Titre : Prisonniers
Autatrice : lasurvolte (de pseudo) ou mari (mais vous pouvez m'appelez aussi Plectrude si ça vous dit ^^)
Disclaimer : Teen Wolf ne m'appartient pas, mais j'aimerais adopter Stiles
Couple : Un peu de Stek, du Scott/Allison, du Lydia/Jackson (en arrière plan)
Note : pas de spoil. Il s'agit d'une UA.
Un mois passa. Stiles pensa en se levant « déjà un mois ? » puis ensuite « seulement un mois ? ». Combien de temps fallait-il avant de ne plus avoir mal ? Est-ce qu'il n'avait pas l'air ridicule avec cet amour adolescent qui lui collait à la peau ? S'il avait su il serait resté amoureux de Lydia, il y avait moins de risque de réellement souffrir, parce qu'il était habitué à lui courir après.
Bien entendu Stiles n'était pas le genre de personne à se lamenter trop longtemps, très vite il avait retrouvé son humour, ses sarcasmes, son jolie sourire. Il n'avait plus du tout déliré, ni même fait de cauchemars. Il ne parlait absolument jamais de Derek, de toute façon il n'y avait rien à dire. Parfois il laissait ses pensés l'emmener trop loin, est ce que le loup garou allait bien ? Se faisait-il dorer le cuir poilu au soleil quelque part sur une île avec sa meute toute bronzé ? Avait-il rencontré une belle blonde bien roulée qui lui avait proposé de lui faire des petits bébés louveteaux ? Avait-il accepté ? Pour le bien de la meute ou pour son bien à lui ? Combien de temps ça mettait un bébé louveteau à naître ? Est-ce qu'il allait vraiment être papa ? Papa Derek, ça sonnait plutôt bien, quand on y pense, il avait sans doute bien fait de partir, avec Stiles il aurait dût rester Derek tout court. Ou bien ils auraient pu adopter. Mais Stiles était un peu trop jeune pour s'imaginer avec un ch'tiot dans les pattes. Et puis peut-être que de toute façon Derek préférait les belles blondes bien roulées ?
A ce moment là de la torture mentale, Stiles se frottait la tête pour essayer de chasser ses idées stupides, et plutôt penser à des trucs plus sympa comme le fait que Scott et Allison étaient mignons, que Lydia lui causait franchement, et que tout ça l'avait un peu rapproché de Danny qui le prenait moins pour un enquiquineur, et Stiles bien entendu était toujours ravis de se faire de nouveaux amis.
Des fois il se demandait ce qui était le plus dur, se sentir étrangement seul dans son lit ? Se sentir complètement vide en ouvrant la porte de sa maison et voir que personne ne l'a attendu toute la journée ? Se doucher et regarder bizarrement le gel douche à la fraise ou la bouteille de shampoing ? Faire un pas dans sa chambre et revoir tous les endroits où s'était tenu le loup garou ? Ou bien tout à coup se retourner comme pour lui dire quelque chose et se rendre compte qu'il est partit ? Exactement comme s'il partait à nouveau ? Se rappeler alors qu'il ne le reverrait jamais ?
Un mois donc. Un jour Stiles dirait « tiens ça fais un an ». Et peut-être qu'un moment il penserait vaguement « oh dix ans », après il ne s'en souviendrait plus. L'humain a une capacité de guérison extraordinaire, il savait qu'il finirait par s'en remettre complètement et c'était presque triste. On se remettait de tout, même du pire, même de l'amour.
La journée au lycée ne fut ni pire, ni meilleure qu'une autre, banale et sympathique, pas forcément très intéressante. L'entrainement de Lacrosse fut plutôt bien, Allison était une parfaite supportrice, aussi bien de Scott que de Stiles (ce qui était gentil de sa part), le coach était toujours aussi bizarre et fou, Jackson toujours aussi sûr de lui ! C'était pas mal. L'hyperactif savait qu'il pourrait bien continuer comme ça, que ça lui allait, ce n'était pas si pire. Après l'entrainement, Allison proposa à Scott de le raccompagner et après s'être dit au revoir, Stiles monta dans sa Jeep. Au moment où il allait démarrer, quelque chose de froid se posa sur sa nuque. Froid et dur, bizarre. Il leva les yeux vers son rétroviseur par réflexe et ce qu'il vit ne lui plu pas du tout.
- Salut toi, tu veux bien nous emmener quelque part ?
Stiles ferma les yeux, persuadé qu'il était entrain de faire un cauchemar, mais l'objet glacé dans son cou le ramena assez vite à la réalité et rouvrit les yeux. Kate était toujours là, une arme à feu pointé sur lui. Il avala difficilement, incapable de prononcer le moindre mot, il ne s'agissait pas d'un Taser cette fois-ci, s'il lui en prenait l'envie elle pourrait le tuer vraiment, et elle semblait en avoir vraiment envie.
- T'es pas très bavard là, tu n'as rien à me dire, je me rappelle encore quand tu m'insultais de… vieille pute c'est cela ?
Tout en parlant elle tapotait son arme sur le cou de Stiles. Kate se tenait derrière lui, une main sur le siège, l'autre sur son arme, l'adolescent était réellement menacé. Il aurait voulu klaxonner ou s'enfuir, mais il était persuadé qu'elle n'hésiterait pas à l'abattre quoi qu'il fasse.
- Oh avant qu'on parte, donne-moi ton portable !
L'adolescent obéit et Kate le brisa sous son talon.
- Voilà maintenant papa viendra pas te chercher. Tu peux y aller, je t'indiquerai la route.
Stiles démarra, se demandant comment il allait s'en sortir vivant.
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Stiles avait les mains attaché à une sorte de tuyau, les bras en hauteur, dans une position hyper désagréable et plutôt douloureuse. En plus Kate avait accroché ses poignés avec une corde, serrée comme une malade à même la peau, il avait l'impression que son épiderme se déchirait, et ça le brûlait en quasi permanence. Mais ce n'était pas le pire, la chose qui lui donnait des frissons glaciales dans le dos était l'arme qu'elle pointait sur lui, comme si elle tenait un simple jouet dans la main. Par moment elle faisait tellement de gestes brusques, qu'il sursautait, il avait l'impression que le pistolet allait lui échapper et qu'elle allait tirer par mégarde. Néanmoins ce qu'il détestait le plus c'est quand elle faisait croire qu'elle allait tirer, puis s'écriait « bang » et relâchait la détente en rigolant.
- Arrête t'es trop drôle, on dirait que tu vas te faire dessus.
Et Stiles riait jaune. Après une demi heure de torture où elle resta sans réellement lui parler, juste à le menacer, elle finit par prendre une chaise, s'asseoir dessus à l'envers, et le bras sur le dossier, tenant toujours le flingue dans sa main.
- Alors Stiles, tu n'es pas content de me revoir ?
Elle dût reposer la question plusieurs fois avant qu'il ne trouve le courage de lui répondre.
- Pas vraiment. Tu ne devrais pas être en prison ?
- Oh la justice tu sais, ça va ça vient. Un bon avocat, beaucoup de frics et on arrive à faire croire qu'on n'est presque pas coupable. Les larmes font bon effet aussi des fois. Je n'ai tué personne, c'est mon papa qui a tout fait, le vilain ! J'ai toujours voulu protéger Derek, mais Gérard me menaçait moi aussi, au final j'étais une victime comme les autres. Et puis tu sais Stiles, témoigner contre mon père n'était pas si difficile. J'ai juste eut le droit à une bonne grosse amende et interdiction de quitter le pays, je m'en sors plutôt bien non ?
- Si !
- Allons, tu me déçois, où est-ce que tu as mis ta langue toi qui aime tellement parler ?
- Je ne parle pas beaucoup aux gens qui pointent une arme sur moi, en fait.
- Je promets de ne pas te tuer tout de suite, dis moi ce que tu as sur le cœur.
- Pour quoi faire ?
Kate haussa les épaules :
- Bon, si tu ne veux pas causer, je vais le faire à ta place. Tu sais la première chose que j'ai faite avec ma nouvelle liberté ?
- Te refaire un brushing ?
Elle éclata de rire :
- Tu vois que finalement ton bagou te revient. Non en fait je suis allée acheter une arme. Et j'ai pensé qu'il fallait que je m'en serve contre celui qui était responsable de tout ça.
- Le père noël ?
Kate lui sourit, puis releva son arme :
- Toi !
- C'est trop d'honneur que de me nommer responsable de toute l'histoire.
- Tu as délivré mon loup garou et je suis allée en prison à cause de toi.
- Le fait que tu ais torturé mon meilleur ami et enfermé un mec pendant six ans dans une cage n'y était bien sûr pour rien. Soupira Stiles.
- Méfie-toi gamin, je pourrais te tirer dessus plus vite que prévu.
L'adolescent referma sa bouche. Il avait dans l'idée qu'elle finirait par lui tirer dessus de toute façon, mais s'il pouvait retarder l'échéance ce ne serait pas plus mal.
- Enfin je préférerais te faire mal avant, pas envie de te tuer trop vite.
- Evidemment.
Il soupira, il était vraiment mal barré. Si au moins Derek avait pu être là… Mais pas la peine d'y penser, ça faisait longtemps qu'il bronzait en compagnie d'une pétasse à grosse poitrine. A moins que les loups préfèrent les pays froids ?
- Quand je pense que Derek a voulu protéger un môme comme toi.
Stiles ne répondit rien. Il n'avait pas envie de parler de ça.
- Et bien quoi, tu ne veux pas parler de ton si cher loup garou ?
Il baissa les yeux sans rien dire, qu'est ce qu'il aurait pu raconter de toute façon « mon si cher loup garou s'est fait la malle ? Et il doit être en train de faire une teuf avec sa meute à l'heure qu'il est ? »
Kate l'observa. Sa première idée avait été de kidnapper Stiles, lui faire du mal, et quand le loup garou viendrait le sauver elle se débarrasserait de tous les deux. Elle avait même tellement imaginé le scénario vraiment trop drôle de se débarrasser du gamin devant Derek pour le faire souffrir bien comme il fallait. Sauf que voilà, la réaction de l'adolescent était bizarre. Elle s'attendait à ce qu'il s'écrie que Derek allait venir le chercher, le sauver, ce genre de trucs, mais à la place il baissait la tête d'un air triste.
- Attend… Ne me dis pas que Derek t'as laissé tomber ?
L'absence de réponse et la manière dont Stiles déglutit fut assez équivoque :
- Oh bon sang, il t'a laissé tomber, elle est bien bonne celle-là. Alors quoi ? Tu n'étais pas assez bien pour lui ?
- Non. En fait il se trouve que tu n'as pas réussi à éliminer sa meute au complet et qu'elle est venue le rechercher.
Kate éclata de rire, son scénario venait de sérieusement foiré, mais ce n'était pas grave, elle allait quand même pouvoir torturer Stiles.
- Je suis sûre que tu croyais compter pour lui.
Oh cette tête triste était tellement adorable, la jeune femme avait envie de le maintenir encore un peu en vie finalement.
- Je suis sûre que tu te disais que vous alliez sans doute rester ensemble pour toujours.
Stiles se mordit les lèvres.
- Mais les loups garou sont comme ça pauvre naïf, rien ne compte pour eux plus que la meute.
Le rire de Kate rendait l'adolescent dingue, il se sentit soudain vraiment haineux envers elle, il avait envie de lui cracher à la figure, de la défigurer et même il voulait qu'elle crève.
- Il a retrouvé sa famille, c'est tout.
- Je suis sûre qu'il n'a même pas eu une seconde d'hésitation.
Stiles ferma les yeux, comme si de cette manière il pouvait se boucher les oreilles.
- Il n'a pas hésité, il t'a abandonné. Dire que tu te croyais mieux que moi, tu croyais que toi il ne te laisserait pas parce que t'étais gentil avec lui. Et voilà, tu n'étais finalement rien pour lui. Rien du tout. Juste bon à le délivrer, un parfait paillasson !
Le garçon respirait de plus en plus fort, essayant de ne pas craquer.
- Oh comme tu as du souffrir hein ? Tu étais là à te pavaner devant moi, à me dire que je me doigtais en pensant à lui, mais en fait maintenant c'est toi qui n'a plus que ta main droite n'est ce pas ? Attend, vous l'avez fait ou pas ? Vous avez couchez ensemble ?
Il essaya de se dire qu'il n'était pas là, qu'il était loin.
- Je parie que non, sinon tu m'aurais dit oui. Juste pour m'emmerder.
- Ce n'est pas important, lâcha Stiles.
- Bien sûr que si c'est important.
- Ce n'est pas ce que je voulais de lui.
- Peut-être que tu attendais autre chose de lui, ceci dit j'ai une longueur d'avance sur toi mon pauvre petit minable Stiles, moi j'l'ai baisé, et plusieurs fois en plus.
- Putain mais la ferme espèce de vieille conne ! Est-ce que tu peux juste arrêter d'ouvrir ta sale grande gueule de bécasse idiote ? Est-ce que tu ne vis que par le sexe ou quoi ? Je n'ai pas couché avec lui mais ce n'est pas ce que je voulais. Peut-être que ce serait arrivé, mais ce n'est pas ce que j'attendais.
- Et tu attendais quoi alors ?
- Juste qu'il reste près de moi, me dise bonjour quand j'arrive, me fasse un regard triste quand je pars, se roule en boule contre moi, pose son nez sur le mien, me laisse lui faire un shampoing. M'embrasse peut-être. Un peu.
Kate roula des yeux, c'était tellement tellement mièvre, inintéressant au possible. On aurait dit une pucelle qui causait du prince charmant :
- Helloooo, Stiles, tu ne t'appelles pas Cendrillon. Ce qu'il y a d'intéressant dans l'amour c'est la baise, crois moi.
Il soupira :
- T'as pas inventé le fil à couper le beurre toi. Dans un sens ça me rassure, une cruche comme toi vaudra toujours moins que moi dans la balance. Certes Derek s'est cassé, mais j'ai obtenue plus de lui que tu n'en auras jamais.
- Tu es écœurant, vraiment. Mais tes beaux discours ne servent à rien parce qu'au final tu es tout seul maintenant et c'est ça qui compte. Tu es tout seul. Seul.
- Il y a Scott et Allison, il y a Lydia, Danny et même un peu Jackson quand il ne fait pas son connard-brute, je ne suis pas seul.
Stiles la fixa avec détermination, il avait envie de s'écrier « Stilinski 2, Kate 0 ». Mais c'était toujours elle qui tenait le flingue.
- Le sujet était marrant tant que tu étais triste, mais si tu te rebelles je vais m'ennuyer. Seulement je peux aussi te faire comprendre d'à quel point tu es seul. Tes amis ne viendront pas, ton père non plus et Derek t'a abandonné. Littéralement. Le seul qui aurait pu venir te sauver ne viendra pas.
- Je sais.
- Tu peux te pavaner, mais au final il t'a vraiment abandonné.
- Je sais.
- Toi tu l'aimes et lui il s'en fout, parce qu'il n'y a que sa meute pour lui. Tu ne fais pas le poids.
- Oui ! Je sais ! Cria Stiles.
- Ouuh tu t'énerves vraiment ! Tu n'aimes pas que je te rappelle que Derek est parti, ne reviendra jamais, que plus jamais il ne te touchera ou ne se roulera en boule contre toi, ou fera les choses que tu adores.
- Mais tais toi !
- Dis-moi, qu'est ce qui t'as fait craquer ? Ses yeux ? Ses abdos ? Son cul ? Sa manière de grogner ? Le son de sa voix ? D'ailleurs tu as remarqué, il a une voix plutôt douce finalement pour un loup garou.
Stiles poussa un soupire exaspéré :
- Flingue-moi qu'on en finisse.
- Comme ça doit être dur de ne plus le voir, tu dois le chercher partout non ? Est-ce que parfois tu vois quelque chose qui te fait penser à lui, alors tu te dis « faudra que je dise ça à Derek » sauf que tu ne peux pas.
Elle touchait tellement juste que le cœur de Stiles se serra encore et encore. Et Kate continuait son discours, elle parlait de Derek, de tout ce qu'elle connaissait de lui, elle raconta comment il l'aimait, sa manière qu'il avait de l'embrasser, de la toucher. Sa façon de grogner, sa possessivité.
- MAIS LA FERME ! fini par hurler Stiles, à l'agonie.
- Il m'a dit je t'aime. Il était amoureux de moi. Tu sais quoi, pour moi il aurait quitté sa meute.
- Il ne l'aurait pas fait.
- Il l'aurait fait, il me l'a dit.
- IL NE L'AURAIT PAS FAIT !
- Kate je t'aime tellement si ma meute ne veut pas t'accepter nous pourrions fuir ensemble. Voilà ce qu'il me disait.
- Il avait seize ans non ? Tous les adolescents disent de la merde à cet âge là, je le sais j'en suis un, mais il ne l'aurait pas fait.
- Tu as sans doute raison, il ne l'aurait pas fait. Mais il le disait.
- La situation n'est pas la même.
- Mais. Il. Le. Disait.
- La situation n'est pas la même ! Putain !
Kate allait le faire craquer, c'est ce qu'elle voulait, Stiles essayait de se contenir mais c'était trop dur. Trop dur de savoir que Derek avait peut-être préféré cette fille à lui. Pourquoi ? Parce qu'elle était belle ? Qu'elle était une femelle ? Est-ce qu'il aurait vraiment quitté sa meute pour elle ? Et si les rôles avaient été inversé est ce que Derek serait resté pour elle ? Est-ce qu'il l'aurait embrassé et dit « j'aime ma meute, mais toi encore plus » ?
- Tu sais quoi Stiles, je suis sûre que si j'avais été à ta place, pour moi il serait resté, il m'aurait dit qu'il m'aimait trop pour me laisser. Il m'aurait choisi moi. T'aurais vu comment il me regardait.
Pourquoi est-ce qu'elle touchait là où ça faisait mal pile au moment où il pensait à ce qui pouvait lui faire mal ? Stiles voulait hurler, taper quelque chose, et surtout il aurait voulu la tuer, l'étrangler de ses mains. Il poussa une plainte terrible, presque un gémissement animal.
- Dans ses yeux on pouvait voir tout l'amour qu'il avait pour moi, j'étais le centre de son monde. De son univers.
Stiles tira sur ses liens s'arrachant au passage les poignés, il tira et tira encore, mais il n'arrivait pas à se détacher. A la place il frotta ses genoux sur le sol, cherchant à s'enfoncer à l'intérieur et à tirer plus fort encore, à avancer. Il voulait mordre quelque chose, hurler, il voulait s'exploser la tête contre le mur pour ne plus l'entendre.
- Peut-être que quand il te touchait c'est à moi qu'il pensait.
La dernière parcelle de lucidité de l'adolescent s'arracha avec cette phrase. Il se mit à crier, autant qu'il pouvait, tirer encore sur ses poignés en sang, hurler, hurler, hurler jusqu'à ce que ses cordes vocales s'enflamment. Kate riait, elle riait comme une folle. C'était tellement drôle de détruire psychologiquement ce gamin, le voir se détruire, s'émietter devant elle, elle en eu une crise de fou rire et des larmes coulèrent de ses yeux tellement elle trouvait cela amusant. Elle allait le garder en vie encore un peu. Il était vraiment drôle ce gosse.
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Après la psychologie, elle s'attaqua à la vie de Stiles. Elle trouvait drôle de le voir mourir de faim et de soif devant ses yeux, lui donnant juste assez à boire et à grignoter pour qu'il ne meurt pas trop vite. L'adolescent ne savait même pas combien cela faisait de jour qu'il était là, il ne savait même pas où il était d'ailleurs, ou même ce qu'il faisait là, par moment il oubliait même qui il était, il savait juste qu'il tuerait pour manger et boire. Il ne tenait même plus à genoux, Kate avait été obligée d'accrocher ses mains plus bas pour qu'il puisse s'allonger. Comme elle ne lui proposait bien entendu jamais de le détacher, ni d'aller au toilette, il vivait dans sa propre crasse, envahi par l'horrible odeur de ses excréments. Enfin vivre était un drôle de mot à dire vrai. De temps en temps Kate s'amusait avec lui, à lui rappeler que ses amis et son père n'était toujours pas venu, que Derek devait bien s'amuser là où il était, qu'il était tout seul, vraiment tout seul.
Et il finissait par y croire. Il était tout seul, vraiment tout seul.
Personne ne viendrait le chercher, il crèverait ici, dans sa merde. Seul.
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Quand son fils ne rentra pas le Shérif appela Scott. Mais Scott n'avait pas de nouvelles. Ni Allison, ni Danny, ni Lydia, ni Jackson, ni personne. Il avait bien quitté le lycée, mais ensuite on ne savait pas où il était allé. Le père fut pétrifié de peur à l'idée d'un suicide, il savait que son fils ne pétait pas la forme ces derniers temps, il ne ferait sûrement pas un tel geste mais parfois les adolescents font des choses stupides et égoïstes. Seulement si cela avait été un suicide, ils auraient fini par le retrouver. Hors, ils ne le retrouvèrent pas.
Son portable ne répondait jamais, le signal GPS était fichu, le Shérif eut un plus mauvais pressentiment encore, Stiles était quelque part en danger. Après des recherches, il apprit que Kate Argent avait été relâché et comprit immédiatement ce qui avait dût passer par la tête de cette folle furieuse. Il fallait qu'il retrouve son fils avant qu'il ne soit trop tard.
A l'aide de tous les flics du comté, il commença une chasse à l'homme (ou plutôt à la femme), ratissant les moindres coins, les moindres recoins, mais ne trouvant rien du tout. Pas la plus petite trace de son fils.
Au bout d'une semaine il était paniqué. Les recherches n'avançaient pas et il hurlait pour un oui ou pour un non, il avait l'impression de ne bosser qu'avec des incapables. Il avait fait venir les médias, distribué des photos, il répondait à tous les coups de fils possibles et inimaginables, mais personne n'avait vu son gosse. Il avait tout simplement disparu de la nature. Et Kate avec.
Le père n'était pas le seul inquiet, Scott était également sur les nerfs, il n'arrivait plus à rien. Il était plus nul que jamais en Lacrosse, il ne pouvait pas être avec Allison sans s'énerver, il avait envie de gifler Lydia de n'avoir jamais été amoureuse de Stiles, de courir après Derek et de lui botter son cul de loup garou pour l'avoir abandonné… Et soudain il su ce qu'il devait faire. Si la police n'était pas capable de retrouver Stiles, il existait quelqu'un qui le pouvait.
Seulement voilà, il ne savait même pas où Derek pouvait être allé. Il fallait trouver un moyen de le faire revenir à Beacon Hills.
Scott en parla à Allison qui en parla à Lydia. Cette dernière était sceptique, elle ne croyait pas au loup garou, par contre il y avait des moyens de faire venir quelqu'un quelque part. Voilà comment quatre adolescents se retrouvèrent à quitter Beacon Hills dans la Porsche de Jackson. Ce qu'il fallait c'était convaincre les GRANDES chaines de télévision de coopérer, même si pour cela Scott devait jeter des cocktails Molotov dans le studio pour qu'on l'écoute. En fait c'était beaucoup plus simple, selon Lydia, il fallait juste une bonne histoire à vendre.
Une histoire de loup garou ça pouvait être une très bonne histoire, si on la remaniait un peu. Et puis au pire Jackson avait assez d'argents pour convaincre n'importe qui – il ne se préoccupait pas de Stiles, mais faire plaisir à Lydia ne le dérangeait pas.
C'est ainsi que toutes les télévisions et les radios commencèrent à diffuser une histoire dramatique, sur un gosse qui avait été kidnappé. Le jeune Stilinski quelque chose (personne n'avait été capable de prononcer son vrai prénom) avait été porté disparu depuis une semaine, il avait été kidnappé par une personne armée et dangereuse du nom de Kate Argent, ou tout du moins c'était ce que l'on soupçonnait. Stiles (c'était aussi comme cela qu'il se faisait appeler) croyait aux loups garou, et selon ses amis, seul un loup garou pourrait le sauver. Ce qui remettait bien entendu en cause l'existence de ces mi-hommes mi-loups, ne seriez-vous pas intéressé de savoir qu'ils existent réellement ?
Le spitch se terminait par un message bien personnel de Scott « alors maintenant Derek Hale tu ramène ton cul et tes narines à Beacon Hills en quatrième vitesse, parce que je te jure que si on ne retrouve pas Stiles à temps, je te retrouverai et je te remettrai dans ta cage »
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Derek était content, vraiment content, d'avoir retrouvé Laura et Peter et il passa des supers moments avec eux. Mais à vrai dire il pensait que ce serait… Que ce serait différent. Que retrouver sa famille serait tellement euphorisant qu'il ne pourrait plus se décoller d'eux, mais au bout d'une semaine chacun vivait sa vie de son côté. Ils avaient déménagé dans un coin tranquille et Laura bâtissait un plan pour remettre la meute sur pieds, seulement chaque fois qu'ils allaient à la rencontre de quelqu'un Derek soupirait, personne ne le satisfaisait.
- Tu vas pas ramener ça dans notre meute ?
- Trop moche.
- Trop chiant.
- Trop bavard.
- Trop petit.
- Trop gros.
- T'as vu ses dents ?
Laura était désespérée :
- Derek tu le fais exprès ? Ce mec est vraiment bien, il a la bonne taille, les bonnes dents, il ne parle presque pas, il vit seul, il est plutôt beau et bien foutu, alors qu'est ce que tu vas me sortir cette fois-ci ?
- Il a le QI d'une râpe à gruyère.
- Okay, qu'est ce qui te dérange, réellement ?
Derek ne répondit rien et rentra dans leur nouvelle demeure.
Il était bien avec Laura et Peter, c'était sa famille, sa sœur, son oncle, et il était heureux qu'ils soient vivants, mais parfois il avait l'impression de s'être trompé de meute. Comme si quelque chose clochait dans leur relation, comme s'il était le vilain petit loup au milieu des magnifiques loups garou. Le soir il dormait mal, il se roulait en boule dans son lit, mais rien à faire il ne trouvait pas le sommeil. Il fini par se foutre par terre, ça allait presque mieux. Ici il n'y avait qu'une douche et il devait se laver les cheveux tous seuls. Ils essayaient de se coller à Laura et à Peter, mais ce n'était pas naturel du tout. Ils étaient une meute à deux, ils avaient bâtis leur lien ensemble et Derek était une pièce rapportée qui n'arrivait pas à se coller à ce nouveau puzzle.
Laura en avait assez que son frère refuse tout le monde pour la meute et cette fois-ci ce fut la fois de trop, elle rentra dans sa chambre et tapa du pied :
- Je suis l'Alpha, je décide qui entre dans la meute.
Derek l'ignora, il n'avait pas envie de rentrer dans le débat :
- Est-ce que tu vas m'expliquer pourquoi personne ne te va jamais ?
- Parce qu'ils sont tous… Tous tellement nuls. A quoi ça sert de se faire une meute avec des gens avec qui on n'a aucun feeling ?
- J'avais un bon feeling avec le dernier gars. Peter semblait bien l'aimer aussi. Pourquoi pas toi ?
- Parce qu'il est con comme ses pieds.
- Et la vraie raison ?
Le loup garou grogna et refusa de répondre. Cependant l'Alpha n'avait pas l'habitude de se faire ignorer et même si Derek était son frère, elle ne se dérangea pas pour lui mettre la raclée du siècle. Il se contenta de la regarder froidement.
- Derek, tu n'agis pas comme tu le devrais.
Il ronchonna.
- Tu dois obéir à l'Alpha.
- Il n'y a qu'une seule personne a qui j'ai envie d'obéir. Et ce n'est pas toi.
Laura sous la surprise relâcha Derek.
- Alors il y a une personne ? Pourquoi est ce que je ne la transformerais pas elle alors ? Si tu la veux dans la meute, tu n'as qu'à me le dire.
- C'est exactement la raison pour laquelle je l'ai abandonné.
- Comment ça ?
- Je ne veux pas que tu le transformes en loup garou. Si je te l'avais présenté c'est ce que tu aurais fait non ? Tu n'aurais pas pu t'en empêcher. Si je t'avais dit « tiens je te présente celui qui m'a sauvé, je voudrais rester avec lui », tu l'aurais transformé pour que je puisse te suivre.
- N'est ce pas une bonne chose ? Etre un loup garou est un cadeau ! Tu es le premier à le dire.
- Etre un loup garou est un cadeau. Mais il est très bien comme il est. Humain.
L'Alpha soupira :
- Je ne te comprends pas.
- Non. Je sais. Tu es ma sœur, tu es mon Alpha, mais trop de choses nous séparent.
- Est-ce que cela signifie que tu veux devenir un Oméga ?
Derek grogna, s'énervant soudainement.
- Non en effet tu ne comprends vraiment rien. Laisse-moi tranquille.
Laura essaya de se montrer douce avec lui mais son frère se transforma en loup garou et grogna si fort que même elle en fut surprise. Un Bêta qui arrivait à faire reculer un Alpha, est ce que Derek n'était plus adapté à la meute ?
Pas parce qu'il était un Oméga. Mais parce qu'il avait peut-être trouvé sa propre meute ailleurs.
Est-ce que Derek s'en rendait compte ? Elle n'en savait rien, mais elle avait peut-être fait une bêtise en revenant le chercher. Laura se souvenait du lycéen qui portait partout sur lui l'odeur de son frère, est-ce que c'était de lui que Derek parlait ? Il était tellement imprégné tout entier de l'odeur du loup garou… Il était certain que ce gamin n'était pas n'importe qui pour Derek.
Elle en était encore là dans ses réflexions quand la télévision diffusa le message. Une tartine dans la bouche elle zappait sans vraiment regarder, sans vraiment écouter, c'est le mot « loup garou » qui attira son attention. Peter qui n'était pas loin vint s'asseoir pour regarder. Derek ne bougea pas de sa chambre mais il avait déjà les oreilles toutes grandes ouvertes depuis que le mot « Stilinski » avait franchit la bouche du commentateur télé. En entendant le message de Scott, Laura avait la bouche grande ouverte, sa tartine dans la main, Peter les yeux écarquillés.
Derek lui n'avait pas entendu la fin du message, il était déjà parti.
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Stiles, tout à coup, eut terriblement conscience qu'il allait mourir. Du coup son esprit reprit le dessus. Il n'aurait pas voulu crever dans cet état misérable sans une bonne dose de sarcasmes avant. Sa bouche était terriblement pâteuse, sa gorge lui faisait horriblement mal, mais il se força tout de même à parler :
- Eh Kate !
- Hm ?
- Tu sais à quoi je pense maintenant ?
- Non quoi ?
- Derek, si toi il t'aimait plus que moi alors je veux bien être transformé en polystyrène. Et t'as vu, magique. Je ne me transforme pas.
- On a déjà parlé de ça.
- Non attend, il ya quelque chose que je ne t'ai pas dis. Approche-toi.
Kate, curieuse de savoir ce que ce gamin pouvait bien lui raconter alors qu'il était aux portes de la mort décida de venir près de lui.
- Plus près, je peux plus parler trop fort… J'ai mal.
Et c'était vrai. Elle avança son oreille près de Stiles, qui lança alors :
- Derek n'était avec toi que pour le cul.
Puis il avança ses dents et lui mordit de toutes ses forces l'oreille. Tirant dessus pour lui arracher s'il pouvait, refusant de lâcher alors qu'elle le frappait. Il mourrait peut-être, mais il emporterait sa fichue oreille avec lui.
Mais Kate attrapa son flingue et visa Stiles en plein sur la tempe :
- Lâche moi ou….
Il ne lâcha pas, elle appuya sur la détente.
A suivre.
L'autatrice : j'ai vu l'épisode 6 de la saison 3 de Teen Wolf hier soir et il était absolument GENIAL, je l'ai adoré totalement ! Sauf… Le grave grave manque de Sterek (ceux qui l'ont vu me comprendront). Du coup j'avais envie envie envie de Sterek et je me suis dit « tiens je vais poster la suite de ma fic »… J'aurais dût me rappeler qu'il n'y en avait pas non plus. J'espère que ce chapitre vous a plu éhéhé !
