Le seul, l'unique... Le chapitre 10 !

Et oui, il est (enfin) là ! Bon, je dois bien vous avouer qu'il ne se passe pas grand chose ici mais il servait surtout à préparer le terrain pour le chapitre 11 qui va répondre à certaines attentes... Enfin, je n'en dis pas plus pour l'instant, mais moi-même je suis toute excitée à l'idée de l'écrire ! Je n'ai d'ailleurs pas pu m'empêcher de le commencer avant même de publier celui-ci !

Bref, je vous laisse à votre lecture ! Enjoy !


Chapitre 10 – Réunion au sommet

Drago dévalait les escaliers, mais rapidement il se mit à ralentir. Quoi ? Il l'avait juste appelé par son prénom. Pas de quoi fouetter un jarvey… Mais quand même. Oh et puis, c'était juste un moment de faiblesse, un automatisme, il n'avait pas réfléchi, voilà tout ! Oui, c'est ça. Elle l'a appelé par son prénom, et tout naturellement il a dit le sien sans s'en rendre compte. Oui, tout à fait ça. Pas de quoi fouetter un jarvey donc. Il soupira.

Il passa devant la porte de sa chambre et regarda dedans si Potter y était encore, mais il était déjà redescendu. Alors qu'il allait refermer la porte, ses yeux heurtèrent un objet près de son sac. Il le détailla quelques instants, puis s'avança et s'en saisit. Il descendit les marches en retournant l'appareil photo polaroïd entre ses mains, mais il ne comprenait pas trop comment cela fonctionnait… Avec, il y a un sachet. Il devait en faire quoi ?

Arrivé en bas, il jeta un œil dans la cuisine et vit de nouvelles têtes, sans doute venues pour la réunion qu'il avait supposée plus tôt dans la journée. Finalement, il repéra la seule tête blonde de la pièce et, en essayant de rester discret, il l'appela du bout des lèvres. Cependant, Lyra, prise dans sa conversation avec Remus, ne l'entendait pas. Irrité, Drago regarda autour de lui et aperçu une sorte de petit caillou qui trainait là, sans doute une trace des trésors de Kreattur. Faisant appel à tout son talent d'attrapeur, il visa l'épaule de Lyra et jeta le petit caillou. Celui-ci vient la heurter un peu plus haut, dans la nuque, mais ce n'était pas grave : le but était qu'elle le remarque.

Immédiatement, elle porta la main à son cou et se retourna pour savoir ce qui l'avait heurtée. Elle vit Drago qui lui faisait signe de le suivre en-dehors de la pièce. Elle leva les yeux au ciel et se replongea dans sa conversation avec Remus en tournant ostensiblement le dos à son frère. Drago sentit l'irritation monter et soupira d'énervement… Non, ce n'était pas le moment de s'emporter. Il prit sa baguette et exerça un accio sur le petit caillou, le plus discrètement possible que personne ne le remarque. A nouveau, il visa sa sœur et le lança. Plus lentement que la première fois, elle jeta un coup d'œil au blond qui lui refit des signes. Cette fois (mais toujours en levant les yeux au ciel), elle s'excusa auprès de Lupin, se leva et se rendit auprès de son frère.

- « Tu as été élevé dans une ferme, ou quoi ? On ne t'a pas appris les bonnes manières dans ton école ? Tu sais, il y a des manières plus polies et plus civilisées d'interpeller les gens… », commença Lyra, mais Drago l'interrompit rapidement. Il lui tendit le polaroïd ainsi que le petit sachet.

- « Explique-moi comment ça marche », dit-il simplement.

D'abord étonnée, Lyra regarda fixement les mains de son frère. Ensuite, un sourire illumina rapidement ses traits et elle se saisit promptement des précieux objets avec enthousiasme. Connaissant la pudeur de son frère, elle le tira par la manche pour qu'ils aillent ailleurs.

- « Viens, je vais te montrer ! », chantonna-t-elle avec bonne humeur et candeur.

- « Fais attention, cette chemise coute plus cher que toute cette bicoque ! », râla-t-il, mais plus pour la forme que réellement parce qu'il était contrarié.

Elle s'introduisit dans le petit salon où Drago avait l'habitude de se réfugier pour lire d'ailleurs, on pouvait apercevoir Notre-Dame de Paris qui trainait sur le rebord de la cheminée. Drago passa rapidement le regard dessus, notant mentalement qu'il devrait se remettre à la lecture. Lyra, quant à elle, sautillait dans tous les sens. Drago leva les yeux au ciel, en parti exaspéré. Mais au fond, il avait l'habitude, et en plus, même s'il ne l'avouera jamais à haute voix, il aimait bien la voir aussi pétillante d'énergie. Lui qui avait l'habitude d'être plutôt discret et renfermé, Lyra constituait un merveilleux contrepoint de joie et de bonne humeur.

- « Alooooors ! Pour commencer, tu dois prendre ce sachet et le… Hé, Dray ! Tu m'écoutes ! », s'exclama-t-elle, remarquant qu'il fixait la cheminée. Elle s'approcha, saisit son menton de sa main droite et de l'autre, elle pointa deux doigts sur ses yeux puis sur les siens, à plusieurs reprises. « Focus ! »

Drago leva à nouveau les yeux au ciel, se demandant bien ce qu'elle fabriquait à lui fourrer les doigts devant ses yeux. Encore un truc de moldu ? Et puis, c'était quoi ce « focus » ?

- « Oui, che t'écouteu », sa diction rendue plus difficile à cause de la main qui compressait son menton.

- « Je préfère ça ! Bon, donc je disais : ce sachet, ce sont les recharges, c'est là-dessus que va s'imprimer la photo. Tu dois juste les mettre ici, dans l'appareil… Voilà, comme ça… Tu l'allumes, et c'est parti ! »

- « C'est tout ? »

- « C'est tout. »

Drago prit le polaroïd entre ses mains comme s'il s'agissait d'une bombe et l'examina, suspicieux. Il se retint de justesse d'émettre un soupir, ainsi qu'un commentaire dédaigneux. Il savait que Lyra s'était donné du mal pour lui trouver ce cadeau… Merlin seul sait pourquoi. Certes, il aimait sa sœur et… tolérait… les moldus, mais il n'en était pas pour autant fan au point d'avoir un de leur objet chez lui.

Il put retenir sa remarque acerbe, mais pas son soupir. Cependant, Lyra ne faisait même pas attention à lui, trop absorbée par son soliloque sur les bienfaits du polaroïd (mais quel nom aussi ! C'est celui qu'on donnerait à une maladie, pas à une machine censée « immortaliser-les-moments-les-plus-précieux-de-notre-vie »).

- « Oui, oui, ça va j'ai compris Lyra ! », s'énerva Drago.

- « Hm ? »

- « Bon… Et si on… essayait cette chose ? »

Drago regretta immédiatement. Les yeux de Lyra se gonflèrent d'un coup, devenant plus brillant que jamais. Elle plaqua ses deux mains sur sa bouche et ses joues en émettant un petit couinement long et aigu. Puis soudain, sans qu'il s'y attende, elle se mit à sautiller sur la pointe de ses pieds, toujours en émettant son affreux bruit.

- « Hiiiiiii ! Ouiouiouioui ! Allez, viens là ! » Ni une ni deux, elle s'empara de l'appareil, tira Drago par le bras, lui arrachant un cri de surprise. Elle mit l'appareil à l'envers, droit vers eux et, un grand sourire sur le visage, les cheveux un peu fous autour d'elle, elle cria plus qu'elle ne dit :

- « Maintenant, sourie ! »

- « Qu… ? »

Clic !

Directement après le petit bruit, une feuille blanche sortie de l'appareil. Lyra lâcha immédiatement les épaules de Drago et l'arracha presque tandis que le polaroïd retombait sur les coussins mous du sofa, non loin d'eux.

Les yeux dans le vague, il clignait encore des paupières pour faire passer l'effet du flash. Il avait une expression penaude sur le visage, Drago se gratta le crâne, son autre bras pendouillant mollement le long de son corps.

- « Mais qu'est-ce qui vient de se passer ? », murmura-t-il pour lui-même. Néanmoins, une réponse lui parvint malgré tout :

- « Regarde, Dray ! Oh elle est trop drôle ! », gloussa Lyra. « T'as l'air super idiot dessus, une vraie tête de troll ! »

Drago fronça les sourcils et pinça les lèvres en entendant la remarque. Celle-ci n'avait rien pour le ravir, surtout lorsqu'on savait qu'il qualifiait les deux balourds Crabbe et Goyle de trolls…

Mais curieux malgré lui, il s'avança derrière sa sœur et regarda par-dessus son épaule. Il fronça le nez à la vue du cliché Lyra était surexposée et sa peau, déjà pâle à la base, comme la sienne, était blafarde. Ses cheveux voletaient en désordre autour d'elle, mais elle avait un énorme sourire qui faisait plisser ses yeux. Quant à lui, on voyait dans son regard qu'il ne comprenait pas ce qui se passait. En passant sa main autour de son cou, Lyra avait bougé ses cheveux et une mèche piquait vers le plafond de façon grotesque. Son expression n'était pas boudeuse, mais il ne souriait pas pour autant, la bouche entrouverte sur sa question laissée en suspens. Son visage était collé à celui de Lyra et le reste de la pièce derrière eux était flou, sans doute dû aux mouvements désordonnés et surexcités de la plus jeune des Malefoy.

Cependant, chose curieuse, au plus il regardait la photo, au plus il l'appréciait. Il n'était pas du tout à son avantage dessus, mais elle avait… son charme. De plus, le cliché était d'une couleur particulière, loin de celle que l'on avait avec les photos sorcières qui bougent dans tous les sens. Le plus drôle au fond, c'était justement ça : ils étaient immobiles, et pourtant il revivait à chaque instant les mouvements qui les avaient saisis au moment de prendre la photo. Au final, il souriait presque en contemplant le cliché.

- « Bon. Et si on en faisait une autre, correcte cette fois ? »

Lyra se laissa tomber en arrière, contre le torse de Drago qui la saisit entre ses bras et lui embrassa le sommet du crâne. Il la relâcha rapidement après, un peu gêné. Même s'il tenait à elle plus qu'à sa vie, il n'était pas friand et encore moins à l'aise dans ces épanchements fraternels. Lyra ne pipa mot, mais un discret sourire pouvait être deviné. Ce moment passé, ils refirent une photo, mieux cadrée et sur laquelle ils étaient plus soignés. Il la donna à sa sœur et garda la première.

En effet, du monde il y en avait. A la populace qui arpentait déjà la vieille bicoque, s'étaient rajoutés Lupin et Tonks, Kingsley, McGonagall et Maugrey. Une cacophonie infernale résonnait contre les murs douteux de la cuisine. L'atmosphère était chaleureuse, cependant on était loin d'une ambiance bon enfant. Drago ne comprenait pas exactement d'où lui venait cette impression, mais il semblait qu'il y avait de la tension dans l'air. Les différents membres de l'Ordre gardaient un œil sérieux, malgré les sourires de façade. Seul Maugrey maintenait son air renfrogné habituel, son œil bleu électrique vagabondant dans tous les coins de la pièce, passant furtivement sur chaque personne présente. Etrangement, Drago avait l'impression que c'était sur lui qu'il revenait le plus souvent…

Heureusement, il était assis à côté de Lyra. De temps à autre, elle lui faisait un clin d'œil ou un sourire rassurant qui le requinquait. Elle était elle-même à côté de M. Weasley qui ne tarissait pas de questions sur le monde moldu. Un peu plus loin, Tonks transformait certaines parties de son visage, au plus grand plaisir de Ginny et Ron. Hermione était assise plus loin, en grande conversation avec Lupin. Drago ne parvenait pas à comprendre le sujet, mais Hermione s'emballait avec de grands gestes, à l'inverse de Lupin qui semblait plus magnanime. A un autre coin de la table, sous l'œil vigilant et soupçonneux de Mme Weasley, les jumeaux entretenaient une conversation à voix basse.

- « Donc si je comprends bien, vous avez trois manières de requinquer les lampes-de-porche : avec des miles euh des piles, une manivelle et… le soleil ? Mais c'est fantastique ! (Puis élevant la voix autant que le cou pour dominer les têtes autour de lui :) Tu entends ça, Molly chérie ? Les moldus utilisent le soleil comme énergie ! C'est fantastique ! »

Drago leva les yeux au ciel en même temps que la matriarche des Weasley. Ils eurent ensuite, furtivement, un sourire complice tous deux pensaient la même chose de la passion de M. Weasley pour les moldus. Molly semblait lasse et se contentait d'hocher mécaniquement la tête face à l'enthousiasme toujours débordant de son époux.

- « Mais dis-moi, Lyra… A quoi servent les ténéphétones ? », demanda-t-il encore en enfournant une pomme de terre dans sa bouche.

- « Les téné-hein ? », répéta-t-elle.

- « Les téléphones, M. Weasley », corrigea Drago automatiquement. A force d'avoir lui-même subi le rabâchage de sa sœur, il connaissait quasi parfaitement le vocabulaire moldu. « Ça permet aux moldus de communiquer entre eux instantanément à distance. »

- « Impressionnant », fit-il, réellement ébahi par ce qu'on lui racontait. « Mais… C'est comme nos feux de cheminée ? »

- « Mieux même : le feu de cheminé nous contraint d'être près d'une cheminée, donc chez nous en général, alors qu'ici les moldus peuvent être n'importe où, assis, en train de marcher… C'est réellement une belle invention. »

Drago leva la tête vers M. Weasley tout en avalant ses brocolis. Il tiqua immédiatement en voyant la tête de son interlocuteur. En effet, Arthur avait des yeux grands ouverts et la bouche entrouverte, qui laissait deviner un morceau de patate en cours de machouillage. Drago se demanda un instant s'il y avait quelque chose de collé sur son visage, mais il dut bien vite se rendre compte que c'était autre chose qui l'avait choqué car Lyra lui faisait également de gros yeux et McGonagall, à côté de lui, s'était raidie. Soudain, il comprit : il venait, inconsciemment, de faire l'éloge des moldus et de leur technologie.

Drago sentit le rouge lui monter aux joues, gêné. Il entendit vaguement Lyra reprendre la conversation d'une voix rapide et enjouée. Finalement, le reste du repas se déroula sans encombre, mais Drago avait obstinément gardé le silence, si ce n'est à quelques monosyllabes près. Une fois le dessert englouti (un merveilleux pudding maison !), M. Weasley se leva en posant les deux mains à plat sur la table pour dominer l'assistance :

- « Bien ! Merci, Molly chérie, pour ce délicieux repas. Je crois que personne ici ne me contredira quand je dis que c'était excellent ! (Il jeta à un regard tendre à sa femme et reprit immédiatement son air sérieux). Bon, les enfants, il est temps de nous laisser. Nous avons une réunion très importante, à laquelle vous ne pouvez pas participer… »

Ses derniers mots furent à peine audibles, car noyés sous les protestations des dits enfants. Les jumeaux surtout étaient les plus mécontents (« On est adulte ! On a le droit de participer ! », « Vous resterez des enfants tant que vous serez encore sous mon toit ! », répliquait instantanément leur mère). C'était sans parler d'Harry qui avait repris ses airs bravaches et arguait avec ardeur pour qu'il puisse rester. Mais oui, après tout, il était le survivant pardi ! Drago ricana en son for intérieur, pas mécontent des refus que le Balafré se prenait. Et toc ! Voilà qui le remet à sa place. Le blond n'avait toujours pas digéré sa remarque de tout à l'heure.

Finalement, les membres eurent le dernier mot et c'est sans ménagement que Drago, Lyra, Fred et Georges, Hermione, Ginny, Ron et Harry se retrouvèrent dehors. Ce dernier surtout était fou de rage et ne cessait d'éructer face à cette injustice. Ils montèrent tous dans la chambre que Drago partageait avec les deux bouffondors. Ils avaient à peine fait un pas dans la pièce qu'Harry frappa le mur de son poing, faisant voleter de la sciure dans l'air.

- « Harry… Cela ne sert à rien de t'énerver. L'Ordre sait ce qu'il fait… », commença Hermione d'une voix douce et conciliante.

- « Non ! Ils ne savent rien ! Ce ne sont pas eux qui sont dans la tête de Voldemort (un frisson parcourut la pièce), ils ne le comprennent pas… pas comme moi… »

- « Je ne m'en vanterait pas trop à ta place, Potty. »

- « Oh, toi, la ferme ! », grogna Ron au blond.

- « Un problème, Belette ? Attends avant de répondre, il ne faudrait pas que tes deux neurones surchauffent sous l'effort. »

- « Toi, je vais te… »

- « Tu ne vas rien du tout ! », fit Hermione d'une voix sèche en levant les deux mains. Elle jeta un regard menaçant à Ron qui fulminait, et un autre, noir, au blond qui arborait son éternelle expression narquoise, les bras croisés et adossé contre le chambranle de la porte.

- « Ça ne sert à rien de se disputer ! Ce n'est pas comme ça qu'on fera avancer les choses. Nous devons réfléchir à la meilleure façon de procéder et d'apporter notre aide sans les gêner… Mais il faut aussi se rappeler que dans quelques jours, nous retournons à Poudlard… »

- « Où nous pourrons espionner ces foutus fils de mangemorts ! … Sans rancune, Malefoy », susurra Ron, sans pour autant se sentir coupable.

Harry avait recommencé, comme à son habitude, à marcher en rond dans la pièce, une main dans les cheveux. Drago jeta un coup circulaire dans la pièce. Tout comme lui, Lyra avait un sourcil levé, signe qu'elle pensait comme Drago. Ces gamins, encore à l'école, pensaient vraiment pouvoir faire quelque chose contre le Mage Noir… ? A côté d'elle, debout, se tenaient Ginny et les jumeaux. Tous les trois se sentaient concernés par les élucubrations charlataniques d'Harry. Binoclard pourrait leur dire que se jeter de la fenêtre détruirait Vous-Savez-Qui qu'ils le feraient… C'est une secte, une véritable secte…

- « Nous devons agir. Mais j'aurai besoin de votre aide pour élaborer un plan… »

- « On fera tout pour t'aider, Harry ! », répondit immédiatement Weaslette.

Roulement de tambours, laissons place au discours de Gourou-Harry !

- « Mais… Nous sommes coincés. Nous devons retourner à Poudlard… Et il est hors-de-question de ne pas y retourner, tu m'entends, Harry ! C'est l'année des BUSE pour Ginny », déclara Hermione avec de gros yeux. La petite rousse haussa des épaules en marmonnant quelque chose comme « C'est pas très important de toute façon. »

Harry continua de marcher de long en large, ses cheveux de plus en plus malmenés. Drago se demanda vaguement s'il ne s'en irait pas loin de ces idiots, ou s'il restait pour les écouter délirer (il fallait avouer que cela valait son pesant de gallions lorsque Potty s'emportait dans un discours fiévreux d'héroïsme, de courage et d'idioties). Finalement, il opta pour la deuxième option quand Lyra lui jeta un regard d'interrogation, les sourcils froncés. Bienvenue dans mon monde ! sembla-t-il lui répondre en retour.

- « Bon. Les options qui s'offrent à nous sont très minces. Nous sommes obligés de retourner à Poudlard, alors nous en profiterons pour récolter toutes les informations que nous pourrons durant les quelques jours qu'il nous reste ici. Je suis sûr que Voldemort (une vague de tremblements parcourra l'assistance) prépare quelque chose… Je le sens… Il est complètement survolté, comme si une grande nouvelle venait de lui être annoncée… »

- « Harry », commença doucement Hermione, « comment est-ce que tu peux en être sûr ? Je sais, nous savons qu'il prépare quelque chose, mais qu'est-ce qui a changé maintenant par rapport à d'habitude ? »

Il s'arrêta net au milieu de la pièce et balaya son regard émeraude sur tous les occupants. Il prit une grande inspiration tout en portant sa main à son front dans un geste automatique.

L'artiste ménage son effet… Attention, mesdames et messieurs, le grand Harry Potter pour vous uniquement ce soir… Nouveaux roulements de tambours !

- « Ma cicatrice. Je sens… Je le sens. Quelque fois, je le vois aussi et… »

- « Harry ! Tu ne peux pas laisser faire ça ! Tu dois t'entrainer à fermer ton esprit ! C'est Dumbledore qui… »

- « Je sais, Hermione », l'interrompit-il sèchement. « Mais ce n'est pas tout. J'ai l'impression qu'il a un plan… un vrai plan. Il semble sûr de lui, comme si… comme s'il sentait… Non, comme s'il savait que les choses allaient bien se passer pour lui. Je ne comprends pas exactement de quoi il s'agit… Une arme ou une mission… »

- « Une mission ? Qu'il aurait confiée ? A qui ? », demanda vivement Hermione.

Drago se figea. Il releva brusquement la tête en plissant les yeux. Serait-il en train de… ? Non, ce n'est pas possible… Il respira calmement et reprit son air impassible habituel. Il jeta un rapide coup d'œil à Lyra, celle-ci fixait Harry avec scepticisme. Elle secoua la tête de gauche à droite avant de prendre la parole.

- « Une minute papillon… Si je comprends bien, tu te ballades tranquilou-bilou dans la tête de Voldi ? Comme ça ? Comme si tu zappais entre sa tête et la tienne ? »

Fred et Georges répétèrent plusieurs fois d'affilée chacun à leur tour « tranquilou-bilou ». C'était à celui qui pouvait le dire le plus vite possible. Ron, quant à lui, articula « zappais » en fronçant les sourcils, un air idiot peint sur le visage.

- « Disons plutôt que lui et moi, nous sommes reliés », répondit Harry, gêné par le poids du regard d'Hermione, plus qu'éloquent.

- « Reliés… Et donc, sur une intuition – car c'est bien de ça dont on parle – tu extrapoles et tu déduis que Voldi a confié une mission qui lui apportera la victoire sur un plateau d'argent ? »

- « Plus ou moins, mais… », tenta d'argumenter Harry.

- « Il n'y a pas de "Mais", Potter. » Soudain, son ton était devenu trainant et cassant. Plus que jamais, elle ressemblait à Drago. Tout le monde dans la pièce, surtout les filles, semblaient surpris de son attitude. Lyra balaya chaque personne présente dans la pièce de ses yeux bleus. « Attendez… Non… Vous le croyez vraiment ? »

- « Oui, bien sûr », déclara immédiatement Hermione.

- « Bha oui », rajouta Ron en haussant les épaules. « On ne sait rien d'autre, et on a confiance en Harry… »

- « Mais vous êtes fou ! Ce gars est complètement paumé ! Désolée Harry, mais sur une intuition tu vas faire courir un grave danger à tout le monde juste parce que tu crois quelque chose ?! »

- « Tu vois maintenant ce que je vis… », soupira Drago narquoisement.

Harry fit un pas en avant au milieu de la pièce, énervé de ne pas être pris au sérieux.

- « Ce n'est pas que moi, Malefoy aussi ! Sa marque le brûle aussi ! »

- « Quoi ?! » demanda immédiatement Hermione en braquant son regard sur le blond. Les jumeaux, quant à eux, levèrent le sourcil gauche dans une synchronisation parfaite, les bras croisés et un sourire se dessinant doucement sur leurs lèvres.

Lyra haussa les épaules, puis regarda vaguement son frère qui fusillait Harry.

- « Et alors ? Cela ne veut rien dire. Ce n'est pas nouveau, que je sache », dit-elle pour détendre l'atmosphère.

- « Mais c'est une preuve ! », argua encore Harry en levant les bras au ciel, presque théâtralement.

- « Une preuve de quoi, Binoclard ? » susurra Drago. « Que Tu-Sais-Qui prépare quelque chose ? Ce n'est pas nouveau. Qu'il tue des gens ? Comme d'habitude. Qu'il désire ardemment te trouver et t'éliminer le plus douloureusement possible ? Ce n'est pas mon problème. Alors, ouvre grand tes oreilles Potty : Tu-Sais-Qui va agir, c'est certain. Mais ce n'est pas à nous d'intervenir, nous n'avons rien à voir là-dedans. Si tu veux jouer les héros, libre à toi de te jeter dans la gueule du loup, mais c'est sans moi. Je risque déjà assez ma peau comme ça et je ne suis pas presser de clamser. Alors merci, mais non merci. »

Durant tout le temps qu'a duré son petit discours, Drago était resté étrangement calme et maitre de lui, parlant avec mesure, quoique froidement. Il avait également veillé à balader son regard sur tout le troupeau pour bien leur faire comprendre que leur petit jeu de jouer les gentils justiciers ne prenait pas avec lui. Il avait fini en décroisant ses bras, puis était sorti d'un pas tranquille de la chambre. Dans le couloir, Drago entendit vaguement que la conversation se poursuivait, mais il s'en fichait comme de son premier balai. C'était bien le cas de le dire : la seule chose qui le préoccupait, c'était sa sécurité et celle de sa sœur. Il laissait ses élucubrations au Binoclard, il avait d'autre chat à fouetter. Surtout que bientôt, il ne sera plus là pour veiller sur elle.