CHAPITRE 9

Bonjours à tous ! Je sais que je n'ai absolument rien dit pour l'entrée du dernier chapitre. J'en suis désolée. Surtout qu'il était en retard et tout. Vous avez le droit de me haïr.

Mais enfin, en voilà un nouveau, tout beau, tout frais, un peu différent des autres - j'espère que vous apprécierez tout de même ;)

Les prochains chapitres risquent forts de venir avec un peu de retard.

Pourquoi, me demanderiez vous ?

Parce que je commence ma session de concours blanc à la fin de la semaine. Et je ne vous cache pas qu'il est assez ardu de passer un concours blanc en écrivant des fanfictions sur Sherlock.

Enfin ! Ca ne devrait pas faire un délai de plus de deux semaines. Je sais, c'est beaucoup. pardon. J'aime les pommes de terres.

Encore une fois, merci aux reviewers ! Je vois que le dernier chapitre à plut, ce qui me rassure plutôt pas mal x)

Alors !

Mimi Kitsune: déjà, merci pour tes reviews à chaque chapitre. Je sais que ça prend du temps, et j'apprécie vraiment beaucoup. Et, en effet, Moriarty peut resurgir à tout moment. Il suffit d'un bref instant de panique de James, et la porte de la chambre de son palais mental où il est enfermé s'ouvrira. Je suis contente que l'idée te plaise :3

LaFacette: oh mais recoucou ! De la tension dans l'histoire ? Tant mieux. Et nous n'en sommes qu'à la moitié ;) Et, je sais, pour les répétitions, mea culpa -^- et attends de voir le nombre de fois où j'écris "lentement", "doucement", "c'est à peine". Si on gagnait un euro à chaque fois que j'écris ça, on aurait l'équivalent du PIB par jour du Luxembourg. Merci encore pour ta review !

Guest: bienvenu ! Je suis très heureuse que l'histoire te plaise, et j'espère que ce nouveau chapitre ne te décevra pas !

SUR CE, BONNE LECTURE, JE NE VOUS EMBÊTE PAS PLUS

OoOooOooOoo

John Watson ne bougeait pas. Il se tenait, droit sur sa chaise, fixant résolument la vitre en demi-teinte, derrière laquelle il savait se trouver Greg Lestrade.

Il ne pouvait pas vraiment prétendre qu'il ne savait pas pourquoi il était ici. Il se doutait bien que l'inspecteur avait fini par prendre conscience de quelque chose, d'un des petits secrets que le docteur s'efforçait de protéger. Il savait également qu'il n'allait s'agir que d'un simple interrogatoire- il n'avait pas enfreint la loi, Lestrade n'avait aucune raison de l'enfermer.

Mais John n'en demeurait pas moins inquiet. Il ne savait pas vraiment ce que l'homme avait trouvé. Quelque chose concernant Sherlock ? Sur Moriarty ? Sur les deux ?

Quoiqu'il en soit, il savait être un mauvais, un très mauvais menteur. Quelque soit le secret qu'il devrait défendre, il avait bien trop peur de laisser échapper les mauvaises informations.

Il prit une grande inspiration, souffla longuement. Il devait impérativement se calmer. Penser à autre chose- à Mary, par exemple. Il avait rendez-vous avec elle, ce soir.

Un léger sourire étira ses lèvres, à cette idée. Il ne la connaissait certes pas depuis bien longtemps- mais il l'appréciait, l'appréciait vraiment. Bien plus qu'il n'avait apprécié toutes les autres femmes.

Il y avait quelque chose, en elle, qui l'attirait, l'intriguait. Et John avait toujours aimé tout ce qui était intriguant.

La porte s'ouvrit toute grande, brusquement. Lestrade fit irruption dans la pièce, à pas conquérant. John s'efforça de lever les yeux vers lui, de soutenir son regard.

L'inspecteur n'était plus que l'ombre de lui-même. L'enquête lui pompait toute son énergie, toute sa volonté, tout son temps. Il avait maigri, de toute évidence. Les joues creusées par le manque de sommeil. Les yeux cernés, fiévreux. Les mains tremblantes, fébriles, refermées sur un épais dossier, qu'il tenait précieusement plaqué contre son flanc.

Sans un mot, il s'avança. Laissa tomber son fardeau sur la table métallique.

Le bruit résonna dans la salle, longtemps, répercuté par les différents échos. John ne put retenir un sursaut.

Lestrade semblait à bout de force, c'était vrai. Mais, malgré tout, son regard, son expression, les traits de son visage rayonnaient d'une joie victorieuse, lumineuse.

Il fut le premier à parler. Sa voix tomba, comme une sentence- lame du bourreau s'abaissant sur sa nuque vulnérable.

« Richard Brook n'existe pas. »

John déglutit, papillonna des cils. Le regard de l'inspecteur avait une telle intensité que, l'espace d'un instant, le docteur crut bien se retrouver face au regard scrutateur de Sherlock. Sans broncher, sans dire un mot, il observa Lestrade, qui ouvrait tout son dossier, éparpillant ses preuves devant lui.

Il avait décortiqué chaque pièce de l'identité de Brook, démantelé chaque petite incohérence. Il avait creusé profondément autour des informations concernant Moriarty, mis en lumière des affaires, des vieilles enquêtes qui lui étaient liées. Il avait recoupé des témoignages, des documents officiels. John n'imaginait pas le temps que cela avait dû lui prendre. Des jours ? Des semaines ? Des nuits entières, passées à plancher sur le sujet, carburant au café, à l'adrénaline, au besoin de savoir.

Et le résultat était là. Plus personne ne pourrait croire, soutenir, face à cela, que Moriarty ait pu être une invention.

« Je sais ce que tu pensais, John, » reprit Lestrade, la voix tremblante. « Tu pensais que Sherlock t'avait menti. Mais les preuves sont là… ! »

Il désigna l'amas de feuilles et de photos, d'un large mouvement de la main. John le fixa un instant, sans comprendre. Où Diable Greg avait-il bien pu dénicher cette idée saugrenue ?

L'inspecteur tira la chaise face à lui, s'y laissa tomber. L'une des ses mains vint frotter ses yeux fatigués. Il oscillait entre épuisement, et excitation à l'idée d'avoir fait une avancée.

« Alors, je t'en prie, John, » continua-t-il, suppliant. « Dis-moi ce que tu sais. Pour que nous puissions trouver Moriarty, et rétablir la mémoire de Sherlock. »

Une pierre tombant sur son estomac ne lui aurait pas fait un effet différent. Jamais Lestrade n'avait paru si misérable, si avide de son soutien. Pendant un instant, un bref instant, John crut bien qu'il allait ouvrir la bouche, déballer toute son histoire. Il y crut sincèrement. Lestrade était un ami, un ami proche, et John haïssait le voir dans un tel état.

Mais il avait fait une promesse. Il avait promis à Sherlock.

Alors, il se tut. Parce que Sherlock était plus important que tout, Sherlock était son meilleur ami. Et qu'il ferait absolument tout pour lui.

Alors, il força un pauvre sourire, étouffa la peine et la culpabilité que réveillait en lui l'expression de Lestrade.

Alors, il se releva, lentement. Les pieds de sa chaise raclèrent contre le sol, crissement insupportable.

« Je ne sais rien de plus, Greg. Désolé. »

La déception affaissa les traits de l'inspecteur. Il eut l'air de vieillir de vingt ans, en moins de deux secondes. John ne put s'empêcher de détourner le regard, le fixant sur la porte.

Il ne pouvait plus rester ici. Il ne devait plus rester ici. Il ne devait plus s'impliquer dans cette enquête. S'obstiner dedans serait le meilleur moyen de dévoiler la vérité au grand jour.

Il passa une main tremblante dans ses cheveux. Il devait se retirer de l'enquête.

Même si cela signifiait laisser tomber Lestrade.

OoOooOooOoo

Sherlock. Je ne supporte plus de devoir mentir. J.W

Tu aurais vu le regard de Lestrade, tout à l'heure… J.W

Pourquoi suis-je obligé de mentir, de toute façon ? J.W

Moriarty est trop légumeux pour pouvoir te poser des bâtons dans les roues si jamais tu revenais officiellement à la vie. Et ses snipers principaux sont morts, maintenant. J.W

J'ai plusieurs objections, mon cher John. S.H

Premièrement, quel regard de Lestrade ? Qu'a-t-il découvert ? S.H

Et, deuxièmement, James n'est plus si légumeux que ça. Je dirais même qu'il était particulièrement alerte, la dernière fois que je l'ai vu réveillé. Il marchait tout seul, et il en a profiter pour chouiner sur la laideur d'un tableau suspendu dans les toilettes. S.H

Mais ce serait mentir que de dire que je n'approuve pas le fait qu'il s'agit d'une insulte pour les yeux. Et pour l'âme. Et pour l'art. Qui peint des choses pareilles, je te le demandes. S.H

Je vais faire semblant de ne pas avoir lu tes deux derniers messages, Sherlock. Parce que je pourrais en faire, au choix, une crise d'angoisse, ou une crise de colère. J.W

Ce que je voulais dire, c'est que Lestrade à trouver des preuves de l'existence de ton cher « James ». Et qu'il m'a demandé de plus ample information. Et que j'ai dû l'envoyer paître. J.W

J'ai quitté l'enquête. J.W

Si tu l'avais vu, Sherlock… j'ai eu l'impression de le trahir. J.W

Prends-toi un bon chocolat chaud, tu te sentiras mieux. S.H

J'espère que tu plaisantes, Sherlock. J.W

Pardon. C'était de mauvais goût. S.H

Je suis un peu fatigué, en ce moment, je dois bien l'admettre. Je viens de détruire une bonne partie d'un réseau de James. Je ne suis même pas encore retourné au chalet. S.H

Pardon. S.H

*Moriarty. S.H

Mais je te remercie, John. Il est impératif que ma survie reste secrète. Peut-être que les principaux snipers sont morts, mais il en avait partout dans le monde. S.H

Tant qu'il en reste, en vie… je dois rester mort. S.H

Mais tu n'aurais pas dû quitter l'enquête. J'ai besoin d'information. Si l'assassin retrouve James… S.H

S.H

*Moriarty. S.H

A te lire, Sherlock, c'est la facilité même. Mentir à tout le monde. Prétendre d'ignorer des choses pareilles. J.W

Je crois que tu ne réalises pas bien tout ce que je fais pour toi. Et je ne suis pas le seul. As-tu au moins pris des nouvelles de Mycroft, récemment ? J.W

Je sais, John, je sais tout ce que tu fais pour moi. Et je ne te remercierais jamais assez. S.H

Mais qu'est ce que Mycroft vient faire là-dedans ? S.H

Il s'inquiète pour toi. Il s'inquiète beaucoup. Je peux te l'assurer, jamais il n'a paru si fatigué. Un vieil homme. J.W

Et je sais de quoi je parle, il me kidnappe presque tous les jours pour prendre du thé. J.W

C'est regrettable pour lui. Mais Mycroft a toujours été vieux. S.H

Je t'assure qu'il ne s'inquiète pas tant que ça, John. Je le connais. Il est juste contrarié de ce qu'il voit par ses caméras. S.H

Tu veux dire, toi qui fais la lecture à Moriarty ? J.W

Oui, il l'avait mentionné. Comme le fait que tu l'as laissé seul avec Molly. J.W

A quoi pensais-tu, d'ailleurs ? Il va la tuer. J.W

Et bien sûr que ce qu'il voit par ses caméras le contrarie. Justement parce qu'il S'INQUIETE pour toi, et que tu ne sembles faire que des mauvais choix. J.W

Il ne parvenait pas à lire seul, et je ne pouvais pas le laisser comme ça. Combien de fois vais-je devoir le répéter ? S.H

Il ne fera rien à Molly, de surcroît. James est inoffensif, et Moriarty est oublié. De toute façon, je serais bientôt de retour. S.H

Et je ne fais pas de mauvais choix. Au contraire. J'essaye de faire du mieux que je peux. Je suis conscient des désagréments que vous cause la situation, mais je n'essaye que d'accomplir ce qui est juste. S.H

Et Mycroft est simplement inquiet à l'idée de devoir s'expliquer auprès de nos parents s'il échoue dans ma protection. Une nouvelle fois, je te rappelle que je le connais bien. S.H

Je sais que tu agis selon ce qui te semble juste, Sherlock. Seulement, je pense que tu te trompes. Sur bien des points. J.W

Que veux-tu dire, John ? S.H

Que ce soit clair, Sherlock. Je vais continuer à te soutenir. Je te soutiendrais toujours. Si je dois garder le secret, alors je le garderais. J.W

Mais ne pense pas une seule seconde que j'approuve ça. J.W

Tout ce que je te demande, c'est de cesser d'agir comme une créature ingrate, et d'houspiller les gens qui se démènent pour toi. J.W

Maintenant, tu m'excuseras. J'ai un rendez-vous. J.W

Un rendez-vous ? S.H

Avec qui ? S.H

Comment ça ? S.H

Tu as une petite amie ? S.H

Comment s'appelle-t-elle ? S.H

John ? S.H

Jooooohn. S.H

Qui est-ce ? S.H

John. S.H

John. S.H

John. S.H

JOHN. S.H

OoOooOooOoo

Mycroft, rends toi utile et éclaire ma lanterne. S.H

Je serais parfaitement ravi de l'éclairer, cher petit frère. Simplement, je ne suis pas magicien, et je crains fort que ta pauvre petite caboche soit à jamais condamnée à rester éteinte. M.H

Très spirituel. Qui est la petite amie de John ? S.H

Tu ne la connais pas. M.H

Présente-la moi. S.H

Ce serait avec grand plaisir. Si je n'étais pas occupé, moi, à avoir un vrai travail. M.H

J'ai un vrai travail, Mycroft. Je te signale que j'en reviens, par ailleurs. S.H

Réponds à ma question. S.H

Un jour, tu me causeras ma mort, petit frère… M.H

Mary Morstan. Blonde. Aime les chats. Anglaise. Orpheline. Nouvellement arrivée dans la ville. Une jeune femme sans histoire, vraiment. M.H

Officiellement, bien sûr. M.H

Mais quelque chose me dérange chez elle. Je ne suis pas sûr de savoir quoi. Il faudrait que je la rencontre, pour cela. M.H

Tu ramollis. S.H

L'âge est un fléau qui nous touche tous. Même des êtres aussi exceptionnels que moi. M.H

Je trouve que l'exceptionnel a vu ses critères au rabais. S.H

Que nenni. Il faut au moins être un demi-dieu pour pouvoir répondre à tes messages en toute discrétion, sans que Sa Majesté ne le remarque. M.H

Cette chère Babeth. Elle devrait vraiment mettre ses lunettes. M.H

Je t'imagine très bien, occupé à taper des textos sous la table comme un adolescent soi-disant rebelle. S.H

As-tu gardé un œil sur le chalet ? S.H

Si j'ai continué à surveiller un criminel mondialement recherché ? La réponse est oui, petit frère. Nous ne sommes pas tous si inconscient que toi. M.H

Epargne moi ton sarcasme. Comment vont-ils ? S.H

Réponds moi, Mycroft. Je sais que tu as vu ces messages. S.H

Arrête de bouder. S.H

Molly va bien, Sherlock. Aussi bien qu'il est possible d'aller en s'ennuyant comme un rat mort, enfermé avec quelqu'un qui est bien trop occupé à se morfondre sur le départ de son cher « Sherly » pour lui adresser la moindre parole. M.H

Les choses vont s'arranger, puisque je vais rentrer. S.H

Oh, mais bien sûr… si Sherlock est là, tout va pour le mieux. M.H

Tu crois vraiment qu'ils vont t'accueillir à bras ouverts ? Ils ont passés une très mauvaise semaine, en ton absence. Et je suis prêt à parier mon parapluie à pois que Moriarty n'est pas du genre à pardonner ce qu'il doit considérer comme un abandon de ta part. M.H

Eh bien, heureusement pour moi qu'il n'est pas question de parler à Moriarty. S.H

Qu'est-ce que tu veux dire, Sherlock ? M.H

M.H

Oh, tu pourrais me répondre, au moins. M.H

je plaisantais, pour mon parapluie à pois. M.H

Je le garde. M.H

Tu m'entends ? M.H

Tu ne l'auras jamais. M.H

Oh, et maintenant tu m'ignores ? M.H

OoOooOooOoo

Jooooohn, tu es en retard ) M.M

Je sais, je sais… j'étais un peu occupé à remettre quelque chose au point avec quelqu'un, et le bus en à profiter pour partir sans moi. J.W

Mais ne t'en fais pas, j'arrive ! J.W

A pieds. J.W

Eheh. Tu ne m'en voudras pas de commencer sans toi ? M.M

Et laisses moi relever l'exceptionnelle clarté de ton « quelque chose avec quelqu'un » ~ M.M

Bien sûr. Commence autant que tu veux. Je ne suis plus très loin. J.W

Tu as passé une bonne journée ? J.W

Oh, harassante. Le travail, vraiment… M.M

A qui le dis-tu. J.W

Mais, en fait, je ne t'ai jamais demandé… quel est ton travail ? J.W

Disons que je me débarrasse de quelques déchets. Rien de bien folichon. M.M

Folichon ? Ce mot s'utilise toujours ? J.W

Pas de condescendance, Mr. John Hamish Watson ! Je vous rappelle que vous êtes en retard à notre rendez-vous, et que c'est très impoli ^; M.M

Mon Dieu, je déteste quand tu utilises mon deuxième prénom. J.W

C'est bien pour ça que je me fais un plaisir de le mettre un peu partout :) M.M

Oh, est-ce que c'est toi, que je vois de l'autre côté de la rue ? M.M

Précisément. J.W

C'est dangereux d'envoyer des messages en marchant, John… M.M

Ne t'en fais pas, je suis habitué. J.W

ATTENTION, LE POTEAU- M.M

Trop tard. M.M

Je te l'avais dit, chéri. C'est dangereux. M.M

OoOooOooOoo

Molly, je crois que je me suis cassé le nez. J.W

Bonjours à toi aussi, John. J'apprécie beaucoup que les premiers mots que nous échangeons depuis plus d'un mois concerne ton nez. M.H

Comment est-ce arrivé ? M.H

Rencontre fortuite avec un poteau. J.W

Et je te présente mes excuses. Je n'avais… J.W

Disons que je n'avais pas vraiment la tête à envoyer des messages. J.W

Tu en envoyais bien à Sherlock. M.H

Mais je ne t'en veux pas, je sais bien que nous ne sommes pas amis proches. M.H

Il est à côté de toi, pas vrai ? J.W

Jim ? Bien sûr. Je crois qu'il dort. Où qu'il boude, je n'en suis pas bien sûre. M.H

Pourquoi cette question ? Tu ne vas pas me faire croire que tu tiens réellement à prendre de ses nouvelles. M.H

Quelle est la VRAIE raison de cette reprise de contact, John ? M.H

Qu'est ce que c'est que cette habitude que vous avez prise, à l'appeler « James » ou « Jim » ? Est-ce que vous êtes tout les deux devenus inconscients ? Cet homme est MORIARTY ! J.W

C'est compliqué, John. M.H

Je réitère ma question. Pourquoi ces messages ? M.H

Je ne sais pas réellement. J'attends que Mary revienne. J.W

Elle est sortie passer un appel. J.W

Mary ? M.H

Oooh. C'est bien, que tu n'abandonnes pas ta vie sociale, malgré… ce que tu sais. M.H

Je suppose, oui. Et ça en fera autant pour ces journaux et leurs « John Watson, le célibataire endurci ». J.W

Bien sûr. M.H

Mais, juste une petite question. M.H

Es-tu au courant qu'il est très malpoli d'envoyer des messages à une autre femme quand on est en plein rencard ? M.H

Eteins moi tout de suite ton portable, et jette le dans la carafe d'eau. Je suis sérieuse. M.H

Mary téléphone bien, elle. J.W

Téléphoner n'est pas texter. C'est plus franc. M.H

Je ne veux plus recevoir un seul message de ta part, ce soir. M.H

M.H

Bien ! M.H

OoOooOooOoo

Molly. S.H

Sérieusement ? Je n'ai pas reçu le moindre message en une semaine, et tout le monde m'en envoie, juste ce soir ! M.H

Tout le monde, vraiment ? J'en doutes. S.H

Mais j'ai une bonne raison. Je serais de retour dans deux heures. S.H

Oh, très bien. M.H

Nous commencions à trouver le temps long. M.H

Mais je t'avoue que je suis étonnée de recevoir un message pour me prévenir. M.H

Je tâte le terrain. Subtilement. Afin d'être absolument certain de ne pas être reçu à coup d'insulte. S.H

Et j'ai quelques questions à te poser, avant de venir. S.H

Sur Jim, bien sûr. M.H

Bien sûr. S.H

Et bien, je ne sais quoi dire, Sherlock. Il m'a semblé fidèle à lui-même. Un peu plus renfermé, peut-être. Plus agité. Il n'a pas fait de remarque sur la laideur du tapis de la salle de bain depuis que tu es parti. M.H

Il n'a jamais aussi mal dormi, je crois. Il semble retrouver quelques souvenirs. M.H

Je n'ai pas cherché à en savoir plus. Je t'avoue qu'il m'a un peu effrayée. M.H

Il t'a effrayée ? Pourquoi ? Il t'a menacé ? T'as gratifié d'un regard meurtrier ? S.H

Pas du tout, Sherlock. C'est simplement… ce qu'il a dit, lorsqu'il a fait ce cauchemar. M.H

Mais je ne pense pas qu'il aimerait que je t'en parle. M.H

Ce n'est pas grave. Explique-moi quand même. S.H

Demande-lui toi-même. Ne me mêle pas à ça. M.H

Il ne me répondra pas. S.H

Il ne me répond pas depuis plus d'une semaine. S.H

Ce n'est pas mon problème. Je ne peux pas le forcer à supporter ton caractère. M.H

Molly. S.H

Molly. S.H

Molly. S.H

Je vais éteindre mon portable, Sherlock. Je te le jure. M.H

S.H

Tu avais autre chose à me dire ? M.H

De toute évidence, non. S.H

Je vois. M.H

Je dirais que tu es contrariée, Molly. S.H

Pas le moins du monde. Comment s'est passée ta mission ? M.H

Merveilleusement bien. D'une facilité effarante. Aussi nombreux soient-ils, ces gens là sont complètement perdus sans Moriarty. S.H

Parfait. M.H

En effet. S.H

S.H

Si, tu es contrariée. Qu'est-ce que j'ai dit ? S.H

Rien, Sherlock. Et c'est le problème. M.H

Enfin, tu arrives bientôt. C'est ce qui importe. M.H

Essaye tout de même de parler à Jim, avant de rentrer. Je doute qu'il t'accueille avec le sourire, et il a retrouvé assez de forces pour te crier dessus. M.H

J'en prends note. S.H

Que veux-tu dire, Molly, par « c'est le problème » ? Explique-moi. S.H

John avait raison. C'est effarant de voir à quel point tu peux être ignorant sur certaines choses. M.H

Quelles choses ? S.H

Peu importe. Ce n'est pas à moi de t'en parler. M.H

Je suis ravie de voir que je t'ai manquée, en tout cas. M.H

Ça fait toujours plaisir. M.H

Tu m'as manquée, Molly. S.H

Je ne crois pas, Sherlock. Et je ne t'en veux pas. M.H

Mais c'est agréable de le lire, un peu. M.H

Molly ? S.H

A tout à l'heure, Sherlock. Tâches de faire ce que je t'ai dit. M.H

OoOooOooOoo

Bonsoir, James. S.H

Tu es sur le chemin du retour. J.S

En effet. S.H

Parfait. Va-tu enfin me dire où tu étais parti ? Sans prévenir. J.S

J'avais du travail. S.H

Quel travail ? J.S

Tu ne voudrais pas savoir. S.H

J'en déduis qu'il s'agit soit d'une chose illégale, soit d'une chose qui me concerne. J.S

Te connaissant, ça doit-être la deuxième option. J.S

Voyons, qu'est ce qui me concerne, et qui pourrait éveiller ton intérêt ? J.S

Tu es un détective, j'ai tenté de te tuer, je sais que je suis capable de commettre des crimes. Je pense que je pourrais même avoir gérer un groupe criminel. Une mafia, par exemple. J.S

Ton absence de réponse m'indique que j'ai raison. J.S

Tu étais occupé à le détruire, ce groupe. J.S

Une partie, oui. S.H

Une partie ? C'est si vaste que ça ? J.S

Attends. Ne réponds pas. J.S

Je ne veux pas savoir. J.S

James. S.H

Quel genre de personne j'étais, Sherlock ? Quel genre de créature ? J.S

J'ai peur de savoir. J.S

Pourquoi tu es parti, comme ça ? J.S

Non, c'est une question ridicule. Oublie-la. J.S

J'ai peur de savoir, j'ai peur de me souvenir. Il y a toujours ces portes, que je n'ose pas ouvrir. Qu'est-ce que je vais y trouver ? J.S

Non. Oublie ça. Ce n'est pas important. J.S

J'espère que tu arrives en un seul morceau. Si tu es blessé, je te jure que je te le ferais regretter. J.S

Je suis parfaitement intact, merci de ta sollicitude. Mon écharpe est simplement déchirée. S.H

Oh, non. J'aimais cette écharpe. J.S

Moi aussi. S.H

James, j'ai plusieurs choses à te dire. S.H

Si c'est important, ne les dis pas par SMS. C'est affreusement plat. J.S

C'est important. S.H

Mais tu vas quand même m'en parler par message. J.S

Bien sûr. S.H

Rustre sans manière. J.S

On me le dit souvent. Mais de manière beaucoup plus imagée. S.H

Tout d'abord, pourquoi « J.S » ? S.H

Ce sont mes initiales, Sherly. J.S

Mais, c'est vrai. Tu dois être habitué à « J.M ». J.S

Ce n'est pas mon nom. J.S

Je déteste ce « M ». J.S

J'aimerais l'effacer. J.S

Tu l'as effacé, d'une certaine manière. Tu l'as oublié. S.H

Peut-être. Mais je retrouve mes souvenirs. Et je l'entends gronder, derrière sa porte cadenassée. J.S

Il est plus fort que moi. S'il sort, je ne pourrais pas le retenir. J.S

Tu pourras le retenir. S.H

Ais-je déjà réussi ? J.S

Je crois que oui. Sur le toit de l'hôpital. S.H

Lorsque j'ai tenté de me tuer. J.S

C'est intéressant. Je dois mourir pour l'arrêter ? Je devrais peut-être m'y mettre maintenant. J.S

Tu n'as pas à faire ça. Mieux, je te l'interdis. S.H

Sherly, je ne sais pas ce qu'il m'a fait faire. Je ne suis pas sûr de vouloir savoir. Mais je suis certain de ne pas avoir envie de le voir ressurgir. J.S

Il ne ressurgira pas. S.H

Et pourquoi pas ? J.S

Parce que tu n'en as plus besoin. S.H

Tu n'as plus besoin de sa protection. Tu n'as plus besoin de te cacher derrière lui. S.H

Je me gausse, Sherly. Je ris tellement que j'en tomberais presque de ce lit. J.S

Je suis terrorisé, et ces cauchemars et souvenirs n'arrangent rien. Tu n'imagines pas ce que je donnerais pour oublier, de nouveau. Et il y a encore tant de choses que j'ignores. J.S

Tu n'as plus besoin de lui. Tu m'as moi. S.H

Bien sûr. Je suis touché, Sherlock. J.S

Mais permets-moi d'en rire, quand tu as littéralement disparu, une semaine, sans le moindre avertissement. J.S

Ça n'arrivera plus. S.H

Uh. J.S

Serais-tu malade, Sherly ? Qu'est-ce qui te prends ? J.S

Des promesses solennelles, comme ça, c'est si… mélodramatique. J.S

Réflexion faite, ça te convient parfaitement. Mais permets moi d'être sceptique, et de ne pas te croire, darling. J.S

Réaction normale et logique. S.H

C'est donc à moi de prouver ma bonne volonté. S.H

Diantre ! Tu connais ce mot, Sherly ? Bonne volonté. Incroyable. J.S

Je suis tout aussi ébahi par ton utilisation d'un mot du dix-septième siècle. S.H

Mais sois sérieux deux minutes, Sherlock. Tu ne pourras pas être là tout le temps. J.S

Je le peux. S.H

Menteur. Que feras-tu, une fois que tu n'auras plus besoin de te cacher ? J.S

Tu es quelqu'un de bien. J.S

Du côté des anges. J.S

Tu me remettras à la police, et tu m'oublieras. J.S

Je suis peut-être du côté des anges, mais ne penses pas une seconde que je suis l'un d'entre eux. Tu es innocent, James, je n'ai aucune raison de te remettre à Lestrade. S.H

… Mon Dieu, j'ai une sensation de déjà-vu. Je déteste ça. Je crois que ça pourrait me mettre en rage. J.S

Et- pardonne moi, mais, innocent ? La bonne blague. Je sais que j'ai du sang sur les mains, beaucoup de sang. J.S

Ne t'énerve pas. Pense aux croissants du matin. S.H

Et tu n'es pas responsable des actes de Moriarty. S.H

C'est ça le plus triste, Sherly, il n'y a plus de croissant. Que des biscottes. J.S

Je hais ce nom. Vraiment. Ne l'écris plus. J.S

Et, tant que tu y es, cesses un peu d'écrire des inepties. J.S

Je suis sérieux, et je le pense. S.H

(Veux-tu que je remédie à ce problème de biscotte ?) S.H

J'étais conscient, quand il a agi. De ce dont je me souviens, bien sûr. J.S

Et il vit dans ma tête, dans mon esprit. J'en suis responsable. Je devrais le retenir. J.S

La vérité, Sherly, c'est que j'ai -ou j'ai eu- des pulsions meurtrières, et que ça a fait des morts. Je ne suis pas sûr de vouloir échapper à la sentence que je mérite. J.S

(Tu serais un amour. Mais plus tard. Contente-toi de rentrer vite.) J.S

Et je ne te laisserais certainement pas payer pour les actes d'un autre. S.H

Le monde serait tellement ennuyant, avec toi croupissant en prison. S.H

Trop d'honneur, Sherly, j'en rougis. J.S

Il n'empêche, j'aimerais voir la tête de ton frère ou de John si tu décidais de me garder caché, encore quelques mois de plus. J.S

Pas moi. S.H

Sans blague :) J.S

J'étais sûr que tu étais du genre à mettre des smileys dans tes messages. S.H

Et je pensais que tu étais du genre à n'écrire que des messages de type télégramme. J.S

Du genre : Maison. Maintenant. J.S

Ou bien : Faim. Restaurant ? J.S

Ou alors : Expérience Ratée. Fait exploser l'appart'. Pardon. J.S

Ou encore : Chut. Innocent tu es. J.S

Oh, pardon, ceci ressemblait plus à une réplique de Maître Yoda. J.S

Maître Yoda ? S.H

Sérieusement, Sherly ? Sérieusement ? 0-o J.S

Je suis profondément choqué, au fond de cette chose toute noire qui doit sûrement être mon âme. J.S

Une référence pareille, tu ne peux pas ne pas la connaître. J.S

Sûrement devait-elle être inutile. Je ne vois pas l'utilité de conserver des « références ». S.H

Oh, le monde doit te sembler si morne. L'utile est vite monotone. Ne t'arrive-t-il jamais de vouloir rêver un peu ? J.S

Avoir besoin de rêver signifie avoir besoin d'échapper à la vie réelle. Je me sens bien dans la mienne. A quoi bon rêver ? S.H

Parce que le monde est moche. J.S

Bien sûr qu'il est. Et j'y vis. J'en fais partie. S.H

Oh, pitié, Sherly, ne me sors pas que tu fais partie de cette fosse à merde. J.S

Tu es différent, tu es à part. Et c'est ainsi que tous te perçoivent, et te percevrons toujours. J.S

Je prends ça pour un compliment. S.H

Être différent d'Anderson est la meilleure chose qui puisse arriver à qui que ce soit. S.H

Et je ne suis pas si différent. Tu es là, toi aussi. C'est bien que je ne suis pas une anomalie. S.H

Ou nous sommes deux anomalies. Tout dépend du point de vue. J.S

Enfin, je suis tout de même un peu plus anormal que toi, pas vrai ? J.S

Un jouet cassé. J.S

Je ne pense pas. Toi, tu ressens. S.H

Les sentiments me sont étrangers. S.H

Oh, pardonne-moi, Sherlock, mais tu ne peux pas avoir plus faux. Tu en as, des sentiments. Simplement, tu les refoules. J.S

Je dirais même que tu es guidé par eux. J.S

On croirait entendre Mycroft. S.H

Mycroft dit sûrement un bon paquet de choses sensées, Sherly. Ce n'est pas parce que c'est ton grand frère qu'il a tord en tout sur toi. J.S

Je devrais lui envoyer un Screenshot de ce passage. Tu remontrais dans son estime. S.H

Quelle merveilleuse idée ! Et on prendra tous le thé dans ce petit chalet, en mangeant des biscottes. J.S

Et il agiterait son parapluie de façon complètement menaçante vers moi, et il te réprimanderait parce que tu soupirerais un peu trop fort. J.S

Quel charmant tableau. J.S

Une seule couche de sarcasme aurait suffi. S.H

Je sais ) J.S

Je crois que mon portable ne va pas tarder à rendre l'âme. S.H

La batterie des IPhone est un véritable fléau, darling. J.S

Rentre vite. J.S

Je ne suis plus très loin, maintenant. Peut-être une heure. S.H

J'en suis fort aise, Sherly. :-* J.S

Viens donc écraser ces biscottes. J.S

Tel un preux chevalier. J.S

… Même si cela ferait, logiquement, et selon le schéma habituel, de moi la princesse. J.S

Tu crois que je ferais une bonne princesse ? J.S

Je ne pense pas. Les princesses schizophrènes n'existent pas. J.S

Quoique, peut-être, en Russie… Je me pose des questions sur Catherine II. Pas toi ? J.S

Je veux dire. Entre nous. Qui traite ses enfants d'une manière pareille ? J.S

A part les monstres. J.S

J'ai un peu peur des monstres, Sherlock. J.S

J'en ai toujours eu dans mes placards, je crois bien. J.S

Peut-être que ça fait bien de moi une princesse, qu'en dis-tu ? J.S

… J.S

La prochaine fois, darling, tu mettras ton portable à charger avant un long trajet. C'est tellement frustrant de parler dans le vide. J.S

OoOooOooOoo

Prochaine cible : Edward Crane. 21 Fleet Street, Londres. V.N

J'en prends bonne note. Quel rôle dans l'organisation ? M.M

Médiateur. Chargé d'assurer les transactions avec la mafia anglaise. V.N

Un gros morceau. Il sait beaucoup de chose, et dirige un grand nombre des fils de la toile. V.N

Peut-être faudrait-il l'interroger. Peut-être connaît-il la localisation de JM. M.M

Il n'en sait rien. Mais j'ai moi-même une piste. Je te la communiquerais, dès que possible. V.N

Et, à l'avenir, tâche de me répondre dans de plus brefs délais. V.N

Je ne pouvais pas. John était à côté de moi, il aurait pu lire. M.M

Tu sais qu'il est dangereux de se lier avec quelqu'un, dans de telles circonstances ! V.N

Je le sais ! Mais John est différent. J'aime passer du temps en sa compagnie. M.M

Si cela empiète sur le travail… V.N

Ça n'arrivera pas. M.M

La cible sera abattue, dès ce soir. M.M

OoOooOooOoo

Mr. Moriarty, je crois que nous avons à parler. M.H

Whoops ! Ça, pour une surprise, c'est une surprise. Mycroft, n'est-ce pas ? J.S

En personne, « J.S ». M.H

Il y a quelques recommandations que j'aimerais formuler. Dans l'intérêt de mon petit frère. M.H

Je suis tout ouïe, Mr. Holmes. Bien que je me doute que ce qui suivra ne me plaira que très moyennement. J.S

Vous n'avez pas changé, n'est-ce pas. Amusant. M.H

Je serais bref. M.H

Je ne sais pas quel but vous poursuivez. Je ne savais pas ce que vous attendez de Sherlock. Je ne sais pas ce que vous planifiez, tout les deux. Et, à vrai dire, je ne veux pas le savoir. M.H

Sachez simplement que si, d'aventure, il vous venait la fantaisie de blesser, de quelques manières que ce soit, mon petit frère, je viendrais personnellement vous retrouver, et je peux vous assurer que vous n'aimerez pas le moins du monde ce que je vous ferais subir. M.H

Et bien, Mr. Holmes, je suis surpris. Je pensais que vous m'ordonneriez de mettre fin séance tenante à mes jours, et de disparaître de la vie de Sherly. J.S

Et vous me dites simplement que je ne dois pas le blesser ? J.S

Je ne sais que penser :/ J.S

Il est trop tard pour songer à vous tuer. Sherlock est bien trop impliqué, maintenant. Votre mort le détruirait. M.H

Je crois que vous m'accordez trop d'importance. J.S

Croyez bien, Mr. Moriarty, j'aimerais que ce soit le cas. Mais, quoi qu'en dise Sherlock, je sais comment il fonctionne. Je le sais très bien. M.H

Je sais ce dont il en retourne. Et ça ne me plaît pas, c'est vrai. M.H

Mais je ne peux plus m'y opposer. Je suis impuissant. M.H

Alors je vous le demande, je vous l'ordonne- prenez ça comme vous le souhaitez, je m'en moque- ne lui faites pas de mal. M.H

Je n'ai aucune envie de lui faire du mal, Mr. Holmes. J.S

Je pourrais bien tenter de vous expliquer le pourquoi du comment, mais je me doute que mes arguments et mes promesses vous laisserons insensible et sceptique. J.S

Vous doutez bien. M.H

Je m'inquiète pour lui, Mr. Moriarty. Je m'inquiète constamment. M.H

Et je crains de ne plus pouvoir le protéger. M.H

Vous devez être bien désespéré pour m'en parler, à moi. J.S

L'ironie, que voulez-vous. Vous êtes la seule personne qui peux m'écouter. Sherlock ne me croirait pas, John ne m'écouterait pas- et les autres vous pensent morts. M.H

J'ai toujours apprécié l'ironie. J.S

Je ne toucherais pas à Sherlock. Je ne lui ferais pas de mal. Je me tuerais avant d'avoir à le faire. J.S

Non, vous ne vous tuerez pas. Je vous l'ai dit. Il ne se remettrait pas de votre mort. M.H

J'ai peur de pouvoir lui faire bien pire, si je devais survivre à un moment où je perdrais le contrôle. J.S

Alors, c'est simple. Ne perdez pas le contrôle. Vous n'avez pas intérêt. M.H

Oh, et. Tant que vous y êtes. M.H

Par pitié, pliez ces pauvres cravates, qui pendent lamentablement sur le côté de votre lit. C'est une torture pour mon âme, de voir une telle maltraitance. M.H

OoOooOooOoo

Molly, je vous en prie. Où êtes-vous ? G.L

En vacances, Greg. En Irlande. Un petit coin charmant. M.H

Vous êtes en vacances depuis cinq semaines. J'ai besoin de vous. Vous devez revenir. G.L

Besoin de moi ? M.H

Je suis seul. Je suis absolument seul, dans cette enquête. Donnovan est méprisante, Anderson hystérique, et John m'a laissé tomber. G.L

Je suis perdu. J'ai besoin d'un soutien. G.L

Je vous en prie. G.L

Je ne peux pas. M.H

Pourquoi ? G.L

Oh, je vous en supplie, répondez-moi. Que me cachez-vous, vous aussi ? G.L

Je suis fatigué de me battre seul. Il n'y a que moi que la mort de Sherlock révolte ? Il n'y a que moi qui cherche à lui rendre justice ? G.L

Je croyais que vous l'aimiez, Molly. G.L

C'est… tellement compliqué, Greg. Je ne sais trop que dire. M.H

Ne dites rien. Revenez. G.L

Je ne peux pas, pas tout de suite. Je suis désolée. M.H

Molly, par pitié… G.L

Molly ? G.L

Je ne peux pas continuer seul… je n'en ai pas la carrure. G.L

Pourquoi a-t-il fallu que Sherlock meurt ? G.L

OoOooOooOoo

Sherlock Holmes poussa doucement la petite porte en bois, chancelant sur ses jambes. Il était véritablement à bout de force, avide de sommeil.

Mais il savait qu'il ne pourrait pas se coucher, pas toute de suite.

La pièce était silencieuse. Peut-être qu'ils s'étaient tus lorsqu'il était entré. Peut-être qu'il n'avait pas commencé à parler. Le détective s'immobilisa sur le pas de la porte, les épaules raides, le dos droit.

Molly était affalée sur un fauteuil, le regard dans le vide. Sa main gauche caressait, machinalement, la coque de son portable. Ses cheveux châtains, décoiffés, retombaient en mèches éparses sur ses épaules à peine couvertes d'un peignoir duveteux. Elle devait avoir pris sa douche, sans prendre la peine de se brosser les cheveux après les avoir séchés. A côté d'elle, James se tenait, debout, vaguement appuyé contre le mur, les yeux rivés vers lui, les bras croisés devant sa poitrine. Il avait dû l'attendre depuis quelque temps, déjà. Son teint avait repris la couleur caractéristique de yaourt périmé qui caractérisait les trop gros efforts physiques qu'il fournissait.

Tout deux avaient l'air fatigués. Mais si Molly semblait étrangement abattue, le regard de James brillait, étrangement. Il était heureux de le voir.

La pièce était illuminée comme un jour de Noël. Ils avaient accroché des petites lampes un peu partout, dans tous les coins susceptibles de se retrouver dans l'ombre. Sherlock était même certain d'en voir une sous la petite armoire en bois, dans le coin du salon.

Il s'avança enfin, presque timidement. Referma la porte derrière lui.

Molly leva mollement les yeux vers lui. Sa lèvre inférieure portait encore quelques traces de ses dents. Elle devait se l'être mordiller, un nombre incalculable de fois dans la semaine. C'était toujours ce qu'elle faisait quand elle était mal à l'aise. Elle ne semblait pas spécialement heureuse de le voir.

Au contraire de James, qui lui adressa un sourire presque rayonnant, rajustant la manche trop grande de sa chemise qui avalait son bras tout entier.

« Tu as une tête affreuse, Sherly. »

Vraiment, ce petit accent irlandais lui avait manqué. Sherlock roula des yeux, soupira lourdement.

« La tienne n'est pas vraiment mieux, James. »

L'irlandais pencha doucement la tête sur le côté, les yeux plissés, amusés. Il tira légèrement la langue, dans une mimique exagérée de réflexion intensive.

« Je ne crois pas, non. »

Un petit sourire tressauta brièvement, sur les lèvres pâles de Molly. Une petite lueur s'alluma dans son regard chocolat.

Avec un petit grognement douloureux, Sherlock retira son long manteau, luttant contre la lourdeur et la raideur de ses muscles. Il entendit, vaguement, les pas doux, presque hésitant, de James qui s'approchait.

Il sentit à peine son souffle chaud, tout près de la peau de son cou. Il l'inspectait, soigneusement- avec l'attention d'une mère poule vérifiant que son petit n'était pas blessé. On aurait presque pu croire qu'il s'agissait de Mycroft.

Sauf que Mycroft n'était pas si petit.

« Je crois que tu vas avoir besoin du lit, ce soir, » ronronna James. « Je te le laisse, dans ma grande mansuétude. »

Sherlock fronça un peu des sourcils. Bien sûr, il ne dirait rien contre le fait de dormir dans un lit. Il sentait tout son corps, hurlant dans ce but-là- celui de se plonger dans des draps frais, un oreiller moelleux coincé sous sa nuque.

Mais James avait tout de même reçu une balle dans le crâne, un mois plus tôt. Il n'allait tout de même pas dormir dans le canapé, ou sur le tapis. Sherlock n'était pas médecin, mais il doutait que cela soit propice à la convalescence.

« Où dormiras-tu ? »

James haussa joyeusement les épaules. Il ne tenait pas vraiment bien debout. Son centre d'équilibre devait lui faire quelque peu défaut : il tremblait, légèrement penché sur le côté, oscillant sur ses jambes. Mais il ne semblait pas s'en formaliser. Peut-être s'en amusait-il, simplement.

« J'ai dormi toute la journée, Sherly. Je suis en pleine forme. »

Sherlock en doutait. Mais il fit semblant de le croire.

Dans son fauteuil, Molly bailla. Sa tête était retombée sur la paume de sa main. Ses paupières papillonnaient.

« Quoique vous décidiez de faire, faites-le vite. J'ai besoin de dormir. »

Elle jeta un regard aux quelques vingtaines de lampes qui jonchaient la pièce.

« Et si possible, dans l'obscurité, Jim. »

L'irlandais frissonna. Le mouvement était léger, quasiment imperceptible. Mais pas assez pour échapper au regard de Sherlock, aussi fatigué soit-il. Il s'autorisa un petit sourire, traînant ses savates vers le grand lit, dont les draps défaits, repliés soigneusement sur le côté, ne semblaient attendre que lui.

« Ne t'en fais pas, James. On laissera une veilleuse. »

Il n'eut pas besoin de le regarder pour savoir qu'il devait tirer une moue de trois pieds de longs.

« La fatigue te rends comique, » grinça-t-il. « Intéressant, j'en prends note, Sherlock. »

Le détective déglutit un peu, au son qu'avait son nom, roulant, ronronnant sur la langue aux accents irlandais de James. Il y avait quelque chose de presque musicale, comme animal, dans le grondement que l'autre homme avait attaché aux syllabes de son prénom. Le petit sagouin l'avait sûrement fait exprès.

Il secoua la tête, préférant se concentrer sur la mission primordiale et périlleuse qui consistait à envoyer valdinguer ses chaussures dans la pièce, sans heurter malencontreusement les parapluies piégés de Mycroft qui attendaient devant l'entrée.

(Avait-il vraiment laissé de telles armes à portée de James ? Sacrebleu.)

Puis il se laissa tomber voluptueusement sur le matelas, tout habillé, laissant échapper un grognement de pur bonheur. Son visage vint s'enfoncer dans l'oreiller, mollement, avec un son étouffé qui en était presque cartoonesque.

« Tu dors avec tes chaussettes ? » s'indigna James.

« Je suis sûr que ton sens de l'esthétique peut survivre à ça, » marmonna la voix fatiguée de Molly. « Au moins pour ce soir. »

Sherlock sentit ses lèvres s'étirer contre la taie d'oreiller. Il prit une grande inspiration, se chargea de l'odeur subtile qui se dégageait de son environnement. Tarte au pomme, menthe, eau de Cologne, un je-ne-sais quoi de musqué, presque délicat. La cuisine de son enfance, le vent frais de Baskerville, un gala mondain entre gentleman, une forêt boisée, peut-être une côte irlandaise.

L'odeur de James.

Etonnamment, c'était agréable. Apaisant. Pour la première fois depuis de longues années, il sentit presque instantanément les bulles familières du sommeil venir emplir les couloirs de son palais mental.

C'est à peine s'il sentit que quelqu'un rabattait les couvertures autour de lui, avec un petit rire vaguement moqueur, vaguement amusé. Il dut bien, aussi, entendre cette même personne tirer une chaise, s'asseoir près du lit, après avoir éteint une bonne partie des innombrables sources de lumière du chalet.

Mais il l'oublia bien vite. Se roulant en boule sur lui-même, emmitouflé dans son cocon douillet, chaleureux, enveloppé dans la douceur d'une odeur qui n'était pas la sienne, s'endormant, tranquillement, fermant les portes de son palais mental pour la nuit.