Bonjour, paix et amour, bonne année, meilleurs vœux, bonne santé, joyeuse indigestion, heureux début d'année frileux, bon courage dans vos futures tentatives qui vont échouer de tenir vos bonnes résolutions, waaazaaaa !
(C'est bon, j'ai rien oublié ?)
Me revoilà avec un nouveau chapitre, revu et corrigé par Doumbea, qui a du saigner des yeux en voyant les fautes de la première version, alors vous pouvez l'applaudir !
Merci pour vos reviews et favorites, et bienvenue à tout les nouveau follows ! Ça me fait plaisir, je me sens moins seule. Mais du coup je ne cesse de me questionner. Vous qui me lisez, êtes-vous totalement folles comme moi ou c'est moi qui suis moins folle que je ne le crains ? On devrait faire une thérapie en groupe, ça coûterais moins cher.
Allez, bonne lecture les choux-fleurs !
« -Je ne peux pas vous laissez quitter Imladris. Vous ne pouvez pas partir. »
Je n'avais pas bien réagi . Après avoir hurlé et insulté ce grand con d'Elrond, ainsi que l'intégralité de son peuple. Après avoir renversé quelques chaises et l'intégralité des livres, feuilles et encriers recouvrant son bureau. Après avoir rameuté la moitié des gardes aux portes du bureau de ce seigneur à la noix, Glorfindel m'avait attrapée par derrière en bloquant mes bras et m'avait ramenée dans mes appartement, en prenant garde à m'y enfermer. « Pour que vous vous calmiez ».
Je m'étais débattue, j'avais crié. Puis j'avais frappé contre la porte, lacéré le bois avant de me laisser glisser le long du mur et d'enrouler mes bras autour de mes jambes et de me cacher le visage. Je suis redoutable.
Cela doit faire près de 5 jours que je n'ai pas quitté ma chambre. Je crois que j'y suis autorisée. Mais qu'est-ce que j'irais faire dehors. Au milieu de ces hypocrites, ces terroristes, ces geôliers ? Rien. Je n'ai rien en commun avec eux. Je suis pleine de rancœur. Ils m'ont aidée pour me planter un poignard dans le dos. Tout ce qu'ils souhaitaient c'est de m'avoir sous contrôle. S'assurer que je ne deviendrais pas un danger pour leur monde sur le point de basculer. Tout ça à cause d'un esprit machiavélique avec un ego sur-dimensionné voulant être maître du monde… super original. Précisons que ce méchant a déjà été vaincu des millénaires plus tôt. C'est Bilbon qui m'en a parlé, mais il ne s'est pas attardé sur ce sujet. Moi non plus. Je préfère les « contes de fées », au moins ils ont l'avantage de bien se terminer.
Ëste est la seule à pénétrer dans ma chambre, m'apportant eau et nourriture auxquels je ne touche pas. Être recluse me permet au moins de tester les limites de mon nouveau corps.
Glorfindel a essayé de passer le pas de ma porte, mais c'est un vase qui l'a accueilli. Il avait au moins eu le réflexe de fermer la porte, et c'est sur cette dernière que l'objet a explosé. Le traître n'est pas réapparu depuis. Et c'est tant mieux. J'ai envie de l'étriper.
Depuis que je suis arrivée ici, il y a une chose que je souhaitais éviter par-dessus tout. Et en étant seule et rageuse, je n'y suis évidemment pas parvenue. De quoi je parle ? De ma vie. Ma vraie vie, celle qui m'a été arrachée. Et depuis que je suis recluse, je n'arrive pas à me sortir de la tête tout ce que j'ai perdu. Je perds pieds. Je crois devenir folle. Je rêvasse, je me retrouve chez moi, entourée de ma famille. Je vois le sourire de mes proches, je sens l'odeur de la tarte aux pommes, j'entends mon chien m'appelant pour des caresses, je sens les fines gouttes de pluie sur mon visage. Tout ce que j'avais refoulé me revient en plein cœur. Et lorsque je me « réveille », je pleure. Sans m'arrêter.
Je n'arrive plus à faire semblant. Je suis terrassée, terrorisée.
J'ai l'impression de nager dans un mauvais rêve ; à chaque instant j'espère ouvrir les yeux et me retrouver dans ma chambre. Mais rien à faire, je suis bien réveillée.
Mes parents me manquent, ces emmerdeurs avec une morale de hippie. Ma maman qui ne pouvait s'empêcher de me parler des garçons, et ne cessait de me raconter des histoires, tout en cuisinant. Mon papa, toujours un livre à la main, ses lunettes au bout du nez qui me voyait venir à l'avance des que j'avais besoin de quelque chose, celui avec qui j'allais manger au kebab du coin les soirs de brocolis. Mes amis me manquent, ces après-midi à ne rien faire, ou à refaire le monde, les soirées pizza bières, les cinés et les sorties un peu trop alcoolisées et même les gueules de bois devant un Disney en leur compagnie me manquent. Mon chien, mon chat me manquent, ces couineurs demandeurs de câlins ou de nourriture. Même mon poisson sushi me manque, mais ça vous le savez déjà.
Et par-dessus tout, Louise me manque. Louise, Lou, ma Lou. Une vraie pétasse avec qui j'ai tout vécu, tout fait, tout partagé. Vous savez, la première à qui vous pensez lorsqu'un truc génial (ou nul) vous arrive, celle à qui vous voulez, devez même, tout raconter, c'est Louise.
Le soir, durant les vacances, lorsque le sommeil ne venait pas nous nous racontions des histoires qui font peur. Louise était la meilleure à ce jeu-là, elle avait une imagination débordante. Pendant qu'elle me racontait son histoire, usant de divers stratagèmes pour augmenter ma peur, je restais pendue à ses lèvres, incapable de la quitter du regard.
Tant de souvenirs me reviennent en mémoire. Comme si chaque heure, chaque minute, chaque seconde passées avec les gens qui comptaient pour moi étaient gravées au fond de moi et remontaient toutes à la surface de mon esprit.
Il y en a beaucoup. Mais sûrement pas assez. Il n'y en aurait jamais eu assez.
Plus jamais je ne les reverrai. Pour la première fois de ma vie, j'ai ressenti le sens du mot « jamais ». Et bien, c'est horrible. On prononce ce mot cent fois par jour, mais on ne sait pas ce qu'on dit avant d'avoir été confronté à un vrai « plus jamais ».
Et ça fait mal.
Cela fait un bon moment maintenant que je suis assise sur le lit, les yeux dans le vague.
Je ne peux pas rester ici. Je ne peux plus rester à attendre qu'absolument rien ne se produise.
Si je reste ici, je vais finir par me transformer en pierre. Desséchée d'avoir tant pleuré.
Alors je vais me bouger. Je vais bouger. Peu m'importe les avis des gens de ce monde, leur peur ou leur doute ne sont pas les miens, et ils ne les deviendront pas. Ces personnes ne sont rien pour moi, et celles qui représentaient quelque chose pour moi sont mortes en même temps que moi.
Aussi dure, insupportable, que soit cette idée, je finirai par l'accepter, et cela commence maintenant. En m'en persuadant.
Je suis seule ici.
Je vais partir d'ici. Je vais prendre en main qui je suis. Je crois en moi, en la personne que je suis en devenir. Je dois changer. Je dois m'adapter. Je suis morte. Je dois revivre. Différemment.
Rien n'est pire que de ne pas avoir de contrôle sur notre vie. Je compte bien reprendre le contrôle sur ma vie. On ne peut pas me faire de mal, on ne peut pas me tuer, mais on peut m'enfermer. Me priver de la seule chose qui me reste : ma liberté.
Je ne peux partir. Je vais m'enfuir.
Et je vais devoir la jouer fine.
Je suis sortie de ma chambre à l'aurore ce matin. Comme je m'en doutais, ma porte n'était pas fermée à clé. Et comme j'en étais sûre, un garde attendait au bout du couloir. Enfin, attendait est une façon de dire qu'il a pour mission de me surveiller. Que cela doit être gratifiant, surveiller la terriblement dangereuse moi. Le garde m'a saluée d'un signe de tête, que j'ai superbement ignoré avant de m'éloigner. Ce dernier m'a évidemment emboîté le pas. Je me suis donc dirigée vers la bibliothèque ou où je suis coincée depuis près d'une heure, à faire semblant de lire un livre sur… les chevaux. Je l'ai pris au hasard, et je ne comprends rien. Je regarde juste les jolies images.
En sortant de ma chambre, ce n'est pas ici que je voulais aller. Mais avec un garde sur le dos, pas aisé de se déplacer librement surtout dans le but de mettre son évasion au point. Alors je fais comme je peux. Et si vous saviez à quel point je souhaiterais l'énucléer et lui arracher la langue pour pouvoir être tranquille… Certes, il n'est en rien coupable, mais il est un obstacle en moi et ma liberté.
Oui, je suis extrême. Mais comment réagir ? Faire des sourires à tout va, continuer comme si de rien n'était, être polie et reconnaissante ? Je crois qu'humaine j'aurais répondu un truc du genre « plutôt crever ! ». Maintenant je pèse un peu plus mes mots. Un tout petit peu plus.
Roooh, le garde ne va pas me lâcher. Je replace donc le livre sur une étagère, absolument pas à sa place initiale et reprends la route de ma chambre. Quelle sortie sympathique ! Pleinement utile. On ne sait jamais, si un jour quelqu'un me demande de dessiner une croupe de cheval, je serai parée !
En attendant je piétine toujours. Assise sur mon lit à regarder par la fenêtre, le temps est long. Regarder par la fenêtre. Fenêtre qui n'a pas de… et bien de fenêtre ! Banco ! Le voilà mon moyen d'esquiver mon relou de garde !
Non, je ne projette pas de me jeter par la fenêtre. Je ne suis pas totalement dérangée. Et j'ai le vertige. Néanmoins, en utilisant les rideaux, les draps, et sans regarder au sol je devrais être capable de descendre. Oui, il n'y a qu'un étage mais quand même. C'est haut, vous ne vous rendez pas compte !
Si je me souviens bien, il n'y a rien qu'un pan de mur simple sous mon balcon. Pas de fenêtre, moins de chance d'être repérée… En plus de ce côté-ci de la cité il n'y qu'un jardinet, vide la plupart du temps. Reste à espérer que bien peu de gens ne passent par ici… la nuit.
Quelques heures plus tard, je suis allée rendre visite à Bilbon. Ce dernier n'a posé aucune question sur mon absence de ces derniers jours, ni sur ma tête de morte-vivante (je sais, c'est facile). Et comme je l'espérais, il a commencé à me raconter une histoire aussi courte que passionnante…
J'apprécie énormément le vieil hobbit, je n'ai juste plus l'esprit à écouter. Le but de cette sortie étant de prendre des notes, nous sommes sur un banc, en plein cœur de la cité.
Entre la ballade faite avant de rejoindre Bilbon et mon poste d'observation stratégique actuel j'ai pu repérer la plupart des postes de garde encadrant la cité, l'emplacement d'un grand nombre de lanternes.
Le traître blond s'approche de moi, je lui accorde mon regard le plus haineux, ce qui est efficace puisqu'il détourne sa trajectoire initiale pour aller voir mon petit garde perso. Et il papote en elfique. Ha ! Comme c'est facile ! Glorfindel m'accorde un dernier regard, que je vois en biais évidement puisque je refuse de lui accorder la moindre importance, avant de tourner les talons et de retourner à ses occupations. Il semble peiné le bougre. Quel bon comédien…
Je suis persuadée que je dois sembler suspecte. Je suis trop… calme.
D'un côté cela peut paraître justifié (il me retienne quand même contre ma volonté !), de l'autre cela peut me porter préjudice si tout à coup mes geôliers aux oreilles pointues tentaient de me « remonter le moral ».
SI je souhaite garder ma tranquillité, je vais devoir manipuler les masses, et frapper un grand coup. Je vais m'amuser moi !
Mon après-midi a été calme. Déambulant dans la cité, j'ai réalisé quelques petites frasques, pour voir quel était mon « pouvoir d'action » c'est-à-dire le nombre de conneries qu'on me pardonne grâce à mon statut de pathétique humain décédé. Et c'est assez satisfaisant. Chanter à tue-tête, ok. Déblatérer des incivilités en anglais ou allemand, ok. Suivre des personnes, pendant longtemps, ok. Mais flippant. Tirer la langue, passable (regard très réprobateur). Marcher sur les mains, ça aurait pu être ok, si je n'avais pas porté de robe. En moins de deux, plusieurs personnes avaient accourue pour me remettre à l'endroit. Le coup de pied dans le nez de l'un d'entre eux était totalement involontaire, promis. Je n'y voyais plus rien !
Comme je l'ai dit, mon après-midi a été calme. Je crois que mon garde a perdu son sang-froid néanmoins. Même si je ne l'aime pas, je le plains. Presque sincèrement.
Pour ce soir, j'ai prévu quelque chose de beaucoup plus amusant. Qui a nécessité un petit détour par la cuisine. Petit. J'ai dû inventer une fringale démentielle pour pouvoir y passer. Et manger un fruit sous les yeux de mon garde désormais totalement blasé.
L'avantage des robes : pouvoir y dissimuler des choses, comme… une bouteille.
J'ai déjà descendu la quasi-totalité de ma bouteille. Je ne savais pas exactement de quoi il s'agissait, tout comme je n'étais pas certaine que cela agirait sur moi. Et bien maintenant, aucun doute possible. C'est bel et bien un alcool, fort. Et ça agit bien sur moi. Parfait !
Je me dirige donc d'un pas chancelant vers ma porte pour aller emmerder la totalité des habitants à cette heure tardive. Mais oh ! Surprise ! Ma porte est fermée. Haha ! C'est marrant ça. Me consigner dans ma chambre la nuit, ça va, j'ai pas 5 ans !
Du coup je tambourine contre le chambranle. Et je chante. Mais je chante de me laisser sortir. Au moins mon message est clair. Ou presque. Au début ça ne marche pas très bien. Mais au bout d'un petit moment, la personne dehors doit en avoir plein les oreilles, parce ce qu'elle ouvre la porte.
Haha ! Victoire. Devant son air agacé puis abasourdi, je franchis la porte en courant, criant un truc comme « Libeeerrrtéééé » bouteille à la main avant de m'enfuir en prenant mes jambes à mon coup dans le dédale de couloirs. J'me la joue à la Braveheart. Et adieu discrétion.
(Conseil n°22 : Plus c'est gros, plus le poisson mord.)
Je suis cachée. Ma bouteille est vide. J'ai couru un bon moment faisant un ramdam de la mort (j'essayais de chanter) avant que le garde n'abandonne et aille chercher de l'aide. Je suppose. Peut-être qu'il est juste parti se coucher. Du coup je serais cachée pour rien. Ce qui serait con, parce que je suis bien cachée. Je suis dans l'eau ! Haha ! Et oui ! Comme je n'ai pas besoin de respirer, c'est une super cachette ! Bon, j'admets que du coup je ne vois ni n'entends quasiment rien… Je tente une remontée. Si vous voyez un crane crâne recouvert de cheveux émerger de l'eau, paniquez pas, ce n'est pas Samara de The Ring, mais bien moi. Bon, je ne vois rien. En même temps, j'ai mes cheveux devant les yeux. Je les pousse donc de mon visage et de suite je vois mieux. Je vois même très bien Glorfindel se retourner et accourir vers ma cachette. Roooh. Mais… ce n'est pas juste. Il triche avec sa super audition…
Je replonge donc au fond de ma petite marre. J'entends une vague conversation incompréhensible.
Il est chiant. Je vais remonter lui dire.
-Vous êtes agaçant. Vous vous doutez bien que je n'entends rien au fond. Alors pourquoi vous parlez ? Très subtil de ma part, j'en conviens.
-Elisabelle sortez de cette mare immédiatement je vous prie. Glorfindel a pris sa grosse voix de soldat.
-Il est passé où le Demoiselle ? On oublie les bonnes manières ? Et puis c'est idiot de me prier d'exécuter un ordre. Je me sens en droit de refuser. D'ailleurs, je refuse !
Je patauge dans ma p'tite marre, j'ai terriblement envie d'éclabousser les ( huit) soldats qui me surplombent. J'ai craquée. Numéro 1 et 2 sont touchés ! Soldats à terre ! Glorfindel soupire d'exaspération et croise les bras. Mauvais signe.
-Je vous préviens Demoiselle Elisabel, si vous ne sortez pas, je viens vous chercher !
-L'eau est bonne, vraiment. N'hésitez pas, plongez. De toute façon il ne plongera pas. N'est-ce pas ? En tout cas ses soldats ont l'air encore plus choqués que moi de le voir entrer dans l'eau. Du coup je réagis avec un train de retard. Oh putain ! Il vient vraiment me chercher ! Fuyoooons !
Du coup j'essaie d'atteindre le bord opposé mais évidement avec sept autres geôliers, je ne m'en tirerai pas. Une seule solution de repli : plonger. Je suis donc paisiblement assise au fond de ma mare. Glorfindel s'approche de moi, je ne me serais pas douter qu'il savait nager. Les gens au moyen âge ne savaient pas chez nous. Il m'attrape le bras et tire. Et moi j'essaie de résister. Donc en moins de deux secondes on est de retour à la surface… Un des soldats m'attrape et me sors sort de l'eau, tandis que Glorfindel sort de l'eau à son tour. J'ai perdu.
On est tout mouillé. Et ça me coûte de l'admettre, mais avec son vêtement léger qui lui colle à la peau, je peux constater que le traître blond est bien gaulé. Je dis cela sous l'emprise de l'alcool. Pour sûr.
-On peut savoir à quoi vous jouer ! Boire comme un ivrogne de taverne, réveiller la moitié de la cité et essayer de vous noyer ! Cela rime à quoi ? J'attends votre réponse ! Pas content le Glorfindel. Rien-à-foutre.
-Je ne peux pas me noyer. Je suis morte. Donc, je ne peux pas. Voilà. Glorfindel me lance un regard de la mort qui tue et s'approche encore plus de moi. Ok, il peut être super intimidant. Je m'ennuyais. Et puis, boire c'est un truc que beaucoup de gens ils font chez moi quand ils sont tristes pour… pour oublier. Essayer d'être un peu heureux. J'ai juste essayé d'être heureuse.
Et voilà, quelques larmes et plus personne ne trouve quoi dire. Attention bouquet final !
-Et j'étais presque heureuse avant que vous ne me criez dessus…
(Conseil n°23 : Regard de chien battu. Victoire par K.O. )
-Je ne voulais pas vous brusquer, mais vous avez causé du souci à plusieurs personnes ce soir. Je pense que le Seigneur Elrond pourrait vous aider Elisabel, vraiment. Personne ne vous veut du mal.
-Ah non alors ! Pas lui ! Je vais bien, très bien ! Je suis désolée, je ne voulais pas causer de problèmes… Je suis fatigué fatiguée, je peux allez dormir ?
Je n'ai jamais autant menti que depuis que je suis ici, c'est affolant. Je peux au moins me vanter que j'y arrive plutôt bien. Au moins je suis en route pour ma chambre. Escortée par le traître et le premier garde. Il a dû se faire gronder d'ailleurs. Quel dommaaaage.
L'alcool s'est très vite dissipé de mon organisme, et aucune gueule de bois à venir. Voilà un avantage à ma condition. Intéressant. Au moins, après mon petit numéro, que je vais devoir tenir jusqu'à mon départ impromptu, je devrais être assez tranquille. Tout ce qu'il me faut c'est éviter le Grand mage noir et ses pouvoirs de médium flippant. J'ignore de quoi il est capable.
J'avoue, j'ai quand même un peu honte… Qui n'a jamais regretté des actes commis sous l'emprise de l'alcool hum ? Parce que tout bien réfléchi, j'aurais aussi pu jouer la comédie. Au risque d'être moins crédible… et vachement moins marrant.
Peut-être que je pourrais faire un effort avec l'espèce de mannequin Vivel Dop, le traître blond, Glorfindel. J'y ai bien réfléchi, c'est qu'un soldat, techniquement il doit obéir aux ordres. Bon, ça justifie pas tout hein, mais quand même, il pourrait m'être utile…
En fait je n'ai pas honte. Je me fiche totalement de ce que les membres de cette communauté de mangeurs de feuilles de choux peuvent penser de moi. Voilà. Je suis même flattée qu'ils me considèrent
Mais rassurez-vous chers voisins, vous n'en avez plus pour longtemps.
Je suis prête. Enfin, sur le papier. J'ai tout prévu. La liste des choses à emmener, des choses à faire avant le départ. Le chemin à emprunter. Des alibis si on me surprend hors de ma chambre. Le chemin à emprunter une fois dehors. Et surtout les façons de brouiller mes traces.
Du coup, en pratique, je crois que je vais plutôt improviser. Les plans ça ne marche jamais, ça ne sert à rien, à part à ne pas les suivre… Surtout que je suis une catastrophe ambulante. Je pense même que si je faisais tout pour ne pas suivre mon plan, je finirais par le suivre…
J'en suis sûre parce que là je suis coincée sous une table au fond de la cuisine, et dissimulée derrière un sac de pommes de terre.
Je venais juste chercher, ok voler, des provisions, on ne sait jamais, si j'ai faim pendant mon voyage… Mais évidement c'est le moment qu'a choisi je ne sais qui pour venir préparer je ne sais quoi.
Tiens, il se dirige vers moi. Il doit vouloir une patate. C'est donc tout naturellement que je lui en tends une.
Putain qu'est-ce que je suis conne.
Je crois bien que mon principal souci c'est mon manque de sérieux. Ou de concentration. Ou de politesse. Ou de patience. Ou de volonté. Ou de savoir vivre. Ou de capacité d'adaptation.
La prochaine je tenterai de trouver ma plus grande qualité. Ce sera moins piteux. Mais ce sera plus compliqué, j'ai tant de qualités qu'elles en deviennent indénombrables.
Quoi qu'il en soit, il faut que je cesse de me disperser. Je n'arriverai jamais à rien sinon. Et je finirai commis de cuisine, à tendre des patates toute ma vie. Faut dire que je suis plutôt douée.
Je suis fière de mon coup. Pas d'alarme, pas de poursuite, pas de hurlements ni d'effusions de sang. Je suis dehors. Et vraiment dehors. En plein milieu d'une forêt, sur une route qui mène je ne sais où. Et peu m'importe d'ailleurs, tant que c'est loin des elfes.
Techniquement je ne suis pas vraiment au milieu d'une forêt mais plutôt au milieu d'un tas de bouteilles et fûts. Vides. Malheureusement.
C'est un vieil homme qui conduit la carriole accompagné d'un jeune garçon. Qui parle beaucoup. Des elfes. Il a l'air de les admirer, et je lui dirais bien la vérité sur ces êtres maléfiques voulant dominer le monde, mais je retenu la leçon. On ne s'auto dénonce pas. Surtout quand on est planqué.
Je suis une passagère clandestine. Ce n'était pas prévu. Mais justement, comme prévu, je n'ai pas suivi le plan. Donc on peut presque dire que c'était prévu…
Quand j'ai vu cet homme dans la cours, j'ai d'abord été surprise, c'était le premier homme que je voyais. Et j'ai vite compris que ce serait ma porte de sortie. Je n'ai pas vraiment réfléchi (rien d'étonnant), j'ai chopé la besace dérobée plus tôt dans la journée, j'y ai fourré le peu d'affaires que je possède ici, et j'ai sauté à l'arrière à la première occasion.
Et voilà, l'échappée commence. Et rien d'excitant. Je m'ennuie dans ma carriole, très inconfortable d'ailleurs. J'ai sur moi une carte du pays, et je pense que l'on doit se diriger vers le Nord-Est (Vérifier). Et le chemin pour atteindre la ville la plus proche est long. Ahhh, la modernité, les voitures et les avions me manquent. Je déteste le Moyen-Age. Je redoute le moment où mes passeurs vont s'arrêter pour la nuit. J'hésite à rester à bord, ou à m'enfuir. Car je suis réaliste, les elfes, ces petits malins vont vite se rendre compte de mon absence. Et me rattraper vite fait. Entre un Compote au galop et une carriole déglinguée, la course n'est pas juste. Mais l'avantage c'est qu'en restant je serai sûre d'arriver en ville. Ou presque. Alors qu'à pied, le chemin serait plus long, moins sûr et surtout plus compliqué. Je ne comprends rien à ce monde. Je ne sais pas me défendre.
Aurais-je fait une bêtise en m'enfuyant ? Peut-être. Est-ce que je regrette ? Sûrement pas.
(Conseil n°24 : mieux vaut adapter la situation à ses choix que de regretter la situation à cause de ses choix. C'est nettement moins productif.)
Le vieil homme ne cesse de raconter des histoires, il me rappelle un peu Bilbon. Le Hobbit va me manquer. Il était le seul à ne pas me considérer comme une folle, ou pire comme un danger. C'était reposant et rassurant. M. Carriole en plus de me transporter a le mérite de me distraire. Je devrais lui laisser une pièce, mais cela signalerait ma présence et je ne veux pas qu'il puisse avoir le moindre problème avec mes ex-hôtes.
Au bout de ce qui me semblent être une éternité, surtout pour mon derrière, la carriole s'arrête.
Je me laisserais bien tenter à jeter un œil au dehors mais je préfère ne pas m'y risquer.
Je n'entends plus mes deux complices d'évasions évasion, ils parlent trop bas. Ils préparent un repas, à en juger par la bonne odeur. C'est peut-être le bon moment pour moi, pour m'échapper discrètement.
Je rassemble mes minces bagages et deux tocs se font entendre sur le bois de la carriole.
-Vous voulez-vous joindre à nous pour le souper ?
Ah, je crois que je suis repérée.
-Bonsoir Monsieur. Je… Euh… Ça alors, comment je me suis retrouvée ici ?
Allez, je suis convaincante. En tout cas le vieil homme ne trouve rien à redire. Il fronce les yeux avant de s'accorder un bref ricanement. Et de s'en retourner auprès du feu. Et donc, je sors de ma carriole.
-Venez donc, je ne vais pas vous dévorer, le repas est déjà prêt. Bron, sert sers donc quelque chose à notre invité.
Le gamin ouvre de grands yeux, mais s'exécute et me tend rapidement une assiette de je ne sais quoi. Un je ne sais quoi appétissant. Qui m'incite à m'asseoir auprès du foyer, au côté de deux parfaits inconnus au milieu d'une forêt, dans un monde inconnu. Mais l'assiette sent vraiment bon, c'est pour ça.
-Merci.
On mange en silence pendant quelques minutes avant que le vieil homme ne pose son assiette pour prendre sa pipe. Et me fixe.
-Alors, que nous vaut le plaisir de votre compagnie.
-Je m'appelle Eli.
-Fram. Et le petiot c'est Born. Et vous n'avez pas répondu à ma question.
Un point (ou trois, façon de compter) pour Farm.
-Votre carriole avait l'air attrayant. Tout comme votre destination.
-Bree. Nous allons à Bree. Votre présence ne me pose point de problème, mais si cela peut nuire de quelques façons que ce soit à mon commerce, je préfère le savoir.
-Je ne poseraiaucun problème. Enfin… Si les oreilles pointues décident de me ficher la paix.
Fram hausse un sourcil, surpris. Il faut donc que j'apporte quelques précisions.
-C'est une sombre histoire de pomme de terre.
J'admets, j'aurais pu être plus précise. Mais le vieil homme se contente de ma réponse, soit il est blasé par la vie, soit il a compris que je ne saurais être plus explicite.
Je commence à bien l'aimer. Le jeune garçon, âgé d'une douzaine d'année années tout au plus, n'a lui en revanche pas saisi la subtilité de la conversation et me regarde comme si j'étais folle.
-Jeune homme, oublie ton émerveillement vis-à-vis des elfes, ils ne sont que des bouffeurs de salades, pinces sans rire et sûrs de tout savoir sur tout. Pas fréquentables.
Bron me fixe bouche bée, et Fram ricane dans sa barbe. C'est officiel, je l'aime.
Ils ont étés beaucoup plus lents que je ne le pensais. A me rattraper. Il devait être aux alentours de midi lorsque l'on a entendu les premiers bruits de sabots.
Ils ont donc étés lents, et surtout vraiment cons. Oui, je me permets des gros mots. J'ai cherché un substitut, mais dans la présente situation, c'était le seul qui me venait à l'esprit. Je disais donc que ces imbéciles (bon, ok, je n'avais pas vraiment cherché…) sont passés comme des furies à côté de la caravane de Fram, sans ralentir, rien, nada.
Après, ils étaient en armures. Mais vraiment en armures, avec le plastron qui brille, armé jusqu'aux dents et des casques qui cachait leur beaux cheveux. J'ai trouvé ça louche. Parce que déjà, si c'était bien après moi qu'ils en avaient, ils auraient pris la peine de s'arrêter auprès de Fram non ? Et puis aucun besoin de s'armer… Ce n'est pas comme si j'étais dangereuse non plus…
Cela doit bien faire une vingtaine de minutes que les petits soldats nous ont dépassés au galop.
Fram a l'air bien songeur lui aussi. Et avant que j'aie le temps de lui poser la moindre question, il stoppe les chevaux d'un coup sec.
Et merde.
Il semblerait qu'un nouveau copain se soit ajouté à la fête.
Bon, et voilà, c'est la fin du chapitre 9. Ouais déjà.
N'empêche, cela va bientôt faire un an que j'ai commencé cette fiction. D'un côté c'est déprimant de voir que ça moins d'un chapitre par mois, de l'autre, j'ai pas abandonnée. Et il n'y a pas de petites victoires ! Je verrais, peut être que je fêterais cet anniversaire à la con. SI vous voulez, posez toutes les questions que vous voulez et j'y répondrait. Sur tout les sujets. Voilà. Après, je promet pas la qualité des réponses.
Le prochain chap ne devrait pas tarder. Enfin, je dis ça, je dis rien. Je ne suis pas connue pour ma rapidité. (Et je ne vais pas prendre de bonnes résolutions, vous risqueriez de ne plus jamais voir de chapitre... j'ai jamais pu en tenir une, ça porte la poisse ces trucs là, méfiez vous !)
Mais les menaces, ça me motive. Donc à vos claviers !
Allez, bisou sur vos fessiers !
Ebene
