Merci Laurence pour ton gentil commentaire. Toutefois, sache que nos deux héros n'ont pas encore terminé de souffrir… la route sera encore longue… désolée! Miriamme

Dixième partie

-D'accord, je veux bien aller prendre l'air avec vous! Mais pas longtemps. Je suis assez fatiguée.

Une fois dehors, Élizabeth prend la direction de son jardin d'herbes et d'épices. Avec un châle sur les épaules elle n'a pas froid. Finalement, elle s'assied sur un banc qui se trouve au centre du jardin.

-Cet endroit vous ressemble ! Lui dit William en s'asseyant sur le même banc, mais assez loin d'elle se donnant ainsi bonne conscience puisqu'en se promenant seul avec elle, il ne respectait en rien les convenances.

-Ah, oui… en quoi je vous prie?

-On y sent votre énergie… et un côté sauvage.

-En fait, c'est le seul endroit où je suis bien. Quand je viens ici, j'oublie tout.

-Vous avez des regrets? Des choses à oublier ? Lui demande alors William après quelques secondes de silence.

-Pas plus que la moyenne des gens j'imagine!

-Vous avez revu Marie ?

-Non… mais elle m'écrit de temps en temps. Elle et Gustave vont bien. Marie travaille dans la boulangerie où j'ai travaillé quelque temps. La propriétaire était très gentille. Elle souhaiterait que je vienne la voir, mais j'avoue avoir besoin de calme maintenant. Je deviens paresseuse en vieillissant!

Un long silence règne.

-Comment va Georgianna ?

-Bien, elle s'occupe du domaine avec un grand sérieux.

-Et vous William? Vous êtes-vous demandé ce que je devenais de temps en temps ?

-Non! J'ai tout fait pour vous oublier…

-Vous avez du succès ?

-J'ai cru avoir réussi! Mais vous, pourquoi n'êtes-vous jamais revenue nous voir?

-Jane m'a transmis votre message… et j'ai l'habitude de respecter ce genre d'injonction.

-Je ne vous savais pas si obéissante !

-Mais pourquoi reparler de tout ça William. Vous allez vous marier.

-Je sais, je sais! C'est que, voyez-vous! Pour être en paix avec moi-même, il y a des choses que je dois comprendre.

-Je vous écoute!

-Pourquoi m'avoir menti ?

-Je ne vous ai pas menti… du moins… pas totalement! Le message que je vous ai fait livrer par Marie… par moi-même finalement était sincère. Je vous ai aimé… et vous aimerai probablement toujours, mais je sais que vous avez fait le bon choix en m'oubliant et en refaisant votre vie. Je ne serai jamais la femme qu'il vous faut.

-J'aurais aimé avoir le loisir d'en décider moi-même! Ajoute le jeune homme en soupirant.

-Enfin William! Que voulez-vous entendre de plus! Je ne savais pas qui était mon ennemi, ni comment toute cette histoire allait finir! Je ne pouvais pas vous demander d'attendre! Il fallait à tout prix que je vous laisse libre. Même au risque de vous perdre vous comprenez. Je ne croyais pas pouvoir vaincre le sorcier.

-Je comprends… mieux que vous pensez. Et je vous admire même pour avoir eu cette sagesse. Toutefois, je crois que nous allons avoir un problème dans l'avenir.

-Lequel ?

-Il faudra bien que nous nous revoyions de temps en temps. Caroline est la sœur de Charles…

-Et Charles est l'époux de Jane… je sais.

-Alors ?

-Alors quoi ?

-Qu'allons-nous faire ? Lui demande William en se levant pour lui faire face.

-Nous ferons comme cette fois ci… Sauf que vous ne me demanderez plus de venir prendre une marche avec vous. Caroline n'approuverait pas. Répond Élizabeth d'un seul souffle en se levant à son tour et passant devant lui pour reprendre leur marche.

-Et si je n'étais pas fiancé à Caroline ? Lance William toujours à la même place.

-Mais vous l'êtes ! Réplique Élizabeth plus agressive que nécessaire et s'arrêtant de marcher.

-Et si je ne l'étais pas? Insiste William.

-Je ne vois pas en quoi mon comportement serait différent. Attaque Élizabeth en faisant volte face.

-Vous avez raison… c'est le mien qui changerait… pas le vôtre. Ajoute William en passant à côté d'elle pour l'inciter à le suivre.

-Et vous feriez mieux de ne pas vous étendre là-dessus. Ça ne changerait rien à la situation non plus. Réplique Élizabeth en ajustant son pas au sien.

-C'est vous que j'aurais voulu épouser ! Lui lance William d'un seul souffle en s'arrêtant à nouveau et la tournant vers lui.

-Soyez sûr que j'aurais accepté! Répond Élizabeth aussi vivement que lui.

-Vous m'aimez donc encore? S'exclame William en la serrant contre son cœur.

-Je vous aimerai toujours William. Répond Élizabeth heureuse de sentir son cœur battre contre son oreille.

- Il doit y avoir quelque chose à faire? Ose demander le jeune homme en la regardant dans les yeux.

-Vous ne pouvez rompre votre promesse ! Réplique Élizabeth en se dégageant.

-Je sais…

-William, les dés sont jetés. Nous devons rentrer maintenant. Et je crois aussi que nous ne devrions plus jamais reparler de ceci.

William se remet au pas, la rattrapant facilement. Il vaudrait probablement mieux qu'on ne se revoie plus…

-Vous n'aurez qu'à m'éviter dans les réunions de famille.

-Ça semble si facile pour vous !

Élizabeth se tourne vers lui, les yeux flamboyants de colère : Ah, vous croyez ? Vous croyez vraiment que c'est facile pour moi de voir votre fiancée se pavaner à votre bras fière comme un pan! Vous croyez que j'aime l'entendre se venter de pouvoir vous épouser! Croyez-vous que je n'envie pas Jane et Charles non plus lorsque je vois à quel point ils sont heureux ? Si vous arrivez à répondre oui, à chacune de ses questions, alors oui! Je suis d'accord avec vous : c'est très facile pour moi.

-Je suis désolé Élizabeth.

William vient pour la reprendre dans ses bras, mais Élizabeth se dégage brusquement : Ne me touchez plus !

Voyant qu'il la dévisage tristement, Élizabeth reprend : Non. Je ne veux surtout pas de votre pitié! Laissez-moi rentrer seule.

Élizabeth accélère le pas de manière à arriver la première. Elle monte les marches qui mènent à sa chambre et s'écroule sur son lit en larmes.

Resté seul à l'extérieur, William marche encore pendant quinze minutes avant de regagner sa propre chambre. Comme il le pensait, il s'endort très difficilement. Le lendemain, il est le premier debout et prépare ses bagages. Lorsqu'il descend pour déjeuner, Élizabeth n'est pas là. Lydia lui apprend qu'elle est partie pour la matinée afin de s'occuper des courses hebdomadaires. Le quatuor prend son départ vers 12h00 en direction de la foire.

Durant les deux jours nécessaires à la préparation du tournoi, William assiste aux ventes de chevaux mais reste très préoccupé par sa situation. Il remarque à peine les étalons qui déambulent devant lui. Soudain, une main solide lui presse l'épaule. Il se retourne et constate avec stupeur que son cousin Fitzwilliam est devant lui.

-Fitz ? Mon Dieu, Cousin… quel bon vent te ramène par ici ?

-On m'a ordonné de prendre congé pour deux semaines le temps que je me remette d'une blessure à la jambe. William remarque alors qu'il tient une canne. Je reviens de chez toi, mais Georgianna m'a appris que tu serais ici. J'ai voulu te surprendre.

-Fitzwilliam, c'est bien toi Demande Charles en arrivant près de son ami.

-Oui, Charles! J'arrive à l'instant. Venez donc prendre un verre avec moi ?

-D'accord, mais partez devant William et toi. J'attends ma femme et ma sœur et nous vous rejoindrons.

-Parles-tu de Caroline? Celle dont j'ai tant entendu parler sans jamais la rencontrer?

-La fiancée de William, oui, c'est bien ça !

-William fiancé? Diantre! Il était temps que je rentre! Allez viens Will! Nous avons bien des choses à nous raconter.

Une fois dans l'auberge, William et son cousin se racontent les derniers événements autour d'une chope de bière. William est très heureux pendant quelques instants. Puis, lorsqu'il voit Charles et les deux filles arriver, la même impression de vide le reprend. Fitzwilliam remarque le changement d'attitude de son cousin, mais choisit de ne pas le lui faire remarquer. Charles lui présente son épouse et sa sœur. Fitzwilliam examine successivement les deux jeunes filles avec un plaisir évident. Il est nécessairement subjugué par la beauté de Jane et trouve que son époux et elle forment un couple très bien assorti. Puis, lorsqu'il examine Caroline plus attentivement, il est très étonné par sa froideur. Elle semble vraiment mal à l'aise, et ce même auprès de William. Elle l'entoure d'attention, mais cache difficilement qu'elle est blessée par son manque d'enthousiasme. Fitzwilliam ne peut que se demander comment un tel couple a pu se former. Selon lui, ils sont trop semblables et ne sont certainement pas amoureux l'un de l'autre. Lorsqu'il lui serre la main de la sœur de Charles pour la première fois, Fitzwilliam ressent un léger picotement le long de son bras et constate que celle-ci n'ose même pas le regarder.

-Ainsi c'est vous la terrible Caroline Bingley?

-Qui parle de moi ainsi ? Lui demande la jeune femme en levant finalement les yeux sur lui.

-Seul un frère peut parler ainsi de sa sœur! Certainement pas un futur époux.

Rougissant de manière très charmante, Caroline baisse la tête. William ne semble remarquer sa présence qu'à cet instant. Jane attire l'attention de son mari et lui souffle quelque chose à l'oreille. Charles regarde tour à tour Fitzwilliam et Caroline, puis regarde Jane à nouveau. Il lui fait un signe de négation, mais celle-ci insiste car elle lui désigne le couple à nouveau.

Fitzwilliam est étonné de l'échange muet qu'il surprend entre les deux époux. Il comprend par celui-ci qu'il n'est pas le seul à avoir remarqué que William n'est pas réellement amoureux de sa fiancée. Le plus amusant, selon Fitzwilliam c'est que Caroline ne correspond vraiment pas à l'idée qu'il s'était fait de la future duchesse. Il réalise également que la sœur de Charles est trop jeune et trop naïve pour le comprendre elle-même. Il se promet d'en discuter honnêtement avec son cousin dès qu'il en aura l'occasion.

-Vous êtes en permission Fitzwilliam?

-Exactement Charles. En combattant les hommes du nord pour le roi, j'ai été blessé à la cuisse. Je suis presque remis maintenant. Je reprends du service dans trois jours.

Le groupe finit par se disperser une heure plus tard. Lorsque William annonce son intention d'aller voir les chevaux qui seront mis en vente dans la seconde partie de l'après-midi, son cousin se propose pour l'accompagner. En toute vers le marché public, William répond aux questions de son cousin à l'égard de Caroline. En passant devant la boulangerie du village, un chariot arrive à vive allure. Son conducteur s'arrête brusquement, saute souplement sur le sol et se penche pour examiner son cheval. La bête piaffe impatiente. Son propriétaire lui agrippe fermement le mollet et se met à le frotter vigoureusement. Lorsque William voit le visage de celle qui se redresse pour sortir un petit récipient de sa sacoche, il ne la quitte pas des yeux et cesse d'avancer. Se sentant observée, la jeune fille lève la tête et sursaute en reconnaissant le duc.

-Monsieur Darcy!

-Mademoiselle Bennet!

-Bennet? Bennet comme Jane Bennet? Demande l'homme qui se tient à ses côtés.

-Jane… oui… Jane est ma sœur. Où est-elle ?

-Avec Charles et Caroline.

Lui tendant la main, Fitzwilliam se penche vers elle : Enchantée mademoiselle ! Vous savez y faire avec les chevaux.

-Oui effectivement! Et vous êtes qui?

-Oh, pardon, mademoiselle Bennet, laissez-moi vous présenter mon cousin, Fitzwilliam Darcy. Il est en permission…

-Un trophée de guerre? Lui demande Élizabeth en pointant la jambe de Fitzwilliam. Vous voulez peut être que je vous soigne comme mon cheval?

-Non merci, sans façon! Vous venez ici pour la foire mademoiselle Bennet, ou pour le tournoi ?

-Non! Réplique-t-elle d'abord avant de regarde William et ajouter : Pas cette fois-ci! Je viens uniquement pour faire des courses. Ma famille et moi tenons une auberge et nos clients ont faim! Remontant sur la carriole et prenant les rênes en main : À la prochaine, messieurs!

-À la prochaine certainement ! Lance Fitzwilliam avec emphase la suivant des yeux.

-Au revoir monsieur le duc. Vous saluerez Jane, Charles et Caroline pour moi.

-Je n'y manquerai pas. Lui lance William en regardant son cousin.

Fitzwilliam attend que celle-ci se soit éloignée pour s'écrier : Sacrebleu ! Quelle femme !

-Elle est tout sauf banale, je te l'accorde!

-Elle est bien différente de Caroline !

-Je sais oui. Tu viens! Je ne veux pas manquer les chevaux.

Un peu plus loin et après être allée acheter les quelques victuailles qui leurs faisaient défaut à l'auberge, Élizabeth se remet en route. Elle roule lentement car elle veut ménager la jambe du cheval qui est blessé. La pommade à beau avoir des vertus thérapeutiques, il ne faut surtout pas faire comme si de rien était. Elle roule depuis cinq minutes lorsqu'elle entend le bruit distinct que font des épées lorsqu'elles s'entrechoquent. Elle laisse son chariot sur le bord du chemin, s'assure que les chevaux ne puissent pas repartir sans elle et pénètre dans le bois en suivant la direction du bruit. Très rapidement, des cris de femmes lui parviennent tandis qu'elle distingue de plus en plus d'épées. Cachée derrière deux arbres volumineux, Élizabeth constate finalement qu'il s'agit qu'un groupe de brigands qui s'en prennent à deux voitures fermées décorées avec les armoiries de la famille la plus riche de la région. Beaucoup plus près d'elle à l'orée du bois, le Baron lui-même gît sur le sol inanimé alors que ses hommes continuent de combattre la douzaine de bandits qui les assiègent.

Étudiant la situation en détail, Élizabeth constate que deux femmes au moins se cachent dans la seconde voiture. Les assaillants sont deux fois plus nombreux que les hommes du duc. Sans plus attendre, Élizabeth revient vers sa carriole, détache le cheval qui n'est pas blessé et part au grand galop la direction du village. Une fois sur place, elle descend rapidement de sa monture, entre dans l'arène où les acheteurs prennent habituellement place et cherche des yeux la silhouette familière de William. C'est Fitzwilliam qui l'aperçoit le premier. Il attire l'attention de son cousin vers Élizabeth alors que celle-ci s'impatiente et leur fait signe de venir vers elle. Les deux hommes se frayent un chemin parmi la foule et arrivent près elle.

-Vite messieurs! Des brigands attaquent les hommes du Baron. Ils sont très nombreux. Le Baron est grièvement blessé et il y a deux femmes…

-Quoi? Allez, vite, montrez-nous le chemin! Réplique finalement Fitzwilliam d'une voix ferme et habituée à l'action.

-Fitz! Attend-moi ici, je vais chercher nos chevaux.

Élizabeth remonte sur son cheval et s'assure que son arme est toujours là. William arrive avec leurs deux destriers quelques secondes plus tard. Une fois en selle, les deux hommes attendent qu'Élizabeth leur ouvre le chemin. Dès qu'elle arrive près de son chariot, Élizabeth descend de cheval et s'engage dans le bois. Les deux hommes la suivent toujours. La scène de bataille est très différente maintenant. Plusieurs blessés gisent sur le sol. Un aide de camps est auprès du Baron et tente de l'aider. Six brigands sont encore en vie et se battent maintenant contre les deux derniers hommes valides du Baron. Le cri strident d'une femme se fait entendre. Devinant qu'un malfrat est probablement entré dans la voiture fermée où elle se trouve, Élizabeth s'élance de cette direction sans même réfléchir. William et Fitzwilliam avancent derrière elle et vont assister les hommes du Baron. Apercevant les deux nouveaux combattants, les bandits perdent enfin leur belle assurance. Entant à l'intérieur de la voiture, Élizabeth s'en prend à l'homme qui est occupé à attacher la seconde des deux femmes. Réalisant que la nouvelle venue est également de sexe féminin, l'horrible personnage avance vers elle menaçant. Élizabeth saute à l'extérieur et brandit son épée prête à le confronter. L'homme engage le combat avec elle, recevant rapidement un coup d'épée dans le bras. La douleur le surprenant tout autant que le fait de réaliser qu'elle savait se battre, l'homme se redresse et fonce droit sur elle déterminé à vaincre. Il est très fort, mais Élizabeth est bien entraînée. Elle se revoit dans l'arène. Elle étudie son adversaire et réussit à faire en sorte qu'il s'épuise. Sentant qu'elle est sur le point de perdre ses dernières forces, Élizabeth cède la place à Fitzwilliam qui arrive vers la gauche après avoir vaincu ses deux assaillants. Jetant un œil vers William qui vient de maîtriser son dernier adversaire, Élizabeth retourne vers la voiture pour délivrer les femmes qui s'y trouvent encore terrorisées. Lorsqu'elle sort à nouveau, suivi de près par la première des deux femmes, Élizabeth constate que Fitzwilliam en a terminé avec le dernier ennemi, tandis que William est agenouillé devant le Baron. La seconde dame quitte le cabriolet à son tour et laisse échapper un cri d'horreur lorsqu'elle constate que le Baron git sur le sol inconscient.

-Nous vous devons la vie! S'écrie celle qui est toujours derrière Élizabeth en lui mettant la main sur l'épaule.

-Vous avez été effectivement très chanceuse que cette jeune fille passe dans le coin au moment où vous avez été attaqués. Précise Fitzwilliam en arrivant près d'elle en boitant légèrement.

Soudain, le bruit constant de chevaux lancés au galop se fait entendre gonflant très rapidement. Craignant une nouvelle attaque, Élizabeth, William et Fitzwilliam forment un triangle et lèvent leurs épées. Heureusement pour eux, il ne s'agit pas d'ennemis, mais d'un groupe de cavaliers portant l'étendard du Baron. Le premier d'entre eux descend de sa monture et vient tendre la main à William.

-Monsieur le duc! Je ne sais comment vous remercier d'avoir sauvé mon père!

-Je crois que vous devriez plutôt montrer votre reconnaissance à cette jeune femme et à mon cousin, Fitzwilliam Darcy!

-Quoi, une femme? Vous avez vraiment combattu madame?

-Mademoiselle Bennet, pour vous servir. Mais le duc exagère, je n'ai fait que le prévenir lui et son cousin. Elle montre les deux hommes de la main. En réalité, tout ce que j'ai eu à faire, c'est d'éloigner un bandit de ces deux femmes.

-Elle en a pourtant combattu un Cédric! Je l'ai vu. S'écrie l'épouse du Baron qui est maintenant assise près de son époux.

-Et bien… je suis très impressionné. Mes hommes vont ramener mon père au château où vous êtes tous invités…

-Personnellement monseigneur, je décline votre invitation. Je m'occupe d'une auberge avec ma famille et vous le devinez très bien… en ce moment nous ne manquons pas de clients.

-Quant à moi, je quitte la région dès ce soir. Je suis de passage et ne suis venu que pour la foire.

-Mon père n'acceptera aucun refus! Donnez-moi le temps de le ramener chez nous. Je vous attendrai tous pour souper! Je donnerai un banquet en votre honneur!

-Très bien. Nous attendrons quelques heures, puis nous viendrons vous rejoindre. Répond Fitzwilliam en leur nom à tous, comprenant avant les deux autres que le fils du Baron considérerait leur refus comme une insulte.

Une fois les hommes du duc repartis, les deux cousins décident d'escorter Élizabeth jusqu'à l'auberge.

-Où avez-vous appris à vous battre mademoiselle Bennet? Lui demande Fitzwilliam en approchant son cheval de sa carriole.

-J'ai eu un excellent professeur.

-Qui?

-Votre cousin!

-William? Est-ce vrai! Mais dans quelle circonstance?

-C'est une longue histoire, pleine de péripéties. Je veux bien vous en faire un résumé.

Élizabeth raconte dans le moindre détail, sa rencontre avec William et sa libération du coquillage. Elle explique ensuite qu'elle a été obligée de se couper les cheveux et de participer au tournoi en usurpant l'identité du duc. Elle va aussi loin qu'elle le peut sans parler des sentiments qu'elle éprouve pour William. Fitzwilliam est suspendu à ses lèvres et passe son temps à émettre des commentaires qui témoignent de son intérêt et de sa surprise.

-Donc, votre sœur Jane est également une dame du lac?

-Oui… c'est ça! Vous connaissez notre secret maintenant.

-C'est incroyable!

Arrivés devant l'auberge, Élizabeth les invite à entrer pour prendre un bol de soupe avant de repartir, mais William décline l'invitation. Il préfère rentrer afin de ne pas manquer le passage des derniers chevaux mis en vente. Élizabeth s'incline devant sa volonté inflexible et les regarde s'éloigner.

Sur le chemin du retour, Fitzwilliam questionne William sur Élizabeth. Il est si curieux à propos de la jeune femme que William ne peut faire autrement que de soupçonner que son cousin s'intéresse à elle d'une manière qui est loin de lui plaire. De son côté, car contre, Fitzwilliam comprend mieux pourquoi il avait vite estimé que William et Caroline n'étaient pas fait l'un pour l'autre. Il lui avait suffi de voir comment son cousin regardait Élizabeth pour deviner où était son cœur. Non, ce que Fitzwilliam essayait désespérément de tirer au clair, c'est pourquoi William n'était pas fiancé avec Élizabeth plutôt qu'avec Caroline. D'autant plus que ces deux là s'étaient connus bien avant que William n'annonce ses fiançailles avec la sœur de Charles.

Lorsque les courtes réponses de William laissent deviner son impatience et font uniquement grandir son exaspération, Fitzwilliam laisse tomber le sujet, mais se jure d'en avoir le cœur net en ayant une bonne conversation avec l'aînée des Bennet le plus tôt possible. Si elles étaient aussi proches l'une de l'autre que ce que Fitzwilliam avait pressenti, il saurait assez vite ce qu'il brûlait de savoir.

Alors, que pensez-vous de Fitzwilliam dans cette version… voyez-vous venir la suite? Miriamme