Disclaimer : I don't own Bleach. So many amazing characters though I wish I would ! Bleach ne m'appartient pas. Je suis très pauvre. Inutile donc de me poursuivre en justice !

Again, j'ai envie de remercier tout ceux qui ont laissé un mot au dernier chapitre. Je me répète au fil des chapitres. Mais ce sont ces petits mots qui permettent de faire avancer l'histoire. Je n'étais pas vraiment satisfaite du dernier chapitre. Vous m'avez rassuré! Merci ! Bon, je ne le suis pas plus de celui-ci. C'est peut-être parce que pour bien raconter mon histoire, je me sens obligé de passer par cette phase de chapitres intermédiaire. Cela ne fera pas avancer le fil rouge. Mais c'est nécessaire ! Je n'ai donc pas oublié Gin, Rangiku et Ichigo par exemple. Ils vont revenir. Il y a aussi des personnages avec lesquels je ne suis pas vraiment à l'aise. Momo et Kira en font partie. Pour moi, Momo aurait dû mourir dans le manga original. Cela aurait été une fin tragique mais ce serait moins cruelle que ce qu'elle a à endurer post-war, tout le chemin qu'il lui reste à parcourir pour remonter la pente. J'ai pris la décision de la laisser en vie d'abord par paresse, je ne voulais pas changer trop de choses au début pour garder l'univers proche de l'original. Puis, j'ai eu envie de me lancer un défi, celui de donner à ce personnage une chance de remonter la pente. Vous allez rire, c'est de là qu'est né le personnage de Suki et non pas directe pour agacer Byakuya. J'ai surtout cherché quelqu'un qui pourrait endosser les habits d'Aizen tout en étant son opposé. Kira, j'aime bien la petite évolution de son personnage dans le manga et je compte bien le pousser et le pousser... afin qu'il serve mes desseins! Hihihihihi!

Pyjacks: Oh je sens que tu aimeras peut-être le chapitre suivant ! ;)

BeN: Je ne sais pas si tu as l'esprit mal tourné. lol Mais il n'y a qu'à voir certaines de ses réactions, Ganju ou Ichigo. Byakuya a tendance à ne pas retenir ses coups, je doute que le fait que ce soit une femme change quelques choses. Je pense à la malheureuse Bounto dans l'arc anime que Senbonzakura à découpé en morceau. Pour quelqu'un très attaché aux lois, aux principes, il ne dose pas ses attaques par rapport à la force ou au sexe de ses adversaires. Surtout ceux qui ont piétiné ses valeurs ! Je ne tiens pas à me retrouver face à Senbonzakura de toute manière. Ukitake est la sagesse et la bonté personnifié dans un corps chétif. J'ai peur pour lui en permanence chaque fois que je le vois combattre. Je sais bien qu'il est très fort mais vraiment c'est le seul personnage que j'interdis à kubo de tuer ou même de blesser.

Axel Gabriel: Oui, en même temps, Tadashi a clairement plus toute sa tête. ;) C'est pas gagner d'avance pour faire fondre Byakuya Kuchiki!


- 10 -

Abus de Confiance

Hinamori Momo

Lieutenant de la cinquième division anciennement sous les ordres de Sousuke Aizen

Ami d'Hitsugaya Tōshirō

Sans amis

Pense encore que son âme sœur porte des lunettes. Avec la jeunesse, vient le mauvais goût!

xXxOxXx

Se réveiller.

Pendant des jours, prisonnière d'un corps affaiblie, Hinamori Momo avait voulu se réveiller. Pendant des jours, tout ce qu'elle avait été capable de faire était d'ouvrir les paupières et ça c'était les bons jours. Ses cils, collés à ses paupières par la glu de ses larmes, frémissaient dans l'obscurité de la chambre d'hôpital.

Elle voulait se réveiller...

Mais...

Faire face à la dure réalité d'un monde dont Aizen-Taicho ne ferait plus partie et où Momo ne trouverait sans doute pas sa place avait tout pour l'angoisser. La douloureuse vérité était qu'elle refermait les yeux aussitôt incapables d'aller de l'avant. Elle était prisonnière de ce labyrinthe d'illusions. Il n'y avait pas un mur de son esprit qui n'avait été transformé en glace sans tain. Elle ne pouvait qu'observer la personne qui agissait à sa place.

Elle n'arrivait pas à se reconnaître.

Briser le sort.

Quitter l'illusion.

Avancer.

Que s'était-il passé ? Que lui était-il arrivé ?

Elle ne sentait plus battre son cœur.

Puis, il battait à nouveau avec violence dans sa poitrine.

Elle ne sentait plus battre son cœur.

Puis, il battait à nouveau avec violence dans sa poitrine.

Encore et encore...

Prisonnière du même cycle...

Pourquoi ? Hurla-t-elle pendant des jours et des jours à la silhouette immobile d'Aizen lui tournant le dos.

Elle ne se souvenait plus...de son propre nom.

Elle ne se souvenait que de lui.

D'eux.

Pourquoi ? Hurla-t-elle pendant des jours et des jours à la silhouette immobile de Shiro-chan lui tournant le dos.

Pendant des jours...et des jours...

Prisonnière...

Des jours sans voir la lumière du jour...

Juste elle...

Ses fantômes...

Elle et ses erreurs...

Sa naïveté...

Sa jeunesse...

Briser...

Comme quelqu'un qui avait vécu mille morts...

Comme quelqu'un qui attendait sa réincarnation...

Combien de fois devait mourir son cœur pour que l'illusion cesse ses effets ?

Elle avait attendu...

Espérant enfin que ce jour serait le dernier.

Espérant mettre un point final à ses pensées inachevées.

Espérant qu'avec les « si » disparaîtrait ses peurs...

Espérant que le néant les engloutirait...

Un jour, Momo l'entendit...

Elle n'était plus tout à fait seule dans sa tête.

Ce n'était pas la voix chevrotante et monocorde de Kira-Kun...

Ce n'était pas la voix grave et enroué de Shiro-Chan.

C'était un son nouveau... Un timbre haut et flûtée... Les vibrations chaudes provoquèrent la chute d'un mur. Comment ? Une vague de reiatsu puissant l'enveloppa. Enfermé dans sa prison de cristal, Momo entendit quelqu'un l'appeler.

« Momo Hinamori ? »

Un deuxième mur chuta et les fragments de ses angoisses se brisèrent sur le sol à ses pieds. Son sang ne fit qu'un tour. Ses paupières frémissaient et luttaient contre l'apesanteur. Une telle présence...

« Momo Hinamori...Je suis ton nouveau capitaine. Suki. Suki Ichinose. »

Elle lutta de toutes ses forces. Mais rien n'y faisait.

« Je sais que tu veux te réveiller, Hinamori-san. Mais n'ouvre pas tout de suite les yeux, reprends des forces. Momo, apprenons à nous connaître. »

Momo resta immobile dans son palais des glaces. Une délicieuse odeur de pastèque fraîche flottait dans l'air... L'activité de ses paupières redoubla. Elle poussa un soupir. Un nouveau capitaine ? Déjà ? Où était Aizen-Taicho ?

Le premier jour.

« Mon nom entier est Keikosuki. Mais je ne le porte qu'en présence de mes sœurs car ce sont toutes des Suki-chan et c'est le seul moyen de nous différencier. Hum... J'ai 28 sœurs. L'ainé, Miyasuki, déjà arrière-grand-mère, connaissait le vieux Yamamoto-Sensei quand sa barbe n'était pas encore blanche. J'ai aussi 4 mères... Yume, Leonor, Natsume et Midori. Elles sont infiniment plus âgées que la construction du Senzaikyū. Mais elles adorent coudre. Tiens, elles ont confectionné mon uniforme. Les Kimonos Ichinose sont très réputés. J'adore les Kimono ! C'est si confortable ! Tu aimes les Kimono ? Si ça ne tenait qu'à moi toutes les femmes de la division en porteraient un tous les vendredis. J'ai toujours pensé que c'était le jour idéal pour porter des kimonos. »

Momo resta pensive. Elle avait entendu parler des Kimonos Ichinose. On disait qu'ils étaient taillés dans les étoffes les plus précieuses et qu'ils étaient faits seulement sur mesure. Un seul de ses Kimonos coûtait une fortune dans le Rukongai. En posséder un...serait assouvir un rêve de petite fille. Mais... D'un autre côté, elle n'était pas très sûre de l'intérêt de changer le code vestimentaire de la cinquième division. Aizen-Taicho trouverait cela sans doute futile. Il n'avait jamais été un homme vaniteux. Il traitait chacun de la même manière indépendamment de son sexe. Non, il n'aurait pas approuvé.

Le deuxième jour.

« C'est fait ! J'ai passé commande pour toute la division ! J'ai décidé que l'on pourra tous se vêtir en kimono le vendredi ! Ce sera très amusant ! Cela occupera mes mères au moins pour les mois à venir ! Elles traversent toujours une période de dépression quand l'une de nous quitte la maison... Oui. Enfin ! Tu n'as plus qu'à te rétablir, Hinamori-chan ! Tu seras magnifique en kimono ! Hum...Au fait, je suis né le 21 juin. Ma saison préférée est l'été. Je suis AB positive. Je déteste le noir. J'adore le rouge ! J'adore tout ce qui brille ! Je sais jouer du piano et du violoncelle. J'ai eu 85 soupirants, 4 fiancés et...1...Enfin, bref ! Ne parlons pas de ça ! Mais bon, je te rassure quand même, je ne fais pas le poids en face de ma sœur Cleosuki qui a eu 210 conquêtes, 785 demandes en mariages et 9 mariages. C'est une grande romantique. Elle a une santé de fer et se débrouille toujours pour survivre à ses maris. C'est un peu triste. Elle ne porte plus que du noir. J'adore mes sœurs, même Aiko-chan ! Pourtant cette dernière a un vrai caractère de cochon... Je crois que Yamamoto-Sensei ne m'aime pas beaucoup! Il a refusé de me laisser ouvrir une école de cuisine dans le Seireitei ! Il y a bien un club pour les amoureux du thé, ce n'est pas juste ! Tout shinigami devrait savoir cuisiner ! C'est important ! Oh Hinamori-chan ! Il y a longtemps, pour échapper à mes leçons de Kido, je me suis glissé dans une amphore à saké à moitié pleine. C'est sûrement pour ça qu'il me déteste ! Ha ! Ha ! Ha ! Quand j'y repense, le temps qu'on me retrouve, j'étais complètement ivre. Yamamoto-Sensei était furieux ! J'ai été malade pendant une semaine. Je ne supporte plus l'alcool depuis cela va de soi ! Oh je cuisinerais quelques choses à la framboise demain ! Bye-bye, Hinamori-chan !»

Momo resta interdite. Elle avait à peine eu le temps d'absorber le flot d'information qu'Ichinose-Dono passait déjà à un autre sujet. Ichinose-Dono ? Attendez ? ! Ichinose-Do... 85 soupirants ? Vraiment ?

Le Troisième jour.

« Je pourrais cuisiner des heures. Mais les gens n'ont pas d'appétit de nos jours. Les filles font toute attention à leur ligne. Les hommes ne pensent qu'à tuer des hollows ! Ah il y a un homme dont l'appétit me plait bien pourtant ! Zaraki-Taicho ! Je le trouve aussi très séduisant ! Mais il veut toujours qu'on se batte et vraiment... il me fait un peu peur ! Je suis sûre que c'est quelqu'un de très bien pourtant. Mais toutes les histoires que l'on raconte sur lui... Brrr ! Mais Yachi-hime est si gentille ! Les jours de la soupe, elle dépose du poisson devant les portes de la division ! Je sais que c'est elle parce qu'elle laisse derrière elle une signature bien nette, un reiatsu terriblement sucré et brillant comme des paillettes ! Oh ! Je n'ai jamais vu des Koï aussi gros ! Avec un seul poisson, je peux faire de la soupe pour au moins quatre divisions. J'en ai proposé à ce stupide capitaine Kuchiki mais il s'est montré désagréable comme d'habitude ! Quel horrible bonhomme ! J'ai entendu dire que sa jeune épouse est décédée! Je le tiens d'Abarai-Taicho. C'est un de tes amis, Momo, n'est-ce pas ? Je peux comprendre que cette perte l'affecte encore mais ce n'est pas une raison pour être odieux ! Ukitake-Taicho par contre dit vraiment apprécié mes attentions, quel ange ! Lui, aussi, c'est un très bel homme ! Il est si gentil et de si bonne compagnie. J'aime ce genre d'hommes ! C'est dommage qu'il ne puisse profiter pleinement de mes petits plats ! Shunsui, aussi, mais ce dernier a déclaré sa flamme à toutes mes ainés avant moi. C'est un joli cœur et un incorrigible coureur de jupon ! Cela me fait penser ! Cette après-midi, il y a la réunion de l'association des femmes shinigami. Je suis un peu intimidé ! Nanao Ise est très intimidante. J'ai fait des meringues arc-en-ciel pour la présidente ! C'est drôlement dommage que tu ne sois pas rétablie. On serait allée ensemble ! »

Assise, les genoux ramenés contre sa poitrine, Momo rougit. Moi, aussi Ichinose-Dono !

Quatrième jour.

« Hey, Hinamori-chan, comment s'appelle ton zanpakutō ? Le mien s'appelle Perséphone. C'est un garçon, si tu poses la question ? Cela étonne tout le monde quand je l'annonce. Mais la manifestation de mon Zanpakutō est définitivement masculine. Il est très élégant et adore tout ce qui brille. Il adore aussi quand je dis ça. Mais il est aussi très têtu et très gourmand. Il ne pense aussi qu'à manger au point que cela en devient ridicule. Ce matin, par exemple, j'ai eu toute les peines du monde à le réveiller avant le déjeuner pendant l'entraînement des juniors. Je n'avais pas l'air très fine devant toutes ses recrues ! Perséphone est un zanpakutō très capricieux. La première fois qu'il m'est apparu, il m'a demandé quel était mon plat préféré ? J'ai mis 15 ans avant de pouvoir lui répondre. Imagine, il y a tant de bonne choses dans la Soul Society comment en choisir une seule. Ce serait cruel pour tous les autres bon petits plats ! »

Momo ne put s'empêcher d'éclater de rire.

Le Cinquième jour.

« Aujourd'hui, avec toute la division, nous avons fait des glaces. Il y avait plusieurs parfums gingembre, melon, pastèque...Et puis mon obsession du moment, la fleur de cerise! C'est excellent pour le teint. J'ai demandé l'aide du capitaine Hitsugaya mais il n'était pas très coopératif. Il s'inquiète terriblement à ton sujet. Je le trouve ici tous les matins avec Kira-fukutaicho. »

Shiro-chan ? Kira-Kun ? Capitaine Ichinose, Shira-chan vient me voir ? Mais...

« Il y aussi son vice-capitaine qui ne s'est toujours pas réveillé ! Quelle jolie jeune femme ! Rangiku-san, je veux dire ! Attention, tu es très jolie aussi, Hinamori-chan ! Ah ! Demain, je vais faire du tempura pour toutes les divisions ! Ah oui, Kuchiki-Taicho, ce vieux grincheux, déteste les glaces, il faut que je le note quelques part ! Il s'est montré encore une fois déplaisant ! C'est un vieux bonhomme grincheux, n'est-ce pas ? C'est dommage que mon Vice-Capitaine ne soit pas là pour me défendre. Oh là là là ! Hinamori-Chan ! Je suis en retard. J'ai une réunion de capitaine. On se voit demain, repose-toi bien. »

Le sixième jour.

« Aujourd'hui, j'ai envie de parler de toi, Hinamori-chan. On m'a raconté ton histoire. »

Hinamori baissa la tête et se mit à pleurer silencieusement.

« Oh ne pleure pas, Hinamori-chan ! Ton histoire est plutôt belle même si elle est très triste.»

Momo secoua la tête. Elle avait été trop naïve. Quand on était jeune, la naïveté conduisait à la guillotine. Elle le savait, elle avait compris même avant la bataille. Mais elle n'avait pas grandi d'un pouce... Alors... Elle n'avait plus de cœur.

« La naïveté mène à la guillotine, Momo. C'est ce que tu penses ? Je le pense aussi. Quand on est jeune, il ne suffit de rien pour qu'on y croit. J'ai comme toi aussi été mené à l'échafaud par celui en qui j'avais le plus confiance. »

Momo écarquilla les yeux dans sa prison. Elle repensa aux paumes chaudes du Capitaine Aizen. Elle repensa à Kyouka Suigetsu, son Zanpakutō, découpant son cœur une première fois. Puis à Hyourinmaru faisant la même chose encore et encore... Si seulement Ichinose-Dono...Ichinose-Taicho... savait...

« La bonne nouvelle, c'est que l'on en revient. Momo... On en ressort... On grandit. On s'épanouit comme une fleur rare. Le printemps revient... »

Momo poussa un soupir de soulagement.

« Je repasserais te voir demain matin. Nous parlerons encore un peu, Hinamori-chan. »

Taicho ?

Le Septième jour.

Le lendemain était venu très vite. Ichinose- Taicho était revenu comme promis. Et le parfum de la pastèque flottait à nouveau dans l'air.

« Hitsugaya-taicho m'a dit que tu aimais vraiment beaucoup la pastèque. Il m'a dit que vous aviez ça en commun ! Alors, j'ai fait une mousse givré pour lui. J'espère que cela lui fera plaisir. Il y a beaucoup trop de tristesse entre les murs du Seireitei. Elle flotte dans l'air comme un poison. C'est terrible la guerre ! Hey, Hinamori-chan, tu te souviens quand je t'ai dit avoir été emmené à l'échafaud ? Eh bien, c'était faux. »

Momo poussa un soupir de déception.

« Je ne t'ai pas menti intentionnellement Momo. Mais dans ma tête... Cela n'a jamais été très clair qui emmenait qui...qui tirait les ficelles de qui... J'étais juste comme toi, aveuglée par la naïveté. J'étais un simple tribut de guerre...pour lui ! »

Momo déglutit avec elle. Dans sa tête aussi, les choses n'étaient plus très claires. Elle ne se souvenait plus qui l'avait blessé le plus Hitsugaya-Kun ou Aizen-Taicho.

« Momo, à dire vrai, je crois bien que j'y suis allé moi-même. En vérité, il n'y avait pas un jour où je ne souhaitais pas y retourner et quand tout a été fini. J'ai maudit la vie. J'ai remis en question mon existence même. J'ai tout quitté. Je me suis enfermé dans ma chambre. J'ai dormi. »

Oh vraiment ? S'était-t-elle écriée très fort. Elle n'obtint pas de réponse. Mais une main froide toucha son front avant de lui prendre la main.

« J'ai dormi pendant des années... des décennies. La sœur, qui me tenait la main tous les jours, s'est épuisée et est décédé à son tour. J'ai alors regretté d'avoir dormi tout ce temps. Tu comprends, Momo ? J'ai honte de l'avouer. Je ne suis pas un très bon capitaine. Je ne suis même pas un très bon soldat ! Je suis une bonne actrice. Je ne suis que la 25ème. Si Kuchiki-Taicho ne m'avait pas fait sortir de mes gonds, je serais encore dans ma cuisine. Parce que je ne suis même pas un dixième du capitaine qu'Aizen a pu être pour toi pendant toutes ses années. Même si ce n'était qu'une illusion, tu étais heureuse, Momo. Cela doit compter pour quelques choses. »

Ce jour-là, la conversation s'était arrêtée là et Momo avait concentré toute son énergie dans ses doigts. Elle voulait tenir la main d'Ichinose-Dono en retour. Il y avait une telle tristesse dans sa voix. Elle se sentait vraiment très proche de cette tristesse. C'est comme si elle pouvait la goûter sur le bout de langue et la sentir dans l'air. Sa tristesse avait le goût âcre du sang comme la trahison du capitaine Aizen. Ses larmes mouillaient ses joues.

Le lendemain, elle avait attendu sa visite, les yeux grands ouverts. C'est Hitsugaya-Kun qui se montra. Ses yeux ouverts semblèrent désarçonner son ami d'enfance. Il hésita à entrer. Momo s'en voulut très fort d'avoir érigé un mur entre lui et elle. Sur le moment, elle n'avait pas pu faire autrement sous peine de voir partir en morceau le reste de leur amitié. Mais elle ne voulait pas se réveiller comme Ichinose-Dono, seule.

-...Sugaya-Kun...

Il sursauta. Elle nota les cernes sous ses yeux et son regard hagard. Il avait grandi. Il avait pris de l'âge en quelques...jours... quelques mois ? Comment ? Il avait pris au moins dix bons centimètres. Si sa silhouette restait juvénile néanmoins, son visage, marqué par l'angoisse, étaient assombris par l'horreur de la guerre. Combien de temps avait-elle dormi ? Le petit garçon qui mangeait des pastèques avec elle sur le perron de la maison de sa grand-mère semblait avoir disparu. Il était aussi endommagé qu'elle.

- Momo. Tu es réveillé ?

Elle ferma les yeux pour les rouvrir. Oui, il semblait qu'elle était réveillée. Avec la réalisation qu'elle avait échappée à sa prison de verre, vint la réalisation qu'elle était en vie. Une bouffée d'air emplit ses poumons et elle se redressa avec une grimace.

- Non, tu n'es pas encore totalement cicatrisé. Momo, reste allongé.

Il avait dit ça sur un ton autoritaire. Mais elle ne manqua pas de noter la détresse dans sa voix. Elle acquiesça et s'allongea à nouveau.

- Hitsugaya-Taicho...

Aussitôt, son regard se fit fuyant et il lui tourna le dos. Le désespoir comprima le nouveau cœur de Momo Hinamori.

- Tu ne m'as jamais appelé ainsi, Momo.

Elle voulut corriger son erreur mais réalisa qu'elle n'y arrivait pas. Il se leva et se dirigea vers la sortie. Retiens-le. Elle devait le retenir. Le rappeler. Se rappeler combien Tōshirō l'aimait et combien elle l'aimait en retour comme un frère, comme s'il était sa chair et son sang.

- Oh je suis désolé, Hitsugaya-Taicho !

Momo Hinamori découvrit le visage de Suki Ichinose pour la première fois. Elle resta interdite et baissa les yeux, sentant le rouge lui monter aux joues. Ichinose-Dono tourna la tête vers elle.

- Oh, Momo, tu es réveillé ?

Son capitaine ne semblait pas le moins du monde surprise. Un sourire perla sur ses lèvres et elle posa un panier en osier sur la table.

- Si nous prenions le thé tous ensemble ?

Tōshirō plissa le front.

- Je comptais m'en aller, Ichinose-Taicho. Veuillez m'excuser...

En entendant la finalité dans la voix de Shiro-chan, Momo recommença à triturer le drap nerveusement.

- Je refuse votre refus, Hitsugaya-Taicho. S'il vous plait, j'ai du thé et des tartelettes aux fruits.

Elle lui montra son panier avec un regard de chien battu. Elle essuya même des larmes de crocodiles dans un carré de soie surprenant Tōshirō.

- Je cuisine et je cuisine... Mais personne ne mange. C'est inconcevable. Je ressors de la sixième division où j'ai été pratiquement jeté dehors par leur capitaine. Tout ce que je veux c'est que ma cuisine plaise. C'est si dur de s'intégrer, Hitsugaya-Taicho. On ne me voit que comme l'inconsciente qui a défié le vieux bonhomme grincheux de la sixième division ou encore celle qui remplace qui vous savez... Ils se font tous une fausse idée.

Elle soupira et renifla.

- Je... Je veux bien...

Momo observa son Taicho avec attention. Un bouquet Orchidée sauvage et des perles retenait ses cheveux dans une longue tresse qui lui arrivait jusqu'au dos. Momo se mordit les lèvres. Elle, devait, elle, avoir une mine affreuse. Son Kimono noir était surmonté d'une obi à fleur large avec un nœud large devant. Son Haori à longue manche surplombait une longue traine.

- Oui ?

Tōshirō soupira.

- Je veux bien. Juste une tasse mais je ne serais ni bavard, ni de très bonne compagnie, je le crains.

Suki fit un clin d'œil à son lieutenant. Momo relâcha tout l'air dans ses poumons.

- Ne vous inquiétez pas je serais bavarde pour tous les trois. Man-geonsssss !

Kira Izuru

Lieutenant de la troisième division anciennement sous les ordres de Gin Ichimaru

Ami de Momo Hinamori et de Renji Abarai

Il n'est pas encore prêt à donner des ordres mais n'est plus disposé à en recevoir.

xXxOxXx

Kira avait eu son compte de trahison pour au moins cent siècles. En l'espace d'une année, deux capitaines s'étaient succédé à la tête de la troisième division et les deux avaient été des traîtres. Dans le premier cas comme il l'avait expliqué au capitaine de la Jūbantai, il avait été préparé par le traitre lui-même. Dans le deuxième cas, il l'avait été aussi en quelques sortes puisque son expérience avec le premier, l'avait amené à questionner de manière plus critique le comportement de ses supérieurs. Il ne quitta pas son air morose durant toute la durée de l'entraînement des nouvelles recrues. Ils avaient reçu un afflux de l'académie la semaine qui précédait. À sa demande, les officiers les plus gradés avaient accepté de prendre sous leurs ailes trois à cinq recrues parmi les 85 nouvelles recrues. Le système des petits groupes fonctionnaient bien s'il devait seulement en juger par les progrès rapide en coordination de groupe. Les mains derrière le dos, il apprécia la répétition des mouvements de Zanjutsu. Des bruits de pas résonnèrent derrière lui. Manatsu Dengeki eut la sagesse de garder ses distances néanmoins. Une brise balaya ses cheveux noirs devant ses yeux fuchsia. Elle ne le quitta pas des yeux.

- Cela fait plus d'une semaine que je suis ici. J'attends encore que vous m'adressiez la parole, Izuru-Fukutaicho.

Kira jeta un bref regard dans sa direction. Il émanait du nouveau capitaine de la troisième une très forte pression spirituelle, une énergie qu'elle semblait parfaitement maîtriser et garder sous son contrôle. Dans ses yeux fuchsia, il ne distingua pas de malice. Par-delà un sens de l'honneur et du devoir tout relatif, il y avait aussi du détachement. Kira l'observa longuement sans rien dire.

- J'apprécie les changements que vous avez apportez à la division en l'absence d'un capitaine.

Il n'eut toujours aucune réaction. Elle cherchait la confrontation n'importe laquelle. Aussi détaché pouvait paraître ses actions, elle n'avait que pour but provoquer la confrontation.

- Je suis en train de parcourir le rapport d'enquête sur Gin Ichimaru. Il est long et vraiment accablant. Terriblement accablant ! Intolérable ! Impardonnable ! Cependant, j'ai remarqué que le capitaine Hitsugaya a rajouté quelques notes sur les relations de Gin Ichimaru au sein de sa division à votre demande.

Kira se tourna vers la jeune femme.

- Le capitaine Ichimaru était apprécié de ses hommes. Je ne vois pas l'intérêt de le nier.

Le nouveau capitaine de la troisième division soupira et fronça les sourcils.

- Écoutez, je comprends que mon arrivée n'a pas été simple à gérer. Avoir un traître comme capitaine, je n'ose l'imaginer. En abriter deux, c'est inimaginable et inacceptable. Cela ne se serait même jamais produit dans mon ancienne unité.

Avec indifférence, Kira lui tourna le dos. Manatsu croisa les bras contre sa poitrine, l'air revêche.

- Très bien. Cette transition peut se passer de deux façons, de la manière douce, ou de l'autre... Je peux vous trouver un remplaçant. Je dois pouvoir savoir que je peux compter sur vous et que vous assurez mes arrières.

Il pencha la tête sur les côtés, et jeta un bref regard dans sa direction. Il reprit la parole mais cette fois il ne s'adressa pas uniquement à elle.

- Sanbantai !

La division toute entière stoppa ses manœuvres aussitôt. Il baissa la tête vers les 200 hommes en contrebas. Manatsu écarquilla les yeux de surprise.

- Notre nouveau capitaine s'interroge ! Il paraît que notre division est la division favorite de tous ceux qui ont une rancune contre le Seireitei ?

Quelques officiers ricanèrent.

- Il parait que nous sommes la division des traîtres !

Quelques-uns huèrent en réponse. Kira ne quitta pas Dengeki du regard.

- Il parait que notre motivation est questionnée ! Que notre honneur est entaché !

Les officiers se remirent en position.

- Que notre sincérité est mise en doute ! Que répondons-nous ?

Leurs poings fendirent l'air unanimement. Les mains derrière le dos, Kira considéra Manatsu. Il ne faisait plus de concession. Son amitié n'était plus à vendre. Il avait déjà bien assez d'amis. Il n'offrait plus sa confiance. Il n'avait plus la patience.

- Ma vie entière est dévouée à cette division. Vous me demandez si vous pouvez compter sur mon soutien quand il apparait clairement qu'il n'y a rien que je ne ferais pour ma division et tous mes frères d'armes. Vous demandez des preuves de loyauté quand vous avez encore à montrer votre allégeance, capitaine.

Il quitta la passerelle, l'abandonnant derrière lui. Les poings serrés, elle tourna la tête vers la garnison en contrebas. Ses yeux fuchsia survolèrent l'héritage empoisonné que lui avait fait Gin Ichimaru.


Prochain chapitre = Orgueil