Une grande faiblesse
Non… ! … Pourquoi ? … Pas ça… pas moi…
Elle ne voulait pas être arrachée aux siens, en aucune manière, à aucun prix ! Mais elle n'avait pas le choix, elle le savait, ils n'avaient eu de cesse de le lui répéter, depuis des mois ! depuis qu'elle savait… C'était son destin, celui que les autres avaient choisi pour elle…
Non, non, pas moi !
Elle avait peur, elle avait mal… Et cette fumée… toute cette fumée… si dense et si noire…
Non, ne faites pas ça, je vous en prie !
Elle frappait de toutes ses forces contre cette vitre, qui la condamnait, pour toujours… Ils étaient là, juste derrière… la regardant partir sans plus rien faire… l'abandonnant derrière ces murs, la privant de cette vie qu'elle ne reconnaitrait jamais plus…
Ouvrez… ouvrez-moi…
Elle perdait pied, vacillant contre les parois qui s'ébranlaient. Elle suffoquait ! Elle faiblissait, perdant jusqu'aux dernières forces de son désespoir ! Ces vibrations… si intenses… insoutenables…
Je vous en prie ! ne m'abandonnez pas !
Tout s'était mis à tourbillonner autour d'elle, de plus en plus vite, trompant ses sens, estompant les visages, brouillant ses souvenirs, qui s'éloignaient, s'éloignaient… Elle tentait de les retenir, mais un brouillard glacial gagnait son esprit, noyant à jamais ses derniers souvenirs dans l'oubli. Et tout disparaissait...
Je vous en supplie… pas moi… pas moi… … Pas… moi…
Et tout autour d'elle ne cessait de tourner et tourner, inlassablement, jusqu'à sombrer dans l'abîme…
… … …
Elle sentit qu'on lui passait doucement un linge humide sur le visage, mais son esprit restait encore confus. Le tourbillon qui l'aspirait persistait dans son rêve et la fumée ne se dissipait pas. Elle entendait des voix, des mots, mais ne parvenait pas à en saisir le sens. Le linge revint une nouvelle fois sur son visage, doux, frais, léger, comme une caresse. Son cauchemar se consumait enfin, son esprit commençait lentement à refaire surface.
- Elle se réveille ! Allez prévenir le professeur Dumbledore, entendit-elle au milieu d'un bourdonnement.
Elle avait un goût amer dans la bouche, et sa gorge était désagréablement sèche. Elle avait mal à la tête ; tout son corps était douloureux et fébrile. Mais quelqu'un était en train de prendre soin d'elle. Elle était allongée dans des draps doux et chauds ; un délicieux parfum d'herbes séchées lui chatouillait agréablement les narines. Elle ne voulait pas ouvrir les yeux, la lumière de la pièce semblait encore trop vive. Elle entendit une porte s'ouvrir, puis des pas se rapprocher.
- Comment va-t-elle ? entendit-elle demander juste au dessus de son lit.
- Mieux, répondit une voix féminine, elle a cessé de débiter ces mêmes paroles incohérentes. Mais la fièvre n'est pas encore entièrement tombée.
Annily sentit une main rêche passer sur son front, puis sur ses joues. La curiosité l'emportant, elle se décida enfin à ouvrir les yeux. Dans une demi-pénombre, elle distingua tout d'abord deux visages flous, qui prirent rapidement des contours plus nets et un aspect normal. La jeune femme reconnut le professeur Dumbledore, qui la regardait avec bienveillance et quelque inquiétude cependant. Le deuxième visage appartenait à une femme d'un certain âge, petite et rondelette ; elle portait une blouse blanche ainsi qu'une petite coiffe assortie, qui recouvrait des cheveux courts, bouclés et grisonnants. Elle s'approcha de la jeune femme et lui posa un nouveau linge humide sur le front. Annily tenta de se redresser pour s'asseoir mais la femme l'arrêta net en lui plaquant deux mains robustes sur les épaules, et en la forçant à se rallonger.
- N'y comptez pas, jeune fille, lui dit-elle d'un ton sévère. Vous resterez au lit jusqu'à ce que vous retrouviez un peu de forces et qu'ensuite je vous donne la permission de vous lever !
- Vous devriez suivre ses conseils, Annily, ajouta Dumbledore dans un sourire amusé. Madame Pomfresh, notre infirmière à Hogwarts, n'est pas à prendre avec des pincettes lorsque ses malades refusent de lui obéir.
Madame Pomfresh lui lança un regard assassin mais ne répliqua pas, et reporta aussitôt son attention sur sa patiente. Elle lui fit boire une mixture à l'aspect étrange, à l'odeur peu affriolante et qui, dès l'entrée en bouche, lui procura un goût atrocement amer – ce même goût qu'elle avait ressenti à son réveil. Mais Annily n'avait pas la force de protester ; elle se sentait encore très fatiguée après des heures passées à cauchemarder ; elle ne voulait plus qu'une seule chose… dormir, sans rêve.
A son réveil, de longues heures plus tard, la nuit était tombée complètement, mais Dumbledore était resté auprès d'elle, assis dans l'un des fauteuils de la bibliothèque, plongé dans un livre relatant de La vie des Moldus. Toutefois, lorsqu'Annily ouvrit les yeux et regarda autour d'elle, un brin égarée, il referma son livre et s'approcha vivement d'elle, un sourire rassurant et tout paternel sur les lèvres.
- Bonsoir Annily, engagea-t-il en lui posant sa main ridée sur le front. Je constate que la potion de Madame Pomfresh a finalement fini par faire effet : votre fièvre est enfin tombée et votre visage a retrouvé un peu de couleurs. Néanmoins, vos traits sont encore bien fatigués.
- Que s'est-il passé ? demanda la jeune femme d'une voix faible.
- Vous ne vous souvenez de rien ? s'inquiéta Dumbledore.
- S… Si, répondit-elle, fouillant dans ses derniers - et seuls – souvenirs. Oui, je me souviens de… cet homme…, oui, cet Auror ; il voulait m'emmener… Puis… vous avez changé d'avis… Vous aviez pris mes bijoux ! Vous refusiez de me croire ! Et ensuite… ensuite… je ne sais plus, c'est le trou noir…
- Vous avez perdu connaissance, subitement, sans le moindre signe avant-coureur, termina-t-il. Vous êtes restée ainsi inconsciente pendant huit jours, délirante et brûlante de fièvre. Il était impossible de vous sortir du sommeil, et vous ne cessiez de répéter des paroles incohérentes, qui pourtant semblaient vous bouleverser. Mais nous verrons ceci plus tard, quand vous serez reposée. Pour l'instant, j'aimerais savoir si vous êtes habituellement sujette à des malaises fréquents…
- Non… non, je ne crois pas… Je ne sais plus…
- Est-ce que vous me reconnaissez Annily, questionna-t-il soudain en s'abaissant juste en face d'elle. Vous rappelez-vous qui je suis ?
- Bien sûr, vous êtes le professeur Dumbledore. Et je n'ai pas non plus oublié que vous êtes un Sorcier, ajouta-t-elle sur un ton fataliste.
- En effet, admit-il dans un sourire. Et reconnaissez-vous l'endroit où vous vous trouvez ?
- Malheureusement oui, répondit-elle en soupirant. Je suis à nouveau chez le professeur Rogue, dans sa bibliothèque.
- Bien, répondit Dumbledore, visiblement soulagé. Il semblerait que vous n'ayez pas perdu davantage de mémoire depuis votre malaise. Madame Pomfresh va tenter de savoir ce qui s'est passé. En attendant, je crains que vous ne deviez prendre votre mal en patience, car vous allez rester allongée ici – chez le professeur Rogue – jusqu'à ce que vous ayez retrouvé toutes vos forces. Disons que l'on vous garde… en observation. Nous avons eu beaucoup de mal à faire tomber votre fièvre, et vous semblez encore très faible. Quelqu'un va rester avec vous…
- Qui ? interrompit-elle, refusant intérieurement l'intolérable idée d'avoir de nouveau affaire à son hôte.
- Je pensais à un Elfe de maison, répondit-il amusé, comme s'il avait saisi la pensée d'Annily.
- Un « Elfe de maison » ? s'étonna-t-elle. Qu'est ce que c'est ?
- Ah oui, j'oubliais ! Vous allez très certainement rencontrer quelques nouvelles créatures dans notre Monde de Sorciers, et qui sont inconnues dans le vôtre. Les Elfes de maison sont de petites créatures, très intelligentes et puissantes. Ils n'ont de cesse de nous rendre des services, et répondent toujours présents lorsque nous avons besoin d'eux. Mais vous en avez déjà rencontré un, il me semble… Feebly, vous souvenez-vous ? Lorsque l'Auror est arrivé…
- Oui, je m'en souviens parfaitement, s'empressa-t-elle de répondre, préférant oublier l'intermède « Hawk » le plus vite possible.
- Très bien, poursuivit Dumbledore. Ainsi, lorsque vous aurez besoin de Feebly, vous n'aurez simplement qu'à prononcer son nom, et vous verrez qu'il apparaîtra aussitôt ! Cependant je vais mettre un second Elfe à votre disposition, une Elfe pour être plus précis. Elle s'appelle Curtsey ; elle vous sera d'agréable compagnie, et vous rendra des services que seule une "dame" peut comprendre.
Annily resta quelques instants silencieuse.
- Et ensuite… demanda-t-elle, hésitante. Qu'est ce qui va se passer pour moi, quand j'aurai « retrouvé des forces » ? Je veux dire… est ce qu'un second comité d'accueil se présentera avec une camisole de force ?
- Non Annily, rassurez-vous, lui répondit le Directeur. J'ai éloigné le Ministère de la Magie de toute cette histoire. Je ne vous abandonnerai pas. Et je vous promets que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider à retrouver la mémoire ! Mais comprenez que je suis obligé de vous garder avec nous, comme nous l'avions auparavant établi.
- Ainsi vous refusez toujours de me laisser partir ! réalisa-t-elle d'un ton désespéré.
- Oui… ce sera ainsi tant que nous n'aurons pas découvert la raison de votre voyage temporel… D'autant plus que cette immunité extraordinaire que vous possédez peut attirer bien des convoitises ! Seule dans le Monde des Sorciers, en dehors des limites protégées de notre Ecole, vous ne serez jamais en sécurité ! Au sein de Hogwarts, vous ne risquez rien.
... ... ...
La semaine qui suivit se passa sans encombre ni autre événement extraordinaire. Les journées se succédaient, monotones et longues. Annily restait allongée la plupart du temps, trop faible pour rester debout plus d'une trentaine de minutes. Elle s'inquiétait de cet étrange état de faiblesse, mais elle s'était bien gardée d'en faire part au Directeur. Elle ne tenait plus à boire une autre de ces potions étranges et infectes ; elle ignorait tout de leur consistance et n'avait aucunement confiance en leurs effets.
Les Elfes de maison étaient de petits êtres courtois et tout à fait charmants ; ils prenaient soin de sa toilette, lui préparaient des repas exquis, faisaient le ménage dans la grande pièce et la salle d'eau, lui apportaient les livres de la bibliothèque susceptibles de lui plaire, tout en s'efforçant de répondre aux moindres de ses désirs – dans la mesure de ce qui leur était autorisé de faire. Ils tentaient d'occuper ses journées afin d'adoucir son ennui, la distrayant par leur incessant babillage et leur très grande imagination. Mais ils n'étaient pas des amis, ils ne pouvaient remplacer un être humain. Ils n'étaient que de petites créatures bizarres, hideuses et glauques, entièrement dévouées aux Sorciers dont ils étaient les plus humbles serviteurs. Leur soumission était totale et fidèle ; jamais ils ne se permettaient un ton ou un regard plus haut que celui de leur maître.
Au bout de cette longue semaine de convalescence, enfermée nuit et jour dans la bibliothèque, Annily commençait à trouver le temps bien long. Ses petits compagnons aux oreilles de chauve-souris l'ennuyaient finalement plus qu'ils ne l'amusaient. Ils ne la laissaient jamais seule, pas même la nuit ; ils semblaient la surveiller comme le lait sur le feu, avec leurs énormes yeux globuleux qui leur mangeaient la moitié de la face. Durant ces sept jours, ils l'avaient respectueusement mais fermement empêchée de quitter la bibliothèque, et gardaient toujours la porte soigneusement fermée à clef. La nuit dernière, la jeune femme s'était levée sans bruit et ses petits pas furtifs l'avaient conduite jusqu'à la porte ; mais avant même qu'elle ait eu le temps d'atteindre la poignée, Feebly s'était précipité sur son bras, tandis que Curtsey s'était résolument glissée entre elle et la porte. Puis les deux Elfes l'avaient éloignée de l'entrée en tirant sur ses bras, ses jambes, au risque de la faire trébucher, et l'avaient recouchée de force, tout en répétant d'une voix suppliante :
- Non, Mademoiselle, il ne faut pas ! Ce sont les ordres de notre maître ! Vous ne pouvez pas quitter la bibliothèque ! Vous devez rester couchée pour vous reposer ! Curtsey et Feebly sont là pour veiller sur vous !
Encore trop faible pour leur résister – ils étaient pourtant de très petite taille -, Annily s'était recouchée sur le canapé sans protester. Mais elle était parfaitement consciente de cette intense surveillance dont elle faisait l'objet depuis son dernier entretien avec Dumbledore. Durant cette semaine oisive, elle avait eu tout le temps de réfléchir à tout ce qui avait déjà été dit... Ils avaient certainement dû découvrir quelque chose à son sujet, quelque chose en rapport avec son collier, ce pendentif si précieux qu'ils avaient refusé de lui rendre. A présent ils la séquestraient en lui collant deux gardiens qui, aussi gentils fussent-ils, remplissaient pleinement leur travail et la maintenaient prisonnière. Quant à Rogue, il ne daignait même plus lui rendre visite pour l'abreuver de ses sarcasmes, comme il l'avait fait durant les deux premiers jours après son arrivée au Château. Mais la jeune femme ne s'en portait pas plus mal ; elle ne pouvait supporter cette arrogance et ce mépris que Rogue ancrait sur son teint de cire, chaque fois qu'il posait son regard glacial sur elle. Lors de sa dernière confrontation avec le Directeur et son Conseil, elle avait remarqué cette satisfaction et cet air de triomphe à peine contenus, qu'il avait affichés lorsque l'Auror s'était apprêté à l'emmener de force. Il la haïssait à un point tel, qu'elle s'en trouvait encore profondément affectée, car elle plus que quiconque avait désespérément besoin de soutien, de réconfort, de compréhension et de douceur. Mais, bien loin de lui procurer une once de gentillesse, Rogue se complaisait à la martyriser moralement. Cependant Annily se trompait sur un point… Contrairement à ce qu'elle croyait, le professeur était revenu la voir, chaque nuit, durant son sommeil. Depuis près d'une semaine, lorsque la jeune femme s'endormait, épuisée, la fièvre reprenait systématiquement son corps, plus violente que la veille, augmentant son agitation et son délire. Pour chacune de ses divagations, Rogue était auprès d'elle, attentif, happant chaque parole, chaque mot qu'elle débitait, douloureusement, inlassablement, tandis que les Elfes s'affairaient autour d'elle et épongeaient son front brûlant. Elle répétait toujours ces mêmes phrases entrecoupées et incohérentes, comme une litanie déchirante. Même si Rogue ne parvenait toujours pas à en saisir le sens, ces mots semblaient refléter une infime partie d'un souvenir douloureux, enfoui au plus profond de son inconscient. Sa mémoire n'était donc pas totalement effacée ; elle était simplement oubliée, affectée par un drame mystérieux que la jeune femme semblait avoir vécu. Ses souvenirs refaisaient surface lorsqu'Annily était en proie à une fièvre violente qui la plongeait dans la profondeur de son esprit tourmenté ; alors ses émotions les plus vives emplissaient son esprit et la vidaient de toute énergie. Quand enfin Annily sortait de ses cauchemars, couverte de sueur et plus fatiguée que la veille, il ne lui restait aucun souvenir de ses longs délires, qui cessaient au petit matin et durant chacune de ses longues journées, pour ne reprendre qu'au crépuscule, de manière inlassable et régulière. La récurrence de ses tourments était d'une certaine manière officieusement manœuvrée par Rogue, qui prenait soin de faire tomber sa fièvre au petit matin, avant son réveil, à l'aide d'un élixir qu'il préparait chaque soir avec un soin tout particulier, et que les Elfes de maison administraient à la jeune femme dès que ses pensées refaisaient surface... Cette potion permettait à Annily de trouver un peu de repos durant le jour, sans agitation ni état fébrile. Cependant l'une des particularités de cet élixir résidait dans la limite de ses effets, qui prenaient fin dès la tombée de la nuit, laissant place à un délire récursif. Rogue avait en effet besoin d'en apprendre davantage sur le passé de la jeune femme. Aussi l'unique moyen qui lui semblait être le plus rigoureux était celui de laisser libre cours au monologue incompréhensible de la jeune femme lors de ses brusques hyperthermies. C'est pourquoi le Maître des Potions s'arrangeait discrètement afin que ses préparations curatives ne soient que temporaires, tout en accordant à la jeune femme un repos d'une douzaine d'heure, afin de ne pas l'affaiblir ni la torturer davantage.
... ... ...
- Elle parle constamment de cette porte qu'ils referment sur elle avec force, la cloîtrant dans un sas confiné ; puis le sas se remplit d'une épaisse fumée, qui l'enveloppe et la précipite dans un tourbillon, confia Rogue à Dumbledore.
- « Ils » ? s'étonna le vieux Directeur.
- Les « autres », répondit-il simplement. Il semblerait qu'ils l'aient obligée à partir brusquement, loin des siens – toujours d'après ses propres paroles. Puis ils la regardent s'éloigner, sans un mot, alors qu'elle se débat désespérément derrière cette porte en hurlant. Cela se passe ainsi pour chacun de ses rêves : la porte, la fumée, le puissant tourbillon…
- Apparemment, cette jeune fille a vécu un drame, engendrant un traumatisme violent qui l'aurait plongée dans une amnésie quasi totale.
Rogue ne répondit pas. Il se contenta seulement d'ajouter :
- La fièvre est tombée la nuit dernière ; les Elfes ne lui avaient pas encore administré mon élixir. Il semblerait que sa crise soit terminée, nous n'en apprendrons pas plus ainsi.
- Mais c'est une très bonne nouvelle ! s'exclama Dumbledore. Sans vous, je serais resté ignorant de l'état de santé si préoccupant d'Annily, et je m'étonne que Feebly ou Curtsey ne m'ait pas informé plus tôt de cette étrange… faiblesse.
- D'après ce que les Elfes m'ont rapporté, cette fille n'a pas une seule fois ouvert la bouche pour se confier ; elle se contentait de leur demander telle ou telle chose, les remercier, ou encore les congédier lorsqu'ils l'ennuyaient. Les Elfes ont échoué dans leur mission d'en apprendre davantage sur elle. Elle ne parlera pas !
- Je pensais avoir instauré un certain climat de confiance avec elle, répondit le Directeur en secouant tristement la tête. J'aurais espéré qu'elle me parle de ses angoisses, tant physiques que morales.
- De toute évidence, il lui faudra plus de temps, et surtout, un peu plus de… persuasion, avant que cette fille ne se décide à coopérer ! lança Rogue entre ses dents.
- Elle reste sous votre protection Severus, ne l'oubliez pas, avisa simplement Dumbledore.
Les deux hommes se regardèrent longuement, chacun méditant la pensée de l'autre. Puis Rogue se leva pour prendre congé. Mais avant de refermer la porte du bureau, c'est d'une voix à peine plus élevée qu'un murmure qu'il ajouta :
- Je persiste à croire que son amnésie n'est que pure invention de sa part. Elle a parfaitement su jouer son rôle et tromper son monde, mais je ne suis pas dupe ! Ses intentions sont mauvaises, et vous avez tort de lui accorder votre confiance.
