Bonjour :) J'espère que vous allez bien ^^ Au risque de me répéter : MERCI à tous pour vos reviews, je vous adore ! dona, GinLynn, Goutt2mer, Kritari, LaSilvana, Lily Get Away, LilyPetiteFleurdeLys, Melo' Potter, miloute, mimi, Pixie-La-Folle, Plumiere, Puky, tina, Viae, ca'ssandre 15, ninon, caramelise

Cassy Guardian : waw, tu m'as fait tout un dialogue^^ Je ne sais pas très bien ce qu'ils veulent se dire exactement, mais je sais ce qu'ils ont derrière la tête et surtout, qu'ils se comprennent à mi-mots en tout cas, tu as de très bonnes hypothèses sur James, on ne peut pas dire que je lui ai donné beaucoup de pov pour le décrypter^^ Je ne vais pas faire un long discours sur ce qui va se passer et je vais te laisser lire, mais pour ce qui de Lily, je partage entièrement ton avis… Elle est loin d'être parfaite, blanche comme neige et innocente. Est-ce que son indécision ou sa culpabilité la pardonne ? Je n'en sais rien. Si on se plaçait du point de vue de Sullivan, l'histoire serait parfaitement différente, c'est sûr. « Les dégâts de l'indécision font parfois bien plus mal » Cette phrase m'a particulièrement touchée parce qu'elle est si vrai (pas que dans cette histoire d'ailleurs), – il va vraiment falloir que Lily choisisse avant qu'on le fasse pour et malgré elle. Est-ce que c'est beaucoup mieux de faire une pause, aller essayer ailleurs et revenir à son premier choix si ça ne marche pas ? Je n'en sais rien (c'est sans doute mieux que l'infidélité tu vas me dire…) bon, je vais arrêter de parler mais j'ai trouvé ton point de vue vraiment très intéressant et perçant, ça m'a aidé à remettre un peu d'ordre dans mes pensées pour ce qui allait suivre.

J'ai été très inspirée cette semaine, j'ai déjà fait une très bonne partie du chap 9 donc pour les curieux, la suite, ce sera dans 15 jours max ! (vive les vacances, hein p) Et pour les curieux qui lisent autre chose que cette fic, j'ai aussi bien avancé sur Rasp Hollow et Picturing Sirius (la faute aux nuits trop chaudes^^)

Bonne Lecture !


Rencontre sous X

Chapitre 8, Partie 2 : Où Lily crie beaucoup

If I had to I would put myself right beside you Would you like that ? Something's getting in the way (Breaking Benjamin/The Diary of Jane)
James observa Sirius partir, encore agacé d'avoir eu besoin de s'expliquer. Il détestait se disputer avec Sirius et pourtant, il se faisait à chaque fois avoir par Myriam. Certains jours, il aimerait être capable de décortiquer l'esprit féminin aussi bien qu'on prétendait qu'il le faisait. Ah, s'il savait pourquoi elle courrait dans ses bras à chaque fois, il se ferait un plaisir de l'expliquer à Patmol ! Mais il n'en avait qu'une vague idée…

A vrai dire, il avait du mal à comprendre qu'on puisse être jaloux de sa relation avec sa meilleure amie. C'était la seule fille de la Terre avec laquelle il avait une relation absolument non ambigüe. Certes, il l'avait embrassée et était sorti avec elle, mais pourtant, il n'avait jamais senti aucune chimie entre eux. Les choses étaient simples et claires, pour l'un comme pour l'autre, même quand ils étaient dans les bras de l'autre, même s'ils s'embrassaient, tout ça l'était au nom de l'amitié, et absolument rien d'autre…

Mais personne ne semblait vouloir comprendre qu'il est possible d'aimer quelqu'un du sexe opposé sans l'aimer avec un grand A Myra était sa sœur, sa copine, son amie et il ressentait une énorme tendresse pour elle, et il était excédé de voir que personne ne voyait à quel point il n'était pas intéressé par elle en tant que femme. Aussi loin qu'il s'en souvienne, toutes ses petites amies (du moins celles l'ayant connu assez longtemps pour l'observer avec son amie) avaient été jalouses de Myra – et Sirius l'était régulièrement également.

Qu'était-il censé faire ? Changer sa façon de se conduire avec la jeune femme juste parce que personne ne pouvait comprendre leur façon d'exprimer leur amitié ? C'était n'importe quoi… Il n'avait jamais eu honte de ce qu'il était ou de la manière dont il se comportait, et ça n'allait pas commencer maintenant ! Avec un soupir, il fit demi-tour et se dirigea vers la cuisine où il trouva Lily assise, jouant avec sa cuillère d'un air occupé – un peu trop pour un simple morceau de gâteau, à vrai dire.

« A nous deux » Déclara-t-il d'un ton embêté en entrant dans la pièce. Il n'avait pas envie de se disputer avec Lily, certainement pas envie de la repousser à ce moment précis, mais il était extrêmement agacé qu'elle ait tout raconté à Patmol. Était-ce pathologique chez les femmes ce besoin de toujours tout raconter ? Il la vit déglutir, mais ça ne le soulagea pas vraiment… Il avait encore gravé au fond des yeux la scène qu'il avait interrompu cet après-midi et le goût amer dans le fond de sa gorge ne le rassurait pas. « Pourquoi, par Merlin, es-tu allée dire à Sirius que j'avais embrassé Myriam ? »

« Je l'ai pas fait exprès » Assura-t-elle, rapidement, ses yeux fixant la porte comme si elle voulait fuir.

« Ah non ? Les mots ont passé ta bouche tout seuls ? » Railla-t-il « c'est ta façon de me faire payer ? »

« Quoi ? Non ! » Elle se leva et se passa la main dans les cheveux – presque malgré lui, James observa la longue chevelure rousse onduler sous ses yeux. Il avait toujours adoré les rousses, c'était son petit péché mignon, et les cheveux de Lily étaient absolument flamboyants. « Je pensais pas qu'il entendrait… je ne savais pas qu'il avait une ouïe supersonique, moi ! »

James ferma les yeux une seconde pour ne pas sourire. Il n'avait pas envie de rire, il en était même très loin, mais il se rendait seulement compte à quel point Lily les connaissait peu en fin de compte. Elle ignorait que Remus était un Loup-garou, ignorait qu'ils étaient Animagus, ignorait que son activité ne se limitait pas aux assurances… Et il ne devait sans doute pas en savoir beaucoup plus sur elle.

« Je te jure, une personne normale n'aurait jamais pu entendre, je parlais dans ma bouche et- »

« C'est bon, je te crois » Soupira James en avançant d'un pas vers elle. Presque malgré lui, il baissa les yeux sur sa main pour vérifier qu'aucune bague n'y trônait. Il n'avait pas oublié que son "refus" avait été assez mitigé. « Pourquoi tu es là ? »

Bravo, James. Merveilleuse idée de lui montrer à quel point tu es morose. Ça va lui donner envie de rester sans doute…

« Sullivan m'a dit… Il m'a dit qu'il t'avait dit qu'il… Enfin, qu'il t'avait montré le… »

James fronça les sourcils avant de comprendre. « La bague de fiançailles ? »

« Oui » Lily se mordit la lèvre « J'ai dit non, juste pour que tu saches »

Cette fois, un léger sourire s'incrusta sur les lèvres du jeune homme. « C'est bon à savoir »

« Et, euh… Je – j'ai pris une décision » Ajouta-t-elle en tournant autour de la table pour s'éloigner de lui alors qu'il faisait un mouvement pour la toucher. Il se figea, sentant qu'il n'allait pas aimer la suite, quelle qu'elle soit. « Je pense qu'on devrait arrêter de se voir » Déclara-t-elle si vite qu'il eut dû mal à comprendre. Il eut envie de ricaner face à son visage qui indiquait qu'elle croyait à tout sauf à ce qu'elle disait. « Pas de se voir mais de » vague geste de la main « tu sais »

« Coucher ensemble ? »

« Oui » Elle acquiesça, ses joues prenant une légère teinte rose. Il était toujours amusé de voir à quel point parler de sexe, même innocemment, la mettait mal à l'aise. A croire qu'avant de le rencontrer, c'était un sujet parfaitement tabou. « J'ai vraiment envie que ça marche avec Sullivan et… »

James se désintéressa de ce qu'elle disait pour réfléchir rapidement à un plan d'attaque. Pensait-elle qu'elle allait se débarrasser de lui aussi facilement ? Elle avait des problèmes, trouvait refuge dans ses bras puis, une fois remise en selle, l'abandonnait comme un malpropre sans même un merci ? Il n'était pas quelqu'un qu'on utilise, et elle devrait lui servir une bien meilleure raison qu'une envie que « ça marche avec son copain » pour qu'il baisse les bras. Il se passa la main dans les cheveux et soupira. Merlin, il était bien trop impliqué, il fallait qu'il fasse attention. Il n'avait pas encore envie de se retrouver avec le cœur brisé. Morgane, c'était plus facile à l'époque où il était un coureur sans vergogne, il ne se posait jamais de question alors …

« Lily, Lily, stop » L'interrompit-il au milieu d'une tirade qu'elle devait sans doute trouver très convaincante « Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi soudainement tu ne veux plus me voir ? »

« Je viens de te dire que- »

« Non, tu viens de me parler du gland qui partage ta vie »

« Reste poli ! »

Il leva les yeux au ciel. Comment pouvait-elle seulement s'inquiéter de ça dans un moment pareil ? « Moi je te demande ce que moi j'ai fait pour que tu n'en veuilles plus »

« Ca n'a rien à voir avec toi » Assura-t-elle en hochant la tête, comme si elle cherchait à s'en convaincre « Sull m'a demandé de l'épouser, et je l'aime, et je veux qu'on soit heureux et ça ne sera pas le cas tant que- »

« Arrête ton char ! » Commença-t-il à s'énerver « Tu crois que je suis totalement aveugle ou complètement idiot ? Tu t'es mise dans un état pas possible à Brighton et puis tu as refusé qu'on se voit et maintenant, soudainement, c'est à cause de Dawson que tu ne veux plus de moi ? Conneries ! »

Lily fronça les sourcils, se pinça les lèvres, l'observa puis se crispa. « Je pensais qu'on ne devait plus mentionner l'épisode de Brighton » Grinça-t-elle avec une mauvaise foi évidente

« C'était avant que tu veuilles tout arrêter ! »

Elle croisa les bras et l'observa d'un air insondable pendant un moment, il eut l'impression d'être le pire type de la Terre. Ils se regardèrent dans les yeux pendant un long moment, d'une bataille silencieuse à celui qui céderait en premier. « Tu m'as menti, c'est tout » Finit-elle par soupirer avec agacement

« Je t'ai menti ? » Répéta James avec surprise « et sur quoi, s'il te plait ? »

Ses yeux brillèrent de colère « Pas besoin de jouer l'ahuri ! Je sais ce que je dis ! Tu m'as dit que tu n'étais jamais sorti avec Myriam et que tu n'avais jamais trompé personne ! Alors que je savais très bien que c'était faux ! »

James n'entendit que ce qu'il voulut bien. « Tu m'as piégé ? » Cria-t-il, ne parvenant pas à en croire ses oreilles « Tu m'as posé la question en connaissant pertinemment la réponse ? »

« Et tu as menti ! En me regardant droit dans les yeux et sans aucune raison ! J'avais le droit de t'en vouloir, tu ne trouves pas ? » S'exclama-t-elle avec tellement d'humeur qu'il ne faisait aucun doute que ce n'était pas une question

« Et j'étais censé faire quoi, hein ? Tu venais de m'accuser d'avoir couché avec ma meilleure amie dans la chambre d'à côté ! J'étais supposé te dire qu'on était sorti ensemble juste après ? N'importe qui saint d'esprit aurait menti ! »

« Ca, j'en doute fortement ! »

« Alors tu m'en veux parce que j'ai pas dit la vérité ou parce que tu n'aimes pas la vérité ? Tu sais quoi, j'en ai marre ! Marre que tout le monde passe son temps à douter de ce qu'il se passe avec Myra et moi ! Tu crois pas que ça me courre aussi de toujours devoir m'expliquer ? » James posa la main sur la table, sentant la colère parcourir son corps. « Mais vas-y, si tu veux penser que je suis un enfoiré qui pique la copine de son meilleur pote et qui trompe ses copines, fais-le, j'en ai rien à foutre de ce que tu penses, Lily ! »

« Mais ça n'a rien à voir avec ça ! » Hurla-t-elle avec frustration en manquant de s'arracher la moitié des cheveux du crâne « Je m'en fiche que tu sois sorti avec ta meilleure amie ! Je demande qu'à te croire si tu me dis qu'il ne s'est rien passé depuis ! Et je suis mal placé pour te faire des leçons sur la fidélité. Je pensais juste qu'on était honnête l'un avec l'autre, à défaut de- »

« J'étais honnête » la coupa James d'un ton plus calme « Je ne considère pas que je suis sorti avec Myra parce qu'elle n'agissait comme une petite amie que quand Sirius était dans la pièce, quasiment. Je ne l'ai jamais traitée comme ma copine, à peine une fille. Et tu ne sais rien de cette histoire d'infidélité, alors »

« J'en sais suffisamment ! » L'arrêta-t-elle « Je sais que tu étais avec cette Annabelle que tout le monde n'arrête de tirer plus bas que Terre. Je sais que tu étais malheureux, et sexuellement frustré, et que vous aviez des problèmes. Je sais que tu étais fatigué, à bout, énervé, perdu et enivré. Je sais que tu n'as pas cherché à lui faire du mal. Je sais que tu n'es pas quelqu'un qui… »

James fronça les sourcils, se demandant qui avait été raconté toutes ses choses de sa vie privée à Lily, puis, la voyant perdue et confuse, prit conscience qu'on ne lui avait pas tout soufflé. « Tu parles de moi ou de toi, là, Lily ? » Demanda-t-il avec douceur

Elle ferma les yeux pendant plusieurs secondes mais quand elle les rouvrit, elle semblait plus déterminée que jamais. « Ca n'a plus d'importance. Je veux toujours qu'on arrête »

« Mais ouvre les yeux bon sang ! » S'exclama-t-il, à bout de patience « Si j'ai été voir ailleurs avec Anna, c'est parce que je savais déjà avant de le faire qu'on n'avait plus d'avenir ensemble, elle et moi ! Et c'est pour ça que je sais que toi et ce type, vous êtes voués au même échec ! Affronte la vérité ! »

« Ca n'a rien à voir. J'aime Sullivan et- »

« Comment tu peux aimer un mec qui te trompe, exactement ? » Demanda-t-il avec dégoût. C'était au dessus de ses forces, il ne pouvait même pas le concevoir. Il avait eu beaucoup de petites amies, avait fréquenté beaucoup de filles qui n'auraient même pas mérité ce titre, mais s'il y avait une chose qu'il n'avait jamais supporté, c'était la trahison. Quand il avait trompé Anna, il en avait été malade pendant des semaines. C'était peut-être son infidélité, plus que leur rupture, qui avait fait de lui la loque qu'il avait été après.

Et maintenant qu'il avait eu l'occasion de voir Lily avec son copain, il se rendait compte qu'il s'était aveuglé durant ses dernières semaines. Ils étaient loin du couple froid ne s'adressant plus un mot qu'il avait imaginé. Non, elle était heureuse avec lui, elle ne mentait pas sur ça. Toute l'après-midi au parc Ferus, elle n'avait pas cessé de rire et de sourire, de se pendre à son bras et de l'embrasser, de sembler si heureuse qu'il avait eu du mal à ne pas se retransformer pour aller la secouer par les épaules et lui demander ce qu'elle foutait, bon sang !

C'était une chose de savoir que Lily avait un copain et qu'elle se servait de lui pour le tromper, c'en était une autre de voir le couple ensemble, insouciant et si… normal. Merde, il les pensait sur le bord de la rupture et découvrait que l'autre imbécile voulait la demander en mariage ! Ca, pour s'être aveuglé sur le genre de personne qu'était Lily, il avait fait fort. Il se demandait encore comment il arrivait à toujours vouloir d'elle en sachant que ça ne lui faisait ni chaud ni froid d'avoir une aventure dans le dos de quelqu'un qu'elle aimait si fort qu'elle le clamait.

« IL NE ME TROMPE PAS ! » S'écria-t-elle en renversant une chaise d'un geste trop ample « Et nous ne sommes pas voués à l'échec ! »

« Par pitié ! Je te l'ai dit le tout premier soir quand je t'ai rencontrée ! Vous étiez fini le jour où tu l'as trompé ! Le jour où il t'a proposé d'aller au Gravitz ! Le jour où l'idée de te tromper lui a traversé la tête ! Ose me dire le contraire ! »

« Le contraire ! » Répliqua-t-elle d'une façon tout à fait immature pour le faire taire. James fut pris tellement au dépourvu par sa réaction qu'il en resta coi. Le calme retomba dans la pièce pendant un moment avant qu'elle ne reprenne la parole. « Je crois que nous sommes tous les deux d'accord alors »

« D'accord sur quoi ? » Cracha James qui n'avait pas l'impression d'être d'accord avec elle sur quoi que ce soit

« D'accord sur le fait de ne plus se voir »

« Non »

« Quoi ? » La surprise était visible sur tout son visage « Mais, regarde comme on vient de se disputer ! Je n'ai pas envie de continuer à le tromper, c'est beaucoup trop dangereux maintenant et- »

« Dangereux ? » Coupa James en s'approchant d'elle « Comment ça ? »

« Il a découvert qu'on se connaissait » Murmura Lily en baissant la tête pour fixer le bout de ses chaussures.

James sentit quelque chose exploser dans sa poitrine et fit un effort pour ne pas sourire. Ce serait faire preuve d'un manque de compassion flagrant. « Il sait tout ? »

« Non » Corrigea-t-elle et la pointe d'espoir qui avait pris naissance dans sa poitrine disparut. « Il sait juste qu'on se connait. On est tombé sur Sandra et Peter et- »

James ne put s'empêcher de grogner. Trop, c'était trop. « Et Sandra n'a pas vendu la mèche ? »

Lily secoua la tête. « Je ne sais pas pourquoi mais elle n'a rien dit. Sullivan m'a crû quand je lui ai dit qu'il ne s'était rien passé entre nous, qu'on lui avait juste menti sur le fait de se connaître »

« Il est vraiment con » Déclara platement James. Comment avait-il pu seulement le croire ? Pourquoi Lily aurait-elle prétendu ne pas le connaître s'il n'y avait vraiment rien eu entre eux ? « Et qu'est-ce qu'il a dit ? » Embraya-t-il avant qu'elle ne le reprenne sur cette affirmation.

« Il ne veut plus que je te vois » Murmura-t-elle

Certainement pas ! James ne savait pas s'il avait un avenir avec la jeune femme ou pas, il était incertain de ce qu'il ressentait ou pas pour elle, surtout maintenant qu'il avait découvert en partie la vérité sur la face cachée de sa vie, mais il était hors de question qu'il laisse l'autre idiot la récupérer. C'était au moins une chose dont James était sûr ! Lily méritait bien mieux qu'un pauvre type amenant sa copine dans un club comme le Gravitz et qui la laissait partir au bras d'un inconnu. Il agissait comme tous ces connard qu'il avait déjà vu, persuadé qu'il pouvait faire ce qu'il voulait, avec qui il le voulait, et que sa petite amie serait toujours là, gentiment, à l'attendre, parce qu'elle lui appartenait. Pourquoi Lily, si intelligente, était-elle si aveugle sur le genre d'homme dont elle était tombée amoureuse ?

« Je t'interdis de me plaquer »

Elle écarquilla les yeux « On en sort pas ensemble, je te rappelle ! »

« Ne joue pas sur les mots »

« Et qu'est-ce que tu vas faire ? Me menacer d'aller tout lui raconter si je refuse ? »

« Je ne ferai jamais ça » Assura-t-il. L'idée lui avait traversé la tête, une fois ou deux, au cours de la semaine, mais il savait qu'ils méritaient tous deux mieux que ça. Et puis, elle ne lui pardonnerait jamais. « Mais s'il te croit vraiment quand tu dis qu'il n'y a rien entre nous, alors il n'a aucun droit de t'interdire de me voir. Dis-moi que c'est ce que tu veux vraiment, pour toi et toi seule Lily, et j'accepterai peut-être de voir les choses différemment »

Elle sembla hésiter pendant un moment et il comprit qu'il venait de marquer un point.

« Et c'est sans issue. Toi et moi, ça ne mènera jamais nulle part. Même si je rompais avec Sull, il n'y a aucune chance qu'on… tu ne pourras jamais me faire confiance et je- je vais finir par te blesser et- »

« Alors c'est ça ? » Déclara-t-il d'un ton qu'il espérait dégagé et léger. Pour le moment, son seul but était de la faire rester. Pour le reste, il aurait le temps de voir après. « Je croyais qu'on devait avoir une relation sans sentiment ni attache ? Je suis assez grand pour m'occuper de moi-même, Lily. »

« Si je n'ai aucune importance pour toi, pourquoi tu tiens à ce point à ce qu'on continue à se voir ? » Renvoya-t-elle

Elle marquait un bon point… Surtout que lui répondre "parce que t'es bonne au lit" risquait de la contrarier plus qu'autre chose… « Je vis au jour le jour. Pour le moment, tout ce que je vois, c'est qu'on passe du bon temps ensemble. Et que tu veux qu'on arrête et qu'on se prive de ça juste parce que ton copain l'exige. Tu n'es pas obligée de lui obéir, Lily. Et puis, si j'étais en train de m'attacher à toi, j'aurais réagi autrement en apprenant qu'il voulait t'épouser, l'autre, non ? »

Elle pencha la tête sur le côté « Ca t'aurait rien fait que je dise oui ? »

James déglutit. « C'est ta vie. Ca m'aurait fait chier que tu ne veuilles plus me voir, c'est tout » Mentit-il avec aplomb. Cette fois, il était conscient de lui cacher la vérité à dessein. Mais il refusait qu'elle utilise le fait qu'elle le blesserait pour s'éloigner de lui… Malgré tout son bon sens, il ne voulait pas qu'elle rentre chez elle et l'oublie. Il refusait qu'elle tourne le dos à cette chose qu'ils partageaient et encore plus, ne voulait pas que l'autre gagne. Et s'il finissait en morceaux à cause de la jalousie qui le dévorait nuit après nuit en imaginant ce qui se passait dans l'appartement du couple, tant pis pour lui. Il était prêt à assumer les conséquences de son histoire avec Lily, où qu'elle le mène.

Elle ouvrit la bouche mais avant qu'elle ait pu dire un mot, la sonnette de la porte d'entrée retentit. James leva les yeux au ciel. Quel timing parfait…

« Tu devrais aller répondre » Conseilla-t-elle

« Notre discussion est plus urgente » Contra-t-il alors qu'à la porte, le visiteur sonnait à nouveau. « Qu'allais-tu dire ? »

« Je » Dring ! « Je » Driing ! « Je » Driiiing ! « Tu es sûre que tu » Driiiinnngg ! Driiiiiing ! « ne veux pas aller » Driing ! Driiiiing ! « ouvrir ? » Driiiing ! Driiiiiiing ! Driiiiing ! « ca a l'air urgent »

James grogna contre le malade qui essayait de démolir sa sonnette en s'acharnant dessus comme ça et s'approcha de Lily pour prendre son visage en coupe. « Promets-moi de rester ici le temps que je revienne »

Driiing ! Driiiing ! Driiing ! Driiiing !

« S'il te plait Lily, il faut qu'on finisse cette discussion »

DRIIIING ! DRIIIING ! DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING !

James souffla en levant les yeux au ciel – quelqu'un était mort ou quoi ? – et Lily acquiesça.

Il alla donc ouvrir… et se retrouva nez à nez avec Sullivan Dawson.


In the beginning I tried to warn you It's a game and we're all just victims of love Don't try to fight it You can't decide it (Good Charlotte/Victims of love)

James sentit un déferlement d'agacement couler à travers lui. Qu'est-ce qu'il venait foutre là, celui-là ? Il n'avait pas du tout envie de lui parler, il l'avait déjà vu tripoter Lily toute la journée et c'était largement assez, merci… Lily. Oh merde. Lily était dans la pièce d'à côté, juste après lui avoir assurer qu'elle ne le verrait plus.

« Qu'est-ce que c'est ? » Demanda James d'un ton ennuyé en jetant un regard derrière lui. Si elle s'apercevait que son copain était venu ici, elle serait encore capable de prendre pour une preuve d'amour plutôt que de possessivité et plus vouloir revenir.

« Ne te fous pas de moi, Potter ! » Grogna le jeune homme en pointant un doigt accusateur dans sa direction. « Tu l'as assez fait la dernière fois »

James déglutit, légèrement inquiet en s'apercevant que ce type, aussi négligé qu'il fasse (il savait que c'était ridicule de sa part mais n'avait-il jamais entendu parler du coiffeur ?), était plus braqué que lui… Enfin, s'ils en venaient aux mains, restait à souhaiter que ça commencerait par la baguette.

Entendant une chaise racler dans la cuisine, il sortit sur le perron et ferma la porte d'entrée derrière lui. En espérant que Lily n'aurait pas la curiosité de venir écouter aux portes…

« De quoi parles-tu ? » Demanda James en décidant de jouer la carde de l'ignorance. Après tout, Lily n'était pas censée être venue le voir et lui avoir tout raconté… Il se rendit compte avec un certain amusement que pour les menaces, "mr Dawson" était passé au tutoiement, ils étaient bien loin de la politesse de leurs contrats d'affaire.

« De Lily. Et toi » James prétendit comprendre et écarquilla les yeux « Je sais ce qu'il y a entre vous ! »

Peut-être n'était-il pas si crédule finalement ?

« Je ne veux pas savoir ce que tu lui as dit ou raconté pour qu'elle ait confiance en toi… On sait tous les deux quel genre de mec tu es et Lily mérite bien mieux que ça ! »

Quel genre de type il… Oh, James réalisa que la dernière fois que Dawson avait eu à faire à lui, c'était en 5e année, quand il venait de briser le cœur de sa cousine avec très peu de bonnes manières un vague sentiment de honte l'emplit en se rappelant la manière dont il avait traité Ludmila. Pauvre fille, il n'était vraiment pas fréquentable à cette époque. Il était presque prêt à lui dire qu'il avait raison, que s'il était resté cet enfoiré, alors Lily pourrait faire bien mieux, en effet.

« Ecoute mec » tenta de le calmer James qui n'aimait pas du tout la tempe qui palpitait sur le front du garçon en face de lui. Certes, il ne fuyait pas face à la bataille mais il avait appris qu'il y avait parfois mieux à faire qu'attaquer de front.

« Ne me mec pas ! » James fronça les sourcils avant de comprendre « Je sais tout. Tu étais ce sale type qui a emmené Lily l'autre soir ! Quoiqu'il soit arrivé entre vous, ça n'est pas sa faute ! On sait tous les deux quel genre de boniments tu leur sers pour les manipuler ! »

James réalisa qu'il parlait du soir du Gravitz. Merlin, s'il croyait toujours – oh, Lily ne lui avait pas dit qu'elle l'avait trompée ce soir là ? Mais… Il lui avait proposé de passer la nuit ensemble, même sans rien faire, juste pour lui prouver qu'elle ne lui appartenait pas. Et elle, elle lui disait que rien n'était arrivé ? Qu'est-ce qui ne tournait pas rond ?

« Je n'ai pas manipulé Lily » Soupira James

« Fais-moi croire que vous êtes juste amis ! »

James hésita. Un long moment. Il pourrait tout dire. Il suffirait qu'il acquiesce, ou qu'il ne mente pas très bien, et Dawson comprendrait qu'il y avait clabbert sur roche avec Lily. Cependant, quand il ouvrit la bouche, ce fut pour dire « Lily est beaucoup indépendante que tu ne le penses » Jamais elle ne lui pardonnerait s'il faisait ça. Même s'il attendait le jour de leur séparation avec impatience, il ne pouvait pas lui faire ça. Il ne voulait pas la perdre pour une bourde comme ça.

« Ecoute-moi bien » Siffla-t-il d'un air menaçant en pointant son doigt à quelques centimètres du nez de James « Si tu t'approches encore d'elle, je m'occuperai de ton cas. Personnellement »

« Tu crois me faire peur, peut-être ? » railla James en avançant en direction du jeune homme pour lui prouver ses dires « Tu ne m'impressionnais déjà pas à 15 ans quand t'étais préfet en chef, rien n'a changé depuis, Dawson »

« Tu devrais te méfier, Potter » Persifla-t-il « On est plus à Poudlard, tu n'es plus le petit roi populaire. C'est le vrai monde, et dans ce monde, Lily est à moi. »

James sentit son sang faire un tour « Tu as un acte de propriété ou tu as juste décidé de lui retirer tout libre-arbitre ? » S'il y avait une chose qu'il ne supportait pas, c'était bien les gens qui pensaient ainsi. Être jaloux était une chose, retirer à l'autre toute liberté, très différent.

« Lily est bien trop naïve pour voir à quel genre de merde elle a à faire. Je ne te laisserai pas abuser d'elle »

« Il faut croire que Lily est plus intelligente que cette chère Lulu si elle ne s'est pas laissée embobinée par mes histoires, elle »

Les yeux de l'autre brillèrent d'un éclat malsain et il ressortit les épaules pour augmenter son facteur intimidation. « Tu tombes le masque Potter ? Tu avoues que tout ce que tu veux, c'est coucher avec elle et la repousser comme un déchet en la laissant détruite ? »

James se pencha en avant « Mon petit doigt me dit qu'il en faudrait plus que ça pour détruire Lily »

« Écoute-moi bien connard ! » S'exclama soudain Sullivan en attrapant James par le col et en le plaquant violement contre la porte. Le Maraudeur sentit l'air commencer à passer difficilement dans sa trachée « Tu fiches la paix à Lily, tu ne la vois plus, ne la contactes plus, ne lui parles plus ! C'est assez clair pour toi ? »

D'un coup dans le ventre, James réussit à faire plier son adversaire et à le faire reculer. « Je ne ferai rien du tout. C'est une grande fille, elle fait ce qu'elle veut ! »

« Lily finira avec moi, Potter » L'avertit-il en se frottant les mains, comme s'il s'était sali en le touchant. « Elle est amoureuse de moi et rien ne changera jamais ça »

James ricana « Ah ouais ? Alors tout est rose entre vous depuis la nuit du Gravitz ? Aucune tension ? Et je suppose qu'elle a accepté de t'épouser en sautant de joie ? »

Il accusa le coup avec trop de calme. Des yeux bleus, froids et inquiétants, plongèrent dans ceux de James. « Dis donc Potter, ça porterait un sacré coup à l'entreprise de ton père si on vous coupait le réseau de cheminée, non ? Plus de communication directe en cas de problème, tout ceux qui ont souscrit une assurance chez vous se trouveraient incapables de vous appeler en cas de sinistre… Et puis, avec toutes les démarches, ça prendrait des semaines à réactiver… »

« C'est une menace ? » Tonna James, glacé à l'idée qu'il la mette vraiment à exécution. Si les contrats étaient signés par hiboux, la cheminée restait le moyen de communication privilégié des sorciers, et la plupart des rendez-vous étaient pris par ce biais… Et c'était également par là que leurs clients les prévenaient quand qu'il y avait eu un incendie, une inondation, une effraction et tout un tas d'autres choses contre quoi la société Potter les protégeait. Les pertes seraient colossales, à n'en pas douter.

« Reste loin de ma copine ! » Somma Dawson en s'éloignant suffisamment pour transplaner.

Plusieurs minutes plus tard, James était encore figé sur place, transporté de colère et de fureur, ne pouvant même croire de quoi le menaçait ce fumier. Il finit par se retourner et regarder la porte d'entrée avec hésitation. Derrière cette porte, il y avait Lily…

James pénétra dans la maison avec empressement et arriva dans la cuisine en un temps record. Lily était assise, les pieds croisés sous sa chaise, un air las au visage. Elle avait l'air terriblement fatiguée. Ses yeux étaient à moitié fermés et soulignés de larges traces violettes et elle serrait ses bras autour d'elle comme si elle avait froid, alors qu'il faisait plutôt chaud dans la pièce. Il sentit quelque chose se serrer en lui. Plus que jamais, il n'avait pas envie de cesser de la voir, et encore moins de céder aux menaces de l'autre cafard…

« Tout va bien ? » Demanda la jeune femme en se relevant, les mains recroquevillées dans les manches de son pull « James, tu as l'air… »

« Il n'y a qu'une façon de mettre fin à notre discussion » Reprit-il comme s'ils n'avaient pas été interrompus

« J'ai réfléchi et je crois toujours que la meilleur décision est de- »

« Arrête de penser et agis » Déclara-t-il en traversant la cuisine en trois enjambée. Il se plaça devant elle, à l'endroit exact où ils s'étaient embrassés le mois précédent et, sans lui laisser le temps de réagir, glissa ses mains dans sa nuque et plaqua leurs lèvres ensemble.

Un peu comme elle lui avait communiqué sa colère et sa frustration à Brighton, il fit passer dans son baiser tout ce qu'il ressentait – sa tendresse pour elle, son inquiétude pour lui, son désir de ne pas la perdre, son refus de céder au chantage, sa frustration de la voir si proche de l'autre imbécile. Il sentit qu'elle déposait les mains contre ses épaules et qu'elle s'accrochait à lui et il la tira plus près, la collant à lui, refusant de la laisser partir, pas même de se reculer.

A court d'air, il finit par se détacher d'elle et plongea ses yeux dans le vert des siens. « Il n'y a qu'une décision de valable quand le moindre de mes baisers fait flancher tes genoux, Lily »

Elle ne réfuta pas son affirmation, passa ses bras autour de lui avec plus de fermeté et se pencha à son tour pour l'embrasser, lui montrant dans ce geste qu'elle lui cédait, à lui et à tout ce qu'il voudrait. C'était quelque chose qui le rendait fou de désir chez elle, cette capacité à se donner entièrement, sans retenue. Avec Lily, c'était tout ou rien. Et il avait eu droit à tout, et était intoxiqué par cette sensation.

Il ne pourrait jamais assez respirer son odeur, sentir sa peau douce sous ses doigts, caresser sa langue, ses joue, son front, sa poitrine, son ventre, ses cuisses, ses bras, ses fesses. Il voulait connaître chaque recoin secret qu'elle avait, pouvoir dessiner chacune de ses courbes les yeux fermés, deviner les traits de son visage, la forme de ses doigts, le cambré de ses reins, de glabre de ses jambes.

Il détacha leurs bouches et, les guidant vers l'arrière et la table en bois qui ne semblait attendre qu'eux, glissa sa bouche dans son cou, se délectant du goûté légèrement sucré de sa peau et du pouls de son cœur qu'il sentait accélérer sous ses lèvres. Ses mains glissèrent dans les plis de sa robe et il voulut la déshabiller mais elle posa les mains contre les siennes et l'arrêta

« J'ai » Elle respira, les mots passant difficilement ses lèvres « j'ai trop froid pour »

« Je vais te réchauffer » Promit James à la commissure de ses lèvres avant de plonger sa langue en elle avec désir et passion. Il ne lui fallut pas longtemps pour la détendre et qu'elle commence à se mouvoir contre lui comme un chat câlin et à lui rendre chacune de ses caresses. Il y avait tant de sensualité retenue dans ses gestes, tant de désir à peine camouflé, que James dut se faire violence pour ne pas la coucher et la pénétrer immédiatement.

Les préliminaires avaient toujours été un passage obligé pour lui, la seule manière de faire en sorte qu'une femme s'ouvre pour qu'il puisse cueillir le fruit défendu, mais avec Lily, il prenait un plaisir fou à la voir devenir pantelante, demandant, exigeante il adorait voir ses yeux se froncer quand elle ne savait ce qu'il avait en tête il aimait voir sa bouche s'ouvrir en forme de cœur quand elle savourait ce qu'il faisait il raffolait de sentir son souffle se faire court il dégustait chaque partie d'elle à laquelle il avait accès, petit à petit, dans un effeuillage lent, une découverte de l'autre sans cesse renouvelée, une tension qui grandissait petit à petit et explosait quand enfin, il entrait en elle et les libérait tous les deux de leur envie et leur besoin.

Respectant son désir de ne pas se dévêtir plus que nécessaire, il ouvrit sa robe juste ce qu'il fallait sur le dessus afin d'avoir accès à sa poitrine puis, avisant ce qui se trouvait sur la table, étala un peu de la chantilly du gâteau sur elle. Elle glapit, écarquilla les yeux puis éclata de rire.

« Je vais être toute collante » Se plaignit-elle d'une petite voix caressante.

Avec une lenteur qu'elle devait sans doute trouver exaspérante, il posa sa bouche sur son sein, se délectant de la délicieuse pâtisserie et de Lily le gémissement qui échappa ses lèvres le fit sourire et il comprit qu'il avait pris la bonne décision. Les doutes de Lily, les conseils avisés de ses amis, les menaces de Sullivan, plus rien n'avait d'importance tant qu'il était avec elle.

Quand il la posséda sur la table de la cuisine, entre le gâteau à moitié mangé et la salière, la pensée fugace qu'il pourrait faire ça toute sa vie lui traversa l'esprit il pensa rapidement à autre chose et enfuit son nez dans le cou de sa belle. Qu'avait-il dit déjà ? Il avait le temps de venir voir… Les problèmes le rattraperaient assez vite pour qu'il ne perde pas de temps à s'en préoccuper pour le moment.


All my life I've dealt with pain So I don't need you to drive me insane (The calling/ Hold on to you)

« Lily »

La jeune fille grommela dans son sommeil et tourna le dos à l'intrus qui osait venir la déranger. Elle était fatiguée, épuisée. Et elle avait froid, terriblement froid. Elle avait l'impression de ne même plus se souvenir de ce que la chaleur était. Elle avait froid tout le temps, constamment, et le corps qui venait de se coller derrière elle ne la réchauffa pas le moins du monde.

Elle soupira en sentant des mains se glisser le long de son ventre et s'insinuer sous sa chemise de nuit. Elle eut encore plus froid et dut renoncer à son sommeil. Elle prit alors seulement conscience qu'elle était dans son lit, chez elle et que quelqu'un venait de se coucher derrière elle.

« Sullivan ? » S'exclama-t-elle en se retournant vers le jeune homme. Malheureusement, elle ne ressentit pas autant de joie qu'elle aurait du à son retour. Ce ne compliquait que plus les choses. Elle frissonna. « Quand es-tu rentré ? »

« A l'instant » Le jeune homme se rapprocha encore plus d'elle et posa ses lèvres sur les siennes, quémandant un baiser qu'elle lui donna volontiers, espérant que ça lui suffirait pour le moment car elle n'était pas en état de lui offrir plus. « J'avais trop envie de te voir pour passer une nuit de plus à Trnava »

Lily supposa que c'était l'endroit où il avait passé sa semaine et posa sa tête sur son torse pour tenter de se redormir. Ou au moins, calmer ses tremblements. Mais Sullivan semblait en avoir décidé autrement et recommença à parcourir son corps de ses mains. Lily sentit un sentiment de malaise diffuser en elle et espéra qu'il abandonnerait si elle restait sans réaction. Elle n'avait pas du tout envie de coucher avec lui. Elle savait qu'elle ne l'avait pas fait non plus lors de son dernier retour, que ça faisait presque trois semaines mais elle ne pouvait pas se forcer.

En fait, avant de rencontrer James, elle se serait sans doute forcée mais là, elle ne pouvait pas. La dernière fois qu'ils l'avaient fait, elle avait fini à pleurer comme une madeleine sous la douche avec l'impression d'être sale d'avoir laissé son propre petit ami la toucher. C'était presque aussi horrible de penser qu'elle n'avait plus de désir pour lui que de savoir qu'elle redoutait le jour où elle n'aurait plus le choix de repousser ce moment.

C'était un moment d'égarement passager, son mal être de l'autre fois elle n'était pas encore adaptée à la situation avec James et Myriam venait de lui faire peur. Ce ne se reproduirait plus. Elle n'avait pas à se sentir mal que Sullivan la touche. Parce que malgré son manque d'envie, elle savait qu'elle l'aimait. Elle aimait passer ses journées avec lui, elle aimait qu'ils discutent, qu'ils se disputent un peu, lui faire ses repas et voir son air satisfait quand elle ne les ratait jamais. Elle n'avait pas de doutes sur ses sentiments son corps, c'était une autre histoire.

Voyant qu'il avait l'idée tenace, Lily abandonna la source de chaleur que son torse dénudé représentait et lui tourna le dos. Cela devrait suffire à lui faire comprendre qu'elle n'était pas bien, qu'elle était fatiguée, qu'elle avait froid, qu'elle n'était pas d'humeur et qu'elle n'était certainement pas disposée à le laisser l'utiliser comme une poupée interdite de mouvement.

Mais il ne voulut rien comprendre. Ses mains poussèrent ses cheveux hors de son cou, la faisant frissonner à nouveau, et il commença à l'embrasser juste au pli, à côté de sa clavicule, à cet endroit d'habitude si sensible.

« Arrête » Souffla-t-elle en ramenant plus de couvertures sur elle tout en chassant la main qui se promenait sur ses jambes. Il rêvait s'il pensait qu'elle allait se découvrir en plus.

« J'ai envie de toi » Murmura-t-il en se collant à elle, plaquant son érection contre ses fesses pour lui faire bien passer le message. Ses doigts commencèrent à trembler d'énervement mais elle prit une grande respiration et s'enfonça plus profondément dans son oreiller.

« Je suis réglée » Mentit-elle. Il arrêta aussitôt de la câliner, comme si elle venait de lui annoncer qu'elle avait la lèpre, et Lily soupira de soulagement. Ce serait autre chose quand ce serait effectivement le cas le week-end suivant mais un problème à la fois.

Puis, alors qu'elle continuait à lutter contre le froid qui l'engourdissait de plus en plus souvent, elle sentit une main se poser à nouveau contre son épaule. C'était étrange. Il la laissait plutôt tranquille dans ces moments, d'habitude. Il savait d'expérience qu'elle était invivable.

« J'ai été dans cet état toute la journée en pensant à toi, ma puce » Lui souffla-t-il à l'oreille en la prenant dans ses bras. Lily ferma les yeux, espérant qu'il finirait par croire qu'elle s'était rendormie. Qu'est-ce qu'il voulait maintenant ? Il ne pensait quand même pas qu'elle allait coucher avec lui dans cette période du mois ? Même si ce n'était pas le cas en réalité, lui n'en savait rien. « Tu pourrais... »

Lily cligna des yeux, ayant peur de comprendre ce qu'il sous-entendait. Il hésitait visiblement à mettre des mots sur son idée.

« Je pourrais quoi ? » Lança-t-elle d'une voix acide

« Me faire une pipe ? »

Lily se glaça, et ce n'était pas à cause du froid. Elle n'en revenait pas qu'il ait le culot ! Comment osait-il ? Ce n'était pas tant la proposition en elle-même qui la choquait autant, mais le fait que monsieur je suis hyper coincé au lit et je te convaincs que c'est parfaitement normal, la fasse. La seule et unique fois où elle avait ça avec lui, c'était quand sa mère venait de mourir et qu'il allait tellement mal… C'était arrivé naturellement à l'époque, elle n'avait pas réfléchi si elle aimait ça ou pas, parce que c'était parfaitement exceptionnel, ils le savaient tous deux.

Avec James, les choses étaient différentes, plus naturelles, et elle en était venue à énormément apprécier de prendre le contrôle sur lui, simplement par quelques attouchements – mais ça ne changeait rien au fait que Sullivan venait de lui demanderune fellation, alors qu'ils n'avaient pas été intimes depuis des semaines et qu'elle allait visiblement mal. N'avait-il donc aucune limite bon sang ? Avait-il toujours été aussi égoïste ?

Lily serra les dents. Quelque chose clochait. D'abord la boite échangiste, et maintenant ça. Elle voulait bien reconnaitre que leur vie sexuelle n'était pas épanouissante, et de loin, mais ce n'était pas de sa faute ! Elle avait essayé, plusieurs fois, de faire évoluer les choses et chaque fois, il l'avait presque insulté d'être une trainée. Et c'était lui, maintenant qu'il était frustré, qui voulait qu'elle se corrompe ?

« Et quels sont les chances que j'accepte ça, à ton avis ? » Répliqua-t-elle d'un ton aussi glacé qu'elle se sentait depuis quelques jours.

« Lily... »

« J'ai sommeil » Claqua-t-elle en signe que la discussion était finie.

S'il voulait qu'elle fasse ça, c'était toute sa conception du sexe qu'il devrait remettre en question. Et il ferait mieux d'apprendre la diplomatie ! Il croyait quoi ? Les mains de Sullivan glissèrent le long de son dos et s'éloignèrent. Mais ce qu'il dit après choqua encore plus Lily que ce qu'il avait osé proposer avant.

« Tu sais, on a fait une visite diplomatique à Olomouc aujourd'hui » Commença-t-il à lui raconter. Que ne comprenait-il pas dans la phrase j'ai sommeil ? « Et une de ces Slovaques super chaude m'a fait du rendre dedans alors- »

Lily sortit du lit, tellement furieuse que claquer des dents n'était plus qu'un détail comparé à l'envie qu'elle avait le frapper et de lui arracher les yeux à cet instant. Comment osait-il ? Quel mufle !

« Alors QUOI ? » Cria-t-elle, complètement hors d'elle « Je devrais m'occuper de toi » Elle fit un vague geste du bras vers son entrejambe « Parce que monsieur a pris la peine de ne pas me tromper avec la première chaudasse qui passait ? C'est ça ? Tu estimes que je suis redevable de ta fidélité ? »

Sullivan s'assit dans le lit et la regarda bizarrement. Malgré l'obscurité, elle pouvait parfaitement voir qu'il avait l'air complètement abattu qu'elle ait si bien lu entre les lignes. Mais depuis que Lily avait vu James lui mentir avec un aplomb tel qu'elle l'aurait cru dix fois plutôt qu'une, elle avait perdu la confiance aveugle qu'elle avait, et en James et en Sullivan, et voyait de plus en plus clair dans ce qu'il disait.

« Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, chérie »

« Ah non ? Alors quoi ? Que cette pouffiasse t'a fait bander et que c'est mon rôle de prendre ça en main ? »

« Lily, tu pourrais rester polie ! »

« Polie ? J'en ai rien à foutre d'être polie, Sullivan ! » Hurla-t-elle en parcourant la chambre de long en large pour s'occuper et ne pas lui envoyer un sort entre les deux yeux. Elle avait rarement été si furieuse contre lui.

« Je suis désolé, okay ? » S'excusa-t-il en levant les mains devant lui en un geste de paix « J'ai été un con ce soir »

« Tu penses que parce que tu m'as amenée dans cette boite » cracha Lily avec tout le dégout et la rancœur qu'elle conservait contre lui en y repensant « je répondrai au moindre de tes désirs ? »

Il cligna des yeux pendant un instant puis souffla comme s'il comprenait quelque chose qu'il n'avait pas vu venir avant. Il ouvrit la bouche, s'arrêta et fronça les sourcils.

« Tu vas remettre ça sur le plancher à chaque fois qu'on se dispute ? » Lança-t-il avec énervement

Lily lui lança un regard mauvais, qu'il ne pouvait sans doute pas voir. Elle n'avait pas envie d'en parler. Elle n'avait pas le droit de lui en vouloir, elle le savait. Elle avait été bien plus terrible que lui cette nuit là et, pire que tout, depuis elle était régulièrement infidèle. Tant pis pour sa culpabilité, tant pis pour son envie de mourir quand elle lui mentait en le regardant droit dans les yeux. Elle se rassurait en se disant que c'était lui qui avait précipité tout ça. Et quelque part, même si elle voyait régulièrement James, elle n'avait jamais cessé d'en vouloir à Sullivan d'avoir osé lui proposer d'aller voir ailleurs.

« T'aurais peut-être préféré que ce soit Potter ? » Continua-t-il

« Potter ? » Répéta-t-elle d'un ton incrédule « Tu vas remettre ça sur le tapis à chaque fois ? » Reprit-elle ses mots « Tu crois que parce que j'ai accepté une fois de répondre à un de tes désirs pervers et tordus, je vais le faire à chaque fois ? »

« C'est toi la seule des deux qui est partie avec un autre, ce soir là ! » Lui rappela-t-il avec rage

« Tu en es sûr ? » Balança-t-elle plus dans le but de le blesser que par réel doute. Son silence, cependant, la mit mal-à-l'aise. Elle aurait aimé voir son visage, elle avait la nette impression de manquer quelque chose. Le doute revint en elle, presque encore plus fort que samedi après-midi… Et si elle s'était aveuglée ? Si elle n'avait pas été la seule à mentir et tromper l'autre ? Et si…

« Bien sûr que oui » Finit-il par répliquer en baissant le ton « Tu ne te souviens pas de l'état dans lequel j'étais quand tu es rentrée ? »

Elle déglutit.

« Franchement Lily, tu penses que je pourrais te regarder dans les yeux et te mentir ? Tu me connais, non ? Toi et moi, on n'arrive à rien se cacher »

Justement, si. Jamais elle ne se serait crue capable de lui mentir, de lui dissimuler la vérité, de lui promettre des mensonges et pourtant, elle le faisait, tous les jours, depuis des semaines et même si elle se sentait comme une raclure de fond de chaudron, ça ne changeait rien. Et à force de voir à quel point elle était capable de fourberie, elle se demandait ce qu'il en était de lui.

D'une façon paradoxale, douter d'elle-même la poussait à douter de lui.

Elle avait crû le connaître. Elle avait eu une totale confiance en lui. Mais elle n'aurait jamais imaginé – pas une seconde ! – qu'il amène un jour, même après vingt ans de mariage, l'échangisme sur le tapis. Pourquoi avait-elle accepté ça, encore ? Pourquoi s'était-elle laissée manipuler ainsi ? Ca n'avait apporté que du négatif à son couple. C'était comme ouvrir les yeux sur sa vie et prendre conscience qu'elle avait aveuglément crû quelqu'un qui n'était pas digne d'elle… Même si à présent, elle était sans doute la moins digne des deux.

Sentant son corps commencer à littéralement trembler de froid, de colère et de dégoût, pour lui et envers elle-même, Lily attrapa une couverture et décida d'aller terminer sa nuit sur le canapé. Si elle était honnête, elle devait avouer qu'elle avait envie d'être avec James en cet instant. Pas pour le sexe, ni même pour le confort et la chaleur que son corps apporterait. Mais il avait toujours écouté ce qu'elle avait à dire, il prenait même un certain plaisir à l'entendre se plaindre de Sullivan. Elle savait que si elle débarquait chez lui là, tout de suite, elle pourrait hurler toute sa frustration en creusant un fossé dans sa chambre à force de marcher à tort et à travers, et il ne lui en voudrait pas.

A la constatation que le jeune homme lui manquait, pas le sexe, mais lui, Lily prit peur. Ce n'était pas prévu, ça. Il n'aurait dû être qu'un... sextoy vivant. Mais il avait toujours été bien plus que ça, depuis le départ. Dès le premier soir, il lui avait fait la leçon sur ce qu'avait réussi à lui faire faire Sullivan. Et il avait eu raison.

Le froid pénétra plus profondément en Lily qui avait l'impression d'être devenue un passager fantôme du Titanic, dans sa glorieuse fin. Son corps tremblait de bout en bout et ses dents claquaient tellement qu'elle en avait mal aux joues. Les larmes gagnèrent ses yeux tant la sensation était insupportable et au bout d'une demi-heure, elle retourna dans son lit, physiquement incapable d'en supporter plus.

Sullivan ne dormait pas, à sa plus grande frustration.

« Je ne t'ai pas pardonné, j'ai juste trop froid dans le salon » Bégaya-t-elle en sentant ses dents s'entrechoquer entre chaque mot. Elle n'exigea pas qu'il quitte le lit, elle savait qu'il n'en ferait rien, et rejoint le côté droit, sa place, qui était étrangement chaude comme si Sull avait voulu dormir de son côté.

Elle eut un léger pincement au cœur. Elle aussi, les premières fois, avait besoin de son odeur pour se calmer. Elle étala la couverture qui couvrait ses épaules par-dessus la couette du lit mais quand elle se réveilla, trois heures plus tard et transie de froid, elle retrouva le couvre-lit par terre. Le matin, Sullivan déclara avec une mauvaise foi évidente qu'il avait eu trop chaud et que si elle avait de la fièvre, il fallait de toute façon qu'elle se découvre.

Lily ne lui prépara pas son petit-déjeuner et déclara qu'elle irait dormir chez Myra le soir, n'ayant envie ni de partager le lit de son petit ami, ni de se congeler sur le canapé.


The pain takes control I think about you I think about me Think about the way that it used to be - I need a bottle (Time and time again, Papa roach)
« Vous voyez, juste ici ? » Sirius posa un regard ennuyé sur l'écran gris devant lui où il ne voyait strictement rien. « C'est votre bébé »

« Fœtus » Grommela-t-il

« Pardon ? » S'étonna le médecin moldu en relevant les yeux sur lui « Vous avez dit monsieur ? »

« Rien » Intervint Calix en lui envoyant un regard noir « Il est ronchon, c'est tout »

Le jeune homme soupira. Il ne savait pas comment réagir. D'un côté, il ne voulait pas être un salopard et laisser cette fille se débrouiller seule mais d'un autre, elle n'était qu'une inconnue, avec qui il avait passé une nuit – même pas mémorable en plus – et elle revenait, enceinte, et que devait-il faire maintenant ? Cette chose dans son ventre était à lui ? Il avait beau se forcer, autant qu'il le pouvait, il n'arrivait à ressentir quelque chose pour cette ... chose qui grandissait dans la jeune femme.

Il ne voulait pas de cet enfant. Il n'en voulait pas et il voulait encore moins être le genre de père qui ne ressent rien pour son gosse. Il avait été élevé par un pareil et il refusait de voir l'histoire se répéter. Il voulait être un bon père, il ne voulait juste pas l'être avec cet enfant. Cela faisait-il de lui un enfoiré ?

En plus, il était quasiment certain d'avoir fait attention. Il n'était peut-être pas un enfant de cœur mais il n'était pas débile pour autant. On ne ramène pas une inconnue totale chez soi sans prendre de précautions. En plus, il croyait qu'elle était une Moldue ne connaissant pas les sorciers alors il se souvenait parfaitement être allé aux toilettes pour se lancer le sortilège adéquat.

Quelle était la probabilité qu'il ait raté son coup ? Quelle était celle que malgré le sort, elle soit quand même tombée enceinte ? Il détestait l'idée de devoir payer, pour le reste de sa vie, entière, une erreur qu'il n'avait pas commise.

Et puis, pire peut-être, le doute ne le quittait jamais. Comment pouvait-il savoir que ce gosse était le sien ? Calix l'avait suivi sans broncher et avait couché avec lui sans même lui demander son nom entier. Elle n'était visiblement pas le genre de fille à avoir des scrupules. Qu'est-ce qui lui disait qu'elle n'avait pas couché avec quelqu'un d'autre, peu de temps avant ou après lui ? Qu'est-ce qui lui disait qu'il était vraiment le père ?

Il soupira et jeta un énième regard à l'écran. Rien à faire, ce n'était qu'un nuage de points gris sans le moindre sens pour lui. Un vague quelque chose qui représentait la fin de sa vie. Un petit pois de chaire qui allait tout changer. Un coup du sort qui allait le priver de Myra pour le reste de ses jours.

A la simple évocation de la jeune fille, il se sentit trembler. Il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas vivre sans elle, exister sans elle. Elle était tout pour lui. Etait-ce ça l'erreur qu'on lui faisait payer, l'avoir laissée partir ? Alors c'était sans doute juste qu'il soit damné. Comment avait-il pu faire ça ? Comment avait-il seulement pu regarder une autre femme ?

Toutes les nuits, il faisait les mêmes rêves. Il se revoyait à Poudlard quand ils étaient tous amis et que la vie lui semblait si douce, si facile. Il se rappelait à quel point l'idée de sortir avec elle lui avait semblé ridicule la première fois qu'elle l'avait proposé. Il se souvenait du sentiment d'injustice profond – et qu'il était incapable de comprendre alors – qui l'avait envahit quand Myriam s'était mise à tourner autour de James. Il se rappelait comme il se sentait malade et furieux quand son meilleur ami partait main dans la main avec elle. Il se souvenait qu'il passait son temps à chercher des excuses pour être en tête à tête avec elle, dans le dos de James. Il revoyait ses joues rougir quand il s'approchait trop, son visage dépité chaque fois qu'il partait, les fous rires qu'ils échangeaient, les moments d'intense complicité.

Il la revoyait heureuse et épanouie. Et se rappelait à quel point il pouvait détester James de faire naitre ça chez elle.

Il la revoyait malheureuse et perdue. Et se rappelait à quel point il pouvait détester James de lui faire endurer ça.

Il se rappelait de ses doutes, quand elle enfouissait son visage contre lui en lui demandant pourquoi elle n'arrivait pas à être avec James comme elle devrait. Il se revoyait se mordre les lèvres pour ne pas lui répondre qu'elle n'avait pas misé sur le bon maraudeur. Il retrouvait leurs tentatives timides de découvrir ce qu'il y avait entre eux. Il la revoyait le gifler quand il avait essayé de l'embrasser la première fois, puis se jeter à son coup quelques jours plus tard. Il se souvenait du sentiment si intense de liberté et de joie quand elle avait rompu avec son meilleur ami. Il revoyait la tête dépitée de James quand il lui avait annoncé leur séparation, parce que amie ou pas, ça ne l'intéressait pas de rester avec une fille qui ne couche pas. Il se souvenait de la sensation du nez de son meilleur ami sur son poing.

Il revoyait ce jour où, seuls dans la salle commune, il s'était ouvert à elle et lui avait déclaré sa flamme. Il se souvenait de leurs escapades dans les coins sombres du château pour que personne n'apprenne la vérité. Il se souvenait de la peur qui coulait dans ses veines à chaque fois que le dire à James les effleurait. Il se rappelait le jour où ils lui avaient tout dit et que James n'avait même pas semblé comprendre pourquoi ils s'étaient caché, les avait félicité et leur avait souhaité d'être heureux.

Il se souvenait de longues heures passées à s'embrasser au coin du feu.

Il se souvenait de leurs discussions interminables, de leurs prises de bec, de leurs fous rires.

Il se souvenait la première fois qu'ils avaient couché ensemble.

Il se souvenait le jour où elle avait rencontré ses parents.

Il se souvenait sa surprise en découvrant que sa famille à elle n'avait rien à envie aux Black. Il se rappelait l'avoir prise dans ses bras et lui avoir promis qu'un jour, ils auraient leur famille à eux, rien qu'à eux, et que jamais ils ne traiteraient leurs enfants comme leurs parents l'avaient fait avec eux.

Il se souvenait avoir été jaloux pour elle avoir emménagé avec elle s'être disputé avec elle l'avoir aimée et détestée s'être posé des questions avoir laissé son regard trainer ailleurs s'être laissé convaincre par ses imbéciles d'amis qu'il était trop jeune l'avoir perdue.

Il visualisait sa quête sans fin à la recherche d'une autre femme qui pourrait lui arriver à la cheville, lui faire ressentir la moitié de ce qu'elle provoquait en lui. Il se souvenait s'être conduit comme le dernier des abrutis et un pauvre type. Il la voyait chez James, si mal, si blessée et si forte. Il se souvenait l'entendre crier qu'il n'avait pas le droit de ne pas assumer son enfant. Il la voyait partir à jamais. Et il se voyait la détruire.

« Monsieur ? Monsieur ? »

« Black ! »

Sirius sursauta et observa le médecin devant lui qui avait l'air perdu de voir des futurs parents si peu emballés de l'arrivée de leur enfant.

« Vous voulez un souvenir de l'échographie ? »

« C'est bon, je peux partir ? » Demanda-t-il sans aucun tact. Calix lui envoya un regard noir et il tourna les talons, se demandant même pourquoi il était venu au départ. Il n'y avait eu aucun déclic chez lui, il n'avait pas réalisé quelque chose de fantastique face au petit boitier, aucune étincelle magique lui faisant comprendre qu'il allait être papa. Non. Rien. Que de la colère et des regrets.

Sirius rentra chez lui, voulant juste s'affaler dans le canapé avec une bouteille de whisky et s'abrutir d'alcool jusqu'à ne plus pouvoir penser. Malheureusement, il n'habitait pas seul et la seule chose qu'il trouva en passant sa porte fut Remus et Michèle en train de s'embrasser furieusement et sans aucune retenue au milieu de son salon.

Il claqua la porte et ils sursautèrent, se séparèrent, les joues rouges et le souffle court. Il déglutit et sans leur adresser un mot alla chercher sa bouteille dans l'armoire sous l'évier avant de venir s'asseoir dans son canapé, toujours sans les regarder, et de se servir un verre. Son ventre était douloureux et sous ses yeux, ce n'était pas Remus et sa petite amie qu'il avait mais Myra et lui-même, alors qu'ils venaient juste d'emménager. Il goba son verre avant que les larmes lui montent aux yeux.

Putain de chienne de vie !

« Tout va bien ? » Demanda d'une voix soucieuse Michèle. Sirius posa les yeux sur elle et secoua la tête. Une blonde, à forte poitrine et dont les vêtements étaient un pousse au crime. Il n'avait jamais vu Remus avec une pouffiasse de ce genre – c'était plutôt son truc à lui, ça.

« Tout est impecc » Assura-t-il en avalant son second verre tout aussi vite sous le regard désapprobateur de Remus. De toute façon, Remus était toujours désapprobateur, en train de juger les autres et de donner son avis sur tout. Il était tellement mieux que tout le monde, monsieur parfait. Jamais il ne mettrait une fille en cloque, lui. « J'ai une putain de vie de rêve » Articula-t-il en déglutissant son troisième verre, la sensation brûlante de l'alcool presque réconfortante.

« Tu devrais peut-être y aller molo» Proposa Remus en se redressant. La fille acquiesça.

« Oh, je casse l'ambiance, c'est ça ? Tu ne veux pas que ta poule voit avec quel genre de looser tu vis ? »

« Sirius » Déclara Remus d'une voix froide « Je ne parle pas avec toi quand tu bois »

« Bien sûr. Monsieur parfait ne boit pas » grommela Sirius. Un autre verre et encore un descendant sa gorge. « Il ne crie pas. Il n'a jamais aucun foutu problème, lui »

« C'est un peu facile, ça » Lança la blonde en se penchant pour attraper le verre de Sirius et le boire à sa place. Il sentit l'animal sauvage en lui grogner et il reprit son dû pour le remplir et le vider à nouveau. « Remus doit se battre continuellement ! Il ne peut pas garder de boulot, de fiancée, et maintenant ses amis se retournent contre lui ? Tu devrais plutôt t'inspirer de son courage ! »

Quand elle arrêta de parler, les oreilles du dit Remus étaient toutes rouges. D'un vague geste de la baguette, il fit venir à lui deux verres, en remplit un des deux et se joignit à la beuverie. « Hum... merci » marmonna-t-il en déglutissant une partie du whisky de Sirius.

Sirius se mordit les joues. C'était plus facile de s'en prendre à James dans ces cas là. James avait une putain de belle vie – ses parents l'aimaient, ses amis l'aimaient il aimait son boulot, aimait des filles sans vraiment les aimer et quand tout était fini, il ne se retournait pas. James avait toujours eu tout ce qu'il voulait. James était un connard de chanceux qui finissait toujours par avoir la plus grosse part du gâteau. C'était trop dur d'en vouloir à Remus.

« Et toi ? » Demanda soudain Sirius en se servant à nouveau « Michèle, oh ma belle » Elle le fusilla du regard. « Ca doit être vraiment dur d'être une putain de bombe sexuelle »

« Sirius ! »

« Quoi ? Si elle avait honte de ce qu'elle est, elle s'habillerait pas comme ça !» Répliqua le jeune homme en montrant son décolleté, sa mini-jupe et ses talons hauts perchés. Au milieu de la rue, elle se serait facilement faite passée pour une pute, et tous les trois le savaient très bien.

« Il n'y a pas trente-six façons d'obtenir ce qu'on veut dans la vie » Répliqua-t-elle « Tu as des atouts, tu t'en sers. N'essaye pas de me faire croire que quelque chose chez toi est naturel »

Sirius renifla d'un air méprisant. Il y avait une différence entre prendre soin de soi et s'afficher aussi ouvertement et aussi vulgairement. Pas besoin d'être devin pour voir que Remus voulait juste tirer son coup – ce que Sirius ne lui reprocherait pas cependant, c'était rare, pour Remus.

« Si tu t'en donnes les moyens, la vie t'apportera ce que tu veux » Continua-t-elle « il suffit de le vouloir assez fort »

« Donc la pétasse que j'ai mis en cloque va faire une fausse couche si je supplie assez ? » Lança-t-il vertement en buvant à nouveau. Il savait qu'il faisait un très mauvais buveur. Il s'en prenait sans cesse aux gens autour de lui et devenait malpoli. Mais, une fois la bouteille en main, il s'en fichait pas mal à vrai dire...

Michèle le fixa comme un fond de raclure de chaudron. « Même si t'es fâché contre ta copine, c'est pas une raison pour- »

« C'est pas sa copine » Intervint Remus « juste une fille qu'il a ramassé »

« Oh » Michèle se mordit les lèvres « Et le test de paternité te désigne ? »

« Le test de quoi ? »

Un soleil venait d'apparaitre dans son ciel. Dieu existait. Un feu d'artifice venait d'être lancé. C'était l'épiphanie. On pouvait savoir qui était le père par un test ? Il lui restait une chance, même minime, d'échapper à son destin funeste ? Il fut interrompu dans son fantasme par des coups tapés à la porte.

« SIRIUS ! OUVRE CETTE PUTAIN DE PORTE ! »

Le simple fait d'entendre la voix de Calix le ramena à la réalité. Ce n'était qu'un rêve. Un magnifique rêve. Il ne serait jamais débarrassé de cette sangsue. Comme Sirius ne bougeait pas le petit doigt, Remus alla ouvrir. La fille se précipita dans l'appartement comme un boulet de canon alors que Sirius terminait la bouteille en quatre grandes gorgées qui faillirent bien l'étouffer. Il toussait encore quand elle commença à crier des choses sur son manque d'implication, sur son comportement, sur sa façon inacceptable d'agir et sur tout un autre tas de choses.

Il la regardait d'un œil vitreux sans dire un mot. Quand, enfin, elle arrêta de jacasser, il ouvrit la bouche et déclara « Je veux un test de paternité »

Elle blanchit, recula de deux pas, regarda autour d'elle et se laissa tomber dans le fauteuil le plus proche.