Titre: Cruelles intentions chapitre 10 (Cruel intentions part 10)

Auteur: FayC

Traduction: Kandamio

Beta: Lauriane Mayu Zangkyaku-sama

Rating: PG

Fandom: Viewfinder

Pairing: Fei Long x Yoh, Tao

Spoiler: Fixer

Tous les personnages appartiennent à Ayano Yamane.

Merci beaucoup à tous ceux qui m'ont envoyé de gentils commentaires, et aussi merci de supporter ma lenteur (quoique, peut-être que tout le monde m'a laissé et que je parle toute seule maintenant ^^...).

(val: j'ai eu un moment d'hésitation mais après vérification, c'est bien le terme "curls", donc boucles, qui est utilisé dans l'oeuvre originale. Par la suite, j'ai aussi utilisé ce terme pour traduire "locks", boucles-mèches de cheveux, je ne sais pas si c'est très clair ^^"... Enfin bon, je peux demander si tu veux, mais je suppose que l'auteur se base sur les premières images de Misha où ses cheveux étaient ondulés, c'est tout ^^.)


La pièce était sombre et silencieuse. Il cligna plusieurs fois des yeux et essaya de bien respirer pour relâcher la pression dans sa poitrine. Quelque chose se trouvait juste à côté de lui, quelque chose d'incroyablement chaud. En se tournant, il vit Tao assis près du lit, sa tête sur le matelas, profondément endormi.

Pourquoi Tao est-il ici?

Tao ne l'avait jamais regardé dormir avant, pas même quand il était malade. Ça n'avait jamais été ni nécessaire ni exigé.

Avec des mouvements lents et précautionneux, il força sur ses muscles pour se lever, prenant garde à ne pas réveiller le jeune garçon qui dormait si profondément juste à côté de lui.

Il regarda Tao avec une expression tendre sur le visage. Il dormait si bien.

Pouvoir dormir sans s'inquiéter de rien lui était totalement étranger. Il se demanda comment c'était d'être capable de dormir sans s'inquiéter de savoir si quelque chose de mal arriverait le lendemain, ou de savoir si les choses qu'il aimait seraient encore là.

Le garçon semblait si innocent à ses yeux. Parfois, il se demandait s'il y avait jamais eu un temps où il avait possédé une telle innocence. Si avant d'être aussi sali et souillé, il avait été aussi insouciant et avait aussi bien dormi.

Tao était comme lui, un enfant abandonné qui avait eu assez de chance pour être recueilli par une famille aisée. Sauf qu'il n'était pas aussi chanceux que Tao. Dès l'instant où il avait pris le garçon sous son aile, il s'était juré que Tao aurait de la chance. Il lui donnerait tout ce qui lui avait manqué à lui, l'innocence, la sécurité, la chaleur et l'affection. S'il était capable d'élever un garçon de cette qualité, alors peut-être, juste peut-être, qu'il ne serait pas un tel échec, en fin de compte. Peut-être qu'il était le sauveur de Tao aux yeux de la plupart des gens, mais à ses yeux, Tao était son sanctuaire.

Pour cette raison, son coeur s'adoucissait à chaque fois qu'il regardait le garçon. Même si la douleur demeurait, il pouvait encore rassembler assez de forces pour continuer, en n'ayant que Tao à ses côtés.

La douleur. Ce serait mentir que de dire que la douleur n'était jamais partie. Il y avait encore peu de temps, il savait ce que c'était que de ne ressentir aucune souffrance. Dans cette chaude étreinte, il pouvait tout oublier. Il pouvait se perdre dans ce tendre baiser, et, pour un bref instant, y gagner quelque chose qu'il n'avait jamais eu.

Mais ce n'était qu'un mensonge, qu'une illusion qu'il avait dû se créer lui-même. Ne pouvait-il faire confiance à personne à part Tao? Vraiment personne?

La voix de Tao le fit sursauter. Il avait dû faire du bruit.

Tao se frotta les yeux à plusieurs reprises et sourit. "Vous avez l'air d'aller mieux, Fei-sama. Je suis content."

"Depuis combien de temps es-tu là, Tao?"

"Oh, depuis que vous vous êtes endormi, Fei-sama. Le docteur Quan a dit que quelqu'un devrait être là et s'assurer que vous prenez ces médicaments." Tao lui montra les pilules sur la table de chevet.

Fei Long jeta un œil au nom de ces médicaments et ferma les yeux. Des anti-dépresseurs. Quan avait vraiment cru qu'il les prendrait? "Je les prendrai plus tard."

Il regarda sa montre. 9 heures du soir. Bien au-delà de l'heure de se coucher, pour Tao. Qu'est-ce que Quan lui avait donné, pour le faire dormir aussi longtemps? Quand il était allé se coucher, le soleil ne s'était pas encore couché.

"Tu devrais aller au lit. Ça va aller. Je n'ai pas besoin qu'on me surveille." dit-il doucement.

"Mais Fei-sama." Il savait qu'il ne devrait jamais mettre en doute son maître, mais il ne pouvait pas supporter de voir Fei-sama de nouveau dans une telle agonie. Peu importe ce dont il souffrait. Ça avait l'air vraiment douloureux.

L'air inquiet sur le visage de Tao le mit mal à l'aise. Peu importe ce qu'il traversait, ce n'était pas juste de le laisser affecter le petit garçon. "Si tu es si inquiet que ça, alors va chercher Yoh pour moi."

Un sourire apparut sur le visage de Tao, et lui enleva un poids du coeur. "Oui, Fei-sama."

Il regarda tranquillement Tao quitter la pièce. Mais putain, qu'est-ce qui lui était arrivé, cet après-midi? Il posa la main sur sa poitrine et frotta lentement. Il pouvait encore se souvenir de la pression intense dans sa poitrine. Pour la première fois de sa vie, il avait cru qu''il allait mourir. Si Quan lui avait donné des anti-dépresseurs, ça devait être psychologique. Ce genre de symptômes, provoqués par un problème psychologique, ça ne pouvait vouloir dire qu'une chose...

Il ferma les yeux et serra les dents. Vraiment pathétique. Le puissant Liu Fei Long de Baishe souffrant d'une crise d'angoisse. Il grimaça face à la pression grandissante dans sa poitrine, quand il essaya de se lever du lit. A ce moment-là, on frappa à la porte. Ce devait être Yoh.

"Entre."

Il regarda la porte qui s'ouvrait lentement, tandis qu'il sortait du lit. Il avait dû bouger trop rapidement; soit ça, soit l'engourdissement qu'il ressentait était plus grave qu'il ne le pensait, pour lui faire perdre l'équilibre. Yoh se précipita à ses côtés. "Faites attention, Fei Long-sama. Ne vous levez pas aussi rapidement."

Il avait encore la tête qui tournait. Il s'agrippa à l'épaule de Yoh en se débattant pour trouver l'équilibre. Une main sur son bras et l'autre le soutenant à l'arrière de la taille, Yoh le remit sur ses pieds et le tint comme cela, attendant que Fei Long reprenne le contrôle de ses membres. Ce n'était pas intentionnel, mais dans cette position, il était pratiquement dans les bras de Yoh. Ils étaient si proches qu'il pouvait entendre le coeur de Yoh battre avec force contre ses côtes. C'était assez étrange, mais au moment où il sentit la chaleur de ce corps, la pression disparut de sa poitrine. Il connaissait cette sensation. Cette chaleur. Il l'avait sentie avant, mais venant de quelqu'un d'autre, pas de Yoh.

Il serra le poing et essaya d'effacer cette pensée de son esprit, en s'arrachant à la chaude étreinte. "Merci, Yoh." dit-il brièvement, avant de s'éloigner.

Fei Long se tenait calmement près de la fenêtre, et fixait le ciel nocturne. Si tranquille. Si sombre. Exactement comme son coeur.

"Vous n'avez pas pris vos médicaments." Il y avait de l'inquiétude dans la voix de Yoh.

"Et je ne le ferai pas. Mets-les hors de ma vue." dit-il sans se retourner.

"Non."

Pris par surprise par cette réponse, Fei Long se retourna lentement, ses yeux voyant rouge, "Qu'est-ce que tu as dit?" On ne lui avait jamais donné cette réponse. Personne dans Baishe n'aurait osé. Pas même son plus proche garde du corps.

Yoh se tenait à quelques mètres de lui seulement, défiant Fei Long du regard. "Je suis à vos côtés depuis sept ans. Je n'ai pas peur de vous. Prenez ces pilules. Je ne supporterai pas de vous voir souffrir comme ça."

"Tu oserais me donner un ordre?"

En dépit des efforts de son maître pour lui faire baisser le regard, Yoh campa sur ses positions. "Je fais ça pour vous. Si ça vous énerve, alors allez-y, tuez-moi. Mais personne sauf Tao ne vous est plus fidèle que moi. Je le sais. Vous aussi."

A sa grande surprise, Fei Long éclata de rire. Un rire sarcastique qu'il se destinait plus à lui-même qu'à ce commentaire. Quand il se calma, il donna à Yoh un sourire pitoyable.

"Qu'est-ce que tu fais avec moi, Yoh? Je ne suis même pas fait pour diriger Baishe. Ton maître n'est rien d'autre qu'une vulgaire pute. Et pourtant, tu veux encore être à mon service."

Il savait sûrement ce qui se passait. Yoh savait ce que Mikhail était pour lui. Et il était là aujourd'hui, quand cet enfoiré lui avait envoyé un message. Il avait du mal à faire face à Yoh, après tout ce qu'il lui avait fait. Maintenant qu'on avait tout enlevé à son précieux maître, qu'est-ce que Yoh penserait de lui?

Le voir comme ça était plus que douloureux. Le fier Liu Fei Long de Baishe, la belle fleur qu'il n'avait jamais pu atteindre, avait été plié comme ça par un homme. Il devrait être assez en colère pour tuer ce mafieux russe, mais quelque chose lui disait que l'histoire n'était pas complète. Quelque chose clochait. L'affection qu'il avait vue dans ces yeux bleus n'était pas un mensonge. Et s'il avait raison, la seule façon d'aider Fei Long à s'en tirer était de clarifier ça, peu importe combien ça lui ferait mal.

"Il vous aime." Fei Long devait le savoir, si ce n'était pas déjà assez clair.

"IL EST PARTI!"

Il n'avait pas juste crié, il avait hurlé. Et ce hurlement fit trembler toute la pièce, en plus du coeur de Yoh. Il n'oublierait jamais cet air sur le visage de Fei Long. La douleur dans ses yeux était plus que terrifiante. Il avait l'air de pouvoir s'effondrer et pleurer à n'importe quelle minute. Peut-être qu'il le faisait. Ces beaux yeux étaient secs, mais il pouvait voir des larmes invisibles couler le long de ses joues délicates. Fei Long ne lui parlait pas. Il se criait à lui-même, gravant dans son propre coeur une vérité à laquelle il ne voulait pas croire.

Pourquoi devait-on faire souffrir à ce point quelqu'un d'aussi beau? Ces incroyables yeux améthyste n'étaient pas faits pour pleurer. Ces lèvres étaient faites pour être embrassées, pas pour proférer des mots aussi cruels. La gentillesse dans son coeur n'était pas faite pour être cachée sous une apparence de froideur. Fei Long était fait pour être aimé et chéri. Et pourtant il n'avait personne. A chaque fois qu'il accordait sa confiance, il était trahi. Tous ceux qu'il aimait l'avaient abandonné.

Ça, c'était le grand dragon de Baishe, craint de l'espèce humaine et maudit par Dieu lui-même.

Yoh s'approcha et tendit la main pour essuyer ces larmes invisibles.

Il pourrait être tué pour ça, mais il n'en avait plus rien à faire. Fei Long méritait mieux que cela. Beaucoup mieux. Il méritait d'être aimé. Vraiment aimé. Quelque part à l'intérieur de ce corps, il y avait un petit garçon, abandonné, laissé seul, se cachant dans un coin, attendant que quelqu'un tende la main vers lui.

"Je suis juste là, et je serai toujours là." dit doucement Yoh, caressant doucement ces joues du dos de la main.

"Il vous aime."

Ces mots transpercèrent son coeur comme une lame de rasoir aiguisée. Il ne savait pas s'ils disaient vrais. Ce qu'il savait, c'était qu'en présence de Mikhail, il pouvait respirer. Dans ses bras, il arrivait à s'aimer. La vie était mieux avec lui que sans lui. Après tout ce temps, il avait cru que ses sentiments étaient mutuels. Que Mikhail s'en souciait autant que lui. Mais tout n'avait été que mensonge. Maintenant, il ne restait que colère et douleur. Une souffrance si grande qu'il ne savait pas comment la gérer. Une douleur si grande qu'il avait envie de crier à l'aide.

Il se surprit à se presser contre Yoh. Quelque part, ça diminuait la douleur, dans son coeur. C'était ce dont il avait besoin, tout ce dont il avait besoin, quelqu'un pour l'aider à sortir de cette pénombre, quelqu'un pour enlever la douleur. N'importe qui.

Il se pencha en avant, tirant Yoh par la cravate, si proche que leurs lèvres se touchaient presque. "Promets." dit-il doucement. "que tu ne me quitteras jamais. Promets-moi ta vie, Yoh."

Yoh avala sa salive, en essayant de contrôler sa respiration. L'objet de ses désirs était juste en face de lui, cherchant son étreinte.

"Je le jure sur ma vie. Je ne vous quitterai jamais."

Pendant un moment, il crut voir un léger sourire sur ce beau visage. Cependant, ce fut bref, si bref que ça aurait pu être sa propre imagination. Fei Long l'embrassa. Il se surprit à se retenir au début, indécis quant au fait que ce soit réel ou l'un de ses rêves. Mais aucun rêve n'aurait pu être aussi doux. Aucune illusion aussi chaude. Fei Long était vraiment en train de l'embrasser. Ce corps mince, élégant, qu'il avait tant désiré, se trouvait dans ses bras.

Il se pressa contre Yoh, cherchant désespérément la solution pour mettre fin à ses souffrances. Quelqu'un pour lui rendre cette chaleur, comme Mikhail l'avait fait. Quelqu'un pour le faire se sentir aimé et chéri, comme Mikhail l'avait aimé et chéri. Juste quelqu'un, n'importe qui, pour faire disparaître cette douleur.

Yoh sentit le sang qui courrait à toute vitesse dans ses veines. Une faim irrépressible se glissa sous chaque centimètre carré de sa peau, une faim qu'il avait emprisonnée dans son coeur depuis sept ans. Il se pressa plus fort contre la douceur de ces lèvres qu'il avait longtemps désirées, ce que Fei Long accepta sans hésitation. Juste là, dans ses bras, il pouvait toucher l'intouchable. Juste à ce moment, il pouvait avoir ce qu'il n'avait jamais pu avoir. La fin de sept longues années de torture continuelle se trouvait à portée de bras. Il lui suffisait de le tendre.

Mais le pouvait-il?

Il ferma les yeux et rassembla toutes ses forces pour se contrôler et se libérer de ce baiser. Peu importe à quel point la douleur pourrait être horrible, il devait se réfréner. Il ne pouvait pas faire ça à Fei Long. Ce dont Fei Long avait besoin n'était ni son amour ni son étreinte. C'était celle de quelqu'un d'autre. Il ne serait pas capable de remplir ce vide. Prendre avantage de lui dans son état le plus vulnérable ferait juste de lui une autre ordure. C'était la dernière chose dont Fei Long avait besoin, quelqu'un pour l'utiliser et abuser de lui. Il ne serait pas cette personne-là. Fei Long comptait bien plus que ça pour lui. Plus que ses propres besoins égoïstes.

"Yoh?"

Ces beaux yeux couleur améthyste étaient pleins de questions, quand ils se plongèrent dans les siens. Yoh détourna la tête, et s'excusa doucement. "Je ne peux pas faire ça. Je suis désolé."

Le silence emplit la pièce, l'air se fit lourd. Quelques instants plus tard, Fei Long commença à rire doucement. Yoh leva les yeux et vit que ces yeux ne riaient pas du tout.

"Depuis sept ans, tu me regardes, me déshabilles des yeux. Tu croyais que je ne le savais pas? Et maintenant que tu as ma permission, tu ne peux pas le faire." Il parlait lentement, sur un ton qui n'était ni sarcastique ni sincère. "Suis-je si pitoyable, Yoh? Suis-je si sali que même toi tu ne peux plus te résoudre à me toucher?"

"Il n'est pas une seule partie de mon corps qui ne veuille pas vous toucher à cet instant, et vous le savez." Yoh le regarda droit dans les yeux, pour lui prouver que ses mots étaient sincères. "Ce n'est pas moi que vous voulez, et vous finirez juste par le regretter."

"Le regretter?" Il répéta ce mot familier, un sourire sarcastique sur le visage. Puis le sourire disparut derrière une expression triste, rêveuse, qui déchira le coeur de Yoh, lorsqu'il demanda doucement, "Le regretterais-je, Yoh? Le regretterais-tu?"

"Je ne le regretterai pas. Mais vous, oui."

Regretter. Etait-il encore capable de regretter quelque chose? Qu'est-ce que le regret sinon la réalisation d'une mauvaise action, qui affecte le futur? Il n'y avait plus de futur pour lui. Pas dans de telles relations. Etre trahi deux fois, c'était assez. Il ne le serait pas trois. Non, il ne regretterait pas. Il avait perdu toute capacité à aimer assez quelque chose ou quelqu'un pour regretter.

"Il n'y a plus rien à regretter pour moi, Yoh."

Il avait seulement besoin de quelqu'un à ses côtés, et il ne lui restait que Yoh.

"A cet instant, j'ai besoin de compagnie, et je te le demande. Ne me dis pas non."

Normalement, ces mots l'auraient mis à genoux, et il n'était pas sûr qu'ils ne l'aient pas fait. Il ne voulait rien de plus que de sauter sur cette opportunité et de satisfaire les désirs de son coeur. Il lui fallut une quantité énorme de courage et d'autodiscipline pour s'empêcher de prendre ce qui lui était offert, en particulier quand il le voulait assez pour mourir pour ça.

Ce qu'il était sur le point de faire ferait souffrir Fei Long, mais plus que ça, ça le ferait souffrir lui. "A cet instant vous êtes mon maître, et je suis votre subordonné." Il s'inclina. "Liu Laoban."

Il se sourit à lui-même, quand Yoh quitta la pièce sans autre mot. Il n'aurait pu être plus clair. Le choix de formule de Yoh avait été une claque dans sa figure.

Il ne lui restait que Yoh.

Il eut envie de rire, à cette pensée. De qui se moquait-il? Il n'y avait personne ici... vraiment personne. La pièce était vide, exactement comme son coeur. Il pourrait se recroqueviller dans un coin et pleurer. Mais il n'y aurait personne pour essuyer ses larmes. Peu importe à quel point il souffrait, il n'y aurait pas de bras pour le consoler. Il existait, juste ici, mais personne ne s'en souciait.

Yoh resta silencieux, appuyé contre la porte. Il ferma les yeux et essaya de ne pas imaginer ce qui s'était passé dans la pièce depuis qu'il était parti. C'était le pire des moments pour le quitter, mais s'il était resté plus longtemps, il n'aurait pas réussi à se retenir. Fei Long était seul dans cette pièce, subissant la cruauté de la vie sous sa forme la plus perverse, enfermé avec cette douleur et ce vide dans son coeur. Le seul homme auquel il tenait plus que sa propre vie était en train de souffrir de l'autre côté de cette porte, et il était incapable de venir en aide. Une larme solitaire coula le long de sa joue. Juste une. La douleur dans son coeur n'avait rien de comparable à ce que Fei Long traversait. Il n'oserait pas pleurer pour sa propre douleur.


11 heures de l'après-midi. La porte s'ouvrit dans un cliquetis. Fei Long sortit tranquillement de sa chambre, le visage dénué de toute expression. "J'ai besoin d'une voiture."

Le coeur de Yoh s'arrêta un moment, quand il regarda son maître. Fei Long portait une chemise noire taillée pour mouler toutes ses formes, et dont il avait laissé déboutonnés les trois premiers boutons. Comme si ça ne suffisait pas pour rendre fou quelqu'un, il avait mis un pantalon noir moulant, d'une coupe si serrée qu'on pouvait voir les muscles de ces jambes longues et élégantes. Ses cheveux étaient attachés dans son dos, dévoilant une nuque parfaite, qui pourrait séduire n'importe qui sur son chemin. Ça faisait des mois que Yoh ne l'avait pas vu dans ces vêtements, mais il se souvint immédiatement de ce qu'impliquait une telle apparence. Fei Long était en chasse.

Il prit une profonde inspiration, et tenta de contrôler la douleur intense qui augmentait dans sa poitrine. "Puis-je vous demander où vous allez?"

Ces yeux améthyste arborèrent un froid glacial, quand il parla. "Ce n'est pas ton rôle de me poser des questions. Amène la voiture. Je pars seul."


Les deux chapitres suivants devraient mettre moins de temps, puisqu'ils sont traduits et seront bêta cette semaine, donc à très bientôt ^^!