Ooook.. publication en avance, parce que ce week-end je ne suis pas sure d'être très présente, et de deux on me réclame la suite xD
WARNING: C'est un des chapitres les plus violents que j'ai jamais écrits. Ne me demandez pas comment j'ai pu, je refuse de m'interroger sur l'état de mon cerveau. Je voulais pousser la logique à l'extrême, s'il y en a qui lisent des 'pet fics' vous savez dans quoi vous vous engagez, les autres hé bien imaginez que j'ai pris le mot 'commerce' au sens propre. Froid. Neutre.
Je ne cautionne en rien ce que j'écris. Je le dis pour que ce soit bien clair. Kosh payera, très, très cher.
Un très, très grand merci à ma béta FeeEli37 pour m'avoir aidé à rendre ce chapitre plus.. facile à avaler. Si c'est possible. Le relire pour le corriger est une torture.
Chapitre 10
«Les esclaves sont parqués dans un grand bâtiment comportant trois étages et un sous-sol. Le rez-de-chaussée et les deux premiers étages sont dédiés aux logements et l'arrivée de la marchandise, le troisième à son entrainement. Le sous-sol semble être la zone des horreurs: punitions, examen médical, tri des nouveaux lots.. J'enregistre depuis la chambre qu'on m'a donnée. Ce sera mon témoignage s'il m'arrive quelque chose. Je ne suis pas sûr de réussir à ne pas tuer tout le monde.
Il y a toutes sortes d'espèces ici: basiquement, pensez à une race et vous la trouverez. Kosh fait très fort: en disposant d'un nombre de races aussi variées, il est certain de pouvoir satisfaire tous ses clients potentiels. »
Jack sentait la nausée le gagner au fur et à mesure qu'il découvrait l'étendue de l'empire du trafiquant. Les deux bâtiments étaient gigantesques, permettant d'accueillir les lots quotidiens de nouveaux esclaves. Ces derniers étaient emmenés dans des grands camions qui se garaient dans la cour intérieure, dans laquelle un premier tri était effectué.
-Mineurs, femelles ou mâles, expliqua Kosh. Ils vont être emmenés pour un examen médical, qui permettra de déterminer leur espèce et leur état sexuel. Les mineurs et les vierges disposent de zones à part, bien sûr.
-Je m'en doute.. Ils doivent te rapporter beaucoup d'argent, murmura Jack en luttant pour conserver son calme.
Il fallait qu'il fasse appel à tout son entrainement reçu à l'Agence, ainsi que dans ses ressources personnelles pour ne pas massacrer Kosh en public immédiatement. La pensée était fort attrayante, et le brulait dans tout le corps.
-Ce sont mes produits phares, oui !, protesta le trafiquant. Et je tiens à les garder en parfait état !
«Ses produits, comme il les appelle, sont formés pour deux tâches : la domesticité et le plaisir sexuel. Je ne vais pas m'attarder sur la première, complètement commune. C'est la seconde qui m'a le plus intéressé, tristement, parce que Kosh a bâti autour une organisation d'une grande complexité et parfaitement structurée, ce qui est, à mes yeux, la raison de son succès. Docteur, je vous conseille de faire sortir Rose de la pièce. Oui, Rosie, vous, qui roulez des yeux et m'insultez avec votre charmant accent. Vous n'êtes pas de taille à encaisser ce que je vais raconter. Si vous souhaitez rester, ne blâmez personne d'autre que vous.
Hum.
À la réflexion, Goon, vous devriez sortir aussi. Après tout, votre sœur est potentiellement concernée. Oui, je sais, autant pour la diplomatie, Docteur.
Il y a quatre groupes de putes dans le bâtiment. Vous connaissez déjà les traditionnels : majeurs, virginité déjà perdue, lancés dans le circuit aussitôt arrivés. Leur sort est glauque, mais ce n'est rien comparé à celui des mineurs et des vierges. Soyez conscient qu'un produit peut faire partie de ces deux catégories.»
-Comment cela fonctionne ? Tu sembles dire que tous tes vierges n'auront pas le même rôle.
Il ne voulait pas savoir. Il ne voulait vraiment, vraiment pas savoir. Mais il devait demander. Il fallait qu'il en apprenne le plus possible sur l'organisation de cette horreur pour mieux retrouver la gamine.
Kosh sourit, visiblement ravi de sa question.
-Oh, c'est à la fois très simple et complexe. Le but est de pouvoir satisfaire tous les besoins, tu l'as compris. Tous mes clients n'ont pas les mêmes envies : certains veulent juste une pute, d'autres recherchent de la jeunesse.. Cela m'a pris du temps, mais je peux maintenant proposer trois types de vierges.
«Le vierge vendu ou loué tel quel est le plus courant. Mais certains d'entre eux sont aussi en partie formés pour être capables de procurer un certain niveau de plaisir à leur client, comprenez sexe oral et caresses. Certains pervers aiment le mélange d'innocence et début d'expérience que ces pauvres gosses peuvent leur fournir. Et puis il y a ceux qui préfèrent les former eux-mêmes, c'est le troisième groupe. En fonction du service demandé, un produit précédemment vierge peut changer de groupe et devenir 'produit expérimenté'.»
Comment pouvait-il parler si calmement ? Comment faisait-il pour décrire un trafic ignoble comme s'il parlait de la pluie et du beau temps ? Produits. Création. Entretien. Rentabilité. Des termes d'entreprise. D'homme d'affaires.
-C'est vraiment une usine, hein? se murmura-t-il à lui-même, mais Kosh l'entendit.
-C'est exactement cela, Yeux-bleus. Tu vois, c'est la différence entre moi et un trafiquant de base. Je suis un homme d'affaires. Je crée. J'investis. Je trouve un nouveau marché et je l'attaque. Et tu sais pourquoi je réussis ? Parce que je sais me diversifier et m'adapter aux demandes.
Ne lui met pas ton poing dans la gueule. Ne lui met pas ton poing dans la gueule. Jack s'assura que son masque était toujours parfaitement posé et sa voix sous contrôle lorsqu'il demanda :
-Qui s'occupe de la formation ?
-Encore une autre bonne question. Moi et mes employés. C'est le seul moyen pour obtenir la qualité désirée. Certains de nos clients payent très cher pour le luxe offert, on se doit d'être à la hauteur, répondit Kosh en examinant un humanoïde au visage de panthère. Joli, commenta-t-il en découvrant un pendentif bleu qu'il arracha de son cou. Ce sera encore plus joli au cou de No'lia.
-Tu as les tiens ?
Quelle question stupide, qu'il regretta aussitôt qu'il l'eut posée.
-Évidemment. Quel serait l'intérêt de créer des produits si ce n'est pas pour en profiter? sourit Kosh avant de l'embrasser. Tu verras. Tu les aimeras.
«Pour s'assurer de leur qualité, il les forme lui-même, avec ses employés. Il en ressort de parfaits esclaves sexuels, modelés et manipulés, si possible dès le plus jeune âge afin de détruire toute tentative de pensée personnelle. Je n'ai pas demandé à partir de quel âge étaient formés les plus petits. Probablement au début de l'adolescence. Je ne sais pas. Je n'ai pas assez de réserves d'alcool pour m'encaisser la réponse.
Les esclaves sont logés par trois dans de toutes petites cellules ne comportant qu'une paillasse et couverture par personne. Lorsqu'ils sont dans le bâtiment, ils ne sont vêtus que d'un simple pagne, afin d'entrainer leur résistance au climat et détruire toute pudeur. Tous ont un numéro de série tatoué sur la nuque afin de permettre leur identification et marquer leur appartenance à Kosh. Ils portent également un collier de cuir avec un anneau où est écrit leur prénom.
Les journées sont ritualisées, là encore pour empêcher toute prise d'initiative : chaque lot est réveillé à heure fixe, plus ou moins matinale selon l'âge et les besoins. Il est ensuite emmené aux sanitaires, avant d'aller manger. Puis viennent le travail ou l'entrainement. Ils y apprennent tout ce qu'ils ont besoin de savoir pour satisfaire leurs clients, selon leur groupe. Les .. cours.. peuvent être dispensés en grand nombre, mais la plupart se déroulent pendant ce qu'on pourrait appeler des ateliers, dirigés par des esclaves plus âgés. C'est un des points les plus pervers : plus vous avez de l'expérience, plus vous montez en grade et améliorez ainsi votre vie quotidienne. Cela encourage l'obéissance et la débauche.
C'est une véritable usine à putes : les esclaves sont repérés, capturés, triés, entrainés et entretenus. Après chaque mission, ils ont l'obligation de subir un examen médical. Dans le cas où ils ont été trop abimés, ils sont immédiatement réinjectés dans la basse prostitution locale. Rien ne se perd, tout se recycle.»
Quand il parlait d'usine, Jack pensait aussi à l'apparence du bâtiment: tout était propre et lumineux. On était bien loin de l'image du bouiboui humide et froid, et c'était peut-être l'un des aspects les plus horribles de ce trafic : tout était si blanc, si clair, si organisé. On aurait pu se croire dans une usine de production de vêtements, si les corps à moitié nus avaient cessé de défiler.
-J'ai des clients sur Taclos, bien sûr, mais je fournis aussi beaucoup d'autres planètes, expliqua Kosh en tendant son verre à l'esclave présent.
Ils étaient assis dans son bureau, autour d'une petite table. C'était le début d'après-midi et le soleil brillait par la fenêtre pourtant, le cœur de Jack était froid. Aussi froid que les bâtiments qu'il avait en partie visité plus tôt. Aussi froid que son visage qui n'avait rien à envier à une statue. Aussi froid que le poignard qu'il rêvait d'enfoncer dans la gorge du monstre qui lui faisait face.
-La plupart achète sans regarder la source. Ils s'en foutent, tant que la qualité est là. Cela m'a permis d'étendre mon commerce dans tout le quadrant. Le plus amusant, quand on y pense, c'est leur identité : on pense tout de suite aux ripoux, mais il y a aussi les riches, les banquiers qui veulent des jouets pour se reposer, les armées à la recherche de putes pour détendre leurs hommes... Tout ce joli petit monde paye sans rien demander, trop heureux d'avoir de jolis corps soumis à leur disposition, renifla le trafiquant avec un mépris évident. Je ne m'en plains pas, remarque : cela m'assure des connexions multiples et une large impunité.
«C'est un système d'esclavage caché qui se base sur la misère : ses putes, ce sont des restes de guerre, comme des orphelins ou des réfugiés, en plus des traditionnels prisonniers dont on ne sait pas quoi faire. La pauvreté est aussi un levier très efficace: Goon n'est pas le seul proche endetté qui a perdu un membre de sa famille aux mains de ce réseau. Certains les vendent même, en particulier les enfants, cherchant à se débarrasser d'un poids trop grand ou rêvant d'un meilleur avenir pour eux, manipulés par de fausses promesses. Des déshérités, que personne ou presque ne regrette et ne cherche.
Basiquement, Kosh nettoie derrière les puissants : il ramasse les restes, fait disparaître les témoins gênants, le tout gratuitement et en leur fournissant en échange des produits de qualité. C'est la femme de ménage des politiciens, leur aspirateur silencieux. Pourquoi se sentirait-il en danger? Il est soutenu par les dirigeants qui ont bien trop besoin de lui.»
Jack appuya sur un bouton de son bracelet, coupant l'enregistrement avant de fermer les yeux, luttant contre la nausée. Celle-ci menaçait de le submerger depuis sa visite. C'était pire que tout ce qu'il avait pu imaginer. Kosh avait étendu sa toile partout; il était pratiquement invincible. Jack n'avait aucune idée de cela à l'époque de sa mission avec Hart, et, s'il était honnête avec lui-même, il s'en foutait : son but était de retrouver un enregistrement gênant sur l'Agence du temps, et c'était tout. Il ne s'était jamais demandé d'où venaient les délicieuses créatures que lui fournissait son nouvel amant, profitant simplement de leur bouche talentueuse et leur désir de le satisfaire.
Un nouvel assaut de nausée le saisit, le forçant à courir dans la salle de bain, juste à temps pour vomir dans le lavabo. Il n'avait pas tout dit dans l'enregistrement. Il n'avait pas parlé des examens médicaux, dignes de bétail. Il n'avait pas raconté les familles séparées, les enfants emmenés à part à qui on racontait que leurs parents les avaient abandonnés pour s'enfuir. Il n'avait pas non plus mentionné les punitions. Il n'avait même pas voulu penser aux stérilisations – hors de question d'avoir des bouches en plus à nourrir. Oh, ces bâtards n'avaient rien à envier aux plus grands bourreaux, et Jack savait de quoi il parlait.
Il avait vu et fait des choses atroces lui-même, des choses qui lui vaudraient la peine de mort sur un nombre incalculable de planètes, mais ce qu'il venait de découvrir était une des pires : un commerce fondé sur la pauvreté et la misère d'autrui, enrichi par les puissants et nantis et ceux sensés assurer la sécurité des plus faibles.
Était-ce ce qu'avait vécu Paulo ? Gray avait-il atterri dans un commerce de ce type ? Cette simple pensée lui fit rendre la fin de son repas. C'était le souvenir de son petit frère qui l'avait poussé dans cette folie. Le lien fraternel l'avait frappé de plein fouet, le désespoir de Goon le poussant à agir. Il n'avait pas supporté de rester sans rien faire alors qu'il pouvait l'aider, même si pour cela il lui avait fallu replonger dans l'enfer. Une partie inconscience de son esprit semblait aussi espérer être capable d'ainsi compenser pour sa faiblesse qui lui avait coûté Gray.
À présent qu'il avait découvert l'étendue des dégâts, cependant, il n'était pas certain de réussir à mener sa mission avec la neutralité nécessaire. Il ne pourrait pas les sauver, il le savait : cette vérité horrible tournait en rond dans son cerveau depuis qu'il était entré dans la cour, le torturant sans pitié. Il ne pouvait pas les sauver, ni même apaiser leurs souffrances. Tout ce qu'il pouvait faire était retrouver Taya et s'enfuir le plus vite possible sans jamais regarder derrière lui.
