C'est presque un hors sujet que je vous livre pour 23h. Il faut dire que sur le thème de l'identité, soit on est inspiré, soit on a envie de polémiquer...et je n'étais dans aucun de ces deux cas (ou si peux). Je vous laisse donc assister à une crise identitaire chez un personnage qui n'est rarement, sinon jamais, le héros d'un fanfic. Faites moi signe si vous connaissez! Sinon allez lire de suite, c'est fun!


Thème: Identité

Fandom: Succubus

Contexte: Cody était clairement et définitivement humain. Un humain drôle, branché, et bien entouré. Jusqu'à cette nuit. Après celà, rien ne sera plus pareil pour lui!


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Crise identitaire

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Des bruits métalliques à assourdir un malentendant se font entendre de l'autre côté de la cloison.

Mais que se passe-t-il, pense Cody. Et où suis-je ?

Le jeune homme se redresse tant bien que mal. La surface sous ses mains est douce et sent bon. Un canapé tout juste briqué, avise-t-il. Lavande et jasmin. Il ne sait toujours pas où il est, ni pourquoi sa tête est si lourde et sa langue pâteuse, mais ce qui est sûr, c'est que la personne qui l'a allongé ici est une vraie fée du logis.

Bien en peine de se lever complètement, Cody repose sa tête sur son coussin. Il lui faut encore un peu de temps pour reprendre ses esprits. Il fait noir, dans la pièce où il se trouve, mais ça l'arrange plutôt. Avec le mal de tête qu'il se paye, le jeune home peut-être sûr que le moindre rayon lumineux lui briserait le crâne pour les jours à venir.

« Pourtant, c'est étrange, se dit Cody, je n'ai jamais été migraineux auparavant. »

Désespérément, parce qu'il faut bien en venir là, le jeune homme essaye de refaire en pensée le trajet qu'il a suivi la veille au soir.

Il se souvient du bar. Le South Hampton, ou un truc du genre. Le genre de lieux enfumé et bruillant qui se veut chic, mais à Seattle, quand on veut faire du chiffre, il vaut mieux avoir l'air grunge. Il se souvient de ses amis, et du grand type brun qui l'a dragué.

C'était un vieux, ou presque. La quarantaine, les tempes grisonnantes plaquées vers l'arrière. La coiffure n'était pas vraiment réussie, et, dans la mesure, où les hommes ne sont de toutes manière pas son type, le gars n'avait aucune chance. Pourtant, il y avait chez lui ce quelque chose d'unique qui avait fait battre le cœur de Cody plus vite.

Ses yeux de braise avaient regardé le jeune homme comme on ne l'avait jamais fait auparavant, l'espace d'un instant, il avait cru se retrouver à la place d'un bon gros steak saignant. Et cette idée lui avait donné des sueurs froides.

« Le danger ! », se rappelle Cody. Ce gars respirait le danger. Il l'avait suivi de son regard d'enfer jusqu'à ce qu'il quitte le bar. Cody se rappelle qu'ensuite, il avait salué ses amis. Puis il était rentré seul. Enfin c'était ce qu'il avait cru.

La suite est floue. Il se souvient des yeux de fou, qui le poursuivent dans la nuit, de l'impression de danger imminent, de la sueur qui coule dans son dos. Et c'est tout. Après cela, plus rien. Le blackout complet.

- Ah, tu as enfin ouvert les yeux ! s'écrit une voix claire. Cody tourne la tête. Et n'en crois pas ses yeux.

C'est sûr, quoi qu'il se soit passé la veille au soir, il a du prendre un violent cou sur la tête, il ne voit que ça.

Devant lui se tient un homme, d'un quarantaine d'année environ. Le gars est blanc comme un linge, avec des cheveux aile de corbeau coiffés en arrière comme c'était la mode chez les bourgeois dans les années cinquante. Et de longues canines sortent de sa bouche lorsqu'il lui sourie. Cody avale douloureusement sa salive. Est-ce que ce gars est un... ?

Cody a du mal à le croire. Ce serait vraiment impensable. D'autant plus que si le gars porte une chemise blanche impeccable et un pantalon de costume, il a enfilé par-dessus un tablier rose à petit cœurs. Ses mains, posées de chaque côté de sa taille, sont chaussées de gants de cuisines assorties au tablier. Pas vraiment le genre de vision qui ferait pensé à l'enfer.

« Ce gars doit surtout avoir eu des problèmes de mutuelle de santé ou d'orthodontiste à un moment donné de sa vie » se dit Cody.

- Ou suis-je ?

Sa voix est vraiment faible, et sa langue trop sèche et râpeuse frotte désagréablement contre ses dents.

- Tu es chez moi, mon bon ami. Dans mon humble demeure. J'étais justement en train de ranger ma cuisine quand je t'ai entendu t'agiter. Tu veux quelque chose à boire.

- Oui, s'il vous plait. répond Cody.

L'homme se détourne vers ce que Cody suppose être la cuisine, elle aussi très faiblement éclairée.

- Au fait, je suis Peter ! Tu pourrais être tenté de m'appeler maître, mais n'en fait rien. J'ai toujours eu horreur de ces questions protocolaires. Après tout, ce n'était qu'une histoire de territoire, et je suis heureux d'avoir pu t'aider. Surtout que maintenant, Hugues me fichera la paix et que j'aurais un peu de compagnie, en prime. Tout est donc bien qui fini bien !

- Pardon ? demande Cody

Qu'est ce que c'est que cette histoire ? Maître ? Il ne va certainement pas appeler qui que ce soit maître, ce type doit s'en tenir une sacré couche !

Le dénommé Peter revient tout sourire, avec une coupe dans la main qui ressemble de façon troublante à un calice, de l'avis de Cody. Le garçon se redresse. Il saisit le verre qu'on lui tend et l'approche de ses lèvres. Le fumet qu'il hume est entêtant, mais ne ressemble à rien de connu. Par précaution, il le repousse. Autant chercher à savoir qui est son hôte avant de prendre du GHB a son insu. On n'est jamais trop prudent. Sa conscience lui dit que si quelque chose de fâcheux devait arriver, ce serait vraiment un mauvais timing, vu qu'il vient de passer la nuit sur le canapé de cet inconnu, inconscient, mais Cody la fait taire. Le gars est vraiment trop bizarre pour qu'il abaisse son niveau de vigilance.

- Il faut que tu boives. reprend l'autre. Quand je t'ai ramassé, hier, ce crétin de Marcus t'avait mordu. J'ai toujours détesté ce type, toujours à chasser sur le territoire des autres. Bref, je t'ai trouvé à moitié mort. Sur mon territoire ! Je déteste quand quelqu'un fait ça. Ça fait désordre. Et personne ne dira jamais que je suis un vampire sans classe : tout chez moi est en ordre. Toujours. Ne s'appelle pas Peter qui veut !

Les mots voyage lentement jusqu'au cerveau de Cody. Ce type vient bien de se qualifier lui –même de vampire ?

- Du coup, je t'ai transformé. Ca devrait remplir mes quotas de mauvaises actions, et je me sentirais moins seul. Tu vas voir, l'éternité, c'est plutôt sympa. Surtout que j'ai un nouveau projet pour redécorer le salon qui devrait me prendre quelques temps. Tu aimes la déco ?

Cody est abasourdi. Cette histoire est complètement hallucinante. Le dénommé Peter lui tend de nouveau le verre.

- Bois. Il te faut du sang, rapidement, avant que le soleil ne se lève. On va bientôt aller se coucher, il faut que tu sois hydraté avant. Il tend à Cody ce que le jeune homme perçoit désormais comme un calice plein de sang.

- Mais... ce n'est pas possible, murmure-t-il, dépité. Je ne peux pas boire ça, je suis végétarien !