LES LOUVES DU NORD
Hello mes p'tits chous ! On attaque le Tome 2 : La Communauté de l'Anneau ! Le début de la quête n'est pas loin, promis.
Nymueh : Eh non, Aragorn ne finit pas avec Maëlia, puisqu'elle le considère comme un frère. C'est d'ailleurs la même raison qui fait qu'elle n'est pas avec Legolas. Mais rassure-toi, elle ne finit pas seule, elle va juste prendre beaucoup plus de temps que les deux autres pour trouver un "mâle décent" comme tu dis.
Triskelle sparrow : non, Maëlia va rester célibataire pour le moment. J'espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes.
Anga27 : personne ne s'y attendait visiblement ! Eh bah pour Maëlia, faudra patienter parce qu'elle va prendre son temps pour se trouver un namoureux.
Voilà, bonne lecture !
Tome 2 : La communauté de l'Anneau
Chapitre 1 – Départ pour Rivendell
7 septembre 3018, Grandes Portes du royaume d'Erebor
-Vous êtes sûres que vous avez tout ce qu'il faut ? s'assura Kili en vérifiant pour la centième fois les sacoches de ses nièces. Vous avez assez de flèches ? Et de quoi en faire sur la route si besoin ?
-Oui Oncle Kili, le rembarra Ashana en levant les yeux au ciel. Armes, armure de rechange, provisions, eau, nécessaire de survie. Et on a même pensé à prendre les colliers que tu nous as forgés pour nos dix-huit ans. C'est bon, rassuré ?
-Tant que vous ne serez pas revenues en sécurité ici, jamais, sourit le brun mais le cœur n'y était pas. Allez, partez vite pour profiter des heures claires. On a eu des rapports sur des mouvements d'orcs à l'ouest du lac, mais ils ne devraient pas s'aventurer vers la forêt en plein jour.
Il serra Ashana puis Alyandra dans ses bras et se recula, laissant Kaelan dire au revoir à ses cousines à son tour. Maëlia s'avança la dernière, la rage claire dans ses yeux.
-Rappelle-toi, quand tu chasses, tu as tendance à mettre tes pièges un peu trop hauts, dit-elle à Ashana. Et toi Aly, n'oublie pas de nettoyer tes lames soigneusement, sinon tu risques d'attirer les prédateurs, surtout la nuit.
-Promis, répondit cette dernière en serrant la blonde de toutes ses forces. Tu as tenté de lui parler ?
-Elle refuse de me recevoir, grogna Maëlia. Mais je ne veux pas en parler. Partez, Aragorn vous attend déjà dehors.
Ashana grimpa sur Maharib qui partit directement au galop vers l'extérieur. Alyandra attendit que Amira se baisse pour grimper dessus puisque sa louve était immense, et s'agrippa fermement à la fourrure immaculée alors que l'animal s'élançait au galop.
Leur père, et roi, Fili les avait envoyées en tant que représentantes d'Erebor à Rivendell, à la demande du Seigneur Elrond. Maëlia avait insisté pour les accompagner, mais rien n'y avait fait. La blonde avait tenté de plaider sa cause auprès de sa tante mais c'était peine perdue. La Reine Anna s'était tellement refermée au cours des dernières années, elle était devenue une personne distante et froide, dont la seule préoccupation était le royaume. Fili était resté plus chaleureux que sa femme, mais le poids du pouvoir et de tout un royaume pesait très lourd sur ses épaules, surtout en ces temps troublés.
Les deux sœurs retrouvèrent rapidement Aragorn à quelques minutes de la montagne. Ce dernier se tenait debout à côté de sa monture, prêt à partir. Il sourit en voyant sa bien-aimée et sa grande sœur approcher sur leurs immenses louves, et flatta son cheval pour le calmer avant d'aller les saluer. Il serra à peine Ashana dans ses bras, sachant à quel point les effusions amoureuses la rendait mal-à-l'aise. Il fit une brève accolade à Alyandra également et se remit en selle.
-Les elfes nous laisserons passer sur leur route sans encombre, je m'en suis assuré, leur dit-il. Mais il nous faudra faire attention, les araignées reviennent hanter leur bois ces temps-ci.
-Qu'elles essayent, répliqua Ashana en passant distraitement sa main sur le poignard à sa ceinture.
Ashana était réputée pour sa férocité au combat, son manque total de prudence et la sauvagerie dont elle pouvait faire preuve avec ou sans arme à la main. C'était une excellente archère, elle avait un grand arc de bois sombre et un carquois en ivoire était dans son dos, tenu par une lanière de cuir clair. Son arme favorite était tenue par une lanière spéciale attachée à son carquois. C'était une superbe épée double. Les lames faisaient plus d'une vingtaine de centimètres, en acier quasi-indestructible. Le long manche était recouvert de cuir noir, et les magnifiques décorations d'or et d'émeraude n'enlevaient rien au côté meurtrier de l'arme.
Alyandra était devenue la meilleure archère de la montagne, et probablement une des meilleures de la Terre du Milieu. Après avoir reçu l'enseignement de Kili et parfois de sa mère quand elle était plus jeune, et après s'être entraînée avec Legolas, personne n'en attendait moins d'elle. Son arc était beaucoup plus court et léger que celui de sa sœur, et d'un bois plus clair. Son carquois en ivoire était également dans son dos, avec ses flèches à l'empennage rouge bien rangées dedans. De chaque côté de ses hanches était accrochée une double-lame de poing ouvragée et magnifique de complexité, cadeaux de l'elfe de son cœur pour ses vingt ans, qu'ils avaient fêtés ensemble alors qu'ils étaient en Lothlòrien, deux ans plus tôt. Ces redoutables poignards avaient déjà prouvé leur efficacité, s'adaptant parfaitement au style de combat de la jeune femme qui pouvait se révéler aussi impitoyable que sa sœur.
Aragorn galopait derrière elles, dérivant dans ses pensées alors que ses yeux ne quittaient pas les jeunes femmes dont il avait promis d'assurer la sécurité.
Ashana portait un simple pantalon de cuir brun, et une chemise d'un vert délavé, avec un petit corset de cuir, sa ceinture et ses armes. Pour une fois, c'était Alyandra qui avait bien plus l'air d'une guerrière, avec sa robe violette et noire, recouverte d'une robe en cotte de maille. Elle aussi portait un corset de cuir, et un pantalon de cuir noir était visible là où ses jupes étaient fendues, lui permettant de monter à cheval – à loup en l'occurrence – sans problème.
Ils galopèrent toute la journée, et étaient déjà bien avancés dans Mirkwood quand ils décidèrent de s'arrêter pour la nuit. Aragorn prit le premier tour de garde, laissant les filles s'étendre sur leurs couvertures près du feu alors qu'il veillait. Alyandra avait du mal à s'endormir, et ne put empêcher un triste sourire de s'étendre sur ses lèvres alors qu'elle voyait le regard de pure adoration dont Aragorn couvait sa sœur. On aurait dit qu'il voyait un ange.
Après son séjour de deux ans en Lothlòrien avec Legolas, elle avait prolongé son voyage et était restée en Gondor jusqu'à fin septembre, y passant plus de deux mois. Boromir lui avait demandé sa main lors d'un bal particulièrement pompeux donné par Denethor en son honneur. Legolas n'avait finalement pas pu rester avec elle à Minas Tirith et avait dû se contenter de l'escorter jusqu'aux portes de la ville avant de repartir, alors elle n'avait eu aucune épaule sur laquelle pleurer ce soir-là, alors que ce destin qu'elle haïssait plus que tout semblait se préciser devant elle. Elle aurait préféré se couper le doigt que de devoir porter la bague que le seigneur humain lui avait offerte.
C'était un anneau d'or jaune, avec un diamant rond enchâssé au centre, et six diamants plus petits incrustés dans l'or de chaque côté. Pour une naine – même si sa taille était celle d'une humaine – et qui plus est une princesse, qui avait grandie au milieu des métaux et des pierres précieuses, qui avait passé son enfance dans les forges et avec les meilleurs joailliers d'Erebor, cette bague était certes correctement forgée, l'or était bien travaillé et les diamants bien taillés, mais elle manquait cruellement de finesse et d'originalité.
Détachant son regard de la bague qui avait scellé son futur, elle passa distraitement sa main sur son collier, celui que son oncle lui avait fait pour ses dix-huit ans. Une solide chaînette d'argent retenait un pendentif rond et simple en argent lui aussi, incrusté d'une multitude de petits quartz aux reflets rosés. Rien de trop extravagant compte tenu des autres merveilles qui emplissaient son coffret à bijoux, mais c'était de loin son préféré. Celui d'Ashana était très beau lui aussi. La chaînette était plus fine mais pas moins solide, et le pendentif d'argent était un simple contour d'ellipse. Elles les portaient presque tous les jours, et toujours lorsqu'elles devaient partir en voyage.
Kili les avait forgés en y incrustant des runes magiques du côté qui n'était pas visible. Il avait passé beaucoup de temps à apprendre à tracer correctement ces runes d'après le livre que Maëlia avait ramené de son premier grand voyage, en Forodwaith. Ce qu'elle y avait appris avait éclairé d'un jour nouveau les mystères sur les femmes de la famille.
Tout d'abord, Thomas, le frère décédé d'Anna, était en fait un des deux survivants du peuple des Celtes qui s'étaient installés en Terre du Milieu. Descendant du grand magicien Merlin, il promettait de devenir le plus grand magicien de ce peuple au vu de son potentiel, mais le massacre orchestré par Azog l'avait empêché de finir ses études de magie. Il avait à peine eu le temps de prendre sa petite sœur nouvelle-née dans ses bras, alors que les orcs massacraient ses parents dans la pièce d'à côté, et de prononcer une incantation qui devait les transporter en sécurité. Seulement sa maîtrise de la magie n'était pas encore parfaite, et il réussit à perturber l'ordre du temps qui liait la Terre à la Terre du Milieu, créant des failles temporelles assez importantes.
Des années plus tard, la nature d'Anna et son petit potentiel magique la rappelèrent en Terre du Milieu, et Thomas dut se résigner à veiller le corps de sa sœur resté sur Terre en espérant qu'elle revienne un jour. C'est ce potentiel magique qui la fit inconsciemment rétrécir à une taille de naine, s'adaptant à son environnement. Puis la mort d'Anna en Terre du Milieu la fit brutalement retourner sur Terre, mais Thomas avait eu ce tragique accident et ne revit jamais sa sœur.
Puis Fili et Kili, aidés de Gandalf, réussirent à aller sur Terre, et ramenèrent Anna, ainsi que sa belle-sœur Marie et sa nièce Maëlia, en Terre du Milieu. Maëlia, fille de Thomas, avait en fait un énorme potentiel magique. Anna donna naissance à deux filles, Alyandra et Ashana, dont le potentiel magique était moins fort que celui de leur cousine, mais bien plus fort que celui de leur mère, sans que personne ne sache pourquoi. C'était cette source de magie en elles qui les avait fait grandir autant que des humaines.
Lorsqu'elle avait découvert tout cela, Anna avait formellement interdit aux trois jeunes filles d'essayer d'utiliser la magie, craignant un accident puisque personne ne pouvait leur apprendre à s'en servir. Aussi aucune d'entre elles n'avait tenté de le faire, se contentant des runes trouvées dans le grimoire, qui ne s'appliquaient qu'aux magiciens.
Kili avait donc tracé des runes de protection et de force sur les colliers de ses nièces, runes qui s'étaient révélées très efficaces par la suite. Maëlia refusait de porter des bijoux ailleurs que dans les bals, alors elle avait elle-même tracé quelques runes sur l'épée qu'elle s'était forgée, et sur le bouclier qu'elle avait fait.
Mais les filles avaient fait d'elles-mêmes une découverte assez intéressante. Anna et Marie leur avaient appris, à elles et à Kaelan, à parler anglais, une langue de la Terre. Les enfants pouvaient ainsi communiquer entre eux sans être compris des autres. Cela s'avérait très utile lors de raids contre des orcs, leur stratégie reposant souvent sur cette capacité à s'échanger des ordres et des informations sans jamais être compris par l'ennemi. Ils en usaient aussi beaucoup entre eux quand Boromir était dans les parages, mais c'était seulement pour énerver l'humain.
Les trois princesses s'aperçurent rapidement que lorsqu'elles parlaient anglais, leurs runes semblaient s'activer, et brillaient d'une douce lumière, violette pour Alyandra, bleue pour Maëlia, et rouge pour Ashana. Lorsqu'elles découvrirent cela, elles passèrent beaucoup de temps à apprendre par cœur autant de runes que possible, et en avaient gravé sur toutes leurs armes et armures. Toutefois il leur était difficile de se concentrer sur un combat, au milieu d'une bataille, et en même temps de réciter les formules en anglais et de faire appel à leur magie.
Quelques mois plus tôt, alors qu'ils étaient sortis tous les quatre de la montagne pour une simple patrouille à l'ouest du lac avec un régiment, ils étaient partis en éclaireur et étaient tombés dans une embuscade d'orcs particulièrement ingénieuse. Près d'une centaine de créatures contre quatre des meilleurs guerriers de la Terre du Milieu, trois louves géantes et une buse particulièrement féroce, c'était presque un combat équitable.
Maharib et Amira protégeaient Alyandra alors qu'elle tirait ses flèches, Kaelan était secondé d'Hawkeye qui l'informait de tous mouvements suspects des troupes ennemies, et comme d'habitude, Ashana, Maëlia et Layaqhar étaient au beau milieu de la mêlée, faisant un véritable carnage. Layaqhar avait dû repartir vers Alyandra pour aider ses sœurs à protéger l'archère, et Maëlia s'était faite progressivement isoler. Lorsqu'elle s'en rendit compte, elle se maudit intérieurement de ne pas avoir été plus attentive. Normalement, elle ne se laissait jamais prendre aussi facilement.
Encerclée et seule, elle se battait comme une enragée, faisant honneur à tous les titres guerriers et militaires qu'elle avait accumulés depuis plus de dix ans, lorsqu'une lame lui déchira la peau du mollet droit, la prenant par surprise. Elle reçut rapidement d'autres blessures, de plus en plus sérieuses, et finalement un coup de poignard audacieux traça une ligne sanglante au-dessus de sa poitrine, lui arrachant un cri de douleur et de rage mêlées. Elle sentit quelque chose d'étrange en elle à cet instant, et ses runes se mirent à briller si fort qu'elle dut se couvrir les yeux, tout comme les orcs. Puis elle rouvrit les yeux quand elle entendit les cris de douleur de ses ennemis, et vit un spectacle d'une rare horreur. Autour d'elle, les orcs brûlaient. Elle voyait les flammes s'échapper de sa peau, de son épée, de son bouclier, créant un impénétrable mur autour d'elle, dévorant la chair des abominations.
Les flammes se résorbèrent lorsque tous les orcs furent réduits en cendres, et jamais plus elle ne refit un pareil exploit. Aucun d'entre eux n'en reparla après ce jour.
18 septembre 3018, à quelques heures de Rivendell
Aragorn, Ashana et Alyandra avaient installé leur camp pour la nuit. Ils avaient voyagé aussi vite que possible, se sachant talonnés par les orcs dès leur sortie de Mirkwood. Ils ne dirent pas grand-chose autour du feu ce soir-là, sachant qu'ils se sépareraient au matin. Aragorn en effet devait partir pour Bree à la demande de Gandalf, alors que les jeunes filles iraient directement à Rivendell. Elles avaient entendu quelques rumeurs sur ce qui se tramait, mais rien de très concret pour le moment.
Le lendemain matin, chacun prépara ses affaires en silence. Alyandra échangea une poignée de mains avec Aragorn, lui souhaitant silencieusement bonne chance avant de grimper sur Amira, attendant sa sœur. Ashana se mordit la lèvre inférieure alors qu'Aragorn se tint devant elle. Elle faisait de son mieux pour masquer son inquiétude à le laisser partir seul alors que les chemins n'étaient pas sûrs, bien qu'elle sût pertinemment qu'il savait se défendre. Il prit le visage fin de sa bien-aimée entre ses mains et la força à le regarder dans les yeux.
-Nous nous reverrons dans quelques jours, à Rivendell, lui dit-il.
Elle hocha la tête. Il allait se détourner, mais elle le retint par le bras et l'embrassa à pleine bouche. La seule fois où elle avait fait ça auparavant était lors du bal pour ses dix-huit ans, quatre ans plus tôt.
-Je te jure que si tu oses mourir sans moi Amrâlimê, je te tuerai, promit-elle avec force.
Aragorn masqua son sourire et hocha la tête. Elle se détacha alors de lui, sauta sur sa louve et partit sans se retourner.
20 septembre 3018, une des cours de Rivendell
-Enfin arrivées ! sourit Alyandra en sautant à bas de sa louve avec un soupir de soulagement. Ne le prends pas mal ma belle, mais je commençais vraiment à avoir mal aux jambes sans étriers.
-Je te comprends, mais une selle nous aurait alourdis pour rien, et j'ai moins mal au dos. Mais je ne suis pas fâchée d'arriver, j'espère juste qu'ils auront de la viande.
Alyandra hocha la tête, et cala ses sacoches sur son épaule avant de monter les quelques marches qui la conduiraient vers les bâtiments principaux de la cité elfique, suivie des deux louves et de sa sœur. Un elfe brun vint à leur rencontre.
-Princesse Alyandra, Princesse Ashana, nous ne vous attendions pas si tôt, dit-il calmement. Mais c'est un plaisir de vous recevoir. Souhaitez-vous aller directement à vos appartements vous rafraîchir ? Vous avez manqué le déjeuner, mais je peux vous faire porter une collation dans votre chambre si vous le désirez.
-Lindir, mon chou, tu lis dans mes pensées ! s'exclama Ashana en faisant un câlin d'ours à l'elfe qui en rougit jusqu'à la pointe des oreilles.
-Ash, relâche Lindir s'il-te-plaît, ce n'est pas un jouet, la tança Alyandra en masquant son sourire.
-Oui, et puis on ne joue pas avec la nourriture, ajouta Maharib qui donna un grand coup de langue à l'elfe pour le saluer.
Les deux princesses se tapèrent dans la main en explosant de rire, laissant un pauvre Lindir confus et embarrassé devant elle.
-Allons, cessez donc de vous acharner sur ce pauvre Lindir, fit une voix mélodieuse derrière elle.
-Oui, il en a déjà tellement bavé avec votre mère, ajouta une voix semblable.
-Elladan ! s'écria Alyandra en se précipitant dans les bras de l'elfe avec un large sourire.
-Elrohir ! ajouta Ashana en copiant les actions de sa sœur.
Les jumeaux étaient les meilleurs amis de la bande des quatre héritiers d'Erebor, exceptés leurs animaux bien sûr. Ils venaient régulièrement séjourner dans la montagne, et les avaient reçues plusieurs fois à Rivendell. Ils les avaient même accompagnés lors de raids et de voyages, tissant des liens solides.
-Vous nous avez manqué aussi, rit Elladan en relâchant Alyandra. Venez, nous allons vous conduire à vos appartements. Nous rentrons justement d'une chasse.
-Vous chassez ? s'étonna Ashana. Je croyais que les elfes étaient végétariens jusqu'au trognon ?
-Dis-moi Ash, tu as pensé à amener des quartiers de viande pour ta couverture sur pattes ? se moqua Elrohir.
Ashana le regarda avec une mine boudeuse, et Maharib se mit à grogner en protestation. Alyandra secoua la tête, et accepta le bras que lui tendait Elrohir avec plaisir. Les jumeaux libérèrent ainsi Lindir de sa corvée et emmenèrent eux-mêmes les princesses jusqu'à la chambre qu'elles occuperaient. Après les avoir aidées à s'installer et après avoir fait un détour par les cuisines pour trouver de quoi remplir les estomacs des jeunes femmes, Ashana partit au terrain d'entraînement pour passer le temps tandis qu'Alyandra marchait avec les jumeaux dans la cité.
-Je vois que vous êtes fiancée à ce seigneur humain, mais toujours pas mariée, lâcha innocemment Elladan.
-Cela fait quoi, deux ans ? ajouta Elrohir.
-Le Seigneur Boromir est très pris par la gérance de l'armée du Gondor, répondit-elle sans cesser de sourire. Les incursions d'orcs sur ses terres l'occupent beaucoup et je ne peux que respecter sa décision de s'occuper de ce problème urgent. De plus, j'ai moi aussi été très prise dans les raids ces derniers mois.
-Mais le mariage est toujours prévu ? insista Elladan. Je veux dire, vous avez commencé à vous en soucier ?
-Non, souffla Alyandra en retenant ses larmes à la pensée que ce jour terrible approchait bien trop vite à son goût. Mais le mariage est prévu pour l'an prochain, sûrement le jour de Noël de l'an 3019.
-Noël ? C'est bien le jour des cadeaux, chez vous ?
Elle sourit face au sourire d'Elrohir et hocha la tête.
-Eh bien, toutes mes félicitations. Soyez sûre que nous serons là, s'enthousiasma Elladan.
-J'y compte bien, répondit distraitement la jeune femme.
-Vous ne semblez pas si heureuse, pour quelqu'un qui va se marier, fit-il néanmoins.
-Eh bien, vous n'êtes pas sans savoir que ce mariage est arrangé, dit-elle en haussant les épaules. J'avoue avoir encore des réticences à devoir m'installer à Minas Tirith pour diriger un royaume que je connais à peine. Et puis il a près du double de mon âge.
Sentant son trouble, les jumeaux n'insistèrent pas et continuèrent la promenade en conversant sur des sujets plus agréables.
Voilà nos héroïnes toutes grandies (quelque part dans la vingtaine si j'ai pas écrit n'importe quoi) ! La quête se profile à l'horizon, la menace du Mordor s'avance, et les soupçons des lecteurs prolifèrent... Qu'en pensez-vous ? Comme d'habitude, des images sont disponibles sur ma page facebook ananaspowerfanfictions !
