Coucou tout le monde

Qui s'est remis du final ? Pas moi, aussi bien pour mon shipper crush (qui est le nôtre ^^) que pour tout cet épisode, tellement de choses se passent que wow ! Et dire qu'on va attendre 550 jours :'(

Bref, nous avons le temps de spéculer, j'ai le temps de finir au moins deux tomes de ma saga lol et d'écrire un zillion de OS lol

Donc ça reprend des passages du 707, des missing pièces et le lendemain de la nuit de Jon et Dany !

Certaines OS seront surement liées à mes spéculations de la s8 et d'autres sur des missing pièces de la s7 :p

Bref

Enjoy !


Elle se rappelle encore ses paroles depuis leur départ de DragonPit, là où ils ont enfin pu créer un armistice, une forme d'alliance avec Cersei Lannister, à l'endroit même où il a porté son allégeance envers elle, mettant presque en péril leur expédition. Mais même si elle lui en a voulu un bref instant, elle l'a trouvé honorable, respectant une promesse qu'il lui avait faite en privée. Il aurait très bien pu changer d'avis, elle l'aurait accepté quand même, ayant déjà pris sa décision de partir au Nord, et de détruire le Night King pour venger son fils. Elle se souvenait de leur conversation alors qu'ils attendaient le retour de Tyrion, ces mots si touchants où il tentait de lui donner un peu d'espoir, l'espoir qu'un jour elle puisse être mère. Mais la jeune Reine savait que c'était impossible, que la sorcière Mirri Maz Duur l'avait maudite, l'empêchant de donner la vie. Elle avait été des mois avec Daario, et jamais elle n'avait pu tomber enceinte. Avait-elle espérée un enfant de lui ? Non, pas à cette époque, elle voulait protéger son peuple, aider Meereen et puis, elle n'aimait pas Daario alors qu'elle commençait à développer des sentiments forts pour Jon Snow… Elle savait que lui en éprouvait, elle le ressentait dans chaque regard, chaque geste, chaque mot et elle était totalement perdue. C'est pour cela qu'elle avait quitté son chevet l'autre jour, c'est pour cela qu'elle évitait d'être trop souvent en sa présence, et pourtant, ils étaient attirés l'un vers l'autre comme poussé par un vent invisible…

Soudain, sans surprise, elle sentit une présence à ses côtés, elle tourna la tête vers lui et rencontra son regard si intense.

—Finalement nous ne sommes pas foutus !

Elle esquissa un mince sourire qu'il lui rendit et approuva d'un signe de tête.

—Finalement, non.

Un silence confortable s'installa entre eux et il résista à lui prendre les mains, mais se reprit à la dernière minute, l'observant alors qu'elle fixait l'océan à nouveau.

—Mais je ne lui fais pas totalement confiance. C'est une chose que j'ai appris avec le temps, ne jamais baisser sa garde même face à son ennemi, affirma-t-elle.

—Elle n'aura rien à gagner à faire cela, à part s'autodétruire.

—Sans doute, mais elle est avide de pouvoir, Tyrion me l'a souvent rappelé et je ne vais pas l'oublier.

Il inclina la tête, puis fit un pas vers elle, Daenerys pivota vers lui et remarqua son anxiété naissante, elle resta les mains jointes à l'observer, intriguée.

—Je vous protégerai, Ma Reine.

Le mot la fit frissonner, mais elle ne laissa rien paraître et le remercia en posant sa main sur la sienne, calmant un peu son anxiété.

—Je peux me protéger moi-même, vous savez. Ce n'est pas la première personne qui menacerait ma vie.

Elle disait vrai. Elle n'avait jamais cessé d'affronter des menaces, mais arrivant toujours à les maîtriser. Hélas, une plus grande les attendait au-delà du mur, et elle ne savait vraiment pas s'ils survivraient tous… Elle se devait d'y croire, d'espérer car sa vie était liée à Westeros, à ce monde qu'elle voulait changer, mais son cœur de mère voulait aussi venger la mort de Viserion et protéger tous les innocents au Nord.

—Je sais. Je ne doute pas de cela, votre grâce, mais nous vaincrons le Night King, ensemble.

Elle serra doucement sa paume sur sa main, lui souriant chaleureusement puis elle le libéra, reprenant son activité première, à savoir fixer l'horizon. Il prit congé et elle suivit discrètement sa silhouette…

L'arrivée à Dragonstone se fit assez rapidement, la traversée s'étant passée dans le calme, Raeghal et Drogon étaient déjà rentrés et elle les couva brièvement du regard, son cœur se serrant toujours de ne plus voir un majestueux dragon couleur crème aux écailles dorées voler aux côtés de ses frères.

—Altesse ?

Elle croisa le regard de Missandey et inclina la tête avant de la rejoindre. En silence, elles montèrent le long escalier, mais elle sentit soudain la main de la jeune femme prendre la sienne et elle la serra avec reconnaissance. Elle n'avait pas besoin de parler à son amie, elle comprenait parfaitement ses tourments.

Ereintée du voyage, elle abandonna ses hôtes pour se rendre dans ses quartiers. Personne n'objecta à repousser la réunion au lendemain matin. Jon resta le regard sur la porte qui se refermait, il savait que la perte du dragon était récente pour elle et hélas, il ne pouvait rien faire pour apaiser les tourments de la jeune femme. Il avait essayé d'apaiser ses craintes à Dragonpit et avait réussi à lui arracher un mince sourire. Pourtant, il n'avait pas pour habitude de côtoyer des femmes, encore moins une Reine alors sans les conseils de sa sœur, Sansa, il ne savait pas vraiment comment se comporter vis-à-vis d'elle. Ses sentiments étaient clairs, mais elle ne semblait pas le voir ainsi, après tout, il restait un bâtard, titre de Roi du Nord ou non.

—Jon, venez vous restaurer, proposa Davos posant une main sur son épaule.

Il se détourna et suivit son compagnon tandis que Tyrion était déjà installé se servant du vin. C'était la première fois depuis leur arrivée à Dragonstone que la Reine ne dînait pas en leur compagnie…

Seule dans sa chambre, Daenerys avait revêtue une tenue plus légère, laissant de côté ses habits sombres pour prendre une robe plus colorée, lui rappelant Essos, le soleil chaleureux, ses trois dragons volant dans le ciel bleu. Un bref instant, elle s'imagina dans le désert, sur son cheval, entourée de ses enfants, cherchant encore sa route vers sa maison. Mais était-elle vraiment chez elle ? Dragonstone lui appartenait, elle y avait vu le jour, mais depuis sa mésaventure au-delà du mur, elle regrettait le temps où sa vie ne se résumait qu'à suivre son Khal, espérant qu'un jour ses œufs de pierre reprennent vie… Soupirant, elle s'approcha du balcon, laissant le vent glisser dans ses cheveux. Le froid l'envahi, mais elle ne le ressentait pas, trop perdue dans ses pensées, dans cette autre vie qui n'était plus qu'un lointain souvenir…

On frappa soudain à sa porte et elle pivota pour voir son amie Missandei pénétrer à l'intérieur. La jeune métisse s'approcha de sa reine et lui couvrit les épaules avec bienveillance. Elle la remercia d'un simple sourire puis quitta son point d'observation pour aller s'installer sur des fauteuils, acceptant volontiers la collation qu'elle lui avait apportée. Elle mangea silencieusement, se forçant à prendre des forces pour la bataille à venir.

—Il me tarde de découvrir le Nord, avoua la jeune femme.

Daenerys leva les yeux sur elle et elle reprit avec un faible sourire :

—Sir Davos m'a parlé de la neige et je suis intriguée par elle. Et puis, il dit que Winterfell est une belle région.

—Tu parles souvent avec lui ?

—Assez. Il est de nature curieuse, assura-t-elle, amusée.

La reine esquissa un sourire, mais approuva son amie. Davos était un homme très gentil, toujours à l'écoute d'une histoire sur ses aventures passées et Tyrion disait qu'il était un bon compagnon autour d'un verre. Elle n'osait imaginer leurs soirées…

—Le Roi Du Nord semblait préoccuper ce soir.

Surprise, elle haussa un sourcil.

—En sais-tu la raison, Missandei ?

L'ex esclave esquissa un sourire en coin.

—Je n'ai pas besoin de raison pour savoir, Ma Reine.

Elles échangèrent un regard assez explicite, et la jeune Targaryen porta un verre de vin à ses lèvres.

Un ange passa avant qu'elle ne repose sa coupe sur la table.

—Pourquoi n'es-tu pas avec Grey Worm ? Je sais qu'il te manquait et tu devrais profiter de sa présence, déclara-t-elle.

Missandei rougit, mais secoua la tête.

—Vous avez besoin de moi, Majesté.

Sa main se posa sur celle de sa souveraine qui la remercia d'un sourire.

—Je profiterai de lui demain, mais ce soir, nous pourrions parler de ce voyage vers le Nord et tout ce que vous désirez découvrir ?

Pensive, elle se rappela les histoires de Jorah sur cet endroit et commença à énumérer quelques bribes de souvenirs. Missandei fut ravie et enthousiaste des paysages que lui contait sa Reine.

Elles s'endormirent ensemble dans le lit, les mains jointes, partageant un instant comme ceux qu'elles avaient déjà pu avoir par le passé, rêvant d'endroits enneigés, de loups, de forêt mystique où aucune menace ne viendrait jamais les atteindre.

Au petit matin, Daenerys quitta le lit, laissant Missandei dormir paisiblement. Ses pas la menèrent à nouveau sur le balcon, ses mains se posèrent sur la pierre sombre et elle ferma les yeux, laissant l'air frais s'abattre sur son visage. Au lointain, elle perçu les voix de ses deux fils et elle sourit, confiante. Elle était la mère des dragons et la flamme brillait toujours en elle, prête à rendre justice. Rouvrant les paupières, elle porta ses yeux plus en aval et reconnu le long manteau de fourrure de Jon Snow. Il semblait fixer l'horizon à son tour. Soudain, Raeghal vola vers elle et elle tendit le bras pour le caresser un bref instant, appréciant sa présence à ses côtés. Il reprit son envol et elle réalisa que son fils avait attiré l'attention, Jon Snow l'observait à distance. Leurs yeux s'accrochèrent quelques secondes et malgré l'éloignement, elle sentit son intense regard, la fraicheur environnante disparut pour être remplacée par un feu brûlant. Elle reprit contenance et décida de retourner dans sa chambre, brisant leur connexion visuelle, son cœur s'affolant dans sa poitrine.

Missandei l'aida avec ses cheveux, les tressant, les nouant, mais elle garda la plupart libres sur ses épaules. Observant son reflet dans le miroir, elle esquissa un bref sourire, toujours stupéfaite des talents de son amie. Elles quittèrent ensuite la chambre main dans la main, appréciant ce moment qu'elles partageaient ensemble. Arrivant près des portes menant à la salle à manger, Missandei recula et inclina la tête puis poussa le bois qui grinça légèrement et la laissa passer devant elle. Sans surprise, elle trouva ses conseillers déjà installés pour se restaurer ainsi que Sandor qui semblait impatient pour on ne sait quelle raison, Sir Davos qui discutait vivement avec Tyrion et Jon qui se redressa subitement sur sa chaise, son regard se posant sur elle. L'arrivée de la jeune femme coupa court à toute discussion et sa Main fut la première à aller à sa rencontre.

—Bien le bonjour, votre grâce ! Il est de nature que je porte un toast à votre retour parmi nous. Vous nous avez manqué hier soir ! L'atmosphère Nordiste était quelque peu taciturne…

Elle arbora un sourire en coin et rétorqua :

—Sans doute dû au vent, mon ami.

—Un vent venant du Sud, je suppose.

Daenerys ne répondit rien, l'ignorant presque alors qu'elle prenait place autour de la table, s'installant face à tout le monde. Le Lord Lannister ricana avant de se mettre à sa droite, Missandei de l'autre et il se servit un verre de vin pendant que tout le monde reprenait le cours de leur discussion. Commençant à se sustenter, elle sentit toutefois le regard perçant de Jon Snow sur elle et leva brièvement les yeux, croisant son regard avant qu'il ne baisse les yeux sur son plat.

Peu après le repas frugal, Tyrion proposa qu'ils se réunissent tous pour organiser leur arrivée au Nord. Sandor préférant les laisser à leur discussion, ne se sentant pas à sa place dans ce genre de lieu. Gendry l'accompagna, retournant vers la grotte pour continuer l'extraction du Verre Dragon.

Jon fut le premier à proposer un plan d'action, ses doigts suivant un chemin sur la table représentant tout Westeros, expliquant la solution à adopter pour que les armées de la Reine arrivent rapidement au Nord. Chacun l'écouta attentivement. Le point de convergence étant Winterfell, à cheval ou en bateau. Jorah conseilla à la Reine de se rendre là-bas en volant sur Drogon, mais Jon s'interposa, affirmant que s'ils étaient alliés, ils devaient le prouver au Nord, leur donner une bonne image de cette alliance, en voyageant à bateau pour se rendre à White Harbour, une des régions les plus au Sud de Winterfell.

—Je ne viens pas pour conquérir le Nord, je viens pour sauver le Nord, adressa-t-elle ce message à Sir Jorah.

Le soldat inclina la tête platement et elle reporta son attention sur Jon Snow.

—Nous naviguerons ensemble.

Le Lord approuva d'un signe de tête ne pouvant détacher son regard du sien. Jorah soupira et elle afficha un petit sourire en coin, très bref, mais qui ne manqua pas d'être remarqué par Tyrion… Ces derniers mots levèrent la réunion et elle se dirigea vers la sortie afin de retrouver ses Dothraki, laissant le soin à Grey Worm de gérer les immaculés.

Après sa discussion avec Theon, Jon quitta le château pour se rendre en direction des bateaux afin de préparer au mieux leur départ imminent. Arrivant sur la plage, il vit l'armée complète des Dothraki envahissant la côte et remarqua soudain Daenerys face à eux. Elle s'exprimait dans leur langue maternelle, ponctuant ses paroles d'une voix forte et autoritaire. Soudain, les hommes se mirent à pousser des cris victorieux ponctués ensuite par des « Khaleesi ».

—Si jeune et pourtant, elle est capable de diriger un si grand peuple, rétorqua Jorah en le rejoignant.

Jon approuva d'un signe de tête, son regard toujours posé sur elle.

—Espérons que le Nord l'acceptera comme leur souveraine…

Le jeune homme se tourna vers Davos et asura confiant :

—Ils l'accepteront, même si je suppose que nous devrons les convaincre.

—Comme elle a dû vous convaincre vous-même, mon cher Jon, le taquina Davos.

Il arbora un bref sourire avant qu'ils ne s'éloignent tous deux vers les bateaux.

Satisfait du travail effectué sur les bateaux, Jon se dirigea vers la grotte afin de récupérer d'autres caisses remplies de Verre Dragon. Les mois à extraire le lieu avaient été propices et chaque homme devrait être en mesure d'avoir une arme sur lui. Sandor, Gendry l'accompagnèrent, s'emparant de minéraux fraichement taillés en couteaux.

—Hâte de l'enfoncer dans ces emmerdeurs de marcheurs, s'exclama le Limier en se saisissant d'un poignard.

Gendry se gaussa et Jon opina du chef, soupirant un bref instant en réalisant que la bataille se déroulerait surement dans quelques semaines.

Ses compagnons commencèrent à s'éloigner. Il jeta un coup d'œil à la grotte et s'aventura plus en profondeur, comme poussé par une force inconnue. S'avançant plus à l'intérieur, il remarqua soudain de la lumière dans le fond du lieu. A sa grande surprise, il découvrit la reine, torche en main, observant les peintures comme ils l'avaient fait quelques semaines auparavant. Il fit quelques pas et elle réalisa qu'elle n'était plus seule, pivotant vers lui.

—Je n'aurai jamais imaginé que cette menace était réelle, même avec ces dessins.

Il combla le vide les séparant et elle retourna à sa contemplation.

—Je suppose que c'est la dernière fois que je les verrais.

Il haussa un sourcil, étonné.

—Pourquoi pensez-vous cela ?

Détachant son regard du mur en pierre, elle se tourna vers lui, la flamme les enveloppant de sa lumière.

—Parce que je doute que nous survivions à cette bataille, Jon.

Il resta sans voix et elle reprit, un sourire en coin.

—Je ne m'imaginais pas en venant ici, à Westeros qu'une telle situation se présenterait à moi. Tout était tracé avec mes conseillers, mon avenir était écrit… Du moins, je le croyais. Je me battrais pour sauver mon peuple, pour venger Viserion, mais la menace est grande, dangereuse… Nous ne survivrons pas tous. Et je ne suis pas une guerrière, juste une Reine sur des Dragons qui peuvent mourir d'une lance…

Sa sincérité le perturba et il se rapprocha d'elle. Hésitant, il expira un bon coup puis avoua :

—J'ai toujours pensé que je mourrai en affrontant le Night King et je le pense encore, mais… Il y a cette part de moi qui espère m'en sortir…Parce que…j'aimerais vous voir régner. J'aimerai découvrir ce nouveau monde que vous voulez tant nous offrir.

Troublée, elle plongea ses prunelles dans les siennes et il fit un pas vers elle, sa main se levant pour la poser sur sa joue, son cœur tambourinant dans sa poitrine. Tout à coup, ils entendirent la voix forte de Sandor et des pas se rapprochèrent. A regret, ils se séparèrent tandis que les deux hommes les rejoignaient.

—Il est temps de prendre la mer, s'exclama le soldat au visage brûlé.

Gendry sourit et elle approuva d'un signe de tête.

—Oui, il est temps de partir, répéta-t-elle.

La jeune femme s'éloigna alors que Jon la suivait du regard, regrettant amèrement l'interruption de ce moment avec elle.

Le petit bateau n'attendait plus que les derniers passagers pour quitter Dragonstone. Soudain, Drogon et Raeghal volèrent au-dessus d'eux. Si à son arrivée ici, Jon avait pris peur de ces créatures, il n'en n'était plus rien, il les admirait et les respectait. Les observant un bref instant, il reporta son attention sur la plage et vit la Reine s'avancer vers eux en compagnie de ses conseillers. Elle réajusta ses gants sur ses mains, le vent était glacial aujourd'hui, bien plus qu'à l'ordinaire. Daenerys s'approcha de l'embarcation et il ne résista pas à la tentation de l'aider à monter, se rappelant cet instant privilégié qu'ils avaient partagé sur le bateau qui les éloignait de Eastwatch. Leurs yeux s'accrochèrent un bref instant, avant qu'elle ne s'installe au côté de Missandei. Les dragons se mirent à suivre la barque et elle leva les yeux vers eux, se rappelant son arrivée ici, sur ses terres. Hélas, une chose avait changé : Viserion n'était plus là. Repoussant son chagrin, elle reporta son attention sur l'océan, ses pensées s'éloignant de cette journée au Nord.

Le bateau s'éloignait de la cité ancestrale des Targaryens et chacun commença à s'occuper sur l'embarcation. Le voyage durerait plusieurs semaines avant qu'ils n'arrivent à White Harbour. Jon prit ses quartiers et rédigea une missive pour Sansa, pour la prévenir qu'ils arriveraient bientôt et qu'elle prépare le Nord à l'arrivée de la Reine, sachant pertinemment qu'elle n'avait sans doute pas approuvé qu'il plie le genou. Il connaissait sa sœur. Une fois le message écrit, il quitta sa cabine pour se rendre près des volatiles. Ils en avaient pris certains avec eux afin de communiquer plus facilement. S'emparant de l'un d'eux, il accrocha le parchemin et monta sur le pont. Jon libéra l'oiseau qui s'envola dans le ciel. Soupirant, il resta à fixer l'horizon, la nuit commençant à tomber. Tyrion le rejoignit peu après, un verre de vin à la main.

—J'ai toujours pensé que je ne reverrais jamais le Nord. Trop froid pour moi, même si j'ai bien aimé les bordels par chez toi, Jon.

Il éclata de rire et la Main de la Reine ajouta d'un ton plus sérieux :

—Un Nain et un bâtard voguant ensemble. Un peu plus confortable qu'à dos de cheval et puis, j'ai un breuvage pour me tenir chaud !

—Une éternité depuis ce moment oui…

—Joffrey était encore un gamin prétentieux et peureux à qui je pouvais donner des claques sans risquer de perdre ma tête, déclara le Lannister nostalgique.

—Mes frères et moi apprenions à devenir des hommes aux côtés de mon père.

—Et de l'autre côté de l'océan, une Reine s'éveillait… Une longue histoire que je ne peux hélas pas raconter car nous manquerions de vin avant de l'avoir entamée !

Jon esquissa un bref sourire puis Tyrion lui proposa de rentrer pour manger un morceau et il accepta.

Le repas se fit dans la bonne humeur, tous appréciant cette simplicité, loin de leur obligation, loin de la guerre qui menaçait. Certains se mirent à conter des aventures parfois grotesques, parfois chevaleresques, mais chaque moment était ponctué par des éclats de rire.

La nuit étant enfin tombée, la jeune Reine était sortie prendre l'air, veillant sur ses deux fils qui voltaient dans le ciel. Une pointe serrait toujours son cœur de ne plus en voir que deux.

—Vous devriez rentrer au chaud, Majesté.

Se tournant vers la personne, elle secoua la tête, et il la rejoint, fixant à son tour les deux créatures.

—Etes-vous effrayé de retourner dans le Nord, Sir Jorah ?

—Pas autant que je ne l'aurai imaginé.

Ses lèvres s'étirèrent en un bref sourire puis elle avoua dans un murmure :

—Moi, je le suis. Vous m'avez toujours parlé de la fierté des gens du Nord et j'ai eu quelques aperçus avec leur Roi.

—Mais au final, il a plaidé son allégeance, Khaleesi.

Elle inclina la tête.

—Cela ne change pas que je sois effrayée, mon ami.

L'homme posa sa main sur son épaule et elle posa sa main sur la sienne, appréciant sa présence à ses côtés.

—Vous m'avez manqué.

La révélation troubla le soldat un bref instant et il posa son autre main, couvrant celle de la jeune Reine.

—J'aurai aimé vous voir arriver sur vos terres, Khaleesi.

Elle sourit.

—J'ai eu l'impression de retrouver une partie manquante, mais il m'en manque toujours un morceau.

—Le trône.

Elle secoua la tête.

—Je ne sais plus trop, ce qui s'est passé dans le Nord a changé ma vision des choses.

Il opina du chef, comprenant les sentiments de sa Reine, lui-même avait eu peur pour leurs vies pendant cette longue nuit d'attente.

—Je vous souhaite de la trouver, Majesté.

Sa main s'éloigna de la sienne et elle fixa le ciel.

—Vous n'étiez pas ravi que je parte en bateau.

Il sembla piqué au vif, mais hocha la tête.

—Votre vie est précieuse, bien plus qu'aucune autre, Khaleesi.

—Une lance peut frapper un dragon, Sir Jorah, je ne l'ai que trop bien vu et vous aussi. Je ne suis à l'abri nulle part.

—Peu importe ce que nous affronterons là-bas, je resterai toujours à vos côtés.

Elle pivota vers lui et le remercia d'un sourire sincère. Sa paume se posa sur sa joue et Jorah se perdit dans son regard. Il l'aimait tellement, mais il savait aussi qu'elle ne le verrait jamais comme un amant, un partenaire et il avait fini par l'accepter. Pourtant, lorsqu'elle lui témoignait ce genre de tendresse, il se mettait à espérer que peut-être, un jour, elle lui ouvrirait son cœur.

—Merci d'être là, mon ami. Nous avons tellement vécu ensemble, je ne me serais pas vu vivre cette nouvelle aventure sans vous.

Elle écarta ensuite sa main puis s'apprêtait à partir lorsqu'elle vit Jon Snow face à eux. Elle lui adressa un mince sourire, lui souhaita une bonne nuit avant de poursuivre son chemin. Le jeune homme se détourna pour suivre sa silhouette. Il était sorti prendre l'air, songeur et c'est incrédule qu'il l'avait trouvé en compagnie de Jorah, leur proximité pouvait faire douter de leur relation. Soupirant, il finit par affronter l'homme du regard puis le rejoignit finalement vers le bastingage. Ils restèrent silencieux de longues minutes avant que Jorah n'avoue :

—Je sais que vos intentions sont bonnes envers Ma Reine, Jon, mais elle ne devrait pas être ici.

Le Roi du Nord arbora un sourire en coin.

—Elle a pris sa décision seule, Jorah.

L'homme souffla et Jon osa enfin demander :

—Vous l'aimez, non ?

Jorah se tut un bref instant avant d'opiner du chef.

—Je l'aime depuis le premier jour où je l'ai rencontrée. Elle n'était qu'une innocente jeune fille « vendue » à Khal Drogo en échange d'une armée et malgré sa peur, malgré la vie de Nomade qu'elle a menée à cette époque, elle était respectée par le Khalasar, par son mari. Elle était une reine à leurs yeux tout comme au mien. Son frère n'était pas digne de porter la couronne un jour et j'ai détesté sa manière de la traiter, mais elle s'est affirmée avec le temps, et a pris sa place. Je l'ai vue conquérir des royaumes, réconforter les innocents, faire payer les monstres. Je l'ai vue devenir celle qu'elle est aujourd'hui, mais cela ne change pas qu'elle peut se montrer obstinée et qu'elle peut écouter son cœur.

Jon resta silencieux, s'imaginant la vie de Daenerys Targaryen dans le désert aride, dans les cités majestueuses et il regretta de ne pas l'avoir connue à cette époque-là. Il ne connaissait que le Nord, les longues nuits d'hiver et pourtant, il avait eu de bons moments avec ses amis.

—Vous l'aimez vous aussi.

Le jeune homme se tourna vers Jorah qui esquissa un sourire un peu amer.

—Qui peut ne pas l'aimer ?

Jon approuva d'un signe de tête. Il posa une main sur son épaule puis sans une parole de plus, Jorah se retira, le laissant à ses pensées.

Expirant un bon coup, Jon regarda la porte devant laquelle il se tenait. Il avait longtemps réfléchi en fixant les étoiles ainsi que les deux dragons dans la nuit noire. Son état d'esprit lui rappela un peu celui qu'il avait eu au Nord il y a bien longtemps quand une femme à la chevelure flamboyante avait pu le faire douter de ses vœux, au point qu'il cède à la tentation ultime, oubliant un instant qu'il pourrait donner la vie à un bâtard. Pourtant, la situation était bien différente ici, il n'était plus un Garde de la Nuit, mais un Roi, bien qu'il ne se considère que comme un Stark maintenant. Il n'avait accepté le titre que pour les Nordistes, pour unifier leur famille face à la guerre qui arrivait au-delà du mur… Et ce n'était en aucun cas le bâtard, le Roi ou l'ancien Garde de la Nuit qui se tenait devant cette porte aux armoiries Targaryennes, ce n'était qu'un homme. Levant la main pour frapper sur le bois, il retint son souffle, hésitant. Cela dura un bref instant, avant qu'il ne balaye son angoisse. Il savait qu'elle ressentait quelque chose pour lui, il l'avait compris ce jour-là sur le bateau et ce matin dans la grotte, il aurait pu l'embrasser, la faire sienne comme il le désirait depuis plusieurs semaines… Reprenant confiance, il toqua à la porte, trois coups qui représentaient les battements effrénés de son cœur. Les secondes lui parurent une éternité, puis il entendit un grincement et décolla son regard du sol, rencontrant celui de la jeune femme, de sa Reine… Il était incapable de lui parler, presque intimidé de se trouver là devant elle. Il lut l'étonnement dans ses yeux lilas, et il redevint soudain un bâtard. Comment pouvait-il espérer conquérir son cœur, elle avait un sang noble, alors que lui, non. Cependant, il fut incapable de rebrousser chemin et lorsqu'elle écarta sa main du chambranle, il sut qu'elle l'acceptait. Ses doutes disparurent et c'est d'un pas décidé qu'il la rejoignit, fermant la porte, scellant entre eux quelque chose dont ils ne pourraient plus revenir en arrière. La jeune femme resta à l'observer en silence et ses yeux se posèrent sur sa bouche si tentatrice. Combien de fois avait-il rêvé de goûter à ses lèvres si délicieuses ? Il ne comptait même plus. Il combla en une enjambée l'espace les séparant et d'un geste rapide, il glissa sa main derrière sa nuque, sa bouche rencontrant enfin la sienne. Sans surprise, elle répondit à son baiser, leur langue se découvrant alors que les mains de Daenerys glissaient sur son armure, désirant tellement plus. Leur baiser s'intensifia et elle sentit la main du jeune homme l'attirer à lui, la collant contre son torse. Elle se laissa faire, docile, consentante, oubliant qui elle était, qui il était. Elle n'était plus qu'une femme à cet instant précis. A bout de souffle, ils se détachèrent l'un de l'autre, leurs fronts collés ensemble leur souffle se mélangeant. Délicatement, Jon entreprit de la dévêtir, ôtant un à un les boutons sur sa robe. Frémissante, elle s'activa sur son armure, voulant le libérer de ce poids afin de pouvoir enfin le toucher. Ils s'embrassèrent à nouveau, continuant leurs gestes, elle avec empressement et lui avec lenteur, l'effleurant alors qu'il découvrait sa poitrine. Il s'écarta soudain et leurs prunelles se croisèrent. Jon se mit soudain à genoux devant elle et repoussa les pans du vêtement puis fit descendre son jupon. Ses mains se posèrent sur le bas de son dos et il la rapprocha de lui. Lui jetant un bref regard, il s'humecta les lèvres avant de plonger la tête entre ses jambes. Elle gémit à la sensation et les doigts de Daenerys glissèrent dans ses boucles brunes, l'incitant à continuer alors qu'elle perdait le contrôle sur son corps comme son esprit. Jamais elle n'avait connu un tel sentiment. Elle sentit une vague de chaleur monter en elle, puissante, incontrôlable et elle bascula la tête en arrière. Il la maintint en place, la soutenant de ses mains et continua sa torture, appréciant le spectacle. Sans se détacher d'elle, il leva les yeux, le faible éclairage dans la cabine la rendait plus belle que jamais, plus désirable encore. Cela l'incita à poursuivre sa tâche, à guetter chaque réaction, chaque gémissement et lorsqu'il la sentit tremblotante, il sût qu'il avait libéré le dragon en elle. Satisfait, il se redressa, elle en fit autant, sa poitrine se soulevant à un rythme effréné. Elle plongea son regard dans le sien avant de l'attirer à elle, l'embrassant avec fougue alors qu'elle cherchait un moyen de lui ôter son armure. Il l'aida du mieux qu'il put, ne pouvant détacher sa bouche de la sienne et bientôt elle tomba au sol dans un bruit sourd, mais aucun des deux n'y prêta attention, trop occupés à échanger des baisers plus passionnés les uns que les autres. Les phalanges de la jeune femme trouvèrent leur chemin sous la tunique et il frissonna en sentant ses doigts si chauds se poser sur son ventre. Il finit par libérer ses lèvres si tentatrices et leurs regards s'accrochèrent. Elle remonta le haut et il leva les bras, la chemise rejoint l'armure au sol. Glissant ses doigts sur son torse, il eut un bref mouvement de recul, réalisant qu'elle voyait complétement son corps mutilé, mais Daenerys ne s'en soucia pas et lui sourit, sa bouche se posant sur chacune d'elle, effaçant de son esprit les violents coups reçus pour être remplacés par ce doux moment. Elle remonta ensuite à son cou, sa gorge, plantant des baisers jusqu'à rencontrer ses lèvres à nouveau. Ils échangèrent un tendre baiser puis elle recula d'un pas et fit glisser sa robe au sol, se dévoilant complément à lui. Jon se rendit compte qu'elle n'était pas intimidée, comme familière de se trouver ainsi devant lui. Il se rapprocha et fit courir ses doigts sur son corps, et elle gémit lorsqu'il effleura son intimité. D'un geste rapide, elle captura sa bouche de la sienne et il continua ses caresses, réveillant à nouveau ce feu en elle. Haletante, elle l'arrêta d'un geste et il prit peur, réalisant qu'il avait sans doute était trop loin. Elle n'était pas qu'une femme, c'était une reine. Pourtant, à sa grande surprise, elle descendit d'un geste brusque son pantalon qui tomba sur ses chevilles. Ses doigts se posèrent sur son postérieur et elle colla leur corps l'un à l'autre tandis que sa bouche s'attaquait à la sienne. A reculons, elle marcha vers le lit, le tenant toujours contre elle. Rapidement, son pied heurta le bois du sommier et elle se détacha de lui, ses yeux enfiévrés par le désir. Elle s'assit sur le matelas et l'observa alors qu'il retirait ses chaussures, puis en fit autant des siennes, ses lèvres se posant sur ses pieds, ses mollets pour remonter entre ses jambes qu'il effleura brièvement de sa langue. Il remonta sur elle et elle s'allongea complètement sur lit. Leurs bouches se rencontrèrent à nouveau et elle le fit basculer à son tour sur le matelas, se calant entre ses jambes, leurs lèvres s'épousant à merveille. Ses doigts serpentèrent sur sa peau alors qu'il posait l'une de ses mains dans son dos et l'autre sur ses cheveux. Leurs lèvres se murent ensemble, avides l'une de l'autre. Son désir pour elle monta en flèche et il devint plus fougueux dans leurs baisers. Rapidement, il l'allongea sur le lit, le loup en lui s'éveillant, il lui lécha brièvement les lèvres pour remonter sur son nez, sa main descendant sur ses cuisses et il souleva son bassin, prenant enfin possession de son corps, leurs nez se collant l'un à l'autre, leurs souffles se mélangeant. Il l'embrassa avec tendresse, sa main caressant délicatement ses cheveux puis se redressa et ils s'observèrent en silence. Un doute s'installa en lui, réalisant qu'il avait franchi la case du non-retour, mais il ne voulait pas revenir en arrière. Il la regardait, sa poitrine se soulevant, sa respiration sporadique tout comme la sienne et il se perdit dans ses prunelles si intenses. Elles effacèrent tout ressentiment et il se pencha pour capturer ses lèvres avec passion, son bassin ondulant, la faisant sienne, percevant des sons irréguliers s'élever alors qu'il la pénétrait avec plus de fougue. Leurs corps étaient en feu et rien ne pourrait apaiser leur soif de l'autre. Il commença à embrasser son cou, la mordilla sur sa peau si sensible, espérant y laisser une marque, sa marque. Elle lui appartenait et tel un prédateur, il voulait en faire sa proie. Ses mouvements se firent plus rapides et elle suivit sans problème la cadence, murmurant son prénom à son oreille, gémissant à chaque poussée plus brusque, appréciant ce côté bestial chez lui.

—Dany, chanta-t-il à son oreille, alors qu'il maintenait ses hanches avec force pour lui faire ressentir le plus de sensation possible.

Elle l'enserra et pencha la tête en arrière, l'enfonçant dans les coussins alors que Jon tel un conquérant venait prendre possession de son corps. Elle ne réalisa même pas qu'elle n'était pas discrète, oubliant un instant qu'ils étaient dans un bateau avec des cabines proches les unes des autres… Comme le bateau qui voguait, elle dérivait dans un monde charnel où le plaisir n'avait plus de fin, où elle se sentait à la fois de feu et de glace.

D'un dernier coup de rein, il la mena à l'extase, un soupire d'aise s'échappa de leurs lèvres. Se redressant, il la regarda et elle sourit avant de glisser sa main derrière sa nuque pour l'embrasser.

En sueur et épuisés, ils restèrent allongés l'un en face de l'autre, Jon caressant inlassablement ses mèches blondes alors qu'elle avait les siennes posées sur son torse dont les doigts circulaient sur les cicatrices. Encore une fois, il n'arrivait pas à formuler une phrase alors il continua sa tâche et bientôt, elle cligna des yeux. Lorsque ses paupières se fermèrent, il sourit puis déposa un baiser sur son front avant de s'endormir à son tour, sa main serrant la sienne.

S'éveillant grâce à la lueur, Daenerys se redressa dans le lit ou du moins, tenta de le faire car elle sentit soudain des bras autour de sa taille. Pivotant la tête sur la gauche, elle vit le visage encore ensommeillé de Jon Snow. Un sourire s'étira sur ses lèvres alors qu'elle se rappelait la nuit précédente, leurs chairs collaient l'une à l'autre, sa bouche sur elle lui prodiguant un plaisir sans fin… Elle soupira, son corps se réveillant à ces souvenirs. Il remua et bientôt, ses paupières s'ouvrirent, croisant le regard de la jeune femme. Se penchant vers lui, elle frôla des lèvres les siennes avant de s'en emparer avec tendresse. Il répondit aussitôt à son baiser et glissa ses mains dans son dos, rapprochant leurs poitrines l'une de l'autre. Soudain, la bouche de la jeune femme devint plus active, elle le planqua contre le matelas et se souleva pour s'installer sur lui. Si hier soir, elle avait acceptée de se soumettre à lui, ce matin, elle voulait qu'il rencontre le dragon, celui qu'il avait maitrisé en une nuit. Les mains sur ses hanches, Jon l'observa alors qu'elle ondulait du bassin sur lui, réveillant le désir qu'il avait pour elle. Il se redressa et lui fit face, continuant, répondant à ses poussées alors que leurs lèvres s'unissaient à nouveau. Elle glissa ses doigts dans ses boucles brunes, serrant son corps près du sien, sa bouche descendant sur son cou alors qu'elle continuait ce qu'elle avait appris à faire il y a des années : Monter un homme, le soumettre à son plaisir. Il murmura son prénom alors qu'elle continuait sa chevauchée, leurs lèvres se frôlant, leurs souffles se rencontrant. Elle avait soif de son corps, de sa bouche sur la sienne, de l'entendre gémir, chantonner son surnom qu'elle avait toujours arboré entre les lèvres de Viserys alors que dans celles de Jon il était comme une litanie douce et envoutante. Accélérant le mouvement, les mains de Jon remontèrent dans son dos et elle se mit à pousser des gémissements à son tour, il l'accompagna dans un dernier râle puis elle tomba la tête sur son torse. Il lui embrassa le haut du crâne, un sourire aux lèvres. Jamais il n'avait connu une telle expérience.

Allongé sur le torse de Jon, Daenerys ne disait rien, savourant ce silence salvateur après l'amour. Drogo était un peu comme Jon après ces moments, il glissait toujours ses doigts dans ses cheveux alors qu'elle se reposait sur son corps, appréciant d'entendre les battements de son cœur. Ses lèvres s'étirèrent lorsqu'elle réalisa qu'ils reproduisaient la même scène. Jamais elle n'aurait imaginé revivre de tels instants avec un homme, un homme qu'elle aimait. Se rendant compte de l'inévitable, elle se redressa et plongea ses prunelles dans les siennes. Son cœur fit une embardée devant l'intense regard du Nordiste, mais elle se reprit et ouvrit la bouche pour parler. Malheureusement, sa voix se perdit lorsqu'ils entendirent toquer la porte. Ils échangèrent un regard surpris. On frappa à nouveau alors elle s'écarta de lui. Quittant le lit, la jeune femme partit jusqu'à son armoire pour en sortir une robe de chambre légère, celle qu'elle portait autrefois à Meereen. Doucement, elle poussa le bois légèrement, afin de cacher au mieux son lit. Incrédule, elle vit Tyrion, sa Main.

—Puis-je m'entretenir avec vous, Altesse ?

—Il est tôt, mon ami. Je me réveille à peine et…

—Je pense que je n'ai pas été assez clair dans ma requête.

Elle haussa un sourcil et Tyrion ricana puis se reprit et demanda :

—Puis-je m'entretenir avec vous et Jon Snow ?

Elle resta sans voix puis pivota son visage vers son amant qui inclina la tête avant de récupérer ses vêtements au sol, s'empressant d'enfiler sa chemise et son pantalon. Elle détourna le regard et le posa à nouveau sur sa Main qui attendait. D'un mouvement, elle écarta la porte et il entra. Tyrion vit Jon debout près du lit, ses lèvres s'incurvèrent puis il se dirigea vers la table où trônait un pichet de vin. Sans gêne, il s'installa dans le fauteuil et se servit un verre. Refermant la porte, la jeune femme s'approcha de lui, l'analysant en silence. Le Lord arrêta sa dégustation et déclara :

—Vous souvenez-vous de notre dernière conversation avant le départ pour Westeros ?

Elle hocha la tête et il brandit sa coupe.

—Je n'aurai jamais pensé que Ma Reine choisirait un Nordiste et encore moins un bâtard pour nouvel amant.

Jon resta silencieux. Daenerys se tourna brièvement vers lui avant de reporter son attention sur Tyrion, le foudroyant presque du regard.

—Un Nordiste qui plaide votre cause, qui a porté son allégeance alors que le Nord exècre les Targaryens…

Elle porta une main à son front et s'impatienta :

—Où voulez-vous en venir ?

—J'en viens que cette « alliance » entre vous deux ne va pas faciliter l'acceptation des Nordistes.

—Je sais déjà tout ça, mais…

—Mais le Roi a plié le genou ?

Il se gaussa puis but une gorgée avant de reprendre :

—Daenerys, à leurs yeux vous savez ce qu'ils penseront ? Que leur roi s'est fait manipulé, séduit par cette reine venant du désert, réclamant un trône, les obligeant à combattre avec elle… La fille du Roi Fou…

—Je ne suis pas…

—Non, bien sûr. Mais ils le penseront. L'amour est un jeu dangereux, Ma Reine. Je ne le sais que trop bien.

Pensif, Tyrion se revit avec Shae, il l'avait tant aimée, mais cela avait failli lui coûter la vie. Depuis ce jour, il pouvait s'amuser avec les femmes, mais jamais ne les aimer, c'était sa règle.

–Et ne cherchez pas à masquer votre attirance l'un envers l'autre, tout le monde avait remarqué votre petit manège... Moi, le premier, avec Sir Davos en second !

Elle échangea un regard avec Jon qui sourit mal à l'aise.

—Nous savons tous deux que vous êtes plus qu'une reine ou la mère des dragons. Nous avons aussi des projets pour Westeros, ceux qui font que je suis à vos côtés et que je vous suis fidèle, Majesté. Hélas… Eh bien, pour le moment nous avons décidé de les mettre de côté, pour le bien du peuple car une menace encore plus grande que ma sœur nous attend. Cette dévotion aurait pu être acceptée si… Vous aviez réfléchi un instant aux conséquences de vos pulsions. Le Roi passera pour un faible, et vous… pour une femme ambitieuse et manipulatrice…

Tyrion termina son verre puis tenta d'en reprendre un autre, mais elle s'approcha et lui prit son gobelet des mains, ses yeux le scannant avec intensité, comme un feu prêt à le consommer. Il déglutit, réalisant qu'il avait sans doute trop parlé ou pas assez ? Peu importe, il n'avait pas passé sa nuit à réfléchir pour rien.

—Cessez ce petit jeu avec moi, Tyrion et venez-en au fait.

La Main opina du chef puis porta son attention sur Jon qui s'était avancé en entendant ses dernières paroles, prêt à défendre son honneur ainsi que celui de la Reine.

—J'en viens à me dire que si nous ne voulons pas tout perdre, il n'y a qu'une façon d'apaiser le Nord.

Ils haussèrent un sourcil de concert et Tyrion éclata de rire.

—Quelle est-elle, l'interrogea soudain Jon.

—Pour apaiser le Nord, il faut faire perdurer cette alliance de façon plus officielle.

Daenerys comprit immédiatement et posa son regard sur Jon qui réalisait à son tour le sens des paroles de Tyrion.

—Se rendre à Winterfell en tant qu'épouse du Roi du Nord et futur consort du trône serait une position plus acceptable pour les Nordistes, peut-être même une fierté que de voir un Stark devenir une personne si importante. Ils oublieraient que vous êtes la fille du Roi fou et vous gagneriez leur sympathie en prêtant main forte durant cette bataille. Et quelle plus grande victoire que de voir un jour un héritier Nordiste sur le trône ! Bien entendu, nous omettrons de préciser que vous ne pouvez pas enfanter… D'ici là, vous pourrez toujours choisir un autre pour la succession. Un Stark peut-être ?

Silencieuse un bref instant, elle finit par approuver d'un signe de tête. Satisfait, Tyrion se releva et assura aux deux amants :

—A la prochaine escale, nous procéderons à cette union. Aux yeux du peuple, elle sera politique, mais oh combien plus acceptable que cette relation. Je vais de ce pas m'entretenir avec Varys et Sir Davos pour finaliser les détails. Nous en parlerons tout à l'heure.

Sans un mot de plus, il quitta à nouveau la pièce. Ils restèrent tous deux songeurs, chacun se questionnant sur ce futur mariage. Daenerys fut la première à briser le silence en s'approchant de lui.

—Est-ce que tu es d'accord avec tout ça ?

Jon esquissa un sourire amer et demanda sarcastique :

—Ai-je vraiment le choix ?

La réponse sembla plus froide que tout ce qu'ils avaient partagés depuis hier, mais elle se reprit et avoua, sincère, une main se posant sur sa joue :

—Je ne veux pas t'empêcher de construire ta vie, d'espérer un jour avoir un héritier qui…

Il mit un doigt sur ses lèvres pour la faire taire.

—Cela m'importe peu et ma vie je l'ai déjà donnée aux gens du Nord.

Elle fut troublée par ses paroles et n'osa pas l'interroger sur sa place à elle dans son existence.

—Alors faisons-le pour le Nord, dit-il, amère.

Il secoua la tête et l'attira à lui, son front se collant aux siens puis chuchota sincère :

—Faisons-le pour nous, avant tout, Dany.

Le poids dans sa poitrine s'évapora et elle sourit tendrement avant qu'il ne l'embrasse tendrement. Ses mains glissèrent sur le vêtement léger qu'il fit tomber de ses épaules. Elle brisa leur baiser pour observer Jon, le désir se lisant à nouveau dans son regard. Ils se sourirent puis elle captura sa bouche alors qu'il la soulevait de terre pour la déposer sur le lit. Ils firent l'amour lentement, savourant cet instant, réalisant que leur vie qui était déjà changée depuis hier soir le serait encore plus dans quelques jours. Alliance politique ou non, pour eux, ce mariage était le symbole d'un renouveau, d'un espoir que peut-être, ils survivraient ensemble à cette guerre et qu'ils pourraient construire un avenir plus beau et paisible dans Westeros.