arriver. L'habituelle discrimination contre les Malefoy...

« Il était plutôt... désintéressé par mes amis, oui. » Il ne voulait regarder aucun d'entre eux.

« Nous sommes vraiment flattés, Harry, que tu te dresses contre lui ...et pour nous. » C'était Neville, toujours le héros. Harry ricana intérieurement, jouant avec la purée dans son assiette. La nourriture au manoir Malefoy était vraiment meilleure que cette bouillie infâme. Sa mère lui manquait, peu importe à quel point cela semblait puéril.

« Nous en avons déjà parlé maintes fois, Neville. Ceci n'est que la face externe de l'iceberg. » Fred et George rirent doucement et Harry leur lança un regard méfiant.

« Ton frère est un imbécile, Harry. Et ton père est un bâtard-, » commença Ron.

« Ronald Billius Weasley ! » s'écria Molly et les oreilles de Ron rougirent. « Quel manque de respect envers Harry-, »

« Tout va bien, Mme Weasley. » Harry posa sa fourchette. « Je comprends très bien que vous haïssiez tous le nom Malefoy et je sais que cela va vous être assez difficile à éviter... surtout en habitant avec moi. Je sais que mon frère est un foutu crétin et mon père, une chochotte. » Fred et George sourirent.

« Et ta mère est une-, »

Harry réagit brusquement, sifflant à leur encontre. « Vous ne direz aucun mal de ma mère. Vous pouvez nommer Lucius et Drago par n'importe quel nom d'oiseau si cela vous chante, mais pas ma mère. Vous ne la connaissez pas et ne pouvez pas la juger. » Ils clignaient tous des yeux, hébétés, et Harry se leva, froid et impassible. « Merci pour le repas, Mme Weasley et je vous remercies de m'avoir permis de rester chez vous, Mr Black. » Sur ces mots, Harry tourna les talons et monta les escaliers.

Il devait se calmer. Peu importe à quel point il les détestait, il se devait d'agir de façon décente. Molly Weasley n'avait aucun contrôle sur ses enfants, tous aussi idiots et ingrats les uns que les autres. C'était écœurant. Et avec Neville qui pensait vraiment que Harry l'avait défendu – lui – face à son père ? Le garçon pensait que tout tournait autour lui.

Il grimpa les vieilles marches du manoir de Sirius et jeta des coups d'œil aux alentours. Cette maison semblait somme toute assez banale. Elle était vieille mais intéressante. La maison était décorée par du bois sombre et les murs étaient de couleur crème. Il y avait aussi quelques portraits de Sirius avec les Potter. Harry se souvenait d'avoir lu qu'ils étaient morts au cours de la première guerre. Il y avait aussi un autre homme aux côtés de Sirius qui avait les yeux couleur ambre. Il devait sûrement être un loup-garou. Harry ne savait pas vraiment qui était cet homme, mais il n'en soucia pas plus.

Malgré les quelques portraits, Harry trouvait cette maison presque... déprimante.

Il chassa ses quelques pensées et gravit rapidement les dernières marches jusqu'à sa chambre. Ses pieds touchaient à peine le sol et il ne fit aucun bruit. Seule sa respiration erratique se faisait entendre... Il devait reprendre le contrôle sur sa colère. Une bonne méditation ferait l'affaire.

Il arriva finalement dans la chambre où Sirius avait déposé ses affaires et il ferma la porte derrière lui. Jetant un coup d'œil à la chambre toute simple, les yeux de Harry s'illuminèrent en voyant le grand lit. S'assurant que personne n'entrait derrière lui, Harry enleva ses chaussures et se mit à courir. Le cœur battant fort, Harry sauta sur ses pieds, prenant de la hauteur et fit un saut périlleux, atterrissant avec succès sur le lit. Évidemment qu'il avait réussi... mais son pied se perdit dans le drap et il tomba sur le sol.

Le visage rouge, Harry atterrit lourdement sur le sol, fixant le plafond. Eh bien, il l'avait presque fait. Il était très agile et souple, ce qui lui donnait l'impression que son rêve de devenir un Assassin serait facile à réaliser. Il s'entraînait à faire des sauts périlleux depuis quelques temps déjà, se perfectionnant dans sa chambre au manoir Malefoy. Tout ce qu'il avait à faire était de pouvoir le réussir n'importe où.

Remettant son entraînement d'Assassin à plus tard, Harry se leva et s'assit sur le lit, en position du lotus. Pythia lui avait apprit à s'asseoir confortablement dans cette position. Cela lui avait pris des heures à chaque fois. Au début, cela avait été étrange d'être assis d'une telle manière, mais avec le temps, il s'y était habitué.

Harry prit une profonde inspiration tout en fermant les yeux.

Il se concentra à la recherche de son noyau. Avec une certaine facilité, il se sentit emporté dans son propre monde. En face de lui, assis il y avait... eh bien- lui même. Harry observa sa petite carrure et les yeux verts brillants de l'autre le fixaient en retour. Les lignes de ses joues étaient prononcées et son nez était fort et aquilin. La peau sans imperfection étincelait et les yeux verts flamboyaient. Ses cheveux devenaient de plus en plus longs, mais demeuraient toujours aussi obstinément ondulés.

« Bonjour Moi, » chuchota doucement Harry. Moi haussa un sourcil, le dévisageant.

« Tu as terminé, » dit Moi avec un air de contentement. Moi était son guide ou du moins son 'moi-intérieur'. Le garçon l'aidait à voir les choses qu'il ne voulait pas voir, en face... et il lui disait tout franchement, jusqu'à ce que Harry les accepte et les comprenne enfin. « Tu es un Voyant à part entière, félicitations. » Harry sourit, sachant déjà que rien ne changerait même s'il était enfin au complet. Évidemment, sa marque serait plus foncée, mais il allait devoir continuer son entraînement et devrait méditer de façon régulière.

« Peut-être, » acquiesça Harry, souriant. « Y-a-il quelque chose que je nie encore ? »

Des yeux verts se fermèrent. « C'est à toi de me le dire. »

« Non, » nia Harry. « Je ne me voile pas la face. Je déteste les gens de la Lumière, il me donne des maux de tête. Les Weasley sont de véritables porcs... ils osent me comparer à une maudite prophétesse un peu trop poétique... » siffla Harry, les yeux noirs. « Je veux que Voldemort les torture tous, chacun d'entre eux. »

« Et pourquoi pas toi ? Pourquoi ne le ferais-tu pas toi-même ? »

Harry haussa un sourcil, surpris. « Je suppose... » il respira profondément, sachant qu'il ne pouvait rien cacher à son Moi. « Parce que je n'ai jamais torturé personne. J'ai peur de devoir le faire. Cela ne me dérange pas de tuer, merde, j'aime tuer. Je ne suis juste pas quelqu'un qui aime des heures de cris et le sang. » Moi hocha la tête, souriant avec douceur. Harry savait que 'Moi' n'était que lui-même. Cependant, cette partie de lui le confrontait avec certaines choses.

« Tu es aussi un Voyant, Harry. Fais-leur se sentir comme s'ils t'aimaient beaucoup. Manipule-les et fais en sorte qu'ils te soient soumis... » Les yeux de Harry s'illuminèrent et il fit un sourire malicieux. « Si tu veux t'envoyer en l'air avec la Sang-de-Bourbe, cela sera facile de lui faire faire. » Harry fit une moue moqueuse à ces mots, n'aimant pas l'idée de se salir avec elle en particulier. Il n'avait pas utilisé ses pouvoirs de Voyant pour une situation réelle avant ça... Merlin... C'était génial de pouvoir le faire. Il ne pouvait attendre de pouvoir s'essayer, surtout sur le Trio d'Or.

Le silence s'étira et Harry regarda dans le vide, ne fixant rien en particulier. « Il y a autre chose que je devrais probablement avouer... » Harry regarda autour d'eux, voyant différentes auras de lumières apparaître et disparaître à intervalles de quelques minutes. Allant du vert au jaune, elles l'apaisaient toutes en le réconfortant.

« Tu veux que Sirius Black te remarque. » déclara Moi avant que Harry ne puisse le faire.

« Oui, » chuchota Harry. « Il me fait tellement penser à moi-même. Et je vois la façon avec laquelle il interagit avec Neville... Je... »

« Londubat n'est pas exactement le plus intelligent parmi les idiots qui sont en bas, Harry. Il serait mieux mort et tu le sais. Tu veux sa mort. » Moi sourit malicieusement et Harry se souvint alors que même son Moi-Voyant n'était ni chaleureux ni délicat. Il n'était pas gentil non plus, il était sombre. Il devait se rappeler que Moi était lui, et non pas un ego alternatif. « Il n'a jamais voulu te faire confiance à Poudlard, malgré toutes ces années. Lorsque tu voulais simplement un ami pour pouvoir l'aimer et lui faire confiance, il n'a jamais montrer le moindre signe d'acceptation. Et tout ça, à cause de ton maudit nom. C'est assez superficiel. »

Harry rit doucement. « Et où est-ce que ça nous mène ? Je pensais qu'on parlait de Sirius Black. »

Moi pinça ses lèvres. « Je n'ai pas besoin de le dire, Harry. Tu pense la même chose que moi. »

« Que si Londubat peut se faire une place au chaud dans le cœur de Sirius, je peux aussi le faire. » finit Harry, hochant la tête. « Je veux juste connaître Sirius Black. Je veux voir l'homme pour qui il est vraiment. Si je n'aime pas ce que je vois, alors Londubat pourra le garder. »

« Et si tu aimes Sirius Black ? » Harry pencha la tête sur le côté, jetant un regard irrité à Moi. « Ah, oui, » Moi rit de nouveau. « Tu ne crois pas aux 'relations'. Tu aimes les relations platoniques... telle que celle entre un maître et son serviteur, un professeur et son élève, un chef et ceux qui le suivent... Et la seule exception : une mère et son fils. Pourquoi détestes-tu autant tout ce qui va de paire avec le fait de créer une réelle affection ? »

« Je pense que tu le sais, Moi. » rétorqua Harry.

« Tu es amer, » dit Moi, se détendant, toujours assis. « Dis-moi, Harry. »

« Parce que d'avoir une relation me fait toujours du mal, » sa voix était légèrement cassée. « Cho Chang m'a trompé après m'avoir dit qu'elle m'aimait. Neville et Ron me tournaient toujours le dos lorsque j'avais besoin de leur attention et de leur amitié. Et mon père... mon putain de père... » Harry baissa la tête, clignant des yeux pour refouler ses larmes. « Tout ce que je voulais c'était son amour et son approbation … et lorsque j'en ai eu besoin, il m'a ri au nez. » Harry secoua la tête, se souvenant très clairement de chaque détail.

« D'admettre la raison pour laquelle tu détestestellement ce genre de liens est un pas dans la bonne direction, Harry. Mais tu dois comprendre que tout le monde se sent blessé à un moment dans sa vie... Que ce soit à cause de leurs propres décisions ou celle de quelqu'un qu'ils aiment. Cela arrive à tout ceux autour de toi. Tu n'es pas le seul à connaître la douleur. Pourquoi ne passes-tu pas à autre chose ? Oublie les épreuves que tu as traversées et accepte d'ouvrir ton cœur à de nouvelles relations. »

« Je ne veux plus être blessé, » Harry redressa la tête, les yeux brillant. « Je n'aime pas me sentir vulnérable. Je suis fort et indépendant, et je n'ai pas besoin de m'attacher à quiconque. »

« Je ne peux pas te faire changer d'avis. Je suis là, simplement pour que tu ne puisses pas te mentir à toi-même, et ce n'est pas ce que tu fais. » Moi fronça les sourcils. « Tu sais que tu as tortde ne pas créer de nouveaux liens et tu ne nies pas que tu n'appartiens pas à cet endroit... avec ceux de la Lumière. Ta place est avec ta famille et non pas ces... » Moi s'arrêta, une grimace moqueuse au visage.

« J'aimerais les espionner, juste pour un temps... Et irriter Voldemort et mon père le plus possible. »

Moi sembla de nouveau amusé. « Tu veux que Voldemort soit jaloux, n'est-ce pas ? » Le sourire tordu de Harry lui répondit et Moi rit. « Il est assez amusant lorsqu'il devient possessif. »

Harry cessa de sourire, sachant que quelqu'un se trouvait tout près de lui. « C'est lui, » Harry lui fit un signe de la main. « Je dois y aller, »

Il retourna dans son corps, tout à fait conscient de l'homme qui entrait silencieusement dans sa chambre. « Vous savez, si vous vouliez vous approcher de moi sans faire de bruit, vous auriez au moins dû enlever vos chaussures. » Harry avait toujours les yeux fermés, un petit sourire jouant sur ses lèvres. Doucement, il ouvrit les yeux pour regarder Sirius Black s'arrêter dans l'entrebâillement de la porte. L'homme fit un sourire malin, s'accoudant tranquillement au mur et croisant les bras devant son torse.

« Je voulais simplement te souhaiter la bienvenue ici, comme il se doit, » Harry cligna des yeux, ouvrant légèrement la bouche. « Je suis désolé pour ce qu'il s'est passé en bas-, »

« C'est absurde, ce n'était pas de votre faute. Et je comprends qu'ils soient suspicieux, surtout avec mon nom. Cela arrive, » Harry haussa les épaules. « Cela ne me dérange pas qu'ils veuillent mettre plus bas que terre, mon père et mon frère, mais ma mère est différente. » Harry s'agita nerveusement puis décroisa les jambes de leur position.

« Ah, Cissy, oui. Elle a toujours été la fille la plus censée de Cygnus et Druella Black. »Les yeux d'un argent foncé de Sirius le fixaient. Par rapport au moment où Harry l'avait vu avec Neville – heureux et lumineux-, avec Harry, Sirius semblait sur ses gardes et son regard était remplie d'un respect craintif.

« C'est une femme merveilleuse, » répliqua Harry pour défendre sa mère, il laprotégerait toujours. « Je suis sûr que vous ne partagez pas mon opinion, Mr. Black »

Sirius rit doucement, s'avançant légèrement. « Puis-je ? » Il montra de sa main le bout du lit et Harry hocha la tête en réponse, s'installant mieux pour voir Sirius s'approcher. L'homme un sourire au visage alors qu'il étudiait la posture charismatique qu'avait prit Harry. « Tu peux m'appeler Sirius, Harrison. »

Harry s'inclina vers l'avant, les yeux brillants. « Et vous pouvez m'appeler Harry si vous le voulez. »

« Je dois admettre que tu es très différent de ce dont je m'étais imaginé. C'est assez étonnant que tu aies des cheveux noirs et surtout tu ressembles tellement à ... »

« Je ressemble tellement à votre frère ? » finit Harry à la place de Sirius, lui souriant. « J'ai entendu ça de nombreuses fois de ma mère. C'est la raison pour laquelle on m'a donné son prénom. » Sirius haussa un sourcil moqueur. « Harrison Regulus Malefoy. » expliqua finalement Harry.

« Tu ressembles presque exactement à Regulus, en effet. » Il y avait de nouveau cet éclat hagard dans les yeux de Sirius. « Mais tu as aussi cette beauté incroyable venant de ta mère. Elle a toujours été très fière de son apparence. Tous les Blacks sont assez vaniteux. » Harry sourit narquoisement, sachant exactement de quoi Sirius voulait parler.

Il aurait vraiment aimé en avoir plus sur la relation qu'entretenaient Sirius et Regulus, mais il décida de ne pas pousser trop loin. Peut-être que le sujet viendrait de lui-même.

« Encore merci, de me laisser rester ici jusqu'à la fin de l'été. » Il y avait une tension entre eux, qui était davantage gênante que tendue. Harry inspira profondément, expirant des émotions de calme et d'amitié. Derrière un regard voilé, il vit les épaules de Sirius se détendre légèrement. C'était la première qu'il imposait une émotion chez quelqu'un. Il pensait qu'il allait se sentir coupable de contrôler les émotions de quelqu'un d'autre... mais franchement, il se sentait puissant et supérieur.

« Je comprends ce que tu traverses, Harry. » Sirius lui fit un sourire, devenant plus amical sous l'influence de Harry. « Lorsque j'avais à peu près ton âge, je suis partit de chez mes parents et je me suis installé chez mon meilleur ami. Toi et moi sommes bien plus semblables que tu ne le crois. » Oh, mais je le sais déjà... cousin. « Je suis sûr que ta mère t'as déjà parlé de ce moment où j'ai été déshérité. »

Le sourire de Harry répondit suffisamment à sa question et Sirius rit doucement. « Je n'avais vraiment pas honte du tout. A vrai dire, le seul regret que j'ai, est d'avoir laissé mon petit frère derrière moi. » Se penchant légèrement contre la tête du lit, Harry observa l'homme en face de lui. Sirius semblait bavard lorsqu'il était détendu. Il réprima un rire tout en continuant d'envoyer des vagues de sérénité à Sirius. « Regulus et moi étions vraiment proches lorsque nous étions plus jeunes... mais j'étais le premier né et de ce fait, l'héritier légitime de la famille Black. Mes parents semblaient toujours vouloir me favoriser, au détriment de Regulus, et ils essayaient de me manipuler pour que je tourne le dos à James et à la Lumière. » Sirius secoua la tête. « Voilà pourquoi je suis parti. »

Les yeux argents de Sirius se posèrent sur ses mains et un sourire sans joie étira ses lèvres. « J'ai à peine gardé contact avec Regulus. J'avais pensé que mes parents allaient lui accorder plus d'attention à la place, pour lui donner toute l'affection dont il avait besoin. Mais ils ne l'ont pas fait. Et cela a poussé Regulus à faire certaines choses... des choses qui auraient prouvé à ses parents qu'il en valait la peine, mais des choses très dangereuses également. » Harry acquiesça, le sachant déjà.

« Il a voulu être un Assassin. » Sa mère le lui avait dit lorsqu'elle avait donné son poignard à Harrison, durant les vacances de Noël de sa première année. Inconsciemment, il toucha la dague qui était attachée à sa cuisse, sous ses vêtements.

« Et il a échoué. »dit Sirius et Harry leva les yeux vers l'homme en face de lui.

« Quoi ? » demanda Harry, se rapprochant. « Il a échoué parce qu'il est mort avant même d'avoir pu essayer de devenir Assassin, n'est-ce pas ? » C'était ce que sa mère avait dit.

« Non, il a été tué par la Guilde des Assassins. » Sirius lui jeta un drôle de regard.

« Pourquoi... pourquoi a-t-il été tué par des Assassins ? » Harry sentit sa respiration se bloquer dans sa gorge, regardant partout sauf vers Sirius. « Je pensais qu'il voulait devenir l'un d'eux ? »

« Et c'est le cas, » acquiesça Sirius. « Mais si tu échoues durant leur entraînement, ils te tuent, purement et simplement. » Ses yeux gris dansèrent sur la joue de Harry. « C'est une bonne chose qu'être un Assassin ne t'intéresse pas. Ils ont dit que Regulus avait échoué parce qu'il était un Voyant. Il avait trop d'émotions. Bon, il n'était pas un Voyant à part entière comme tu l'es, mais un Voyant, peu importe son niveau, a beaucoup trop d'émotions pour devenir un Assassin. » Sirius haussa les épaules, mais pour Harry, le temps sembla s'arrêter. Il se redressa, baissant la tête et respirant lourdement.

« Il était un Voyant ? » Ses yeux verts flamboyant jetèrent un regard accusateur à Sirius. « Il était un maudit Voyant ? » L'homme se recula légèrement, les vagues apaisantes de Harry ayant complètement disparu. « Pourquoi personne ne me l'a dit ? » demanda Harry avec colère et à qui voulait l'entendre.

Sirius cligna des yeux, ayant l'impression de sortir d'un nuage. C'était ce que ressentait une personne après avoir été affectée par le pouvoir d'un Voyant. Bien entendu, la victime du Voyant ne pourrait jamais mettre le doigt dessus, mais elle se sentait légèrement embrumée dès que le pouvoir du Voyant la quittait. « Je suppose que j'en ai trop dit, Harry. Je pense que ta mère te l'a caché pour une raison... » Sirius rit nerveusement et se gratta l'arrière de la tête. Avec hésitation, il se leva. « Je suis désolé pour-, »

« Non, » Harry leva froidement le menton. « Vous n'avez pas besoin de vous excuser, Sirius. En fait, je suis heureux que vous m'ayez parlé de votre frère. Je voulais en savoir plus sur lui. » Il commençait à reprendre le contrôle grâce à son entraînement. « Il semblerait que Regulus et moi ayons bien plus de choses en commun que je ne le pensais initialement. » Avant même que Sirius puisse ouvrir la bouche, Harry lui fit une tentative de sourire. « Merci, Sirius. Je suis content de voir que vous avez pu aller outre mon nom pour apprendre à me connaître. »

Le changement de sujet marcha et Sirius lui fit un sourire espiègle, un sourire très Gryffondor. Mais le sourire semblait un peu forcé – il était faux. Harry pouvait le sentir. Mais ce qui l'intéressait le plus était l'émotion étrangère qui émanait de Sirius. S'y intéressant davantage, Harry mit le doigt dessus.

Mensonges, tromperies, sacrifices, abandons... Tous étaient combinés en une seule et même émotion de douleur. Sirius ne se sentait pas comme ça tout à l'heure, lorsque Harry lui parlait. Mais Harry n'avait pas besoin d'y réfléchir pendant longtemps pour savoir pourquoi Sirius se sentait ainsi. En fait, cela devenait très intéressant. Le Sirius qui se tenait devant lui, le Gryffondor bruyant et joueur, ne faisait que jouer un rôle. Il se débrouillait très bien, mais peu importait, tout était faux. Ce n'était pas son vrai caractère. Sirius se cachait derrière un masque d'espièglerie pour dissimuler qui il était vraiment.

Harry le fixa tout en se demandant si l'homme avait, en réalité, été un sorcier noir toute sa vie, mais qu'il avait été influencé par ses amis et Dumbledore pour se joindre au côté de la Lumière. « Tu n'es pas si mal, l'avorton. »Le sourire de Harry se fit forcé alors que Sirius levait la main pour le décoiffer. Ses cheveux ne devaient jamais être décoiffés. Jamais. Eh bien... peut-être que ça allait pour la fois... avec Voldemort sur le canapé... mais c'était différent. « Molly est en train de nous préparer du cidre chaud... Nous aimerions vraiment que tu descendes. » Encore une fois, il agissait de façon forcée.

Harry rit légèrement. « Je pense que je vais rester ici, j'ai eu une longue journée. » Sirius acquiesça et sortit lentement de la chambre.

Dès que la porte fut fermée, Harry mit de côté ses problèmes avec Sirius et releva sa robe, découvrant ses jambes nues. Ses doigts tracèrent des arabesques sur sa peau douce avant de s'enrouler autour de la poignée de sa dague. L'approchant immédiatement de son visage, les yeux verts écarquillés de Harry se reflétèrent dans la lame tortueuse. Cette dague avait appartenu à Regulus, mais Harry n'avait jamais su qu'il était mort … à cause de ça.

Tout ce qu'il fallait, était une seule goutte de sang, quelques mots murmurés et la Guilde des Assassins viendrait le chercher pour l'emmener rapidement. En serrant fort le poignard, il pouvait presque voir Regulus se couper la main et demander de l'aide aux Assassins. Essayant autant qu'il lui était possible, Harry ne put faire venir une vision de ce passé. Pythia lui avait pourtant dit qu'il se pourrait qu'en touchant un objet, Harry puisse avoir une vision concernant cet objet.. mais rien ne s'était passé. Cela voulait simplement dire que Harry n'était pas prêt à voir cette vision. Pas encore.

Ses doigts glissant sur toute la longueur de la lame, Harry posa ses yeux vides sur le mur en face de lui. Regulus avait eu les mêmes rêves que lui lorsqu'il avait été du même âge que Harry. D'être un Voyant et un Assassin. Harry sentit des émotions sinistres lui écraser l'estomac et la tension alourdit son dos. Regulus avait même voulu devenir un Assassin parce qu'il voulait montrer à ses parents qu'il était tout aussi bon que Sirius. Merlin... cela ne semblait-il pas sortir de la bouche même de Harry ?

Ils avaient tous les deux besoin de réconfort.

Il serra les dents lorsque la lame entailla sa peau. Mais là où Regulus avait échoué, Harry réussirait.

-SSC-

Quelques jours s'étaient écoulés depuis que Harry était arrivé au manoir de Sirius. Harry ne put empêcher le sourire suffisant de s'étendre sur son visage, alors qu'il inspectait la pièce.

Ils étaient tous ses animaux de compagnie.

Des animaux tellement sages et bien élevés.

Londubat et les Weasley étaient tous sous son emprise. C'était presque comme s'il les contrôlait. Malheureusement, il ne contrôlait que leurs émotions, et non pas leurs actions. Malgré tout, c'était tellement amusant. Les deux seuls qu'il ne manipulait pas étaient Sirius et Ginny. Ginny parce qu'elle avait le béguin pour lui et le traitait toujours normalement, et Sirius, parce que Harry avait un petit faible pour l'homme. De surcroît, lui et son 'cousin' s'entendaient assez bien. Il avait également observé Sirius avec beaucoup d'attention, pour voir si cet air de mensonge restait avec l'homme. Et cela avait été le cas. A chaque fois qu'il se comportait de façon étrange ou comme un imbécile, Harry pouvait sentir que Sirius faisait semblant.

Et cela intriguait particulièrement Harry.

Il sentait toujours le manque de confiance émaner de Londubat et des Weasley, et ce malgré le fait qu'ils sachent qu'il était un Voyant. Mais Harry le dissipait rapidement et le remplaçait par de la crédulité ainsi que de l'acceptation à son encontre, et ce chez l'ensemble du groupe. Maintenant qu'il était un véritable Voyant, Harry trouvait cela facile à faire, presque aussi simple que de respirer.

Actuellement, il paraissait sur l'un des canapés, lisant un énorme pavé qui décrivait les différents rituels qui impliquaient des premiers nés. De façon imprévisible, Sirius l'avait aidé à trouver ce livre. C'était un livre de magie noire, prouvant simplement à Harry que Sirius était un sorcier noir par nature.

Non loin de lui, les jumeaux se tenaient tranquilles, assis dans un coin l'un à côté de l'autre et se murmurant à l'oreille les différentes idées de farces et d'objets qui leurs étaient venues à l'esprit. Mr Weasley travaillait, de nouveau, jusque tard au Ministère et Mme Weasley tricotait magiquement un pull quelconque. Ne restait plus que le Trio d'Or. De la haine comprima la poitrine de Harry et il fit une grimace en se cachant derrière son livre. Il les détestait. Le jour suivant son arrivée chez Sirius, il les avait entendus chuchoter entre eux à propos de quelque chose et dès qu'il était entré dans la pièce, ils s'étaient stoppés net.

Cela ne pouvait simplement pas se passer ainsi. C'était la raison pour laquelle Harry les avait forcés à l'accepter dans leur petit groupe, en manipulant leurs émotions. Ils avaient discuté des drôles de rêves que faisait Neville. Il y voyait un couloir sombre, de nombreuses portes tout autour. Harry n'avait pas trouvé ça bien intéressant et il avait haussé les épaules.

Il cligna des yeux, jetant un regard vers Ron et Neville qui jouaient aux échecs. Ils étaient vraiment de proches amis. Harry pouvait le voir et le sentir. Et cela l'écœurait légèrement … non... il se sentait envieux. Il n'avait jamais eu un lien aussi fort avec quelqu'un et les deux ne faisaient aucun effort pour passer du temps avec lui. Il devait toujours forcer les choses pour se faire une place. Il était vrai qu'il faisait tout ceci juste pour obtenir des informations, mais cela aurait été agréable que quelqu'un le remarque et veuille vraiment devenir son ami.

Jusqu'à présent, il n'avait eu absolument aucune information, à l'exception de la connexion mentale qui reliait Neville à Voldemort. Il devait en informer l'homme.

Ginny fit son entrée dans la pièce et lui sourit, s'asseyant près de lui. « As-tu posé la question à ma mère ? » lui demanda-t-elle très doucement pour que sa mère ne l'entende pas.

« Mrs. Weasley ? » l'interrogea Harry, sachant déjà qu'il avait le pouvoir de convaincre Molly. La femme se tourna vers lui, un sourire chaleureux aux lèvres.

« Qu'y-a-t-il, mon chéri ? » Harry retint un rire. Cela lui faisait un peu bizarre de voir qu'il pouvait vraiment en faire des marionnettes. Oh, il ne pouvait attendre de tout dire à Voldemort. Attendez...quoi ?

« Je me demandais... eh bien... » Il fit un faux sourire timide à Ginny et elle posa une main sur son genou. Il mourrait presque d'envie de lui couper main... « Je me demandais s'il serait possible que Ginny puisse être ma cavalière au bal qui se tiendra ce week-end. C'est un bal officiel pour l'anniversaire de Drago et le mien. » Dès que le dernier mot passa ses lèvres, il dut reprendre le contrôle des émotions de la plupart des occupants de la pièce. Il pouvait sentir leur désaccord grandissant mais il les apaisa doucement en leur envoyant des vagues de calme et d'approbation. Il ne voulait pas que ses marionnettes soient trop tendues, n'est-ce pas ?

Leurs épaules se relâchèrent d'un coup et ils s'illuminèrent tous.

Les jumeaux firent un sourire à Ginny. « Notre petite sœur-, »

« -allant enfin au bal de ses rêves. »

Ginny rougit violemment et Harry sourit, voyant Hermione rouler des yeux. Mais quelque chose attira son attention. Les émotions qu'avait ressentiLondubat, au moment où il avait posé la question, n'étaient pas qu'un refus buté ou qu'un profond déni, mais Harry avait aussi senti de la jalousie lui venir par vague de Londubat. Il semblerait que le garçon-qui-avait-survécu avait un petit faible pour Ginny. C'était intéressant et il avait bien l'intention d'en profiter.

Il envoya encore plus d'acceptation et d'indifférence à Londubat, regardant le garçon hausser nonchalamment des épaules. Ses yeux verts se concentrèrent sur Molly, voyant son incertitude avec intérêt. Et avec toutes les émotions positives qu'il lui imposait, elle devait être vraiment contre l'idée que Ginny aille au bal. « Je ne sais pas... » Elle fit voyager son regard entre Ginny et Harry.

« J'ai déjà demandé à Sirius et il a accepté d'être notre chaperon. Il viendra avec nous. Et en cadeau, je lui achèterait une robe de soirée. » Ginny rougit encore plus et Molly finit par accepter lorsque Harry clarifia le fait que la robe était un 'cadeau' et non de la charité.

Harry sourit à Ginny et il se recula contre le canapé, satisfait.

-SSC-

« Lucius, » elle se mit à danser dans la pièce et Lucius put à peine se retenir de faire une grimace moqueuse.

« Que veux-tu, Bella ? » Il jeta un coup d'œil aux papiers administratifs qu'il devait toujours compléter pour le Ministère. « Je suis occupé, ne peux-tu pas aller voir Cissy? » Narcissa avait convaincu Lucius de bien vouloir héberger Bella et son mari au manoir, depuis que le Seigneur des Ténèbres les avaient jetés hors de son propre manoir. Lucius avait accepté, mais cela avait un prix. Ils dormiraient et résideraient dans les profondeurs des donjons. Quel dommage qu'ils n'y restent pas.

« Non, Lucius, mon cher, » Elle se mit tout à coup à chantonner et ronronna lorsqu'elle se posa sur son bureau. Les lèvres se serrant de dégoût, les yeux de Lucius se posèrent dans ceux, emplis de satisfaction, de Bella. Sa belle sœur était une créature des plus viles... « Ce que je m'apprête à te dire, je ne te le dis qu'à toi. »

Elle rit et Lucius resta stoïque, la fixant. Elle poussa un cri perçant, frappant dans ses mains. Mais son rire mourut bien vite et un éclat sinistre brilla dans ses yeux alors qu'elle se rapprochait de lui. « Ton fils, mon neveu, et notre Seigneur étaient... ensemble. » Ses lèvres pleines se serrèrent dans une moue boudeuse en voyant que Lucius avait simplement cligné des yeux, ne semblant pas comprendre. « Ensemble, mon cher frère... ton fils était couché sous notre Seigneur, visiblement ravi. »

Quelque chose tirailla l'estomac de Lucius et il se leva, l'écrasant de sa taille. « Tu mens, » siffla-t-il avec une grimace.

« Non, » Bellatrix semblait beaucoup apprécier la réaction de Lucius. « Salive et sang se mélangeant... des cheveux qu'on tire... » Elle s'approcha davantage, ses lèvres proches de son oreille. « Et leurs excitations s'écrasant l'une contre l'autre-, »

Lucius gronda, la repoussant loin de lui. « Harrison ? » demanda Lucius pour savoir de quel fils elle parlait, mais il savait déjà la réponse. Il lui tourna le dos lorsqu'elle marmonna une affirmation. Son fils n'avait que quinze ans. Il grimaça fortement et se sentit malade. Son Seigneur était obsédé par Harrison depuis un bout de temps, et en ruminant les révélations de Bellatrix, Lucius se sentit encore plus nauséeux.

Il avait passé quelque temps dans son manoir en Pologne, réfléchissant à sa relation avec ses fils et sa femme. Il fallait l'admettre, après de longues heures, il avait compris qu'il avait été injuste avec Harrison. Il avait été aveuglé par la puissance du Seigneur des Ténèbres lorsque celui-ci avait marqué Drago. Mais ce souvenir lui rappela que c'était en fait Harrison le premier né. Il ne savait pas quelles seraient les conséquences d'avoir donné son second enfant au Seigneur des Ténèbres, il avait seulement pensé à donner l'enfant qui semblait le plus sain à l'homme.

Aujourd'hui encore, Harrison était petit pour son âge. Mais assez ironiquement, il était aussi le plus intelligent, le plus beau et le plus puissant lorsqu'il le comparait à Drago. Peut-être avait-il fait la bonne chose en offrant Drago au Seigneur des Ténèbres, sinon, Drago aurait pu se sentir étouffer dans l'ombre de Harrison.

Au cours de ces longues semaines seul, Lucius se rendit compte qu'il aimait sa famille plus que quoique ce soit en ce monde. Bien plus que le pouvoir. Harrison était son fils et il se devait d'être foutrement fier de ses deux enfants. Et il l'était. A mesure qu'il se rendait compte de son aveuglement, il comprit que Harrison était un fils idéal et qu'il avait été stupide de le repousser. Et il n'avait pas encore parlé de ce qu'il avait découvert avec son fils. S'il n'avait pas agi comme un imbécile, son fils ne serait ni en train d'espionner, ni en train de vivre avec les sorciers de la Lumière... et avec ces horribles Weasley répugnants.

Ses yeux cherchèrent le portrait de famille. Narcissa, tellement belle et charmante. Drago, le garçon qui avait toujours essayé de lui faire plaisir. Et Harrison, incroyablement beau et suffisamment fort pour prendre ses propres décisions pour sa vie.

Mais coucher avec le Seigneur des Ténèbres.

Cela ne pouvait pas se passer ainsi.

Le Seigneur des Ténèbres était puissant, il le savait et il le comprenait. Lucius était loyal envers Voldemort, le Seigneur des Ténèbres et il suivrait l'homme n'importe où. Mais il ne laisserait pas un homme tel que le Seigneur des Ténèbres faire de son fils sa prostituée. Il ne laisserait pas le Seigneur des Ténèbres repousser Harrison et le briser. Parce que Lucius savait par expérience que l'homme se débarrassait toujours de ses amants de la façon la plus humiliante qui soit. Il aimait que ses anciens amants aient honte.

« Que vas-tu faire, mon frère ? » Il savait que Bellatrix s'inquiétait pour Harrison mais elle était également jalouse que le Seigneur des Ténèbres ait porté son intérêt sur quelqu'un d'autre qu'elle.

« Peut-être, » commença Lucius, regardant avec intensité les yeux verts lumineux de Harrison. L'enfant souriait avec douceur, mais sinon il ne bougeait pas. « Peut-être qu'il est temps que j'organise des fiançailles pour Harrison, avec une sorcière de Sang-Pur, charmante, magnifique. »

« Ha ! » Bellatrix pouffa de rire. « Le Seigneur des Ténèbres le verra comme une trahison de ta part, Lucius. Et qu'est-ce qui te fait penser que notre Seigneur ne tuera pas simplement l'adorable sorcière que tu auras lié à mon neveu, hmm ? »

« Comment ça, Bella, » Lucius se retourna. « Tu réagis comme si cela pourrait être important pour le Seigneur des Ténèbres que Harrison ait quelqu'un. Notre Seigneur ne se souciera pas qu'un adolescent de quinze ans soit promis à un mariage arrangé. Il se trouvera simplement un nouvel amant. » Il fronça les sourcils alors que Bella baissait les yeux vers ses mains, semblant étrangement sérieuse.

« Je pense que tout ceci est différent, Lucius. Je pense que Harrison est différent pour notre Seigneur. Non seulement mon neveu est un Voyant et un Fourchelangue, mais il est aussi le premier amant qu'a pris notre Seigneur depuis qu'il est revenu. » Elle fit une pause, ses yeux noirs observant Lucius avec perplexité. « Penses-tu que notre Seigneur voit Harrison comme époux potentiel ? » Lucius blanchit, cessant de regarder la femme en face de lui.

« Non, cela n'est pas possible. Je ne l'autoriserais pas. »

« Mais nous avons fait le serment d'être loyal à notre Seigneur, Lucius. S'il veut que Harry soit son prince, tu devrais te sentir honoré d'avoir un fils d'un statut aussi élevé. » Elle se redressa, lui jetant des regards noirs. « Pour une fois, je ne vais pas me mettre en travers de son chemin, et tu ne le devrais pas non plus. »

« Harrison est mon enfant, Bellatrix. » siffla Lucius dangereusement. « Je peux te garantir que le Seigneur des Ténèbres ne le voit que comme sa prochaine victime. » Il prit une longue respiration pour se calmer, tentant de reprendre contenance. « Je respecte le Seigneur des Ténèbres et je lui suis plus que loyal, ainsi qu'à sa cause. Mais lorsque l'on en vient à ma famille, je ferais n'importe quoi pour les protéger. Je vais faire un Rituel Intouchable entre Harrison et la sorcière que j'aurai choisi. »

Les yeux de Bellatrix s'écarquillèrent d'horreur. « Tu ne peux pas. »

Le Rituel Intouchable était jeté sur les futurs mari et femme. Le rituel rendait impossible pour le promis de tromper l'autre avec une maîtresse ou amant, et ce jusqu'au jour du mariage. Par le passé, le sort permettait aux femmes de rester vierges jusqu'à ce qu'elles se marient avec leur promis. Ou bien, il était utilisé pour stopper les infidélités de la part de l'homme. Pour faire court, dès que Lucius aurait lancé le Rituel Intouchable sur Harrison et sa promise, personne ne serait dans la capacité de le toucher sexuellement. Il serait impossible pour qui que ce soit ayant des intentions sexuelles à l'esprit de toucher Harrison, et il en serait de même pour sa fiancée.

Et c'était inviolable. Le seul moyen de briser le rituel serait alors de tuer l'homme ou la femme, liés par le sort.

« Notre Seigneur va simplement tuer la femme que tu auras attachée à Harrison. » Bellatrix sourit narquoisement.

Lucius sourit sarcastiquement en retour. « Non, » répondit-il simplement. « Je connais une sorcière que le Seigneur des Ténèbres ne tuerait jamais. »

Bellatrix fronça les sourcils, les yeux grands ouverts. « Moi ? »

Lucius tressaillit, grimaçant de dégoût. « Bien sûr que non, femme, pas toi. Le Seigneur des Ténèbres n'hésiterait pas à te tuer. »

Elle lui fit une grimace moqueuse, découvrant ses dents en décomposition. « Qui alors ? » lui demanda-t-elle, vexée.

Il n'y avait qu'une seule sorcière que le Seigneur des Ténèbres ne tuerait pas. La seule et unique sorcière du groupe des cinq.

« Pansy Parkinson, » sourit Lucius avec froideur. Le Seigneur des Ténèbres avait besoin qu'elle soit en vie pour pouvoir réaliser le rituel. Il lui fallait les cinq premiers nés. Son plan marcherait. La seule chose dont il avait besoin était l'accord formel du père de Pansy.

Et alors, il compléterait le rituel. Le Seigneur des Ténèbres ne serait plus capable de poser la main sur Harrison pour des faveurs sexuelles. Il ne pourrait plus le briser.

« Cela ne marchera pas, » répliqua Bellatrix avec provocation, un immense sourire aux lèvres. « Parce que si notre Seigneur veut faire de Harrison son époux, il trouvera un moyen de s'en débarrasser et il te tuera lorsqu'il découvrira que c'est toi qui es derrière le rituel. » Lucius haussa nonchalamment des épaules, s'asseyant calmement à son bureau. Attrapant sa plume, il l'a trempa dans l'encrier.

« Je ferais n'importe quoi pour ma famille, Bellatrix. »

-SSC-

Pour la première fois depuis un certain temps, Harry eut une vision en dormant.

Des yeux bleus, presque trop clairs, lancèrent un regard de prédateur à Harry. Harry pouvait sentir la forte odeur de lilas qui venait de l'homme. Il vit l'homme aux cheveux blonds platines commencer à traverser la foule, semblant faire la cour à chaque personne. Et là, Harry fit la connexion. Sa taille et sa carrure étaient les mêmes, ses robes faites à la main étaient richement décorées et il dégageait une aura de séduction.

C'était Voldemort, mais déguisé.

La scène changea pour une autre...

Deux mains se serrèrent. Un petit insecte grimpait sur la manche de l'une puis il creusa dans la peau de l'autre. Il ne laissa aucune bosse, aucune marque, rien.

Encore une fois, la scène était agitée. Pour chaque vision qu'il Voyait du futur, elles étaient à chaque fois floues et courtes.

C'était une nuit magnifique. Des fées volaient dans l'air, dégageant de la lumière et une lueur mystique. Il était assit à une table, dressée en hauteur pour tous les invités. Ils s'assirent à leur propre table ronde. Certains les regardaient lui et le garçon assit à ses côtés. Harry tourna la tête et vit Drago près de lui, habillé d'une robe délicate. Son jumeau lui fit une grimace moqueuse puis il reporta son attention au cadeau qu'il était en train d'ouvrir. Avant même que le ruban autour de son cadeau ne puisse tomber, un sort apparut de nulle part et frappa Drago. Harry, hébété, vit son frère tomber au sol, mort.

Des sorciers, vêtus de robes rouge sang, arrivaient en courant vers là où il étaient tous réunis, baguettes en main. Ils portaient des masques blancs sur le visage, décorés exactement comme ceux des mimes. Certains avaient une expression heureuse alors que d'autres étaient ou tristes ou en colère. Harry les vit attaquer les invités, prêtant une attention spéciale aux sorciers noirs de l'assemblée.

Harry s'assit sur son lit, respirant lourdement tout en essayant de ne pas haleter. Il avait un sourire stupide aux lèvres. Voldemort allait venir au bal organisépour son anniversaire et il y avait une nouvelle organisation secrète de sorciers. Et n'était-ce pas un tel honneur que d'avoir ces mimes venant de nulle part pour son anniversaire ? Quel honneur... Évidemment, il n'allait certainement pas les laisser tuer son frère, ça ne lui allait pas du tout. Même si Drago était une vraie chochotte, Harry ne laisserait personne le tuer.

Ceci dit, il ne comprenait pas la deuxième vision qu'il avait eue. Quel était cet insecte qui pouvait rentrer dans la peau de quelqu'un aussi facilement ? Il haussa les épaules, trop fatigué pour s'en soucier.

« Ça va être tout un bal. » chuchota Harry à personne en particulier, souriant.

Le médaillon autour de son cou se réchauffa et le berça jusqu'à ce qu'il tombe dans un sommeil profond.