Try again.

Chapitre 10.

Cuddy arriva au Princeton-Plainsboro avec une demi-heure de retard.
Elle se dirigea de suite vers sa secrétaire, ignorant les nombreux regards étonnés.
- Des messages pour moi ?
- Non, mais le docteur Wilson vous attend dans votre bureau.

Cuddy jeta un regard dans la pièce et vit le cancérologue assis sur une des chaises. Elle soupira et entra d'un pas dynamique.
- Wilson ! Que puis-je faire pour vous ?
- Vous êtes en retard !
- Un problème de nounou.
- Oh, j'aurais pensé que... non rien.

Cuddy l'observa tout en prenant place derrière son bureau. Il était nerveux, tripotait machinalement ses mains et croisait, décroisait ses jambes en continu.
Elle avait bien une petite idée du pourquoi de sa visite matinale mais ne chercha pas à le mettre à l'aise.
Elle tria son courrier en attendant qu'il se décide à parler. Il ne fut pas dupe et demanda d'une petite voix :
- Vous êtes en colère ?
- Oui.
- Je ne pensais pas qu'il voulait revenir ! Il était toujours chez vous ces derniers temps !
- Et vous n'avez pas pensé une seule seconde à lui demander au lieu de transformer sa chambre en salle de musculation ?

Elle prit le temps de l'observer des pieds à la tête avant de lui asséner sèchement :
- Pour Sam, je suppose !

Il accusa le coup sans broncher. Il culpabilisait, Cuddy le sentait mais elle voulait lui donner une leçon. Ce fut plus fort qu'elle :
- Vous n'aviez pas le droit de faire ça à votre meilleur ami !
- Est-ce que... Est-ce qu'il est resté avec vous après ?
- Non. Il nous a déposées Rachel et moi et est reparti ensuite. Je ne l'ai pas revu.

Cette annonce fut un choc pour Wilson qui blêmit d'un coup. Il se leva hagard et sortit du bureau, presque en titubant.
Cuddy se laissa aller contre le dossier de son fauteuil et souffla. Elle ne savait même pas pourquoi elle lui avait menti.
Un profond désir de venger house ?
Elle n'en était même pas sûre...
Elle secoua la tête et se remit au travail.

Deux heures plus tard, elle entendit le diagnosticien annoncer son arrivée de façon tonitruante, comme à son habitude. Rien ne changeait, elle en était rassurée.
Il vint de suite la voir dans son bureau. Elle ne leva pas les yeux de son dossier, se contentant de répliquer :
- Vous êtes en retard !

Il prit place sans répondre dans le fauteuil et l'observa. Bon dieu qu'elle était belle dans ce petit pull rose qui dévoilait la naissance de ses seins.
Il sentit automatiquement le désir renaître en lui.
Elle leva les yeux et croisa son regard d'un bleu intense. Elle frissonna et répéta maladroitement :
- Tu es en retard.
- Je sais... Ma concubine m'a épuisé ce matin et j'ai dû me recoucher.

Cuddy rosit non pas pour ses exploits sexuels relatés mais pour ces deux mots qui raisonnèrent agréablement en elle : ma concubine....
Elle sentit son cœur s'emballer et s'exhorta au calme. Si elle ne se retenait pas, elle lui sauterait dessus...
Attirée par son corps, sa façon à la fois douce et passionnée de lui faire l'amour, son sexe...
Elle croisa son regard moqueur :
- Une petite envie, docteur Cuddy ?
- Non pas ici. Ça attendra !
- Tu ne pourras pas.
- Je pourrai.

Les deux médecins s'observèrent longuement, se défiant du regard. Cuddy rompit le duel la première.
- Wilson est venu me voir ce matin.
- Pourquoi ?
- Il culpabilise.
- Tu lui as dit quoi ?
- Que je ne t'avais revu.

Son étonnement fut bref et la fierté le remplaça.
- Tu voulais le faire souffrir ?
- Peut-être.
- Comme il m'a fait souffrir ?
- ça doit être ça...

Elle parlait d'un ton léger, voulant lui montrer que son message n'avait aucune importance mais il ne fut pas dupe.
Il sourit tout en la fixant.
Mal à l'aise, elle se leva et fit mine de le raccompagner à la porte. Il se leva à son tour et la retint par le bras. Encore une fois, les deux regards bleus s'affrontèrent et Cuddy sursauta en sentant une main s'infiltrer sous son pull.
Elle lui retira prestement et s'éloigna en criant :
- Pas ici Greg !

Elle ouvrit la porte et s'enfuit littéralement.
Il la suivit des yeux et la vit poser ses avant-bras sur le comptoir, tendant sa croupe vers lui.
Il sourit.
Elle ne pourrait pas attendre.
Lui non plus d'ailleurs.
Il passa derrière elle et frôla discrètement ses fesses avant de se diriger nonchalamment vers l'ascenseur.
Ce geste furtif la brûla au travers de sa jupe et elle se redressa vivement, luttant pour oublier tous les remous instantanés à l'intérieur de son ventre, remous embrasés par unE simple caresse.
Elle le vit entrer dans l'ascenseur et comprit à son clin d'œil qu'il allait gagner.
Les portes se refermèrent sur lui et elle tacha de se concentrer sur le dossier que lui tendait l'infirmier Jeffrey.

House, quant à lui, marcha d'un pas léger vers son bureau où son équipe l'attendait.
Il eut la brève envie d'aller voir Wilson puis changea d'avis aussitôt. Autant le laisser mariner dans son jus quelques heures encore.

Il entra donc dans la salle de diagnostique et se laissa Thirteen lui servir un café. Il fit tomber son sac à dos et s'installa autour de la table, à demi couché sur sa chaise.
- Quoi de neuf ?
- Au choix : une prostituée ou un père de famille.
- Plouf plouf... Le père de famille ! Je laisse la prostituée au docteur Taub, le pauvre, il est en manque de sexe depuis que sa femme prône l'abstinence...

Ignorant l'air scandalisé de Taub, House écouta d'une oreille distraite le résumé de Chase sur le père de famille. Il laissa ses sbires proposer les premières solutions.
Un claquement familier de talon attira son attention...
Il retint son souffle et fixa la vitre. La voix de Chase devint murmure, plus rien d'autre ne comptait que ce bruit régulier... tap...tap...
Plus rien n'existait que cette vitre.... tap... tap...

Enfin, il la vit passer en compagnie de Jeffrey. Elle lui donnait ses instructions et il écoutait bien sagement... Son pouvoir sur les hommes...
Il admira ses hanches fines moulées dans sa jupe et sentit son désir monter en flèche.
Il comprit : elle pouvait attendre oui, mais lui ne pouvait pas !

Il se leva brusquement et quitta la salle sous l'étonnement général. Il passa devant Cuddy qui venait de se séparer de l'infirmier et lui dit sèchement :
- Cuddy, suivez-moi ! On a un problème !

Il avait les sourcils froncés et elle le suivit sans broncher, les idées négatives s'entrechoquant déjà dans sa tête.
Il marchait vite, aussi vite que le lui permettait sa jambe et elle était obligée de trottiner pour rester à ses cotés.
Rongée par le stress et la curiosité, elle demanda haletante :
- Qu'avez-vous fait House ?

- House, ralentissez !
- Peux pas.
- Un problème avec un patient ?
- Oui.

Il l'entraîna dans l'amphithéâtre vide et la poussa dans une petite pièce adjacente. Il ferma la porte à clef.
- Greg ! Tu fais quoi là ?
- Un problème avec un patient !
- Lequel ?
- Moi. Mon cœur va lâcher si je ne te touche pas immédiatement !

Joignant les gestes à la parole, il la plaqua contre le mur et écrasa presque violemment ses lèvres contre les siennes.

Tbc...